mercredi 4 juin 2008

« Le fascisme et le Canada »

Éditorial sévère de Catholic Insight pour qui le fascisme s'installe au Québec.

Un extrait concernant le Québec et la Colombie-Britannique.
« En septembre 2008, le Ministère de l'Éducation de Colombie-Britannique a l'intention d'introduire l'enseignement obligatoire des mariages homosexuels du jardin d'enfants à douzième année dans les écoles provinciales. C'est la première fois qu’une province au Canada s’arroge le droit de déterminer l'enseignement moral dans les écoles alors que la grande majorité de ses citoyens rejette cet enseignement comme non scientifique et contraire au bien commun.

Voilà que l’on passe du fameux slogan prononcé par M. Trudeau en 1967 « l’État n’a pas à s’intéresser à ce qui se passe dans les chambres à coucher de ses citoyens » – utilisé à mauvais escient pour saper la moralité traditionnelle – à un nouveau slogan selon lequel l'État doit déterminer ce que doivent penser les gens en matière de morales.

En septembre, également, le Ministère de l’Éducation du Québec a l'intention de remplacer la morale chrétienne dans ses écoles par un salmigondis laïque inventé par son personnel qui ravale le christianisme à une religion parmi d’autres. Comme Douglas Farrow le signalait dans notre numéro de mars, cette suppression se fait au nom du « pluralisme normatif ». C’est à ce titre que l’État bafoue les droits des parents et le rôle formateur de la culture chrétienne et le remplace par une sociologie laïque. Une nouvelle fois, ici, l’État balaie l’autorité spirituelle et usurpe son rôle. C’est ce qu’on nomme dans l’histoire l’« étatisme », mieux connu sous le nom de « fascisme ».
[L’étatisme est un terme péjoratif que ne revendique aucun gouvernement. Il désigne les pratiques d'un État allant dans le sens d'une expansion de son champ d'intervention sur la société. Quand l’État investit tous les aspects de la vie des citoyens, on peut parler de totalitarisme comme, par exemple, dans les cas de l'Italie mussolinienne, de l'Allemagne nazie et de l'URSS.]

samedi 31 mai 2008

Et si Bouchard-Taylor étaient pour la « dictature des intellectuels au pouvoir d’un peuple encore imparfait » ?

Mathieu Bock-Côté, auteur de La Dénationalisation tranquille paru chez Boréal, a publié ce samedi une lettre ouverte qui rejoint grandement notre analyse publiée mercredi passé sur la commission Bouchard-Taylor : Bouchard-Taylor  : la peur de la fragmentation justifie moins de libertés scolaires pour les « de souche ».
Un camp de rééducation

Marcuse se posait déjà la question à l’époque : comment transformer massivement les mentalités populaires ? Comment « rééduquer la population » ? De ce point de vue, la politique a désormais pour fonction de transformer la société en immense camp de rééducation idéologique où l’identité nationale sera déconstruite pour permettre la mise en place de nouveaux mécanismes de socialisation qui déprendraient l’individu des traditions qui le façonnent.

[...]

Le vieux mythe de l’homme nouveau qui intoxique l’intelligentsia depuis trop longtemps prend aujourd’hui la forme du rêve d’un homme « sans préjugés » infiniment tolérant et inlassablement ouvert au dialogue. Ne retrouve-t-on pas cet aveu chez ceux qui veulent fabriquer au berceau l’homme sans préjugés dont la société adulte se refuserait d’accoucher ? Lorsqu’on milite pour la conversion de l’école au multiculturalisme, comme en témoignent le sacrifice de l’histoire nationale à l’histoire multiculturelle ou la mise en place d’un programme d’Éthique et de culture religieuse (un programme dont la commission encourage la « promotion énergique »), on peut dire de l’État québécois qu’il a intériorisé cette utopie et qu’il entend désormais fabriquer un nouveau peuple, ce que les commissaires reconnaissent en disant vouloir construire une nouvelle culture commune, celle de la « citoyenneté interculturelle » qui serait enfin déprise de la culture nationale du Québec historique.

