mercredi 30 mars 2016

Étude française — collégiens et pratique religieuse

En février dernier, le CNRS a publié les premiers résultats de l’enquête Les adolescents et la loi. Dirigée par Sebastian Roché, Sandrine Astor et Guillaume Roux, elle s’est faite dans le cadre de la 3e édition de l’enquête internationale de victimisation et de délinquance autodéclarées. Elle cherche notamment à déterminer le rapport entre les jeunes et les institutions publiques, mais également à étudier les pratiques sociales et culturelles des adolescents, et les valeurs qui les tendent.

Pour ce faire, plus de 9 000 collégiens (de la 5e [12 ans] à la 3e [15 ans]) des Bouches-du-Rhône (sud de la France) ont été interrogés. Répartis dans 91 établissements scolaires, ils forment un échantillon extrêmement large, qui permet de mieux connaître les jeunes de la France « métissée » d’aujourd’hui.

Si cette étude aborde de nombreuses questions, allant de l’environnement familial des élèves à leurs pratiques délinquantes en passant par leur rapport à l’école, la partie 5, « Athéisme, religion et laïcité », met en lumière un véritable chiasme entre les élèves se disant musulmans et les catholiques.

Les auteurs remarquent une première grande différence entre les musulmans et les catholiques : la place que la religion a dans la vie des uns et des autres. Les musulmans sont 83 % à considérer que la religion est importante ou très importante dans leur vie quotidienne (ils sont qualifiés de musulmans affirmés), quand ce n’est le cas que de 22 % des catholiques.


Si l’on regarde dans le détail, on constate que les musulmans se sentent très largement liés aux membres de leur religion (78,7 %), beaucoup plus que les catholiques (30,3 %). De plus, les musulmans sont 90,7 % à être fiers de leur religion, ce qui n’est le cas que de 49,4 % des catholiques.


Les jeunes musulmans ont une vision rigoriste de leur religion : 84,9 % d’entre eux sont fortement ou complètement d’accord avec l’affirmation « il n’y a qu’une seule interprétation du livre sacré » ; ce n’est le cas que de 31,9 % des catholiques.


De même, 80,1 % des musulmans sont plutôt ou tout à fait d’accord avec l’affirmation selon laquelle « il faut appliquer scrupuleusement tous les principes de sa religion » ; ils ne sont rejoints que par 35,9 % des catholiques.


Cette vision rigoriste des choses a une application concrète dans le rapport des jeunes à la loi. Si une loi heurtait un principe religieux, 68,1 % des jeunes musulmans déclarent qu’ils suivraient le principe religieux, et 14,7 % qu’ils suivraient la loi. Les jeunes catholiques, eux, sont 33,9 % à privilégier le principe religieux, et 26,6 % à suivre la loi.



La religion a un rapport beaucoup plus important avec l’école et la culture chez les musulmans que chez les catholiques, quel que soit le degré de religiosité.

Prenons par exemple le rapport à la théorie de l’évolution. 71,8 % des musulmans affirmés (qui représentent 83 % des musulmans) pensent que Dieu a créé les espèces vivantes, et 6 % qu’elles sont le résultat de l’évolution. Chez les catholiques affirmés (qui représentent 22 % des catholiques), 48,2 % des jeunes interrogés pensent que Dieu a créé les espèces vivantes, 30 % qu’elles sont le résultat de l’évolution.

Il y a également une nette différence parmi ceux qui sont modérés. C’est ainsi que 39,5 % des musulmans modérés pensent que Dieu a créé les espèces vivantes, quand c’est le cas pour 14,8 % des catholiques modérés. 31 % des musulmans pensent que les espèces vivantes sont le fruit de l’évolution, contre 58,6 % des catholiques.

Les athées, eux, sont 66,3 % à penser que les espèces vivantes sont le résultat de l’évolution (et 5,7 % qu’elles ont été créées par Dieu, ce qui est quelque peu étonnant pour des gens qui se disent athées).




