M. Bock-Côté reçoit P. Andries et D.Baril pour une émission qui se penche sur la critique du programme d’Éthique et de culture religieuse (ECR). L’émission dure 56 minutes.
Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
mercredi 9 novembre 2016
lundi 7 novembre 2016
Décès du théologien et sociologue québécois Jacques Grand’Maison
Le théologien et sociologue québécois Jacques Grand’Maison a trépassé. Le chanoine de 84 ans, qui luttait contre un cancer des os, est décédé le 5 novembre dans une maison de soins palliatifs, à Saint-Jérôme.
Officier de l’Ordre du Québec, professeur émérite de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal, où il a enseigné de 1967 à 1997, Jacques Grand’Maison comptait à son actif 51 ouvrages. Le dernier, Ces valeurs dont on parle si peu, publié chez Carte blanche en 2015, offrait à ses lecteurs son testament spirituel.
« Ce qui est le plus précieux pour les générations qui nous suivent, ce sont nos valeurs et nos convictions les plus profondes », confiait-il à Présence l’automne dernier.
Après des études au Grand séminaire de Montréal puis à l’Université grégorienne à Rome, il obtint un doctorat de l’Université de Montréal en 1964.
Né à de Saint-Jérôme le 18 décembre 1931, il est resté attaché toute sa vie à cette région. Dans les années 1970, devant ses engagements sociaux et sa popularité, certains souhaitaient qu’il se lance en politique, ce qu’il a toujours refusé. Des années plus tard, ses recherches sur les profils socioreligieux dans la région des Basses-Laurentides marquèrent durablement les esprits.
Au cours de sa carrière, ses travaux et réflexions ont abordé divers enjeux, dont le sacré, le jugement, l’éducation, l’évangélisation, les relations intergénérationnelles et le vivre-ensemble. En plus de ses recherches souvent menées sur le terrain et de son travail en paroisse, il a collaboré avec divers médias, dont La Presse et Le Devoir.
Ces dernières années, des ouvrages comme Quand le jugement fout le camp (Fides, 1999), Pour un nouvel humanisme (Fides, 2007) et Société laïque et christianisme (Novalis, 2010) ont confirmé son statut d’essayiste soucieux de la place du christianisme dans un Québec en pleine évolution.
L’historien Éric Bédard le qualifie d’intellectuel engagé, de conscience, de prêtre pas comme les autres, d’homme libre. Il recommande de lire Quand le jugement fout le camp (Fidès, 1999). Une invitation à nous méfier des modes du jour et des nouveaux impératifs moraux... Cette nouvelle morale nous somme de tout accepter au nom d’une conception molle de la tolérance qui ne serait que le nouveau visage de l’indifférence et du désengagement... « Il est beaucoup plus difficile d’être libre que soumis » écrivait Grand'Maison : « La liberté est un poids tellement lourd à porter qu’on se dépêche de se livrer à de nouvelles servitudes »...
Mathieu Bock-Côté qui a bien connu Jacques Grand'Maison dans le cadre des travaux du Pont entre les générations, alors que le jeune sociologue était dans la jeune vingtaine, déclare : « Grand'Maison, c'était un homme à la fois éclairé et généreux, et comme on dirait aujourd'hui, d'une grande qualité humaine. Il nous manquera. »
N’hésitant pas à critiquer la société actuelle, il était parfois accusé de présenter une vision trop pessimiste de ce qu’est devenue la société québécoise.
Voir aussiOfficier de l’Ordre du Québec, professeur émérite de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal, où il a enseigné de 1967 à 1997, Jacques Grand’Maison comptait à son actif 51 ouvrages. Le dernier, Ces valeurs dont on parle si peu, publié chez Carte blanche en 2015, offrait à ses lecteurs son testament spirituel.
« Ce qui est le plus précieux pour les générations qui nous suivent, ce sont nos valeurs et nos convictions les plus profondes », confiait-il à Présence l’automne dernier.
Après des études au Grand séminaire de Montréal puis à l’Université grégorienne à Rome, il obtint un doctorat de l’Université de Montréal en 1964.
Né à de Saint-Jérôme le 18 décembre 1931, il est resté attaché toute sa vie à cette région. Dans les années 1970, devant ses engagements sociaux et sa popularité, certains souhaitaient qu’il se lance en politique, ce qu’il a toujours refusé. Des années plus tard, ses recherches sur les profils socioreligieux dans la région des Basses-Laurentides marquèrent durablement les esprits.
Au cours de sa carrière, ses travaux et réflexions ont abordé divers enjeux, dont le sacré, le jugement, l’éducation, l’évangélisation, les relations intergénérationnelles et le vivre-ensemble. En plus de ses recherches souvent menées sur le terrain et de son travail en paroisse, il a collaboré avec divers médias, dont La Presse et Le Devoir.
Ces dernières années, des ouvrages comme Quand le jugement fout le camp (Fides, 1999), Pour un nouvel humanisme (Fides, 2007) et Société laïque et christianisme (Novalis, 2010) ont confirmé son statut d’essayiste soucieux de la place du christianisme dans un Québec en pleine évolution.
L’historien Éric Bédard le qualifie d’intellectuel engagé, de conscience, de prêtre pas comme les autres, d’homme libre. Il recommande de lire Quand le jugement fout le camp (Fidès, 1999). Une invitation à nous méfier des modes du jour et des nouveaux impératifs moraux... Cette nouvelle morale nous somme de tout accepter au nom d’une conception molle de la tolérance qui ne serait que le nouveau visage de l’indifférence et du désengagement... « Il est beaucoup plus difficile d’être libre que soumis » écrivait Grand'Maison : « La liberté est un poids tellement lourd à porter qu’on se dépêche de se livrer à de nouvelles servitudes »...
Mathieu Bock-Côté qui a bien connu Jacques Grand'Maison dans le cadre des travaux du Pont entre les générations, alors que le jeune sociologue était dans la jeune vingtaine, déclare : « Grand'Maison, c'était un homme à la fois éclairé et généreux, et comme on dirait aujourd'hui, d'une grande qualité humaine. Il nous manquera. »N’hésitant pas à critiquer la société actuelle, il était parfois accusé de présenter une vision trop pessimiste de ce qu’est devenue la société québécoise.
Version électronique (légale!) de Quand le jugement fout le camp (Essai sur la déculturation)
dimanche 6 novembre 2016
Éducation à la sexualité : pourquoi aucune école pilote dans la ville de Montréal ?
La Commission scolaire de Montréal (CSDM) est de loin la plus importante du Québec. Elle regroupe plus de 112 000 élèves, dont plus de 70 000 au secteur des jeunes, répartis dans 191 établissements scolaires : 127 établissements de l’ordre d’enseignement du primaire, 34 établissements de l’ordre d’enseignement secondaire, 5 établissements combinant les ordres primaire et secondaire. La CSDM offre également des services à près de 4 250 élèves au secteur de l’accueil, soit des élèves nouvellement arrivés au pays. La Commission scolaire English-Montréal (CSEM) est, quant à elle, la plus grande des neuf commissions scolaires anglophones du Québec regroupant plus de 35 000 élèves dans les secteurs jeunes et adultes, elle compte 40 écoles primaires, 17 écoles secondaires et 11 écoles « innovatrices ».
Or voilà qu’aucune école de ces commissions scolaires « riches de leurs diversités » ne fait partie des écoles pilotes pour le nouveau programme d’éducation à la sexualité selon la page d’information du Ministère de l’Éducation du Québec. Aucune école privée de l’île de Montréal ne fait partie de ces écoles privées selon cette même liste. La carte ci-dessous situe ces écoles sur la carte du Québec, elles sont marquées d’un point bleu.
Seules trois écoles sont dans la région de Montréal (marquées d’un point bleu) :
Or, sur 863 007 élèves inscrits dans les écoles de la maternelle, du primaire et du secondaire du réseau public québécois pendant l’année scolaire 2014-2015, 143 414 l'étaient dans la seule région administrative de Montréal (06) correspondant à 5 commissions scolaires, 38 574 dans la région administrative de Laval (13) et 152 242 dans la région administrative de la Montérégie (16). Ces trois seules régions regroupent donc près de 40 % des élèves du Québec alors que seuls 18 % des écoles pilotes s’y trouvent.
Éviter des populations aux mœurs trop conservatrices ?
Se pourrait-il que le manque d’écoles de la région retenues dans le projet pilote — absence encore plus criante dans les très multiethniques CSDM et CSEM — s’explique par le profil des parents qui y envoient leurs enfants : des immigrants aux valeurs conservatrices ?