Mais le peuple réel rechigne. Il ne voulait pas de la révolution socialiste hier. Il ne veut pas de la révolution multiculturelle aujourd’hui, comme la controverse des accommodements raisonnables l’aura amplement démontré. On traduira donc de manière conceptuelle sa dissidence dans le langage de l’intolérance pour ne reconnaître dans la défense de l’identité nationale qu’une marque de xénophobie ou de racisme. Évidemment, de tels sentiments ne devraient pas être permis dans le débat public. Car le débat public n’est pas un espace sans contraintes, comme le reconnaissait Marcuse, qui distinguait les « contraintes progressistes » des « contraintes réactionnaires », les premières étant nécessaires pour émanciper la subjectivité (aujourd’hui on dirait les identités), les secondes limitant plutôt leur expression et devant pour cela être démantelées.

Censure et discrimination

Une censure qui correspond à la volonté de criminaliser la dissidence par rapport au multiculturalisme. Cette volonté était explicitement présente dans le rapport de la commission Bouchard-Taylor, qui proposait « que la charte québécoise interdise l’incitation publique à la discrimination ». Dans la mesure où on connaît la définition très élargie que les « sciences sociales » donnent aujourd’hui de la discrimination, on doit comprendre ici que le rapport de la commission propose d’interdire tout simplement la contestation publique du multiculturalisme. Si on suit les commissaires dans leur raisonnement, le simple fait de plaider pour faire de la majorité francophone le pôle de convergence de la communauté politique québécoise sera considéré comme un appel à la discrimination. Doit-on en conclure que la charte devrait désormais interdire la diffusion de certains écrits tardifs de Fernand Dumont ?

Le point d’aboutissement d’une telle dynamique ne laisse pas de doute : la révolution culturelle a fini par générer un nouveau régime politique pour nos sociétés qui se déprennent subrepticement de la démocratie libérale. Le régime techno-chartiste repose ainsi explicitement sur la disqualification du peuple par un système idéologique qui criminalise ses manifestations. La lecture du rapport de la commission nous permet de voir à quel point les chartes sont désormais sacralisées et servent de texte fondateur pour réinterpréter toutes les interactions sociales au Québec. Le chartisme est certainement aujourd’hui l’héritage le plus net de la nouvelle gauche sur le plan institutionnel et doit être considéré comme l’instrument par excellence de désarmement et de neutralisation de la souveraineté populaire, qui est de plus en plus présentée comme une simple tyrannie de la majorité contre laquelle devrait s’imposer la technocratie progressiste. Il va de soi que les chartes, de ce point de vue, ne servent pas à préserver les libertés individuelles, mais bien à les comprimer.

Il y a quelque chose de fascinant dans le radicalisme idéologique, avec sa perpétuelle régression utopique. Hier, la société sans classes promettait une réconciliation des consciences dans un monde abolissant pour de bon l’aliénation générée par le capitalisme. Dans la société multiculturelle, il devrait seulement y avoir la perpétuelle réconciliation des différences s’enrichissant les unes les autres. Mais la promesse de la société idéale est toujours l’avant-dernière étape avant l’anesthésie des libertés. La chose devait désormais être reconnue : rien n’est plus intolérant qu’une philosophie qui réclame pour elle seule le monopole de la tolérance. Derrière les grands appels au pluralisme intégral, c’est une vieille tentation qui se dévoile sous une allure neuve. Une nouvelle tentation totalitaire.

Le Devoir essaie de défendre les attaques du PQ contre les écoles confessionnelles

On se rappellera que Mme Malavoy du Parti Québécois avait déclaré en chambre « Il ne peut y avoir deux modèles, l'un pour les écoles publiques, l'autre pour les écoles privées. L'enseignement religieux doit se faire en dehors des heures d'enseignement régulier, c'est ce que nous demandons à la ministre de l'Education ». Marie Malavoy, avait dénonçé à l'Assemblée nationale les deux poids deux mesures, selon elle, qui permettent aux écoles privées de conserver une formation confessionnelle, alors que celle-ci sera évacuée à la prochaine rentrée du programme des écoles publiques.« Cela revient à permettre à des parents qui peuvent payer de continuer d'avoir accès à un enseignement religieux interdit aux autres. C'est inacceptable »

Ce samedi, Le Devoir, par la voix de Michel David, tente d'expliquer cette allergie de la part du PQ envers tout ce qui est religieux. Rappelons que ce n'est pas la première fois qu'un journaliste du Devoir vole à la défense de l'imposition du programme d'éthique et de culture religieuse déjà qualifié de « défi grandiose », mais ici il passe à la vitesse supérieure : chasser toujours plus le religieux, faire du prétendu secteur privé, une copie conforme du secteur public.

