mercredi 15 janvier 2020

Un pépin révèle que les messages postés par "Greta Thunberg"MC seraient publiés par son père et un activiste indien

Greta et son père Svante.
La jeune militante écologiste suédoise avait toujours clamé qu’elle écrivait elle-même ses messages sur les réseaux sociaux.

Pendant de nombreuses heures jeudi 9 janvier, un bogue Facebook a permis à ses utilisateurs de voir qui publiait réellement les billets de chaque page, a remarqué le site américain Wired. Célébrités, politiques ou encore blogues… beaucoup se sont fait épingler. À commencer par Greta Thunberg, la jeune activiste pour le climat.

En modifiant des billets ou certaines pages, il était possible de découvrir le nom et la photo du véritable contributeur. C’est ainsi que la page de Greta Thunberg a été passée au crible. Stupeur, les observateurs ont découvert que ce n’était visiblement pas elle qui postait ses messages, mais son père, Svante Thunberg, et Adarsh Prathap, un activiste indien pour le climat qui a officié en tant que délégué dans l’organisation pour le changement climatique aux Nations Unies.

Capture d’écran à l’appui, on y voit bien le profil du père et de l’activiste, estampillés comme auteurs des messages.




« Tous les textes ont été écrits par moi »

Pourtant, comme le rappelle RedStade, Greta Thunberg avait toujours assuré qu’elle était à l’origine de ses messages.

Greta S.A. (société anonyme) a réagi sur Facebook samedi 11 janvier. « Certaines personnes m’ont demandé qui gérait cette page. D’abord, depuis le printemps dernier, je n’utilise Facebook que pour reproduire ce que j’écris sur mes comptes Twitter et Instagram. Comme j’ai choisi de ne pas être sur Facebook personnellement (j’ai essayé au début, mais ce n’était pas fait pour moi) j’utilise le compte de mon père pour reposter le contenu, parce que vous avez besoin d’un autre compte pour modérer une page Facebook », a tenté de justifier Greta  S.A.

« Le reste partagé sur Facebook n’est autre que du contenu repris sur Twitter et Instagram par le gars qui a fondé la page Facebook Greta Thunberg, à savoir Adarsh Prathap et il vit en Inde […] Tous les textes affichés sur ma page Facebook ont bien sûr été écrits par moi », ajoute-t-elle.

Né d’un problème de code source, le pépin a duré quasiment 24 heures. Il a touché de nombreuses personnalités politiques comme Vladimir Poutine, Hillary Clinton ou encore Justin Trudeau. Mais aussi des célébrités, à l’image de Snoop Dogg.

Source : Valeurs actuelles, RedState et Wired

Le féminisme moderne vue par une jeune Hollandaise

Discours d'Eva Vlaardingerbroek, doctorante en philosophie du droit et assistante parlementaire au parlement européen pour le parti conservateur néerlandais Forum pour la démocratie (Forum voor democratie).


mardi 14 janvier 2020

Université de Montréal : le triomphe des censeurs et des fanatiques

« Lors de la journée d’accueil de l’Université de Montréal [...] un groupe de manifestants a bloqué l’accès à notre kiosque en affirmant “vouloir brimer volontairement notre liberté d’opinion et d’expression” », a déploré le président de l’aile jeunesse de la CAQ, Keven Brasseur, dans une publication sur les médias sociaux.



M. Brasseur a tout d’abord accusé Québec solidaire, avant de rectifier sa publication : « QS UdeM s’en dissocie, merci », a-t-il indiqué. Il a précisé qu’il s’agissait plutôt d’un groupe anarchiste.


M. Brasseur a indiqué au Journal que ces militants, moins d’une dizaine, ont mentionné eux-mêmes « qu’ils étaient de Québec solidaire », mais que « ce n’était pas nécessairement revendiqué par le parti ». Pour sa part, QS confirme que « vérifications faites, ce ne sont pas des militants solidaires ».


M. Brasseur déplore ces techniques d’obstruction qui ont empêché les jeunes militants de rencontrer les étudiants et de partager leurs idées. Une poignée de militants a accusé les jeunes caquistes d’être des « xénophobes » et, en scandant des slogans comme « fuck la CAQ », ils se sont placés devant le kiosque caquiste.

« Je dénonce cette action qui est antidémocratique et qui brime la liberté d’expression dans nos campus. On peut certes exprimer notre désaccord sur les idées, mais couper l’accès aux étudiant. e. s intéressé. e. s est inacceptable », a-t-il dit.

« Ce n’est pas un cas isolé. C’est arrivé à l’Université Sherbrooke, à l’Université Laval. On a reçu Mathieu Bock-Côté comme conférencier. Il disait lui-même que c’était difficile de faire des conférences dans des universités. Notre crainte, c’est que la prochaine fois, qu’est-ce qui va se passer quand on va vouloir faire une conférence ? », a-t-il dit.

