jeudi 27 juin 2013

La réforme pédagogique vue par les réformés

« Les Réformés, c'est nous: quatre finissants du collégial qui avons commencé notre parcours scolaire en 1999. C'est lors de cette année qu'une réforme majeure de l'éducation a été implantée. Très tôt, le Renouveau pédagogique s'est attiré les foudres des médias et de la population. Compétences transversales, pédagogie par projets, nouveaux bulletins: le public n'y comprenait absolument rien. Dès lors, notre génération est devenue victime de l'étiquette "Réformés". Au terme de notre parcours collégial, nous posons un regard interrogatif et rétrospectif sur notre propre éducation d'où elle vient et où elle nous mènera. »




On pardonnera aux jeunes encore récemment captifs du Monopole de l'Éducation nationale de réciter au début de la vidéo le chapelet dûment appris sur la Grande Noirceur et la Révolution tranquille.

Pour reprendre les propos de Vincent Geloso :
En fait, on observe même des signes indiquant que le rattrapage [dans la scolarité] du Québec a ralenti pendant et après la Révolution tranquille. Alors qu’il affichait un taux de participation aux études universitaires des 15 à 24 ans supérieur à celui de l’Ontario à partir de 1955, ce n’est plus le cas après 1964, alors que la participation commence à tirer de l’arrière, tant par rapport à l’Ontario qu’aux autres provinces.

Entre 1951 et 1961, la proportion des Québécois de 15 ans et plus qui détenaient un diplôme universitaire avait augmenté plus vite qu’ailleurs au Canada. En fait, cette proportion atteignait 98 % du niveau observé dans le reste du Canada en 1961 — c’est-à-dire que le Québec était virtuellement à parité avec le reste du pays.


[...]
Toutes choses étant égales par ailleurs, plus les écoles sont autonomes et que les parents ont un mot à dire dans les activités de celles-ci, plus la performance scolaire et la qualité de l’éducation augmentent.

En contrepartie, les régimes où l’État centralise davantage, contrôle le programme scolaire et bureaucratise le domaine de l’éducation sont marqués par des résultats décevants au titre de la performance et de la qualité.

Entre 1945 et 1960, l’État québécois intervenait très peu dans le domaine de l’éducation. Les écoles étaient largement autonomes et les parents avaient une influence importante sur le parcours scolaire de leurs enfants.

Après 1960, c’est l’inverse qui se produit : l’État intervient lourdement à tous les niveaux — des portes de la garderie jusqu’à la sortie de l’université. Et les résultats sont conformes à la théorie : lorsque l’État intervenait peu, un rattrapage s’observait, et quand il s’est mis à intervenir, il y a eu ralentissement.

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L’État a-t-il vraiment fait progresser l’éducation au Québec ?

Polémique autour d'un examen de français au rabais

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Du Grand Rattrapage au Déclin tranquille : déboulonner la prétendue Révolution tranquille

Baisse relative du nombre de diplômés par rapport à l'Ontario après la Grande Noirceur

Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010

Le constructivisme radical ou comment bâtir une réforme de l'éducation sur du sable

Relativisme, déracinement et constructivisme, visiblement les critiques turlupinent les pères du cours ECR

La Grande Nouérrceurrr : portrait de famille monochrome, rictus, pénurie francocentrique et ânonnements (5 pages d'un cahier d'ECR)





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Recul du français comme langue de travail au Québec et à Montréal

Le bilinguisme croît de plus en plus
dans les seules régions francophones
Le français est un peu moins utilisé comme langue de travail au pays que par le passé - y compris au Québec où la langue de Molière a enregistré un léger recul.

Le rapport de Statistique Canada (PDF)

Selon le dernier volet de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM) , 81,7 % des Québécois ont déclaré parler français au travail « le plus souvent », 6,6 % « de façon régulière » et 5,5 % « à égalité avec l'anglais ».

Si l'on compare avec les données compilées lors du recensement de 2006, les Québécois sont un peu moins nombreux à parler principalement en français sur leur lieu de travail, et un peu plus à l'utiliser à égalité avec l'anglais.

