mercredi 5 novembre 2014

Québec — baisse des naissances pour les 8 premiers mois de 2014

Le Québec a connu une nouvelle baisse des naissances pendant les huit premiers mois de 2014 par rapport aux mêmes mois de l’année précédente. Il serait en effet né 58.450 enfants pendant les huit premiers mois de 2014 comparés aux 58.900 des huit premiers mois de l’an dernier. Un baisse d'un peu moins d'un pour cent.

Rappelons que la population du Québec continue de croître (principalement par l’immigration) et que le taux de natalité (nombre de naissances par 1000 habitants) devrait donc chuter une nouvelle fois en 2014 si la tendance se maintient pendant le reste de l’année. Cette chute devrait être supérieure à la baisse du nombre de naissances (0,66 %) puisque la population a continué de croître.

Le taux de natalité a atteint son niveau récent le plus haut en 2008-2009 à 11,3 ‰, depuis lors il a entamé une descente lente et constante pour atteindre 10,9 ‰ en 2013. L’indice synthétique de fécondité (nombre d’enfants par femme en âge de fécondité) est en baisse constante depuis plus de cinq ans pour atteindre 1,649 enfant par femme en 2013. Il est désormais inférieur à celui de la Russie, pays dont la démographie était considérée comme très inquiétante.

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Québec — Chute de la fécondité pour une cinquième année de suite




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lundi 3 novembre 2014

Québec — Le taux d'échec en français bondit en 5e secondaire

Le français donne du fil à retordre aux élèves de cinquième secondaire. Ils ont été plus nombreux à échouer à l’épreuve ministérielle d’écriture en juin 2014 que l’année précédente. Plus d’un élève sur quatre n’a pas obtenu la note de passage, le taux de réussite étant de 73,4 % comparé à 79,7 % en 2013, selon des données préliminaires obtenues par Le Soleil.

Ces chiffres comprennent les résultats obtenus dans les réseaux d’éducation public et privé. En tenant compte seulement des élèves qui fréquentent les écoles secondaires publiques, la diminution est encore plus marquée : le taux de réussite, qui était de 76,2 % l’an dernier, est de 69,4 % pour l’examen de juin 2014. Cette épreuve d’écriture consiste à rédiger une lettre ouverte d’environ 500 mots.

Les résultats officiels n’ont pas encore été rendus publics par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), mais des résultats provisoires circulent depuis déjà quelques semaines dans les commissions scolaires. Ces chiffres ne tiennent toutefois pas compte des résultats des élèves aux reprises, qui se déroulent en août et en janvier.

Analyse en cours

Au MELS, la porte-parole Esther Chouinard indique qu’une analyse plus approfondie des résultats serait en cours pour tenter de comprendre ce qui peut expliquer cette baisse du taux de réussite. « L’épreuve ministérielle d’écriture de cinquième secondaire serait équivalente aux épreuves des années antérieures. Elle aurait connu le même processus d’élaboration et de validation que les épreuves des années antérieures », ajoute Mme Chouinard.

À l’Association québécoise des professeurs de français (AQPF), la présidente par intérim, Geneviève Messier, affirme qu’il serait intéressant que l’analyse du Ministère soit rendue publique, afin que « les enseignants du secondaire puissent s’ajuster » au besoin.

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Rémi Brague sur l'islam, la culture classique et l'Europe


Extraits d’un entretien donné au Clarion Review en 2009 par le philosophe Rémi Brague, membre de l’Institut et Professeur de philosophie grecque, romaine et arabe à l’Université Panthéon-Sorbone et à la Ludwig-Maximilian Universität de Munich.

Pourriez-vous nous donner des exemples d’erreurs qui sont fréquemment commises, et que vous vous sentez contrait de corriger à partir de votre expertise particulière de la philosophie médiévale juive, chrétienne et islamique ?

Oui. Par exemple : les gens continuent à considérer le judaïsme, le christianisme et l’islam comme les trois religions monothéistes, comme les trois « religions du Livre », et comme les trois religions d’Abraham. C’est trois fois absurde. Parler des trois religions monothéistes est incorrect, car il en existe plus de trois. Plus important encore, le judaïsme, l’islam et le christianisme sont monothéiste de manières très différentes. Dans la tradition juive, Dieu est le Dieu qui est fidèle à l’histoire, et libère son peuple de l’esclavage en Égypte. Dans le christianisme, Dieu se compose de l’amour mutuel entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Pour les musulmans, en revanche, Dieu est un seul bloc solide.

Le second malentendu, c’est l’idée qu’il existe « trois religions du livre ». C’est trompeur, parce que le sens du livre est très différent dans chaque religion. Dans le judaïsme, le Tanakh est une histoire écrite de l’alliance entre Dieu et le peuple d’Israël, presque une sorte de contrat. Dans le christianisme, le Nouveau Testament est l’histoire d’une personne, Jésus, qui est le Verbe de Dieu incarné. Dans l’islam, le Coran est « incréé » [uncreated], il est descendu du ciel sous une forme parfaite. C’est seulement dans l’islam que le livre lui-même est ce qui été révélé par Dieu. Dans le judaïsme, Dieu se révèle dans l’histoire du peuple juif. Dans le christianisme, Dieu se révèle comme amour dans la personne de Jésus. Le judaïsme et le christianisme ne sont pas des religions du livre, mais les religions avec un livre.