Le président de l’association caquiste de l’UdeM, Gabriel Jarvis, a renchéri. « J’ai essayé de leur parler, de dialoguer avec eux. Une fille m’a juste répondu : on ne débat pas avec des xénophobes. Wow. Ils ne bougeaient pas et obstruaient notre vue pour nous empêcher de parler aux étudiants », a-t-il dit.

L’Université de Montréal affirme par ailleurs être « rapidement intervenue » lors de cette activité « en rappelant l’importance de tenir des discussions dans le respect des opinions de chacun ». « Nous sommes aussi à faire la lumière sur ce qui s’est passé et un suivi sera effectué », a indiqué la porte-parole Geneviève O’Meara.

Pour Mathieu Bock-Côté, « la chose peut sembler banale aujourd’hui, tellement de semblables événements se répètent un peu partout ici et ailleurs : la gauche radicale croit avoir le monopole de la parole légitime sur les campus et considère que la liberté d’expression ne devrait pas être celle d’exprimer autre chose que ce qu’elle a envie d’entendre. Pour elle, on ne devrait pas autoriser les discours allant dans le sens contraire de sa conception de l’émancipation. Il faudrait proscrire les discours heurtant la sensibilité des “minorités” et plus particulièrement de ceux qui prétendent parler en leur nom qui seraient en droit de transformer l’espace public en “espace sûr”. Et pour cela, elle se croit à peu près tout permis. Elle cherche à faire annuler des conférences. À perturber la tenue de colloques. À empêcher la tenue d’un kiosque d’un parti politique dont elle condamne les idées. Quitte à hurler. Quitte à organiser une manifestation contre le conférencier. Quitte à faire des menaces à ceux qui l’invitent. La gauche radicale n’a pas d’adversaires légitimes mais des ennemis qu’elle voudrait mettre au ban de la cité. »

Profs indignés par « abolition » d'ECR : « On veut faire des gens des citoyens du monde »

Les enseignants d’Éthique et de culture religieuse (ECR) seraient sous le choc après l’annonce de la réforme de ce programme, car leur mission qui serait de faire des élèves captifs (le programme est obligatoire même dans les écoles privées) des « citoyens du monde » serait en péril. L’aveu de cette mission idéologique est tardif, mais bienvenu. C’est ce que rapporte le Journal de Québec de ce jour :

« Sous le choc », les enseignants d’éthique et culture religieuse déplorent l’intention du ministre Jean-François Roberge de réduire la place faite à la religion dans leurs cours.

Le ministre de l’Éducation a lancé, vendredi, une consultation citoyenne en vue de réviser cette matière qui a remplacé l’enseignement religieux confessionnel et moral dans les écoles du Québec depuis 2008.

Marc Chevarie, président de l’Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQÉCR), ne cache pas son étonnement et sa déception. « L’immense majorité de nos membres considèrent la culture religieuse comme une réalité incontournable et d’ailleurs, pour moi, si la société actuelle ne peut entrer en dialogue, y compris sur le terrain du religieux, il y a de quoi craindre pour l’avenir », affirme-t-il.

Il déplore que les principaux intéressés, c’est-à-dire les profs du cours d’ECR, ceux qui seront chargés d’enseigner cette nouvelle matière aux élèves québécois, n’aient pas été consultés en priorité.

Le gouvernement de la CAQ souhaite intégrer au programme d’ECR notamment l’éducation à la sexualité, l’éducation juridique, l’écocitoyenneté, le développement de soi et la citoyenneté numérique.

Bien sûr, le Québec a eu un mouvement de sécularisation par rapport au religieux, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, insiste Marc Chevarie, joint par notre Bureau parlementaire entre deux cours d’ECR.

Selon lui, la culture religieuse est primordiale pour « comprendre l’autre dans sa différence ».

Tolérance

Il est souhaitable de continuer d’enseigner aux enfants les diverses cultures religieuses existantes si le Québec veut demeurer une terre de tolérance et de dialogue, estime le président de l’AQÉCR.

« On veut faire des gens des citoyens du monde, mais on est en train de refermer ce monde dans lequel on se trouve en disant “on va mettre la culture religieuse dans le placard, on n’en parlera pas” », ajoute-t-il.

Marc Chevarie entend participer aux consultations sur la refonte du cours d’ECR. « On va s’asseoir pour entrer en dialogue avec le ministre, mais on espère que ça ne fera pas comme le projet de loi 21 (sur la laïcité de l’État), que les dés ne sont pas déjà joués ».