Jean-Pierre Corbeil, de Statistique Canada, insiste sur le fait que la langue de travail - contrairement à la langue maternelle des nouveaux arrivants - est un indicateur généralement très stable.

« Il faut comprendre que l'évolution de la dynamique linguistique à l'extérieur du foyer est quelque chose qui évolue très lentement. Donc, d'un recensement à l'autre, où du recensement de 2006 à l'enquête de 2011, on peut noter de légères fluctuations« », a-t-il expliqué en entrevue.

ll a remarqué une baisse de l'utilisation unique du français chez les francophones, mais aussi de l'utilisation unique de l'anglais chez les anglophones du Québec.

« Ce qui est clair, c'est que la plus grande propension des immigrants à utiliser le français au travail, au Québec en particulier, vient compenser d'une certaine façon l'utilisation accrue des deux langues chez les francophones et chez les anglophones« », a-t-il noté.

Pour l'ensemble du Canada, l'anglais demeure largement dominant au bureau, utilisé par 84,7 % de la population. Entre 2006 et 2011, l'utilisation du français a légèrement décliné pour l'ensemble du pays, de 25,7 % à 25,3 %.

Le recul du français s'observe par ailleurs à Montréal. Le français comme langue principale au travail s'établit à 71,8 % dans la métropole québécoise, alors qu'il était à 72,2 % il y a cinq ans. En outre, on y utilise également davantage les deux langues officielles à égalité.

Aux yeux de M. Corbeil, cela s'explique par l'accueil d'un grand nombre d'immigrants, d'une vitalité économique et du statut « international » de la ville. On peut cependant douter de certaines de ces raisons : Montréal connaît-elle en 2011 une vitalité économique supérieure aux années 2000 ? A-t-elle un statut « international » plus grand depuis lors ?

Une modeste baisse de l'utilisation du français au travail s'observe également dans la région d'Ottawa-Gatineau, à Moncton, et dans le Grand Sudbury.

Source : Presse canadienne

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mercredi 26 juin 2013

Les ratés des communicants du Monopole de l'Éducation

Carl Bergeron revient sur les ratés des communicants du Monopole de l'Éducation (ainsi que de Radio-Canada et la mairie de Montréal).

Il y a d’abord eu le cafouillage du programme collégial « Arts et lettres », que les communicants au pouvoir à Québec ont cru nécessaire de rebaptiser « Culture et communication ». Par la voix de leur porte-parole, le ministre de l’Éducation, dépêché dans tous les médias pour défendre l’indéfendable, ils ont laissé dire au peuple que ce changement de nom ne changeait presque rien sur le fond. Très bien. Alors, pourquoi faire l’effort d’un changement de nom ? Un conseiller pédagogique proche du dossier a lâché au Devoir : « Le mot lettres, ça faisait vieilli ». Il s’agissait, en somme, de rafraîchir la « marque » du programme et de la « repositionner » auprès des « jeunes ».

[...]

La bonne nouvelle malgré tout est l’ironie avec laquelle, pour une fois, l’opinion publique a accueilli les manœuvres des communicants, qu’elle ne conteste d’ordinaire à peu près jamais.

La modification du nom du programme « Arts et lettres » a suscité l’indignation et a dessillé les yeux du public sur l’alliance objective entre les communicants et les « pédagogistes », du nom de ces fonctionnaires du ministère de l’Éducation qui fabriquent en coulisses, depuis de trop nombreuses années, les réformes byzantines que l’on sait. Le public a bien compris que le changement de nom n’était pas innocent et dérivait d’un esprit qui s’opposait à la culture, autrement dit aux fondements de l’éducation. D’ailleurs, dans le nouveau programme, on ne parle déjà plus « d’œuvre » mais « d’objet culturel ».

[...]

Éducation, service public d’information et vie politique : trois piliers de la société, où, semble-t-il, le communicant continue d’imposer sa loi. Il n’y a pas de hasard.

Le communicant triomphe au milieu du confort et de l’indifférence. Mais il suffit que la communauté politique traverse une crise profonde et exige de lui de l’intelligence et de la résolution dans les actes pour que son impuissance se dévoile.

