mercredi 30 novembre 2016

TIMSS 2015 : le Québec s'en sort bien en maths, les garçons encore mieux mais faible participation québécoise

Ce mardi la plus grande étude mondiale sur l’enseignement des mathématiques et des sciences dans le monde, le TIMSS 2015, a été publiée.

Cette étude, menée par l’IEA (acronyme anglais de l’Association internationale pour l’évaluation des performances scolaires) et conduite tous les quatre ans depuis 1995, évalue les performances des élèves en mathématiques et en sciences. TIMSS (Trends in International Mathematics and Science Study) s’intéresse aux connaissances des élèves en maths et en sciences à un niveau scolaire donné (au Québec en 4e année du primaire à un peu plus de 10 ans et en 2e secondaire à un peu plus de 14 ans), ainsi qu’aux programmes scolaires : l’objectif premier de l’enquête est de contribuer aux recherches sur l’enseignement des maths et des sciences, en renseignant les professeurs sur les pédagogies qui fonctionnent.

Début décembre, l’OCDE publiera son enquête trisannuelle PISA qui, elle, se penchera sur l’aptitude des enfants de quinze ans à savoir utiliser leurs connaissances, dans une soixantaine de pays de l’OCDE et de partenaires. Une étude plutôt destinée à informer les décideurs nationaux et à les aider à orienter leurs politiques éducatives.

Vingt ans après sa création, 57 pays et 7 entités territoriales ont pris part à TIMSS 2015, soit quelque 600 000 élèves évalués. Le Québec a participé à cette étude. Les élèves québécois ont été évalués en 4e année du primaire à un peu plus de 10 ans et en secondaire II à un peu plus de 14 ans.

Au niveau mondial

L’Asie de l’Est, loin devant. Singapour, Hong Kong, la Corée, Taipei (Formose) et le Japon continuent d’écraser les autres pays participants en mathématiques, comme c’est le cas depuis vingt ans. L’écart avec les autres pays performants est énorme, et s’accroît avec l’âge : en 2e secondaire, l’écart entre les cinq premiers pays et les suivants est encore plus important qu’en 4e année du primaire. En sciences, les pays d’Asie de l’Est dominent toujours le classement, accompagnés de la Russie, mais de manière moins radicale. Le Québec se situe juste au-dessus de la Russie, parmi les pays les mieux classés.

De manière générale, l’étude montre que l’éducation en matière de mathématiques et de sciences progresse dans le monde dans l’enseignement primaire. Nombreux sont les pays qui ont non seulement amélioré leurs résultats, mais aussi réduit l’écart entre les bons et les mauvais élèves. L’étude montrerait également qu’une scolarisation précoce aurait des effets durables sur les résultats, au moins jusqu’en 4e année du primaire.

Le tableau ci-dessous donne le classement pour la classe de 8e année (2e secondaire) en mathématiques.

  


Avec 543 points (voir sous la barre grise ci-dessus), le Québec se place juste au-dessus de la Russie (538). Bonne nouvelle. 

Toutefois, notez le triple obèle à côté de « Quebec, Canada ». Ce signe indique que le Québec n’a pas satisfait aux lignes directrices relatives aux taux de participation de l’échantillon.



En effet, parmi les écoles québécoises choisies par les organisateurs du TIMSS, un très grand nombre d’écoles québécoises n’ont pas participé aux tests (63 %), en outre un peu moins de classes (99 %) que dans d’autres pays et un peu moins d’élèves dans ces classes (92 %) ont passé les tests. Le taux global de participation au Québec est donc très bas : 58 % alors que dans la majorité des pays il est supérieur à 90 %.

...


Voici le tableau complet des taux de participation (pondérés), on y remarque que dans certains pays qui ont d’excellents résultats (comme Singapour ou la Corée) le taux global de participation avoisine les 100 % (respectivement 97 % et 98 %) :



On est en droit de se demander si cette faible participation n’a pas un effet sur les résultats du Québec.

Notons que les résultats du Québec sont en hausse par rapport à 2011 et plus particulièrement chez les garçons. L’astérisque (*) ci-dessous indique que la différence entre les garçons (trait noir) et les filles (trait bleu) est statistiquement significative.

Notons que ces résultats contredisent (en apparence du moins) ceux de l’Institut Fraser publiés cette année et qui indiquaient, à la lumière des examens du Ministère, que les filles dominent désormais aussi en mathématiques au Québec. Se pourrait-il que ces résultats aux examens ministériels s’expliquent par un échantillonnage différent entre le TIMMS et les examens du ministère ? Par une plus grande participation à ces examens qu’aux tests du TIMSS qui ne sont pas obligatoires ? Il serait intéressant que le ministère croise les résultats des élèves qui ont participé au TIMSS avec les résultats des élèves aux examens du ministère. Est-ce que les meilleurs élèves québécois auraient participé aux tests du TIMSS en plus grande proportion qu’ils ne sont dans un échantillon aléatoire de la population scolaire québécoise ?


