lundi 17 septembre 2012

Les dépenses d’éducation sont mieux gérées en Allemagne qu'en France

En Allemagne, la moitié des dépenses d’éducation est consacrée à la masse salariale, l’autre à tous les autres coûts liés à l’école. En France, c’est 30% pour les salaires, 70% pour les infrastructures et les papiers administratifs.

L’analyse comparée des dépenses publiques pour l’école avec notre voisin outre-Rhin montre que, pour un même résultat, la France pourrait économiser des dizaines de milliards d’euros.

La France fait encore figure de mauvaise élève par rapport à l’Allemagne. Dans son analyse comparative de la dépense publique consacrée à l’éducation nationale*, l’Institut Thomas More, un « réseau pensant&nbs;» européen indépendant, dénonce les coûts du «modèle» français. Si nos voisins allemands ne sont pas vraiment meilleurs que nous en termes de performances du système scolaire -le dernier classement Pisa de l’OCDE positionne l’Allemagne au 20e rang quand la France se classe 22e sur 65 pays étudiés-, ils dépensent l’argent public de manière plus efficiente: pour un budget quasi similaire, l’Allemagne parvient à payer ses enseignants presque 35 % de plus qu’en France, alors qu’ils sont plus nombreux (758.728 outre-Rhin contre 708.551 dans l’Hexagone). Pourtant, ils ne travaillent « que » 11 % de plus que les nôtres – en termes de temps de travail – et encadrent en moyenne un élève de plus (15 élèves par professeur contre 14 en France).


Où passe donc l’argent public français? « Dans les coûts de structure et d’administration », tranchent Jakob Höber et Caroline Popovici, les auteurs de l’étude, précisant qu’ils « représentent 19,9 milliards d’euros de plus qu’en Allemagne ». Outre-Rhin, la moitié des dépenses d’éducation est consacrée à la masse salariale, l’autre à tous les autres coûts liés à l’école. En France, c’est 30% pour les salaires, 70 % pour les infrastructures et les papiers administratifs. Il faut dire qu’avec presque 50.000 établissements scolaires en France, contre un peu plus de 28.000 outre-Rhin, les coûts d’entretien, de maintenance et de personnel sont démesurés. Le poste des dépenses administratives représente à lui seul 3,5 milliards d’euros par an, soit presque quatre fois plus qu’en Allemagne.

Autre constat: outre-Rhin, un élève coûte un peu moins de 6000 euros, contre 7000 euros chez nous. « Cela représente un surcoût de 11,1 milliards d’euros par an » pour la France, estime l’Institut Thomas More.

L’école française ne manque pas de moyens. Mais, trop rigides, ils ne permettent pas d’« adapter les solutions aux nécessités locales ». Quand, en Allemagne, la totalité des dépenses sont générées par les communes, les départements et les régions, la part chute à 31 % en France. « En conservant cette centralisation excessive, la France entretient les dysfonctionnements de son système éducatif », assure l’Institut Tomas More. En attendant, la jeunesse française ne cesse de baisser en niveau. Il est vrai que ceci n'est peut-être pas dû qu'à la centralisation, mais aussi à la nature de l'immigration en France : nombreuse, pauvre et peu formée. Pour l'Institut Thomas More, ceci représente une perte économique colossale pour la France : selon l’OCDE, si la France faisait aussi bien que la Finlande, un pays reconnu pour sa réussite éducative, son PIB augmenterait de 461 % en vingt ans.

* L’étude recense les données récoltées par Eurostat, l’OCDE, l’Unesco, l’Insee et Destatis pour l’année 2008.

Étude complète de l'Institut Thomas More




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L’enseignement intensif de l’anglais au primaire financé à coup de dizaines de millions de dollars par Ottawa

Selon un article du Journal de Montréal : L’enseignement intensif de l’anglais au primaire est financé à coup de dizaines de millions de dollars par Ottawa dans un objectif politique : augmenter le nombre de bilingues au Québec.

Patrimoine Canada aura versé 73,6 millions de dollars au gouvernement du Québec pour soutenir l’enseignement de l’anglais langue seconde de 2009-2010 à 2012-2013. L’échéance du plan parrainé par l’ex-ministre Stéphane Dion est donc l’année 2013. « Le gouvernement du Québec reçoit du fédéral du financement pour l’apprentissage de l’anglais langue seconde », soutient M. Dion, député libéral de Saint-Laurent-Cartierville à la Chambre des communes.

Au Québec, la Société pour la promotion de l’enseignement de l’anglais langue seconde (SPEAQ) a reçu environ 75 000 $ de Patrimoine Canada, estime sa présidente Micheline Shinck, pour réaliser huit projets dont la production d’un Guide d’implantation de l’anglais intensif langue seconde dans les écoles primaires du Québec.

Le ministère de l’Éducation s’est largement inspiré de ce guide, produit en 2003, pour implanter son programme d’anglais intensif destiné aux élèves de 6e année.

