samedi 28 janvier 2023

Prof Michael Barutciski et le chemin Roxham : Trudeau ne comprend pas comment le droit international et national s'applique aux demandeurs d'asile

Extraits d’un article du professeur Michael Barutciski :

Après une période relativement calme, le rang Roxham est de retour dans l’actualité. Les demandeurs d’asile entrent au Canada par ce passage frontalier non officiel entre le Québec rural et le nord de l’État de New York à un rythme record depuis que le gouvernement Trudeau a levé l’interdiction d’entrée liée à la pandémie. D’après ses déclarations publiques, il semble que le Premier ministre Trudeau croit que ces migrants ont des droits au Canada s’ils tentent d’entrer de manière irrégulière par le rang Roxham, mais pas s’ils suivent les règles et se présentent à un point d’entrée officiel. Il a également une compréhension imprécise de la nature exacte des obligations légales du Canada.

Il n’est pas étonnant qu’une partie de la population soit perplexe et perde confiance dans le système. Aucun principe de protection ne saurait justifier un traitement différent des demandeurs d’asile en fonction de la partie de la frontière terrestre qu’ils utilisent pour entrer. S’il est regrettable que des médias non critiques et divers politiciens en quête d’attention ne soient pas en mesure d’expliquer correctement le problème de Roxham, il est beaucoup plus inquiétant que le Premier ministre ne connaisse apparemment pas les lois applicables dans le pays qu’il gouverne.

Immigrants qui rentrent de manière irrégulière au Québec accueillis par la gendarmerie

Les lois s’appliquent immédiatement à la frontière

Compte tenu de la confusion apparente, il convient de souligner qu’une personne qui arrive à un point d’entrée terrestre est déjà considérée comme étant au Canada et que les autorités sont liées par des obligations juridiques internationales et nationales. Le gouvernement canadien n’applique pas un type de fiction juridique qui prétend qu’il y a une « zone internationale » spéciale à la frontière dans laquelle les gens ne sont pas considérés comme étant au Canada jusqu’à ce qu’ils soient officiellement autorisés à entrer.

Dès que les migrants entrent en contact avec les autorités, tant la Convention de Genève sur les réfugiés que la Charte canadienne des droits et libertés peuvent les protéger. Si l’entrée n’est pas autorisée, ils sont renvoyés aux États-Unis. Comme le système canadien est fondé sur la primauté du droit, les demandeurs d’asile peuvent contester la décision de retour. En effet, plusieurs demandeurs se sont associés à des groupes de défense pour faire valoir que les États-Unis ne sont pas sûrs pour eux. Leur cause sera bientôt entendue par la Cour suprême du Canada.

La situation juridique ci-dessus est la même, qu’elle se produise à un point d’entrée officiel ou à un passage non officiel doté de personnel par la GRC, comme celui de Roxham Road. L’Entente Canada–États-Unis sur les tiers pays sûrs (ETPS), qui est entrée en vigueur en 2004, déclare simplement que les deux pays sont sûrs pour les demandeurs d’asile et introduit une coopération formelle sur le partage des responsabilités entre eux. Cela ne change pas l’application de la Convention sur les réfugiés ou de la Charte, bien que les droits fondamentaux soient affectés par la désignation des États-Unis comme « pays tiers sûr ».

[…] 

[Trudeau prétend que les réfugiés entrés illégalement ont droit à une audience]

Les déclarations du Premier ministre suggèrent malheureusement qu’il a une compréhension superficielle de la situation. Parlant de Roxham Road devant un auditoire de l’Université du Manitoba, le Premier ministre Trudeau a déclaré que « le Canada a des obligations en vertu des traités internationaux d’accorder une audience aux demandeurs d’asile ». Pourtant, il croit aussi d’une manière ou d’une autre que ces supposées obligations ne s’appliquent pas au port d’entrée voisin [Saint-Bernard-de-Lacolle].

La seule explication rationnelle de cette position pourrait être qu’il a la fausse impression qu’une personne qui arrive au point d’entrée n’est pas réellement au Canada et n’est donc pas couverte par les obligations juridiques internationales et nationales. D’un point de vue analytique, l’aspect frappant de la controverse Roxham est que le Premier ministre ne semble pas saisir les dimensions juridiques, mais il insiste sur le fait qu’elles guident la politique de son gouvernement, comme il l’a récemment expliqué à la Chambre des communes.

En d’autres termes, le Premier ministre Trudeau ne semble pas comprendre que si la Convention sur les réfugiés et la Charte s’appliquent à toute personne qui arrive à la frontière canadienne, la protection juridique qu’elles offrent dépend de la situation de chacun. Il ne saisit pas les conséquences fondamentales du fait que le Canada a déclaré que les États-Unis étaient sûrs pour les demandeurs d’asile et comment cela crée des circonstances particulières influençant l’étendue de la protection accordée par le droit international et national. Cependant, le Premier ministre a un sens aigu du symbolisme politique et un désir de projeter une image humanitaire.

Y a-t-il un droit à une audience ? [Non]

La Convention sur les réfugiés oblige-t-elle le Canada à offrir une audience de statut de réfugié à toute personne qui arrive par le rang Roxham, comme le prétend le gouvernement Trudeau ? Nulle part dans ce traité de 1951 il n’est fait mention des procédures de statut de réfugié. Le mot « asile » n’est même mentionné dans aucun de ses 46 articles. L’obligation la plus pertinente se trouve à l’article 33, qui stipule que les réfugiés ne peuvent pas être renvoyés dans un pays où « leur vie ou leur liberté seraient menacées ».