Il célèbre l’aura et la beauté de la jeunesse, mais sans consentir à ce qu’elle peut avoir de tragique : sourd à son appel moral profond, il la récupère au profit de l’hédonisme marchand le plus cynique. Il est le prêtre d’une religion civile de bazar qui n’est pas sans rapport avec « la fin de l’Histoire » et un certain matérialisme désenchanté, balisé, d’un côté, par les protections doucereuses de l’État-Providence et, de l’autre, par l’appétit insatiable du capitalisme post-industriel.

Sa psychologie répond à un drôle d’état d’esprit fait de jeunisme, de carriérisme et d’autocensure, composé peu original qui a fini, contre toute raison, par s’imposer comme le symbole du raffinement mondain et médiatique. Dans cet univers, on ne nomme pas les choses, on les embrume ; on ne s’adresse pas au peuple, on parle à des « clientèles » ; on n’a pas des vocations, mais des plans de carrière. On n’y brille qu’à la condition d’être fade.

Or, la société n’est pas qu’un marché à séduire ou une clientèle à flatter. Elle est une communauté de sens à qui il arrive, dans de graves moments de crise, de prendre une soudaine conscience de sa vulnérabilité et de sa valeur. Elle comprend alors d’un seul coup, sans qu’il soit besoin de le lui expliquer, qu’elle ne peut plus se permettre, sous l’influence du communicant : d’enseigner indéfiniment l’ignorance à ses enfants (plus la méconnaissance de l’histoire et de la langue est grande, plus le règne du communicant est fort) ; de sacrifier le nom de ses plus grandes institutions sur l’autel de la publicité ; ou encore, de remettre ses destinées entre les mains de politiciens qui ne savent pas ce qu’ils font.

Elle comprend que le communicant, derrière ses airs de séducteur vaguement inoffensif, est en fait un ennemi public.





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mardi 25 juin 2013

Date provisoire de l'audience Loyola en Cour suprême du Canada


1.     La date de l'audience de l'affaire opposant l'école secondaire Loyola au Monopole de l'Éducation du Québec est prévue pour le 23 avril 2014.




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lundi 24 juin 2013

Discrimination positive : victoire partielle d'une étudiante blanche américaine

Devant la Cour suprême à Washington, la plaignante, Mlle Fisher,
désormais diplômée d'une université de Louisiane,
 après avoir été refusée par l'université du Texas.
La Cour suprême des États-Unis a accordé une victoire partielle aujourd'hui aux opposants de la discrimination positive (« action positive » selon l'OQLF) à l'université, en renvoyant devant la justice inférieure l'appel d'une étudiante blanche qui s'était plainte d'avoir été rejetée en raison de la couleur de sa peau.

La Cour d'appel du 5e circuit, au Texas, « doit estimer si les avantages accordés par l'Université étaient appropriés », a écrit la haute Cour dans son arrêt pris à la quasi-unanimité. « Il faut encore que la justice détermine si le système d'admission (à l'université) est appliqué de manière transparente », a-t-elle ajouté, avant d'annuler la décision de justice inférieure.

La Cour d'appel du Texas avait donné raison à l'université du Texas et estimé que la jeune fille blanche n'avait pas été discriminée par une politique de quotas favorisant l'accès des minorités raciales à l'université.

Après huit mois de délibérations, la haute Cour s'est décidée par sept juges contre un, le neuvième, la juge Elena Kagan s'étant récusée en raison d'un conflit d'intérêts dans cette affaire lié à ses précédentes fonctions.

Victoire partielle, le concept de « diversité » défendu

Pour la Cour suprême des États-Unis, la Cour d'appel « doit s'assurer qu'aucune autre (politique) neutre au niveau racial ne soit réalisable », a écrit le juge Anthony Kennedy pour la majorité de la Cour.

« Il faut encore que la justice détermine si le système d'admission (à l'université) est appliqué de manière légitime », a-t-il encore déclaré.

En attendant un nouvel arrêt de la Cour d'appel, la Cour suprême accorde ainsi une victoire temporaire aux opposants de la discrimination positive à l'université.