Jeux de coulisses

La SPEAQ a exercé depuis une dizaine d’années un lobby intensif auprès du ministère de l’Éducation pour le convaincre d’accroître le temps consacré à l’enseignement de l’anglais. Le 25 janvier 2011, la présidente de la SPEAQ rencontrait l’ex-ministre de l’Éducation Line Beauchamp pour discuter de l’enseignement intensif de l’anglais aux élèves de 6e année. Un mois plus tard, le premier ministre Jean Charest annonçait l’implantation progressive de cette mesure sur une période de quatre ans.

« J’avais demandé une rencontre avec Mme Beauchamp pour discuter de l’apprentissage de l’anglais. L’enseignement intensif de l’anglais a fait partie de la discussion. J’étais accompagnée d’une conseillère pédagogique et d’une chercheuse de l’Université Concordia », a confirmé Mme Shinck.

Québec s’est donné cinq ans pour porter de 800 à (environ) 1 200 heures par année le temps consacré à l’enseignement de l’anglais pour les élèves de 6e année. Le ministère prévoit que la mesure touchera 20 % des élèves pour la deuxième année de son application en 2012-2013, 40 % l’an prochain, 68 % l’année suivante et 93 % la cinquième année.

Voir aussi

Réaction contre l'imposition de l'année bilingue aux jeunes écoliers francophones québécois;

Québec — la 6e année bilingue pas imposée aux anglophones, mais bien aux francophones et aux immigrants que l'on prétend franciser

L'ADQ pour que l'État impose plus d'anglais dès la première année du primaire, qu'en dit un linguiste ?

Mythe : « seuls les enfants peuvent apprendre de nouvelles langues avec un haut degré de maîtrise »

Lent déclin du français à Montréal et sa banlieue

Résultats en lecture du français très médiocres, on impose l'anglais intensif de manière « brutale »

Élèves de l'école publique à Montréal : le français perd du terrain depuis 1998 tandis que l'anglais demeure stable

Les francophones bientôt minoritaires à Montréal, légère baisse des francophones dans l'ensemble du Québec

Écoles lavalloises — vague d'immigration, pauvreté et tensions raciales

200 000 immigrants en 4 ans au Québec, bon pour le développement durable !?

L'immigration, le remède imaginaire

dimanche 16 septembre 2012

La paléogénétique révèlerait une humanité éclatée

Le séquençage de l'ADN ne concerne pas que les êtres vivants. Il est désormais possible de séquencer l'intégralité des chromosomes d'individus morts depuis bien longtemps et donc des espèces disparues. L'ADN se conserve près de cent mille ans à condition que l'environnement ne soit pas trop chaud et humide. À partir des quantités infimes d'ADN résiduel dans les squelettes, les généticiens peuvent reconstituer la totalité du génome grâce à la technique d'amplification qui permet de multiplier un grand nombre de fois les séquences.

La paléogénétique, cette nouvelle science qui aurait semblé utopiste il y a seulement dix ans, clarifie à grande vitesse l'histoire de l'humanité.

Depuis cent mille ans, plusieurs espèces d'hommes ont disparu - Neandertal il y a moins de trente mille ans, Denisovan en Sibérie, l'homme de Flores en Indonésie. Le séquençage de Flores (Homo floresiensis) - homme de faible corpulence possédant un crâne (et donc un cerveau) très petit, vivant en Indonésie - a échoué à deux reprises tant l'ADN a été abîmé par le climat tropical de la zone de sépulture. Mais Neandertal et Denisovan ont été séquencés avec succès alors même que cette dernière espèce nous est connue uniquement par un fragment de phalange et deux molaires !

La comparaison des génomes de Neandertal, de Denisovan et de l'homme moderne éclaire d'un jour nouveau notre histoire. On sait aujourd'hui que certains humains (notamment les Mélanésiens modernes) ont hérité d'environ 6 % d'ADN de Denisovan lors du passage de leurs ancêtres en Asie. Ce mélange génétique ne se retrouve pas chez les Européens ou les Africains. On sait aussi qu'il y a eu un métissage des Eurasiens avec Neandertal, qui se serait produit lors de la sortie d'Homo sapiens d'Afrique, il y a environ soixante-quinze mille ans. Son ampleur reste à préciser parce que le premier séquençage réalisé n'est pas assez précis : la technique utilisée en 2010 est moins performante que celle mise au point en 2012 pour séquencer Denisovan.

Autrement dit, certains groupes d'hommes vivant aujourd'hui sur Terre sont issus du métissage, il y a quelques dizaines de milliers d'années, après leur sortie d'Afrique, d'hommes dits modernes et d'hommes dits archaïques. Grâce au séquençage des ossements présents dans les armoires des paléoanthropologues, il est probable que nous découvrirons de nombreux autres métissages, peut-être même avec des hommes encore plus archaïques - par exemple des Homo erectus.

Le séquençage des restes humains génère déjà des conflits politiques. Celui d'un Aborigène australien, par exemple, a été réalisé sans l'accord des représentants de ce peuple ; il a révélé que les Aborigènes constituaient un rameau particulier de l'espèce humaine.

