vendredi 28 avril 2023

Grand remplacement — « Les Comores sont en train de l'emporter» grâce à la démographie »

L’archipel de l’océan Indien n’a jamais accepté que l’une de ses îles choisisse de rester dans le giron français, rappelle le géographe Gérard-François Dumont. Professeur à Sorbonne Université, le géographe et démographe Gérard-François Dumont enseigne à l’Institut de géographie et d’aménagement. Il préside la revue Population & Avenir. Entretien paru dans le Figaro cette semaine.
 
— Pourquoi les Comores ont-elles refusé d’accueillir les embarcations de migrants ?

— C’était totalement prévisible. Pour comprendre cette attitude, qui n’est pas nouvelle, il faut rappeler que l’État des Comores n’a jamais accepté que Mayotte reste sous souveraineté française. C’est une très vieille histoire. En 1841, le sultan local, préférant être sous protection française plutôt que de subir la pression des autres îles, vendit Mayotte à un capitaine de vaisseau français qui passait par là. Depuis, les Mahorais sont toujours restés jaloux de leur indépendance. Ils n’ont jamais supporté l’idée d’être assimilés au reste de l’archipel. Ainsi lorsqu’en 1974, les Comoriens sont appelés aux urnes pour statuer sur leur indépendance, le « oui » est largement obtenu sur la moyenne de l’ensemble de l’archipel… sauf à Mayotte, où 63,8 % se prononcent pour rester au sein de la République française. La logique de la décolonisation aurait voulu que l’archipel devienne indépendant dans son intégralité, selon le processus entamé par la loi Deferre de 1956, mais la France a considéré le résultat de Mayotte à part.

Les Nations unies ont condamné la France pour non-respect du résultat. Le 21 octobre 1976, l’Assemblée générale adopte une résolution dénonçant deux référendums organisés la même année par la France pour confirmer le maintien de Mayotte dans la République française. Le texte « condamne énergiquement la présence de la France à Mayotte », et estime que ces référendums constituent « une violation de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la république indépendante des Comores ». Il est voté par 102 États, 28 abstentions, et une seule voix contre, la France. Depuis lors, la souveraineté française sur Mayotte n’a été reconnue ni par l’Union africaine, ni par l’ONU. L’État des Comores (qui se dénomme depuis 2002 Union des Comores) n’a jamais accepté cette souveraineté maintenue. Pour lui, Mayotte doit faire partie de leur État.

— Les Comores procèdent donc à un chantage aux migrants ?

— D’un point de vue de souveraineté stricte, l’Union des Comores n’a pas réussi à obtenir gain de cause et conquérir politiquement Mayotte. Mais elle est en train de l’emporter d’un point de vue démographique pour deux raisons : la moitié de la population de Mayotte est de nationalité étrangère, essentiellement comorienne, et la majorité des naissances sur le département français sont de mère comorienne. La plus grande maternité d’Europe se trouve à Mamoudzou. Elle comptait 10 295 naissances en 2022, dont 7410 (70 %) de mère comorienne, 2580 de mère française, et le reste Malgaches ou d’autres nationalités africaines. L’Union des Comores joue également avec la loi française selon laquelle tout ressortissant mineur est non expulsable. Aujourd’hui, les Mahorais de nationalité française sont minoritaires et risquent de le devenir de plus en plus. On peut parler de conquête démographique !

— Ils accusent la France d’agir de manière « unilatérale », est-ce le cas ?

— C’est totalement faux. Depuis 1976, la France ne cesse de dialoguer avec les Comores pour essayer de trouver une solution. La meilleure preuve est l’aide financière très importante donnée chaque année à leur gouvernement pour développer les Comores en termes de santé ou d’éducation, ou les moyens donnés pour les aider à arrêter le flux de migrants.


La magistrate, Catherine Vannier, qui a suspendu l’opération de destruction du bidonville est une métropolitaine d’extrême gauche

— Ils disent que l’île voisine d’Anjouan n’est pas en mesure d’opérer le débarquement de passagers…

— Nous sommes dans un rapport de force géopolitique. Les Comoriens arrivent bien à laisser partir de nombreux bateaux. S’il y a possibilité d’embarquer, il y a celle de débarquer ! Du point de vue des infrastructures, il est néanmoins évident que les Comores sont restées un pays sous-développé. Depuis l’indépendance, la qualité de la gouvernance est insatisfaisante et l’instabilité politique a été extrêmement forte, avec de nombreux coups d’État, et un niveau de corruption élevé.