Les musulmans sont également beaucoup moins tolérants vis-à-vis du blasphème. 53,3 % des musulmans affirmés et 37,9 % des musulmans modérés pensent que les livres et films qui attaquent la religion devraient être interdits ; ce n’est le cas que pour 32,3 % des catholiques affirmés et 20,3 % des catholiques modérés.

Les athées sont 16,6 % à penser que les œuvres culturelles attaquant la religion devraient être interdites, et 37,1 % autorisées (soit moins que chez les catholiques modérés).


Le rapport entre hommes et femmes est également très différent pour les musulmans et les catholiques. Ainsi, 36,4 % des musulmans affirmés et 16,9 % des musulmans modérés trouveraient normal de séparer hommes et femmes à la piscine ; ce n’est le cas que pour 9,8 % des catholiques affirmés et 6,4 % des catholiques modérés. Quant aux athées, ils sont 5,3 % à trouver normale l’idée de séparer les hommes et les femmes à la piscine.



Quant au rapport aux homosexuels, 47 % des jeunes musulmans affirmés et 24,5 % des musulmans modérés considèrent que les homosexuels ne sont pas des gens comme les autres, quand ce n’est le cas que de 23,5 % des catholiques affirmés et de 16,8 % des catholiques modérés. Les athées, eux, sont 13,2 % à considérer que les homosexuels ne sont pas des gens comme les autres.



Rappelons que les musulmans sont 83 % à rentrer parmi les affirmés, quand les catholiques ne sont que 22 %…

Ces résultats sont riches d’enseignement. Ils démontrent que les jeunes musulmans ont une approche beaucoup plus rigoriste de leur religion que les jeunes catholiques. Surtout, ils montrent que le rapport aux femmes, aux homosexuels, à la tolérance religieuse ou à la science ne dépend pas tant du niveau de religiosité que de la religion en elle-même : les jeunes catholiques affirmés sont plus tolérants vis-à-vis des homosexuels que les jeunes musulmans modérés.

Cette étude pourrait indiquer que les fractures d’aujourd’hui ne se situent pas tant entre religieux conservateurs et athées progressistes, mais bien entre les diverses religions avec les musulmans d’un côté, les catholiques et les athées de l’autre. Pour d’autres, cette étude souligne des divergences culturelles (les athées et catholiques étant assez permissifs, individualistes et modernes) alors que les musulmans perpétuent une culture méditerranéenne traditionnelle.

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lundi 28 mars 2016

Étude — En 40 ans les enfants ont perdu 25 % de leur capacité physique

Selon une étude australienne menée par Grant Tomkinson, les jeunes de 9 à 16 ans auraient perdu 25 % de leurs capacités cardiovasculaires. Dans un communiqué publié en février, la Fédération française de cardiologie s’était inquiétée des résultats de cette étude. « Concrètement, ils courent moins vite et moins longtemps : en 1971, un enfant courait 800 mètres en 3 min. En 2013, pour cette même distance, il lui en faut 4. Il est temps de recommencer à bouger ! » a ainsi commenté le Professeur François Carré, cardiologue au CHRU de Rennes.



Sur la chaîne de radio française Europe 1 lundi midi, le docteur Eric Saldmann a expliqué pourquoi.




« Les enfants bougent moins, font du gras, et seront des adultes malades ». Le constat dressé par le cardiologue et nutritionniste Eric Saldmann, sur Europe 1 lundi midi, est accablant, inquiétant. Il vient corroborer une étude australienne reprise par la Fédération française de cardiologie qui affirme qu’en 40 ans, les enfants ont perdu près de 25 % de leur capacité cardiovasculaire.

La sédentarité en cause. « Cette étude reflète ce qui se passe en Europe et aux États-Unis », précise le Dr Eric Saldmann. Pourquoi une telle aggravation sanitaire ? Pour le spécialiste, la sédentarité des enfants est manifestement en cause. « Ils courent moins vite, ils s’essoufflent, ils ont perdu en capacité cardiorespiratoire », complète-t-il. Les enfants « passent des heures et des heures devant des consoles à jouer à des jeux vidéo ». Mais ce n’est pas qu’à la maison que la position assise est privilégiée. À l’école, les enfants passent de nombreuses heures à travailler à leurs bureaux. « Il y a des activités physiques à l’école, mais ce n’est pas suffisant, il en faut beaucoup plus ».