Source : Le Monde




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jeudi 13 septembre 2012

La “prescription” par l'État d’un programme aux objectifs éthiques est peu efficace et même parfois contreproductive

Charles L. Glenn nous livre ci-dessous un article établissant que ce n’est pas en imposant aux écoles des contenus civiques ou religieux obligatoires que l’État peut réussir la formation civique ou religieuse des futurs adultes mais par d’autres moyens.

Jan de Groof et moi-même venons d’achever la nouvelle édition, en quatre volumes, de l’ouvrage Balancing Freedom, Autonomy, and Accountability in Education (Concilier liberté, autonomie et imputabilité en éducation). Cet ouvrage est constitué d'articles portant sur 60 pays rédigés par des experts. Le premier volume recueille des essais d’auteur, chacun s’étant intéressé à un thème commun à tous les pays. J’ai désormais terminé ma contribution sur les programmes officiels à contenu éthique ou chargés de valeurs, et la découverte surprenante que j’ai faite, c’est qu’il y a peu de différences entre eux !

Il est très courant pour les gouvernements d’expliquer en détail comment les écoles doivent promouvoir la citoyenneté et les droits de l’homme. C’est aussi fréquent (mais pas universel) qu’un gouvernement prenne des dispositions en faveur de l’enseignement religieux au sein des écoles publiques, en instaurant généralement un mécanisme de dérogation à la demande et parfois aussi en permettant aux familles de choisir librement la tradition religieuse qui sera enseignée par l’école à leur enfant. Si l’on compare ces exigences aux résultats de 38 pays obtenus par l’ICCES (International Civic and Citizenship Education Study), il ressort néanmoins que les prescriptions de l’État ont peu d’impacts sur le comportement des adolescents interrogés.

Soit l’exemple de la République tchèque, qui demande « au niveau secondaire, de prêter beaucoup d’attention aux thèmes de la citoyenneté (et en particulier de la citoyenneté européenne), de la globalisation, du souci de l’environnement et du multiculturalisme. » Malte a des exigences de programmes officiels inhabituellement poussées : ce pays insiste sur « le devoir des écoles de servir de terrain d’essai pour la démocratie en lien avec les déclarations et les traités signés par Malte dans le passé, ainsi qu’avec ses obligations constitutionnelles. En tant qu’institutions-clé de la société civile, les écoles devraient encourager chez les élèves le respect d’autrui, le droit des personnes à jouir de la liberté, de la paix, de la sécurité et des avantages d’une société gouvernée par le droit. Dans une société de plus en plus multiculturelle, le système scolaire doit permettre aux élèves de développer un sens du respect, de la coopération, de la solidarité entre les cultures. » En Lettonie, le rôle assigné aux écoles est de favoriser le développement de citoyens de l’État et de l’Europe qui soient responsables, tolérants et démocrates, tout en leur inculquant aussi l’idée que la vie humaine est la valeur suprême.

Mais les pays qui formulent de tels standards ne sont pas nécessairement ceux dans lesquels les droits de l’homme sont en pratique les mieux respectés. Le rapport de l’ICCS montre que les élèves de 8e année dans la République tchèque, la Lettonie et Malte étaient considérablement moins susceptibles que la moyenne des autres pays d’exprimer leur soutien à l’égalité des droits pour les groupes ethniques et raciaux.

Le même décalage est évident dans des pays comme l’Angleterre qui fait dispenser une instruction religieuse par les écoles publiques et qui a néanmoins des taux de croyance et pratique religieuses beaucoup plus faibles qu’aux États-Unis où cette instruction est interdite.

En bref, la “prescription” par le gouvernement d'un programme aux objectifs chargé de valeurs ne semble pas efficace. En effet, je montre dans mon essai que le contrôle ou la surveillance intrusive du gouvernement peuvent se révéler contreproductifs, en cultivant une passivité chez les professeurs et les élèves, ce qui ne correspond en rien à un modèle de citoyenneté engagée.

Voyons comment s’explique cela. Une des conclusions du rapport ICCS est que cette éducation civique est inversement corrélée à la probabilité de l’engagement politique à venir de ceux qui l’ont reçue. Cela signifie qu’en fait, les élèves qui connaissent mieux le fonctionnement du gouvernement sont moins intéressés, une fois adultes, par l’engagement politique.

Les adolescents en Indonésie, en revanche, ont un score faible en connaissances civiques mais élevé en confiance en eux et en la politique. Les auteurs concluent que l’engagement dans une citoyenneté active dépend davantage de la pédagogie employée et du climat scolaire que du contenu d’enseignement officiellement prescrit. Les écoles dans lesquelles les élèves ont un sentiment d’appartenance les rendent plus intéressés par la citoyenneté.

Ceci est cohérent avec les nombreuses études, réalisées en Europe de l’Ouest comme en Amérique du Nord, portant sur les écoles confessionnelles qui ont des valeurs (« un ethos ») solides et partagées par tous. Comme pour l’éducation à la citoyenneté, il se pourrait que le choix d’enseigner la religion comme une matière scolaire à part entière ait moins d’effet que certains souhaiteraient (ou craindraient !).