Cette garantie fondamentale n’est pas la même chose qu’un droit d’asile en ce sens qu’elle permet une certaine flexibilité tant que la vie des demandeurs d’asile n’est pas en danger. À moins que la Cour suprême du Canada ne décide que les États-Unis ne sont pas sûrs, il n’y a pas de violation si les demandeurs d’asile arrivant à la frontière du Québec sont renvoyés dans le nord de l’État de New York.

La dure réalité est que la protection limitée de la Convention sur les réfugiés n’oblige pas le Canada à accorder une audience à chaque demandeur d’asile qui se présente à la frontière. Il permet également aux demandeurs d’être renvoyés dans des pays sûrs, c’est pourquoi l’adoption de l’ETPS a été possible en premier lieu.

La Charte canadienne des droits et libertés oblige-t-elle le gouvernement à accorder une audience à toute personne qui arrive au chemin Roxham ? L’arrêt historique Singh de 1985 a établi que la Charte s’applique à toute personne en sol canadien, mais cela ne signifie pas que sa protection garantit nécessairement aux demandeurs d’asile un droit automatique à une audience. Nulle part dans l’arrêt il n’est mentionné qu’il existe un droit général à une audience. Les circonstances particulières de l’affaire sont plutôt soulignées afin d’établir une violation potentielle de la Charte parce que les demandeurs sikhs risquaient d’être renvoyés directement en Inde où ils craignaient d’être persécutés. La protection de « la vie, la liberté et la sécurité » de la Charte (article 7) était en jeu, de sorte que l’ancienne procédure de détermination du statut de réfugié a été jugée insuffisante et la Cour suprême a statué qu’ils avaient droit à une audience.

Les demandeurs d’asile au rang Roxham arrivent des États-Unis. Les arrêter et les renvoyer à la frontière n’entraînera pas une violation potentielle de la Charte, car les États-Unis sont réputés sûrs, de sorte que le raisonnement derrière Singh ne s’applique pas. Les journalistes qui acceptent sans réserve la position du Premier ministre comprennent mal pourquoi le tribunal de Singh a accordé une audience. Il ne peut y avoir violation de la Charte si quelqu’un est envoyé en lieu sûr.

La Loi fédérale sur l’immigration et la protection des réfugiés prévoit également que, lorsqu’un demandeur d’asile arrive à la frontière terrestre, une première décision est prise pour déterminer si la personne peut présenter une demande (article 100). Les divers motifs d’inadmissibilité sont décrits à l’article 101 suivant de la Loi. Sans surprise, ceux-ci incluent diverses raisons liées à la sécurité. Ils comprennent également une clause ostensible rendant les demandeurs inadmissibles lorsqu’ils viennent « directement ou indirectement au Canada d’un pays désigné par le règlement, autre qu’un pays dont ils ont la nationalité ou leur ancienne résidence habituelle ». Il s’agit de la disposition législative qui autorise le retour aux États-Unis et permet l’adoption d’un accord de partage des responsabilités avec les États-Unis. Comme indiqué ci-dessus, les lois s’appliquent immédiatement à la frontière étant donné qu’il n’y a pas de « zone internationale » fictive ou de no man’s land où les autorités peuvent agir dans un vide juridique.

Même une lecture rapide de la principale législation du Canada portant spécifiquement sur les demandes d’asile montre clairement qu’un droit automatique à une audience sur le statut de réfugié n’a jamais été voulu ni établi par le Parlement.

[…] 

[L’argument sur la futilité de contrôler les frontières ne tient pas]

Le Premier ministre Trudeau fournit également un argument pratique pour défendre sa politique frontalière incohérente : il affirme qu’il n’est pas réellement possible d’empêcher l’entrée entre les points d’entrée terrestres. Si le chemin Roxham est fermé, le Premier ministre insiste sur le fait que les demandeurs d’asile entreront simplement ailleurs. C’est le même argument fallacieux que le Premier ministre a utilisé au cours des trois premières années de l’administration Trump. Si la fermeture des frontières est inefficace, pourquoi son gouvernement a-t-il adopté en 2020 un décret spécial qui a empêché l’entrée par le rang Roxham pendant la pandémie ? Roxham fait à nouveau la une des journaux parce que les demandes d’asile ont immédiatement explosé dès que l’ordonnance a été levée il y a quelques mois.

Cet argument général basé sur la futilité sur le contrôle des frontières est largement soutenu dans le milieu universitaire, même s’il repose sur une hypothèse non prouvée. Il est actuellement utilisé par des militants pour dénoncer la nouvelle approche controversée du gouvernement britannique visant à dissuader les migrants irréguliers de traverser la Manche, ainsi que pour critiquer l’intention de l’administration Biden de lever sa propre interdiction d’entrée liée à la pandémie à la frontière mexicaine.

Tout comme aucun gouvernement ne prétend que l’évasion fiscale peut être complètement stoppée par une application stricte de la loi, aucun gouvernement ne prétend que la migration irrégulière s’arrêtera avec l’adoption de mesures de contrôle aux frontières renforcées. Il s’agit plutôt d’atténuer les risques et de ne pas rendre l’entrée illégale si facile qu’elle devienne presque une invitation pour les migrants potentiels à se rendre aux frontières du Canada afin d’accéder à la longue et généreuse procédure de détermination du statut de réfugié du pays.