— Les Comores ont-elles des alliés dans ce bras de fer ?


— L’Union des Comores fait partie de la Ligue arabe et, à ce titre, elle est soutenue par de grandes puissances telles que l’Arabie séoudite. Le soutien de Riyad est à la fois politique, mais aussi parfois religieux et financier. Comme dans d’autres pays dans le monde, l’Arabie saoudite cherche à diffuser le wahhabisme dans l’archipel, certes très majoritairement musulman, mais avec un islam imprégné de l’héritage culturel local. Concrètement, Riyad invite de jeunes Comoriens, finance leur formation d’imams dans ses propres écoles, puis les renvoie dans leur pays, le plus souvent avec un salaire et des financements pour construire de nouvelles mosquées. Avec le risque de radicalisation que l’on connaît — car le wahhabisme est une lecture littérale du Coran qui se traduit par des positions religieuses assez intégristes.

Un autre soutien de taille est la Russie, qui a toujours pris position pour l’État des Comores face à la France. Évidemment, dans le conflit actuel en Ukraine, Moscou fait en sorte de soutenir tout ce qui peut déstabiliser ses adversaires. Ce soutien a été mis en évidence ces dernières semaines avec l’élection du Président de l’Union des Comores à la présidence de l’Union africaine. Cela signifie évidemment que suffisamment de pays africains ont voté pour elles. Or rappelons qu’en 1976, celle qui s’appelait alors l’Organisation de l’Unité africaine avait condamné la souveraineté française sur Mayotte.

— La violence est-elle réellement « fabriquée » par la France à Mayotte, comme le prétendent les Comores ?

— La violence dans l’île est totalement endémique. Les kwassa kwassa (embarcations qui transportent les migrants des Comores à Mayotte, NDLR) ne repartent pas vides d’où ils sont partis, mais remplis de marchandises souvent volées à Mayotte, par des méthodes violentes.

Si la France a des responsabilités, j’en vois trois. La première, avoir accepté le vœu des Mahorais de rester français sans clarifier d’objectifs. La deuxième, de ne pas avoir agi beaucoup plus tôt pour que les frontières soient respectées. La dernière, d’avoir considéré de façon jacobine le 101e département français comme si c’était la Lozère ou tout autre département de métropole.

Il aurait fallu faire de Mayotte une zone franche, avec une législation propre permettant un réel développement. Par ailleurs, le Code civil de métropole ne correspond pas aux traditions et à la sociologie de Mayotte, fondée sur la solidarité familiale entre générations. Un exemple : la polygamie a toujours existé à Mayotte, et la tradition voulait que l’homme puisse répudier sa femme, mais c’est celle-ci qui conservait le logement. C’était d’une importance capitale : le mari était obligé de partir. Les lois françaises ont bouleversé ces coutumes. On a aussi créé des communes bien trop grandes, sans tenir compte de la réalité des Mahorais.

Hydro-Québec au pied du mur: l’exportation d’électricité en porte-à-faux avec le développement économique et l'immigration de masse

L’électricité propre à faible coût fut l’appât utilisé pour attirer des investisseurs durant le dernier demi-siècle.

Plus de 50 % de l’électricité produite est consommée par les industries auxquelles Hydro vend son énergie au rabais, comme Rio Tinto et Glencore.

 
Aujourd’hui à la veille de manquer d’électricité, devant honorer un contrat d’exportation majeur qui vient tout juste de débloquer avec l’État de New York, Hydro-Québec tente de mettre à nouveau de la pression sur les citoyens pour les inciter à économiser. Pour le site financier Bloomberg, il s’agit d’une « erreur stratégique ».

Il est estimé qu’il faudra 100 TW supplémentaires d’ici 2050, ce qui équivaut à plus de la moitié de la capacité annuelle de génération d’électricité actuelle. Un térawattheure peut alimenter environ 60 000 foyers par an.

La demande d’électricité croissante pour les véhicules électriques, soutenus par le gouvernement et de généreuses subventions, augmentera encore avec l’interdiction de vente de véhicules à essence prévue pour 2030. Le tout exacerbera le problème. En 2024, Énergir refusera les nouvelles demandes de branchement au gaz naturel traditionnel. Beaucoup d’utilisateurs préfèreront se tourner vers le 100 % électrique plutôt que de payer le prix fort pour du biogaz ou de la biénergie. 