En même temps, il est largement prouvé que les écoles à caractère religieux ont un impact profondément positif sur les performances scolaires, sur la formation du caractère ainsi que sur le développement de la foi.

Encore une fois, il est bon de se concentrer sur ce qu’une école fait en pratique plutôt que ce que proclame le programme.

L’auteur du chapitre sur la République tchèque, le pays du monde sans doute le plus sécularisé (seuls 25 % des élèves de 8e année se réclament d’une confession, et 8 % ont participé à un service religieux durant le mois précédent), ajoute de manière intéressante : « C’est pour cela que, dans de nombreux cas, les écoles alternatives et chrétiennes sont devenues des solutions pour des familles qui ne croient plus que l’école publique puisse assurer les hautes valeurs humaines et sociales qui sont nécessaires dans un monde marqué par l’importance des facteurs de risques comme la violence et l’intolérance. »

Mon chapitre se termine sur l’idée que les personnes intéressées par les questions de l’éducation, de la formation du caractère, des valeurs auront plus intérêt à étudier les spécificités des différentes écoles qu’à se pencher sur les prescriptions d’enseignement faites par les gouvernements en matière de valeurs. Ce sont les écoles dotées d’un projet pédagogique nettement articulé, souvent à caractère religieux, et de professeurs qui ne suivent pas de prescriptions gouvernementales pour faire cours, qui semblent le plus à même de produire des diplômés préparés à s’engager en toute confiance dans la vie comme citoyens responsables.

Charles L. Glenn est professeur à l’Université de Boston, où il enseigne en histoire de l’éducation et en politiques éducatives comparées. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont le plus récent est le quatrième volume de Balancing Freedom, Autonomy, and Accountability in Education (Concilier liberté, autonomie et imputabilité en éducation). Il est également vice-président de l’OIDEL, une organisation internationale promouvant la liberté d’éducation et le droit à l’instruction. Ses travaux de recherche en Europe et en Amérique du Nord portent sur la scolarisation en milieu urbain, le choix des parents, la scolarisation des élèves des minorités linguistiques et ethniques, l’interaction entre la religion et l’éducation, l’histoire et la sociologie de l’éducation, la conciliation des normes nationales avec l’autonomie et le caractère distinctif des écoles, la dégradation de la qualité des écoles et de l’équité.

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Université catholique américaine sous enquête : un cours décrit l'homosexualité comme déviance

L'université franciscaine – et donc catholique – de Steubenville, dans l'Ohio, fait l'objet d'une enquête de la part de l'agence nationale de l'Administration américaine chargée d'agréer les cursus universitaires de « travail social » au motif que l'un des cours dispensés dans cette université présente l'homosexualité au nombre des comportements déviants.

C'est sur délation d'un groupe d'étudiants qui s'appellent eux-mêmes les « Franciscan Gay Alumni and Allies » que l'enquête a été lancée ; le groupe réclame une modification du cours afin que l'université « cesse de contribuer à la culture de haine et d'ignorance ». Le cours en question est intitulé : « Comportements déviants ». Il se penche sur le meurtre, le viol, le vol, la prostitution, l'homosexualité, la maladie mentale et l'usage de stupéfiants. En outre, le groupe demande que l'université révise l'ensemble de ses intitulés de cours et « passe en revue tout son programme en vue d'en ôter toute information et enseignement sur ce sujet qui seraient dépassés et qui ne seraient pas étayés par des éléments scientifiques solides ».

Des porte-parole de l'université ont souligné que le mot « déviant » est utilisé au sens sociologique, c'est-à-dire « différent de la norme », et précisent que, conformément à ce qu'enseigne l'Église, elle « traite les personnes homosexuelles avec “ respect, compassion et tact ” (catéchisme de l'Église catholique, n° 2358) tout en considérant les actes homosexuels comme “intrinsèquement désordonnés” ». Les porte-parole ajoutent que l'intitulé du cours résume les têtes de chapitre telles qu'elles apparaissent dans le même cours de nombre d'autres universités, laïques ou confessionnelles. Le directeur de l'agence d'agrément de la Université franciscaine de Steubenville, Stephen Holloway, qui pressé de questions par un organisme catholique (Lifesite) a quelque peu édulcoré l'affaire, indique que l'enquête a été lancée dans la mesure où chaque plainte d'étudiants est a priori prise au sérieux. Il a précisé que le titre du cours ne suffirait pas à faire retirer l'agrément mais que son contenu serait passé au crible pour juger de sa conformité avec les « critères de diversité » inclus dans les conditions d'agrément : il faut et il suffit d'« enseigner le respect pour les personnes homosexuelles et des contenus à propos des styles de vie homosexuelle », a-t-il précisé. Bref, on ne peut qu'approuver l'homosexualité.

De son côté, l'université a fait cette déclaration : « Nous comprenons que certains, ne comprenant pas le terme (déviant) ni son contexte, puissent se sentir offensés par cette description, et celle-ci est en cours d'évaluation. Cependant, changer les définitions sociologiques standardisées est au-delà du champ de notre travail. Comme l'est tout autant le fait de changer les enseignements de l'Église catholique. » Il semble bien qu'on veuille empêcher l'Église catholique de dire ce qu'elle a toujours dit sur le comportement homosexuel.