Extraits :
Michel David
Le Devoir
samedi 31 mai 2008

À compter de septembre prochain, toutes les écoles du Québec devront dispenser le nouveau cours d’éthique et de culture religieuse. Les parents qui se désolent à l’idée que leurs enfants seront privés d’un enseignement confessionnel ont toutefois le choix de les envoyer à l’école privée, qui pourra l’offrir en sus du nouveau cours.

Que cet avantage soit réservé aux plus fortunés ne semble pas troubler outre mesure la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne. « C’est ainsi fait parce que ces écoles assument précisément leur statut d’école privée et c’est pour ça que les parents paient davantage pour y envoyer leurs enfants », a-t-elle expliqué jeudi à l’Assemblée nationale.

Ben oui, quoi, les riches sont riches parce qu’ils sont riches. Il n’y a rien à faire, c’est comme ça. Après la médecine, voici donc la laïcité à deux vitesses. Il faut reconnaître à Mme Courchesne le mérite de dire les choses comme elles sont.
Notons, l'ambigüité du mot laïcité qui, ici, signifie l'exclusion de la religion de la société et plus particulièrement de l'école et non simplement une neutralité bienveillante qui pourrait facilement, comme en Belgique par exemple, laisser plusieurs cours de religion être enseignés dans les mêmes écoles. Montrant par l'exemple la possibilité d'une coexistence pacifique de celles-ci au sein de l'école et de la société.

[...]

Il est clair que l’octroi du monopole sur l’enseignement confessionnel à l’école privée risque d’inciter encore plus de parents à se détourner de l’école publique.
À qui la faute sauf à ceux qui veulent bannir les cours de religion de l'école publique ?
C’est bien connu, on ne prête qu’aux riches. Soit, les parents doivent payer quelques milliers de dollars pour envoyer leurs enfants au privé, mais ces écoles sont tout de même subventionnées par l’État à hauteur de 60 %. C’est là que le bât blesse.
Ah, l'argument galvaudé et fallacieux de l'argent des contribuables ! Tellement éculé !

D'une part, toutes les écoles confessionnelles ne sont pas subventionnées à 60 %, certaines le sont à zéro pour cent. Le PQ leur permettrait-il de continuer à enseigner la religion ?

D'autre part, ce 60 % — qui n'est jamais que l'impôt des parents, contribuables eux aussi, qui leur revient de droit — correspond au programme imposé par le Monopole de l'Éducation à ces écoles prétendument privées. L'État paie chichement ce qu'il impose du haut de son Monopole.

Enfin, à combien la valeur sociale de cet enseignement privé devrait-elle être évaluée ? Ses résultats scolaires sont meilleurs, son taux de décrochage bien inférieur, ses élèves instruits à prix réduit pour l'État (40 % au minimum d'économisés). Toutes les écoles deviendraient-elles publiques et laïques comme le veut le PQ et le Devoir, l'État aurait-il plus d'argent pour s'en occuper ?

Nous ne sommes plus en 1905 en France, MM du PQ et du Devoir... La chasse aux écoles cléricales est finie depuis plus d'un siècle.


[... dogme suivant de M. David]

Il demeure que la religion ne devrait pas être considérée comme une activité parascolaire au même titre que la musique ou le ballet classique. Dans ce domaine, tout le monde devrait avoir le même choix ou la même absence de choix.
[...]

La meilleure façon d’assurer une réelle équité serait évidemment de mettre fin au financement public des écoles privées
En échange d'une véritable liberté de programme, de pédagogie et d'embauche ?

C'est ce que demandent les écoles mennonite, juives orthodoxes et protestantes évangéliques. Mais voilà : elles sont déclarées illégales par le Monopole précisément parce qu'elles veulent être libres même si cela signifie que les parents paient deux fois pour l'instruction de leurs enfants : par leurs impôts et par les frais de scolarité de leur école illégale.

vendredi 30 mai 2008

Les écoles unisexes aux États-Unis



Les écoles non-mixtes se multiplient aux États-Unis. De nombreux parents et professeurs sont convaincus que cette séparation des sexes fait de la classe un espace plus studieux où les enfants obtiennent de meilleurs résultats. Dans un souci d'augmenter le niveau d'éducation de sa jeunesse, l'administration Bush a modifié une loi de 1972 qui rendaient obligatoires les écoles mixtes dans le public : désormais les procédures sont simplifiées pour ouvrir des établissements publics unisexes.