Le sport, c’est aussi bon pour le cerveau. Faire davantage de sport à l’école, « c’est la clé », estime le cardiologue, prenant en exemple les pays anglo-saxons qui proposent à leurs élèves « moitié d’étude, moitié de sport ». Et les bienfaits d’un tel emploi du temps se ressentent aussi bien physiquement qu’intellectuellement. « Quand on fait beaucoup d’exercice, on a une meilleure mémoire, on est intellectuellement plus puissant », souligne le Dr Eric Saldmann. Enfants et adolescents peuvent également être moins anxieux grâce à la libération d’endorphine liée à la pratique sportive.

Se protéger des maladies. Le sport est un véritable « bouclier » contre les maladies cardiovasculaires. Mais pas que ! « Si vous faites 30 minutes d’exercice physique par jour sans vous arrêter, 1 004 molécules protectrices sont libérées », précise le spécialiste. Résultat : 40 % de chance en moins de développer un cancer ou un Alzheimer. De quoi donner envie de quitter son canapé.





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Étude — Baisse de « solidarité » corrélée à l'augmentation du nombre d'étrangers

David Rueda, professeur en sciences politiques à l’Université d’Oxford a mené une étude dans toute l’Europe sur l’acceptation des systèmes de redistribution par les différentes classes sociales en Europe.

Elle fait ressortir toute une série de conclusions intéressantes, mais dont certaines sont critiquables : partout en Europe de l’Ouest, la « solidarité » diminue en corrélation avec la proportion d’étrangers allogènes dans les différents pays. Mais que ce n’est pas chez les « pauvres » que la demande de solidarité diminue.

Certes il y a partout en Europe une forte prédilection pour la politique de redistribution. Mais il existe un rapport manifeste entre l’homogénéité d’une société et le soutien à la redistribution. Plus le pourcentage d’étrangers dans un pays est petit, plus grand est le soutien à la redistribution. Les plus grands adeptes de l’État-providence vivent dans des pays comme le Portugal qui comptent dans leur population un pourcentage relativement faible d’étrangers. C’est dans des sociétés très multiculturelles, par exemple aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne, qu’on trouve le moins de soutien à la redistribution.

C’est aussi chez les « riches » que la propension à la solidarité baisse nettement dans le sillage de l’immigration de masse. Les « riches » seraient en effet, selon Rueda, favorables à la solidarité non pas par « peur de devenir pauvre », mais par « altruisme ». Il parle même du « luxe de l’altruisme » pour caractériser l’attitude de ces derniers.

Mais il y aurait un hic : les riches ne seraient disposés à la solidarité qu’envers « ceux qui leur ressemblent »… en bref les nationaux d’origine indigène, et non les étrangers récemment immigrés. La conclusion : les systèmes sociaux sont menacés de défection du fait… du « racisme des riches ».



En Allemagne le système de redistribution n’a jamais été en effet un système de « solidarité des riches avec les pauvres » basé sur « l’altruisme » en application de principes de « justice sociale ». En Allemagne comme en France, la réalité économique et comptable des systèmes sociaux consiste en un système de transfert de revenus des productifs (ce qui est loin d’être synonyme de « riches ») vers les improductifs (ce qui est loin d’être synonyme de « pauvres ») parce que l’argent se trouve principalement chez les productifs. Y compris des productifs pauvres du privé vers les riches bénéficiaires de privilèges du public. Les termes de « solidarité », de « justice sociale » ou « d’altruisme » sont des descriptions morales qui relèvent d’une pensée idéologique.

À la lumière de ce rappel, l’étude de David Rueda peut être lue d’une tout autre manière.