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mercredi 12 septembre 2012

Québec — la 6e année bilingue pas imposée aux anglophones, mais bien aux francophones et aux immigrants que l'on prétend franciser

De Christian Dufour, professeur à l'ENAP.

Le gouvernement péquiste ne pourra pas étendre aux cégeps l’obligation d’étudier en français à ceux qui ne bénéficient pas d’un droit acquis à l’enseignement en anglais.

La mesure ne recueille ni l’appui de la CAQ, ni des libéraux. Elle apparaît controversée chez les péquistes mêmes.

C’est un problème auquel je me suis intéressé dans mon essai Les Québécois et l’anglais – Le retour du mouton.

Les cégeps n’ont pas d’équivalents dans le reste du continent. [Note du carnet: ou même en Europe, la deuxième année du cégep, par exemple, correspond en France à la dernière année du secondaire, la terminale. Le secondaire est composé du collège (4 ans) et du lycée (habituellement 3 ans) en France.] Ils ne sauraient être assimilés aux universités, la liberté de choix en matière linguistique n’y ayant rien de sacré.

La progression du bilinguisme doit être graduelle si l’on veut maintenir la motivation des immigrants à apprendre le français.

Cadeau empoisonné

Par ailleurs, le réseau d’enseignement collégial n’a aucun mandat pour angliciser les jeunes francophones et allophones à même les fonds publics.

Le système universitaire anglophone est disponible pour les non-anglophones voulant continuer leurs études en anglais. Sans parler du réseau collégial anglophone privé.

Cela dit, pour enlever une liberté existant depuis des décennies, il faut s’appuyer sur du béton. Démontrer que l’équilibre linguistique est vraiment en train de se défaire au détriment de la claire prédominance du français.

Que, par exemple, les allophones choisissant de faire leur collège en anglais dépassent le pourcentage symbolique de 50  %. Ou que le nombre des jeunes choisissant le cégep français devient trop inférieur au pourcentage des francophones au Québec.

Les données du Conseil de la langue française ne montrent pas un tel glissement.

Le gouvernement devrait donc s’attaquer plutôt au cadeau empoisonné du gouvernement Charest en matière linguistique. Une mesure excessive à sa face même, nettement plus dangereuse pour l’avenir du français que la liberté de choix au collégial.

Il s’agit de l’imposition mur à mur de la 6e année bilingue. Au Saguenay et à Québec, mais également à Gatineau et dans le West Island, où vivent des francophones déjà bilingues.

Sans parler de ces écoles de l’île de Montréal où les jeunes allophones apprennent tant bien que mal le français, faute d’un nombre suffisant de francophones.

La 6e année bilingue à Montréal est de la folie pure!

L’ex-présidente de la Commission scolaire de Montréal et nouvelle députée péquiste, Diane De Courcy, a dû annoncer l’an dernier le report de la mesure : le mandat de la CSDM est de franciser les jeunes immigrants, non de les angliciser.

Cette mesure requerra que l’on se prive de ressources précieuses en éducation pour ce qui est fondamentalement un faux problème : les francophones québécois constituent déjà l’une des collectivités les plus bilingues de la planète.

La progression du bilinguisme doit être graduelle si l’on veut maintenir la motivation des immigrants à apprendre le français et le marché pour les produits culturels en français. [Note du carnet: même une progression graduelle aura un impact délétère sur l'assimilation des immigrants d'ici quelques décennies. Il existe un point de bilinguisation d'une société à partir duquel il n'est tout simplement plus rentable d'apprendre la langue dominée.]


Il existe dans les régions francophones une compréhensible soif d’anglais chez des parents ayant souffert de leur maîtrise insuffisante de cette langue. [Note du carnet : On peut se demander si cette souffrance n'est pas parfois due à des sociétés qui imposent à mauvais escient le bilinguisme à tous leurs employés — nous avons vécu ce cas dans plusieurs entreprises — ou à des sociétés qui n'offrent pas assez de services en français]

Mais ne nous trompons pas d’époque! Nous sommes en 2012, pas en 2002. Internet oblige, la pénétration de l’anglais est nettement plus prononcée sur tout le territoire.

La bilinguisation des francophones se fait beaucoup d’elle-même. Fait troublant, la 6e année bilingue ne sera pas imposée aux jeunes Anglo-Québécois.

Comme si le message était que seuls les francophones devront être bilingues dans l’avenir…

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mardi 11 septembre 2012

Québec — Natalité pour six premiers mois de 2012 en léger déclin

Malgré les sommes toujours plus grandes investies dans la  prétendue « politique familiale » québécoise, la natalité du Québec a légèrement baissé lors des six premiers mois de 2012 : alors qu'il était né 43.000 enfants au Québec lors des deux premiers trimestres de 2011, il n'en est né que 42.950 pour la première moitié de l'année 2012. Étant donné que la population du Québec a crû pendant cette période (en moyenne récemment de 70.000 par an), le taux de natalité de 2012 devrait — si la tendance se maintient — une nouvelle fois légèrement baisser. Rappelons que le nombre d'enfants qui naissent chaque année au Québec est très inférieur à celui nécessaire pour remplacer les générations et qu'il n'y a pas de baby-boom, pas plus que de mini-baby-boom.

