samedi 25 octobre 2008

La DPJ, une menace inapplicable contre les parents qui retirent leurs enfants du cours d'ECR

La Voix de l'Est rapporte que les parents qui retirent leur enfant du cours d'éthique et culture religieuse peuvent le faire sans craindre que la Direction de la protection de la jeunesse intervienne. Manquer un cours ne justifie pas un signalement à la DPJ, selon Francine Gosselin, porte-parole du Centre jeunesse de la Montérégie.

Francine Gosselin insiste : « manquer un cours ne compromet pas le développement. » D'autant plus que la réussite du cours d'éthique et culture religieuse n'est pas nécessaire pour obtenir son diplôme d'études secondaires.

Restent les menaces de renvoi de l'école et les convocations des enfants seuls dans le bureau du directeur... Ah, la tolérance en action.

vendredi 24 octobre 2008

Denise Bombardier et les 72 % de parents qui veulent le choix en matière d'éducation morale et religieuse


Écoutez l'émission


Mme Bombardier pense toujours que seuls les catholiques s'opposent. Ah, il reste encore beaucoup de travail à faire !

Étrange également que Mme Bombardier ne comprenne pas que la seule façon tolérante de résoudre cette question qui suscite de telles réactions épidermiques, de pacifier les esprits, est de permettre le choix !

Les arguments des pro-choix berlinois

Logo de la campagne liberté de choix!

Nous en avions déjà parlé : il y a deux ans, les écoles secondaires et les cégeps berlinois, ville fortement à gauche, ont décidé de remplacer les cours de religions par des cours d'éthique, un mélange de philosophie, de valeurs morales et d'histoire des religions.

Une coalition est née récemment dans le but de permettre les enfants de choisir entre ce cours d'éthique similaire au cours ECR québécois et un cours de religion confessionnel (catholique, protestant, judaïque ou musulman).

logo PRO-Reli

La coalition Pro Reli a donc lancé fin septembre une initiative dont l'objectif est d'organiser un référendum dans la capitale. Le pape Benoît XVI a annoncé la semaine dernière qu'il leur apportait son soutien. Les partisans de l'enseignement religieux à l'école publique doivent récolter 170 000 signatures avant le 21 janvier 2009 pour obtenir l'organisation d'une consultation populaire.

Jeune partisan du choix en éducation morale et religieuse

Il nous a paru intéressant de nous pencher sur les arguments que les partisans du libre en choix en matière d'éducation morale et religieuses.

Sept arguments pour le choix

1) Le libre choix

Ce n'est qu'en proposant à l’école un choix entre l'éthique et la religion que chaque élève jouit d’une véritable liberté de choix. Ce n’est qu’en traitant de la même manière l'instruction religieuse et le cours d'éthique qu’ils peuvent choisir librement une des options en fonction de leurs convictions. Un programme d’éthique obligatoire démontre un manque de tolérance envers l’autre.

2) Respecter la diversité culturelle

Berlin vit de sa diversité culturelle. Elle doit être respectée. C'est pourquoi il faut prendre en compte chacun dans son identité religieuse et culturelle. Dans une ville multiculturelle comme Berlin, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac sans aucune distinction. Le cours obligatoire éthique traite tous les élèves sans aucune distinction. Offrir le choix d’un cours d’éthique ou de religion, en revanche, de par sa diversité de ce choix prend au sérieux les différences des élèves. De la sorte, que les élèves soient chrétiens, juifs, musulmans ou athées ils sont respectés pour ce qu’ils sont.

3) Promouvoir la tolérance

Les cours d’éthique et de religion font la promotion de la tolérance envers l’autre. Les élèves n'y apprennent pas seulement à valoriser leurs propres convictions de base, mais également à respecter les convictions en tant que telles. On incite de la sorte au respect et à la tolérance par rapport aux convictions d’autrui.

4) Témoignage authentique des professeurs

Dans le domaine de l’éthique ou de la religion, les enseignants n’enseignent pas une matière uniquement théorique. En tant que représentants de différents systèmes philosophiques, ils peuvent témoigner des valeurs que ces systèmes représentent. La théorie et la pratique vont ainsi de pair.