Ce ne sont pas les pauvres qui sont plutôt globalement favorables à l’immigration de masse, mais plutôt les véritables ayants-droit du système de redistribution. Ceci est empiriquement observable en France, où les associations militantes œuvrant en faveur des réfugiés, migrants allogènes et oubliant les indigènes, se composent en très grande partie de gens issus des secteurs publics et parapublics. Des gens peu menacés par la globalisation et la pression à la baisse des salaires qu’une forte immigration peut signifier. Pour ces militants, le système de redistribution est justifié pour des raisons idéologiques, morales et religieuses ; les aspects comptables, à savoir l’équilibre précaire des régimes sociaux ne les intéressent pas, ils nient totalement la question ou renvoient à la « nécessité morale » de faire payer davantage encore les « riches », pour des raisons de « justice sociale » et de « solidarité ». Et ils ont du temps pour militer, ce qui n’est pas du tout le cas des payeurs — qui n’ont jamais été sur le fond les « riches », mais les classes moyennes du secteur privé.

On trouverait sûrement des nuances à apporter à l’attitude des « pauvres » et notamment de ceux qui étaient déjà hier les véritables laissés-pour-compte du système de « justice sociale » et qui le sont encore plus du fait de la poussée migratoire. L’étude de Rueda ne fait en effet aucune distinction entre les privilégiés du système et les laissés-pour-compte.

Mais le fait majeur est la réticence de plus en plus grande des payeurs à continuer à financer les systèmes sociaux dans les conditions actuelles. Ils ne l’ont jamais fait par « altruisme », mais sous l’effet d’un rapport de force entre productifs et improductifs et dans un esprit d’assurer la paix sociale. De ce point de vue, les payeurs sont infiniment plus sensibles aux aspects d’équilibre comptable que les véritables ayant-droits, qui ne sont pas des riches, mais bel et bien des privilégiés surprotégés estimant que les ressources des systèmes sociaux sont infinies. Dire qu’une grande partie des migrants est peu qualifiée, inemployable à moyen voire à long terme pour de multiples raisons et qu’elle vient déséquilibrer très fortement le rapport entre les productifs et les improductifs relève du simple bon sens.

Les systèmes sociaux, qui ont été traditionnellement en équilibre en Allemagne du fait de l’excellence de son système de formation, de la souplesse de son système fiscal, et d’une économie remarquablement diversifiée, parfaitement adaptée à la demande mondiale et structurellement fondée sur les PME-PMI sont fortement menacés de déséquilibre profond par le raz-de-marée migratoire. L’immigration de masse pourrait bel et bien mettre en danger les équilibres financiers des systèmes sociaux allemands et donc leur acceptation parmi les contribuables nets… et chez les laissés-pour-compte.

Cette alliance entre, d'une part, les urbains « riches » et les bénéficiaires du système public et parapublics et, d'autre part, les immigrés peut également s’expliquer par d'autres raisons objectives dans les métropoles occidentales. Le géographe français Guilluy s'est ainsi demandé pourquoi la classe moyenne est en déclin à Paris comme dans la plupart des grandes villes européennes et il répond : parce que les villes européennes n’ont pas vraiment besoin d’une classe moyenne. Les emplois occupés auparavant par les classes moyennes et populaires, principalement dans le secteur manufacturier, sont maintenant pourvus de façon plus rentable en Chine. Ce dont les grandes villes occidentales ont besoin, c’est d’équipements et de services pour les catégories aisées qui y vivent. Ces services sont aujourd’hui fournis à bas prix par des immigrés. Les classes supérieures et les nouveaux arrivants s’accommodent plutôt bien de la mondialisation. Ils ont donc une certaine affinité, ils sont complices d’une certaine manière.