La troisième idée fausse est de parler des « trois religions abrahamiques ». Les chrétiens se réfèrent généralement à Abraham comme une personne qui lie ces trois religions ensemble, et qui est partagée par eux. Dans le judaïsme, il est le « père fondateur ». Mais dans le Coran il est écrit : « Abraham n’était ni Juif ni chrétien. » (III, 67). Pour les musulmans, Abraham était un musulman, comme fut le premier homme, Adam. Selon l’islam, les premiers prophètes ont reçu la même révélation que Mahomet, mais le message a ensuite été oublié. Ou il a été trafiqué, avec de mauvaises intentions. Ainsi, selon l’islam, la Torah et les Évangiles sont des faux.

Dans l’ensemble, il faut le dire, que les religions ne peuvent pas être comparées facilement. Il existe des différences fondamentales. Pourtant, elles sont constamment discutées comme si elles étaient essentiellement la même chose.

Certains diront qu’il y a beaucoup de différences fondamentales, même au sein du christianisme ou de l’islam. Vous êtes-vous déjà fait critiquer pour avoir parlé de l’islam comme s’il s’agissait d’un ensemble singulier, alors qu’en réalité, il en existe de nombreuses formes à travers le monde ?

Ma réponse à ce reproche est l’histoire suivante : il était une fois un chimiste qui avait écrit un traité sur l’élément cobalt. Parce que le cobalt pur n’existe pas dans la nature, mais seulement dans les composés avec du silicium, du cuivre et d’autres éléments, le chimiste a été critiqué : pourquoi écrire un traité sur quelque chose qui ne peut être trouvé n’importe où, et ainsi ne semble pas exister ? Le chimiste répondit que, précisément parce qu’il voulait comprendre tous ces différents composés de cobalt qui se produisent à travers le monde, il avait besoin d’étudier les propriétés du cobalt pur. De la même manière, je suis un « essentialiste ». Je ne peux pas dire grand-chose sur chaque musulman, mais je sais certaines choses au sujet des affirmations fondamentales de l’islam, que chaque musulman partage : le Coran tel qu’il est dicté par Dieu, Mohammed, ou le « bel exemple », la Mecque qui est la direction de la prière, etc. Je ne sais pas comment l’Europe devrait intégrer ses immigrés musulmans, et je ne dis pas que la théologie peut fournir toutes les réponses. Mais les sciences sociales et les statistiques ne le font pas non plus. Pour comprendre l’islam cependant, vous devez être prêt à prendre l’interprétation islamique de l’islam au sérieux. Vous devez étudier la théologie, la manière dont elle se comprend.

Quel est votre point de vue sur les formes modérées de l’islam ?

Un islam modéré serait une très bonne idée. Il existe des musulmans modérés, mais l’islam a sa logique interne, tout comme les autres religions.

Qu’en est-il des sociétés islamiques en Andalousie mauresque en Espagne du Sud, au Moyen Âge ? Elles sont souvent citées en exemple de tolérance.

De nombreux mythes bien intentionnés circulent sur l’Espagne islamique. Les musulmans y étaient en effet assez tolérants les uns envers les autres. Mais dans la ville souvent romancée de Cordoue, la famille du philosophe juif Maïmonide juif fut bannie, Averroès exilé, et de nombreux chrétiens furent martyrisés. S’il y avait bien une certaine forme d’éveil islamique au Xème siècle, sous l’influence de penseurs tels que Al-Farabi, il a été enterré dès le onzième. La philosophie n’a jamais atteint l’islam traditionnel. Un penseur « éclairé » comme Averroès a été complètement oublié dans le monde arabe, mais ses œuvres ont été largement étudiées en hébreu et en latin. Et les textes originaux ont été réédités en Europe à partir du milieu du XIXe siècle. Par ailleurs, dans un de ses livres, Averroès a souligné que les hérétiques doivent être tués (voir L’Incohérence de l’incohérence, XVII, 17).

Pourquoi la philosophie a-t-elle joué un rôle si important en Europe, mais non dans le monde arabe, où de nombreux textes (occidentaux) classiques de philosophie n’ont été conservés qu’en traductions arabes ?

La philosophie a toujours été marginale dans le monde islamique, mais s’est épanouie en Europe. Pourquoi ? Eh bien, ce n’était pas à cause d’une différence de sources : tous deux disposaient des œuvres d’Aristote et de quelques textes néo-platoniciens. L’Europe dut commencer avec seulement le début des travaux logiques d’Aristote et attendre le XIIe siècle pour que le reste soit disponible en latin. En outre, il n’y avait aucune différence de génie entre leurs philosophes. Thomas d’Aquin n’était pas plus brillant qu’Al-Farabi. La grande différence, c’est que la philosophie n’a jamais été institutionnalisée dans le monde islamique. Elle le devint en Europe grâce aux universités. Tous les grands philosophes musulmans étaient des amateurs. Ils pratiquaient la loi ou travaillaient comme médecins, parce que la philosophie n’existait pas en tant que profession. Par conséquent, la philosophie est restée une armée composée seulement de généraux, alors qu’en Europe, elle a été enseignée dans les universités, où les philosophes ont à leur tour formé des avocats, des médecins et des théologiens.