5) Protéger la neutralité des visions du monde

Faire de l'éthique un cours obligatoire pour tous pose un dilemme. Ce cours doit transmettre des valeurs, mais comme sujet obligatoire (non facultatif) il doit demeurer neutre. Il n'existe cependant pas de véritable transmission de valeurs sans système de référence. Et un système de référence est toujours couplé à des convictions à base idéologique qu'elles soient religieuses ou humanistes et laïques.

6) Empêcher le monopole étatique

La transmission de valeurs dans un sujet comme l’éthique n’est pas neutre sur le plan de la conception du monde. Quand l’éthique devient un sujet obligatoire – comme à Berlin –, l’État s’immisce inutilement dans le domaine philosophique. Cette intervention est contraire au devoir de neutralité de l’État.
En permettant le choix entre la religion et l’éthique, on résout cette contradiction. L’État s’efface complètement. L’élève décide seul s’il veut suivre une instruction morale confessionnelle ou une instruction humaniste et laïque.

7) Combattre le fondamentalisme

Permettre le choix entre un cours d’éthique ou un cours de religion diminue le risque de fondamentalisme. Des fanatiques religieux et des extrémistes radicaux existent malheureusement partout. Faire de la religion un cours d'instruction complet permet à celui de jouer un rôle de contrepoids important. Les élèves pourront apprendre dans ces cours officiels que la religion et le respect de constitution ne sont pas contradictoires. Ils y apprendront de manière concrète à travers le dialogue avec les autres conceptions du monde que vivre ses convictions ne peut qu’approfondir le respect et la tolérance envers les autres convictions.

Riverside School Board: “An injustice which I and many parents included feel has been committed”

(Incident similaire à celui déjà déploré de la Commission scolaire des Affluents à Repentigny il y a quelques jours : Des commissaires tentent de museler des parents et leur avocat.)
« On October 21st I was supposed to present to my school board an appeal to the decision that my child could not be exempt from the ethics and religious culture course. However, I was not able to present it because the lawyer I had brought with me to present the legal part of my argument was not allowed to express himself. It is unfortunate that we as parents have little to stand on in order to defend our rights and those of our children. I still wanted to share the contents of the letter with those parents who need help with arguments to sustain their will to exclude their child from the ERC course.

Gina Petrozza


A letter intended for the Riverside School Board

Dear Ladies and Gentlemen,

I am here today to plead my case with you on an injustice which I and many parents included feel has been committed. The ethics and religious culture course is not adapted to my child or any child for that matter.

I have seen two presentations from the Ministry of Education so it's not that I did not give it a chance.

I am the mother of five children, I am not a psychologist but I can assure you that a second look at the program can make one wonder, why such a program and why should it be taught to young kids. My child is a physical and spiritual being…PHYSICAL and SPIRITUAL. If we want to argue with that then we can go on for a long time and maybe this is where some of us may diverge. Certainly, by the looks of this course,
the government does.

I, as the parent of my child am in full realization of this and therefore take responsibility to guide my child as to form a complete whole being. A whole being that is ,which will, yes, have had the proper academic education administered by the state, whose needs as far as proper shelter and nutrition have been met and also, a set of values by which to live by.

These set of values are my responsibility as a parent towards my child. Furthermore these set of values are deeply tied in with my faith, something I transmit to my child. For I truly believe that we can set as many laws as we would like but our deep set knowledge of what is good and bad is tied in with our vision of who we are, where we came from and what happens after its all over.

Yes, I happen to be Catholic, not in a minority as some may wish to believe and belief in God guides my actions towards my fellow citizens more so than any man-made laws, rules or regulations.

As a bonus, when things turn sour and there seems to be nothing to hold on to I have something real to give me hope. I have my faith in God. A very specific God with a history, a story, a personal relationship.

This is not a religious pep talk. It is an explanation of what I'd like to transmit to my child. A set of values based on the reality not the probability or theory that God exists. A concrete testimony of my faith. It is essential, I hope you will agree, as essential as providing for my child in every other way.

I am not ready to give up this task to the state. You may argue that all this course will do is teach my child to be aware of other religious beliefs which will further help him or her understand, get along and deal with their neighbour. I argue that the end does not justify the means.

Rather by introducing our children to various ideologies, all that we are doing by the process of simple logical thinking is neutralizing all religion. The idea that nothing is good and nothing is bad and all is equal cannot be applied to a belief which is supposed to anchor a person for life.