[…]

Michael Barutciski est professeur agrégé au Collège Glendon de l’Université York. Avant de se joindre à Glendon, il a dirigé le programme de diplomatie à l’Université de Canterbury (Nouvelle-Zélande) et a été boursier en droit au Centre d’études sur les réfugiés de l’Université d’Oxford. À son retour au Canada, il a présidé le Département d’études multidisciplinaires de Glendon et contribué à la création de l’École d’affaires publiques et internationales de Glendon, où il a occupé pendant plusieurs années le poste de directeur des études supérieures. Il a mené des recherches dans des zones de conflit et des camps de réfugiés en Europe, en Afrique et en Asie. Il est docteur en droit de l’Université de Paris (Panthéon-Assas).


vendredi 27 janvier 2023

Associated Press : n'écrivez plus « les Français », « les malades mentaux », mais les « personnes atteintes de maladies mentales »... (m à j)

L'AP s'excuse. Oui, mais qui va payer pour les séances de thérapie suite au traumatisme causé par ce tweet ?


Billet originel du 26 janvier

L’agence Associated Press (AP) dans son guide stylistique recommande de ne plus utiliser l’article « les » dans des expressions comme « les pauvres », « les malades mentaux », car ce serait stigmatisant et « déshumanisant ». Il faut plutôt écrire les « personnes atteintes de maladies mentales »… L’AP ne dit pas ce qu’il faut écrire à la place de « les Français »… « Des personnes atteintes de francité » ?

Associated Press est une agence de presse mondiale et généraliste dont le siège est aux États-Unis. Créée en 1846, c’est l’une des plus anciennes coopératives au monde. Elle a 145 bureaux aux États-Unis et 95 dans 72 autres pays. Elle compte plus de 4 000 employés, dont 3 000 journalistes.

Voir aussi 

Musées anglais — ne dites plus momies, mais dépouilles momifiées, momies naturelles ou personnes momifiées 

Novlangue — Chirurgie du torse, Vaginoplastie 

Novlangue — la gauche « s’indigne » ou « s’engage », la droite « récupère » 

Novlangue — « diversité linguistique » 

Orwell dans l’Allemagne de 2022 : L’obligation aboutit au volontariat

« Les blancs se sont suicidés et ils veulent qu’on se suicide avec eux » (m à j)

Houria Bouteldja à la librairie L'Atelier le mardi 24 janvier 2023 vers 20 h (au 2bis de la rue du Jourdain, 75020 Paris) pour la sortie de son livre Beaufs et barbares: Le pari du nous. Houria Bouteldja a écrit Nous sommes les Indigènes de la République (avec Sadri Khiari, Amsterdam, 2012) et Les Blancs, les Juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire (La Fabrique, 2016).

Elle déclare à la fin de l'extrait ci-dessous « On est nous et on ne veut pas être vous. Vous voulez que l'on devienne vides comme vous. Qu'on se vide comme vous, qu'on soit comme vous. Les blancs se sont suicidés et ils veulent qu’on se suicide avec eux ». 


Version Youtube


Version Odysee

Chronique d'Eugénie Bastié sur ce livre.

Dans la tête d’une révolutionnaire racialiste

La militante décoloniale Houria Bouteldja veut allier les « Indigènes » et les « petits Blancs » pour faire la révolution. Alain Soral a malheureusement fait école.

On parle souvent d’américanisation de la vie intellectuelle française pour qualifier la nouvelle obsession de la race dans le débat public. Mais la lecture du dernier livre d’houria Bouteldja nous prouve que la France n’a rien à envier aux États-unis en matière de penseurs racialistes. La militante décoloniale, fondatrice du Parti des Indigènes de la République est connue pour ses prises de position radicales. Pour son précédent livre, Les Blancs, les Juifs et nous (La Fabrique), où elle invitait les Juifs à se délivrer de leur «blanchité» et à renoncer à Israël, elle avait été très critiquée, mais aussi soutenue, notamment par une dizaine d’intellectuels, parmi lesquels Annie Ernaux qualifiant dans Le Monde sa pensée « d’en avance sur son temps ».

Son dernier ouvrage, Beaufs et barbares. Le pari du nous, commence par ces mots de l’apocalypse de saint Jean :

Voici le moment de détruire ceux qui détruisent la terre.

Le ton eschatologique se poursuit à longueur de pages : la fin du monde est proche, et l’oracle Bouteldja, hybridation de Karl Marx et de Mahomet, invite les Blancs à se convertir avant qu’il ne soit trop tard. 

Houria Bouteldja semble avoir, en apparence, progressé dans la tolérance : elle ne déteste plus tous les Blancs, mais seulement « les grands ».

«Les affects des Blancs sont chargés de négativité », écrit-elle, «Ils sont produits par cinq cents ans de domination occidentale, militaire, économique, éthique et philosophique. Aussi, chez les petits Blancs, ce qui reste de positivité, de solidarité et de générosité ce n’est pas tant dans le Blanc qu’il faut les chercher mais dans le petit.» Les «beaufs» et les «barbares» doivent s’allier contre un ennemi commun : le «grand Blanc» capitaliste et «l’état racial». C’est l’alliance du «gilet jaune» et de la djellaba, de la faucille et du Coran, de la lutte des races et de la lutte des classes. Il y a comme un air de déjà-vu dans cette convergence des luttes entre les cités et le «prolo»: c’était le programme d’Alain Soral et de son mouvement Égalité et réconciliation. «Il faut reconnaître à Alain Soral le mérite d’avoir su toucher simultanément les âmes de deux groupes aux intérêts contradictoires et d’avoir envisagé avant tout le monde une politique des beaufs et des barbares», reconnaît-elle, dans un hommage appuyé à son maître. Elle oublie de le dire, mais elle le sait très bien : cette convergence des luttes était cimentée par l’antisémitisme.