L'augmentation débridée de la population (150.000 habitants de plus en an, du jamais vu!) ne pourra qu'exacerber cette pénurie prévue d'énergie. (Voir Coïncidence — Immigration : Le Québec fracasse un record, loyers records à Montréal, pénurie et surcharge de travail à l'école)

Le Québec — qui l’eut cru ? — sera confronté d’ici peu à une pénurie d’énergie. Attendez-vous à des factures salées pour « encourager » une nouvelle fois à économiser.

L’économie du Québec repose en grande partie sur l’hydroélectricité à bon marché. Les grands potentiels hydroélectriques presque tous épuisés, de plus modestes projets sont toujours possibles, mais l’on doit s’attendre à de la résistance de la part des écologistes et des autochtones relayée par les grands médias. 

Ce mois-ci, la compagnie d’électricité a identifié son premier site de barrage potentiel pour la rivière Petit Mecatina, dans une région isolée de l’est du Québec. En 2009, le potentiel hydroélectrique de la rivière avait été évalué à 1200 mégawatts, avec la construction de deux centrales de moyenne taille. « Le projet qui a été présenté dans les années 2000, ça ne veut pas dire que ça serait le même aujourd’hui », précise le porte-parole d’Hydro-Québec, Maxence Huard-Lefebvre.

L’éolien demeure une énergie d’appoint qu’il faut complémenter avec des centrales pilotables à la demande (thermique, hydraulique ou nucléaire) quand il ne vente pas assez ou trop. Le coût du kilowattheure serait, selon Radio-Canada, moins élevé pour l’éolien que pour de nouvelles centrales hydroélectriques, mais il faut prendre en compte d’éléments, notamment le potentiel de stockage d’énergie sur la rivière du Petit Mécatina.

Un réservoir permet un ajustement à la demande, ce que ne permet pas l’éolien. Comme le rappelle le directeur scientifique de l’Institut de l’énergie Trottier, Normand Mousseau, « La valeur est plus complexe à évaluer, ce n’est pas juste le coût du kilowattheure. C’est aussi de savoir s’il livre au moment où on en a besoin. ». Il faut aussi ajouter les frais d’intégration des projets éoliens au réseau d’Hydro-Québec. Ces frais sont quasi nuls pour les autres filières. L’éolien étant de nature irrégulière, il faut équilibrer le réseau
en conséquence et garantir un complément d’énergie d’une autre source si l’électricité produite est moindre que prévu. Selon une note économique de l’Institut économique de Montréal de 2013 (aucune plus récente ne semble avoir été publiée), Hydro-Québec subventionnait indirectement la filière éolienne à hauteur de 695 millions de dollars annuellement.


Sources : Financial Post, Radio-Canada


Québec — Résister au corporatisme des facultés en éducation

Un texte d’Antoine Robitaille paru dans le Journal de Québec.

À quelque chose, malheur est bon.

Puisqu’il manque quelque 1000 enseignants dans nos écoles, on va valoriser le savoir et les connaissances.

Je m’explique : nos écoles sont pleines de « NLQ », dont je vous ai déjà parlé. Ces profs étiquetés « non légalement qualifiés » (NLQ), puisqu’ils n’ont pas complété la voie royale vers le métier : quatre ans dans une faculté des sciences de l’éducation.

L’ennui : une bonne partie des NLQ ont déjà (au moins) un baccalauréat [licence en Europe] dans une discipline donnée. S’ils peuvent exercer le métier, c’est qu’ils se trouvent sous le coup d’une « tolérance d’enseignement » renouvelable une fois par décennie.

Mais ils ne seront jamais admissibles au fameux brevet d’enseignement, à moins qu’ils fassent une « maîtrise qualifiante » de 60 crédits, qui peut prendre deux ans à temps plein et plus longtemps à temps partiel.

Après avoir enseigné plus de 15 ans avec une « tolérance », un lecteur enseignant m’a écrit il y a quelques mois qu’il était enfin devenu « légal » il y a 4 ans, grâce à une telle maîtrise.

Il se disait « particulièrement amer » d’avoir été contraint de débourser « près de 10 k » afin de se former à un métier qu’il exerçait depuis 15 ans… « sans sécurité d’emploi ».


Voie rapide

La pénurie devenant plus aiguë, le ministre Drainville a demandé, en janvier, aux universités de développer des passerelles en pédagogie de 30 crédits. Tous ses prédécesseurs avaient malheureusement refusé cette solution qui tombe sous le sens.