Voir aussi

Abolition ou modification du cours d’éthique et de culture religieuse ? [Nous craignons que le nouveau cours soit un autre cours idéologique politiquement correct.]

dimanche 12 janvier 2020

Abolition ou modification du cours d'éthique et de culture religieuse ?

Le gouvernement Legault abolirait le controversé cours d’éthique et de culture religieuse (ECR), dont le titre accorderait une « importance démesurée » aux religions, pour le remplacer dès la rentrée scolaire 2022-2023 par un nouveau programme dont le contenu resterait à définir.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge (ci-dessous), affirme que « la place de la religion » était trop importante dans ce cours, mis en place en 2007 par le gouvernement libéral de Jean Charest.


« On l’abolit pour le remplacer par quelque chose de neuf. Mais comme il va y avoir des éléments du cours actuel qui vont rester, comme l’éthique, la pratique du dialogue, le respect de soi et des autres, la lutte contre les stéréotypes. On appelle ça une réforme en profondeur », a-t-il dit en entrevue avec La Presse.

« Si on veut comprendre la carte géopolitique du monde, la religion est un élément qui permet de comprendre les actions de certains pays », a ajouté l’ancien instituteur.

La question de l’éducation à la sexualité, qui a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années, doit également être intégrée dans le nouveau cours. Les questions de sexualité sont toutefois déjà abordées en ECR.

Pour le ministre Roberge, « C’est incontournable de parler de l’athéisme comme étant une des façons d’envisager le monde. Il y a énormément de Québécois qui se disent athées. » C’est possible, mais quel sera donc le but du cours ? De comprendre la carte géopolitique du monde comme lorsque M. justifie l’enseignement des religions ou un cours de philosophie ? En quoi l’athéisme explique-t-il la géopolitique du monde ? Ajoutons qu’il est faux de dire que l’athéisme n’est pas enseigné en ECR, il était simplement réservé, officiellement, aux dernières années du secondaire (voir extrait du programme ci-dessous, p. 45 [543], chapitre 9).


Les élèves apprendront également des notions d’éducation à la démocratie, à l’environnement et au droit du numérique. L’environnement, cœur d’une nouvelle spiritualité universaliste, était déjà abordé dans les manuels ECR dès le primaire (voir analyse de trois manuels et Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne).

Consultation d’experts et du public

Les thèmes du nouveau cours que doit élaborer Québec seront soumis les 7, 14 et 21 février prochains à des experts et à des partenaires du milieu de l’éducation dans trois forums qui se dérouleront respectivement à Trois-Rivières, Québec et Montréal. Un rapport final sera ensuite soumis au printemps afin qu’un nouveau cours soit mis à l’essai dans certaines écoles dès la rentrée scolaire 2021-2022, avant de faire officiellement son entrée dans le programme d’études l’année suivante.

Le gouvernement Legault a également mis en ligne jeudi sur le site internet du ministère de l’Éducation une consultation publique qui permet aux citoyens de transmettre leurs opinions.

Éclatante victoire de l’athéisme pour Jean-Pierre Proulx

« L’abolition annoncée du programme Éthique et culture religieuse constitue une éclatante victoire de l’athéisme militant québécois et de ses propagandistes. Pour ce mouvement, la religion est intrinsèquement une aberration, le fruit de l’irrationalité. Pire, elle est la “gangrène de l’humanité”. Forcément, la religion, même dans une perspective culturelle, n’a pas sa place à l’école », déplore Jean-Pierre Proulx, journaliste et professeur retraité, dans une note transmise au Devoir.

Cette décision s’inscrit dans une tendance à gommer toute référence à la religion ou à la spiritualité dans le programme de l’école publique, souligne Jean-Pierre Proulx. Un volet méconnu du projet de loi 40 (sur la transformation des commissions scolaires) propose ainsi d’abolir le droit des élèves à « des services d’animation spirituelle et communautaire ».


Est-ce une bonne nouvelle ?

Ce cahier a toujours critiqué l’imposition du programme d’éthique et de culture religieuse à toutes les écoles du Québec.

Toutefois, avant de se réjouir de l’abolition de ce programme, il faudrait savoir par quoi ECR sera remplacé.

Ce nouveau cours sera-t-il toujours obligatoire ? Pendant toutes les années de la scolarité ? Même dans les écoles privées ?

