jeudi 6 février 2025

Trump signe le décret « Pas d’hommes dans les sports féminins »

Le président Donald Trump a signé mercredi le décret « Pas d’hommes dans les sports féminins », remplissant ainsi l’une de ses principales promesses de campagne de garder les hommes biologiques hors des sports féminins et féminins. 


Trump a signé le décret à l’occasion de la Journée nationale des filles et des femmes dans le sport, qui célèbre les athlètes féminines dans les sports féminins et celles qui s’engagent à fournir un accès égal au sport pour toutes les femmes.

« Cela n’a pas besoin d’être long. C’est une question de bon sens », a déclaré Trump avant de signer le décret, ajoutant que « les sports féminins seront réservés aux femmes ».

Trump a déclaré : « La guerre contre les sports féminins est terminée. »

Trump a été rejoint dans la salle Est de la Maison Blanche par les ambassadeurs des Femmes indépendantes Riley Gaines, Payton McNabb, Paula Scanlan, Sia Liilii, Lauren Miller, Kim Russell, Kaitlynn Wheeler, Linnea Saltz et Lily Mullens.

Gaines, qui anime le podcast « Gaines for Girls » d’OutKick, a été l’une des championnes de l’équité du sport féminin après avoir partagé son expérience lors des championnats NCAA 2022 avec Lia Thomas.
L’attachée de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré lors d’un briefing avant que Trump ne signe le décret qu’il « tient la promesse du titre IX ».

« Le président Trump s’est engagé à restaurer le bon sens dans notre pays et il continue de le faire avec un décret qu’il signera plus tard dans la journée », a-t-elle ajouté. « Le président signera un décret présidentiel qui empêchera les hommes de participer aux sports féminins afin de défendre la sécurité des athlètes, de protéger l’intégrité des compétitions et de tenir la promesse du titre IX.

« Cette action de bon sens de la part du président Trump met fin à la trahison répugnante des femmes et des filles par l’administration précédente, qui pendant des années s’est occupée des militants radicaux qui voulaient que les hommes biologiques soient traités comme des femmes sur les lieux de travail, dans les douches, dans les sports de compétition, dans les prisons et même dans les refuges pour victimes de viol. 

La folie de l’idéologie de genre est terminée.

Leavitt a également appelé les législateurs du Sénat à adopter la loi sur la protection des sports féminins et féminins, que la Chambre a adoptée le mois dernier. Le projet de loi interdirait aux hommes biologiques de participer aux équipes sportives scolaires des filles. Le projet de loi modifierait la loi fédérale pour spécifier que les étudiants-athlètes doivent participer à des équipes sportives scolaires qui coïncident avec leur sexe à la naissance.

« Il est extrêmement important que le Congrès agisse immédiatement sur cette priorité », a ajouté Leavitt. 

« Je pense que le président donne vraiment le ton, en faisant une priorité très immédiate pour cette administration, tout comme il a promis de le faire pendant la campagne. » 

mercredi 5 février 2025

L’inconfort face à l'homosexualité en hausse chez les jeunes du Québec (m à j critique du rapport)

Extraits de la critique du rapport «Montée de l’intolérance dans les écoles» de GRIS-Montréal par François Chapleau, professeur émérite au Département de biologie de l’Université d’Ottawa.

Si l’on fait abstraction des problèmes méthodologiques, les résultats de l’étude font état d’une hausse généralisée du « mal à l’aise » pour toutes les questions, mais de façon plus marquée pour les cas suivants: 

  • Le malaise avec les personnes et couples homosexuels est systématiquement plus élevé chez les garçons.
  • Connaître une personne non hétérosexuelle diminue le malaise envers les personnes et les couples homosexuels.
  • Le fait d’avoir une religion et de la pratiquer augmente le niveau de malaise envers les personnes et couples homosexuels.

Le terme « genre » est utilisé 30 fois dans le rapport de 2025, alors que le mot « sexe » y est absent. Il est important de noter que le mot « genre » est absent du questionnaire. Les élèves ne savaient donc pas que le terme « homme » ou de « femme » représentait pour le GRIS une identité de genre et non pas une appartenance sexuelle. 

Le communiqué de presse indiquait « une augmentation des discours haineux et des violences dans les écoles ». Or, dans la discussion, on reconnait que le niveau de malaise n’est pas un indicateur de transphobie et d’homophobie. Mais, on ajoute que : « un sentiment de malaise ou d’inconfort élevé est vu comme une menace à la sécurité perçue, ce qui peut contribuer à créer des conditions propices à la violence ». Et l’on ajoute à ce dernier commentaire quelques citations « anonymes » particulièrement crues.

Il n’en fallait pas plus pour que plusieurs médias fassent état à la suite de la conférence de presse que l’étude indique une hausse de la transphobie, de l’homophobie, de l’intolérance et de la haine, alors qu’elle n’indique qu’une hausse de l’inconfort par rapport aux orientations sexuelles des personnes et de couples.

Parmi les « hypothèses » suggérées pour expliquer le déclin du sentiment d’aise par rapport à l’homosexualité dans les écoles, on indique :

1.« la conversation sociale polarisée (controverses) et polarisante autour des sujets LGBTQ+ — et particulièrement de l’identité de genre — depuis quelques années. » On ajoute que « si cette conversation sociale porte plus directement sur les personnes trans et non binaires, elle semble générer des impacts négatifs qui vont aussi toucher sur les acquis liés à l’orientation sexuelle. »

2. « La crise actuelle du journalisme met en péril la circulation d’informations vérifiables et dans l’intérêt du public et accentue les processus de désinformation » et on ajoute à ceci l’impact négatif des réseaux sociaux.

3. Finalement, le déclin précipité des attitudes face à la diversité sexuelle des jeunes hommes serait lié avec une montée des discours masculinistes et conservateurs qui, chez ces derniers, prônent un retour aux valeurs traditionnelles.

Remarques :

1. Noter que, dans la discussion, les termes LGBTQ+ et transphobie reviennent dans la phraséologie alors que l’étude n’a rien à voir avec les transgenres/queers et ne s’intéresse qu’à l’orientation sexuelle.

2. Il n’y a aucune donnée dans cette étude et il n’y a aucune question dans les questionnaires qui permettent de pointer le doigt vers une des causes externes suggérées. En fait, la discussion du rapport ne s’appuie en rien sur les résultats de l’étude ni sur des connaissances liées à la réalité des élèves dans les écoles. Décevant !

3. En fait, la discussion évite de parler des données. Par exemple, on ne discute même pas du fait que les religions semblent un facteur explicatif de la hausse du malaise et que celles-ci réprouvent généralement l’homosexualité.  