Permit me to give you an analogy. Nancy's mom says to her one day. "Dear Nancy I have to tell you that you are my child but I am not sure who your Dad is really; could be Harry, Bob, John, Jack and I still can't remember the other guy's name.

In conclusion, my child needs one certainty, one truth. The way in which this course suggests open mindedness it plays with empathy in such a way that the mind fogs the line between acceptance of another religious culture with belief in another religious culture. I can pay testimony to this because as I was there sitting for the whole hour and a half through the education minister's preacher I could feel myself being lulled into a neutral state of mind, uncomfortably close to confusion.

Now, I've been around for a lot longer than my child whose only in grade 4. She can't help but wonder why I'm teaching her one thing at home and it sounds so different at school.

Therefore I can do what I like at home and even through church programs but the group therapy followed at school nullifies all. This may sound funny now but I worry for the future of all our children who will be led to believe that there is nothing out there that is real or can be taken seriously enough. A void is what is being created and a spiritual void can hurt as much as physical ailment and even more so for there is no pill for the pain. Or maybe the government has provided here too, with something new on the pharmaceutical market maybe.

Let me add that tolerance acceptance of others is learned at home. If parents criticize and put down any other group the child learns and imitates no matter what is taught at school. On the other hand it does not work with matters of faith because any religion is accepted on faith and strengthened by the faith of others around not by a constant remitting in question of an already abstract idea. This is what constant exposure to other religious cultures registers as, in a child's mind.

My second argument for the refusal of the ethics and religious culture course to be taught to my child is that the government has ruthlessly violated the charter of rights and liberties of the people.

Article 41 used to say that as parents we have the right to demand that in places of public education our children receive religious and moral education in conformity to our convictions.

Today the article 41 reads as the parents having the right to ensure religious education in conformity to their convictions only if the rights and interests of their children are met.

In other words the child's rights as a minor and of course unable to judge for himself precedes parental authority. Conclusion: our children are no longer under the guidance of their parents but now under the government's tutorial in matters of religious and moral instruction.

In addition the government abrogated article 20 in the public instruction law which once permitted a teacher to have the choice in not teaching certain contents which entered in conflict with their own convictions. Now, all teachers are forced to teach all contents of government programs such as the ethics and religious culture course.

No other country takes away the right to parental authority over their children. We should seriously ask ourselves why this one does and in by which interests it is motivated.

I still ask myself what was wrong with the choice of 75% of parents in Quebec when they ticked off Catholic instruction for their child and that at the same time the faiths of the rest of the population was respected by giving moral instruction. Finally the majority is not happy because their child is introduced to a mish mash of ideologies and the second group finds itself with an imposition of all kinds of religions. Confusion is on the agenda for both parents and children.

I love my country and the liberties and freedoms which I enjoy by being part of it. I can see that we have taken for granted those liberties and freedoms. I can see that things are changing and that if we don't stand up for our rights they will soon disappear, first in a subtle fashion and then with enforcement. The law which takes away my right over my child's wellbeing touches me personally. My right over this being entrusted to me by God will have to supercede my loyalty to government.
 »

jeudi 23 octobre 2008

72 % des parents québécois partisans d’un choix entre ECR et cours confessionnel

Un sondage réalisé par la société Léger Marketing pour le compte de l’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) révèle que près des trois quarts des parents québécois (72 %) sont d’accord pour que les parents aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse. Ce chiffre est de 68 % pour les Québécois sans enfant.

Quant à l’ensemble de la population québécoise, c’est plus des deux tiers (69 %) de celle-ci qui sont d’accord pour que les parents aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse. Un quart (26 %) de la population est en désaccord avec le fait que les parents aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse, alors que 5 % n’ont pas d’opinion sur cette question ou refusent d’y répondre.