Voir aussi

PISA 2015 — Les bonnes notes du Québec remises en question pour cause de faible participation

Classement des écoles de l’Institut Fraser : les filles dominent désormais aussi en maths

Résultats en mathématiques : le financement public des écoles privées expliquerait les succès du Québec


Université Laval a de nombreuses bourses réservées aux filles, mais en refuse une réservée aux garçons (m-à-j)

Mise à jour fin novembre 2016

Découragé par le peu de vagues qu’a fait sa situation, André Gélinas, ce donateur dont la bourse d’études réservée aux garçons a été rejetée par l’Université Laval, n’entamera pas de recours judiciaires contre l’institution et appelle les députés à réagir.

« C’est suite et fin. J’abandonne », lance déçu au bout du fil celui qui a été le premier directeur des études de l’ENAP.

Le Journal révélait au début du mois d’août que la Fondation de l’Université Laval avait refusé les milliers de dollars offerts en bourse par André Gélinas, invoquant que la suggestion contrevenait à la Charte québécoise des droits et libertés et que les programmes ciblés comportaient un pourcentage majoritaire d’étudiants masculins.

« Équilibrer les choses »

Outré, André Gélinas avait dénoncé cette « iniquité », plaidant qu’il existait des bourses exclusives pour les femmes. « Je voulais équilibrer les choses. Je voulais qu’il y ait au moins une bourse pour les garçons, alors qu’il y en a des dizaines au moins pour les filles », martèle-t-il.

Le dossier a tout de même cheminé depuis l’été. L’Université Laval a notamment proposé au donateur de rediriger son fonds dans des programmes où les hommes sont minoritaires, tels les soins infirmiers et l’éducation préscolaire.

« Dans les garderies ! pouffe avec mépris André Gélinas. Je n’ai pas d’affinités avec ça. En tant que donateur, il me semble que je dois avoir le droit d’exprimer un souhait. » Incapable de parvenir à une entente, l’institution a remboursé les sommes versées.

Enclencher un débat

S’il abandonne l’idée d’aller devant les tribunaux, l’octogénaire interpelle les députés de l’Assemblée nationale, les professeurs et étudiants de l’Université Laval afin d’enclencher un débat public sur cette affaire.

Il peine à comprendre pourquoi ces derniers se sont mobilisés lorsque sont survenues les agressions sexuelles sur le campus, mais qu’ils n’ont pas pris la parole par rapport à sa bourse réservée aux garçons.

M. Gélinas n’a pas semblé se formaliser sur les différences majeures qui touchent ces deux dossiers. « Je trouve que c’est aussi grave, dans un autre domaine », a-t-il plaidé.

Audio : entretien de M. Gélinas

Billet original (juin 2016) 

La Fondation de l’Université Laval a refusé les milliers de dollars d’un donateur qui souhaitait remettre une bourse d’études exclusivement à des étudiants masculins, la jugeant discriminatoire.

Celui qui a été le premier directeur des études de l’École nationale d’administration publique (ENAP), André Gélinas s’est entendu avec la Fondation de l’Université Laval en 2014 pour créer un Fonds de bourse d’études à son nom.

Les conditions d’attribution ? Être de sexe masculin et étudier à la maîtrise en affaires publiques ou en science politique, où se retrouveraient déjà majoritairement des hommes. Alors que la bourse était en voie d’être créée, la Fondation a décidé de refuser l’argent du généreux donateur.

« Quelqu’un s’est réveillé et a dit que ça le rendrait mal à l’aise », révèle M. Gélinas, qui conteste cette décision. À ses yeux, il est tout à fait normal de décerner des bourses aux étudiants masculins, puisque d’autres sommes sont adressées à la gent féminine.

« Il y a beaucoup de bourses qui sont réservées aux étudiantes, peu importe la discipline, dit-il. Je voyais qu’il y avait des bourses aux filles... pourquoi pas aux gars ? »

« Discriminatoire » ?

L’Université rejette cet argument. Elle explique qu’une bourse « dirigée exclusivement envers les hommes devient discriminatoire lorsque les programmes visés comportent déjà un pourcentage significatif et majoritaire d’étudiants masculins », écrit le porte-parole Samuel Auger.

Concernant les bourses destinées uniquement aux femmes, il explique que « l’Université s’appuie sur la Charte des droits et des libertés qui prévoit qu’il est possible de mettre en place des programmes en éducation pour corriger la situation de personnes victimes de discrimination ». Cela ne semble pas tout à fait exact, à moins de considérer que les femmes sont discriminées dans les professions de la santé, sinon pourquoi offrir des bourses réservées aux jeunes femmes qui se destinent à être infirmières (voir ci-dessous) ?