Vous avez un bac en français, mathématiques, anglais, histoire, géographie, etc., etc. ? Vous complétez ce parcours court (les 30 crédits) et vous voilà admissible au brevet.

La Téluq, dont tous les cours sont à distance, est toutefois la seule université (sur 13 candidates potentielles) qui a jusqu’à maintenant proposé un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) pour les niveaux préscolaire et primaire. Il sera disponible dès l’automne 2023. Le ministre Drainville souhaite étendre ce type de solution au niveau secondaire.

Résistance

Mais la résistance est forte. Fin mars, Jean Bélanger, le président de l’ADEREQ (Association des doyens, doyennes et directeurs, directrices pour l’étude et la recherche en éducation au Québec) déclarait : « On pense que le programme n’est pas suffisant pour obtenir le brevet d’enseignement. »

Dans Le Devoir hier, des professeurs de l’UQAM aussi s’élevaient contre les passerelles « Drainville » : « Diminuer les attentes de formation pour répondre à une crise à court terme […] ne constitue certainement pas une solution durable au double problème de la qualité de l’enseignement et de la constitution d’une solide relève enseignante. »

Les mots peuvent être trompeurs.

Permettre aux personnes diplômées dans une discipline d’accéder plus facilement au métier d’enseignant, est-ce vraiment diminuer « les attentes » ?

Au contraire, n’est-ce pas rendre le métier plus attrayant à des personnes possédant de solides formations disciplinaires ? Ça me semble être une manière de valoriser le savoir, les connaissances. Ceux qui appuient la solution des 30 crédits le soulignent. Souvent, ce sont des voix émanant du « terrain ».

Les universités, qui décernent des diplômes dans tous les domaines, devraient résister à la résistance émanant des départements de sciences de l’éducation. Et le ministre Drainville devrait insister pour persister dans cette voie.


Voir aussi

Des professeurs autrement qualifiés

Québec — Les intérêts du ministère et des syndicats au centre du système scolaire ?

On se rappellera cette histoire rapportée dans Le Devoir d’un excellent prof de latin qui, lui aussi, n’était pas qualifié au sens de la Loi. Il avait dû renoncer à son poste et enseigner le latin à son successeur qui ne le connaissait pas ou peu, mais qui détenait le diplôme nécessaire en pédagogisme. La chose avait même ému Josée Boileau dans le Devoir qui dénonçait « un incroyable salmigondis administratif, goutte d’eau qui s’ajoute à un parcours fait d’obstacles syndicaux et bureaucratiques qui ne peuvent faire rire que dans les films de Denys Arcand ou un épisode des Bougon. » 
 
 
 
 
Le vague à l’âme des pédagogos (bouh, on conteste partout leur réforme, pourtant ils sont des experts)
 
Suède — La baisse du niveau scolaire en partie imputable à l’immigration ? (pénurie d’enseignants à cause de l’afflux d’immigrés qui nécessitent plus de ressources que les Suédois de naissance)
 
 

mercredi 26 avril 2023

État adopte loi permettant de soustraire des enfants à l'autorité parentale si les parents ne consentent pas à une transition de genre

Un nouveau projet de loi adopté dans l'État de Washington vise à saper les droits parentaux en autorisant les "refuges" à fournir des services médicaux de transition de genre aux mineurs sans le consentement de leurs parents.

Le projet de loi sénatoriale 5599, parrainée par le sénateur Marko Liias, permettra aux refuges agréés de contacter le ministère de l'enfance, de la jeunesse et de la famille, plutôt que les parents, pour les enfants souhaitant bénéficier de services de santé génésique ou de soins d'affirmation du genre.

Nombreux sont ceux qui estiment que ce projet de loi pourrait conduire à des abus et à l'exploitation des mineurs, car il crée une voie potentielle pour que les prédateurs profitent des enfants vulnérables qui peuvent être à la recherche d'un abri ou de services médicaux. Cela pourrait également avoir des conséquences à long terme sur la santé mentale et physique des enfants qui n'ont peut-être pas la maturité ou la capacité de prendre des décisions éclairées concernant leurs soins de santé.

D'autres ont également souligné que le gouvernement ne devrait pas être impliqué dans la fourniture de soins d'affirmation du genre aux mineurs, et que de telles décisions devraient être laissées aux parents et aux professionnels de la santé.