Voir aussi Les classes séparées pour les garçons et les filles de plus en plus à la mode aux États-Unis.

On notera le professionnalisme du journalisme qui ne parvient pas à s'empêcher de conclure en disant que l'école mixte est proche de la « vraie vie »... Comme si l'école qui regroupe par souci d'efficacité les enfants par classes d'âge était un lieu proche de la vraie vie ! Rappelons que certains psychologues maintiennent que l'école prolongée, mixte ou non, infantilise en réalité les adolescents.

Benoît XVI : contre le relativisme et pour la liberté scolaire soutenue par l'État

Benoît XVI, s’exprimait récemment devant la Conférence des évêques italiens (CEI) a déclaré que l’État devait apporter son soutien financier aux écoles d’enseignement catholique.

Le Pontife a insisté sur la priorité éducative, dont il a donné cette définition, très précise : « Il s’agit de transmettre la foi aux nouvelles générations et, pour cela, il faut réagir au relativisme d’une culture qui met Dieu entre parenthèses et l'écarte de toute décision et de tout débat, notamment en ce qui touche aux questions définitives, au profit d’affirmations et de solutions de l’instant. »

Le Pape a déclaré à ce propos : « Comment ne pas avoir, dans ce contexte, une parole en faveur de ces lieux spécifiques de formation que sont les écoles ? Dans un État démocratique, qui s’honore de promouvoir la libre initiative dans tous les domaines, l’exclusion d’un soutien adéquat aux efforts des institutions de l’Église dans le domaine de l’école ne semble pas se justifier. Il est bien légitime de se demander si la qualité de l’enseignement ne serait pas stimulée par la mise en présence de différents centres de formation suscités, dans le respect des programmes définis par le ministère et valables pour tous, grâce aux initiatives populaires multiples, ayant pour préoccupation de se faire les interprètes des choix éducatifs des familles elles-mêmes. Tout laisse penser qu’une telle confrontation ne manquerait pas de produire des effets bénéfiques. »

Le PQ ne veut que le cours relativiste de l'État comme cours religieux dans les écoles confessionnelles

Le Parti québécois voudrait empêcher les écoles privées de dispenser des cours d'enseignement religieux confessionnel, en plus du nouveau programme d'Éthique et culture religieuse (ECR) qui sera implanté en septembre.

Pour une taille unique, un programme unique

Le Devoir rapporte que la critique péquiste en matière d'éducation, Marie Malavoy, a dénoncé hier à l'Assemblée nationale les deux poids deux mesures qui permettent aux écoles privées de conserver une formation confessionnelle, alors que celle-ci sera évacuée à la prochaine rentrée du programme des écoles publiques. « Cela revient à permettre à des parents qui peuvent payer de continuer d'avoir accès à un enseignement religieux interdit aux autres. C'est inacceptable » a lancé sans rire Mme Malavoy lors de la période des questions.

Remarquons que par le même « raisonnement » on peut vouloir éliminer les écoles privées (seuls les parents qui paient y ont accès) ou permettre l'enseignement religieux partout y compris dans les écoles publiques.

Mme Malavoy a exprimé sa crainte que les écoles privées utilisent cet argument pour promouvoir la fréquentation de leurs institutions. « Est-ce que la ministre peut revenir sur sa décision et faire en sorte que les écoles privées appliquent les mêmes règles que les écoles publiques ? » a demandé Mme Malavoy.

« Il ne peut y avoir deux modèles, l'un pour les écoles publiques, l'autre pour les écoles privées. L'enseignement religieux doit se faire en dehors des heures d'enseignement régulier, c'est ce que nous demandons à la ministre de l'Education », a conclu la députée.

Prêcher le pire pour faire accepter ce que l’on souhaite imposer ?