Mme Jean Morse-Chevrier, présidente de l’Association des parents catholiques du Québec s’est réjouie de ces résultats : « Nous nous félicitons que la population reconnaisse que les parents doivent avoir l’option d’un enseignement religieux et moral pour leurs enfants à l’école en accord avec leur propre confession religieuse. Il faut souligner que, contrairement à ce qu’on entend parfois, la population n’est pas pour l’imposition du seul cours d’éthique et de culture religieuse qui est obligatoire dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec. Nous pensons que la manière la plus simple de résoudre la diversité des opinions est de suivre la sagesse des Québécois exprimée dans ce sondage et permettre l’option d’un enseignement religieux et moral confessionnel à l’école. »

C’est parmi les Québécois âgés de 25 à 34 ans que l’on retrouve la plus forte proportion de personnes en accord avec le fait que les parents aient le choix entre les deux types d’enseignement (80 %). Cette proportion se situe entre 66 % et 73 % pour les personnes de plus de 35 ans. De plus, 71 % des Québécois francophones sont d’accord pour que les parents aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse (contre 63 % des non-francophones).

Question : Seriez-vous d'accord pour que les parents aient le choix entre l'enseignement religieux confessionnel et le cours d'éthique et de culture religieuse ?

Résultat pour l’ensemble de la population québécoise

Oui69 %
Non26 %
Je ne sais pas, refus5 %


Résultat pour les Québécois ayant un enfant ou plus

Oui72 %
Non26 %
Je ne sais pas, refus2 %


Méthodologie

L’Association des parents catholiques du Québec a mandaté Léger Marketing afin d’évaluer la perception de la population québécoise envers le cours obligatoire d’éthique et de culture religieuse. Dans l’ensemble, 1 076 Québécois ont été interrogés entre le 9 et le 14 octobre 2008.

À l’aide des plus récentes données de Statistique Canada, les résultats ont été pondérés selon le sexe, l'âge, les régions et la langue maternelle afin de rendre l'échantillon représentatif de l'ensemble de la population adulte du Québec. Finalement, nous obtenons avec les 1 076 personnes sondées, une marge d'erreur maximale de ± 2,9 %, et ce, 19 fois sur 20.

Richard Martineau contre le cours d'ECR

Richard Martineau prend position, pas de cours d'éthique et de culture religieuse à l'école. Enfin, surtout pas de culture religieuse.

Extraits :
Le débat sur le fameux cours d'éthique et de culture religieuse confronte deux camps.

Ceux qui trouvent géniale l'idée d'ouvrir les jeunes à la diversité religieuse, avec l'angle culturel ET historique.

Et ceux qui voudraient que les enfants puissent être exemptés de ce cours afin de suivre un enseignement confessionnel.

Je propose une troisième voie.

Pourquoi ne sortirait-on pas tout simplement la religion des écoles ?

[...]

TOUT SE VAUT

Quant à l'approche « neutre » prônée par le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse (étudier les cultures sous l'angle historique et culturel), elle pèche par excès de politesse.

En effet, selon cette approche politically correct, TOUTES les religions s'équivalent et aucun dogme, même le plus ridicule ou le plus discriminatoire, ne mérite d'être jugé ou remis en question.

C'est le triomphe du relativisme. Il n'y a pas de morale absolue ni de valeurs universelles, mais DES morales et DES valeurs qui se valent toutes.

Comme le disait le philosophe grec Protagoras, chaque individu croit ce qui est vrai pour lui, et personne d'autre que lui ne peut critiquer ses croyances ou ses valeurs.

Bref, il ne faut pas dire « L'excision est une mutilation sexiste qu'il faut condamner », mais « L'excision est une pratique culturelle millénaire qu'il faut comprendre ».

mercredi 22 octobre 2008

Salmigondis de la ministre Courchesne à l'Assemblée nationale sur fond de cours ECR et de drapeau québécois sans croix

Nous reproduisons ci-dessous l'échange qui a eu lieu cet après-midi à l'Assemblée nationale de Québec vers 15 h 37.
— M. Proulx (ADQ) : Oui, M. le Président. D'abord, je vous salue pour cette première journée. Ma question sera à la ministre de l'Éducation. Vous savez, dans le cours d'éthique et culture religieuse, beaucoup de gens se font entendre depuis un certain temps peut-être parce que le cours est commencé, les gens apprennent à connaître le contenu. Je ne sais pas si, M. le Président, vous avez eu la chance ou si la ministre a lu la chronique de Richard Martineau la semaine dernière qui s'intitulait Dessine-moi un drapeau . Je vous fais lecture d'un paragraphe, M. le Président. « Discussion dans l'auto, l'autre jour, avec une de mes filles. C'est Richard Martineau qui dit: Comment tu trouves ça ton cours d'éthique. Alors, elle répond qu'elle trouve le prof très dynamique et elle dit: Cette semaine, on va redessiner le drapeau québécois, le prof dit qu'il n'est plus représentatif de la nouvelle réalité parce qu'il y a une croix dessus, il faut en créer un autre qui refléterait mieux le Québec d'aujourd'hui. »