La « personne » enceinte — Loi sur les normes du travail du Québec, article 81.4

La Loi sur les normes du travail est amendée par le projet de loi Projet de loi n° 2 (2022, chapitre 22), sanctionné le 8 juin 2022.


 
On ne parle plus de « salariée », mais de « personne salariée ».  Voici ce que cela donne, notamment, à l’article 81.4 :

 

C’est bien sûr beaucoup mieux que l’ancienne version « La salariée enceinte »…

Ces changements doivent rentrer en vigueur le 8 juin 2023. La sortie récente de M. Simon Jolin-Barrette n'y change rien, car cette motion n'a pas valeur de loi. Le 20 avril, M. Jolin-Barrette demanda à l'Assemblée de rejeter toute tentative d'invisibiliser les femmes du corpus législatif

M. Jolin-Barrette : Oui, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de l'Acadie, le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, le chef du troisième groupe d'opposition et la députée de Vaudreuil :

«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que la <population québécoise...

M. Jolin-Barrette : ...national reconnaisse que la >population québécoise est composée de plus de 50 % de femmes;

«Qu'elle reconnaisse que les femmes donnent naissance par le biais d'un accouchement;

«Qu'elle réitère l'importance de conserver le mot "femme" dans les lois québécoises;

«Qu'enfin, l'Assemblée nationale rejette toute tentative d'invisibiliser les femmes du corpus législatif québécois.» Merci.

La motion fut approuvée à l’unanimité.

Monsieur Jolin-Barrette ignore-t-il les changements déjà effectués dans la loi qui invisibilisent les femmes ?

Voir aussi

Unanimisme — L’Assemblée nationale se porte à la défense des travelos lecteurs de contes pour enfants

Ministre de la condition féminine défend hommes trans et annonce dépenses de 0,8 million $. Et « vos yeules ! »

Projet de loi 15 du Québec — les parents de plus en plus évincés par l’État comme protecteur de l’intérêt de l’enfant

Loretta et le droit en tant qu’homme d’avoir des bébés

mardi 25 avril 2023

Immigration — « Même les électeurs de gauche considèrent qu'il y en a trop »

Sondage fait par BVA sur le sujet de l'immigration: les sympathisants de gauche affirment de plus en plus qu'il y a trop d'immigrés en France. 
 

lundi 24 avril 2023

Les sociétés multireligieuses ethniques et culturelles sont toutes vouées à se déchirer

Extraits d’un entretien de Pierre Brochand, ex-patron du renseignement français, paru dans le Journal du dimanche de Paris.

La nation est un cercle de confiance que l’immigration sape…

Cet ex-ambassadeur de France, ex-patron de la DGSE (nommé par Jacques Chirac en 2002), explique : « En raison de mon expérience acquise à l’étranger. » La connaissance de l’autre l’a passionné.

« J’ai fait mon service militaire au Cameroun. À la sortie de l’ENA [il est également diplômé de HEC], je suis parti au Sud-Vietnam pour l’application des accords de Paris. J’étais conseiller d’ambassade à Saïgon au moment de la chute de la ville et témoin des conséquences terribles du retrait américain. Ensuite, je suis allé à Bangkok alors que le Cambodge tombait aux mains des Khmers rouges. J’y ai mesuré le degré de violence totalitaire, la plus grande horreur depuis la Seconde Guerre mondiale. Ils copiaient la Révolution culturelle chinoise en pire. J’ai été consul général à San Francisco, où j’ai vu naître la Silicon Valley. Je suis revenu au Quai d’Orsay, à Paris, au moment où les Soviétiques occupaient l’Afghanistan. Puis j’ai été pendant quatre ans le représentant permanent adjoint de la France à l’ONU. Le meilleur endroit pour se rendre compte combien l’Occident est minoritaire et combien les autres nous regardent avec autant d’envie que de ressentiment. »

Il poursuit…

Tout juste après la chute du Mur, il est nommé ambassadeur en Hongrie. Il a connu Viktor Orbán jeune. « Il était le grand libéral, il a beaucoup évolué depuis. »

Toujours au cœur des remous de la vie internationale, il devient ambassadeur en Israël entre 1991 et 1993. « Un poste assez peu recherché au Quai d’Orsay, c’était au moment des accords d’Oslo. Je rencontrais souvent Yitzhak Rabin. » Il a été assassiné par un Juif extrémiste religieux opposé aux accords.

Catherine Nay l’interroge :

— Quelles leçons tirez-vous de ce parcours si varié ?