Rappelons quelques faits et témoignages :
— Jacques Tobin, enseignant de philosophie, reconnaissait dans les colonnes du Devoir que la politique, la religion et le sexe, susceptibles de se retrouver dans son contenu, sont trois thèmes qui sèment la chicane au Québec : Aborder les questions des menstruations ou de la séduction devant un auditoire plutôt multiethnique lui a valu des reproches de ses élèves qui l’ont sommé de se mêler de ses affaires. Et M. Tobin a suscité de plus vives réactions encore à la présentation du film C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée, dont il s’est servi pour parler de l’homosexualité et des valeurs du Québec dans les années 60-70-80. « Deux gars qui s’embrassent, c’était pour elles “dégueulasse” », a raconté M. Tobin, en admettant avoir reçu quelques appels téléphoniques de parents.
— Comme le reconnaissait la CBC (très favorable à un programme d’éducation à la sexualité assez similaire en Ontario) : « La plupart des parents opposés au programme [d’Éducation à sexualité] ont des racines dans des pays à l’extérieur du Canada. »
— Enfin, l’endroit où l’on semble le moins enseigné le cours ECR (qui aborde déjà des questions de sexualité) est précisément Montréal :
Le PLQ au Québec a une base électorale fidèle parmi les immigrants. Ils sont toutefois des conservateurs sociaux. Les programmes scolaires (obligatoires pour tous, nous sommes au Québec après tout !) s’attaquent aux valeurs conservatrices et évincent le rôle des parents quand ils préconisent l’« exploration de nouvelles valeurs et normes en matière de sexualité, au-delà de celles de la famille »... Se pourrait-il que le PLQ n’ait inclus aucune école qui constitue la riche courtepointe multiethnique (mais conservatrice quant aux mœurs) de Montréal pour ne pas alarmer une partie de sa base électorale et la mettre simplement devant le fait accompli une fois le projet pilote couronné de succès (ne le sont-ils pas tous au Québec ?) et mis en application ?
Voir aussi
Cours d’ECR : les enseignants « marchent sur des œufs »
Du grand journalisme : « Les Ontariens et le sexe »
Québec — Le nouveau programme d’éducation sexuelle prônerait l’exploration sexuelle...?
« exploration de nouvelles valeurs et normes en matière de sexualité, au-delà de celles de la famille » :
Or voilà qu’aucune école de ces commissions scolaires « riches de leurs diversités » ne fait partie des écoles pilotes pour le nouveau programme d’éducation à la sexualité selon la page d’information du Ministère de l’Éducation du Québec. Aucune école privée de l’île de Montréal ne fait partie de ces écoles privées selon cette même liste. La carte ci-dessous situe ces écoles sur la carte du Québec, elles sont marquées d’un point bleu.
Seules trois écoles sont dans la région de Montréal (marquées d’un point bleu) :
Or, sur 863 007 élèves inscrits dans les écoles de la maternelle, du primaire et du secondaire du réseau public québécois pendant l’année scolaire 2014-2015, 143 414 l'étaient dans la seule région administrative de Montréal (06) correspondant à 5 commissions scolaires, 38 574 dans la région administrative de Laval (13) et 152 242 dans la région administrative de la Montérégie (16). Ces trois seules régions regroupent donc près de 40 % des élèves du Québec alors que seuls 18 % des écoles pilotes s’y trouvent.
Éviter des populations aux mœurs trop conservatrices ?
Se pourrait-il que le manque d’écoles de la région retenues dans le projet pilote — absence encore plus criante dans les très multiethniques CSDM et CSEM — s’explique par le profil des parents qui y envoient leurs enfants : des immigrants aux valeurs conservatrices ?
Rappelons quelques faits et témoignages :
— Jacques Tobin, enseignant de philosophie, reconnaissait dans les colonnes du Devoir que la politique, la religion et le sexe, susceptibles de se retrouver dans son contenu, sont trois thèmes qui sèment la chicane au Québec : Aborder les questions des menstruations ou de la séduction devant un auditoire plutôt multiethnique lui a valu des reproches de ses élèves qui l’ont sommé de se mêler de ses affaires. Et M. Tobin a suscité de plus vives réactions encore à la présentation du film C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée, dont il s’est servi pour parler de l’homosexualité et des valeurs du Québec dans les années 60-70-80. « Deux gars qui s’embrassent, c’était pour elles “dégueulasse” », a raconté M. Tobin, en admettant avoir reçu quelques appels téléphoniques de parents.
— Comme le reconnaissait la CBC (très favorable à un programme d’éducation à la sexualité assez similaire en Ontario) : « La plupart des parents opposés au programme [d’Éducation à sexualité] ont des racines dans des pays à l’extérieur du Canada. »
— Enfin, l’endroit où l’on semble le moins enseigné le cours ECR (qui aborde déjà des questions de sexualité) est précisément Montréal :
une enquête de l’Association québécoise en éthique et culture religieuse corrobore les échos que nous avons du milieu scolaire : près de la moitié des écoles (100/211) réduisent sensiblement le temps d’enseignement recommandé par le ministère. À Montréal, ce taux grimpe aux deux tiers. Il semble aussi que des écoles placent officiellement ce cours à l’horaire mais, dans les faits, lui substituent un autre cours.
Nancy Bouchard dans Le Devoir du 17 août 2016
Le PLQ au Québec a une base électorale fidèle parmi les immigrants. Ils sont toutefois des conservateurs sociaux. Les programmes scolaires (obligatoires pour tous, nous sommes au Québec après tout !) s’attaquent aux valeurs conservatrices et évincent le rôle des parents quand ils préconisent l’« exploration de nouvelles valeurs et normes en matière de sexualité, au-delà de celles de la famille »... Se pourrait-il que le PLQ n’ait inclus aucune école qui constitue la riche courtepointe multiethnique (mais conservatrice quant aux mœurs) de Montréal pour ne pas alarmer une partie de sa base électorale et la mettre simplement devant le fait accompli une fois le projet pilote couronné de succès (ne le sont-ils pas tous au Québec ?) et mis en application ?
Voir aussi
Cours d’ECR : les enseignants « marchent sur des œufs »
Du grand journalisme : « Les Ontariens et le sexe »
Québec — Le nouveau programme d’éducation sexuelle prônerait l’exploration sexuelle...?
Lois contre « discours haineux » — Employée aborigène poursuit des étudiants pour « embarras et humiliation » (M-à-j)
Mise à jour le 6 novembre 2016
Trois ans après les incidents qui ont abouti aux poursuites intentées pour « discours haineux » contre des étudiants australiens, ceux-ci ont bénéficié d’une victoire en justice. Cette poursuite a été rejetée par la Cour fédérale.
Rappelons brièvement les faits (version plus longue ci-dessous) : un groupe d’étudiants est entré dans un laboratoire d’informatique de l’Université technique du Queensland (QUT) pour s’en voir immédiatement interdire l’usage parce qu’ils n’étaient pas aborigènes. Les étudiants reviennent à leur chambre et font quelques commentaires sarcastiques sur Facebook, tels que « Je me demande où se trouve le laboratoire d’informatique réservé aux suprématistes blancs ».
Pour avoir ridiculisé le néo-ségrégationnisme de l’université, on les a traînés en justice, ou plutôt à travers un cauchemar juridique, pendant trois ans. De prime abord, on pourrait penser qu’il s’agit d’une victoire historique sur la police de la pensée totalitaire de la Commission australienne des droits de l’homme (le Canada n’est pas exempt de ces officines de la police de la pensée voir ci-dessous), mais voilà, il s’agit d’une victoire à la Pyrrhus, car la peine n’est pas celle que n’a pas infligée le tribunal, mais le simple fait d’être traîné en justice, d’être formellement accusé et de devoir se défendre pendant des années alors que cette accusation ne coûte absolument rien à l’accusatrice représentée gratuitement par la Commission des droits de l’homme :
« [Quatre des sept accusés] choisirent de payer 5000 $ pour se débarrasser de l’affaire, terrorisés par l’idée d’être catalogués racistes. D’autres choisirent de lutter contre cette injustice manifeste, même si on les poursuivait pour des centaines de milliers de dollars. Cela gâche leur existence et même une victoire en fin de compte devant les tribunaux sera une défaite. Le processus est la punition, comme nous le rappelle sans cesse l’auteur Mark Steyn. »
Pendant des années, chaque fois qu’un éventuel employeur cherchera le nom de ces gars sur la Toile, les premiers résultats qui apparaîtront les accuseront d’être de haineux et odieux personnages emplis de haine. Jusqu’à ce que, dans les tréfonds du moteur de recherche, l’algorithme ne dévoile tardivement un bref article précisant que l’affaire a été classée sans suite par la justice. Elle n’aurait simplement jamais dû être entendue. Pour cela, il faudrait d’abord que les accusateurs paient plus de leur personne et que ces commissions des droits de l’homme voient leur voilure sévèrement réduite.