À l’instar de nombreux penseurs décoloniaux, Bouteldja se livre à une lecture téléologique de l’histoire dont la race serait le moteur. D’après elle, la race est consubstantielle à la formation des États modernes. Elle juge que la controverse de Valladolid, où les Occidentaux ont débattu en 1550 de savoir si les indigènes avaient une âme, n’est pas un moment de tempérance de la colonisation, mais l’essence même d’une civilisation qui se débat entre «le racisme assumé» et l’«humanisme paternaliste», le second n’étant que le prolongement adouci du premier.

La matrice de l’Occident, c’est le racisme. La fin de la colonisation n’a rien changé. Ainsi, nous dit Bouteldja, « l’Allemagne nazie peut être vue comme un anachronisme » au XXIe siècle. « À l’issue de cette ultime fièvre d’un nationalisme effréné et d’un racisme débridé, le nazisme capitule face à des adversaires tout aussi racistes mais moins fanatiques et beaucoup plus pragmatiques ». La démocratie libérale ne vaut pas mieux que les nazis !

Pour appuyer ses dires, elle cite l’intellectuel américain controversé Noam Chomsky, qui affirme qu’il y aurait eu 50 à 55 millions de morts causés par le colonialisme et le néocolonialisme occidentaux après la Seconde Guerre mondiale. Ce chiffre, largement exagéré, compile les morts des guerres américaines, depuis Hiroshima à l’invasion de l’Irak, en passant par la guerre des drones. Bouteldja, qui combat l’essentialisation de l’indigène, qu’on tient selon elle comptable de tous les crimes, du Bataclan au fait divers, tient les Français comptables des crimes de l’Amérique. « L’occident » est réifié dans un amalgame décomplexé comme l’orient l’était jadis par les romantiques.

Et puis, s’il faut compter les morts, pourquoi n’évoque-t-elle pas ceux du communisme (65 à 85 millions) ? Elle préfère louer la « clairvoyance politique » de Lénine car il était internationaliste et décolonial.

Pour Bouteldja, comme pour tous les postcoloniaux, le racisme n’est pas un préjugé présent dans toutes les cultures qu’il faut combattre par la raison, mais un système, un complot qui organise la société, et même, elle l’écrit, « un deal » : pour obtenir le consentement des masses populaires au capitalisme, l’État racial occidental met en œuvre la préférence nationale. Selon elle, le conflit de race est entretenu par les élites pour faire taire les revendications sociales.

Non sans lucidité, elle attaque vertement l’hypocrisie de la gauche morale, qui se sert des immigrés pour se donner bonne conscience. On ne pourra pas lui donner tort lorsqu’elle juge que l’antiracisme moral a été utilisé comme une arme idéologique qui « a détourné la colère contre l’État envers le FN et les beaufs » : «à ces derniers l’obligation d’avaler les couleuvres et le devoir de tolérer leur basané prochain - un devoir qui, il va sans dire, ne s’impose nullement à la gauche caviar qui s’en sait dispensée grâce au fossé social qui l’en sépare ».

Elle a conscience aussi de l’insécurité culturelle des « petits Blancs » dont le monde disparaît. «Les cafés ferment, les églises aussi quand elles ne sont pas tout bonnement réduites à devenir des lieux touristiques. (…) Les carnavals, les orchestres, les festivités locales disparaissent ainsi que les formes singulières d’autochtonie », note-t-elle. Mais l’avenir des « petits Blancs» n’intéresse pas la gauche : « la banlieue fascine le bobo, les milieux chics, le cinéma et la mode ».

« Qui est déraciné déracine » : elle cite à raison Simone Weil. Mais que fait-elle à part déraciner les Français de «souche» en leur présentant leur histoire dont ils pourraient être fiers comme une succession de massacres? Certains voudraient faire taire Houria Bouteldja. Il faut la lire au contraire, car sa pensée racialiste est en train de gagner les esprits. D’ailleurs, elle-même se vante du «butin de guerre» que constitue Mélenchon, acquis à la pensée indigéniste. La gauche est en train de faire le pari de l’islamo-marxisme dont elle est la prêtresse.

Beaufs et barbares,
par Houria Bouteldja,
aux éditions La Fabrique,
363p.,
13 euros.

jeudi 26 janvier 2023

360 millions de chrétiens persécutés dans le monde, cette persécution n'intéresse pas les médias

Dans la deuxième partie de la vidéo ci-dessous, Pascal Praud revient sur le meurtre d'un sacristain hier par un immigrant marocain en Espagne.