M. le Président, le drapeau québécois, c'est celui qui est à côté de vous, c'est celui pour lequel tous les parlementaires devraient avoir beaucoup, beaucoup, beaucoup de respect. Est-ce que la ministre tolère qu'un enseignant au Québec dise à des étudiants que ce drapeau-là n'est pas digne de tous les Québécois ?

— Le Président : Mme la ministre de l'Éducation.

Des voix ...

— Le Président : S'il vous plaît. S'il vous plaît, la question a été posée. Mme la ministre de l'Éducation.

— Mme Courchesne : M. le Président, c'est bien sûr que je veux réitérer en cette Chambre que nous avons un profond respect pour le drapeau québécois et ça va tout à fait de soi par ailleurs que nous puissions dans nos salles de classe pouvoir enseigner à nos jeunes tout autant ce respect, mais aussi d'enseigner dans ce cours ce que veut dire la participation citoyenne et comment on devient un citoyen responsable et on peut apprendre à devenir un citoyen responsable dès le plus jeune âge, M. le Président.
Quel rapport y a-t-il entre la suppression de la croix du drapeau et la formation de citoyen responsable, etc. ?

Puisqu'on parle du cours d'éthique religieuse, je tiens à souligner à cette Assemblée qu'il se peut – qu'il se peut – qu'il y ait des accrocs de parcours, puisque c'était un défi énorme de pouvoir changer un cours sur 11 années d'enseignement.
Pourquoi ce manque de prudence ?
Mais, M. le Président, moi, je suis très reconnaissance à l'égard de tous les enseignants du Québec qui ont relevé le défi et qui relèvent le défi en ce moment
Le gouvernement leur a enlevé le droit de ne pas relever le défi (abrogation de l'article 20 de la Loi sur l'instruction publique) !
et je sais que nous avons davantage – davantage – je dirais, rassurer les parents sur ce cours-là. Et autant il y a certains qui puissent encore ne pas être d'accord..., moi, j'ai, à mon bureau, une très grande majorité de parents qui apprennent à fréquenter ce cours et qui sont très positifs...
Euh. Tous ces parents en faveur du cours d'ECR sont au bureau de Mme Courchesne ? A-t-elle ne fût-ce que reçu des gens opposés à ce cours comme ceux de la CLÉ ? Est-ce là une manière de dialoguer ?
— Le Président: En conclusion, Mme la ministre.

— Mme Courchesne: ...à cet égard-là, M. le Président.

— Le Président: Merci, Mme la ministre. M. le député de Trois-Rivières, pour l'additionnelle.

— M. Proulx: Oui, M. le Président. Mme la ministre n'est pas sans savoir, M. le Président, que, la semaine dernière, il y avait entre 1 500 et 2 000 personnes qui marchaient à Montréal pour justement décrier le cours d'éthique et de culture religieuse.

Est-ce que la ministre à tout le moins s'engage à ce que des événements comme celui-là ne se reproduise plus? Quelles démarches avez-vous faites, M. le Président, pour que cela ne se reproduise plus et qu'un enseignant montre à des enfants que notre drapeau, il est dépassé aujourd'hui?

— Le Président: Mme la ministre, à vous la parole.

— Mme Courchesne: M. le Président, c'est évident que, lorsque nous avons... on attire à notre attention sur des éléments comme celui-là, c'est évident que nous remontons la filière et que nous allons à la source pour nous assurer des propos qui doivent être correctement tenus dans toutes les salles de classe.
Bref, d'être plus sournois dans l'imposition de l'interculturalisme ?
Mais, M. le Président, je tiens à dire à cette Assemblée, pour votre information, que, sur 1 million d'enfants qui fréquentent nos écoles aujourd'hui, il y a 1 112 qui ont fait une demande d'exemption.
Dans les écoles publiques uniquement, il n'y a pas 1 million d'enfants dans le secteur public. Plus de mille demandes de dérogation dans le secteur public, malgré l'assurance que toutes les demandes seraient refusées !
M. le Président, c'est à peu près 1 %.
Alors, je pense qu'on doit encore une fois dire que, comme société québécoise, nous relevons un très beau défi pour apprendre à mieux vivre ensemble au Québec.
Slogans d'une vacuité totale. Comment vivait-on mal ensemble auparavant, en quoi l'intimidation et les menaces pour imposer ce cours montrent que « nous relevons un très beau défi pour apprendre à mieux vivre ensemble au Québec » ?