Billet original du 26 février 2016
Une employée de l’unité aborigène de l’Université technique du Queensland (nord-est du pays) a porté plainte en vertu des lois de discrimination raciale de l’Australie et demande des dommages et intérêts de 250 000 $ australiens (245 000 $ canadiens).
Cindy Prior (ci-contre), une employée de l’Université technique du Queensland (QUT), poursuit un certain nombre d’étudiants et de membres du personnel de cette université. Elle affirme qu’elle aurait subi en 2013 « insulte, embarras, humiliation et préjudice psychiatrique » à la suite des actions et des commentaires des trois membres du personnel et de cinq étudiants de l’université.
L’affaire remonte à un incident en 2013, lorsque trois étudiants ont tenté d’utiliser un laboratoire informatique de l’unité Oodgeroo réservée aux aborigènes.
Selon des documents récemment déposés au greffe de la Cour de circuit fédérale australienne, Cindy Prior a remis en cause l’identité raciale d’un des étudiants, Alex Wood. M. Wood affirme que, en compagnie de deux autres étudiants, il avait commencé à utiliser un ordinateur dans l’unité Oodgeroo quand Mme Prior lui avait « demandé agressivement » de révéler son identité raciale. Après l’avoir déclinée, selon M. Wood, l’administratrice aborigène aurait dit d’un « ton agressif et désagréable » qu’il ne pouvait rester dans ce laboratoire parce qu’il n’était pas aborigène.
Mme Prior a alors exigé que les trois étudiants quittent le laboratoire « immédiatement en raison de leur identité raciale ».
Selon le journal The Australian, elle leur a dit qu’ils étaient dans « un espace autochtone réservé aux étudiants aborigènes et du détroit de Torres » et qu’il y avait d’autres endroits où ils pourraient utiliser des ordinateurs. Elle a demandé aux étudiants de quitter les lieux, ils sont partis paisiblement.
Alex Wood s’est plaint une heure plus tard sur une page Facebook de l’université : « Viens de me faire expulser d’une salle informatique aborigène non indiquée. L’université combat la ségrégation par la ségrégation. »
À cause de ce billet, M. Wood, désormais diplômé en génie depuis décembre 2015, a été accusé en justice pour haine raciale. « Je ne parviens pas à comprendre comment cet acte relativement mineur me rend passible de poursuites criminelles pour “discours haineux” et une demande de dommages et intérêts et de plus de 250 000 $ », a-t-il déclaré dans sa déposition sous serment.
« Ma mère est veuve. Cet incident nous a causé, à elle et à moi, beaucoup de détresse et de contrariétés. Je ne suis pas une personne raciste et personne ne l’a jamais suggéré à mon sujet. Je n’ai presque pas d’économies... », d’affirmer M. Wood.
Un autre étudiant avait écrit peu après son expulsion : « Je me demande où se trouve le labo d’informatique pour suprématistes blancs. » Ce qui, à une autre époque, aurait sans doute été considéré comme de l'humour estudiantin.
Le même étudiant, dans sa déposition sous serment dans le cadre de la poursuite en justice, a écrit : « Je déteste toute forme de discrimination raciale. En tant qu’Australien et étudiant à l’université, j’ai été consterné d’apprendre que la ségrégation raciale était pratiquée sur le campus de mon université. »
L’université a déclaré que « QUT appuie sans réserve ses services de soutien pour assurer le succès des étudiants aborigènes et du détroit de Torres (600 sur 49 000) ; en particulier l’offre d’espaces réservés où les étudiants aborigènes et du détroit de Torres peuvent utiliser des ordinateurs, travailler avec du personnel et des tuteurs autochtones, avoir accès à du soutien pédagogique et socialiser. »
L’article 18 C de la Loi contre la discrimination raciale
Pour le journal australien Herald Sun, l’administratrice aborigène de l’université devrait immédiatement abandonner son procès contre les étudiants de l’Université technique du Queensland.
En outre, la Loi contre la discrimination raciale devrait être modifiée pour éviter à l’avenir des poursuites similaires.
L’article 18 C est rédigé de telle sorte qu’il suffit qu’une personne membre d’un groupe ethnique, racial ou autre prétende que l’action pourrait raisonnablement faire en sorte que ces personnes se sentent subjectivement insultées, intimidées ou humiliées pour que la loi puisse s’appliquer :
Cindy Prior utilise l’article 18C de la Loi contre la discrimination raciale acte — article controversé que l’ancien Premier ministre Tony Abbott avait promis d’abroger — pour poursuivre trois membres du personnel de la QUT et cinq étudiants. Elle dit avoir souffert « insultes, embarras, humiliation et préjudices psychiatriques ». Elle affirme également encore craindre pour sa sécurité, en raison des actions et des commentaires des personnes qu’elle incrimine.
Ce n’est pas la première fois que l’article 18C sert à réprimer la liberté d’expression. En septembre 2010, neuf aborigènes ont engagé des poursuites en justice devant la Cour fédérale australienne contre Andrew Bolt et le Herald Sun au sujet de plusieurs messages affichés sur le blogue de Bolt. Les plaignants ont poursuivi les messages intitulés « C’est tellement branché d’être noir », « blanc est le nouveau noir » et « des gars blancs dans le noir ». Les articles suggéraient qu’il était devenu à la mode pour des « gens à la peau claire » issus de divers groupes ethniques de préférer leurs origines aborigènes parce que cela leur était plus bénéfique sur le plan politique, social et pour leur carrière. Les requérants ont affirmé que ces messages violaient la Loi sur la discrimination raciale. Ils ont exigé des excuses, le paiement des dépens et une interdiction de republication des articles et des messages incriminés et « autre réparation que le tribunal estimerait apte ». Ils n’avaient pas réclamé de dommages-intérêts. Le 28 septembre 2011, Bolt a été reconnu coupable d’avoir contrevenu à l’article 18C de la Loi sur la discrimination raciale.
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Québec — Menace sur la liberté d'expression : le projet de loi 59
Correctivisme politique et les tribunaux : « Extirper l'hérésie et le blasphème » ?
Trois ans après les incidents qui ont abouti aux poursuites intentées pour « discours haineux » contre des étudiants australiens, ceux-ci ont bénéficié d’une victoire en justice. Cette poursuite a été rejetée par la Cour fédérale.
Rappelons brièvement les faits (version plus longue ci-dessous) : un groupe d’étudiants est entré dans un laboratoire d’informatique de l’Université technique du Queensland (QUT) pour s’en voir immédiatement interdire l’usage parce qu’ils n’étaient pas aborigènes. Les étudiants reviennent à leur chambre et font quelques commentaires sarcastiques sur Facebook, tels que « Je me demande où se trouve le laboratoire d’informatique réservé aux suprématistes blancs ».
Pour avoir ridiculisé le néo-ségrégationnisme de l’université, on les a traînés en justice, ou plutôt à travers un cauchemar juridique, pendant trois ans. De prime abord, on pourrait penser qu’il s’agit d’une victoire historique sur la police de la pensée totalitaire de la Commission australienne des droits de l’homme (le Canada n’est pas exempt de ces officines de la police de la pensée voir ci-dessous), mais voilà, il s’agit d’une victoire à la Pyrrhus, car la peine n’est pas celle que n’a pas infligée le tribunal, mais le simple fait d’être traîné en justice, d’être formellement accusé et de devoir se défendre pendant des années alors que cette accusation ne coûte absolument rien à l’accusatrice représentée gratuitement par la Commission des droits de l’homme :
« [Quatre des sept accusés] choisirent de payer 5000 $ pour se débarrasser de l’affaire, terrorisés par l’idée d’être catalogués racistes. D’autres choisirent de lutter contre cette injustice manifeste, même si on les poursuivait pour des centaines de milliers de dollars. Cela gâche leur existence et même une victoire en fin de compte devant les tribunaux sera une défaite. Le processus est la punition, comme nous le rappelle sans cesse l’auteur Mark Steyn. »
Pendant des années, chaque fois qu’un éventuel employeur cherchera le nom de ces gars sur la Toile, les premiers résultats qui apparaîtront les accuseront d’être de haineux et odieux personnages emplis de haine. Jusqu’à ce que, dans les tréfonds du moteur de recherche, l’algorithme ne dévoile tardivement un bref article précisant que l’affaire a été classée sans suite par la justice. Elle n’aurait simplement jamais dû être entendue. Pour cela, il faudrait d’abord que les accusateurs paient plus de leur personne et que ces commissions des droits de l’homme voient leur voilure sévèrement réduite.
Billet original du 26 février 2016
Une employée de l’unité aborigène de l’Université technique du Queensland (nord-est du pays) a porté plainte en vertu des lois de discrimination raciale de l’Australie et demande des dommages et intérêts de 250 000 $ australiens (245 000 $ canadiens).