4. Si les enjeux liés à l’identité de genre créent des impacts négatifs qui touchent « les acquis liés à l’orientation sexuelle », il faudrait qu’un organisme indépendant examine l’impact d’organismes comme GRIS-Montréal qui font la promotion de la pseudoscience du genre dans les écoles ; une idéologie qui ne reconnait pas la binarité du sexe et qui fait fi du fait que les homosexuels revendiquent une sexualité fondée sur la réalité du sexe et non pas sur le ressenti du genre.

5. En comparant les deux derniers rapports sur l’orientation sexuelle, celui de 2017[xiii] et celui qui fait l’objet de cette critique, il est malheureux de constater que le GRIS, en moins de 7 ans, a trahi sa mission première qui lui donnait toute sa crédibilité. Elle se préoccupait alors de démystifier l’homosexualité et de la bisexualité et de favoriser l’acceptation des personnes homosexuelles et bisexuelles à l’école et en société. En quelques années, l’organisme est devenu le porte-étendard grassement subventionné par le gouvernement (et d’autres organismes) d’une idéologie qui fait la promotion de la pseudoscience du genre. Actuellement, le GRIS endoctrine au lieu d’éduquer dans nos écoles. C’est inacceptable. Ce rapport s’aligne davantage avec l’hypothèse que le « nouveau » GRIS fait plus partie du problème que de la solution.




Billet du 18 janvier
Un guide pédagogique du GRIS réalisé
grâce à une subvention du
Ministère de la Justice du Québec


Une étude de l’organisme militant pro-LGBTQ2SAI+ GRIS-Montréal indique, parmi les jeunes, une hausse face à l’homosexualité et aux formes d’orientation sexuelle non traditionnelles.

Dévoilée jeudi, l’étude a été réalisée à partir de 35 000 questionnaires remplis par des élèves du secondaire dans plusieurs régions du Québec.

Selon l’organisme militant, le constat est « sans équivoque » : pour la première fois depuis qu’il a commencé à recueillir ces données il y a 30 ans, l’organisme observe « un recul » des attitudes chez les jeunes face « à la diversité sexuelle ».

« Pendant très longtemps, on avait l’impression que les jeunes avaient toujours une longueur d’avance sur ces enjeux. Là, il y a une régression, et une régression en très peu de temps », réagit le titulaire de la Chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres de l’UQAM, Martin Blais.

Que veut-on dire par « inconfort » ?

Dans le cadre du sondage, les élèves ont été appelés à commenter différents scénarios afin de mesurer leur degré d’« ouverture ».

En 2017-2018, 25 % des répondants disaient éprouver un malaise face à l’orientation sexuelle d’un ami homosexuel, comparativement à près de 40 % en 2023-2024. Pour une amie lesbienne, la proportion est passée de 15 % à près de 34 %.

De plus, 24 % des élèves se disent très mal à l’aise devant un couple de pères homosexuels, contre 10 % en 2017-2018. Pour les familles de couples lesbiens, le niveau d’inconfort a triplé, passant de 7 % à 21 %.

Selon le sociologue et sexologue Martin Blais, ces chiffres confirment une réalité observée sur le terrain depuis quelques années. « Plusieurs groupes communautaires [LGBTQ2SAI+] rapportent une augmentation des discours hostiles », note-t-il.



À qui la hausse est-elle attribuable selon ces experts ?

Cette hausse n’est pas le fait d’un groupe particulier. L’augmentation du sentiment de malaise est observée chez les jeunes, peu importe leur âge, leur genre, leur niveau de religiosité ou la région qu’ils habitent, souligne l’organisme militant.

Elle est cependant plus marquée chez les jeunes scolarisés en dehors de la grande région de Montréal et chez les garçons.

De manière générale, les hommes et les jeunes hommes « ont toujours eu plus de résistance à l’égard de la diversité [sic] que les femmes », affirme M. Blais.

Qu’est-ce qui expliquerait ce recul ?

On a reproché beaucoup de choses aux personnes queers et aux personnes trans. De menacer les enfants, de vouloir faire du lobby auprès des enfants. D’accorder des droits aux personnes trans qui enlèveraient potentiellement des droits aux femmes. Ce genre de dialogue social percolerait dans le milieu scolaire. La normalité de ce ressac devant la radicalité croissante du discours et des exigences du lobby LGBTQ2SAI+, qui va bien au-delà de la simple tolérance, ne semble pas effleurer les « chercheurs » du GRIS.

Autre piste : la montée des discours masculinistes et conservateurs, alimentés en ligne par des influenceurs comme Andrew Tate.

Les experts ne semblent pas considérer que les « progressistes » urbains « ouverts sur la diversité » ont moins d'enfants et qu'ils sont remplacés par les enfants de parents plus traditionnels (« plus fermés sur la diversité ») souvent ruraux (y avoir des enfants est moins cher) ou immigrés, enfants qui épousent les valeurs traditionnelles de leurs parents.

Les plateformes de réseaux sociaux auraient peut-être aussi contribué au recul des attitudes face à la diversité en « amplifiant des voix qu’on entendait moins avant », souligne Martin Blais. Faut-il comprendre que ces voix étaient privées de tribune auparavant par les médias de grand chemin ?

Solution : davantage de propagande à l'école

Avec la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), le GRIS-Montréal appelle le gouvernement à augmenter la sensibilisation et la formation dans les écoles.

« C’est clair qu’il y a encore des enjeux d’éducation », affirme Martin Blais. Le sociologue rappelle qu’un moyen efficace de contrer l’intolérance est d’entrer en contact avec des personnes de l’autre groupe.

« C’est un levier extrêmement puissant », souligne-t-il.

« Extrêmement préoccupé par ces données », le cabinet du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, indique qu’il prendra « le temps d’analyser l’étude réalisée par le GRIS-Montréal ».

« Ce qui est certain, c’est que des gestes d’intolérance n’ont aucunement leur place dans nos écoles. Jamais on ne doit accepter ça », plaide-t-il, rappelant qu’il a déposé un plan de lutte contre la violence et l’intimidation en milieu scolaire.

On attend toujours des plans de lutte pour un français de qualité, la culture générale, l'application de la loi 101 aux cégeps, la francisation progressive des universités anglophones, etc.

Absence d'accès à l'étude complète et aux données

Notons que le sondage du GRIS n'est pas accessible au moment d'écrire ces lignes, on ne peut voir l’ensemble des données, une description de la méthodologie, du profil des écoles sondées, des analyses faites, etc. 
 