Hans Küng passé sous silence dans Le Devoir ?

Patrice Perreault, « bibliste » de Granby a fait publier un même texte dans la Voix de l'Est et dans le Devoir. Chose intéressante c'est la Voix de l'Est — qui limite pourtant le plus la longueur des textes (au maximum 600 mots) — qui a publié l'intégralité de la lettre de ce « bibliste ». Le Devoir, pour sa part, a raccourci la lettre pour en omettre un passage qui invoque Hans Küng, théologien interdit d'enseigner la théologie par le Vatican. Pour ne pas effrayer certains catholiques qui croient vraiment encore que les partisans du cours d'ECR sont des catholiques orthodoxes ? Un peu comme le passage sous silence systématique dans Le Devoir de l'opposition d'une école catholique privée, Loyola, au cours d'ECR.

À des fins pédagogiques, nous reproduisons ci-dessous la lettre de M. Perreault dans son intégralité avec le passage supprimé par le Devoir en rouge.
La manifestation orchestrée par la Coalition pour la liberté en éducation (CLE) le 18 octobre suscite une perplexité certaine. Comment expliquer une telle opposition au nouveau programme? Est-il possible que celle-ci tire son origine d'une certaine compréhension du phénomène religieux?

Celui-ci, comme toute dimension humaine, est marqué par une ambiguïté produisant des effets opposés. Il peut tout aussi bien libérer qu'asservir. Autrement dit, le religieux peut se nourrir de valeurs d'exclusion ou d'inclusion. Le philosophe Henri Bergson parlait de la dimension plus conservatrice du phénomène religieux qui prône la sécurité face à l'angoisse existentielle.
Il n'est pas certain que l'angoisse existentielle libère !
Les gens adhérant à cette dynamique religieuse cherchent à conformer le réel à leur conception de l'Absolu ou de la religion. En général, ces personnes adoptent des valeurs éthiques axées sur des repères limpides et considérés comme immuables. Un certain pessimisme anthropologique caractérise cette approche du phénomène religieux au point de renforcer une forme de conservatisme social.
Oui, ce pessimisme anthropologique est bien conforme à la nature pécheresse des hommes pour les chrétiens. On ne sait pas trop d'où les optimistes anthropologiques tirent leur optimisme, mais ce n'est pas dans le christianisme ni même la triste réalité historique.
Une orientation première

L'autre dimension du religieux met l'accent sur des normes d'ouverture à l'altérité. Elle reconnaît la complexité du réel, établit une relation inclusive plutôt qu'antagonique avec la différence.

Cette relation donne naissance à la conscience sociale et suscite l'engagement avec d'autres pour transformer le monde. Il importe, ici, de faire observer qu'il s'agit d'une typologie et qu'aucune personne ne correspond entièrement à l'une ou à l'autre dimension. Cependant, il existe fréquemment une composante majeure qui détermine, en grande partie, l'orientation première.

À cet égard, le nouveau Programme d'éthique et de culture religieuse constitue un excellent test de Rorschach. Les réactions manifestées à ce programme s'avèrent fort révélatrices des tendances fondamentales. Par exemple, l'opposition farouche de parents trahit une attitude religieuse bien spécifique. Elle s'appuie sur un modèle culturel «d'exclusion» décrit plus haut. Ce modèle dessine une frontière hermétique entre le monde «extérieur» considéré comme hostile et l'univers «intérieur» de la communauté perçu comme un havre de paix et d'harmonie.