« Que la xénophobie est le sentiment le plus répandu au monde. Que le premier réflexe c’est d’être méfiant, voire hostile, à l’égard de l’étranger, que les sociétés multireligieuses ethniques et culturelles sont toutes vouées à se déchirer. C’est un monde dur, où personne ne fait de cadeau à personne. J’ai pensé que ces leçons de l’extérieur seraient pertinentes pour nous. Avec l’immigration, le dehors est devenu notre dedans. »

— Qu’entendez-vous par là ?

« La nation est un cercle de confiance que l’immigration sape. La clé de voûte de la confiance sociale est l’État providence, lequel est incompatible avec une libre circulation des personnes. »

Ce qu’ont réalisé les sociaux-démocrates danois avec l’assentiment de leur population. Une expérience qu’une grande partie de l’Europe observe aujourd’hui avec curiosité et intérêt.

« Cela m’a convaincu que si nous ne prenons pas en main nos intérêts vitaux, personne ne le fera à notre place. C’est pour cette raison que j’ai accepté de parler devant les sénateurs. »

— Vos propos bruts de décoffrage ont troublé et même secoué les sénateurs. Que leur avez-vous dit ?

« Je leur ai bien précisé que mon sujet n’était pas l’immigration en général et surtout qu’il fallait arrêter de dire que la France est depuis toujours un pays d’immigration. C’est faux. Cela a commencé en 1850. Il y a eu trois vagues. La première a duré un siècle avec la venue de migrants d’origine euro-chrétienne, discrète, laborieuse, reconnaissante, régulée par l’économie et qui cherchaient à s’assimiler. Le modèle indépassable de fusion réussie.

La deuxième a commencé dans les années 1970 et n’a fait que s’amplifier. C’est un peuplement qui n’est calibré ni par l’emploi ni par le politique. Juste par des droits individuels soumis au seul juge national ou supranational. Un flux en roue libre qui nous submerge. L’écart culturel qui nous sépare des arrivants n’a aucun équivalent dans notre histoire. Tous viennent du tiers-monde, de sociétés défaillantes où règnent l’incivisme, la violence et la corruption. La majorité est de religion musulmane. Cela ressuscite une discorde religieuse dont on pensait être débarrassés depuis 1905.

La troisième vague a été déclenchée par les “printemps arabes”. Il y a aujourd’hui en France 25 fois plus de musulmans que dans les années 1960. L’islam est une civilisation totale, fière, guerrière, offensive, militante qui a très mal vécu d’être humiliée par l’Occident depuis deux siècles. La globalisation lui a offert une chance, le volcan s’est réveillé. »

— À quel signe voyez-vous son éruption ?

« Cela s’appelle le djihadisme, le salafisme, l’islamisme, la réislamisation culturelle. Vous voyez bien que si l’antagonisme colonial ne s’est pas estompé soixante ans après, c’est que nous avons été assez stupides pour imaginer qu’en reconstituant sous le même toit métropolitain le face-à-face de gens qui venaient de divorcer on parviendrait à les rabibocher. Erreur fatale. Certaines mémoires ne sont pas conciliables. D’où ce fait vu nulle part ailleurs : nous avons une immigration à tendance victimaire, revendicative, portée autant au ressentiment qu’à l’ingratitude et qui se présente en créancière d’un passé qui ne passe pas.

Souvenez-vous de ce coup de tonnerre fondateur : le match de foot France-Algérie en 2001, avec l’émergence surréaliste de Français antifrançais qui sifflaient La Marseillaise. Pour moi, un choc. »

— Où allons-nous ? Tout ce que vous dites est assez effrayant. Mais que faire ?

« Mitterrand parlait de “seuil de tolérance” ; Macron, lui, a introduit le mot “diaspora”. Pour moi, le grand préalable est de reprendre le contrôle de nos instruments juridiques. Nous sommes ligotés par ce que l’on appelle à tort l’État de droit et ses principes généraux, qui ne sont au service que des droits individuels mis en œuvre par nos cinq cours suprêmes : la Cour de Luxembourg, la Cour de Strasbourg, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État, et la Cour de cassation, qui condamnent, de fait, la puissance publique à l’impuissance.

Il faut revenir à une législation nationale du droit d’asile. De Gaulle et Pompidou n’avaient pas ratifié la Convention européenne des droits de l’homme, Giscard l’a fait. C’est lui qui a voulu le regroupement familial en 1976. C’est Chirac qui a signé le décret. Apanage du Premier ministre.