La décision de la Cour suprême est une victoire partielle pour les opposants à la discrimination positive à l'université, même si la haute Cour n'est pas revenue sur sa décision de 2003 Grutter c. Bollinger en vertu de laquelle les quotas raciaux ne violeraient pas la Constitution.

Elle rappelle que « la diversité du corps étudiant est un principe fondateur de l'État qui peut justifier le recours à la race dans les admissions à l'université » mais ajoute que « la race ne peut être considérée tant que les procédures d'admission ne sont pas passées au crible ».

Le ministre de la Justice, Eric Holder, s'est félicité de cette décision qui reconnaît « le principe fondateur du gouvernement d'assurer la diversité dans l'éducation supérieure. L'intérêt pour l'éducation de la diversité est crucial pour l'avenir de ce pays », a dit ce haut responsable afro-américain de l'administration Obama.

« Comme la Cour l'a reconnu à plusieurs reprises, l'inscription diversifiée d'étudiants favorise la compréhension, aide à casser les stéréotypes raciaux, aide les étudiants à mieux comprendre les gens de différentes races et prépare tous les étudiants à réussir et finalement à conduire une main d'œuvre et une société de plus en plus diversifiées », a-t-il ajouté

Pour le juge Clarence Thomas, la discrimination positive est comparable à la ségrégation

Dans une fougueuse opinion concordante au jugement de la Cour suprême Clarence Thomas (ci-contre) a déclaré que la politique d'admission de l'Université du Texas à Austin constituait une discrimination. Il a également comparé ce programme de discrimination positive à l'esclavage et à la ségrégation.

« Les propriétaires d'esclaves faisaient valoir que l'esclavage était une « bonne chose », car il permettait de civiliser les Noirs civilisés et de les élever dans toutes les dimensions de la vie », écrit le juge Thomas dans son opinion annexée à l'arrêt Fisher c. Université du Texas à Austin. « Un siècle plus tard, les ségrégationnistes affirmeront de même que la ségrégation était non seulement bénigne, mais avantageuse pour les étudiants noirs. »

Le juge Thomas cite dans son opinion l'affaire Brown c. Board of Education, un arrêt historique de la Cour suprême en 1954 qui a mené à la déségrégation des écoles publiques, en comparant la ségrégation et la discrimination positive.

« Suivant ces précédents de mauvais augure, l'Université voudrait nous faire croire que sa discrimination est également bénigne. Je pense que la leçon de l'histoire est assez claire : la discrimination raciale n'est jamais bénigne », écrit-il dans son opinion de 20 pages. « Les bonnes intentions professées par l'université ne peuvent excuser sa discrimination raciale pure et simple, pas plus que de bonnes intentions ne justifiaient les arguments désormais discrédités des esclavagistes et des ségrégationnistes. »

Discrimination positive contre-productive

S'appuyant sur les travaux de l'économiste notre Thomas Sowell, notamment Affirmative Action Around the World (2004), le juge Clarence poursuit :
« En outre, la discrimination de l'Université n'augmente en rien le nombre de Noirs et Hispaniques qui ont accès à une éducation post-secondaire en général. Au contraire, la discrimination de l'Université suscite un effet omniprésent de déplacement. L'Université reçoit des étudiants des minorités qui, autrement, auraient fréquenté des collèges moins sélectifs, mais où ils auraient été de bons étudiants mieux adaptés à la formation. Mais, en raison de cette mauvaise sélection, de nombreux Noirs et les Hispaniques qui auraient pu exceller dans les écoles moins sélectives sont placés dans des conditions qui ne peuvent qu'entraîner la sous-performance puisque leur formation scolaire préalable est moins bonne que celle de leurs concurrents blancs et asiatiques.