Or, le nouveau programme ECR s'inscrit dans la compréhension du phénomène religieux comme espace inclusif.
On ne sache pas que le volet éthique du programme ECR s'inscrive dans une quelconque compréhension du phénomène religieux.
Pour le programme, la différence ne constitue pas une menace à l'identité personnelle, mais en représente un aspect incontournable puisqu'elle incite à entrer en relation avec l'altérité. La frontière devient poreuse et inclusive entre le monde «extérieur» et le monde «intérieur» de la communauté. Au lieu d'observer un antagonisme du binôme monde-communauté, le paradigme privilégié par le programme, conçoit plutôt la communauté comme une partie intégrante du monde en relation étroite avec d'autres communautés humaines incarnées au cœur d'une biosphère dynamique en changement perpétuel.
On ne voit pas très bien où ce « bibliste » veut en venir. Croit-il vraiment que les gens contre le programme d'ECR ne considèrent pas que leur communauté est dans le monde changeant ? Mais ce « bibliste » ne connait-il pas la distinction entre le « dans le monde» et « de ce monde » dont le Christ parle ?

Voir Jean 15, 19 : « Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui lui appartiendrait; mais vous n'êtes pas du monde : c'est moi qui vous ai mis à part du monde et voilà pourquoi le monde vous hait. »

Voir aussi Jean 17, 14-18 :«14 Je leur ai donné ta parole et le monde les a pris en haine, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde. 15 Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du mauvais. 16 Ils ne sont pas du monde comme je ne suis pas du monde. 17 Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. 18 Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde. »

Fin des certitudes

Un tel paradigme implique la fin des certitudes absolues. Cela explique l'accusation fausse de relativisme du programme.
Facile d'affirmer que cette accusation est fausse, il faudrait encore le prouver. Car, quand il n'y a plus de certitudes absolues, comme c'est le cas par exemple dans le volet d'éthique du cours, que reste-t-il ? Un relativisme borné en classe par le respect, la non-violence et l'esprit des Chartes de droits au mieux. C'est maigre et n'aura pas nécessairement d'effet en dehors de la classe pour les jeunes adultes devenus autonomes ou plutôt « anomes ».
Ses visées cherchent davantage à permettre à l'enfant de comprendre le phénomène religieux et de lui donner les outils pour écouter les représentations différentes tout en le situant dans la tradition culturelle et historique de la société.
En les situant de quelle façon et dans quelle tradition culturelle de quelle société ? La tradition judéo-chrétienne de la société québécoise ? Ou une autre « tradition » plus récente et privilégiée par certains pédagogistes et partisans de ce cours ? Bref, l'arbitraire.
En d'autres termes, le programme permettra de saisir que l'autre ne pense pas nécessairement comme soi et que sa différence est légitime.
Toutes les différences sont d'ailleurs légitimes (mais attention on n'est pas relativistes !), sauf celles des gens de le CLÉ ?
Pour les parents qui entrevoient le phénomène religieux comme un espace délimité par une frontière stricte, le paradigme du nouveau programme suscite tout un choc culturel. Dès lors, peut-on se surprendre qu'ils souhaitent préserver à tout prix leurs enfants de ce programme? [...]
Cette ellipse ([...]) remplace ce passage publié, lui, dans la Voix de l'Est mais pas dans le Devoir :

Le grand théologien Hans Küng résume bien les causes de ce choc culturel par la concomitance de paradigmes socioreligieux qui fait se côtoyer des personnes croyantes qui ne partagent pas la même mentalité. Cela suscite un conflit des représentations face au réel et à la société.

Est-il possible que l'opposition face au nouveau programme ECR résulte de la collision entre divers paradigmes, l'un moderne et l'autre plus «écohumaniste» qui intègre le pluralisme dans un système ouvert? Si cela s'avère, il importe dès lors d'accompagner, avec sollicitude et par le dialogue, tant les personnes opposées à ce programme que leurs enfants dans ce douloureux passage.
Euh, pour les forcer à passer contre leur gré ?
Cependant, rappelons que dans tout vrai dialogue, les personnes acceptent la possibilité de se laisser transformer complètement par l'échange afin de créer, espérons-le, une société plus inclusive, égalitaire, solidaire et unie dans la diversité.
Il semble pourtant simple d'assurer cette diversité : laisser le choix comme le demande justement la CLÉ&thinsp!

En passant, la transformation semble être un but en soi pour ce « bibliste ». On ne voit pas pourquoi quand tout est devenu légitime.