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Google abandonne ses objectifs de recrutement discriminatoire en matière de diversité


Le géant de la recherche élimine ses objectifs de recrutement d'un plus grand nombre d'employés issus de minorités et revoit ses programmes d'équité et d'inclusion, dans le cadre d'un revirement à travers la Silicon Valley

L'entreprise a déclaré qu'elle continuerait à ouvrir et à développer des bureaux dans des villes où la main-d'œuvre est diversifiée.

Google supprime son objectif d'embaucher davantage d'employés issus de groupes historiquement sous-représentés et revoit certains programmes de diversité, d'équité et d'inclusion, rejoignant ainsi d'autres géants de la technologie qui repensent leur approche de l'IED (inclusion, équité, diversité, DEI).

Dans un courriel adressé à ses employés mercredi, Google a déclaré qu'elle ne fixerait plus d'objectifs d'embauche discriminatoires. 

En 2020, à la suite des appels à la prétendue lutte pour la justice raciale après l'assassinat de George Floyd par la police, Google s'est fixé pour objectif d'augmenter de 30 % la proportion de « dirigeants issus de groupes sous-représentés » d'ici à 2025.

Le rapport annuel de la société mère Alphabet publié mercredi a omis une phrase indiquant que l'entreprise « s'engage à intégrer la diversité, l'équité et l'inclusion dans tout ce que nous faisons et à développer une main-d'œuvre représentative des utilisateurs que nous servons ». Cette phrase figurait dans les rapports des années 2021 à 2024.

Les Noirs et les Latinos sont depuis longtemps peu représentés dans l'industrie informatique. Le rapport sur la diversité de Google pour 2024 indique que 5,7 % de ses employés américains sont noirs et 7,5 % sont latinos. Quatre ans plus tôt, ces chiffres étaient respectivement de 3,7 % et 5,9 %.

Google a déclaré qu'elle évaluait la possibilité de continuer à publier des rapports annuels sur la diversité, comme elle le fait depuis 2014. L'évaluation fait partie d'un examen plus large des subventions, des formations et des initiatives liées à l'IED, y compris celles qui, selon le courriel, « soulèvent des risques ou n'ont pas l'impact que nous espérions ».

Google a également déclaré qu'il examinait les récentes décisions de justice et les ordres exécutifs du président Trump visant à freiner l'IED au sein du gouvernement et des entrepreneurs fédéraux. L'entreprise « évalue les changements à apporter à nos programmes pour les mettre en conformité », indique le courriel.

L'entreprise a déclaré qu'elle continuerait à ouvrir et à développer des bureaux dans des villes où la main-d'œuvre est diversifiée.

« Nous continuerons à investir dans des États à travers les États-Unis - et dans de nombreux pays à travers le monde - mais à l'avenir, nous n'aurons plus d'objectifs ambitieux », précise le courriel.

Google a déclaré qu'il maintiendrait ses groupes de ressources pour les employés sous-représentés.

« Google s'est toujours engagé à créer un lieu de travail où nous recrutons les meilleures personnes partout où nous opérons, où nous créons un environnement où chacun peut s'épanouir et où nous traitons tout le monde de manière équitable », indique le courriel. "C'est exactement ce que vous pouvez vous attendre à voir à l'avenir.

Le mois dernier, Meta Platforms, propriétaire de Facebook, a supprimé l'équipe chargée de superviser ses efforts en matière de diversité et a mis fin à ses objectifs de représentation pour les entretiens et l'embauche de femmes et de minorités. La vice-présidente des ressources humaines de Meta, Janelle Gale, a déclaré aux employés que « le paysage juridique et politique entourant les efforts de diversité, d'équité et d'inclusion aux États-Unis est en train de changer ».

En décembre, Amazon a annoncé à ses employés qu'elle mettrait fin à certaines de ses initiatives en matière de diversité d'ici à la fin de l'année 2024. Elle a supprimé de son site web la phrase « la diversité, l'équité et l'inclusion sont bonnes pour les affaires », tout en conservant d'autres références à la diversité et à l'inclusion.

Plusieurs entreprises ont été visées par des propositions d'actionnaires visant à mettre fin aux efforts d'IED. Apple a recommandé aux actionnaires de rejeter une proposition du National Center for Public Policy Research, un groupe de réflexion conservateur, visant à mettre fin aux efforts d'inclusion et de diversité de l'entreprise.

Par ailleurs, un certain nombre d'entreprises ont modifié ou supprimé les termes relatifs à la diversité dans leurs rapports annuels.

Source : WSJ

« Journalisme indépendant » plongé dans le chaos après le gel de l’aide internationale américaine par Donald Trump

Le président Donald Trump a gelé des milliards de dollars de subventions d’aide internationale à travers le monde, dont plus de 268 millions de dollars alloués par le Congrès pour soutenir les médias indépendants et la libre circulation de l’information. Dénonçant une décision qui plonge les ONG, les médias et les journalistes, qui font un travail essentiel, dans le chaos de l’incertitude, Reporters sans frontières (RSF) appelle les soutiens publics et privés internationaux à s’engager pour la pérennité des médias indépendants.
Le média de gauche Politico a reçu plus de 8 millions de $ d’USAid

Depuis l’annonce par le nouveau président américain du gel de l’aide internationale américaine, l’Agence des États-Unis pour le développement international (United States Agency for International Development, USAID) est particulièrement dans la tourmente : son site web est inaccessible, son compte X a été suspendu, le siège de l’agence a été fermé et les employés ont été sommés de rester chez eux. Ce lundi 3 février, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré prendre le rôle de chef par intérim de l’USAID, confirmant l’intention exprimée par Donald Trump et Elon Musk — qui a été nommé à la tête du quasi-officiel Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) –  de transférer cette agence sous la houlette du département d’État. Le milliardaire sud-africain avait même exprimé la volonté de la voir « fermer complètement », la qualifiant « d’organisation criminelle ».

Presque immédiatement après cette suspension, de nombreuses organisations journalistiques à travers le monde ont contacté RSF, témoignant de leur inquiétude et de leur confusion. Sont affectées tant les grandes ONG internationales soutenant les médias indépendants — comme le Fonds international pour les médias d’intérêt public (International Fund for Public Interest Media ou IFPIM) — que des plus petits médias existants dans des pays comme l’Iran et la Russie.