Le djihadiste présumé qui a tué un sacristain et blessé un prêtre mercredi après-midi à Algésiras, Yassine Kanjaa, né au Maroc en octobre 1997, se trouvait en Espagne en situation irrégulière. La police nationale l’a arrêté dans la ville de Cadix le 16 juin 2022 et a constaté qu’il ne disposait pas des documents nécessaires pour pouvoir résider sur le territoire espagnol, de sorte que les procédures d’expulsion ont été automatiquement engagées, comme l’ont confirmé des sources d’El Confidencial proches des milieux de l'enquête. Cependant, le processus a traîné en longueur et le meurtrier présumé n’a jamais été renvoyé sur le sol marocain.

version Odysee

version Rumble (Rumble est censuré en France)

Les médias et l'effet d'amnésie Gell-Mann

Dans un discours prononcé en 2002, l’auteur à succès Michael Crichton a inventé le terme effet d’amnésie Gell-Mann, d’après le physicien Murray Gell-Mann. Il a utilisé ce terme pour décrire le phénomène des experts croyant des articles de presse sur des sujets en dehors de leurs domaines d’expertise, même après avoir remarqué que les articles écrits dans la même publication qui relèvent de leur domaine d’expertise sont truffés d’erreurs et de méprises :

Les médias portent en eux une crédibilité totalement imméritée. Vous avez tous vécu cela, dans ce que j’appelle l’effet d’amnésie Murray Gell-Mann. (Je m’y réfère par ce nom parce que j’en ai discuté une fois avec Murray Gell-Mann [prix Nobel de physique en 1969] et qu’en utilisant un nom célèbre, je me rehausse moi-même et donne plus de sérieux à cet effet qu’il n’en aurait autrement.)

En bref, l’effet d’amnésie Gell-Mann est le suivant. Vous ouvrez le journal et lisez un article sur un sujet que vous connaissez bien. Dans le cas de Murray, la physique. Dans le mien, le monde du spectacle. Vous lisez l’article et voyez que le journaliste n’a absolument aucune compréhension ni des faits ni des enjeux. Souvent, l’article est si faux qu’il présente en fait l’histoire à l’envers, inversant la cause et l’effet. J’appelle cela les histoires « les rues mouillées provoquent la pluie ». Les journaux en sont pleins.

Dans tous les cas, vous lisez avec exaspération ou amusement les multiples erreurs de cet article, puis tournez la page et tombez sur les affaires nationales ou internationales, et lisez comme si le reste du journal était en quelque sorte plus précis sur la Palestine que les bêtises que vous venez de lire. Vous tournez la page et oubliez ce que vous veniez d’apprendre.

C’est l’effet d'amnésie Gell-Mann. Je soulignerai que cet effet ne s’applique pas dans d’autres domaines de la vie. Dans la vie ordinaire, si quelqu’un exagère ou vous ment souvent, il se déconsidère rapidement et vous doutez de tout ce qu’il dit. En droit commun, on parle de la doctrine du falsus in uno, falsus in omnibus, qui signifie « faux en une chose, faux en toutes choses ». Mais en ce qui concerne les médias, nous pensons contre toute évidence qu’il vaut probablement la peine de lire d’autres parties du journal. Alors qu’en fait, ce n’est presque certainement pas le cas. La seule explication possible de notre comportement est l’amnésie.


mercredi 25 janvier 2023

Stratégie climatique de la Caisse des dépôts du Québec : un demi-milliard de $ dégringole à 189 millions

Quand l'idéologie écologiste, pardon la « stratégie climatique », appauvrit les Québécois.


Une autre tuile s’abat sur un producteur indien d’énergie renouvelable soutenu à hauteur d’environ un demi-milliard par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) – un investissement qui a fondu comme neige au soleil. Le risque de défaillance chez Azure Power Global est désormais élevé, estiment deux des principales agences de notation.

Cette récente mise en garde de Moody’s et de Fitch Ratings s’accompagne d’une décote à l’endroit de la société, une décision qui fait grimper ses coûts d’emprunt. Une série d’irrégularités en matière de gouvernance ont éclaboussé Azure l’été dernier, ce qui a provoqué une dégringolade de son action à la Bourse de New York.

« La décote reflète nos inquiétudes en matière de gouvernance en raison de l’incapacité de la direction à divulguer de l’information financière dans les délais, observe Fitch. Il existe toujours un flou sur les contrôles internes non résolus chez Azure […] sur sa performance globale et la flexibilité financière de ses entités. »

Selon Fitch, une note de crédit de « BB » – qui a été attribuée à Azure – signifie une « vulnérabilité élevée au risque de défaillance », particulièrement si le contexte économique continue à se détériorer. À court terme, la société est en principe capable de faire face à ses engagements financiers.

Principal actionnaire d’Azure avec une participation de 53,4 %, le bas de laine des Québécois n’est pas le seul à souffrir de la débâcle du producteur d’énergie renouvelable fondé en 2008 et qui développe notamment une plateforme d’énergie solaire en Inde. Le Régime de retraite des employés municipaux de l’Ontario (OMERS), deuxième actionnaire en importance (21,5 %), a aussi des centaines de millions en jeu. Les deux institutions comptent chacune un représentant au conseil d’administration.

Squelettes dans le placard

La débâcle boursière d’Azure a pris de l’ampleur le 29 août dernier avec un plongeon de 44 %. Le départ surprise du président-directeur général – qui n’était en poste que depuis deux mois – avait été annoncé dans des circonstances toujours nébuleuses. La société avait aussi révélé avoir reçu, quelques mois auparavant, une plainte d’un lanceur d’alerte à propos de potentielles irrégularités et inconduites de la part de certains employés.

On ignore toujours le fond de l’histoire, qui a néanmoins provoqué une dégringolade du titre sur Wall Street. Au cours actuel de l’action (4,15 $ US), le placement de la CDPQ ne vaut plus que 189 millions US. À son sommet en janvier 2021, le titre de l’entreprise valait plus de 50 $ US sur Wall Street.