L’enseignement des religions sera-t-il purement factuel ? Concentrée sur les grandes religions ? Dans quelle mesure les spiritualités autochtones ou les « nouvelles spiritualités » seront-elles toujours enseignées ? Le nouveau cours évitera-t-il la folklorisation de la religion à laquelle faisait référence le juge Lebel de la Cour suprême lors d’un des procès contre l’imposition d’ECR. Voir aussi Me Mark Philips : « Jésus, Superman même combat ! » (https://www.dailymotion.com/video/xowec6)

Les enseignants devront-ils toujours être neutres quand ils aborderont des sujets de moralité, peu importe la tradition religieuse ou philosophique de l’école ? Rappelons que la neutralité imposée en éthique était un des griefs du collège Loyola dès 2008. Cet établissement montréalais ne s’insurgeait pas contre le fait qu’il faille aborder lors des cours ECR des connaissances sur des religions diverses -- l’école le faisait déjà depuis longtemps dans son cours des religions du monde -- ni le fait que le cours abordait des sujets moraux épineux « pour pratiquer le dialogue » comme l’avortement ou la sexualité. Non, cette école privée s’opposait au fait que les enseignants ne pouvaient préciser ce qu’ils pensaient vraiment eux et ce qu’ils et l’Église catholique préconisaient. Comment une école catholique peut-elle rester neutre dans des discussions éthiques sur la malhonnêteté, une vie dissolue, la pornographie ?

Scepticisme

À ce stade, nous sommes très sceptiques quant à une amélioration notable, bien qu’il faille profiter du renouveau du débat pour proposer des corrections.

D’après les éléments fournis par le ministre Roberge, le nouveau programme continuera d’imposer une idéologie qui visera à construire une citoyenneté qui nous n’en doutons pas sera politiquement correcte, plus « laïque » et donc peu attachée aux racines chrétiennes du Québec.

Les jeunes Québécois continueront à se voir imposer des thèmes à la mode qui satisfont les milieux de gauche qui se disent progressistes : la lutte contre les stéréotypes genrés (une scie des féministes militantes), l’écologisme, la lutte contre l’hétéronormalité et probablement l’enseignement d’attitudes positives vis-à-vis « de la diversité » (religieuse ou non).

Tout indique, qu’il s’agit d’une réforme politicienne habile qui permet à la CAQ de tenir une de ses promesses lors de sa constitution et de sa fusion avec l’ADQ en 2012 (voir La CAQ vote pour l’abolition du programme ECR au primaire), de paraître innover et de se réconcilier les « laïques » qui s’opposaient à la trop grande place de la religion dans ce programme.

Notre position

Pour ce carnet, l’État ne devrait pas imposer des cours à contenu politique, idéologique ou moral qui heurtent les convictions légitimes des parents. Pour que cette liberté existe, il faut maintenir une certaine homogénéité culturelle de la société et ne pas encourager une immigration importante qui diffère fortement au niveau culturel de la société d’accueil, sinon le gouvernement sera tenté de dire qu’il doit limiter la liberté de choix pour s’assurer d’intégrer les enfants d’immigrants tout en profitant de cette nécessité pour imposer les valeurs et préjugés d’une caste d’intellectuels aux enfants des autres.

Les écoles publiques devraient plutôt se concentrer sur l’enseignement des matières de base : le français, l’histoire (y compris des aspects factuels « encyclopédiques » de l’histoire des religions) et les sciences (y compris à un moment approprié des éléments de base d’anatomie).

Il est peu probable que le gouvernement centriste de la CAQ ait l’ambition ou le courage de mettre en pratique une telle réforme innovante pour diverses raisons : le ministre Roberge a souvent défendu l’imposition d’ECR, des forces conservatrices s’opposeront à une telle réforme fondamentale (il suffit de penser aux facultés d’éducation, de l’association des professeurs ECR), enfin la CAQ n’a pas de corpus idéologique qui diffère fondamentalement de celui du PLQ et du PQ (il est étatiste et progressiste au niveau des valeurs sociales).

En l’absence de réforme fondamentale à l’école publique, les écoles privées devraient être dispensées de ce programme si elles le désirent ou du moins devraient-elles pouvoir l’enseigner dans leur tradition philosophique. Il faut mettre fin à la fausse neutralité comme dénonçait le professeur Douglas Farrow qu’il s’agisse d’ECR ou de son successeur.

Voir aussi

Rapport : les élèves passés par ECR connaissent mal les religions, mais sont tolérants envers les signes religieux

Nos billets sur la contestation du collège Loyola contre l'imposition d'ECR

Québec — La construction d’une nouvelle citoyenneté par l’école (extrait de la thèse de Joëlle Quérin)

Le témoignage de la mère de Drummondville qui est allée en Cour suprême contre l'imposition d'ECR

C’est à l’école que je suis devenu athée, lors d’un cours d’histoire des religion

Les athées sont-ils moins altruistes ?