« Compte tenu des statistiques d’inscription et de diplomation colligées par l’Université, ceci n’était pas le cas dans les deux programmes de maîtrise ciblés dans le protocole de don du Fonds de bourse André-Gélinas », dit M. Auger.

Remboursement si le donateur se tait

Des pourparlers sont en cours entre les deux parties afin de procéder au remboursement des sommes versées à ce jour par André Gélinas. Ce dernier prétend que l’Université Laval s’est montrée ouverte à le dédommager à condition que cette histoire demeure confidentielle.

L’Université n’a pas commenté cette déclaration.

Quelques bourses réservées aux étudiantes (il en existait 149... aucune pour les garçons).

Bourses de la Fondation Soroptimiste du Canada. Plusieurs bourses de 7 500 $ par année. Cette bourse a pour objectif de soutenir financièrement une étudiante dont les études mèneront à exercer une carrière qui aidera à améliorer la qualité de vie des femmes... Être présentement inscrite dans un cours d’études qui mènera à une carrière surtout au service des femmes.

Bourse Carrie Derick, 1 bourse de 1 000 $ par an. Mettre en valeur la contribution des femmes à la promotion et l’avancement des sciences. Bourse offerte pourtant pour des domaines très féminisés : Sciences infirmières, Pharmacie, Médecine.

Bourses d’études de l’Association des femmes diplômées des universités — section Québec (AFDU Québec). Plusieurs bourses de montant variable chaque année. D’après la fiche, tous les baccalauréats, maîtrises ou doctorats sont admissibles pour peu qu’on soit une femme.

Les bourses Pierrette Lévesque en sciences infirmières (encore un secteur qui doit « comporter déjà un pourcentage significatif et majoritaire » d’étudiantes pourtant. Bizarre. Il s’agit d’« une bourse d’études de 2000 $ à une étudiante inscrite à temps complet pour l’année 2016-2017 à la Faculté des Sciences Infirmières de l’Université Laval dans un programme de 1er, 2e ou 3e cycle en sciences infirmières ».

La bourse Charlotte Lapointe en communication/relations publiques. Une bourse de 2000 $ par an, la Bourse du Fonds Charlotte Lapointe vise à octroyer une bourse d’études à une étudiante en communication inscrite à la Faculté des lettres et des sciences humaines. Encore un secteur pourtant très féminisé à notre connaissance.

L’Université Laval moquerait-elle de nous ?

etc.

samedi 26 novembre 2016

Immigration en France et éducation prioritaire : « Pourquoi les écoles françaises vont-elles aussi mal ? »

À l’approche de la publication du nouveau classement PISA sur les performances scolaires des pays de l’OCDE, Euronews s'est intéressé au système éducatif français considéré depuis quelques années, comme inégalitaire. Une dernière étude parue en septembre est venue le confirmer et l‘état des lieux est accablant, notamment pour l‘éducation prioritaire.

Au collège Jean Moulin de Marseille, dans l’un des quartiers les plus défavorisés de la ville, on lève la main, on pose des questions et on y répond. On essaie d’instaurer la discipline et le respect comme le proclame une affichette sur le mur de l’une des classes. Ici, la plupart des élèves sont boursiers. L‘établissement fait partie du nouveau Réseau d‘éducation ultra-prioritaire (REP +) et bénéficie de ce fait, de certains aménagements.

« On est un petit peu moins nombreux par classe, explique Arnaud Sallaberry, professeur. Dans un collège lambda, on peut être jusqu‘à 27, 28, 29, 30 alors que là, les élèves sont maximum 24 élèves par classe : c’est plus confortable, estime-t-il. En plus, poursuit-il, on a mis en place des groupes de besoins, de compétences ; avec deux classes, on fait trois groupes de compétences. »




Refonte de l‘éducation prioritaire

La mise en place de l‘éducation prioritaire date de 1982 et visait à donner plus de moyens aux écoles des quartiers immigrés. Elle a été révisée à plusieurs reprises. La dernière fois en 2015 quand l’Etat a alors redistribué les ressources et privilégié les établissements les plus en difficulté comme le collège Jean Moulin.

« Avant la réforme, on avait 40% des élèves qui réussissaient leur examen et à peine, 50% des élèves qui allaient au lycée, précise Dominique Duperray, principal du collège. Maintenant, on a 70% – voire plus les bonnes années – d‘élèves qui réussissent leur examen et on a 100% des élèves qui vont au lycée, certains en général, d’autres en professionnel, dit-il. Donc le fait d’avoir ces moyens complémentaires en enseignement prioritaire, l’implication, la réflexion des équipes sur des méthodes pédagogiques innovantes permettent d’améliorer le parcours scolaire des élèves, » indique-t-il.