Cindy Prior (ci-contre), une employée de l’Université technique du Queensland (QUT), poursuit un certain nombre d’étudiants et de membres du personnel de cette université. Elle affirme qu’elle aurait subi en 2013 « insulte, embarras, humiliation et préjudice psychiatrique » à la suite des actions et des commentaires des trois membres du personnel et de cinq étudiants de l’université.L’affaire remonte à un incident en 2013, lorsque trois étudiants ont tenté d’utiliser un laboratoire informatique de l’unité Oodgeroo réservée aux aborigènes.
Selon des documents récemment déposés au greffe de la Cour de circuit fédérale australienne, Cindy Prior a remis en cause l’identité raciale d’un des étudiants, Alex Wood. M. Wood affirme que, en compagnie de deux autres étudiants, il avait commencé à utiliser un ordinateur dans l’unité Oodgeroo quand Mme Prior lui avait « demandé agressivement » de révéler son identité raciale. Après l’avoir déclinée, selon M. Wood, l’administratrice aborigène aurait dit d’un « ton agressif et désagréable » qu’il ne pouvait rester dans ce laboratoire parce qu’il n’était pas aborigène.
Mme Prior a alors exigé que les trois étudiants quittent le laboratoire « immédiatement en raison de leur identité raciale ».
Selon le journal The Australian, elle leur a dit qu’ils étaient dans « un espace autochtone réservé aux étudiants aborigènes et du détroit de Torres » et qu’il y avait d’autres endroits où ils pourraient utiliser des ordinateurs. Elle a demandé aux étudiants de quitter les lieux, ils sont partis paisiblement.
Alex Wood s’est plaint une heure plus tard sur une page Facebook de l’université : « Viens de me faire expulser d’une salle informatique aborigène non indiquée. L’université combat la ségrégation par la ségrégation. »
À cause de ce billet, M. Wood, désormais diplômé en génie depuis décembre 2015, a été accusé en justice pour haine raciale. « Je ne parviens pas à comprendre comment cet acte relativement mineur me rend passible de poursuites criminelles pour “discours haineux” et une demande de dommages et intérêts et de plus de 250 000 $ », a-t-il déclaré dans sa déposition sous serment.
« Ma mère est veuve. Cet incident nous a causé, à elle et à moi, beaucoup de détresse et de contrariétés. Je ne suis pas une personne raciste et personne ne l’a jamais suggéré à mon sujet. Je n’ai presque pas d’économies... », d’affirmer M. Wood.
Un autre étudiant avait écrit peu après son expulsion : « Je me demande où se trouve le labo d’informatique pour suprématistes blancs. » Ce qui, à une autre époque, aurait sans doute été considéré comme de l'humour estudiantin.
Le même étudiant, dans sa déposition sous serment dans le cadre de la poursuite en justice, a écrit : « Je déteste toute forme de discrimination raciale. En tant qu’Australien et étudiant à l’université, j’ai été consterné d’apprendre que la ségrégation raciale était pratiquée sur le campus de mon université. »
L’université a déclaré que « QUT appuie sans réserve ses services de soutien pour assurer le succès des étudiants aborigènes et du détroit de Torres (600 sur 49 000) ; en particulier l’offre d’espaces réservés où les étudiants aborigènes et du détroit de Torres peuvent utiliser des ordinateurs, travailler avec du personnel et des tuteurs autochtones, avoir accès à du soutien pédagogique et socialiser. »
L’article 18 C de la Loi contre la discrimination raciale
Pour le journal australien Herald Sun, l’administratrice aborigène de l’université devrait immédiatement abandonner son procès contre les étudiants de l’Université technique du Queensland.
En outre, la Loi contre la discrimination raciale devrait être modifiée pour éviter à l’avenir des poursuites similaires.
L’article 18 C est rédigé de telle sorte qu’il suffit qu’une personne membre d’un groupe ethnique, racial ou autre prétende que l’action pourrait raisonnablement faire en sorte que ces personnes se sentent subjectivement insultées, intimidées ou humiliées pour que la loi puisse s’appliquer :
“the act is reasonably likely, in all the circumstances, to offend, insult, humiliate or intimidate another person or a group of people;”
« l’acte est raisonnablement susceptible, dans toutes les circonstances, d’offenser, insulter, humilier ou intimider autrui ou un groupe de personnes ; »L’article 18 C de la loi australienne est similaire à l’article 13 (1) Loi canadienne sur les droits de la personne :
13. (1) Constitue un acte discriminatoire le fait, pour une personne ou un groupe de personnes agissant d’un commun accord, d’utiliser ou de faire utiliser un téléphone de façon répétée en recourant ou en faisant recourir aux services d’une entreprise de télécommunication relevant de la compétence du Parlement pour aborder ou faire aborder des questions susceptibles d’exposer à la haine ou au mépris des personnes appartenant à un groupe identifiable sur la base des critères énoncés à l’article 3.L’article 13 de la loi canadienne a été abrogé en 2013 à la suite d’une longue campagne contre celui-ci par plusieurs journalistes comme Mark Steyn et Ezra Levant.
Cindy Prior utilise l’article 18C de la Loi contre la discrimination raciale acte — article controversé que l’ancien Premier ministre Tony Abbott avait promis d’abroger — pour poursuivre trois membres du personnel de la QUT et cinq étudiants. Elle dit avoir souffert « insultes, embarras, humiliation et préjudices psychiatriques ». Elle affirme également encore craindre pour sa sécurité, en raison des actions et des commentaires des personnes qu’elle incrimine.
Ce n’est pas la première fois que l’article 18C sert à réprimer la liberté d’expression. En septembre 2010, neuf aborigènes ont engagé des poursuites en justice devant la Cour fédérale australienne contre Andrew Bolt et le Herald Sun au sujet de plusieurs messages affichés sur le blogue de Bolt. Les plaignants ont poursuivi les messages intitulés « C’est tellement branché d’être noir », « blanc est le nouveau noir » et « des gars blancs dans le noir ». Les articles suggéraient qu’il était devenu à la mode pour des « gens à la peau claire » issus de divers groupes ethniques de préférer leurs origines aborigènes parce que cela leur était plus bénéfique sur le plan politique, social et pour leur carrière. Les requérants ont affirmé que ces messages violaient la Loi sur la discrimination raciale. Ils ont exigé des excuses, le paiement des dépens et une interdiction de republication des articles et des messages incriminés et « autre réparation que le tribunal estimerait apte ». Ils n’avaient pas réclamé de dommages-intérêts. Le 28 septembre 2011, Bolt a été reconnu coupable d’avoir contrevenu à l’article 18C de la Loi sur la discrimination raciale.
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L'éducation à la sexualité imposée à la maternelle
Le programme proposé par le ministère vise quatre grands objectifs pour les enfants d’âge préscolaire.
Premièrement, ils apprendront à identifier et nommer les parties du corps, y compris celles propres aux filles et celles propres aux garçons. Deuxièmement, ils seront appelés à identifier les sensations, les émotions et les besoins qu’ils vivent. On aimerait avoir des détails...
Troisièmement, ils apprendront à décrire en leurs mots les étapes de la naissance, de la rencontre entre l’ovule et le spermatozoïde jusqu’à l’accouchement, par voie naturelle ou par césarienne.
Quatrièmement, ils passeront en revue les différents types de familles qui existent dans leur société : nucléaire, monoparentale, reconstituée (décomposée), homoparentale, adoptive. Pour en dire quoi ? Que toutes se valent ?
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Québec — Le nouveau programme d'éducation sexuelle prônerait l'exploration sexuelle...?
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Québec — La réforme de 2000 est un échec, disent les enseignants
Parents, ne vous fiez pas trop aux bulletins de vos enfants : les notes sont couramment gonflées artificiellement pour que l’école ait l’air de répondre aux attentes du gouvernement. La réalité, c’est que les programmes éducatifs québécois sont mal foutus et que l’école produit trop d’analphabètes fonctionnels.
Critique de l’apprentissage par compétences
C’est ce qu’ont dénoncé, hier, sans détour et d’une même voix les trois syndicats d’enseignants francophones de l’île de Montréal dans le cadre de la commission sur la réussite scolaire mise en place par le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx.
« On veut que l’élève réussisse [sur papier] à tout prix, quitte à mentir ou à niveler par le bas. Que veulent vraiment dire les notes du bulletin ? », a demandé hier Mélanie Hubert, présidente du Syndicat de l’enseignement de l’ouest de Montréal qui représente les enseignants de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys.
« La réforme [des programmes scolaires instaurée en 2000] a voulu apprendre aux élèves à apprendre. Mais encore fallait-il leur faire apprendre quelque chose ! »
Après une première moitié de mandat passée dans le brassage de structures de commissions scolaires et dans les coupes, le ministre Proulx a voulu entendre les acteurs de l’éducation sur les façons d’améliorer la réussite scolaire. Les syndicats ont saisi l’occasion et n’ont pas mis de gants blancs.