Christophe Guilly dans Fractures françaises cite les travaux de Robert Putnam sur la perte de confiance dans les sociétés multiethniques. Dans un article retentissant publié en juin 2007, ce sociologue et politiste en arrive à formuler un certain nombre de conclusions inattendues de la part d'un « progressiste », et qu'on peut réduire à quatre thèses :
  1. Plus la diversité ethnique grandit, plus la confiance entre les individus s'affaiblit  ;
  2. dans les communautés les plus diversifiées, les individus ont moins confiance en leurs voisins  ;
  3. dans ces mêmes communautés, non seulement la confiance inter-ethnique est plus faible qu'ailleurs, mais la confiance intra-ethnique l'est aussi ;
  4. la diversité ethnique conduit à l'anomie et à l'isolement social.

Il va de soi que de telles conclusions, établies à partir d'une enquête conduite d'une manière exemplairement scientifique sur un échantillon d'environ 30 000 individus, ne peuvent qu'affoler les adeptes du « politiquement correct » en matière d'immigration (célébrée comme une nécessaire « richesse ») et les partisans du multiculturalisme. D'où sans doute l'idée qu'il faut agir au plus tôt sur les enfants en les « socialisant » correctement par des cours idéologiques comme le programme d'éthique et de culture religieuse (ECR).

Pour être honnête, il faut dire que Putnam qui est un « liberal » américain pense que ces difficultés liées à la diversité sont passagères et que, sur le long terme (mais à long terme nous serons tous morts comme disait Keynes), l'immigration est une bonne chose. Enfin, Putnam base son optimisme sur l'immigration passée, c'est-à-dire très majoritairement européenne, aux États-Unis à une époque où le nombre de bras était primordial pour coloniser un continent si vaste et si vide aurait été une bonne chose...

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dimanche 27 mars 2016

Grande-Bretagne – La lente disparition de la mention « Pâques » sur les œufs

C’est la plus importante fête chrétienne de l’année. Elle célèbre la résurrection du Christ fondamentale à la foi chrétienne. Si deux milliards de personnes commémorent celle-ci dans le monde, elle semble disparaître lentement pour ce qui est des œufs de Pâques, du moins en Grande-Bretagne.



Un nombre croissant d’œufs en chocolat sont en vente au Royaume-Uni sans aucune mention du mot « Pâques » sur le devant de l’emballage. Beaucoup de marques parmi les plus connues de Grande-Bretagne ont tranquillement laissé tomber le nom de la fête chrétienne de leurs produits pascaux, elles vendraient maintenant des produits de Pâques décrits comme de simples « œufs en chocolat » ou même « œufs ». C’est ce qu’affirment les responsables de « Real Easter Egg » (Véritable Œuf de Pâques), des chocolatiers « équitables » qui n’hésitent pas orner d’un message chrétien au lieu d’images de lapins et des poussins et versent les bénéfices à des institutions charitables.



La société « Chocolats pleins de sens », basée à Manchester, a été fondée il y a six ans dans une tentative de réintroduire sur le marché des œufs de Pâques qui mentionnent l’histoire de Pâques ainsi que calendriers de l’Avent. Mais, depuis lors, selon le fondateur de l’entreprise David Marshall, la tendance à la sécularisation n’a fait que progresser alors que, désormais, de nombreux produits ne mentionnent plus du tôt Pâques. « Il semble qu’il y ait une tendance. Beaucoup d’entreprises ne sont pas à l’aise avec l’aspect religieux de la fête de Pâques. »

David Marshall mentionne plusieurs exemples notamment le « Cadbury Easter Egg Trail Pack » (le paquet de la piste des œufs de Pâques) dont l’emballage ne porte désormais plus que la mention de « Egg Hunt Pack » (le paquet de la chasse aux œufs). L’emballage version 2016 de l’œuf de Pâques de Quality Street, produit par Nestlé, dit simplement : « Grand œuf de chocolat au lait fourré au Quality Street ». De même, l’œuf de Pâques Milkybar (Galak), également un produit Nestlé, est maintenant étiqueté d’un simple « Œuf de chocolat blanc Galak ». L’emballage des œufs vendus par les concurrents de Nestlé, Cadbury, suit un modèle similaire. « Il semble qu’il y ait une tendance », a déclaré M. Marshall. « Beaucoup d’entreprises ne sont pas à l’aise avec l’aspect religieux de la fête. » S’ils veulent rendre leur produit attrayant au plus grand nombre de personnes, il se peut qu’ils veuillent supprimer les références à la fête chrétienne parce que toute mention sera considérée comme un attachement à une tradition religieuse ».