Voyant le chômage augmenter, Raymond Barre l’avait suspendu, mais l’association Gisti avait saisi le Conseil d’État, qui a annulé son décret au motif qu’un homme a le droit de mener une vie familiale normale. Ce qui allait ouvrir les vannes d’une immigration de peuplement. L’immigration non pilotée est désormais soumise aux juges.

Pour moi, c’est l’État qui doit fixer les clôtures, dire qui peut entrer. Le juge l’en empêche. Et en conséquence, il est réduit au rôle d’agence de distribution de droits et de prestations. La France est le pays le plus généreux en Europe.

La dette devient la variable d’ajustement. Vous l’avez remarqué : en matière d’immigration, le principe de précaution n’existe pas. »

Il ne nous reste plus qu’à conclure, mais on est un peu assommée et désemparée par son constat.

« Les politiques sont mal vus parce qu’ils ont construit eux-mêmes, faute de courage, leur propre illégitimité. Ils font campagne avec des promesses comme si l’État était toujours puissant. Une fois qu’ils sont élus, les Français s’aperçoivent que les résultats ne sont pas à la hauteur de leurs promesses. C’est ce décalage qui est à la source de leur impopularité et de la colère des Français. »

Évidemment, à l’écouter, on l’imagine proche du Rassemblement national ou de Reconquête.

« Je ne veux pas que l’on me classe politiquement. Je n’ai jamais appartenu à un parti, je n’ai jamais été rattaché à une personne. J’ai toujours refusé de faire partie d’un cabinet. Lorsque j’ai quitté la DGSE, j’ai décliné les propositions du privé. À mon époque, on était formaté pour servir l’État, c’était mon ambition. L’ENA, c’était prestigieux ; j’ai choisi le Quai d’Orsay, qui, hélas, n’est plus ce qu’il fut. »

dimanche 23 avril 2023

Ukraine — le 23 avril 1943, le massacre des civils Polonais de Yanova Dolina par les Ukrainiens nationalistes

Le 23 avril 2023 marque le 80e anniversaire du massacre de Yanova Dolina, organisé par les nationalistes ukrainiens de Bandera pendant les massacres des Polonais de Volhynie. Les historiens estiment qu’à cette occasion jusqu’à 100 000 civils polonais ont été tués.

Yanova Dolina (photo ci-dessous) était une cité ouvrière modèle construite dans les années 1930 par les Polonais près d’une carrière de basalte.

Rue de Yanova Dolina (la vallée de Jean)

Contexte historique, l’entre-deux-guerres

Québec — Amérindiens veulent être éduqués en anglais, refusent plus de français au nom des « droits ancestraux »

Radio-Canada (l’information « impartiale » à les croire) a pondu un long article ampoulé et touffu où l’on apprend que « Les chefs de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) et du Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN) ont déposé, jeudi, une contestation de la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, puisqu’elle porte, selon eux, atteinte aux droits ancestraux dont sont titulaires les peuples autochtones. »

Les chefs de l’APNQL ont annoncé le 20&nbsp;avril le dépôt d’une contestation judiciaire devant la Cour supérieure du Québec. Ils demandent également un contrôle judiciaire visant 14 articles de la Charte de la langue française.

La loi visée impose trois (3) cours de français aux étudiants inscrits dans les cégeps anglophones. C’est apparemment trop. Au nom de leurs droits ancestraux d’assimilés à l’anglais par le fédéral, les autochtones au Québec n’en veulent apparemment pas.

Au Québec, près de la moitié des communautés ont pour deuxième langue l’anglais, après leurs langues autochtones qui sont d’ailleurs toutes elles-mêmes en danger.

On ne voit pas en quoi apprendre plus de français menacerait plus ces langues… Au contraire, une concurrence entre les langues européennes pourrait aider ces langues à mieux s’en tirer.

De manière cryptique et sans plus d’explication, la SRC reproduit ces paroles de John (pas Jean) Martin, le chef de Gesgapegiag [Gaspésie] et membre du Comité des chefs du CEPN : « La loi 14 restreint l’accès aux études supérieures en anglais aux jeunes qui remplissent certains critères précis, qui ne s’appliquent pas à tous les jeunes de nos communautés. Ceux-ci ne devraient jamais avoir à choisir entre apprendre le français pour avoir accès aux études supérieures ou entretenir la connaissance de leur langue autochtone ». 
 