À leurs yeux, le ministère de l’Éducation doit reconnaître que sa réforme des programmes pédagogiques mise en place en 2000 est un échec.
« Ça fait 15 ans que la réforme est implantée, et les enseignants ont encore du mal à s’y retrouver », se désole Mme Hubert.
Plutôt que de transmettre de vraies connaissances aux enfants, la réforme de 2000 a cherché à leur donner des compétences. « Mais des compétences, c’est vague à enseigner et vague à évaluer. »
Des exemples de compétences trop floues ? « Mes préférées, a dit avec une pointe de sarcasme Mme Hubert en coulisses, ce sont celles qui nous demandent d’évaluer si l’enfant a su “adopter un mode de vie sain et actif” et s’il sait lire “des textes variés”. »
Rappelons ici ce que disait Jacques Dufresne : « la compétence est un faisceau de savoirs ». On ne peut acquérir celle-ci sans les autres, comme conséquence des autres.
Trop d’évaluations ?
Le ministre a écouté et donné quelques indices des changements qu’il compte apporter. « Le taux de diplomation est plus élevé en Ontario, où on évalue beaucoup moins souvent les élèves qu’au Québec. Les enfants ontariens ont 16, 17 ou 18 évaluations du primaire au secondaire et les Québécois, quelque chose comme 83. Pensez-vous, comme moi, qu’on devrait évaluer les enfants moins souvent ? »
Assurément ! a lancé Mme Hubert. « On passe notre temps à évaluer et à préparer les enfants à des examens et trop peu de temps à enseigner. »
En entrevue en fin de journée, le ministre Proulx a expliqué « qu’on aura toujours besoin d’un système d’évaluation » mais qu’il entendait voir s’il y aurait moyen de limiter le nombre d’examens et « la pression indue mise sur les élèves et sur le personnel ».
« Enseignant seul responsable de la réussite de l’élève »
Notons que lorsque les enseignants ont déclaré qu’ils adhéraient à l’objectif du ministre d’en réduire le nombre, ils confortaient du coup un des préceptes de la réforme qui commandaient de s’appuyer beaucoup plus sur le jugement professionnel des enseignants que sur une ribambelle de tests.
Pour Réjean Parent du Journal de Montréal, souvent abandonnés par leur direction, les enseignants devraient se dépêtrer avec un grand nombre de parents contestant l’évaluation faite de leurs enfants. Aussi enchanteresse que la reconnaissance du jugement professionnel puisse paraitre, beaucoup d’enseignants préfèrent se baser sur une multitude d’examens plutôt que sur leur jugement professionnel pour justifier l’évaluation du rendement des enfants dont les parents sont récalcitrants, d’où une certaine déconnexion avec les visions ministérielles et syndicales.
Dans la même veine, les annonces publicitaires d’une fédération d’enseignants voulant que l’enseignant soit le seul maître en classe, devraient tout autant réjouir le ministre qui voudrait installer un ordre professionnel et rendre l’enseignant seul responsable de la réussite de l’élève et, doit-on comprendre, plus le ministère qui pourtant impose les programmes et tient les cordons de la bourse ?
Pour ce carnet, c’est chaque école qui devrait être responsable de la réussite de ses élèves, si ceux-ci ne progressent pas assez les parents devraient être libres de mettre ailleurs leurs enfants sans que cela ne leur en coûte grâce à des mesures comme le chèque-éducation. Les écoles devraient s’améliorer, encourager, former et accompagner leurs enseignants, dans le pire des cas se débarrasser des moins bons, afin de garantir la survie de l’école puisque leurs financements se feraient au nombre d’élèves qui les fréquentent. Le choix d’école devrait être garanti dans nettement plus de régions du Québec. Cela signifiera sans doute une diminution de la taille de certaines écoles ce qui pourrait aussi permettre aux adultes de ces écoles de mieux connaître leurs élèves et d’assurer une plus grande discipline.
Redoublement
La présidente du Syndicat de l’ouest de Montréal a préconisé de revoir le système de redoublement. « Oui, il faudra repenser le système de redoublement, mais si le redoublement, à l’origine, n’était pas la solution, l’autopromotion actuelle ne l’est pas non plus. »
Inégalités sociales
La compétition entre les écoles, et plus particulièrement avec les écoles à vocation particulière, qui accentuent les inégalités au détriment des élèves issus de milieux défavorisés, comme le révélait le Conseil supérieur de l’éducation cette semaine, a également été relevée par plusieurs intervenants qui ont défilé devant le ministre vendredi. « Le problème, ce n’est pas les programmes particuliers et les projets de certaines écoles, lance Pascale Grignon, porte-parole du mouvement Je protège mon école publique. C’est le fait que les autres écoles et les autres élèves n’aient pas cette même chance. Il y a ici un réel enjeu d’accessibilité et d’équité. Ne nivelons pas vers le bas, côté stimulation. Au contraire ! Inspirons-nous de ce qui motive et plaît et offrons-le à tous les élèves, qu’ils réussissent très bien ou non, dans toutes les régions. »
Ce carnet est tout à fait pour que les « défavorisés » économiques puissent avoir accès aux meilleures écoles dans toutes les régions, aux meilleurs profs au mérite. Pour cela des chèques-éducation valables dans des écoles privées ou des écoles publiques sélectives seraient une solution. Nous ne sommes pas sûrs de ce que signifie « offrons-le à tous les élèves, qu’ils réussissent très bien ou non ». Faut-il que même les élèves qui ne réussissent pas aient accès à des programmes sélectifs ?
Sources : La Presse, Le Devoir et Journal de Montréal
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(livre) Échec de l’enseignement par compétences, retour à une instruction centrée sur les connaissances
Québec — Analphabétisme fonctionnel et diplomation sont en hausse
ECR comme compétence sans savoir prescrit (ECR — Ramener l’éthique à une simple question de « vivre-ensemble » pluraliste)
Critique de l’apprentissage par compétences
C’est ce qu’ont dénoncé, hier, sans détour et d’une même voix les trois syndicats d’enseignants francophones de l’île de Montréal dans le cadre de la commission sur la réussite scolaire mise en place par le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx.
« On veut que l’élève réussisse [sur papier] à tout prix, quitte à mentir ou à niveler par le bas. Que veulent vraiment dire les notes du bulletin ? », a demandé hier Mélanie Hubert, présidente du Syndicat de l’enseignement de l’ouest de Montréal qui représente les enseignants de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys.
« La réforme [des programmes scolaires instaurée en 2000] a voulu apprendre aux élèves à apprendre. Mais encore fallait-il leur faire apprendre quelque chose ! »
Après une première moitié de mandat passée dans le brassage de structures de commissions scolaires et dans les coupes, le ministre Proulx a voulu entendre les acteurs de l’éducation sur les façons d’améliorer la réussite scolaire. Les syndicats ont saisi l’occasion et n’ont pas mis de gants blancs.
À leurs yeux, le ministère de l’Éducation doit reconnaître que sa réforme des programmes pédagogiques mise en place en 2000 est un échec.
« Ça fait 15 ans que la réforme est implantée, et les enseignants ont encore du mal à s’y retrouver », se désole Mme Hubert.
Plutôt que de transmettre de vraies connaissances aux enfants, la réforme de 2000 a cherché à leur donner des compétences. « Mais des compétences, c’est vague à enseigner et vague à évaluer. »
Des exemples de compétences trop floues ? « Mes préférées, a dit avec une pointe de sarcasme Mme Hubert en coulisses, ce sont celles qui nous demandent d’évaluer si l’enfant a su “adopter un mode de vie sain et actif” et s’il sait lire “des textes variés”. »
Rappelons ici ce que disait Jacques Dufresne : « la compétence est un faisceau de savoirs ». On ne peut acquérir celle-ci sans les autres, comme conséquence des autres.
Trop d’évaluations ?
Le ministre a écouté et donné quelques indices des changements qu’il compte apporter. « Le taux de diplomation est plus élevé en Ontario, où on évalue beaucoup moins souvent les élèves qu’au Québec. Les enfants ontariens ont 16, 17 ou 18 évaluations du primaire au secondaire et les Québécois, quelque chose comme 83. Pensez-vous, comme moi, qu’on devrait évaluer les enfants moins souvent ? »
Assurément ! a lancé Mme Hubert. « On passe notre temps à évaluer et à préparer les enfants à des examens et trop peu de temps à enseigner. »
En entrevue en fin de journée, le ministre Proulx a expliqué « qu’on aura toujours besoin d’un système d’évaluation » mais qu’il entendait voir s’il y aurait moyen de limiter le nombre d’examens et « la pression indue mise sur les élèves et sur le personnel ».