Étude : les croyants ne sont pas moins ouverts d’esprit que les athées, parfois ils sont même plus ouverts

Les enfants religieux seraient plus heureux

vendredi 10 janvier 2020

« National Assembly of Quebec » — le Québec officiellement bilingue

Le Québec prétend avoir une seule langue officielle : le français. Sauf que tout est accessible à la communauté historique anglophone (de plus en plus composée d’immigrants allophones en réalité) : les écoles, les cégeps, les universités, l'administration publique ("Press 9 for English"), les soins de santé avec un mégahôpital universitaire anglophone, les tribunaux, la presse, les lois, les dépliants publicitaires, la radio, la télévision, le marché du travail qui impose souvent l'anglais, etc.

Voici une jolie photo où une équipe ministérielle présente même un texte de loi en anglais en premier avec le titre de la National Assembly of Québec bien visible.



On comprend dans ces circonstances que les immigrants ne se sentent en rien obligés d’apprendre le français... Ils pourront l’apprendre s’ils le veulent. L'espagnol aussi, mais là à leurs frais. On comprend aussi que certains se disent qu’il vaut mieux étudier en anglais (le nombre d’inscrits au cégep en anglais ne fait que croître...).




Source


Québec — L'augmentation de la proportion du collégial anglais est continue

De deux billets de Frédéric Lacroix :

Voici une des conclusions phares du rapport quinquennal 2019 de l’OQLF [on la retrouve dans ce rapport de 2017 cité comme référence dans le rapport quinquennal] :

« Ainsi, même si n’encadre pas la langue d’enseignement au collégial, la Charte de la langue française, en réglementant la langue d’enseignement au primaire et secondaire, a pu favoriser le choix du français au collégial, autant chez les nouveaux inscrits de langue maternelle tierce qu’auprès de ceux qui ont le français comme langue maternelle ».

Le même rapport dit pourtant que ceux qui ont été scolarisés en français au secondaire faisaient le choix du collégial anglais au taux de 5 % en 1993. Ce taux était de 10 % en 2015, soit le double.

Il est clair que la Charte n’a pas les effets que l’OQLF lui assigne dans sa conclusion.

Mais ce n’est pas grave ; l’OQLF sait fort bien que la plupart des gens ne lisent que la conclusion. [En fait la plupart des journalistes qui eux ne relaient que ces conclusions.]

Ah, une autre chose ; le collégial anglophone en est rendu à 18,2 % du total des places au collégial en 2017. Il était de 16 % en 2010.



L’augmentation de la proportion du collégial anglais est continue.

Il loin d’être sûr qu’imposer la loi 101 au collégial, qui nous est présenté médiatiquement comme étant une mesure « radicale » (comprendre : mauvaise) sera suffisant pour sauver le français au Québec (personnellement, je pense que ce ne sera pas suffisant).

[Rappelons qu’en Belgique en Flandres, les universités, lycées, athénées et écoles françaises ont été fermés au XXe siècle malgré la présence d’une communauté historique nettement plus ancienne et enracinée que celles des Anglo-Montréalais. Rappelons que l’empereur Charles-Quint, né à Gand en 1500, a été éduqué en français... On observe l’usage du français littéraire à la cour de Flandre dès le milieu du XIIe siècle et l’emploi du français administratif a été également assez précoce dans les familles nobles des Flandres, avec des actes en français dès 1219. Le Québec n’a pas voulu suivre cet unilinguisme territorial, il lui en coûtera très cher.]

Mais une chose est sûre : sans elle, nous fonçons tout droit dans le mur. Et à grande vitesse.

Répartition de la fréquentation des cégeps à Montréal. Étudiants temps plein, inscrits au DEC. Formation préuniversitaire.



En 2021, le secteur de langue française sera devenu minoritaire.


% des places occupées par des anglophones dans les cégeps anglophones au préuniversitaire à Montréal.

Les anglophones [et assimilés de type canado-grecs, canado-italiens dont l’anglais est désormais la langue maternelle] sont minoritaires depuis 2001 dans leurs cégeps.

Un site internet pour progresser en labo de chimie

Quand innovation rime avec personnalisation des contenus pédagogiques et meilleures modalités de transmission.

« Peut-on se former au travail expérimental en chimie en s’installant face à un écran d’ordinateur plutôt que devant une paillasse de laboratoire ? De prime abord, l’idée peut surprendre. “J’entends et j’oublie, Je vois et je me souviens, Je fais et je comprends”, disait Confucius.



Si l’on se réfère à cette célèbre maxime, manipuler bain-marie et pipettes, balance, tubes et flacons semble bien plus évident pour qui veut progresser en sciences expérimentales que de consulter des vidéos ou des protocoles en ligne. Et il ne s’agit pas là de nier l’importance des séances de travaux pratiques.

À l’instar de Hofstein, Lagowski et Scheckler, nous sommes convaincues que l’expérimentation doit garder une place de choix dans les formations de chimie. Mais force est de constater que le temps dévolu à ces séances est de plus en plus limité dans les cursus, en partie pour des raisons financières et des contraintes de préparation.