Entre-temps, le nombre de décès a continué d'augmenter passant de 30.600 pour les six premiers mois de 2011 à 30.800 pour la même période en 2012.

Gageons que l'on ne reparlera à nouveau pas en 2012 des avantages démographique de la « politique familiale », mais qu'on nous rebattra une nouvelle fois les oreilles avec les prétendus énormes gains pour les femmes (qui doivent travailler en dehors du foyer...) et pour l'économie québécoise qu'aurait cette politique dispendieuse. Ceci alors que l'étude qui sous-tend cette prétention a été battue en brèche par de nombreux économistes.

Voir aussi

Taux de natalité du Québec à nouveau légèrement en baisse en 2011

Étude sur les garderies qui se paieraient d'elles-mêmes : la multiplication des pains (l'économiste  Martin Coiteux)

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Défendre l’indéfendable… sans succès! (Nathalie Elgrably-Lévy de l'IEDM)

« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

Pourquoi le patriarcat a de l’avenir




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Ontario — Père demande exemption pour ses enfants pour les matières morales auxquelles il s'oppose

Le Dr. Steven Tourloukis
Un père de famille de Hamilton demande aux tribunaux de forcer l'école de ses enfants à lui accorder l'exemption de ses enfants de certains cours. Il entame ainsi une poursuite contre le conseil scolaire anglais de Hamilton-Wentworth.

Steven Tourloukis veut connaître le contenu de certains cours offerts à son fils en quatrième année et sa fille, en première année. Il affirme qu'il voudrait pouvoir choisir de les retirer de certaines classes ou activités si l'enseignement va à l'encontre des valeurs de sa religion grecque orthodoxe.

« Pour lui et à cause de sa foi, il a l'obligation d'éduquer ses enfants de la perspective chrétienne. La famille, le mariage et la sexualité humaine sont des thèmes qu'il veut dicter la façon dont ils sont enseignés », explique l'avocat Albertos Polizogopoulos, au sujet de son client. Le Dr Steve Tourloukis cherche à obtenir une une ordonnance du tribunal déclarant qu'en tant que parent, il a l'autorité finale quant à l'éducation de ses enfants.

Steve Tourloukis, qui a deux enfants dans les écoles primaires au sein du Conseil de Hamilton-Wentworth District School (HWDSB), dit qu'il croit que le conseil accommode les parents d'autres confessions, notamment des musulmans et des Témoins de Jéhovah.

Tourloukis dit qu'il appuie ces autres familles d'autres, mais qu'il veut bénéficier du même traitement.


Ses demandes ont jusqu'à maintenant été rejetées par le conseil scolaire public Hamilton-Wentworth.

Selon le directeur du conseil, John Malloy, plusieurs familles demandent de pouvoir superviser ainsi l'éducation de leurs enfants chaque année. Il affirme que les élèves doivent recevoir, d'une manière ou d'une autre, la matière scolaire obligatoire inscrite au programme. Selon lui, toutes les demandes, jusqu'à maintenant, ont pu « être réglées » par la discussion.

Dans des documents déposés en Cour supérieure de l'Ontario, l'avocat invoque la Loi sur l'éducation et la Charte canadienne des droits et libertés pour exiger que les choix religieux soient respectés par le conseil scolaire.

Le Dr Tourloukis, un dentiste, dont la femme travaille pour le conseil scolaire  public Hamilton-Wentworth, s'est dit pas le moins du monde un extrémiste, mais il veut que ses enfants reçoivent une éducation sur le mariage, la famille et la sexualité qui respecte les préceptes de sa foi.

Les responsables de l'école lui ont suggéré de mettre ses enfants à l'école privée ou des les instruire à la maison, mais ils lui ont refusé de retirer ses enfants de la classe, car cela serait « discriminatoire » envers les autres enfants, comme le relate le D
r Tourloukis.

La Ministre de l'Éducation de l'Ontario, Laurel Broten a déclaré que les conseils scolaires locaux sont obligés d'accommoder les demandes religieuses.

À titre d'exemple, des parents ont demandé à ce que leurs enfants ne dansent pas, leur école leur a permis de plutôt écrire une rédaction sur la musique, a déclaré Mme Broten au Toronto Sun.

« Ceci dit, notre programme d'études factuelles doit être enseignée partout dans la province, que vous soyez à Timmins ou Toronto...  », a déclaré M
me Broten.

Le Dr Tourloukis est soutenu financièrement par une association torontoise The Parental Rights in Education Defense Fund.


Reportage en anglais sur le sujet

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Hong Kong — Face aux protestations, le gouvernement recule sur le cours d'éducation morale et nationale

Manifestants contre le cours de « patriotisme »
Le 8 septembre dernier, à la veille des élections renouvelant le Parle­ment local, le gouver­nement de Hong Kong a renoncé à son projet d’imposer des cours de patriotisme obligatoires à l’école. Depuis de nombreuses semaines, de très nombreux jeunes Hongkongais et citoyens de la cité manifestaient contre ce projet.