Après une analyse qui s’est amorcée fin août, Moody’s a également décidé d’abaisser, la semaine dernière, les notes de crédit des entités d’Azure, qui varient entre Ba2 et Ba3 – une catégorie jugée très spéculative par l’agence new-yorkaise. Celle-ci partage les inquiétudes de Fitch.

« Les risques de gouvernance pèsent lourd dans la balance, écrit Moody’s. La décote […] est attribuable à des problèmes de gouvernance interne qui ont retardé le dépôt des états financiers audités, à des plaintes qui n’ont pas été traitées et à du roulement de personnel chez les cadres supérieurs. »

Source : La Presse


Musées anglais — ne dites plus momies mais dépouilles momifiées, momies naturelles ou personnes momifiées

Certains musées en Grande-Bretagne utilisent désormais des mots autres que « momie » pour décrire leurs expositions d’antiques dépouilles égyptiennes. Ils commencent à adopter des termes tels que « personne momifiée » ou à utiliser le nom de l’individu pour souligner qu’ils étaient autrefois des personnes vivantes.

Utiliser un autre terme pour décrire ces restes humains pourrait, selon la BBC, éviter d’évoquer la représentation des momies dans la culture populaire, qui a eu tendance à « saper leur humanité » à travers des « légendes sur la malédiction de la momie » ou qui les décrit comme des « monstres surnaturels ». C’est ce que Jo Anderson, gardienne adjointe de l’archéologie au Great North Museum à Newcastle, dans le nord-est de l’Angleterre, a écrit sur son carnet publié en mai 2021 pour expliquer le changement de terminologie de son musée. 



Le British Museum tient à souligner que les restes momifiés étaient autrefois des personnes vivantes.

Bien que les muséologues « cherchent la manière la plus appropriée d’exposer les dépouilles humaines depuis environ 30 ans… en ce qui concerne l’utilisation du mot “momie”, je pense qu’il s’agit d’un problème plus récent », de déclarer Daniel Antoine, gardien du département Égypte et Soudan au British Museum de Londres, à CNN.

« Nous avons des restes humains du monde entier, et nous pouvons varier la terminologie que nous utilisons en fonction de… la façon dont ils ont été préservés. Nous avons des momies naturelles de l’Égypte prédynastique, nous les appellerons donc des momies naturelles parce qu’elles n’ont pas été artificiellement momifiées », a-t-il ajouté.

L’utilisation du terme « dépouilles momifiées » peut encourager les visiteurs à penser à l’individu qui a vécu, ont déclaré les musées à CNN.


Québec — l'échec récompensé : les élèves qui échouent au primaire sautent directement au secondaire

Parce qu’ils ont redoublé au primaire, ils sont exemptés de 6e année et envoyés au secondaire malgré leurs lacunes

Chaque année, plus d’un millier de jeunes qui ont connu des difficultés d’apprentissage passent directement de la 5e année du primaire à la 1re secondaire, qu’ils soient en échec ou en réussite.

Ce qui compte dans ces cas, c’est la loi : le primaire doit se terminer en six ans. * Une échéance peu flexible qui scelle le destin de plusieurs élèves déjà vulnérables en diminuant leurs chances de décrocher un diplôme d’études secondaires.

Par exemple, au centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), parmi les 4578 élèves qui ont fait cette année leur transition du primaire au secondaire, 227 élèves (5,2 %) sont passés directement de la 5e année du primaire au secondaire.

Le fils d’Aurore Chollet devait tomber dans cette catégorie.

Quand son fils était en 5e année, elle a appris que parce qu’il avait redoublé une fois, il sauterait sa 6e année et irait directement au secondaire, dans une classe d’adaptation scolaire pour élèves en difficulté.

Mme Chollet a été sonnée et son fils, bouleversé et médusé d’apprendre qu’il ne terminerait pas son primaire avec ses amis. Comment son déficit d’attention léger qui l’avait fait redoubler en début de scolarité et qui lui valait des notes acceptables, sans plus, pouvait-il maintenant lui faire sauter une année ?

Ça ne le réjouissait pas, pas plus que ses parents.

D’être mis dans une classe à part, hors de la voie normale, c’est difficile pour l’estime de soi.

Aurore Chollet, mère d’un élève ayant eu des difficultés au primaire

L’enseignante est intervenue, « elle s’est battue pour nous, elle a écrit des lettres et elle a obtenu une dérogation ». L’enfant a pu faire sa 6e année.

Il est maintenant en 3e secondaire, au secteur ordinaire (dit régulier). Toujours pas dans les premiers de classe, dit sa mère, mais en cheminant normalement et en rêvant d’être pompier. Une décision aussi déterminante que surprise, dans bien des cas

L’enjeu est de taille : un jeune qui passe directement de la 5e année à la 1re secondaire sera dirigé vers une classe d’adaptation scolaire qui ne le mènera que très rarement à un diplôme d’études professionnelles ou à un diplôme d’études secondaires. Ces classes, bien qu’à effectifs réduits, n’offrent souvent pas des services spécialisés à la hauteur des besoins, notamment à cause de la pénurie de main-d’œuvre. C’est dire que c’est donc là, après la 6e, que l’on sait quels jeunes pourront au mieux aspirer à l’apprentissage d’un métier semi-spécialisé (aide-boucher, aide-cuisinier, préposé à l’entretien) ou risqueront de décrocher.