    Le gel du financement de l’aide américaine sème le chaos dans le monde entier, y compris dans le journalisme. Les programmes qui ont été gelés apportent un soutien vital à des projets qui renforcent les médias, la transparence et la démocratie. Le président Trump a justifié ce décret en accusant — sans preuve — une soi-disant « industrie de l’aide étrangère » de ne pas être alignée sur les intérêts américains. L’ironie tragique est que cette mesure créera un vide qui pourrait faire le jeu des propagandistes et des États autoritaires. Reporters sans frontières (RSF) lance un appel international aux bailleurs de fonds publics et privés pour qu’ils s’engagent à assurer la pérennité des médias indépendants.     

    Clayton Weimers
    Directeur du bureau Amérique du Nord de RSF

Les programmes de l’USAID soutiennent les médias indépendants dans plus de 30 pays, mais il est difficile d’évaluer l’ampleur totale de l’impact sur les médias. De nombreuses organisations touchées hésitent à attirer l’attention par crainte de compromettre des financements à long terme ou de subir des attaques politiques. Selon les données de l’USAID de 2023, l’agence a financé la formation et soutenu 6 200 journalistes, aidé 707 médias non étatiques et soutenu 279 organisations de la société civile œuvrant pour le renforcement des médias indépendants. Le budget de l’aide étrangère pour 2025 prévoyait quelque 268 millions de dollars (soit environ 261 millions d’euros) alloués par le Congrès pour soutenir « les médias indépendants et la libre circulation de l’information ».

Partout dans le monde, des médias et des organisations ont dû suspendre certaines de leurs activités du jour au lendemain. « Nous avons des articles prévus jusqu’à la fin janvier, mais après cela, si nous n’avons pas trouvé de solutions, nous ne pourrons plus publier », explique un média biélorusse en exil ayant souhaité rester anonyme. Au Cameroun, le gel des financements a contraint DataCameroon, un média d’intérêt public basé à Douala, à mettre en pause plusieurs projets, dont un axé sur la sécurité des journalistes et un autre sur la couverture de l’élection présidentielle à venir. Un média iranien en exil — qui a préféré rester anonyme — a dû suspendre sa collaboration avec son équipe pendant trois mois et réduire les salaires au strict minimum pour tenter de survivre. Une journaliste interrogée par RSF avertit que l’impact de ce gel des financements pourrait réduire au silence certaines des dernières voix libres, créant un vide que la propagande d’État iranienne remplirait inévitablement. « Nous faire taire, c’est leur donner plus de pouvoir », dénonce-t-elle.

En Ukraine, neuf médias sur dix dépendent des financements de l’USAID

En Ukraine, où neuf médias sur dix dépendent du financement de l’USAID, plusieurs médias locaux ont déjà annoncé la suspension de leurs activités et recherchent des solutions alternatives « Chez Slidstvo.Info, 80 % de notre budget est affecté », déclare Anna Babinets, directrice et co-fondatrice de ce média d’investigation indépendant basé à Kiev.

Le risque de cette suspension est qu’elle ouvre la porte à d’autres sources de financement susceptibles d’altérer la ligne éditoriale et l’indépendance de ces médias. « Certains médias pourraient fermer ou être rachetés par des hommes d’affaires ou des oligarques. Je pense que de l’argent russe entrera sur le marché. Et la propagande gouvernementale, bien sûr, s’intensifiera », commente Anna Babinets. RSF a déjà constaté l’impact direct de cette propagande : une vidéo fabriquée, faussement estampillée du logo de l’organisation, prétendait que RSF se réjouissait de la suspension du financement de l’USAID pour les médias ukrainiens — une position que RSF n’a jamais soutenue. Ce n’est pas la première fois que de telles désinformations circulent.

Trouver rapidement des alternatives

Cette situation met en lumière la fragilité financière du secteur. « La suspension du financement américain n’est que la partie émergée de l’iceberg — un cas clé qui illustre la gravité de la situation », estime Oleh Dereniuha, rédacteur en chef du média local ukrainien NikVesti, basé à Mykolaïv, dans le sud-est de l’Ukraine. Depuis 2024, les médias indépendants ukrainiens peinent à assurer leur viabilité financière en raison de la diminution du nombre de bailleurs. Par conséquent, même des réductions budgétaires mineures peuvent placer ces médias dans une situation précaire. Un rapport récent de RSF souligne la nécessité de se concentrer sur la relance économique des médias indépendants ukrainiens, affaiblis par l’invasion russe à grande échelle du 24 février 2022, que RSF estime à au moins 96 millions de dollars sur trois ans.

Au-delà de la baisse du soutien des donateurs, les médias sont également confrontés à des menaces croissantes pour leurs financements et leurs modèles économiques dans d’autres pays. Alors qu’en Géorgie, la loi sur la transparence de l’influence étrangère — calquée sur la législation russe — met en péril de nombreuses organisations médiatiques, le Premier ministre géorgien a salué la décision du président américain.

Officiellement, cette suspension n’est censée durer que 90 jours, selon le gouvernement américain. Cependant, certains professionnels des médias, comme Katerina Abramova, directrice de la communication du média en exil Meduza, craignent que la révision des contrats de financement ne prenne beaucoup plus de temps. « Les médias en exil sont encore plus vulnérables que les autres, car nous ne pouvons pas monétiser notre audience et le financement participatif a ses limites — surtout quand faire un don à Meduza est un crime en Russie », souligne-t-elle.

En suspendant brutalement l’aide américaine, les États-Unis ont rendu de nombreux médias et journalistes vulnérables, portant un coup dur à la liberté de la presse. Pour tous les médias interrogés par RSF, la priorité est de se relever et de trouver d’urgence des financements alternatifs.


Source : Reporters sans Frontières
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Le président du Parlement géorgien, Chalva Papuashvili, a révélé que l’USAid avait injecté 41,7 millions de dollars dans les récentes élections du 26 octobre 2024 en Géorgie, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à l’ingérence étrangère et au rôle de Washington dans le façonnement du paysage politique géorgien.

Des manifestations ont éclaté après que le parti au pouvoir, le Rêve géorgien, a remporté la victoire avec 54 % des voix, obtenant 89 sièges sur 150. Les forces d’opposition et la présidente Salomé Zourabichvili ont qualifié les résultats de « falsification totale », accusant le parti au pouvoir de s’orienter vers l’autoritarisme et l’influence russe.