Quels sont ces critères ? En quoi l’accès aux études supérieures en anglais préserve-t-il les langues amérindiennes ? Sous-entend-il qu’il y a des cours en langue autochtone dans ces cégeps anglophones ? Si c’est le cas, Québec pourrait facilement en intégrer dans les cégeps francophones. A-t-il fait une demande dans ce sens ?
 
Soulignons que la loi 96 prévoit que dans le cas où un étudiant dans un cégep anglophone ne serait pas capable de suivre trois cours de son cursus en français, il peut les remplacer par trois cours de français…
 
Comme le rappelle Jean-François Lisée, « En ce moment, les élèves autochtones dont la seconde langue [souvent désormais la première] est l’anglais font leur parcours secondaire en anglais, où l’on trouve des cours de français comme condition d’obtention du diplôme secondaire. Les meilleurs d’entre eux, qui vont au cégep en anglais, doivent aussi pour l’instant réussir deux cours de français pour être diplômés. Cela n’a jamais été vu auparavant comme culturellement génocidaire. Avec le projet de loi 96, ils devront réussir cinq cours de français plutôt que deux. Donc, deux cours, c’est bien, mais cinq cours, cela dissout votre culture et arrache vos racines. »

Maton de Panurge — Quand les médias se font les limiers du pouvoir pour dénicher les « thérapies de conversion »

Billet du carnet d’Augustin Hamilton qui se penche sur le rôle des journalistes comme exécuteur et homme de main du progressisme fait Loi, les matons de Panurge comme les nommait Philippe Murray

Un article du journal Métro nous apprend que des journalistes de cette feuille de chou se sont présentés auprès d’églises protestantes comme des personnes mal à l’aise avec leur « orientation sexuelle » et cherchant une solution à cet égard, afin de découvrir si elles offraient des « thérapies de conversion » — illégales au Canada, et davantage au Québec.

Selon Métro :
Des églises offrent des thérapies de conversion pour les personnes LGBTQ+ à Montréal, un an après l’adoption de la loi canadienne les interdisant. Des journalistes de Métro ont enquêté sur ces églises en prétendant vouloir changer d’orientation sexuelle et ont obtenu l’une de ces thérapies qui s’apparentent à un exorcisme.
Notez que lesdits journalistes n’ont pas hésité à mentir pour débusquer les fournisseurs de « thérapies de conversion », mais que l’article de Métro ne se gêne pas pour mettre en relief que ces églises ont nié avoir fourni des « thérapies », lorsqu'ouvertement interrogés par le journal. Oh ! tant qu’à y être, pouvez-vous me dire quand les journalistes cessent de mentir afin que je sache s’ils disent vrai dans leur article…

Mais qu’est-ce qu’une « thérapie de conversion » ? « Thérapie de conversion » est le terme employé par la Loi C-4 du Canada et la Loi 70 au Québec pour désigner toute tentative de changer ou réprimer l’« orientation sexuelle », l’« identité de genre » ou l’« expression de genre » d’une personne. Cependant, les deux lois s’entendent pour n’interdire que les « thérapies de conversion » visant à « amener une personne à changer son orientation sexuelle, son identité de genre ou son expression de genre ou encore à réprimer les comportements sexuels non hétérosexuels », pour citer la loi québécoise. Pourquoi donc ne pas interdire les « thérapies » ayant pour but de rendre une personne homosexuelle ?

Les « thérapies » par lesquelles les espions de Métro sont passés consistaient en prières prononcées par le pasteur de l’église qu’ils sollicitaient, et en quelques conseils.

Un des journalistes (toujours sous le masque du mensonge…) a contacté un pasteur, prétendant qu’il voulait aider son petit frère à se défaire de son « orientation sexuelle », amenant le pasteur Karl DeSouza à révéler qu’il connaîtrait des groupes de soutien pour une telle personne, selon Métro :
    Le pasteur a proposé de mettre le jeune homme en contact avec des groupes de soutien situés à différents endroits au Canada, dont certains à Montréal. Ces groupes seraient composés de « frères et sœurs chrétiens » qui sont « aux prises avec l’homosexualité » et qui pourraient témoigner de la façon dont ils « surmontent cela ».

    « Vous n’êtes pas seul », lui a-t-il assuré. « Une fois que j’aurai pris contact avec ces gens, ils me mettront dans le réseau où ils me donneront d’autres contacts. »

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