Il est impossible de quantifier le nombre d’élèves au Québec qui sont dispensés de faire leur 6e année. Le ministère de l’Éducation nous a répondu ne pas avoir de données à nous transmettre sur le sujet. Et seuls 18 des 72 centres de services scolaires ou commissions scolaires ont pu répondre à nos demandes d’accès à l’information et savaient combien de leurs élèves étaient dans cette situation. Ce chiffre oscille entre 1 et 2 % des transitions du primaire au secondaire dans les organisations qui documentent la question.

Souvent, les jeunes qui apprennent au terme de leur 5e année qu’ils passent directement en 1re secondaire « sont contents de ce laissez-passer qu’ils n’attendaient pas », dit David Hamel, président du syndicat qui représente les enseignants du centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys, à Montréal.

Pour ceux qui ont des difficultés d’apprentissage très importantes, l’école n’aurait pas pu faire mieux. Aussi la puberté se pointant, le primaire ne peut pas non plus être allongé indéfiniment (un enfant ne peut d’ailleurs redoubler qu’une seule fois pendant le primaire).

Mais pour d’autres jeunes avec un plus gros potentiel, « le petit coup de pouce supplémentaire non reçu » sera lourd de conséquences, fait observer M. Hamel.

Tout comme lui, Mme Chollet indique que la possibilité que la 6e année ne soit pas faite arrive souvent comme une surprise, aussi bien pour les parents que pour les enfants.

Pourquoi ? Un gestionnaire du système scolaire nous a expliqué que comme la décision se prend au cas par cas et que les écoles changent souvent de directeur, on se contente d’expliquer aux parents ce qui se passera l’année suivante, sans s’embarquer dans toute la suite des choses.

Mme Chollet aurait préféré le savoir. Car quand la pertinence de faire redoubler ou pas son fils a été discutée avec la direction de l’école, si elle avait su que cela pourrait se traduire par une 6e année qui ne se ferait pas, « ça aurait peut-être pesé dans la décision ».

Le CSSDM n’a pas répondu à notre demande de précisions quant aux 227 élèves qui ont eu un laissez-passer cette année.

Des pratiques très variables au Québec

Le parcours des élèves en difficulté au primaire est finalement très variable selon l’endroit où ils habitent au Québec et selon la propension ou pas des centres de services scolaires à multiplier les demandes de dérogation.

Tout à côté, au centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île, à Montréal, un seul élève en 2022 est passé directement de la 5e année du primaire à la 1re secondaire. Ils étaient pourtant 61 dans ce cas 10 ans plus tôt. Pourquoi une telle diminution, voire une quasi-disparition de cette pratique ? Me Valérie Biron, porte-parole de ce centre de services scolaire, répond que la pandémie explique sans doute la volonté plus spécifique depuis deux ans de permettre aux élèves de « terminer leur cycle d’apprentissages ».

Au centre de services scolaire des Laurentides, aucun élève ne passe directement de la 5e année à la 1re secondaire, car, nous répond-on, « cette pratique n’est pas en vigueur dans [l’] organisation ».

Autre particularité de ce centre : tous les élèves en difficulté d’apprentissage sont en classe ordinaire (dite régulière) parce qu’avec les classes d’adaptation, le Centre « avait ainsi l’impression de fabriquer des décrocheurs », explique Julie Lamonde, directrice générale adjointe. (Il existe cependant encore des classes spécialisées pour des enfants handicapés, par exemple.)

Comme partout ailleurs, certains élèves auront des échecs à la fin de la 6e, mais ce centre de services croit à la promotion habituelle, d’année en année, et à une 6e année faite en bonne et due forme. Mme Lamonde dit avoir la chance, souligne-t-elle, de ne pas vivre de pénurie importante de personnel dans son centre.

Au centre de services scolaire de Sherbrooke, 53 élèves sur 1942 ont sauté leur 6e année. Donald Landry, directeur des communications, qui a été enseignant et directeur d’école auparavant, souligne que la décision est laissée entre les mains de l’enseignante. Elle exerce son jugement au cas par cas, une façon de faire qu’il juge préférable, le Centre n’étant pas partisan des « mesures mur à mur ».

Michèle Henrichon, l’enseignante de 6e année de Montréal qui s’est battue pour obtenir une dérogation pour le fils de Mme Chollet, ne cache pas que ses démarches aient fait sourciller, les demandes de dérogation approuvées étant rares au CSSDM.

Pour que l’enfant puisse faire sa 6e année, il faut être certain que cela favorise sa réussite, qu’il passera sa 6e année.

Michèle Henrichon, enseignante de 6e année

Quel élève bénéficiera d’une 6e année ? Pour lequel l’école primaire a-t-elle été au bout de ce qu’elle pouvait faire ? Cela repose souvent sur l’intuition, dit Mme Henrichon, qui dit toujours s’assurer de discuter avec l’élève pour que son souhait fasse partie de l’équation.

Égide Royer, psychologue, professeur et chercheur dont les travaux portent sur les élèves en difficulté, explique que tout cela rappelle l’importance « d’agir tôt », de faire redoubler rapidement un enfant de 1re année qui éprouve des difficultés importantes en lecture plutôt que de repousser le problème, qui ne se réglera pas magiquement.

Tout doit être fait, dit-il, pour éviter de sortir un élève du parcours dit régulier parce qu’une fois en classe d’adaptation au secondaire, très rares sont ceux qui obtiendront leur diplôme d’études secondaires, les objectifs d’apprentissage étant alors à la baisse.