« Enseignant seul responsable de la réussite de l’élève »
Notons que lorsque les enseignants ont déclaré qu’ils adhéraient à l’objectif du ministre d’en réduire le nombre, ils confortaient du coup un des préceptes de la réforme qui commandaient de s’appuyer beaucoup plus sur le jugement professionnel des enseignants que sur une ribambelle de tests.
Pour Réjean Parent du Journal de Montréal, souvent abandonnés par leur direction, les enseignants devraient se dépêtrer avec un grand nombre de parents contestant l’évaluation faite de leurs enfants. Aussi enchanteresse que la reconnaissance du jugement professionnel puisse paraitre, beaucoup d’enseignants préfèrent se baser sur une multitude d’examens plutôt que sur leur jugement professionnel pour justifier l’évaluation du rendement des enfants dont les parents sont récalcitrants, d’où une certaine déconnexion avec les visions ministérielles et syndicales.
Dans la même veine, les annonces publicitaires d’une fédération d’enseignants voulant que l’enseignant soit le seul maître en classe, devraient tout autant réjouir le ministre qui voudrait installer un ordre professionnel et rendre l’enseignant seul responsable de la réussite de l’élève et, doit-on comprendre, plus le ministère qui pourtant impose les programmes et tient les cordons de la bourse ?
Pour ce carnet, c’est chaque école qui devrait être responsable de la réussite de ses élèves, si ceux-ci ne progressent pas assez les parents devraient être libres de mettre ailleurs leurs enfants sans que cela ne leur en coûte grâce à des mesures comme le chèque-éducation. Les écoles devraient s’améliorer, encourager, former et accompagner leurs enseignants, dans le pire des cas se débarrasser des moins bons, afin de garantir la survie de l’école puisque leurs financements se feraient au nombre d’élèves qui les fréquentent. Le choix d’école devrait être garanti dans nettement plus de régions du Québec. Cela signifiera sans doute une diminution de la taille de certaines écoles ce qui pourrait aussi permettre aux adultes de ces écoles de mieux connaître leurs élèves et d’assurer une plus grande discipline.
Redoublement
La présidente du Syndicat de l’ouest de Montréal a préconisé de revoir le système de redoublement. « Oui, il faudra repenser le système de redoublement, mais si le redoublement, à l’origine, n’était pas la solution, l’autopromotion actuelle ne l’est pas non plus. »
Inégalités sociales
La compétition entre les écoles, et plus particulièrement avec les écoles à vocation particulière, qui accentuent les inégalités au détriment des élèves issus de milieux défavorisés, comme le révélait le Conseil supérieur de l’éducation cette semaine, a également été relevée par plusieurs intervenants qui ont défilé devant le ministre vendredi. « Le problème, ce n’est pas les programmes particuliers et les projets de certaines écoles, lance Pascale Grignon, porte-parole du mouvement Je protège mon école publique. C’est le fait que les autres écoles et les autres élèves n’aient pas cette même chance. Il y a ici un réel enjeu d’accessibilité et d’équité. Ne nivelons pas vers le bas, côté stimulation. Au contraire ! Inspirons-nous de ce qui motive et plaît et offrons-le à tous les élèves, qu’ils réussissent très bien ou non, dans toutes les régions. »
Ce carnet est tout à fait pour que les « défavorisés » économiques puissent avoir accès aux meilleures écoles dans toutes les régions, aux meilleurs profs au mérite. Pour cela des chèques-éducation valables dans des écoles privées ou des écoles publiques sélectives seraient une solution. Nous ne sommes pas sûrs de ce que signifie « offrons-le à tous les élèves, qu’ils réussissent très bien ou non ». Faut-il que même les élèves qui ne réussissent pas aient accès à des programmes sélectifs ?
Sources : La Presse, Le Devoir et Journal de Montréal
Voir aussi
(livre) Échec de l’enseignement par compétences, retour à une instruction centrée sur les connaissances
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ECR comme compétence sans savoir prescrit (ECR — Ramener l’éthique à une simple question de « vivre-ensemble » pluraliste)
samedi 5 novembre 2016
France — Un journaliste embauché comme prof de math en 10 minutes
Reportage intéressant qui montre à quel point certaines académies, de grosses commissions scolaires, sont désespérées et prêtes à embaucher n’importe qui pour pourvoir à des postes d’enseignement contractuels. Conséquence du manque de professeurs chevronnés ou dûment diplômés, les professeurs de mathématiques devenant rares en France.
Jeudi soir, le magazine de France 2 « Envoyé spécial » s’est penché sur le recrutement des contractuels, appelés à remplacer les professeurs quand ils sont absents. Paul Sanfourche, journaliste et auteur de l’enquête, a eu quelques surprises en réalisant son sujet: malgré son profil tout à fait inadapté, il s’est retrouvé devant une classe de collège comme professeur de mathématiques une semaine après avoir passé l’entretien. Lui-même le reconnait : « un domaine où je n’ai vraiment aucune compétence et où je suis très mauvais ».
Paul Sanfourche est revenu sur cette expérience dans un entretien à Franceinfo. « J’ai envoyé une douzaine de candidatures, dans quatre matières, et j’ai été embauché comme prof deux fois, en français et en mathématiques », raconte-t-il. Sur son CV, le reporter s’est même inventé un diplôme dans une école de commerce qui n’existe pas.
« Une académie m’a très vite répondu. L’entretien a été très étonnant : il n’a duré que 11 minutes au total. En huit minutes d’interrogation, j’ai quand même réussi à me tromper un paquet de fois », explique-t-il.
« À ma grande surprise, il m’a donné un avis favorable pour enseigner au collège, en me disant qu’il faudrait quand même réviser un peu pour le lycée ».
Une semaine après l’entretien, le journaliste donnait cours en tant que prof de maths. « Face aux élèves, j’ai très vite oublié que je filmais (en caméra cachée) et j’ai fait de mon mieux avec les moyens que j’avais. J’ai eu le sentiment qu’il y avait parfois des flottements », relate-t-il. Le journaliste a mis fin à sa carrière de prof au bout de trois jours.
Pas très rassurant pour le système scolaire français...
Mais l’auteur de ce billet ayant embauché une tutrice, au Québec donc, pour le primaire qui faisait plus de fautes (répétées) de français que certains de ses élèves, nous ne sommes pas convaincus que ce problème n’existe pas également au Québec.
Jeudi soir, le magazine de France 2 « Envoyé spécial » s’est penché sur le recrutement des contractuels, appelés à remplacer les professeurs quand ils sont absents. Paul Sanfourche, journaliste et auteur de l’enquête, a eu quelques surprises en réalisant son sujet: malgré son profil tout à fait inadapté, il s’est retrouvé devant une classe de collège comme professeur de mathématiques une semaine après avoir passé l’entretien. Lui-même le reconnait : « un domaine où je n’ai vraiment aucune compétence et où je suis très mauvais ».
Paul Sanfourche est revenu sur cette expérience dans un entretien à Franceinfo. « J’ai envoyé une douzaine de candidatures, dans quatre matières, et j’ai été embauché comme prof deux fois, en français et en mathématiques », raconte-t-il. Sur son CV, le reporter s’est même inventé un diplôme dans une école de commerce qui n’existe pas.
« Une académie m’a très vite répondu. L’entretien a été très étonnant : il n’a duré que 11 minutes au total. En huit minutes d’interrogation, j’ai quand même réussi à me tromper un paquet de fois », explique-t-il.
Envoyé spécial - Comment devenir prof de maths... (extrait)
« À ma grande surprise, il m’a donné un avis favorable pour enseigner au collège, en me disant qu’il faudrait quand même réviser un peu pour le lycée ».
Une semaine après l’entretien, le journaliste donnait cours en tant que prof de maths. « Face aux élèves, j’ai très vite oublié que je filmais (en caméra cachée) et j’ai fait de mon mieux avec les moyens que j’avais. J’ai eu le sentiment qu’il y avait parfois des flottements », relate-t-il. Le journaliste a mis fin à sa carrière de prof au bout de trois jours.
Pas très rassurant pour le système scolaire français...
Mais l’auteur de ce billet ayant embauché une tutrice, au Québec donc, pour le primaire qui faisait plus de fautes (répétées) de français que certains de ses élèves, nous ne sommes pas convaincus que ce problème n’existe pas également au Québec.