Une des subventions à un consortium politique pro-occidental en Géorgie (Caucase)

Exemples d’abus de l’argent public dépensé par USAid selon la Maison-Blanche :
  •   1,5 million de dollars pour « faire progresser la diversité, l’équité et l’inclusion sur les lieux de travail et dans les communautés d’affaires de Serbie ».
  •    70 000 dollars pour la production d’une « comédie musicale DEI » en Irlande
  •    2,5 millions de dollars pour des véhicules électriques au Viêt-Nam
  •    47 000 dollars pour un « opéra transgenre » en Colombie
  •    32 000 dollars pour une « bande dessinée transgenre » au Pérou
  •    2 millions de dollars pour des changements de sexe et le « militantisme LGBT » au Guatemala
  •    6 millions de dollars pour financer le tourisme en Égypte
  •   Des centaines de milliers de dollars pour une organisation à but non lucratif liée à des organisations terroristes désignées, même APRÈS qu’un inspecteur général a ouvert une enquête.
  •     Des millions de dollars à EcoHealth Alliance, qui a participé à des recherches au laboratoire de Wuhan (mondialement connu depuis la crise de la COVID).
  •     « Des centaines de milliers de repas destinés à des combattants affiliés à Al-Qaïda en Syrie.
  •     Financement de l’impression de contraceptifs “personnalisés” dans les pays en développement
  •     Des centaines de millions de dollars pour financer “des canaux d’irrigation, du matériel agricole et même des engrais utilisés pour soutenir la culture sans précédent du pavot et la production d’héroïne en Afghanistan”, au profit des talibans.

mardi 4 février 2025

Étude : la plupart des partis politiques traditionnels sont beaucoup plus favorables à l'immigration que la majorité de leurs électeurs

Résumé : selon une étude,la plupart des partis politiques traditionnels sont beaucoup plus favorables à l'#immigration que la majorité de leurs électeurs ...Sur presque toutes les questions culturelles, telles que le multiculturalisme ou les relations hommes-femmes ...les électeurs sont plus conservateurs que leurs députés.

 La montée des partis dits « populistes » de droite se poursuit dans les pays occidentaux, et nombreux sont ceux qui s'interrogent sur la manière dont les partis traditionnels pourraient y répondre. Cette situation s'explique en partie par le fait que les partis politiques ne parviennent pas à répondre à l'opinion des électeurs sur l'immigration par des mesures politiques.

L'Allemagne en est un bon exemple. En 2013, elle ne comptait aucun parti identitaire de droite notable. L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) existait déjà, mais elle n'était pas fortement anti-immigration. Toutefois, l'immigration en Allemagne était en augmentation.

Avant 2013, plusieurs centaines de milliers de demandeurs d'asile originaires d'Afrique et du Moyen-Orient entraient chaque année dans le pays. De nombreux Allemands souhaitaient une diminution de l'immigration, mais les partis politiques allemands ne proposaient pas de politiques correspondantes. L'opinion publique et les celle des parlementaires divergeaient déjà.

Pour mesurer ce désaccord, les chercheurs ont posé la question suivante à des échantillons représentatifs de parlementaires allemands et de citoyens ordinaires en 2013 : « L'immigration des étrangers devrait-elle être plus facile ou plus difficile ? »

Ils avaient le choix entre 11 réponses, allant de « 0 - l'immigration des étrangers devrait être beaucoup plus facile » à « 10 - l'immigration des étrangers devrait être beaucoup plus difficile ».

Les résultats montrent que la plupart des Allemands souhaitaient restreindre l'immigration en 2013. Malgré cette demande du public, la quasi-totalité des parlementaires des quatre grands partis souhaitaient faciliter l'immigration.

Attitudes à l'égard de l'immigration en 2013 :

Évolution du fossé de représentation sur la question de l'immigration. L Guenther, CC BY-ND

Deux ans plus tard, en 2015, la crise des réfugiés a commencé. En l'espace de quelques années, deux millions de demandeurs d'asile sont entrés en Allemagne. En réaction, les Allemands ont considéré l'immigration comme une question de plus en plus importante et ont de plus en plus voté en fonction de leur attitude à l'égard de l'immigration. La plupart des Allemands souhaitant une diminution de l'immigration, la demande d'un parti anti-immigration s'est accrue.

Au cours de cette période, l'AfD a modifié son programme politique pour devenir le seul parti allemand à réclamer clairement une diminution de l'immigration. L'AfD est ainsi devenu le seul parti à représenter la volonté de nombreux Allemands sur la question qu'ils considèrent comme la plus importante.

Attitudes à l'égard de l'immigration en 2017 :

Comment le fossé de représentation est apparu sur l'immigration. L Guenther

De ce point de vue, il n'est pas surprenant que l'AfD ait fortement augmenté sa part de voix lors des élections de 2017 et soit devenu le premier parti à la droite des conservateurs à entrer au parlement fédéral.

Dans le cadre de ses recherches, l'auteur a constaté que des tendances similaires se manifestent dans toute l'Europe. Dans 27 pays, la plupart des grands partis politiques sont beaucoup plus favorables à l'immigration que ne l'exigent la majorité de leurs électeurs et de leurs citoyens.

L'écart de représentation n'est pas seulement systématique d'un pays à l'autre, mais aussi d'une question politique à l'autre et d'un sous-groupe d'électeurs à l'autre. Sur presque toutes les questions culturelles, telles que le multiculturalisme ou les relations hommes-femmes, j'ai constaté que les électeurs sont plus conservateurs que leurs parlementaires.

Dans toute l'Europe, la différence entre l'électeur moyen et le parlementaire moyen est aussi importante que la différence entre le parlementaire moyen conservateur et le parlementaire moyen socialiste.

Même les électeurs ayant le même niveau d'éducation, ou les électeurs bien informés sur la politique, sont beaucoup plus conservateurs sur le plan culturel que leurs représentants. Les immigrés eux-mêmes sont beaucoup plus opposés à l'immigration et au multiculturalisme que le parlementaire moyen.

Bien que ces écarts de représentation culturelle existent depuis longtemps, c'est l'augmentation de leur visibilité et de leur importance perçue qui contribue à la montée du populisme de droite. L'importance accrue de l'immigration en est le principal moteur.

L'un des principaux arguments des politiciens traditionnels contre les populistes est qu'une fois que les populistes arrivent au pouvoir, ils cherchent à établir des dictatures et à gouverner contre l'intérêt du peuple. Toutefois, cet argument sonne creux si les partis traditionnels ne sont pas disposés à reconnaître les questions considérées comme les plus importantes par les citoyens et à agir en conséquence.

Source: The Conversation

France — Deux records battus en 2024

Deux records battus en 2024:
  • 663.000 bébés nés en France, le chiffre le plus bas depuis 1945.
  • 336.700 premiers titres de séjour délivrés (immigration légale), le chiffre le plus haut depuis 1945.