Source : La Presse (de Montréal)


mardi 24 janvier 2023

États-Unis: la Floride interdit les cours d’études afro-américaines à l'école secondaire

Le gouverneur républicain de Floride a annoncé interdire ce cours optionnel qui, selon lui, «endoctrine» les élèves du secondaire.

Aux États-Unis, la fronde des républicains contre l’idéologie woke se poursuit. Ron DeSantis, le gouverneur de Floride, a pris il y a quelques jours une décision qui agite le pays: son administration a décidé d’interdire les cours d’études afro-américaines dans les lycées de l’État. L’information a été diffusée par le ministère de l’Éducation de Floride le 12 janvier. Dans sa lettre, le ministre explique que le cours en question est «contraire à la loi» de l’État et manque «considérablement de valeur éducative» . Une décision confirmée par Ron DeSantis à l’occasion d’une vidéo publiée sur Twitter. Si le rival de Donald Trump admet que «le programme scolaire a besoin d’enseigner l’histoire des Afro-Américains» , il tempère: «en Floride, nous souhaitons de l’éducation et non de l’endoctrinement» . L’élu précise notamment que les «théories queer» ou «l’intersectionalité» risqueraient d’être abordées dans ce cours à des fins politiques.

Ces reproches concernent une matière assez particulière. Depuis 1952, les lycéens américains peuvent accéder à des cours spéciaux dans le cadre du «Advanced Placement Program» (AP). Concrètement, il s’agit d’options proposées aux élèves afin d’étudier en avance des enseignements dispensés à l’université et d’obtenir des crédits universitaires dès le secondaire en passant des examens. Un enjeu pour les lycéens soucieux d’intégrer des établissements très sélectifs.

Un gouverneur qui multiplie les guerres culturelles

Parmi ces cours, celui de «Africain Américain Studies» ( «Études afro-américaines» ) est l’un des plus récents. Et 60 lycées à travers le pays proposent cette matière, encore considérée comme en phase «pilote». Sur le fond, cette matière est pluridisciplinaire et aborde à la fois l’histoire mais aussi les droits civiques, la politique, la littérature, les arts ou la géographique. Rédigé en partie par Henry Louis Gates, professeur à Harvard, le programme est notamment approuvé par le «College Board», une organisation indépendante en charge de ces options. Une certification qui ne suffit pas au gouverneur de Floride, premier État à interdire ce cours et, plus généralement, à interdire une matière dispensée dans le cadre du AP.

Ce n’est pas la première bataille que Ron DeSantis livre aux programmes scolaires. Ces dernières années, celui qui pourrait devenir le prochain candidat républicain à élection présidentielle américaine , a marqué l’opinion publique avec diverses lois. À commencer par celle sur les libertés individuelles, aussi appelée «Loi Stop WOKE» qui restreint les enseignements scolaires sur les questions de genre et de race. Autre exemple: une loi appelée par ses détracteurs «Don’t say gay», qui interdit d’aborder les questions liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre de la maternelle à la troisième année (l’équivalent du CE2 en France).

Source : Le Figaro étudiant


Le Premier ministre japonais : le pays est au bord du gouffre en raison de la baisse du taux de natalité

Le Premier ministre japonais a déclaré que son pays était sur le point de ne plus pouvoir fonctionner en tant que société en raison de la baisse de son taux de natalité. Fumio Kishida a déclaré qu’il fallait agir « maintenant ou jamais ». On estime que le Japon, qui compte 125 millions d’habitants, a eu moins de 800 000 naissances l’année dernière. Dans les années 1970, ce chiffre était supérieur à deux millions. Le Japon compte désormais la deuxième plus forte proportion de personnes âgées de 65 ans et plus au monde — environ 28 % — après le petit État de Monaco, selon les données de la Banque mondiale.


« Le Japon est sur le point de ne plus pouvoir continuer à fonctionner en tant que société », a déclaré M. Kishida aux législateurs. « Concentrer l’attention sur les politiques concernant les enfants et l’éducation des enfants est une question qui ne peut attendre et ne peut être reportée. » Il a déclaré qu’il voulait éventuellement que le gouvernement double ses dépenses pour les programmes liés aux enfants. Une nouvelle agence gouvernementale chargée de se concentrer sur la question sera créée en avril, a-t-il ajouté. Cependant, les gouvernements japonais ont déjà essayé de promouvoir des stratégies similaires, sans succès. En 2020, les chercheurs ont prévu que la population du Japon passerait d’un pic de 128 millions en 2017 à moins de 53 millions d’ici la fin du siècle. La population est actuellement d’un peu moins de 125 millions d’habitants, selon les données officielles. Le pays compte plus de deux fois plus de personnes âgées de 70 à 74 ans (9,436 millions) que de nourrissons de 0 à 4 ans (4,268 millions).

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 Démographie : en 2050 pour un Européen proche de 50 ans, il y aura trois Africains de moins de 30 ans [d’âge en moyenne] 

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Le Japon relève l’âge de la retraite à 70 ans [un quart des 128 millions de Japonais ont plus de 65 ans.] Conséquence de la faible natalité depuis 50 ans : le Japon a perdu un demi-million d’habitants en 2019. En ce début d’année 2020, les autorités japonaises craignent une nouvelle récession. Le PIB nippon du dernier trimestre 2019 s’est contracté de 1,6 %.   

Discours malthusien des écologistes qui sévit en Occident et qui préconise de ne pas avoir d’enfants pour sauver la Terre