Envoyé spécial. Prof à la gomme (intégralité du reportage)
mercredi 2 novembre 2016
Les règles imposées à l'école privée sont responsables de la sélection pratiquée (rediff, voir billet suivant)
Extraits du livre Le Monopole public de l'Éducation par Jean-Luc Migué et Richard Marceau publié en 1989 aux Presses universitaires de Laval (on verra que bien peu a changé en bien depuis 1989) :
Les bien-pensants chez nous sont révoltés. L’observation de certaines pratiques des écoles privées suscite chez eux le scandale. Et quelle est la source de l’indignation qui étreint ces inquisiteurs modernes ? C’est la coutume ingrate, dont se rendent coupables les écoles privées de pratiquer la sélection des étudiants, celle de ne pas automatiquement fondre dans la même classe ou la même école les plus doués et les cancres, les studieux et les fainéants, les mieux équilibrés et les « difficiles », etc. On aura compris que ces sentiments s’inspirent de la même philosophie égalitariste qui alimente l’activisme contre la stratification sociale. Les individus naissent égaux en aptitudes scolaires, ou s’ils ne le sont pas, il faut s’abstenir d’incorporer la dimension dans la composition des classes ou dans la confection des programmes, de crainte de briser l’uniformité absolue qui doit caractériser la population des diplômés au terme de la filière scolaire.
Il serait probablement difficile d’identifier un pédagogue sérieux qui soutienne l’idée saugrenue qu’il faille soumettre tous les enfants au même programme, dans une même école, dans une même classe. Même s’il s’en trouvait, les parents dans leur sagesse naturelle n’en auraient cure. Comme notre compétence en cette matière équivaut à celle du parent type, nous nous contenterons de réaffirmer la position à peu près unanime des pédagogues sur le principe de l’école uniforme pour tous : l’idée n’est rien moins que farfelue.
C’est d’ailleurs en partie ce qui fait que l’école publique est médiocre. D’un point de vue strictement pédagogique, la permanence de cette philosophie de l’uniformité reste incompréhensible. La recherche en éducation confirme ce que le sens commun suggère : le rythme d’apprentissage varie selon les groupes socio-économiques, et tous les étudiants ne répondent pas de la même façon aux différentes méthodes pédagogiques.
Pourtant le régime continue à adhérer à l’idéal du programme standard pour enfants « normaux ».
Nous voulons plutôt consacrer nos efforts à expliquer pourquoi l’école privée de notre régime ne fait pas que de la sélection, ce qui est une vertu, mais qu’elle cantonne son recrutement principalement aux niveaux supérieurs du bassin intellectuel de la population. Pourquoi l’école privée sélectionne-t-elle surtout l’élite intellectuelle de la population ? C’est un reproche que lui adressent les égalitaristes.
Cet aboutissement, tout comme son élitisme économique relatif, découle directement de la réglementation et du régime actuel de financement, imposés par le législateur. Pour s’en convaincre, il suffit de faire l’exercice d’imaginer ce que serait la structure de l’industrie scolaire concurrentielle, en l’absence de la réglementation centralisée et de la tarification arbitraire qui caractérisent notre régime. Comme toujours dans un régime de marché, le prix des services convergerait vers le coût de production minimum et la composition des différents services correspondrait aux préférences des parents. Or, il arrive qu’il en coûte moins cher de former un étudiant doué qu’un enfant moyen ou sous-doué ; il en va de même de l’élève studieux ou discipliné relativement au fainéant ou à l’enfant difficile. Ce qui revient à dire que moyennant les mêmes efforts (coût), on peut obtenir un produit de meilleure qualité avec des enfants aux caractéristiques favorables. Un vrai régime de marché pratiquerait donc la sélection de façon serrée, mais non pas uniquement en faveur des meilleurs élèves, des moins coûteux. Les écoles, ou même les classes se spécialiseraient dans des clientèles particulières. Le prix à payer varierait aussi en fonction de la qualité des étudiants, en raison des coûts relatifs variables de leur formation. Les programmes et la pédagogie s’adapteraient aussi vraisemblablement aux clientèles variables. Tous les types d’élèves trouveraient des maisons où s’inscrire, suivant leur rythme et leurs dispositions propres. Un grand nombre d’entre eux se déplaceraient constamment d’une catégorie à l’autre selon leur évolution et leur performance conjoncturelle. Le secteur de l’enseignement aurait ainsi évolué vers une diversification, aujourd’hui inimaginable, des formations, des régimes pédagogiques et des méthodes d’enseignement. Chacun y trouverait son compte.
Deux contraintes insurmontables interdisent aujourd’hui à l’école libre d’évoluer dans le sens prédit par l’analyse économique. La première et la plus déterminante provient de la réglementation en vigueur.
Les bien-pensants chez nous sont révoltés. L’observation de certaines pratiques des écoles privées suscite chez eux le scandale. Et quelle est la source de l’indignation qui étreint ces inquisiteurs modernes ? C’est la coutume ingrate, dont se rendent coupables les écoles privées de pratiquer la sélection des étudiants, celle de ne pas automatiquement fondre dans la même classe ou la même école les plus doués et les cancres, les studieux et les fainéants, les mieux équilibrés et les « difficiles », etc. On aura compris que ces sentiments s’inspirent de la même philosophie égalitariste qui alimente l’activisme contre la stratification sociale. Les individus naissent égaux en aptitudes scolaires, ou s’ils ne le sont pas, il faut s’abstenir d’incorporer la dimension dans la composition des classes ou dans la confection des programmes, de crainte de briser l’uniformité absolue qui doit caractériser la population des diplômés au terme de la filière scolaire.
Il serait probablement difficile d’identifier un pédagogue sérieux qui soutienne l’idée saugrenue qu’il faille soumettre tous les enfants au même programme, dans une même école, dans une même classe. Même s’il s’en trouvait, les parents dans leur sagesse naturelle n’en auraient cure. Comme notre compétence en cette matière équivaut à celle du parent type, nous nous contenterons de réaffirmer la position à peu près unanime des pédagogues sur le principe de l’école uniforme pour tous : l’idée n’est rien moins que farfelue.
C’est d’ailleurs en partie ce qui fait que l’école publique est médiocre. D’un point de vue strictement pédagogique, la permanence de cette philosophie de l’uniformité reste incompréhensible. La recherche en éducation confirme ce que le sens commun suggère : le rythme d’apprentissage varie selon les groupes socio-économiques, et tous les étudiants ne répondent pas de la même façon aux différentes méthodes pédagogiques.
Pourtant le régime continue à adhérer à l’idéal du programme standard pour enfants « normaux ».
Nous voulons plutôt consacrer nos efforts à expliquer pourquoi l’école privée de notre régime ne fait pas que de la sélection, ce qui est une vertu, mais qu’elle cantonne son recrutement principalement aux niveaux supérieurs du bassin intellectuel de la population. Pourquoi l’école privée sélectionne-t-elle surtout l’élite intellectuelle de la population ? C’est un reproche que lui adressent les égalitaristes.
Cet aboutissement, tout comme son élitisme économique relatif, découle directement de la réglementation et du régime actuel de financement, imposés par le législateur. Pour s’en convaincre, il suffit de faire l’exercice d’imaginer ce que serait la structure de l’industrie scolaire concurrentielle, en l’absence de la réglementation centralisée et de la tarification arbitraire qui caractérisent notre régime. Comme toujours dans un régime de marché, le prix des services convergerait vers le coût de production minimum et la composition des différents services correspondrait aux préférences des parents. Or, il arrive qu’il en coûte moins cher de former un étudiant doué qu’un enfant moyen ou sous-doué ; il en va de même de l’élève studieux ou discipliné relativement au fainéant ou à l’enfant difficile. Ce qui revient à dire que moyennant les mêmes efforts (coût), on peut obtenir un produit de meilleure qualité avec des enfants aux caractéristiques favorables. Un vrai régime de marché pratiquerait donc la sélection de façon serrée, mais non pas uniquement en faveur des meilleurs élèves, des moins coûteux. Les écoles, ou même les classes se spécialiseraient dans des clientèles particulières. Le prix à payer varierait aussi en fonction de la qualité des étudiants, en raison des coûts relatifs variables de leur formation. Les programmes et la pédagogie s’adapteraient aussi vraisemblablement aux clientèles variables. Tous les types d’élèves trouveraient des maisons où s’inscrire, suivant leur rythme et leurs dispositions propres. Un grand nombre d’entre eux se déplaceraient constamment d’une catégorie à l’autre selon leur évolution et leur performance conjoncturelle. Le secteur de l’enseignement aurait ainsi évolué vers une diversification, aujourd’hui inimaginable, des formations, des régimes pédagogiques et des méthodes d’enseignement. Chacun y trouverait son compte.
Deux contraintes insurmontables interdisent aujourd’hui à l’école libre d’évoluer dans le sens prédit par l’analyse économique. La première et la plus déterminante provient de la réglementation en vigueur.
Poutine : « une société qui ne peut pas protéger ses enfants n'a pas d'avenir »
Le président russe Vladimir Poutine a appelé à ne pas suivre l’expérience européenne dans le domaine migratoire qui, selon lui, laisse à désirer.
Le numéro un russe a fait ce constat lors d’une réunion du Conseil pour les relations interethniques dans la ville russe d’Astrakhan, le 31 octobre.