Au lendemain d’une manifestation qui avait réuni plus de 100 000 personnes contre ce projet devant le siège du gouvernement, le chef de l’exécutif Leung Choun-ying a déclaré à la presse que son gouvernement « donnait autorité aux écoles de décider quand et comment elles souhaitaient introduire des cours de morale et d’instruction civique ». Ce faisant, il renonçait au caractère obligatoire de ces cours, cédant à la pression de la rue, devenue considérable ces jours-ci, à la veille du scrutin renouvelant les députés du Conseil législatif[1].

Il y a plus d’un an, le Bureau pour l’éducation du gouvernement de Hong Kong avait ouvert une consultation au sujet de l’introduction de cours de morale à l’école. Après étude du projet, le diocèse catholique de Hong Kong, dont la présence au sein du secteur éducatif est très importante, avait fait savoir son rejet de cette initiative, estimant que les autorités cherchaient à privilégier l’attachement des petits Hong Kongais au Parti communiste et au gouvernement chinois plutôt qu’à la patrie. L’Église reprochait à l’État de chercher à promouvoir une éducation morale et patriotique, là où elle appelait de ses vœux une instruction civique et morale.


Malgré les avis négatifs émis lors de cette phase de consultation, le gouvernement de Hong Kong était passé outre et avait poursuivi son plan pour rendre obligatoires ces cours d'éducation morale et nationale dans les écoles à l’horizon 2016. Ces dernières semaines, l’opposition des enseignants et des élèves n’avait toutefois cessé de monter en puissance, les opposants au projet y voyant une tentative d’imposer une propagande pro-chinoise aux enfants de la région semi-autonome de Hong Kong. Pour le gouvernement de Hong Kong, il s’agissait de permettre au système éducatif de contribuer au sentiment d’identité nationale des quelque sept millions de Hongkongais[2].

L’opposition au projet a culminé le 7 septembre lorsqu’une manifestation statique a réuni plus de 100 000 manifestants au pied des bâtiments abritant le gouvernement de Hong Kong. Dans les dix jours qui avaient précédé, un total de près de 300 000 personnes s’y étaient rassemblées, mettant une pression maximale sur le chef de l’exécutif à la veille d’échéances électorales importantes.

L’annonce du retrait du projet a donc été accueillie avec soulagement par ses opposants, mais ceux-ci soulignent que la partie est loin d’être gagnée. Le chef de l’exécutif a en effet exclu de renoncer au projet mais s’est dit ouvert au dialogue. Selon le P. Stephen Chan, conseiller ecclésiastique de la Commission ‘Justice et Paix’ du diocèse de Hong Kong, Leung Chun-ying a opéré « un retrait tactique » mais n’a pas renoncé à sa politique. Les cours de morale patriotique ne sont plus obligatoires, mais l’administration va s’efforcer de convaincre une par une les écoles et leurs organismes de tutelle, en recourant à des incitations ou à des menaces, pour les amener à adopter le projet gouvernemental. « Nous devons nous préparer à une longue campagne », a souligné le prêtre.

Quant au cardinal Zen Ze-kioun, évêque émérite du diocèse de Hong Kong, il a apporté son soutien aux 14 élèves qui avaient entamé une grève de la faim pour signifier leur refus du projet gouvernemental. Assis parmi les manifestants le 7 septembre au soir, le cardinal a déclaré qu’il espérait que la jeunesse de Hong Kong resterait calme et mesurée, tout en ajoutant : « Si le gouvernement use de méthodes dilatoires, alors nous n’aurons pas d’autre choix que d’agir [en manifestant]. »

À Hong Kong, la question scolaire reste un sujet sensible. Avant ce projet d’éducation patriotique, le gouvernement local s’était heurté aux Églises chrétiennes, à l’Église catholique notamment, qui refusaient – et refusent toujours – la mise en place d’un plan d’autonomisation des établissements scolaires qui aurait pour conséquence d’affaiblir la tutelle que le diocèse de Hong Kong et les congrégations religieuses exercent sur les établissements scolaires qu’ils animent.

Notes

(1) À l’issue du scrutin du 9 septembre, sans suspense tant Pékin garde la haute-main sur la politique à Hong Kong, mais important néanmoins pour établir l’état des forces en présence, l’opposition démocrate a fait relativement pâle figure. Il y a quatre ans, le Parti démocratique et le Parti civique avaient remporté 19 des 30 sièges soumis au suffrage universel direct. Cette fois-ci, sur 35 sièges soumis au suffrage direct, le camp pro-démocrate n’a conservé qu’une courte avance avec 18 élus contre 17 pour les pro-gouvernementaux. Au total, l’opposition garde 27 sièges contre 43 députés favorables au gouvernement. Elle obtient donc le nombre de sièges nécessaire pour exercer un droit de veto sur les amendements constitutionnels mais elle s’est montrée divisée. Deux des dirigeants du Parti civique, Audrey Eu et Tanya Chan, n’ont même pas été élus ; le Parti démocratique est passé de huit élus dans la Chambre sortante à six députés dans le nouveau Conseil législatif  – son président Albert Ho a qualifié ce résultat de « désastreux » et a démissionné. En revanche, le DAB, le parti pro-Pékin, a progressé, récoltant les fruits d’une importante présence sur le terrain.