Mis à part les dégâts que ceci peut causer à la confiance en soi de ces élèves dépassés, il n'existe aucune preuve qu'ils apprennent plus à l'université que ce qu'ils auraient appris dans d'autres établissements pour lesquels ils sont mieux préparés. En fait, il se  pourrait qu'ils apprennent moins. »


La discrimination positive pour l'économiste Thomas Sowell

Dans son ouvrage Affirmative action around the Word publié en 2004 et que cite le juge Clarence Thomas, Thomas Sowell analyse les effets précis des politiques de discriminations positives en Inde, en Malaisie, au Sri Lanka et au Nigéria, quatre pays à la longue histoire multiethnique et puis les compare avec l'histoire récente des États-Unis à cet égard. Il constate que « Ces programmes ont eu, au mieux, un impact négligeable sur les groupes qu'ils étaient censé aider. »

Pour Sowell, lui-même Noir américain, ces politiques risquent fort d'être perpétuelles : « Les gens sont différents — et cela depuis des siècles... Toute politique « temporaire » dont la durée est définie par un but qui consiste à parvenir à quelque chose qui n'a jamais été atteint auparavant, peu importe le pays, devrait plutôt être qualifiée d'éternelle. »

À la lumière de l'étude comparative de ces cinq pays, on peut résumer les conséquences les plus fréquentes des politiques de discrimination identifiées par Sowell de cette façon :
  • Elles encouragent les groupes non privilégiés à s'identifier aux groupes privilégiés (c'est plus facile pour les métis) pour profiter des politiques de discrimination qui favorisent ces groupes;
  • Elles ont tendance à ne bénéficier essentiellement qu'aux plus fortunés parmi les groupes discriminés (par exemple les millionnaires noirs), souvent au détriment des plus démunis parmi les groupes non privilégiés (par exemple, les Blancs pauvres);
  • Elles réduisent les incitations, à la fois parmi les privilégiés et les désavantagés par ces politiques, à mieux faire — pour les premiers parce que cela n'est pas nécessaire et pour les seconds parce que cela peut s'avérer futile — entraînant ainsi des pertes nettes pour la société dans son ensemble.

Sowell conclut : « Malgré des prétentions mirobolantes en faveur des programmes de discrimination positive, un bilan de leurs conséquences réelles ne permet pas de soutenir ces allégations ou même de dire que ces programmes ont globalement été bénéfiques ».
Voir aussi

La décision de la Cour suprême des États-Unis (en anglais, pdf)

L’affirmative action au crible des discours néoconservateurs noirs (pdf, 12 pages)

Brésil — discrimination raciale et en faveur des diplômés des écoles publiques dans les universités

France — Discrimination positive dans les grandes écoles

Université contre la discrimination à l'encontre des handicapés mentaux...

Éthique — la discrimination est-elle un droit ?

Novlangue — OQLF prescrit « action positive » plutôt que « discrimination positive »

Québec — 60 % de la fonction publique est féminine, l'État se féminise et se « diversifie »

Recension de Economic Facts and Fallacies de Thomas Sowell 

vendredi 21 juin 2013

Québec —Vingt pour cent des mariages célébrés par un copain ou de la parenté...

Le nombre de mariages religieux poursuit sa baisse au Québec ne représentant plus qu'un mariage sur deux, selon les plus récentes données de l'Institut de la statistique du Québec.

Au début des années 2000, le nombre de mariages religieux était de 70% mais est passé à 51 % en 2012.

En revanche, les mariages civils célébrés par une personne désignée (ami ou membre de la famille, quelle solennité !) ne cessent de gagner en popularité. Ils représentent désormais près de 20% des mariages alors qu'ils étaient inexistants il y a quelques années (3 célébrations de ce type en 2002).

En 2012, 23 491 mariages ont été célébrés au Québec. Sur ce nombre, 2 % l'ont été entre conjoints de même sexe.

Les mariages demeurent peu fréquents dans la province: seulement 29 % des hommes et 32 % des femmes se marieraient une première fois avant leur 50e anniversaire.

Le nombre de mariages de même sexe est relativement stable, il représente 2,3 % de l'ensemble des mariages dont 30 % « célébrés » par un ami ou un membre de la famille.

Voir aussi

Taux de fécondité au Québec selon la langue maternelle et le lieu de naissance

Québec — Taux de natalité et indice de fécondité en légère baisse pour la troisième année




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jeudi 20 juin 2013

Obama suggère-t-il de supprimer les écoles confessionnelles… en Irlande du Nord ?