Tolérance quand tu nous tiens ! Ces propos radicaux et liberticides ont-ils pour but de faire passer le gouvernement et Mme Courchesne pour des modérés et s'assurer que le cours sera bien implanté ? Les opposants au cours d'ECR se sentant à la limite soulagés que les écoles confessionnelles pourront continuer à être confessionnelles même si on leur impose un cours qu'elles réprouvent.

Source Le Devoir, vidéo des débats de l'Assemblée nationale (à partir de 42 min 40 sec) et le communiqué du Parti québécois.

mercredi 28 mai 2008

Québec — houleuse réunion d’information sur le nouveau cours d’éthique et de culture religieuse

Le Monopole de l’Éducation organisait lundi une soirée d’« information » sur le nouveau cours obligatoire d’éthique et de culture religieuse au Collège Saint-Charles-Garnier de Québec. De nombreux parents y ont fait connaître leur mécontentement. Parmi ceux-ci, on retrouvait même une commissaire scolaire.

À l’extérieur du Collège Saint-Charles-Garnier, un membre de la Coalition pour la liberté en éducation, posait des formulaires d’exemption sur les pare-brise des voitures. Alors qu’à l’intérieur, selon la journaliste du Soleil, la colère grondait parmi la cinquantaine de parents assistant à la présentation du nouveau programme, obligatoire en septembre dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec.

« Je vais inciter mon garçon de sept ans à apporter un livre et à lire durant le cours, promet Brigitte Lemieux, mère de deux enfants. Il pourra couler, ça ne me dérange pas ! »

Méfiance envers l'État et la promesse de réserve des enseignants

Sophie Bouchard, mère de famille et commissaire à la commission scolaire des Découvreurs, déplore que les valeurs catholiques soient absentes du nouveau cours. « En tant que parent, je ne crois pas à la prépondérance de la religion catholique et protestante dans le cours que nous promet le ministère, ajoute-t-elle en entrevue. Et je ne me fie pas au devoir de réserve des enseignants. »

Des incidents se produisent déjà, ajoutait la commissaire scolaire à la journaliste du Soleil. « J’ai été témoin, dans un conseil d’établissement, d’un parent qui n’était pas à l’aise avec le fait que le film Da Vinci Code avait été présenté en classe, raconte-t-elle. Le prof n’avait pas prévenu les parents. »

Comment évaluer ?

Le directeur du programme au ministère de l’Éducation, Pierre Watters, aura eu beau répéter que le nouveau cours ne vise à faire la promotion d’aucune religion, plusieurs parents sont restés inquiets. « Si un élève refuse de participer à un projet qui parle d’une autre religion, est-ce qu’il va être pénalisé ? » demande Mary Colley.

Le Soleil nous informe que l’évaluation se fera comme dans tous les autres programmes d’études, à partir d’observation de productions d’élèves. Faut-il donc comprendre que le refus de participation sera puni ?

« L’évaluation ne porte pas sur les convictions », assure le fonctionnaire.

S’agira-t-il donc d'évaluations écrites sur des faits ou d'évaluation de l'attitude « correcte » et « interculturelle » lors des sessions de dialogue ? La journaliste n'a, semble-t-il, pas poussé le fonctionnaire à être plus précis.

Apprendre à réfléchir sur l’avortement et l’euthanasie

La portion « éthique » du nouveau cours n’a pas non plus fait l’unanimité. « Est-ce qu’on va apprendre à nos jeunes que l’avortement et l’euthanasie sont normaux et qu’il ne faut pas les juger ? », demande Brigitte Lemieux.

L’enseignant n’est pas là pour donner des bonnes ou des mauvaises réponses, mais pour aider les jeunes à réfléchir a tenté de répondre Pierre Watters.

Réponse savoureuse. Comme s’il était possible (ou désirable) de raisonner en l’absence d’un cadre de références de ce qui est important ou non, de ce qui est bien ou mal. Gageons que, dans le cas de l’avortement, les critiques trop insistantes faites à l’égard de ce qui peut être considéré comme le meurtre d’un être humain unique innocent et sans défense seront souvent réduites au silence par le professeur ou d’autres élèves en faisant appel à la valeur « liberté de choix » de la femme ; liberté de choix bien évidemment évacuée dans le domaine de l’enseignement et plus particulièrement quand il s'agit d'imposer à tous ce même cours d’éthique et de culture religieuse.

Offrir le choix pour renouer avec la confiance ?