Par ailleurs, les promotions de master sont de plus en plus diversifiées. Une tendance positive pour favoriser le dialogue entre les étudiants. Mais leurs bagages personnels sont différents, certains ayant beaucoup travaillé en laboratoire auparavant, d’autres non, ce qui suppose des rappels ou des mises à niveau.

Comment optimiser, dans ces conditions, le travail en laboratoire et rendre plus efficaces les échanges entre enseignants et apprenants ? Avec plusieurs enseignants issus de trois établissements de l’Université Paris-Saclay, nous avons décidé en 2014 de répondre à la question par le numérique, en concevant un site de ressources en ligne, Chimactiv.


Des usages personnalisés


Au départ, Chimactiv s’adressait à des cursus bien identifiés – ingénieur AgroParisTech, master Nutrition et Sciences des Aliments, master Chimie, pharmacien, master FESup (formation des enseignants pour le supérieur). Pour que les ressources puissent être partagées de l’un à l’autre, nous avons mis le site en accès libre.

Puis, au fil du développement, nous nous sommes aperçus que le public pouvait être bien plus vaste : Chimactiv couvre en effet un champ très large dans le domaine de l’analyse chimique, allant des notions fondamentales de niveau lycée jusqu’à des apports méthodologiques de niveau master avec des applications concrètes.

À travers une grande diversité de contenus — textes, photos, schémas interactifs, vidéos, diaporamas — dont certains sont téléchargeables, le site aborde cinq thèmes fondamentaux pour appréhender les séances expérimentales :
  • la sécurité dans un laboratoire de chimie
  • le B.A.BA des manipulations
  • l’analyse de médicaments
  • l’analyse d’aliments
  • la familiarisation avec les méthodologies expérimentales.

Il propose également des outils d’auto-évaluation (jeu-questionnaire et exercices) et reste interactif quel que soit le support de consultation (ordinateur, tablette ou téléphone intelligent), ce qui est un facteur d’attractivité.

Chaque enseignant peut librement organiser son scénario pédagogique et orienter ses élèves vers les ressources à consulter en amont de séances sur le modèle de la classe inversée. Il peut aussi s’appuyer sur ces ressources lors de cours, TD et TP, en les intégrant dans ses propres supports pédagogiques.

Quant aux étudiants, au-delà des instructions des enseignants, ils peuvent orienter leur navigation selon leurs besoins. Ainsi les étudiants peu familiers avec le laboratoire vont consulter les fiches relatives à la sécurité et la manipulation des produits chimiques à risque en amont des séances, alors que les étudiants ayant déjà de l’expérience s’abstiendront de cette consultation ou y passeront moins de temps.

De quoi arriver mieux préparés en laboratoire, comme l’ont déjà montré d’autres travaux sur la mise à disposition de ressources numériques, et donc alléger la charge cognitive qu’ils pourraient éprouver en séance expérimentale.

En ayant appréhendé en amont le protocole et les manipulations, ils se laissent en effet moins accaparer l’esprit par les tâches techniques — par exemple la préparation des dilutions si on leur demande de doser un composé dans un extrait — pour mieux se focaliser sur l’interprétation des résultats.

Ainsi, on évite que les participants se contentent d’un rôle de simples “exécuteurs de recettes de TP”. Le temps imparti à la pratique expérimentale augmente et les échanges en séance sont plus riches.

Vers une communauté en ligne ?


Les ressources sont également exploitées après des séances en laboratoire, pour aider à l’interprétation ou la valorisation des résultats (pour le tracé d’une droite d’étalonnage, ou la détermination de la concentration efficace d’un antioxydant par exemple).

L’utilisation en situation professionnelle est également observée comme l’illustre le témoignage d’une ancienne élève-ingénieur passée par le laboratoire de recherche d’une grande entreprise :
Je ne maîtrisais pas certaines techniques de laboratoire avant de commencer mon stage. J’ai donc consulté le site afin de comprendre et d’apprendre le fonctionnement des méthodes de chromatographies gazeuse, ionique, et de l’HPLC également. […] Et j’ai pu grâce à Chimactiv réviser les bases du “monde de la paillasse” que je n’avais plus eu l’occasion de fréquenter depuis plusieurs années.

Cet exemple signerait-il l’émergence d’une communauté d’utilisateurs plus large que le public initialement visé ? Sur les 228 répondants au questionnaire de satisfaction qui s’affiche sur le site, on constate que 7,5 % d’entre eux sont des professionnels hors enseignement travaillant en contrôle qualité, dans un service R&amp ; D ou au sein d’une unité de recherche.