Pour justifier sa déclaration, M. Poutine a noté les crimes graves commis par des migrants arrivés en Europe du Proche-Orient et de l’Afrique. En particulier, il a rappelé le cas de viol d’un petit garçon en Autriche (à la piscine de Theresienbad en décembre 2015) par l’un des migrants prénommé Amir dont la condamnation a été finalement annulée par une Cour d’appel autrichienne. Détails de l’affaire : Iraker vergewaltigte Bub im Bad: Urteil wurde aufgehoben (Heute en allemand), Verdict on swimming pool rape case overturned (nouvelles de l’Autriche en anglais), Migrant has conviction overturned after raping boy, 10, in “sexual emergency” (Yahoo, anglais). Rien apparemment de la part des médias dominants francophones. On trouve bien, en revanche, un article sur RT portant sur la condamnation originelle (qui fut renversée donc) : Autriche : le migrant accusé de viol sur un enfant dans une piscine a plaidé coupable.
En outre, le chef de l’État a suggéré que ce qui se passe maintenant dans l’Union Européenne est le résultat de la « culpabilité devant ces migrants » et de l’« érosion des valeurs traditionnelles nationales ». « Il est même difficile d’imaginer ce qu’ils font là-bas » a souligné le président russe.
Le numéro un russe a fait ce constat lors d’une réunion du Conseil pour les relations interethniques dans la ville russe d’Astrakhan, le 31 octobre.
Pour justifier sa déclaration, M. Poutine a noté les crimes graves commis par des migrants arrivés en Europe du Proche-Orient et de l’Afrique. En particulier, il a rappelé le cas de viol d’un petit garçon en Autriche (à la piscine de Theresienbad en décembre 2015) par l’un des migrants prénommé Amir dont la condamnation a été finalement annulée par une Cour d’appel autrichienne. Détails de l’affaire : Iraker vergewaltigte Bub im Bad: Urteil wurde aufgehoben (Heute en allemand), Verdict on swimming pool rape case overturned (nouvelles de l’Autriche en anglais), Migrant has conviction overturned after raping boy, 10, in “sexual emergency” (Yahoo, anglais). Rien apparemment de la part des médias dominants francophones. On trouve bien, en revanche, un article sur RT portant sur la condamnation originelle (qui fut renversée donc) : Autriche : le migrant accusé de viol sur un enfant dans une piscine a plaidé coupable.
En outre, le chef de l’État a suggéré que ce qui se passe maintenant dans l’Union Européenne est le résultat de la « culpabilité devant ces migrants » et de l’« érosion des valeurs traditionnelles nationales ». « Il est même difficile d’imaginer ce qu’ils font là-bas » a souligné le président russe.
La HSLDA fait appel dans un dossier portant sur la notion de programme équivalent
Dans la série, appareil éducatif du Québec juge et partie, ce nouvel épisode.
Dans le cas présent, une commission scolaire exige que l’enseignement prodigué dans une famille qui instruit à la maison soit une copie conforme du programme gouvernemental et que l’enfant soit évalué à l’école. De telles exigences ne conviennent pas du tout à cette famille et elles outrepassent les dispositions de la loi qui admet une équivalence plutôt que l’identité. En conséquence, la famille en question a refusé de se plier à ces exigences.
Le litige a donc été amené devant un juge de la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec. C’est au terme de ces procédures judiciaires que le juge a établi dans une décision du 16 septembre dernier qu’il appartenait à la commission scolaire de déterminer ce qu’était un enseignement équivalent, lui donnant ainsi le pouvoir d’interpréter à sa convenance l’article 15 (4) de la Loi sur l’instruction publique. Et dans ce cas-ci, la commission scolaire considère qu’« équivalent » est synonyme de « identique ». La commission est donc devenue juge et partie.
Cette décision du juge créerait un précédent dommageable pour la communauté de l’instruction en famille au Québec puisqu’il donnerait aux instances scolaires le pouvoir de forcer les familles à enseigner à leurs enfants le même programme gouvernemental sans adaptation possible. C’est pourquoi le père impliqué dans ce litige ainsi que l’association de défense des parents éducateurs, la HSLDA, ont décidé de porter cette décision en appel. Ces démarches, qui seront probablement entamées au printemps 2017, visent non seulement à protéger cette famille, mais également toutes les familles du Québec qui instruisent leurs enfants à domicile. Pour davantage de détails sur cette affaire, lire ce billet de la HSLDA (en français).
Loyola et son programme ECR équivalent
Cette affaire n’est pas sans rappeler l’issue de la victoire du collège Loyola en Cour suprême. Loyola demandait à ce que son programme catholique des religions du monde et d’éthique soit reconnu équivalent au programme étatique d’ECR. La Cour suprême du Canada s’est attardée, notamment, dans sa décision à la notion d’« équivalence » dans l’enseignement du cours dispensé. La Cour a précisé, tout comme nous le soutenons depuis de nombreuses années et que la HSLDA avait fait valoir dans son intervention, que le mot « équivalent » ne signifie pas « identique ». Ce même mot — « équivalent » — se retrouve à l’article 15 (4) de la Loi sur l’instruction publique du Québec, sur lequel se basent nombre de commissions scolaires au Québec pour obliger les familles à suivre le programme d’études du ministère de l’Éducation à la lettre.
À l’issue de cette décision de la Cour suprême, le collège Loyola devait retourner auprès du ministère de l’Éducation pour faire valider son programme ECR, mais cette fois-ci le Monopole de l’Éducation du Québec ne pouvait « refus[er] [cette équivalence] au motif que Loyola doit enseigner le catholicisme et l’éthique catholique suivant une perspective neutre ».
Plus d’un an après cette décision, à notre connaissance, le Ministère — juge et partie qui avait poursuivi Loyola — n’a toujours pas approuvé de programme équivalent proposé par le collège Loyola.
Dans le cas présent, une commission scolaire exige que l’enseignement prodigué dans une famille qui instruit à la maison soit une copie conforme du programme gouvernemental et que l’enfant soit évalué à l’école. De telles exigences ne conviennent pas du tout à cette famille et elles outrepassent les dispositions de la loi qui admet une équivalence plutôt que l’identité. En conséquence, la famille en question a refusé de se plier à ces exigences.
Le litige a donc été amené devant un juge de la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec. C’est au terme de ces procédures judiciaires que le juge a établi dans une décision du 16 septembre dernier qu’il appartenait à la commission scolaire de déterminer ce qu’était un enseignement équivalent, lui donnant ainsi le pouvoir d’interpréter à sa convenance l’article 15 (4) de la Loi sur l’instruction publique. Et dans ce cas-ci, la commission scolaire considère qu’« équivalent » est synonyme de « identique ». La commission est donc devenue juge et partie.
Cette décision du juge créerait un précédent dommageable pour la communauté de l’instruction en famille au Québec puisqu’il donnerait aux instances scolaires le pouvoir de forcer les familles à enseigner à leurs enfants le même programme gouvernemental sans adaptation possible. C’est pourquoi le père impliqué dans ce litige ainsi que l’association de défense des parents éducateurs, la HSLDA, ont décidé de porter cette décision en appel. Ces démarches, qui seront probablement entamées au printemps 2017, visent non seulement à protéger cette famille, mais également toutes les familles du Québec qui instruisent leurs enfants à domicile. Pour davantage de détails sur cette affaire, lire ce billet de la HSLDA (en français).
Loyola et son programme ECR équivalent
Cette affaire n’est pas sans rappeler l’issue de la victoire du collège Loyola en Cour suprême. Loyola demandait à ce que son programme catholique des religions du monde et d’éthique soit reconnu équivalent au programme étatique d’ECR. La Cour suprême du Canada s’est attardée, notamment, dans sa décision à la notion d’« équivalence » dans l’enseignement du cours dispensé. La Cour a précisé, tout comme nous le soutenons depuis de nombreuses années et que la HSLDA avait fait valoir dans son intervention, que le mot « équivalent » ne signifie pas « identique ». Ce même mot — « équivalent » — se retrouve à l’article 15 (4) de la Loi sur l’instruction publique du Québec, sur lequel se basent nombre de commissions scolaires au Québec pour obliger les familles à suivre le programme d’études du ministère de l’Éducation à la lettre.
À l’issue de cette décision de la Cour suprême, le collège Loyola devait retourner auprès du ministère de l’Éducation pour faire valider son programme ECR, mais cette fois-ci le Monopole de l’Éducation du Québec ne pouvait « refus[er] [cette équivalence] au motif que Loyola doit enseigner le catholicisme et l’éthique catholique suivant une perspective neutre ».
Plus d’un an après cette décision, à notre connaissance, le Ministère — juge et partie qui avait poursuivi Loyola — n’a toujours pas approuvé de programme équivalent proposé par le collège Loyola.
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