Des politiques éducatives qui aggravent les inégalités


Mais ces bons résultats ne peuvent pas occulter la situation dramatique de l‘école française. Elle est devenue depuis quelques années, la plus inégalitaire des pays développés et en septembre dernier, le CNESCO – le Conseil national d‘évaluation du système scolaire – a conclu après deux années d‘étude que depuis trente ans, les politiques éducatives n’ont fait qu’aggraver les inégalités.

L‘échec de l‘éducation prioritaire est pointée du doigt. Elle qui concerne aujourd’hui un millier de collèges, 8000 écoles et un élève sur cinq en France. Suite à la publication de ce rapport accablant, les académies de Lyon et de Créteil ont rejetté nos demandes de tournage.

« Des écoles ghettoïsées »

Dans l‘école de Véronique Decker, tous les élèves appartiennent à des familles issues de l’immigration et en difficulté sociale. Bien que son établissement soit classé “Éducation prioritaire”, elle dit que peu de moyens supplémentaires lui ont été affectés.

Non-remplacement des professeurs

“Le non-remplacement des professeurs est un gros problème, insiste Laurence Blin dont les fils sont scolarisés dans la banlieue à forte immigration de Bobigny. Puisque mon fils en 6ème, pendant tout un trimestre, n’a pas eu de professeur d’anglais ; en 5ème, à chaque fois, le premier trimestre, pas de prof d’histoire-géographie et pendant deux trimestres, toujours en cinquième, pas de professeur d’arts plastiques et là, en 4ème, le premier mois, pas de professeur de sciences de la vie et de la terre, c’est énorme, déplore la mère de famille. Là aussi, en termes de réussite, comment veut-on que les enfants de collège où il y a de tels manques puissent avoir le même niveau que ceux qui ont des profs des années entières ?” lance-t-elle.



vendredi 25 novembre 2016

France — Primaire de la droite, Fillon pour la liberté scolaire


À la suite du premier tour de la Primaire de la Droite et du Centre, qui s’est tenu dimanche dernier 20 novembre, le candidat du Parti chrétien démocrate, Jean-Frédéric Poisson, a annoncé son ralliement à l’ancien Premier ministre François Fillon (ci-contre) dans la perspective du second tour de l’élection qui désignera le candidat des Républicains.


L’objectif de la démarche : déterminer les bases d’un accord programmatique, sur 5 points de réforme essentiels. Parmi eux, figure en bonne place l’enjeu de la Liberté scolaire.

Jean-Frédéric Poisson a mis cette question au centre de ses préoccupations de réforme, et a défendu le principe de la liberté du choix de l’éducation pour les parents tout au long de sa campagne. Il demande à François Fillon de se prononcer sur :
– le plafond de 20 % imposé à l’enseignement sous-contrat sur le plan d’effectifs de scolarisation
– le retour au régime de déclaration pour les écoles hors contrat

Dans sa réponse à Jean-Frédéric Poisson, François Fillon revient sur sa volonté de réformer le système éducatif, comme condition indispensable à la construction de la Nation française. Dans ce cadre, le principe de la liberté de l’enseignement lui paraît fondamental.

Il écrit :

« Je suis particulièrement attaché à la liberté de l’enseignement et donc au libre choix par les parents de l’école de leurs enfants. Je suis également favorable, pour les mêmes raisons, à un régime de déclaration et opposé à un régime d’autorisation des établissements d’enseignement. »

Il souhaite encourager la souplesse dans les statuts pour la création d’écoles, publiques ou privées, adaptées à des situations complexes comme celle des banlieues ou des campagnes en crise, pouvant bénéficier d’une « très grande autonomie d’action », et ne s’inscrivant pas dans le cadre des fameux 20 % de quota. François Fillon n’hésite pas à prendre précisément en exemple les écoles soutenues par la Fondation Espérance Banlieues, qu’il a eu l’occasion de connaître à travers sa visite du Cours Saint-Exupéry, Asnières, quelques jours avant le premier tour des Primaires.

Sans préjuger du résultat des élections internes au parti Les Républicains, et des suites de la campagne présidentielle, nous ne pouvons que nous réjouir de la place décisive prise par l’enjeu de la Liberté scolaire dans le débat entre les candidats : au-delà de la question des marges de manœuvre laissées ou non aux établissements scolaires, les débats ont mis en lumière le lien essentiel unissant la réforme du système scolaire et la crise morale traversée par la France.

Radio Suisse internationale : Heidi en 2016

swissinfo.ch publie chaque semaine un dessin réalisé par Marina Lutz. Cette Suissesse collabore avec différents titres de la presse helvétique, dont le magazine satirique germanophone Nebelspalter. Elle a déjà remporté plusieurs prix pour son travail de caricaturiste, notamment à l’occasion du Festival international de bande dessinée Fumetto de Lucerne, en Suisse.

Swissinfo.ch (SWI), anciennement Radio Suisse internationale, est une plate-forme gouvernementale de service public en dix langues qui traite de l’actualité suisse.