Divisée et désorganisée, l’opposition n’a donc pas su tirer avantage des nombreux sujets de mécontentement des Hongkongais. Elle devra se restructurer si elle veut peser sur la Chine afin que celle-ci respecte sa promesse initiale d’instaurer le suffrage universel direct en 2017 pour l’élection du chef de l’exécutif et en 2020 pour le Parlement local.

(2) Le manuel gouvernemental, intitulé Le Modèle chinois, fait le panégyrique du Parti communiste, qualifié de « progressiste, altruiste et solidaire », tout en passant sous silence des épisodes comme la répression du printemps de Pékin, à Tian’anmen en 1989, ou les errements du maoïsme. On peut aussi y lire un argumentaire en faveur du parti unique, face à la démocratie et au pluripartisme présentés comme étant facteurs de chaos.

Source

Voir aussi

Hong-Kong — gouvernement persiste dans son imposition d'une éducation morale et nationale

Hong Kong — fin de l'enseignement sous tutelle confessionnelle



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ECR — 300.000 $ de frais juridiques pour la CS des Chênes

La Commission scolaire des Chênes devra assumer les coûts de la bataille juridique dans le dossier des cours d'éthique et de culture religieuse (ECR), qui grimpent à quelque 300 000 $. L'organisation a obtenu une réponse négative du ministère de l'Éducation, qui ne veut pas éponger la facture.

Ajoutons que le Monopole de l'Éducation a également participé à tous les procès pour brimer la liberté de parents trop autonomes et que ces frais doivent être similaires si ce n'est supérieurs à ceux de la commission scolaire.

En outre, le Monopole de l'Éducation est toujours engagé dans une obstinée bataille judiciaire qui l'oppose à la Loyola High School afin de lui faire imposer la manière d'enseigner le cours ECR : une approche « laïciste » plutôt que catholique, pas question que le professeur puisse jeter le doute sur l'équivalence de toutes les religions, valeurs ou comportements, à moins que ce soit dans l'optique multiculturaliste comme le laissait sous-entendre l'inénarrable ancienne juge Deschamps dans son jugement lacunaire et superficiel de la Cour suprême.

Selon un article paru ce lundi dans La Tribune de Sherbrooke, la Commission scolaire des Chênes espère que le nouveau gouvernement épongera les coûts juridiques encourus par ladite commission. Notons, en passant, que la Tribune prétend que la Cour suprême a tranché : le cours ECR n'est pas anticonstitutionnel sans noter deux choses importantes : ce n'est pas la question posée à la Cour (mais plutôt la primauté des parents et donc le droit à l'exemption) et le fait que la Cour a bien précisé qu'avec la preuve qui lui a été présentée, elle ne pouvait conclure que le programme allait à l'encontre des droits et libertés des Canadiens.

Même si elle a combattu  dans le camp adverse, Suzanne Lavallée, n'en revient tout simplement pas que le MELS refuse d'indemniser la Commission scolaire des Chênes. D'autant plus que la Commission scolaire avait fait preuve d'ouverture avant que le Monopole n'adopte la ligne dure.

Dans l'article de la Tribune, malgré le revers judiciaire et les frais astronomiques que la famille de Mme Lavallée a dû payer, le couple des plaignants ne regrette rien et serait prêt à recommencer le combat afin d'obtenir ce qu'il y a de mieux pour leurs enfants et pour les autres élèves québécois. « C'était une cause importante à nos yeux et ce l'est toujours. Malheureusement, nous n'avons pas obtenu une oreille attentive et nous sommes en train de perdre tout ce qui a un caractère sacré, a signifié la mère de famille.  »

Effets nocifs

Mme Lavallée aimerait bien que son fils d'âge primaire puisse s'absenter de ses cours d'ECR, mais elle bute contre l'intransigeance de l'école privée où il est inscrit. La mère drummondvilloise se plaint de ce programme « fourre-tout » et ne peut que constater les effets nocifs de ce cours sur son enfant. Heureusement, selon elle, il est bien encadré à la maison.

« Il arrive à des conclusions tellement farfelues. Les religions lui sont enseignées de façon tellement superficielle qu'il est facile d'en confondre les éléments. Il y a des matières qui seraient nettement plus utiles », a-t-elle conclu.


Rappel

Quebec’s Ethics and Religious Culture course is more about indoctrination than education

« Match nul » sur la constitutionnalité du programme ECR, entretemps Jésus, Superman même combat !



Me Mark Phillips explique le jugement de la Cour suprême du Canada, ce qu'est le programme d'éthique et de culture religieuse (ECR) et ce que demandaient les parents de Drummonville.

Supreme Court — Break with Common Law Putting the Onus on Parents rather than the State





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