Par ailleurs, presque tous les textes traduits du grec au Moyen-Orient ont été traduits par les chrétiens. Il n’y a qu’un seul exemple d’un penseur islamique précoce ayant étudié une langue non islamique : Al-Birouni. C’est une autre différence : les savants islamiques ont lu les ouvrages classiques dans leurs traductions arabes, alors qu’en Europe, certaines personnes au Moyen Âge — et toute l’élite intellectuelle du XVe siècle — ont appris les langues classiques. Ils l’ont fait pour lire les textes originaux.

Vous insistez souvent sur l’importance de l’apprentissage des langues classiques. Pourquoi ?

L’apprentissage des langues classiques est essentiel à la civilisation européenne. J’ai publié en 1992 une brève étude de l’identité culturelle de l’Europe : Europe, la voie romaine, qui a été traduit en anglais Eccentric Culture : A Theory of Western Civilization. Je préfère le titre anglais, car il affirme immédiatement la thèse centrale du livre. La chance de l’Europe est sa pauvreté initiale. Pendant très longtemps, l’Europe est restée éloignée des centres culturels existants en Asie. Les Européens étaient barbares, habitant de lointains rivages glacés du nord. Et ils le savaient eux-mêmes. Étudier les langues classiques, et s’imprégner ainsi d’une civilisation totalement différente de la leur, leur a donné conscience du fait qu’ils étaient des barbares puants, qui avaient besoin de se laver au savon de civilisations supérieures. Les Romains étaient bien conscients qu’ils étaient culturellement inférieurs aux Grecs. Mais ils ont aussi eu le courage de l’admettre. Et c’est précisément ce qui leur a donné la force d’absorber la civilisation hellénique, et de l’étaler sur les terres conquises. La caractéristique essentielle de la culture européenne, c’est qu’elle est excentrique. Pas dans le sens d’un Anglais qui prend un bain avec son chapeau melon, mais dans le sens que les deux sources de sa civilisation, Athènes et Jérusalem, se trouvent en dehors de la zone géographique de l’Europe elle-même. Le culture européenne est basée sur la reconnaissance du fait que nous sommes des barbares qui se sont civilisés en internalisant des sources culturelles « étranges ».

Est-ce propre à l’Europe ?

Oui, la civilisation occidentale est quelque chose de très étrange et inhabituel. La plupart des civilisations ont un seul centre. L’Islam a la Mecque. L’Égypte ancienne avait Memphis. Babylone avait Babylone. Mais la civilisation occidentale a deux sources, Athènes et Jérusalem — la tradition juive et plus tard, chrétienne, et celle de l’antiquité païenne, — souvent décrites comme étant en conflit dynamique. Cette opposition est fondée sur l’opposition des Juifs et des Grecs, empruntée à Saint Paul, qui a ensuite été systématisée de différentes manières : l’hellénisme contre l’hébraïsme, la religion de la beauté contre la religion de l’obéissance, la raison contre la foi, l’esthétique par rapport à l’éthique, etc. Une chose curieuse est que l’une n’a jamais été avalée par l’autre. L’Europe n’est ni juive ni grecque. Dans « Rome », c’est-à-dire dans le christianisme (par exemple, l’Église catholique romaine), Jérusalem et Athènes sont simultanément réunies et tenues à l’écart.

Avec l’avènement du christianisme, les cultures précédentes n’ont pas été détruites, mais une nouvelle civilisation a été formée. Comme les Romains qui avaient reconnu que leur culture était « secondaire » à celle des Grecs, les chrétiens ont reconnu que le judaïsme a précédé le christianisme. Cette compréhension a donné à la civilisation européenne une ouverture unique et une humilité envers les réalisations culturelles considérables du passé.

Cette humilité est une grande force. Elle favorise la prise de conscience que vous ne pouvez pas simplement hériter d’une tradition civilisatrice, mais que vous devez travailler très dur pour l’obtenir — pour contrôler le barbare à l’intérieur de nous. Cela a donné à la culture européenne la possibilité de renaissances : la redécouverte des sources de notre culture, de corriger ce qui s’est mal passé.

Cela devient évident dans les différentes manières dont l’Islam et le christianisme ont approché leurs sources grecques et juives classiques. La différence peut être décrite par les mots « digestion » et « inclusion ». Dans l’Islam, les textes juifs et chrétiens d’origine ont été digérés, transformés en quelque chose de complètement nouveau, purement authentique à l’Islam lui-même. En Europe en revanche, les textes originaux ont été laissés dans leur état d’origine. L’Ancien Testament chrétien et le Tanakh juif sont presque exactement les mêmes, et les chrétiens reconnaissent les origines juives des livres de l’Ancien Testament. De même, les Pères de l’Église ont pris la philosophie classique, et Thomas d’Aquin a étudié Aristote et inclus des notions aristotéliciennes dans sa théologie. Pourtant, les chercheurs n’ont jamais cessé de lire les œuvres d’Aristote lui-même.

Le succès de l’Europe occidentale est remarquable. Qui aurait pu penser au début du Moyen Âge que l’Europe occidentale deviendrait si puissante, et non les civilisations byzantines ou islamiques ? L’Europe est un continent de parvenus. Les complexes d’infériorité romaine et chrétienne ont travaillé comme des éperons sur un cheval.

Ainsi, un complexe d’infériorité culturelle peut être une bénédiction ?

Bien sûr, il y a de bonnes et de mauvaises façons de traiter avec un complexe d’infériorité. La bonne façon est de travailler plus fort, ce que les Européens ont fait. La mauvaise serait ressentiment.