Québec — le droit d'instruire ses enfants à la maison a été retiré plus de 1000 fois

Le gouvernement du Québec a demandé à plus de 1000 élèves scolarisés à la maison de retourner en classe depuis 2021, notamment parce que certaines exigences administratives n’avaient pas été remplies par leurs parents, a constaté Le Devoir.

Entre le début de l’année scolaire 2021-2022 et le 30 octobre dernier, ce sont exactement 1079 enfants qui ont été rappelés sur les bancs d’école après avoir perdu l’autorisation de suivre un enseignement à la maison, montre une demande d’accès à l’information rendue publique sur le site Web du ministère de l’Éducation. La dispense dont ils disposaient pour pouvoir apprendre à la maison leur a été retirée à la suite de « non-conformités » au Règlement sur l’enseignement à la maison relevées par les fonctionnaires de l’État.


« Ça peut exister, des parents qui ont retiré leurs enfants sans avoir mis en place un vrai projet d’apprentissage », relève la professeure Christine Brabant. Or, l’encadrement de l’éducation à domicile est bien ficelé au Québec et compte notamment des suivis auprès des parents en cours d’année. Ainsi, lorsque ceux-ci sont incapables de répondre aux exigences de l’État, l’autorisation d’enseigner à leurs enfants à la maison peut leur être retirée, explique l’experte.

Par courriel, le ministère de l’Éducation rappelle qu’il a comme mandat de veiller « au respect du cadre juridique applicable, notamment au respect des programmes d’études établis par le ministre et de l’obligation de réaliser les épreuves ministérielles ».

Ainsi, même s’il privilégie « une approche de soutien et de collaboration avec les familles en enseignement à la maison », lorsque le règlement encadrant cette pratique n’est pas respecté, « le Ministère informe le parent que leur enfant ne fait plus l’objet d’une dispense de l’obligation de fréquenter une école aux fins de recevoir à la maison un enseignement approprié pour l’année scolaire en cours et qu’il doit, par conséquent, être inscrit dans une école afin que cette obligation soit respectée », ajoute-t-il.
 
Québec faisait état de 8104 enfants suivis en enseignement à la maison en date du 27 décembre dernier.

Croissance du nombre d'enfants instruits à la maison

Le nombre d’enfants québécois qui sont scolarisés à la maison a augmenté à un rythme beaucoup plus rapide que celui de la population étudiante en général au cours des dernières années. Les doléances de parents qui enseignent à leurs enfants à domicile sont aussi nombreuses à l’endroit du réseau scolaire, qui peine à répondre à leurs demandes en contexte de pénurie de main-d’œuvre. État des lieux.

Après avoir atteint un sommet en 2020-2021, pendant la pandémie, le nombre d’élèves suivis en enseignement à la maison est en diminution depuis. Il s’établissait à 8104 en date du 27 décembre dernier, selon des données fournies par le ministère de l’Éducation à la suite d’une demande d’accès à l’information.

Ce nombre demeure néanmoins 63,12 % plus élevé que celui de 4968 observé lors de l’année scolaire 2018-2019. Pendant cette même période, le nombre total d’élèves au primaire et au secondaire, qui dépasse le million, a augmenté de 9,64 %, montrent des données tirées du tableau de bord du ministère de l’Éducation.

« La croissance qui n’est pas liée à la pandémie, elle est assez stable », confirme en entrevue Christine Brabant, professeure à l’Université de Montréal et chercheuse spécialisée en éducation à domicile. Selon elle, le nombre d’enfants scolarisés à la maison serait sans doute le même actuellement, même si la crise sanitaire n’avait pas eu lieu.

Cet attrait grandissant pour l’école à la maison est notamment associé à l’incapacité du réseau scolaire, aux yeux de plusieurs parents, de répondre aux besoins de leurs enfants. L’Association québécoise pour l’éducation à domicile constate d’ailleurs qu’environ la moitié des enfants dont les parents comptent parmi ses membres présentent des défis d’apprentissage ou encore un problème de santé psychologique ou physique.

Des demandes de parents (contribuables...) sans réponse

Christine Brabant souligne que les études réalisées à l’échelle internationale font état, en général, d’un niveau de socialisation et de réussite scolaire similaire pour les enfants qui suivent l’école à la maison et ceux qui se rendent en classe. « Il y a peu d’études qui ont réussi à trouver des inconvénients et des résultats négatifs » rattachés à l’école à la maison, souligne-t-elle.

Il est toutefois difficile d’avoir un état des lieux clair en la matière au Québec en raison du manque de données publiques disponibles, évoque la professeure.

L’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED) constatait cependant, au terme d’un sondage mené l’an dernier auprès de 200 familles, que 68 % des demandes effectuées par des parents membres de son association pour avoir accès à des services auxquels ils ont droit en vertu du Règlement sur l’enseignement à la maison auraient été refusées par leur centre de services scolaire. Ces requêtes portaient notamment sur l’accès à des locaux, à du matériel pédagogique et à des services professionnels — de la part d’orthopédagogues ou de psychoéducateurs, par exemple.

Cette situation ne surprend pas le président de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec, Jacques Landry. « Déjà, ce qu’on voit, c’est que même quand les enfants sont à l’école, on n’arrive pas à leur offrir le service adapté, alors imaginez quelqu’un qui est à la maison, la marche est encore plus haute », tente-t-il d'expliquer.

Des résultats variables

C’est dans ce contexte qu’au sein du CSS de Laval, pendant l’année scolaire 2023-2024, la note moyenne à l’examen ministériel de lecture en français, administré en quatrième année du primaire, a été de 14,76 % inférieure chez les élèves scolarisés à la maison.

Pendant cette même période, ceux-ci avaient aussi obtenu une note moyenne de 17,39 % inférieure à celle obtenue par leurs collègues fréquentant les bancs d’école pour l’examen de mathématiques en sixième année du primaire. La différence était de 13,28 % en 2022-2023.

« En raison du grand écart entre le nombre d’élèves qui fréquentent nos établissements et ceux qui font l’école à la maison, la comparaison devient difficile », nuance toutefois par courriel le centre de services scolaire, qui appelle à la « prudence » dans l’interprétation de ces données.

La réponse du CSS Marguerite-Bourgeoys, quant à elle, montre que ceux-ci ont obtenu des résultats moyens sous la note de passage pour l’ensemble des épreuves dans les matières à sanction en 4e et 5e secondaire. La moyenne était aussi une note d’échec pour les examens de français en quatrième année du primaire.