Mais un porte-parole de Nestlé a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas eu de décision délibérée de laisser tomber le mot de Pâques sur ses œufs et que les clients font un lien « automatique » avec le festival, même si le mot n’est pas mentionné. Les « Œufs en chocolat » sont synonymes de Pâques et de l’histoire de Pâques depuis le début du siècle dernier, et l’association se fait désormais de façon automatique », a-t-il ajouté au Daily Telegraph de Londres. « Il n’y a pas eu de décision délibérée de laisser tomber le mot Pâques de nos produits et le nom est encore largement utilisé chez Nestlé. »

Cadbury n’a pas répondu aux demandes de commentaires du Daily Telegraph. On apprend par ailleurs que Cadbury a déclaré que « Pâques est indiqué sur le dos de l’emballage de nos Œufs de Pâques — la plupart de nos œufs de Pâques ne mentionnent ni Pâques ni Œuf à l’avant de l’emballage parce que nous n’avons pas l’impression que nous devions le préciser.

Source

samedi 26 mars 2016

Pâques — Chorale Cœur Joie de Damas en Syrie

Cent quatorze enfants syriens ont apporté un message de paix et d'espérance. La chorale syrienne Cœur Joie de Damas, invitée par SOS Chrétiens d'Orient en France.













vendredi 25 mars 2016

Pologne — Allocation familiale universelle pour lutter contre l'implosion démographique

Famille polonaise, nombreuse elle est devenue rare
À partir du 1er avril, l’État polonais versera aux familles 500 zlotys (environ 160 $) par enfant et par mois à partir du deuxième enfant. Ce montant, dans un pays où le salaire net moyen est de 2800 zlotys par mois, représentera une aide non négligeable, notamment pour les familles avec 4 enfants et plus dont le quart environ vivent avec un revenu en dessous du minimum vital (statistiques de 2012).

Depuis la chute du communisme en 1989-90, c’est la première fois que des allocations familiales de ce type sont mises en place en Pologne. Cette allocation ne sera pas conditionnée aux de revenus des parents (contrairement à la politique du Parti libéral du Canada), mais elle sera versée à partir du premier enfant pour les familles dont le revenu par tête est inférieur à 800 zlotys (ou à 1200 zlotys pour les familles avec un enfant handicapé).

Cette mesure faisait partie des promesses électorales du PiS qui souhaite mener une politique familiale volontariste pour contrer le désastre démographique depuis l’effondrement du régime communiste. Car avec 1,3 enfant par femme, la Pologne est un des pays au monde avec le taux de fécondité le plus bas. Les faibles salaires polonais n’y sont sans doute pas pour rien, puisque les Polonaises résidant au Royaume-Uni ont au contraire un taux de fécondité supérieur à 2,1 (c’est toutefois un effet de sentiment de richesse relative connu à travers le monde : les Tunisiennes de France ont plus d’enfants que les Tunisiennes de Tunisie par exemple).

Parallèlement, la nouvelle majorité conservatrice (PiS) au pouvoir depuis novembre a voté il y a quelques jours une nouvelle loi qui interdit aux tribunaux de confisquer les enfants à leurs parents au motif de l’incapacité financière de ces derniers à assurer des conditions de vie suffisantes. Jusqu’ici, il n’était malheureusement pas rare que des juges retirent la garde d’enfants à leurs parents précisément pour des motifs liés au niveau de vie et aux conditions d’habitation des familles.

dimanche 20 mars 2016

Québec — Le français perd de plus en plus de terrain au travail

Extrait d’une lettre ouverte de Jacques Létourneau parue dans Le Devoir  :

Si l’application de la Charte de la langue française adoptée en 1977 avait réussi à faire passer le nombre de Québécois et de Québécoises travaillant généralement en français de 64 % en 1971 à 73 % en 1989, cette proportion a diminué à 66 % en 2010, soit un taux similaire à celui qui prévalait avant l’application de la Charte.