Plus de précisions sur les menaces et intimidations faites à l'encontre de parents de Granby

La Voix de l'Est du 21 octobre rapporte plus de détails sur les menaces et intimidations faites à l'encontre des parents de Granby qui, inquiets de l'éducation morale et religieuse de leurs enfants, les ont retirés du cours d'éthique et de culture religieuse imposé par l'État à tous les enfants du Québec.
« Un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Voilà de quoi sont menacés les parents qui refusent que leur enfant assiste au cours d'éthique et culture religieuse. Julie Clément n'en revenait pas, vendredi, en lisant une lettre que lui a adressée Paul André Boudreau, directeur de l'école secondaire Paul-Germain-Ostiguy à Saint-Césaire. […] Si votre enfant persiste à ne pas assister au cours d'éthique et culture religieuse, je devrai signaler son absence à la DPJ avec les conséquences qui en découleront, écrit-il. »
Menaces, appel à la DPJ
« C'est un signe d'intimidation. On embarque dans les menaces, c'est insensé, lance Mme Clément. Je suis étonnée, je m'attendais à ce qu'on me parle d'abord d'une retenue. »
Menaces de renvoi !
« Si c'est vrai cette menace, la DPJ viendra à la maison et on discutera en prenant un café, lance Diane Gagné. La menace de DPJ n'est pas ce qui choque le plus cette mère, dont le fils étudie en 4e secondaire. La directrice a rencontré mon fils sans que je sois là, soutient Diane Gagné. Ça lui a fait peur. Il ne veut pas se faire sortir de l'école. »
Notons que cette direction menace également de renvoi de l’école publique cet étudiant sans problème… alors que le Gouvernement investit des millions de dollars contre le décrochage scolaire !

Intimider les enfants en l'absence des parents

Linda Foisy reproche également à la direction d'avoir intimidé ses jumeaux qui sont en 4e secondaire.
« Moi et mon conjoint avons écrit à la directrice pour lui dire que c'est à nous qu'elle devait s'adresser, note Mme Foisy. C'était de l'intimidation de rencontrer mes fils. »
Du bluff ? Commission scolaire s'en remet à la justice

Ces tentatives d'intimidation ne visent qu'à effrayer les parents, selon Sylvain Lamontagne insitigateur du mouvement de boycottage à Valcourt. Certains ont abandonné la bataille, trop inquiets des représailles. « C'est un jeu de patience, lance-t-il. Le plus patient des deux va gagner. » Sandra Thibodeau, agente de communication à la commission scolaire du Val-des-Cerfs, admet qu'un signalement à la DPJ n'est peut-être pas approprié. « On sait que nous ne sommes pas devant des cas de négligence parentale, dit-elle. On n'en est même pas encore à des suspensions. » À quoi doivent s'attendre les parents ? « Je ne suis pas en mesure de dire quelle est la suite des choses, répond Mme Thibodeau. Il est trop tôt pour dire quelles seront les sanctions. »

Pourquoi alors toutes ces menaces officielles de sanctions ?

Selon la Voix de l'Est, la commission scolaire du Val-des-Cerfs espère que la Cour supérieure lui donnera une piste de solution. Le juge Jean-Guy Dubois déterminera, le 6 novembre au palais de justice de Drummondville, quand la cause sera entendue.

mardi 21 octobre 2008

Questioning the Ethics and religious culture course

(Version anglaise de l'émission Sel et Lumière consacrée au cours d'ECR, mais avec un peu de matériel original en anglais)

In continuing its Catholic religion course, Montreal’s Loyola High School now contravenes the government’s new Ethics and Religious Culture curriculum.

Salt and Light, a Canadian Catholic not-for-profit cable network, investigates the reasons behind the refusal of Loyola to teach this course. As we will see, Loyola's principal, Paul Donovan, claims ERC imposes a relativistic agenda on students and that this ideology may not be imposed by a government on a Catholic institution.

In the process of this report, Salt and Light asks Bishop Pierre Morissette, one of the bishops in favour of this course, Mr. Bergevin, a representative of Quebec’s Ministry of Education, Richard Décarie of the Coalition pour la liberté en éducation and the principal of Loyola High School to present their point of views on this controversial course.

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