Pourquoi ne pas simplement offrir le choix aux parents ? Pourquoi ne pas leur permettre de choisir le type d’enseignement confessionnel ou moral qui abordera les sujets de société moraux comme l’euthanasie, l’avortement, l’interprétation du phénomène religieux ? Il semble que c’est la moindre des choses pour inspirer confiance aux parents alors qu’actuellement le programme d’Éthique et de culture religieuse semble surtout être défendu par les zélateurs d’une « laïcité » partiale. Ce zèle justifie la méfiance des parents quand ils songent à ce que l’État et les professeurs imposeront à leurs enfants.

La volonté de centralisation de Mme Courchesne dans le dossier des commissions scolaires irrite

Nous en parlions déjà il y a quelques semaines dans Mme Courchesne « serre la vis » et « renforce son autorité »... Quelle surprise !, la Fédération des commissions scolaires ne semble pas en démordre, elle s'oppose à la volonté de centralisation du Monopole.

Oui à la reddition de comptes, non à sa bureaucratisation

La Fédération des commissions scolaires convient que la gouvernance implique nécessairement que la commission scolaire effectue une reddition de comptes efficace et transparente. Toutefois, tant en ce qui concerne le plan stratégique, la convention de partenariat et la déclaration de services prévus au projet de loi, la FCSQ ne croit pas qu'une intervention directe dans la gestion des commissions scolaires soit justifiée puisqu'une telle approche risque d'avoir pour effet de déresponsabiliser ces dernières et d'accroître la bureaucratisation du processus de reddition de comptes. La Fédération est d'avis que la ministre doit se limiter à édicter les grandes orientations, les objectifs et les cibles nationaux et respecter l'autonomie des commissions scolaires. « La valorisation de la démocratie scolaire passe par une plus grande marge de manoeuvre des commissions scolaires et non par une plus grande centralisation. Il est important que ce projet de loi maintienne un équilibre entre la volonté du gouvernement de valoriser la démocratie scolaire et la tentation d'un trop grand contrôle gouvernemental dans l'administration des commissions scolaires », de conclure M. Caron.

Vidéo de la réunion publique de la CLÉ du 19 février 2008

En primeur, une vidéo résumant les allocutions des différents orateurs qui avaient pris part à la réunion publique d'information de la CLÉ le 19 février 2008 à Montréal au sujet du nouveau programme obligatoire d'Éthique et de culture religieuse.



Nous avions fait, le 20 février 2008, un compte rendu de ce colloque, voir Réunion des partisans du choix en éducation à Montréal.

Nouvelles d’Espagne

Nouvelles de la lutte des parents espagnols contre l’imposition du cours d’Éducation à la citoyenneté. Cette bataille n’est, en effet, pas uniquement québécoise mais elle est internationale, car bon nombre d'États prétendent réduire la liberté sociale, en commençant par l'éducation des enfants.

La Cour suprême d’Espagne a accepté d’étudier le cas de l’objection de conscience réclamé par les parents qui s’oppose au programme d’Éducation à la citoyenneté, elle ne devrait pas statuer avant un an. Pendant ce temps, plus de 100 recours ont été présentés dans une grande partie des communautés autonomes d'Espagne (en Catalogne, au Pays Basque, en Navarre, dans la Région cantabrique, en Castille La Manche et en Asturies). Près de 34 000 parents ont fait des demandes d’exemption en vertu de l’objection de conscience.

Entre-temps, les parents espagnols continuent leur campagne d'information dans toute l'Espagne en organisant des colloques et des causeries plus informelles afin que les parents d’élèves comprennent le véritable enjeu et les conséquences liberticides liées à l’imposition du programme gouvernemental d’Éducation à la citoyenneté.


La bataille idéologique contre le programme d'Éducation à la citoyenneté que le gouvernement socialiste espagnol veut imposer se livre principalement dans six communautés espagnoles. Parmi quatre de celles-ci (Andalousie, Asturies, Aragon et Catalogne), les tribunaux se sont prononcés et ont invalidés des parties du programme, pour ce qui est des deux autres (Madrid et la communauté de Valence), les gouvernements locaux eux-mêmes ont décidé de soutenir la contestation à ce programme. En Murcie, le gouvernement n'appuie pas aussi ouvertement les objecteurs, mais il va leur concéder des avantages.