Pensez-vous qu’il existe une menace que l’Europe perde cette ouverture unique ? L’Occident est-il de plus en plus « normal » ?

Avec le déclin du christianisme et de l’éducation classique, l’Occident est en effet de moins en moins intéressé par les sources classiques de notre civilisation. Moins savoir sur notre propre civilisation semble aussi nous faire perdre la capacité à écouter attentivement ce que nous pourrions apprendre des autres. Les Chinois nous montrent que, pour survivre, vous devez travailler. Et que faisons-nous ? Nous les appelons les « fourmis jaunes ». Les musulmans nous montrent que, pour survivre, vous devez procréer. Nous les appelons des « fondamentalistes ». Les Américains pourraient nous apprendre que vous ne devez pas vous faire oublier que vous avez des ennemis. Et que faisons-nous ? Nous les appelons des « cowboys ».

Pourquoi permettons-nous que cela se produise ?

Peut-être que nous avons été victimes de notre propre succès. Il semble que les Européens ont mangé la carotte de la civilisation qui sert à les stimuler pour aller de l’avant. Pour survivre, nous devons apprendre à rester humbles, en dépit de nos succès.

Traduction par le Bulletin d’Amérique, corrections éditoriales.

Voir aussi

Meilleur « vivre-ensemble » grâce à la connaissance ?

« Un Dieu, trois religions »

Histoire — « On a trop souvent mythifié el-Andalous »

Manuel d'histoire (2) — Chrétiens tuent les hérétiques, musulmans apportent culture raffinée, pacifique et prospère en Espagne

Rémi Brague : « Notre modernité n’ose pas revendiquer ses racines chrétiennes »



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« Le fractionnement du revenu : une mesure plus équitable pour les familles canadiennes »


L’Institut du mariage et de la famille a salué l’initiative du gouvernement fédéral canadien qui permettra le fractionnement des revenus pour les familles avec des enfants mineurs. Ce fractionnement permettra d’uniformiser les règles du jeu fiscal pour les familles canadiennes avec enfants. La directrice générale de l’Institut, Andrea Mrozek, a déclaré au sujet du fractionnement du revenu familial :

« Malheureusement, les familles canadiennes éprouvent aujourd’hui des difficultés. Les
Canadiennes et les Canadiens ont environ 40 % de chances de divorcer avant de fêter leur 30e anniversaire de mariage. Nous observons un nombre croissant de familles monoparentales qui sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté. Nous observons un nombre croissant de familles dont les parents sont conjoints de fait, unions plus susceptibles de se solder par une rupture. Nous constatons que le nombre de mariages et de naissances est inférieur au taux de remplacement, alors nous avons raison de nous inquiéter. Derrière ces statistiques familiales se cache, bien sûr, une grande douleur émotionnelle. Nous menons nos travaux de recherche en vue d’alléger les souffrances. Les réformes fiscales sont une façon d’aider les familles. Nos recherches nous poussent à faire les recommandations suivantes.

Premièrement, nous recommandons que l’on éradique une inégalité qui existe actuellement en instaurant une mesure fiscale pour les familles, en l’occurrence le fractionnement du revenu. Cette mesure permet l’équité horizontale ou fiscale dans les familles. Elle fait en sorte que les familles qui se ressemblent et qui ont le même revenu aient aussi le même taux d’imposition, quelle que soit la façon dont elles obtiennent ce revenu. Les membres des familles n’équilibrent pas leur budget individuellement, mais ensemble. La politique fiscale devrait encourager le partage, car c’est une bonne chose qui témoigne de la force d’une famille.

Une bonne majorité de Canadiennes et de Canadiens, quelle que soit leur allégeance politique, reconnaissent l’injustice actuelle. En effet, 65 % des personnes qui appuient les conservateurs, 55 % de celles qui appuient les néo-démocrates et 54 % de celles qui appuient les libéraux conviennent du bien-fondé du fractionnement du revenu, tout comme l’éminent économiste canadien, Jack Mintz. C’est une mesure qui a été appliquée dans une gamme de pays comme la République tchèque, l’Allemagne et la France sans soulever la controverse.

Il est clair que l’équité fiscale est la principale raison d’instaurer le fractionnement du revenu. Cependant, près de la moitié de toutes les familles canadiennes qui ont actuellement des enfants de moins de 18 ans recevraient une réduction d’impôt. À titre d’exemple, si cette mesure était appliquée à l’échelon fédéral seulement, un enseignant ou une enseignante à l’école secondaire au Manitoba économiserait 28 % en impôts, tandis qu’un comptable en Saskatchewan réaliserait des économies de 25 %. Je crois que nous ne pouvons pas mépriser ces économies pour les Canadiennes et les Canadiens au revenu moyen, économies qui seraient encore plus élevées si le fractionnement du revenu était aussi offert à l’échelon provincial.

Deuxièmement, nous recommandons que l’on hausse les sommes que les parents reçoivent directement, que ce soit par le truchement de la Prestation universelle pour la garde d’enfants, de la Prestation fiscale canadienne pour enfants ou d’un autre programme. Bien que nous préférions que le code des impôts serve à laisser plus d’argent aux parents dès le départ, on pourrait aussi envisager d’augmenter les montants des deux prestations ou de prendre d’autres mesures. Nous croyons que c’est en ayant de l’argent que les parents ou les familles sont en mesure de faire les meilleurs choix pour répondre à leurs besoins variés et précis.