Au CSS de la Pointe-de-l’Île, les élèves scolarisés à la maison ont à l’inverse mieux réussi  que les autres dans une majorité d’examens, en 2022-2023 comme en 2023-2024. Le bilan est plus partagé dans les commissions scolaires anglophones de Montréal, où les élèves scolarisés à la maison semblent réussir davantage dans certaines matières, comme le français, tout en ayant une moyenne moindre dans d’autres, par rapport à ceux qui se rendent sur les bancs d’école.

lundi 3 février 2025

Ministère des affaires étrangères des É-U : plus de LGBTQI+ mais des LGB



Le département d'État (Ministère des Affaires étrangères américains) a supprimé les informations destinées aux personnes transgenres de la page de conseils aux voyageurs internationaux en ligne.

La section « Voyages internationaux » du département d'État comporte une page « Voyageurs LGB », dans ce qui était auparavant un avis destiné aux voyageurs LGBTQI+. LGBTQI+ signifie lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queers et intersexes.

« Les voyageurs LGB peuvent être confrontés à des défis particuliers à l'étranger », peut-on lire dans cette section. « Les lois et les attitudes de certains pays peuvent avoir une incidence sur la sécurité et la facilité de voyage. De nombreux pays ne reconnaissent pas le mariage homosexuel.

Le département d'État a ensuite ajouté une section qui dit : « De nombreux pays ne reconnaissent également que les marqueurs de sexe masculin et féminin dans les passeports et n'ont pas de systèmes informatiques aux points d'entrée qui peuvent accepter d'autres marqueurs de sexe ».

Depuis que le président Donald Trump a pris ses fonctions la semaine dernière, il a publié de nombreux décrets qui annulent les lois relatives aux personnes transgenres qui ont été promulguées sous l'ancien président Joe Biden. Une directive connexe interdit au département d'État de délivrer des passeports avec des marqueurs de genre « X », annulant une politique qui est entrée en vigueur en 2022.

En outre, certaines agences ont supprimé des pages entières d'informations concernant les personnes transgenres.

Selon le Washington Post, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont supprimé ou modifié les références aux personnes transgenres et à l'identité de genre sur leur site web, afin de respecter le délai de vendredi imposé par l'Office fédéral de gestion du personnel. Des pages entières du site web fournissant des informations sur le dépistage du VIH pour les personnes transgenres et des lignes directrices sur l'utilisation des médicaments contre le VIH n'étaient plus disponibles vendredi en fin de journée.

La page « Let's Stop HIV Together » a disparu, ainsi que d'autres pages relatives au sida, mais d'autres pages et ensembles de données du CDC sur des sujets tels que le COVID-19 et le sida étaient encore fonctionnels.

Selon le rapport, le personnel du CDC a reçu une liste d'une vingtaine de mots et d'expressions à utiliser comme « guide » des mots à supprimer, notamment : genre, transgenre, personne enceinte, personnes enceintes, LGBT, transsexuel, non binaire, assigné à un homme à la naissance, biologiquement masculin, biologiquement féminin, il/elle/eux/elles. Les références à la diversité, à l'équité et à l'inclusion devaient également être supprimées.

« L'OPM (Office of Personnel Management) a envoyé des instructions aux agences pour qu'elles suppriment de leurs sites web tout contenu lié à l'idéologie du genre avant 17 heures aujourd'hui, dans le cadre des efforts déployés pour défendre les femmes et soutenir la vérité du sexe biologique face aux revendications radicales des activistes du genre », a déclaré vendredi la directrice de la communication de l'OPM, McLaurine Pinver, dans un communiqué de presse. « Cela a pu être interprété à tort comme signifiant que nous fermerions les sites web du gouvernement qui n'étaient pas en mesure de se conformer, mais ce n'est pas le plan pour continuer à mettre en œuvre cet effort important ».

Réactions des universités américaines à la promesse de Donald Trump de mettre fin aux programmes de DEI

Arrachage de messages pro-DEI
à l'Académie du FBI à Quantico

Depuis sa récente investiture, le président des États-Unis, Donald Trump a promis de faire la guerre à la DEI (Diversité, équité et inclusion) dans les établissements d'enseignement supérieur « wokes ». Il a également donné l'ordre de mettre fin aux programmes fédéraux de DEI. Enfin il a décrété la mise en congé et le licenciement potentiel de tout le personnel fédéral en DEI.
 
Impacts et réactions des universités

Les nouveaux décrets de la Maison Blanche interdisent les politiques de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI) dans les programmes qui reçoivent des fonds fédéraux. Dans l'ensemble de l'enseignement supérieur, les établissements dépendent du financement fédéral pour les subventions de recherche, les projets et les contrats.

Alors qu'elles cherchent à s'adapter, certains établissements restent discrets. Le président Donald Trump a demandé que des enquêtes de conformité soient menées dans certaines universités dont les dotations dépassent le milliard de dollars.

D'autres ont promis de résister.

La présidente du Mount Holyoke College, un établissement d'enseignement des arts libéraux situé dans le Massachusetts, a déclaré qu'elle espérait que ses collègues de l'enseignement supérieur ne capituleraient pas face à la vision de M. Trump pour le pays. Danielle Holley a déclaré qu'elle pensait que les décrets de M. Trump étaient susceptibles de faire l'objet de contestations judiciaires.

« Tout ce qui est fait pour simplement déguiser ce que nous faisons n'est pas utile », a déclaré Danielle Holley, qui est noire. « Cela valide l'idée que nos valeurs sont erronées. Et je ne crois pas que la valeur qui consiste à dire que nous vivons dans une démocratie multiraciale soit erronée ».

M. Trump a déclaré que les programmes de DEI équivalait à de la discrimination. Pour inciter les universités à mettre fin aux programmes de diversité, il a déclaré pendant la campagne qu'il « proposerait une mesure visant à leur imposer une amende pouvant aller jusqu'à la totalité de leur dotation ».

Changement de nom des programmes de DEI

L'université de Northeastern a changé le nom de ce qui s'appelait le « Bureau de la diversité, de l'équité et de l'inclusion » en « Appartenir à Northeastern », qu'elle décrit comme une « approche réimaginée » qui englobe tous les membres de l'école.

« Si les structures et les approches internes doivent être ajustées, les valeurs fondamentales de l'université, elles, ne changent pas. Nous pensons que l'acceptation de nos différences et la création d'une communauté d'appartenance rendent l'université Northeastern plus forte », a déclaré Renata Nyul, porte-parole de l'université.

Selon Paulette Granberry Russell, présidente de l'Association nationale des responsables de la diversité dans l'enseignement supérieur, les ordonnances ont un effet dissuasif dans de nombreux établissements.