Par ailleurs, si la réalisation du site a permis de fédérer une équipe interétablissements, Chimactiv est utilisé par des enseignants d’autres écoles et universités. Le but est de continuer à essaimer dans différents cursus, tout en se penchant de manière plus cadrée sur les usages du site et ses apports.

Dans cet objectif, Chimactiv fait partie des projets intégrés à la nouvelle chaire de recherche-action sur l’innovation pédagogique inaugurée par l’Université Paris-Saclay, afin de travailler main dans la main avec des chercheurs en sciences de l’éducation. »

Primé par le jury 2019 des Digital Learning Excellence Awards [C’est un prix franco-français, semble-t-il, malgré son titre en anglais...] dans la catégorie « éducation », le site Chimactiv, créé par une équipe plurielle, a bénéficié du soutien financier de l’Université Paris-Saclay (financements IDEX accordés lors des appels à projets « Former par le numérique » 2014, et « Initiatives pédagogiques – Transformer » 2016 et 2018).

Source : theconversation.com, « Innovation pédagogique, un site web pour progresser en labo de chimie ». Publié le 7/1/2020, par Valérie Camel et Marie-Noëlle Maillard. https://theconversation.com/innovation-pedagogique-un-site-web-pour-progresser-en-labo-de-chimie-120771

mardi 7 janvier 2020

Mathieu Bock-Côté : « Le progressisme ne tolère que lui-même »

Chronique de Mathieu Bock-Côté dans le Figaro du 4 janvier 2020. À noter que, le même jour où paraissait cet article, le juge des référés ordonne la reprise de l’affichage de la campagne d’Alliance VITA par Mediatransports

La formule est désormais consacrée : la liberté d’expression ne serait pas celle de dire n’importe quoi. Reste à déterminer ce qu’est ce « n’importe quoi » et, surtout, qui peut le définir. L’espace public ne cesse de se rétrécir. Vu de l’étranger, par exemple, on ne peut que se demander quelle est la légitimité d’un organe comme le CSA, qui veille moins à l’éthique journalistique qu’à l’encadrement idéologique de la parole publique. Plusieurs de ses interventions, aussi ubuesques qu’orwelliennes, mériteraient d’être rassemblées dans une anthologie de la bêtise.

La campagne médiatique qui a révolté la mairesse de Paris, la socialiste Hidalgo
On refoule dans les marges ceux qui s’entêtent à ne pas célébrer l’esprit de l’époque. Dans une société démocratique normale, ils n’existeraient pas. On vient de le voir à nouveau avec l’étrange polémique entourant Alliance Vita, qui, dans les transports publics, faisait une campagne publicitaire anti-PMA et GPA, au nom de l’importance du père et de la mère. Cette campagne a scandalisé la Mairie de Paris. Anne Hidalgo l’a dit clairement : le point de vue exprimé par les affiches ne devrait pas être admis dans le domaine public. Il faudrait les retirer. Le progressisme est obligatoire.



La référence à la paternité et la maternité par Alliance Vita passe pour une provocation morbide. D’ailleurs, l’évolution du vocabulaire ne pousse-t-elle pas au remplacement de « père » et « mère » par « parent 1 » et « parent 2 » ? Hommes et femmes ne sont-ils pas appelés à s’effacer progressivement devant la fluidité identitaire, qui résisterait à son encadrement symbolique et juridique ? On ne naît plus homme ou femme : on se fait assigner un sexe à la naissance par un pouvoir médical encore marqué par la logique patriarcale. Chacun est appelé à s’en libérer. Qui ne voit pas le monde ainsi doit se taire.



En d’autres mots, ce qu’on appellera très imparfaitement le conservatisme n’a plus droit de cité. Il est réduit à une série de préjugés irrecevables. Lorsqu’il parvient néanmoins à se faire entendre, c’est que les mécanismes de régulation de la parole publique ont échoué. Normalement, une telle parole devrait être contenue dans les marges et ne pas rejoindre le commun des mortels, qui pourrait la croire alors normalisée. Les invariants anthropologiques ne doivent plus apparaître qu’à la manière des restes usés du monde d’hier. La promotion de la famille traditionnelle relève aujourd’hui du discours discriminatoire et haineux. Les gardiens de la révolution diversitaire ne rient pas.



Nulle surprise ici : le progressisme ne tolère pas qu’on ne voie pas le monde comme lui. Il s’offusque toutefois lorsqu’on lui reproche son fanatisme. Il se croit neutre. Il n’y aurait rien d’idéologique à faire la promotion du véganisme, du féminisme ou du multiculturalisme dans les transports publics. [Que dire de l’école nettement mieux maîtrisée par les progressistes et loin des yeux des parents !!!] On ne devrait y voir que des manifestations du progrès. En son temps, Herbert Marcuse avait théorisé la chose, en soutenant que la tolérance ne saurait valoir pour les idées contredisant les mouvements favorables à ce qu’il appelait l’émancipation. Aujourd’hui, une association étudiante nord-américaine explique que la liberté d’expression ne saurait justifier les discours « racistes, colonialistes, xénophobes, transphobes, homophobes, sexistes, misogynes, antiféministes, classistes ou capacitistes ».