Enfin, nous recommandons que l’on n’utilise pas l’argent des contribuables pour créer un programme national de garde d’enfants. C’est avec regret que je constate que cette recommandation arrive environ deux semaines trop tard pour les honorables députés du Nouveau Parti démocratique. Nous croyons qu’un bon système de garde d’enfants financé par l’État coûte extraordinairement cher. Comme nous l’avons vu au Québec, les coûts vont dans une seule direction — ils montent. En outre, ce type de système ne tient pas compte des différentes situations de famille au pays. Il n’aide pas les gens qui ont des horaires de travail variables. Certains couples prennent des mesures extraordinaires pour se partager la garde des enfants. Avec l’instauration d’un programme national, certaines familles seront peut-être privées d’autres prestations pour financer l’unique programme qu’elles choisissent de ne pas utiliser. »

Plus important encore pour l’IMFC, 76 % des Canadiens, peu importe leur parti politique, le sexe et leur niveau de revenu, croient que l’endroit idéal pour un enfant de moins de six ans est à la maison avec un parent. Nous craignons qu’un système de garderies national ne devienne une usine à gaz ruineuse nationale, le gouvernement fédéral ayant du mal à fournir ce qui devrait être l’apanage de structures beaucoup plus proche des familles. Voir le site du CMFI pour la version originale (en anglais) de cet article avec notes. Et ici, pour l’étude intitulée Déboulonner les mythes entourant le fractionnement du revenu (en anglais). Voir également, en français, le Mémoire de l’IMFC au Comité permanent des finances de la Chambre des communes d’Ottawa lors de ses consultations prébudgétaires le 6 août 2014.

Voir aussi

Débat radio-canadien sur les mesures pro-familles annoncées

77,9 % des parents canadiens préféraient en 2006 qu’un parent reste à la maison plutôt que de l’envoyer en garderie

Sondage de Léger Marketing de 2010 a permis de constater que, dans les deux tiers des familles québécoises, l’un des parents serait prêt à rester à la maison pour prendre soin des enfants d’âge préscolaire si l’État lui versait une allocation équivalente à la subvention qui est accordée pour une place en garderie subventionnée (CPE ou autre).

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique


Épidémie de détresse chez les enfants en CPE et chez les enfants nantis

« [N] ous avons découvert des preuves frappantes que les enfants ont subi des détériorations dans un éventail d’aspects comportementaux et liés à la santé, allant de l’agression aux aptitudes motrices et sociales en passant par la maladie. Notre analyse suggère aussi que le nouveau programme de garderie a mené à des pratiques parentales plus hostiles et moins cohérentes ainsi qu’à une détérioration de la santé parentale et des relations parentales. »

par le Bureau national de recherche économique

Prix des subventions des garderies dites à 7 $

Étude sur les garderies qui se paieraient d’elles-mêmes : la multiplication des pains

« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

Étude Fortin, Godbout sur les garderies : « étude loufoque », système injuste, Ottawa premier gagnant

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

Lien avéré entre les femmes qui travaillent hors du foyer et l’obésité de leurs enfants

Une étude de Cambridge conclut que les enfants de cinq ans sont trop jeunes pour commencer l’école

Les enfants de mères au foyer sont en meilleure santé

dimanche 2 novembre 2014

Angleterre — Statue de la « vraie » famille : deux mères monoparentales et leurs enfants

La statue de 180.000 $ représentant une « vraie famille » de Birmingham
La ville de Birmingham et le Conseil des arts d’Angleterre ont organisé un concours pour représenter sous forme de sculpture « une vraie famille de Birmingham ».

Plus de 370 familles se sont portées candidates. Un comité composé de personnalités locales, culturelles et religieuses ont désigné la « famille Jones » deux sœurs métisses et leurs deux garçons comme la « vraie famille ».  La statue a coûté 100.000 £, soit 180.000 $ C’est l’œuvre de la sculptrice Gillian Wearing. Pour celle-ci « La famille traditionnelle est une des formes de la famille parmi de nombreuses et cette œuvre souligne le fait que ce qui constitue une famille ne devrait pas être fixe. »

Toutefois, de nombreuses personnes remettent en question l’opportunité de cette statue qui représente une famille qu’elles considèrent comme peu typique.

Les sœurs métisses vivent séparément et n’ont pas révélé de détails quant à la présence ou nom des pères de leurs enfants. Ce silence intrigue un grand nombre de personnes qui se demandent pourquoi les pères ne sont pas représentés dans la sculpture.

Le député libéral local, John Hemming, a déclaré : « Il n’y a absolument rien de mal avec les familles monoparentales, mais je trouve toujours cela triste lorsque les pères ne sont pas impliqués dans la vie de leurs enfants. » John Hemming s’est également demandé pourquoi l’argent public a été dépensé sur une telle sculpture controversée. « Alors que le conseil ne parvient pas à garder les rues propres, 100.000 £ c’est une somme », a-t-il ajouté.