Si le dessin représente deux tiers des enfants comme extra européens, c’est sans rapport avec la réalité de l’immigration en Suisse, ni bien sûr avec la réalité des habitants de la Suisse qui regroupent quand même encore 75 % de Suisses non immigrés !

En effet, 81 % de l’immigration en Suisse est d’origine européenne. Les ressortissants d’Allemagne, d’Italie, du Portugal et de France constituent à eux seuls près de la moitié des étrangers résidant en Suisse. L’Asie représente 10 % des immigrants établis en Suisse (avec 3,38 % des immigrants venant de Turquie), alors que l’Afrique en représente 4,51 %.


Bref, la petite Chinoise (1/3 des enfants) près de la chèvre représente en réalité moins de 7 % (Asie sans Turquie) de 25 % (immigrants en Suisse), soit 1,75 % de la population de la Confédération helvétique alors que la petite « Subsaharienne » représente elle encore moins : 4 % (Afrique moins Maroc, Tunisie et Algérie) de 25 % soit 1 % de la population de la Suisse...





Versions traditionnelles d’Heidi

1974 telle qu'imaginée par des Japonais...




Heidi vue par une Française (années 60/70)



mercredi 23 novembre 2016

États-Unis — Trump nomme Betsy Devos à l'éducation

Donald Trump a nommé aujourd’hui Betsy Devos (ci-contre), une philanthrope conservatrice et farouche partisane du droit à choisir entre école publique, privée ou enseignement à la maison, pour diriger le ministère fédéral de l’Éducation.


« Sous sa direction, nous allons réformer le système scolaire américain et supprimer la bureaucratie qui handicape nos enfants, afin que nous puissions offrir une éducation et un choix d’écoles de niveau mondial à toutes les familles », a déclaré le président élu dans le communiqué annonçant la nomination de cette ardente républicaine de 58 ans.

Sa nomination doit être approuvée par le Sénat, où les républicains ont une majorité. Mme Devos s’est dite honorée d’avoir été choisie « pour redonner à l’éducation américaine sa grandeur », un jeu de mots sur le slogan de campagne du président élu : « Rendre sa grandeur aux États-Unis ». « Le statu quo n’est pas acceptable dans l’éducation », a-t-elle dit.

Elle est mariée à Dick Devos, l’un des héritiers de Richard Devos, la 88e fortune américaine au classement Forbes de 2016 avec 5,4 milliards de dollars.

Objectifs affichés : lutte contre la bureaucratie qui paralyse les institutions pédagogiques, et promotion de la liberté de choix pour les parents, entre école publique, privée et école à la maison, en garantissant par ailleurs un enseignement de qualité.

Un choix qui ne réjouit évidemment pas les syndicats, qui voient dans la nomination de Betsy Devos une nouvelle provocation du Président républicain : son mari est un milliardaire, et figure au classement Forbes 2016 des plus grosses fortunes des États-Unis. Leur crainte est forte d’une éducation conçue pour les seuls privilégiés.

Au cours des années 2000, Betsy Devos défend, dans l’État du Michigan dont elle est originaire, l’instauration des « bons » ou chèques-éducation. Elle a présidé l’Alliance for School Choice, l’organisation la plus importante aux États-Unis à militer pour le libre-choix dans les programmes scolaires et l’extension du chèque-éducation, et occupe encore des fonctions dans un grand nombre d’organismes de promotion de la liberté scolaire.

Devant les attaques, Betsy DeVos répond en mettant en avant son engagement apartisan (elle a cherché à de nombreuses reprises à travailler de concert avec les Démocrates sur la question du libre choix), et son travail dans des Fondations agissant pour apporter un libre choix scolaire à des familles défavorisées, par le biais d’un soutien financier aux frais de scolarité


vendredi 18 novembre 2016

Québec — Les garçons et la lecture

Chronique de Mathieu Bock-Côté :

L’Institut de la statistique nous apprenait mardi ce que nous savions déjà : les garçons lisent peu au Québec. Plusieurs ne lisent même pas du tout. Ouvrir un livre n’est pas considéré par le jeune homme comme un plaisir.

Lecture

Il faut dire aussi que notre école n’aide pas. Elle entend moins transmettre une culture qui élève l’âme que distribuer massivement des diplômes artificiels.

Une vie sans lecture, c’est une vie sans culture.

Inversement, celui qui aime lire ne s’ennuiera jamais.

C’est à travers la fréquentation des livres qu’on peut développer une réflexion­­ approfondie sur le monde, qu’on peut cultiver sa vie intérieure, qu’on peut rejoindre des mondes imaginaires et les habiter le temps d’un récit ou d’un voyage dans le temps.

L’homme qui lit peut se plonger dans l’Empire romain, il peut camper mentalement au Moyen Âge, ou à la Renaissance, ou chez les Égyptiens. Il peut même fréquenter l’homme des cavernes­­. Et il le fera en faisant travailler son imagination.