Arrivé le 17 juin au matin en Irlande du Nord pour le sommet du G8, le Président Barack Obama s’est adressé à 2 000 jeunes Irlandais du Nord, protestants et catholiques.

Voici un extrait de son étonnant discours : « Si les villes demeurent divisées, si les catholiques ont leurs écoles et leurs bâtiments et les protestants les leurs, si nous ne pouvons pas nous reconnaître dans l’autre et qu’on permette à la peur et au ressentiment de se durcir, cela encourage la division et décourage la coopération ».

Faut-il comprendre que le président des États-Unis d'Amérique conseille aux Irlandais du Nord de supprimer leurs écoles confessionnelles ? Petite ingérence laïciste ?

Source : Scottish Catholic Observer




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École privée rechigne à enseigner le programme provincial d'éthique et de culture religieuse

Traduction d’un article du B.C. Catholic :

La Cour suprême du Canada entendra l’appel de l’école secondaire Loyola concernant une décision obligeant cette école privée à enseigner le programme provincial obligatoire d’Éthique et culture religieuse obligatoire (ERC).

« Je suis très heureux », a déclaré John Zucchi, l’un des parents nommés dans le procès qui met en jeu le droit pour une école secondaire montréalaise jésuite d’enseigner son propre programme de religions du monde dans une perspective catholique. « On ne sait jamais si la Cour suprême va accepter d’entendre un appel ou non. »

« Cela indique que cette affaire est d’importance », a-t-il ajouté.

Loyola avait demandé à la ministre de l’Éducation du Québec qu’il reconnaisse son cours d’éthique et des religions du monde comme équivalent au programme ERC, mais celle-ci avait décidé que le fait que le programme de Loyola soit enseigné dans une perspective catholique minait l’objectif de neutralité du programme. Le tribunal de première instance avait cassé la décision de la ministre de l’Éducation, mais la Cour d’appel a renversé cette décision et confirmé la décision de la ministre.

« Nous ne nous battons pas pour un nouveau droit », a déclaré Zucchi, professeur d’histoire à l’Université McGill. « Nous demandons à conserver les droits que nous avions auparavant. »

Zucchi s’attend à ce que ses avocats présentent des arguments constitutionnels.

« Peut-on contraindre une personne à enfreindre ses convictions religieuses les plus profondes dans une salle de classe pendant quelques heures par jour, par semaine ou par an ? », s’est interrogé le professeur Zucchi ?

La Cour suprême ne s’est jamais prononcée sur la question de savoir si une société peut bénéficier de droits religieux, a-t-il dit. [Voir toutefois Les personnes « morales » jouissent-elles de la protection des Chartes ?]

Zucchi a déclaré que l’idée, défendue par certains progressistes, que le point de vue « laïque » est le seul à avoir droit de cité dans la sphère publique n’est pas neuf. [Notons que cela signifierait qu'une école privée ne l'est plus vraiment, mais fait partie de la sphère publique.]

La Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ), un groupe de défense des droits parentaux, a publié un communiqué de presse où elle déclare espérer que la Cour suprême confirmera l’analyse du juge de première instance et octroiera une exemption à Loyola afin que cette école puisse continuer à enseigner le programme des religions du monde à partir d’un point de vue catholique, comme elle le fait depuis 1975.

ECR « juxtapose une série de croyances, légendes, mythes, habitudes et coutumes au nom de la tolérance et de la neutralité », a déclaré la CLÉ. Cette approche « risque de verser dans la caricature des religions, mêlant fois, légendes et mythes enfilés les uns derrière les autres », de préciser la CLÉ.


ECR : Jésus, Superman, des souris festives, même combat !

Selon la CLÉ, Loyola favorise depuis longtemps une compréhension plus complète des autres religions et promeut mieux la tolérance que le programme ECR.

Selon le vice-président exécutif de Cardus, Ray Pennings, l’affaire Loyola s’inscrit dans le cadre de plusieurs autres empiètements de l’État sur les droits des parents en matière d’éducation et d’attaques de sa part contre la liberté religieuse des écoles confessionnelles, à la fois publiques et privées.