Les modèles : les sœurs Roma et Emma Jones avec leurs fils à côté de la statue qui représente « leur famille » modèle
Craig Pickering, de l’organisme de bienfaisance Les Familles ont besoin des pères, a déclaré : « Tout le monde sait qu’il existe toutes sortes de familles, mais désigner ces personnes comme une famille semble très bizarre. C’est inexact et déplacé. Les enfants réussissent mieux quand à la fois leur mère et leur père jouent un rôle actif dans leur vie. »

Patricia Morgan, une chercheuse de pointe en matière de politique familiale, a déclaré que la décision de l’artiste de dépeindre une famille sans père était «une honte». «Nous devons savoir si oui ou non il y a un ou plusieurs hommes dans ces familles », dit-elle. « Est-ce qu’il prend ses responsabilité et vit avec la mère, oui ou non ? Ils présentent cette sculpture comme une sorte d’idéal que les gens doivent imiter, mais elle représente moins de un pour cent de la population », de conclure l’universitaire.


Source : Daily Mail




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samedi 1 novembre 2014

Histoire — Abolir la Cour suprême du Canada... dès 1879

De 1879 à 1882, quatre tentatives d’abolition de la Cour suprême du Canada nouvellement créée en 1875 ont lieu à la Chambre des Communes du Parlement du Canada. Le 26 avril 1879, Joseph Keeler, député conservateur de Northum­berland-Est (Ontario) introduit le premier projet de loi allant en ce sens. Appuyé par Dalton McCarthy, député conservateur de Simcoe Nord (Ontario) et membre influent du Barreau du Haut-Canada, ainsi que par la députation québécoise, ce premier projet est adopté en première lecture à l’issue d’un vif débat. Cependant, le gouvernement fait croire qu’il va « étudier la question » et obtient ainsi que son cheminement législatif soit retardé. M. Keeler réintroduit son projet de loi en février 1880, mais le gouvernement réussit encore à l’écarter en obtenant sa « suspension pour six mois » à 148 voix contre 29, afin d’envoyer le projet aux oubliettes en attendant que l’opinion du milieu juridique ontarien bascule. M. Keeler introduit une troisième fois son projet en décembre 1880, mais il décède en janvier 1881.

C’est dès lors Auguste Phillipe Landry, député conservateur de Montmagny (Québec), qui parraine le projet de loi. Malheureusement, la députation anglophone commence alors à voir dans ce projet une expression du particularisme canadien-français, et dans la Cour suprême un levier de centralisation étatique. Les députés anglophones forcent encore une fois la « suspension pour six mois » du projet de loi, à 88 contre 39 voix. M. Landry tente pour une quatrième fois de faire avancer ce projet de loi le 12 avril 1882, mais cette fois aussi, les anglophones l’en empêchent définitivement dès la première lecture.

Par ailleurs, de 1881 à 1886, au moins cinq tentatives furent faites par la députation québécoise, avec à sa tête Désiré Girouard, député de Jacques-Cartier (Québec), dans le but de soustraire de la juridiction de la Cour suprême les matières de compétence provinciale (bref toute la législation provinciale). Même histoire : les anglophones, plutôt que de voir dans cette proposition une garantie de l’intégrité des provinces de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse, y voient une « menace française » et bloquent le projet. M. Girouard proposa même que cette loi ne s’applique qu’au Québec, mais les anglophones ne voulurent rien entendre. Le dernier obstacle à la toute-puissance de ce tribunal était la possibilité d’appeler de ses décisions à la Commission judiciaire du Conseil privé de Londres, chose qui fut impossible à partir de 1888 en matière criminelle (quoique brièvement possible entre 1926 à 1933) et pour toutes les matières en 1949. Dès lors, la porte était grande ouverte à la montée de l’activisme judiciaire, du gouvernement des juges et ultimement à la suprématie judiciaire au Canada, à l’instar des États-Unis.

Pour qu’on se souvienne que cela aurait pu être évité, je reproduis ci-dessous des extraits de l’intervention de Joseph Keeler au Parlement le samedi 26 avril 1879.




M. Keeler : « Je présente un bill (no 84) à l’effet d’abroger les actes relatifs à la Cour suprême et de l’Échiquier et leurs amendements. C’est du point de vue de l’économie que je soumets ce projet de loi ; et puis, nous avons beaucoup trop de tribunaux au Canada ; nous pouvons parfaitement nous passer de la Cour suprême. [...]

Le peuple partage avec moi l’opinion que ce tribunal est complètement inutile. Nous avons en effet dans chacune des provinces des cours qui sont bien préférables et dont les décisions ont plus de poids que celles de la Cour suprême qu’on a créée à Ottawa. [...]

La population des provinces d’Ontario et de Québec pense que ce tribunal a été créé pour procurer de bonnes positions aux honorables messieurs de la gauche et à leurs amis. [...]

Dans mon compté, la population en est très mécontente. Elle préfère la Cour du banc de la Reine d’Ontario, dont les décisions sont beaucoup plus respectées que celles de la Cour suprême. [...]