Ce jeune gagnera en liberté. Il saura que le présent n’est pas le seul monde possible.

On nous dira : le jeune homme est sauvage, il veut bouger, se dépenser. La lecture ne le permet pas. Peut-être. Mais faire du sport ne devrait pas être contradictoire avec la vie de l’esprit. Mais derrière ce dédain de la lecture, on trouve une conception appauvrie du masculin­­. Pour plusieurs, lire, ce n’est pas viril.

Nous n’avons pas valorisé, dans notre histoire, le modèle de l’homme cultivé, élégant et inspirant, sinon celui du prêtre en soutane, dont on garde un mauvais souvenir.

Un homme, un vrai, ne perd pas son temps avec des livres. Il répare des voitures, bricole dans son atelier, compte des buts au hockey ou plaque des adversaires au football.

Mais lire ? Dans les milieux populaires existe encore un préjugé anti-intellectuel. Le décrochage scolaire des garçons en est le symbole. Économiquement, ils en souffriront.

Qu’on me comprenne bien, je n’ai rien contre les activités masculines traditionnelles.

Et peut-être faut-il, pour pousser les garçons vers la lecture, la connecter à leurs instincts, même s’ils heurtent nos valeurs pacifistes ?

Enfance

Enfant, je me souviens, j’étais passionné­­ par la guerre. Les soldats, les uniformes, les blindés, c’était mon imaginaire­­. J’aimais l’héroïsme, le sacrifice, l’aventure. Comme la majorité des gamins. Mon père a compris que cette passion pouvait me conduire à une autre. Il m’a acheté chaque semaine L’Encyclopédie des armes.

Des armes, je suis passé à l’histoire, puis à la politique, à la philosophie et à la sociologie. J’ai aussi aimé les romans d’aventures, de cape et d’épée. Le petit homme que j’étais devenait grand en lisant. La passion de la lecture est le plus bel héritage que m’ont laissé mes parents.

Il faut dire que je viens d’une famille de profs. Mais le bonheur de la culture ne devrait pas être réservé aux fils d’historiens. C’est tout le Québec qu’il faut récon­cilier avec ses bibliothèques.



Contexte

► À la question « Durant une semaine normale, combien d’heures as-tu passées habituellement à lire pour ton plaisir ? (incluant les livres, les revues, les journaux et le temps de lecture sur l’ordinateur ou l’internet) », environ 2000 adolescents de 15 ans ont répondu :
  • Aucune : 27 % (garçons : 32 %, filles 23 %)
  • Moins d’une heure : 25 % (garçons 26 %, filles 24 %)
  • De 1 à 2 heures : 21 % (garçons 20 %, filles 21 %)
  • 3 heures ou plus : 27 % (garçons 22 %, filles 32 %)


Les résultats permettent par ailleurs d’affirmer que moins un jeune lit, plus il est à risque de décrocher. Plusieurs études en éducation démontrent aussi que les difficultés en lecture au primaire peuvent mener un jeune à abandonner l’école, une fois rendu au secondaire.

À l’inverse, consacrer davantage de temps à la lecture dans ses loisirs est associé à une plus grande motivation et de meilleurs résultats scolaires, non seulement en français, mais aussi en mathématiques, conclut l’enquête.

Grâce à des données amassées depuis la petite enfance, l’étude permettrait aussi de démontrer que des enfants qui ont feuilleté des livres par eux-mêmes vers l’âge de 2 ans et demi sont plus susceptibles d’aimer la lecture une fois rendus au primaire, ce qui permet par la suite d’avoir de meilleurs résultats scolaires à 15 ans. Par ailleurs, les enfants dont les parents sont allophones présentent un plus grand intérêt pour la lecture au primaire, ce qui pourrait s’expliquer par le désir de certains de ces élèves de maîtriser la langue de leur pays d’accueil, peut-on lire. L’Étude ne semble pas considérer l’importance de la culture livresque dans certaines cultures (le prestige des lettrés en Asie par exemple) et l’effet de sélection des immigrants (immigrent d’abord des gens diplômés).

Par ailleurs, on a constaté qu’à caractéristiques égales, les élèves de 15 ans dont les parents parlent anglais seulement ou plus d’une langue (incluant le français ou l’anglais) à la maison sont plus susceptibles d’avoir un rendement dans la langue d’enseignement au secondaire dans la moyenne ou au-dessus de celle-ci que ceux dont les parents parlent seulement le français. Il en est de même des jeunes dont la langue d’enseignement est l’anglais plutôt que le français. Des études auprès d’élèves québécois révèlent une moins grande probabilité d’être à risque de décrocher (Giroux, 2007 ; Pica et autres, 2014) ou d’afficher un retard scolaire (Giroux, 2007) chez ceux qui fréquentent une école anglophone plutôt qu’une école francophone.