Cérémonie wicca « mimée » lors d'un cours ECR dans une école privée montréalaise

« Nous sommes à un tournant », a-t-il précisé, citant le projet de loi ontarien n° 13 « anti-intimidation », le projet de loi n° 18 du Manitoba, le cas des parents de Drummondville qui souhaitaient retirer leurs enfants des cours ECR, et les difficultés que connaît l’Université Trinity Western alors qu’elle essaie de créer une école de droit accréditée parce que cette université exige que tous ses professeurs et ses étudiants s’engagent moralement à respecter le mariage traditionnel.

« Il me semble qu’il existe une volonté d’attaquer les libertés dont ce pays a bénéficié par le passé qui permettaient aux parents de choisir, dans le cadre de leur identité commune, d’avoir leur mot à dire sur le programme d’enseignement ou de pouvoir choisir des options qui s’écartent du programme gouvernemental », a-t-il dit.

Pennings s’est interrogé quant à savoir si l’État doit bénéficier d’un monopole pour atteindre ses objectifs.

Cardus a mené une étude intitulée  « La Marée montante soulève tous les bateaux » sur les parcours professionnels et universitaires des élèves éduqués dans d'autres cadres que les écoles financées par l’État et les a comparés à ceux des élèves des écoles financées par le gouvernement. Les étudiants formés à l’extérieur du système avaient de meilleurs résultats, a-t-il précisé.

Il faut se demander pourquoi l’État doit avoir le monopole de la l’éducation, de déclarer Penning.

« Il existe un intérêt commun à éduquer les enfants », a-t-il dit. « Pour que la société prospère, il faut des citoyens qui puissent participer au système politique du pays. Nous avons besoin d’enfants qui contribueront sur le plan économique .»

« L’État a un rôle approprié », de préciser le vice-président de Cardus. « L’intérêt de l’État est l’atteinte d’objectifs particuliers. »

Les données que nous avons recueillies montrent qu’on atteint mieux ces objectifs dans un cadre libéré de la gestion de l’État, a-t-il dit.

« Une éducation qui se fonde sur une vision théiste mène à la tolérance et au respect », a déclaré Penning. « Enseigner aux enfants que chaque enfant est fait à l’image de Dieu indépendamment des différences qui existent entre eux est un moyen nettement plus efficace d’enseigner le respect que n’importe quel programme gouvernemental qui déclare qu’il faut simplement être gentil avec autrui. »




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Private school balks at teaching province's Ethics and Religious Culture program

From the B.C. Catholic,

The Supreme Court of Canada will hear Loyola High School's appeal of a decision forcing the private school to teach the province's mandatory Ethics and Religious Culture (ERC) program.

"I'm delighted," said John Zucchi, one of the parents named in the lawsuit involving the right of the Montreal Jesuit-run high school to teach its own world and religious culture program from a Catholic perspective. "You never know if they are going to listen to these appeals or not."

"It signals there is something very important about this case," he said.

Loyola had sought to have the Quebec education minister recognize their ethics and world religions course as equivalent to the ERC, but she ruled the fact it was taught from a Catholic perspective undermined the neutral purpose of the program. A lower court overturned the education minister's ruling, but the Court of Appeal reinstated it.

"We're not fighting for a new right," said Zucchi, who teaches history at McGill University. "We're asking to have the rights we had before."

Zucchi said he expects their lawyers will pursue constitutional arguments.

"Can you coerce a person to go against his or her deepest-held religious beliefs in a classroom for a few hours a day, or a week or a year?" asked Zucchi?


The Supreme Court has never pronounced on the issue of whether a corporation can have religious rights, he said.

Zucchi said the view held by some liberals that secularism is the only viewpoint and should be the only voice in the public sphere is not new. That view is "only part of the pluralistic landscape," he said.

The Coalition for Freedom in Education (CLÉ), a parents' rights group, issued a statement saying it hopes the Supreme Court would agree with the trial judge's analysis and grant an exemption to Loyola to teach the world religions program from a Catholic perspective that has been offered since 1975.

The ERC "juxtaposes a series of beliefs, legends, myths, habits and customs in the name of tolerance and neutrality," CLÉ said. This approach may "make a caricature of religion" by stringing legends, myths and celebrations one after the other, it said.