Situation inquiétante

Dans le secteur privé, la situation est inquiétante. À l’échelle du Québec, la main-d’œuvre qui travaille généralement en français dans les entreprises s’élevait à 70,8 % en 1989 pour tomber à 59,7 % en 2010 ! Dans la région de Montréal, toujours en 2010, ce pourcentage a chuté sous la barre des 50 %, pour atteindre 44,4 %. Sur l’île de Montréal même, la situation est catastrophique : le pourcentage d’employées et employés dans les entreprises qui travaillent généralement en français est passé de 45,3 % en 1989 à 32,1 % en 2010. À Montréal, d’ailleurs, 40 % des petites et moyennes entreprises exigent la connaissance de l’anglais lors de l’embauche. [Note du carnet : tous ces postes n’ont pas de contact avec des clients ou des collègues anglophones...]

Au-delà de ces données chiffrées préoccupantes, un constat se dessine : la bilinguisation est de moins en moins le fruit de l’apprentissage d’une autre langue, mais bien une obligation pour beaucoup trop de travailleurs et de travailleuses d’apprendre l’anglais pour obtenir un poste. À Baie-Comeau, par exemple, le syndicat de Hôtel-Motel la Caravelle se bat pour le droit de travailler en français. La situation dans le secteur de la santé, pourtant régi par le gouvernement du Québec, est elle aussi inquiétante. Selon une étude de l’IREC2, plus de 35 % du personnel soignant québécois s’exprime régulièrement en anglais au travail. La considération des allophones comme des demandeurs de services en anglais est l’un des vecteurs de ce phénomène. [Et certains prétendent que l’immigration n’a plus d’impact sur l’anglicisation du Québec... ce ne serait que l’effet de la « mondialisation » qui a bon dos.]

Les secteurs public et privé de la région métropolitaine se révèlent des lieux stratégiques quant à l’intégration des immigrants et immigrantes au marché du travail. Et si le bilinguisme devait continuer à dominer les milieux de travail montréalais, la vitalité du français sera vraiment menacée. Les statistiques tirées d’une autre étude de l’IREC3 montrent que 20 % des immigrants, soit environ 200 000 d’entre eux, ne parlent pas le français. Ce constat menace la survie de la langue française au Québec.

[Note du carnet : nous avons aussi connu plusieurs patrons francophones à Montréal (ne parlons même pas des anglophones !) qui imposaient le bilinguisme aux francophones (les anglophones pouvaient être unilingues) alors que ces employés n’avaient aucun contact avec de la clientèle hors Québec.]

Absence de volonté politique

L’aspect le plus inquiétant de la situation demeure l’absence de volonté politique d’agir. Le gouvernement a l’intention d’accepter un plus grand nombre d’immigrants sans investir davantage dans les services d’intégration et de francisation. Dans ce contexte d’austérité, la francisation des nouveaux arrivants sera mise en péril.

Par ailleurs, l’Office québécois de la langue française (OQLF), affaibli par les coupes budgétaires, peine à jouer son rôle. Il faut lui redonner les moyens pour qu’il puisse s’assurer de la mise en place et du soutien de comités paritaires fonctionnels dans les entreprises de plus de 100 employées et employés, et ainsi faire respecter la prépondérance du français au travail.

Pour éviter que les célébrations de la Semaine de la langue française ne deviennent un jour que des activités folkloriques, le gouvernement se doit de protéger à tout prix le statut du français comme langue officielle de travail partout au Québec.

samedi 19 mars 2016

Australie — Le programme « écoles sûres » fait polémique, le gouvernement recule

Des « écoles sûres » : c'est le nom d'un programme mis en place dans 500 établissements australiens censément pour lutter contre l'intimidation contre les homosexuels, les bisexuels et les transgenres à l'école. (Ce n'est pourtant pas un motif habituellement important d'intimidation, voir le graphique ci-dessous.) Des élus conservateurs font pression sur le Premier ministre pour qu'il suspende le projet.