Voir aussi

Lecture — la catastrophe québécoise

Pas de classiques de la littérature, mais la lutte contre l'hétérosexisme en classe de français, d'anglais, d'histoire et de mathématiques

mardi 15 novembre 2016

Éric Lanthier : « L’école québécoise doit demeurer diversifiée et compétitive »

Par Éric Lanthier, ex-membre du Comité protestant du conseil supérieur de l’éducation

Le rapport du Conseil supérieur de l’éducation intitulé : Remettre le cap sur l’équité dénigre la diversité scolaire actuelle. En voulant freiner la diversité des profils, l’école verra un nivellement s’accentuer vers le bas.

Pour rendre les élèves plus instruits, plus cultivés et plus curieux, on doit leur donner le goût d’apprendre. Or, en intégrant tout le monde dans une même classe, on démotive l’ensemble des élèves et on finit par décourager l’enseignant. Ce n’est pas en intégrant tous les élèves d’un même quartier dans une même classe qu’on va rendre l’école plus stimulante. Loin de là! C’est en décloisonnant les structures et en donnant à chaque école une vocation particulière que les besoins réels de la clientèle scolaire québécoise seront comblés.

La source du problème

Le problème de l’école publique n’est pas la compétition que lui apporte l’école privée et le fait qu’elle écrème les meilleurs éléments. Non, c’est le fait qu’on n’a pas mis sur pied des écoles adaptées aux élèves en difficulté d’apprentissage. Au contraire, on veut les intégrer dans les classes ordinaires. Résultat: les élèves doués ne sont pas stimulés, les élèves réguliers ne voient pas la nécessité de faire des efforts et les élèves en difficulté tirent tout le jus des enseignants.

Le panorama global

En vérité, le Ministère de l’Éducation et le Conseil supérieur ont perdu de vue le panorama global, ce qu’on appelle communément en latin du Québec: «le big picture». Si le gouvernement se lançait dans la formation de programmes et d’enseignants spécialisés dans une vision spécifique pour les élèves en difficulté, on verrait de meilleurs résultats. Ce n’est pas que les ressources sont inexistantes. Non, ce qu’il manque c’est une vision reliée à une philosophie décentralisée de l’éducation.

Une intégration judicieuse

En voulant intégrer les élèves en difficulté dans les classes ordinaires et en forçant les écoles pour élèves doués à intégrer ces élèves, on est en train de pelleter le problème par en avant. Ce qu’il faut, ce sont des écoles qui adaptent leur enseignement à ce type de clientèle afin de les intégrer dans la société avec ce qu’ils ont comme potentiel. En ce moment, on tente de les intégrer avec ce qu’ils n’ont pas. Lorsqu’ils seront dans un environnement stimulant, certains d’entre eux finiront par s’intégrer dans d’autres types de programmes. Ce qu’il faut, c’est de les placer dans un milieu qui les amènera à aimer l’école. Pour cela, ils ont besoin d’un environnement qui correspond à leurs habiletés.

Enjeu idéologique


La preuve que l’enjeu est idéologique, c’est que les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur sont deux ministères distincts. Si les deux étaient sous le même chapeau, ce ministère fusionné pourrait attribuer des budgets spéciaux pour la recherche dans la pédagogie avancée à l’égard des élèves en difficulté d’apprentissage et mettre sur pied des écoles qui se spécialisent auprès de cette clientèle. Il y aurait également des budgets pour libérer des enseignants spécialisés afin qu’ils puissent parfaire leurs connaissances et leurs compétences. Ce ministère donnerait des bourses spéciales aux stagiaires qui se lanceraient dans un programme spécialisé.

Des écoles compétitives


Ces moyens existent à la pièce, mais ils ne font pas partie d’une vision qui est reliée à des écoles à vocation particulière pour les élèves en difficulté. Il est donc temps de changer l’approche et de travailler vers une meilleure équité envers les élèves doués, les élèves réguliers et les élèves en difficulté d’apprentissage ou «hors normes». Ce n’est pas en mettant tout le monde dans la même classe qu’on créera de l'initiative, de la vitalité et le goût d’apprendre. Ce dont nous avons besoin c’est une école stimulante et compétitive. Les écoles compétitives ont une vocation spécifique : innover pour offrir ce qu’il y a de mieux pour sa clientèle : qu’elle soit pour élèves doués, réguliers ou «hors norme».

Ainsi, abolir à petit feu les programmes internationaux et les écoles privées équivaudrait à demander aux joueurs de la LNH de s’inscrire dorénavant dans la ligue du beau-frère. La ligue du beau-frère peut être captivante pour le hockeyeur moyen, mais elle est très démotivante pour les athlètes de niveau supérieur. Il doit y avoir une sagesse derrière le fait qu’on sépare les athlètes paralympiques des athlètes olympiques…

Québec — Les écoles dites privées veulent plus de souplesse

Pour éviter que des jeunes s’ennuient sur les bancs d’école, la fédération qui regroupe les établissements dits privés (ils sont en réalité peu indépendants comme cette demande le prouve encore) réclame davantage de flexibilité afin qu’il soit plus facile de terminer son secondaire en quatre ans.