Loyola has promoted a more complete understanding of other faiths and that does a better job of promoting tolerance than the ERC, CLÉ said.

Cardus Executive Vice President Ray Pennings says the Loyola case will be heard in the context of several other state incursions into parental rights in education and against the religious freedom of confessional schools, both public and private.

"We're in a bit of a beachhead moment," he said, citing Ontario's anti-bullying Bill 13; Manitoba's Bill 18; the case of Drummondville parents who wished to withdraw their children from the ERC; and the fight Trinity Western University is experiencing in trying to establish an accredited law school because of its requirement all faculty and students uphold a moral covenant respecting traditional marriage.

"It strikes me there is an agenda that would appear to be there of attacking the freedoms that have been historically enjoyed in this country for parents to make choices whether as part of their communal identity, a desire to have input into curriculum or to have options outside of a government system," he said.

Pennings questioned whether the state needs to have a monopoly to accomplish its ends.

Cardus conducted a study on the outcomes for those who are educated outside of the government-funded system entitled "A Rising Tide Raises All Boats" comparing them with those for the government-funded schools. The students educated outside the system had better outcomes, he said.

One has to question why education is something the state needs to control in a monopoly way, Penning said.

"Those seeking religious rights are the pluralists and the democrats in this discussion," he said.

There is a common interest in children being educated," he said. "For society to thrive and prosper, we need citizens that can participate in the polity of the country. We need children to grow up to become economic contributors."

"There is an appropriate role for the state," he said. "The state's interest is one of particular outcomes."

The data we collected show those outcomes are achieved better in the non-state- run settings, he said.

"Education based on a principle theistic worldview is producing results that are tolerant and respectful," said Penning. "When you teach children every child is made in the image of God regardless of differences that exist between them that provides a foundation for respect that is far greater than any policy program that it's good to be nice to each other."





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lundi 17 juin 2013

États-Unis — les homosexuels nettement moins heureux que les hétérosexuels

Selon un sondage réalisé en avril par le Pew Research Center sur un échantillon représentatif de 1 197 personnes homosexuelles (398 mâles, 277 lesbiennes), bisexuelles (479) et transsexuelles (43) adultes des États-Unis, seules 18 % d’entre elles confient être « très heureuses » actuellement, contre 30 % pour la population américaine dans son ensemble.

La faute reviendrait selon certains au fait que la population LGBT est généralement plus jeune et afficherait donc des revenus moins élevés. D'autres évoquent les discriminations dont certains homosexuels se disent victimes ou le sentiment injustifié d’être rejetés. Les médias n'analysent pas les effets liés au mode de vie LGBT en soi sur cette insatisfaction.

L'enquête de Pew révèle que les lesbiennes sont plus enclines que les hommes homosexuels à être dans une relation stable (66 pour cent contre 40 pour cent). Elle a également constaté que les femmes, qu'elles soient lesbiennes ou bisexuelles, sont beaucoup plus susceptibles que les hommes soit d'avoir déjà des enfants ou de dire qu'ils veulent avoir des enfants.

Selon le sondage, 93 pour cent des adultes LGBT sont pour la légalisation du « mariage » homosexuel. Toutefois, pour 39 pour cent le débat sur le mariage détourne trop l'attention d'autres questions, telles que la non-discrimination au travail, la prévention et le traitement du VIH/SIDA et les prétendus droits à l'adoption pour les homosexuels.

Une forte majorité des LGBT adultes et la population en général sont d'accord que l'amour, partager sa vie avec un compagnon et un engagement à vie sont de très importantes raisons de se marier. Toutefois, les répondants LGBT sont deux fois plus susceptibles que les autres adultes à dire que l'obtention (politique) de droits et avantages des hétérosexuels est aussi une raison très importante de se marier, tandis que le grand public est nettement plus susceptible que les répondants LGBT d'indiquer qu'avoir des enfants est une raison très importante de se marier.

Voir aussi

Étude sur les maladies liées à l'activité homosexuelle masculine (MST, cancer)

Québec — La gonorrhée en croissance et de plus en plus résistante aux antibiotiques classiques




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