Je suis décidé à pousser cette affaire jusqu’au bout et à m’assurer si la majorité de la Chambre consent à perpétuer un système d’extravagance et de gaspillage des deniers publics tel que celui qu’entraîne le maintien de la Cour suprême. [...] Je suis très fier d’avoir provoqué, à l’appui de ma motion, le vote le plus nombreux qui ait été pris à cette session. »

David Mills, député libéral de Bothwell (Ontario) se lamenta : « En appuyant la motion de l’honorable député de Northumberland-Est, les honorables messieurs de la droite ont favorisé l’abolition de la Cour suprême qui est une grande institution politique. »

Le Premier ministre fédéral, John Macdonald, quoique ambivalent sur l’abolition, fustigea les députés libéraux qui affirmaient que la Cour suprême est une institution sacrée en comparant cette idée avec le fait que la Chambre étoilée (Star Chamber) — un tribunal de « prérogative royale » ayant servi à persécuter les protestants réformés au XVIIe siècle et qui fut abolie par ceux-ci dès qu’ils prirent le pouvoir — était considérée être une institution sacrée par ses partisans.

Alfred Boultbee, député conservateur de York-Est (Ontario) affirma ce jour-là : « La Chambre a parfaitement le droit de discuter l’opportunité de l’abolir [la Cour suprême]. Un jour ou l’autre, le peuple chargera peut-être ses représentants d’abolir cette cour, à laquelle ce n’est point manquer de respect que de discuter la question dès à présent. »

Alphonse Desjardins, député d’Hochelaga (Québec), expliqua en ces termes l’impertinence que représentait la Cour suprême pour la population québécoise : « Je sais parfaitement que dans la province de Québec il existe non sans raison de fortes préventions contre ce tribunal et plus particulièrement contre ses attributions comme cour d’appel des jugements de nos tribunaux civils. Il sera facile pour cette chambre de comprendre le motif de cette prévention quand elle se rappellera que pendant qu’aucune personne ne peut être appelée à siéger à la Cour supérieure ou a la Cour du banc de la Reine dans notre Province avant d’avoir suivi un cours de droit et pratiqué comme avocat pendant au moins dix ans, ici, pour ce tribunal de dernier ressort appelé à confirmer ou renverser les décisions de nos juges, quatre sur six de ces juges sont choisis dans d’autres provinces sans qu’ils n’aient été tenus au préalable d’étudier nos lois civiles. »

Sources du texte de l’article :

  • Débats de la Chambre des Communes du Canada, 4e Parlement, 4e Session, 1879, Ottawa, T.J. Richardson, Vol. II, p. 1391-1408 sur 2056.
  • James Snell et Frederick Vaughan, The Supreme Court of Canada : History of the Institution, Toronto, Toronto University Press, 1985, p. 28-32 et 269.
  • Ian Bushnell, The Captive Court, Montréal et Kingston, McGill — Queen’s University Press, 1992, p. 92-96.

Sur le thème de la suprématie judiciaire aux États-Unis, consultez aussi :


Source du billet : 26 avril 1879 : un projet de loi visant à abolir la Cour suprême est introduit à la Chambre des Communes du Canada [Le Monarchomaque] avec quelques corrections éditoriales.




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Théorie du genre, le nouveau puritanisme

« Invention réactionnaire » pour les socialistes et autres soi-disant « progressistes », « idéologie postmoderne » pour Michel Onfray, la théorie du genre suscite des réactions passionnées. On l’a vu notamment lors de la mise en place en France des ABCD de l’égalité. Mais de quoi s’agit-il ? Comment interpréter ce discours, qui veut déconstruire le féminin et le masculin ? Pourquoi la France, longtemps rétive, a-t-elle fini par y succomber ? Qu’est-ce qu’une éducation asexuée ? L’hétérosexualité serait-elle « notre dernière aliénation » ? Dans un essai à paraître la semaine prochaine la philosophe Bérénice Levet dissèque ce qui est selon elle un nouveau puritanisme, le « dernier avatar de la haine d’Éros ». Tout en dénonçant le mépris dont font l’objet les anti-genre, elle considère qu’invoquer l’ordre de la nature ou de la création est un peu court, selon elle. La philosophie qu’elle oppose au genre n’emprunte pas à Dieu ni aux sciences. « La différence des sexes ne rend pas seulement possible la filiation, la génération, écrit-elle, elle produit entre ces deux êtres tellement semblables et tellement différents une aimantation vertigineuse, un appel des sens que rien n’apaise et qui a sa fin en soi. » Bref, face à une élite intellectuelle qui se gargarise de « différences » à valoriser et pourtant en vient à nier celle de leurs corps, Bérénice Levet livre un vibrant hymne à l’altérité fondatrice.

Extraits de La théorie du genre ou le monde rêvé des anges (Grasset)

« Les corps perçus comme des objets quelconques

La formule a de quoi surprendre. Les partisans du genre se présentent au contraire comme les pourfendeurs d’un rigorisme moral dont nous resterions tributaires et qui expliquerait notre attitude critique à leur endroit. Mais le corset moral aujourd’hui, ce ne sont pas les chrétiens et autres esprits prétendument étriqués, crispés, bref réactionnaires, qui en resserrent toujours plus les fils, ce sont les idéologies les plus progressistes, celles qui, en dépit du XXe siècle, continuent de croire en une fin de l’Histoire, en un monde réconcilié, délivré des ténèbres, des ombres, des aspérités de la condition humaine. Et qui, en vertu de cette loi de l’Histoire dont ils seraient les confidents, refaçonnent l’humanité. Nous n’avons plus guère besoin de la religion pour prôner l’abstinence, la continence, prêcher l’ascétisme le plus strict. Les penseurs du genre s’en chargent très bien.

Le climat, science ou religion ?