C'est Tony Abbott qui avait lancé ce programme « des écoles sûres » lorsqu'il était Premier ministre. Aujourd'hui, il a signé une pétition demandant qu'une enquête parlementaire soit diligentée et que le programme soit mis sur pause en attendant ses conclusions.

Le mois dernier, le premier ministre Malcolm Turnbull avait dit faire un geste envers les élus les plus conservateurs en acceptant d'ordonner une révision du programme « Écoles sûres ». Le rapport doit être publié très bientôt, mais George Christensen, député conservateur du Queensland, ne veut pas attendre. C'est lui qui est à l'origine de la pétition. Des parents sont inquiets :
« Des parents sont venus me voir, ainsi qu'un enseignant qui travaille dans une école qui offre ce programme. Les gens sont inquiets, et je pense que le gouvernement devrait demander l'avis des parents, des professeurs et de tous ceux qui sont concernés. »

Le programme prétend aider les enseignants à lutter contre l'homophobie et à aborder la question de la « diversité sexuelle » avec les élèves pour éviter toute discrimination au sein des écoles. Mais pour George Christensen et les autres élus qui ont signé sa pétition, le programme fait la promotion d'une idéologie LGBT dans les écoles.

Une vidéo amateur enregistrée lors du Symposium national de la Coalition pour des écoles sûres en 2014 montre clairement que le but du programme n'est pas d'éviter l'intimidation dans les écoles, mais de valoriser l'homosexualité, la bisexualité et le transgénérisme. La campagne vise, par ailleurs, à intimider ceux qui s'opposeraient à cette valorisation. La vidéo montre la coordinatrice de la Coalition pour des écoles sûres dans l'État de Victoria, Roz Ward à la coupe garçonne et aux vêtements unisexes, qui s'adresse à un public clairsemé. Elle y affirme que « Coalition pour des écoles sûres vise à soutenir la diversité sexuelle et « de genre ». Il ne s'agit pas de célébrer la diversité, ni de mettre fin à l'intimidation. » Roz Ward se plaint aussi du « fait qu'il n'y a pas d'élèves homosexuels dans nos écoles » en offrant cette explication « parce qu'ils ne sont pas visibles, n'est-ce pas ? » Il s'agit donc de les faire sortir du placard et de valoriser une orientation LGBT.


Mme Roz Ward s'adresse au public : « Il ne s'agit pas de lutter contre l'intimidation »

Les députés et des sénateurs conservateurs s'inquiètent de l'inopportunité de certains documents en regard de l'âge des écoliers, certaines activités de jeu de rôle seraient également inappropriées.

Cette polémique révèle aussi les dissensions qui existent au sein de la majorité, puisque de nombreux élus libéraux sont favorables au programme. C'est le cas d'Ewan Jones :
« Ma femme est enseignante, mon frère était prof. De nombreux amis de ma femme sont enseignants. Ils voient ça comme un outil qu'on leur donne et qu'ils peuvent utiliser comme ils le souhaitent pour faire ce qu'ils considèrent bien au sein de leurs écoles, auprès de leurs classes et pour les élèves. Est-ce que je suis d'accord avec tout ce qu'il y a dans le programme ? Non. Je pense qu'il y a des choses inappropriées, mais je ne veux pas l'interdire ».
À la suite de cette fronde, vendredi 18 mars 2016, le ministre de l'Éducation, Simon Birmingham, a déclaré que certaines parties du programme changeraient et que celui-ci ne serait utilisé dans les écoles secondaires.

Le député Christensen s'est réjoui de ces changements : « Les élèves ne seront pas dirigés vers des sites pour adultes ou vers des groupes qui organisent des ateliers de jouets sexuels pour les jeunes et ce genre de choses. »

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