Mais on aurait tort de croire que la censure s’appuie uniquement sur les pouvoirs publics. Les dernières semaines de 2019 ont été marquées par l’irruption dans l’actualité des Sleeping Giants, ces activistes numériques anonymes qui veulent priver de revenus publicitaires les médias permettant l’expression de pensées dissidentes. Ils misent sur la frilosité des annonceurs, toujours soucieux de ne pas faire de vagues et de ne pas attraper la « mauvaise réputation », en associant certaines entreprises de presse à la « haine ». Ils accusent ainsi de complicité phobique ceux qui s’y associeraient par la publicité.

Ils ont ainsi notamment eu pour cible Valeurs actuelles, accusé concrètement d’insoumission idéologique. C’est aussi dans cet esprit que certaines entreprises ont voulu, sans y parvenir, pousser les employeurs et commanditaires d’Éric Zemmour à se débarrasser de lui lors de la dernière campagne de diffamation massive le visant. Ces méthodes relèvent non seulement de l’intimidation commerciale, mais aussi du terrorisme intellectuel. On peinera à y voir autre chose qu’une tentative d’épuration idéologique témoignant d’une psychologie tyrannique.

Le progressisme rêve d’exercer un monopole sur le récit médiatique légitime et de contrôler toutes les représentations sociales admises dans l’espace public. On ne parlera du vieux monde que pour le maudire et on rêve ouvertement de mettre à mort socialement les nouveaux dissidents. Il ne nous est pas interdit de noter que le progressisme renoue dans l’enthousiasme avec sa tentation totalitaire. Comme si cela correspondait à sa nature.

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Les jeunes filles d'origine asiatique, bonnes élèves du système éducatif français

Moins de redoublements, meilleur niveau scolaire, taux record de bacs généraux… Les enfants d’origine asiatique font mieux que les jeunes Français d’origine.

Les enfants d’origine asiatique sont les jeunes Français qui réussissent le mieux à l’école. C’est en tout cas ce qu’entend démontrer une étude de la sociologue du Cnam Yaël Brinbaum, parue en décembre 2019 et relayée par Le Figaro. Pour parvenir à ce résultat, elle a suivi un panel de 30 000 élèves entre 2007 et 2016, confrontant les résultats des enfants dont les parents sont nés en France avec ceux dont les deux parents sont nés à l’étranger.

Peu de réussite chez les descendants maghrébins, turcs et subsahariens

La prise en compte du sexe, en plus de l’origine migratoire, fournit quelques indications intéressantes. Ainsi, 92 % des jeunes filles d’origine asiatique obtiennent leur baccalauréat, contre 85 % chez les Français d’origine. Chez les garçons, 85 % des descendants d’Asiatiques ont leur bac, contre 75 % chez les jeunes Français d’origine. Autre indication, les garçons d’origine subsaharienne, maghrébine ou encore turque ont de grandes difficultés à obtenir leur baccalauréat, avec respectivement un taux de réussite de 61, 64 et 64 %. Les jeunes filles issues de ces régions font, elles mieux que les jeunes Français d’origine avec respectivement 84, 80 et 75 % de réussite. En revanche, elles obtiennent beaucoup moins de bacs généraux : – 15 points pour les filles d’immigrés maghrébins et — 22 points pour les filles originaires d’Afrique subsaharienne ou de Turquie.


Une différence d’éducation et de culture ?

Par ailleurs, les descendants d’immigrés asiatiques sont surreprésentés parmi les bacheliers scientifiques, rapporte l’étude, avec 36 % des filles et 42 % des garçons, contre seulement un quart des Français d’origine. A l’inverse les descendants d’immigrés subsahariens et turcs y sont minoritaires, avec 7 et 9 %. Pour deux connaisseurs des modèles éducatifs, Jean-Marie De Ketele et Bernard Hugonnier, cités par Le Figaro, ces différences s’expliquent par le culte de l’apprentissage par la répétition dans les pays asiatiques. Le travail y est également reconnu comme une valeur en soi et les élèves sont capables d’une forte persévérance dans l’effort. S’y ajoute une « forte pression exercée par les parents quant au travail scolaire, qui s’oppose à un certain laxisme occidental où l’objectif semble désormais de faire d’abord plaisir aux enfants », notaient-ils dans la Revue internationale d’éducation de Sèvres.

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