Selon Nancy Brousseau, directrice générale de la Fédération des établissements d’enseignement privés, le modèle « taille unique » n’est pas la bonne solution. « Ce n’est pas vrai que tout le monde fonctionne bien avec les mêmes règles », lance-t-elle.

Dans son mémoire rédigé dans le cadre des consultations sur la réussite éducative, la Fédération en arrive à ce constat en se basant notamment sur les résultats d’une enquête réalisée auprès de ses élèves en 2010 qui démontre que les jeunes ne se reconnaissent plus dans le modèle de l’école traditionnelle. Les jeunes étaient beaucoup plus critiques et démotivés par rapport à l’école qu’ils ne l’étaient dix ans auparavant.

Pour raviver la flamme, les écoles privées considèrent qu’elles doivent s’adapter davantage à leurs besoins, en « personnalisant » autant que possible l’enseignement.

Afin de motiver les élèves doués à rester sur les bancs d’école, il devrait être plus facile de suivre des parcours accélérés, leur permettant de compléter leur secondaire en quatre ans, affirme Mme Brousseau : « Ça se fait déjà, mais ce sont vraiment des cas d’exception. Ça pourrait devenir une pratique plus courante. »

Il vaut mieux s’adapter aux élèves plutôt que de les perdre, ajoute-t-elle, préoccupée par l’augmentation du nombre de jeunes qui sont scolarisés à la maison.

Vacances d’été moins longues ?

Une plus grande souplesse dans le réseau scolaire pourrait par ailleurs permettre de revoir la durée des vacances d’été, bien trop longues sur le plan scolaire, ajoute la directrice de la Fédération : « Neuf semaines en été, c’est complètement contre-productif. Y a-t-il moyen de repenser le calendrier scolaire autrement ? »

Plusieurs études démontrent que pendant ces longues semaines les élèves oublient plusieurs notions qu’ils doivent réviser ou réapprendre en début d’année scolaire.

Selon la Fédération, il faut non seulement revoir la façon d’organiser l’école, mais aussi les matières à enseigner et la façon de le faire, afin de mieux adapter l’école au XXIe siècle.

Les images de classes avec des pupitres placés « en rang d’oignons » devraient appartenir au passé pour laisser plus de place au travail d’équipe et aux échanges. Les notions de citoyenneté numérique devraient aussi être enseignées en classe, précise Mme Brousseau.

« Il faut former les jeunes pour le monde dans lequel ils vont évoluer, pas pour ce que nous, nous avons connu », lance-t-elle.

Ce carnet est bien évidemment pour plus de souplesse, mais cela ne devrait pas dire qu’il faudrait que toutes les écoles doivent adopter toutes les idées de Mme Brousseau.

La CAQ a adopté une résolution lors de son congrès national qui s’est déroulé la fin de semaine dernière dont l’objectif est de « permettre aux écoles qui le voudraient de répartir différemment les congés durant l’année pour éviter d’avoir une trop longue période de congés l’été ».

lundi 14 novembre 2016

Euthanasie au Québec : des médecins objectent et pas uniquement pour des raisons religieuses

Au Québec, les résultats d’une première étude qualitative réalisée dans deux unités de soins palliatifs entre janvier et août 2016, montre que « bien des zones grises subsistent dans la manière de traiter les demandes d’aide à mourir ».

Des médecins ont exprimé leur malaise quand ils sont impliqués dans les demandes d’aides à mourir. Et « même s’ils ne veulent pas être impliqués […], certains sont appelés à évaluer l’état du patient quand une demande est faite, car l’avis du médecin traitant aide à valider la demande », comme le souligne Emmanuelle Bélanger, chercheuse de l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal (IRSPUM).

Un médecin explique : « Quand la demande est survenue, j’offrais d’explorer les raisons, la détresse existentielle et spirituelle […], ce qui est une partie de mon travail. Le patient m’a en quelque sorte fait taire et ne voulait pas explorer cette avenue. Il ne voulait pas explorer ce qui le poussait à demander l’euthanasie. Nous avons été affligés par cela ».

Des médecins ont choisi l’objection de conscience. En l’absence de statistiques fiables, il est difficile d’évaluer leur nombre. L’étude montre que les motifs invoqués sont rarement religieux. « Les médecins ont plutôt la conviction que l’accès à de bons soins palliatifs pourrait remédier aux souffrances des patients qui optent pour l’aide à mourir. Plusieurs craignent qu’offrir l’aide à mourir dans leur unité mette en péril la tranquillité d’esprit des autres patients ».

Sources: Le Devoir (11/XI/2016)