« Nous voyons également des établissements réévaluer préventivement des cours, des programmes et même des postes administratifs », a-t-elle déclaré. « Les conséquences à long terme de ces changements pourraient être profondes, tant pour l'enseignement supérieur que pour l'ensemble de la population active et de la société.

Certains changements échappent au contrôle des établissements d'enseignement supérieur.

À l'université Rutgers, Marybeth Gasman, professeur, s'est réveillée le 23 janvier avec un courriel d'un entrepreneur lui demandant d'annuler une conférence sur les stages d'étudiants. Le financement, provenant du ministère du travail, passait par le contractant et était destiné aux programmes DEI qui ont été suspendus. Une centaine d'étudiants et de membres du personnel de collèges et d'universités historiquement noirs avaient prévu d'assister à la session en ligne.

Cameron Jones, professeur à l'école polytechnique de Californie, a déclaré qu'il s'inquiétait de savoir s'il obtiendrait encore une bourse de 150 000 dollars du National Endowment for the Humanities pour étudier l'histoire des descendants africains dans les débuts de la Californie, même s'il ne s'agit pas d'une bourse de l'IED. Il s'inquiète également de l'effet de l'interdiction sur ses étudiants, en particulier sur les étudiants de couleur.

« Nous craignons qu'une pression, même indirecte, n'incite les administrateurs à renoncer à des programmes qui profitent aux étudiants de couleur (et) aux étudiants de première génération », a déclaré M. Jones, “alors que je suis un homme blanc, cisgenre et pratiquant”. M. Jones a internalisé la terminologie woke quand il utilise le terme "cisgenre".

Des universités ont déjà été confrontées à des restrictions en matière de DEI dans plusieurs États dirigés par des républicains, dont l'Oklahoma.

Source : dépêches de l'AP

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dimanche 2 février 2025

Le 2 février : la Chandeleur

(D’après « La Tradition », paru en 1904)

La fête de la Chandeleur, qui aujourd’hui n’est plus chômée en France, a pour objet de rappeler la présentation, au Temple, de l’enfant Jésus né quarante jours plus tôt la nuit de Noël, et la purification de la Sainte-Vierge. Son nom lui vient des cierges bénits qu’on y portait en procession à l’église.

Le pape Gélase (472) jugeant plus sage de christianiser un usage païen que d’essayer de le détruire, l’aurait substitué, d’après Bède le vénérable, moine et historien anglais du VIIe siècle, aux antiques Lupercales romaines, ou, d’après d’autres auteurs, aux fêtes de Proserpine et de Cérès, qui se célébraient à la même époque et où l’on portait aussi des torches allumées.

Aujourd’hui, la Chandeleur n’est plus fêtée que par l’Église catholique, le 2 février, et les paysans chez qui se sont encore conservées les traditions ancestrales. Et ces traditions ont quelque chose de curieux que nous voulons raconter.

C’est une des superstitions et des coutumes de la vieille France qu’à la Chandeleur on fait des crêpes dans l’âtre du laboureur et que chacun doit retourner la sienne. « À la Chandeleur, dit Abel Hugo, si les paysans ne faisaient point de crêpes, leur blé de l’année serait carié. Et celui qui retourne sa crêpe avec adresse, qui ne la laisse pas tomber dans les cendres, ou qui ne la rattrape point dans la poêle, sous la forme navrante de quelque linge fripé, celui-là aura du bonheur — de l’argent, cette forme tangible du bonheur — jusqu’à la Chandeleur de l’année suivante. »

Qu’elle est jolie, cette coutume des crêpes. Le laboureur de France, qui bat sa farine pour en faire de légères pâtes dorées qu’il retourne avec soin afin que son blé de la moisson prochaine soit bon et dense, se doute-t-il qu’il rend, comme le firent ses ancêtres perdus dans la nuit des siècles, un hommage à la blonde Cérès ? Que de traditions de ce genre dans nos mœurs et qui — devenues inexplicables aujourd’hui — subsistent encore, en dépit des années et des révolutions ! Il y a l’atavisme des coutumes comme il y a l’atavisme des tempéraments, des caractères et de la chair.

Depuis que la Chandeleur existe, il y a eu des parties de crêpes homériques. Nous en connaissons du temps de Henri II et aussi du XVIIIe siècle qui seraient toutes intéressantes à raconter. Citons seulement cet exemple qui doit, il le faut, passer à la postérité :

Avant de partir pour la campagne de Russie, Napoléon, fêtant la Chandeleur, faisait une partie de crêpes. Arriva son tour de « tenir la queue de la poêle ».

— Si je retourne celle-ci, dit-il, je gagnerai la première bataille !

Et la crêpe se retourna ronde comme une lune.

— Si je retourne cette autre, je gagnerai la deuxième !

Et encore la crêpe tournoya comme un louis d’or. La troisième fit de même ; quant à la quatrième, comme un torchon boueux, elle roula dans la cendre. Celle-là, c’était la Bérézina ! Peut-être, durant l’incendie de Moscou, qui éclairait ses premiers revers, l’empereur se rappela-t-il la quatrième crêpe du palais des Tuileries.

Dans nos campagnes, on fait encore bénir le jour de la Purification un cierge neuf. On l’allume et on essaie de le rapporter « tout clairant » à la maison : s’il ne s’éteint pas, c’est un heureux présage, et celui qui le tient est sûr de ne pas mourir dans l’année.

Le cierge de la Chandeleur passe pour le plus précieux des talismans contre les sortilèges et les maléfices. Quand un animal domestique est malade, on fait couler trois ou quatre gouttes du cierge dans son breuvage. On l’allume pour conjurer la foudre lorsque l’orage gronde On l’allume aussi pour bénir les premiers communiants et les fiancés avant leur départ pour l’église : de même lorsque le prêtre vient administrer les derniers sacrements à un mourant.

La fête de la Chandeleur est aussi consacrée aux amoureux. Les jeunes filles et jeunes garçons qui veulent savoir ce que l’avenir leur réserve, font une neuvaine à la chapelle de la Vierge. Le dernier jour écoulé, le jeune homme, une fois endormi, verra en rêve celle qui sera son épouse, et inversement. Dans la Haute-Saône, les fiancés devaient se rendre, le 2 février, à la source la plus voisine pour y échanger des gâteaux. Toutes ces coutumes, dont le sens symbolique échappe souvent, remontent à la plus haute antiquité. Enfin, les proverbes nous affirment que, s’il fait beau le jour de la Chandeleur, l’hiver reprendra pendant quarante jours.