De Didier Raoult, né en 1952 au Sénégal, il est un chercheur biologiste et professeur de microbiologie français. Médecin de formation, il se spécialise en maladies infectieuses. Il a découvert avec son équipe plus de soixante nouveaux virus, dont les mimivirus (ou virus géants). Il est classé parmi les dix premiers chercheurs français par la revue Nature.

La nature refuse d’obéir aux prédictions. Difficile à admettre pour certains scientifiques.

En tant que scientifique spécialisé dans la découverte de nouveaux microbes, puis comme chargé de mission auprès des ministères de la Santé et de la Recherche, j’ai été amené à m’interroger sur les prédictions d’épidémies et les modèles mathématiques qui les soutiennent.

Ma conclusion est qu’il est impossible de prédire l’avenir, ce que l’on voit pour Ebola. Nous pouvons extrapoler, à partir de données connues, que l’évolution des chiffres se fera au même rythme, par déduction, mais rien n’est moins sûr.

Concernant les prédictions sur le réchauffement climatique, Paul Nurse, le nouveau président de la British Science Association, a proposé que les climato-sceptiques soient écrasés puis brûlés !

L’adhésion à la prédiction climatique est devenue une ligne de démarcation entre démocrates et républicains aux États-Unis ! John Kerry, secrétaire d’État américain, compare les climato-sceptiques aux imbéciles qui croient que la Terre est plate et cite la Genèse de la Bible pour conforter son point de vue !

Cette nervosité croissante est née d’une inquiétude grandissante liée au fait que la nature a refusé d’obéir aux prédictions. Les faits sont difficilement contestables : la température de la Terre a augmenté rapidement de 1980 à la fin des années 90, depuis, elle est en plateau, on parle d’« hiatus » climatique.

La surface de la banquise antarctique bat tous les ans des records de taille et certains glaciers grossissent. De nombreuses explications et de multiples nouveaux modèles sont proposés, mais plus personne ne conteste le fait qu’aucun modèle prédictif n’avait prévu ce que nous observons.

En pratique, la température de la planète n’augmente plus. L’avenir dira si elle reste stable, diminue ou augmente.

Un article qui vient de paraître dans Nature annonce que la mesure de la température globale de la Terre n’est plus le bon indicateur. Il vaut mieux casser le thermomètre qui vous contredit ! Récemment, le New York Times et Nature ont relevé un intéressant renversement sémantique : le remplacement du terme « réchauffement de la planète » par « changement climatique ». Le basculement s’est opéré à partir de 2006 dans les colonnes du New York Times, quand l’évidence de l’« hiatus climatique » est devenue incontestable. Et, comme l’a constaté Nature, la courbe des publications scientifiques parlant de « réchauffement » et celles évoquant un « changement » s’est inversée en 2009.

Que les journalistes et les hommes politiques adhèrent sans nuance à une théorie qui leur donne l’impression d’être éclairés, ce n’est pas surprenant. Pour les scientifiques, c’est beaucoup plus gênant. En science, une théorie doit pouvoir être contredite. C’est la base de l’enseignement de Karl R. Popper, sinon elle perd son statut de théorie scientifique pour devenir une religion, ce qui justifie dès lors de brûler les hérétiques, comme le propose sir Paul Nurse. En leur temps, même les prédictions de Nostradamus n’étaient pas devenues des pièces de procès en hérésie scientifique !

Source : Le Point


Voir aussi


Débat à la télé belge entre un climato-sceptique et un réchauffiste

Écologisme — Pas de réchauffement climatique depuis 16 ans ? (m à j, réactions prof Lindzen)

Le réchauffement climatique est en panne depuis 16 ans.

Écologisme — la revue Nature reconnaît l'échec des modèles prédictifs informatiques


Conférence de Drieu Godefridi et Istvan Marko, coauteurs de Climat, quinze vérités qui dérangent, publié chez Texquis. La conférence s'est tenue à Louvain-la-Neuve (Belgique), le 23 février 2014, à 19 h. Durée : 1 h 5 min.

CERN : des modèles climatiques à corriger ?

Prof. Henri Masson, Université d’Anvers, déclare les modèles du GIEC « aberration statistique »

Jacques Brassard : nouvelles embarrassantes pour les réchauffistes


Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

Manipulations de données par des chercheurs du GIEC ? (« Cacher la baisse »)

vendredi 31 octobre 2014

Le français parlé au Québec : petite histoire d’un discrédit


Le français parlé au Québec est une histoire d’éloges et de mépris. Dans Méchante langue : la légitimité du français parlé au Québec (PUM, 2012), Chantal Bouchard, professeure de linguistique à l’Université McGill, raconte l’histoire de la perte de légitimité d’un accent – le nôtre. Une fois achevée la conquête britannique de la Nouvelle-France, le français canadien se figera dans les prononciations musicales des habitants du nord de la France du XVIIe siècle. Alors qu’une hivernation culturelle se prolonge à l’ouest de l’Atlantique, une révolution sans précédent s’opère en France en 1789, décapitant l’élite royale d’Ancien Régime et relançant l’éducation de l’Hexagone sur de nouvelles bases. Les sonorités langagières des nouvelles classes bourgeoises françaises s’établissent et sanctionnent le discrédit de l’ancienne façon de parler malgré la persistance de son usage en Amérique. Commence donc la dévalorisation parisienne de l’accent et du vocabulaire canadien qui étaient pourtant ceux de Molière et de Louis XIV.



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