vendredi 1 mars 2013

Dilemme multiculturel : musulman contre lesbienne. Quel droit l'emporte ?

Mise à jour du 1er mars 2013

Les deux parties sont parvenues à s'entendre lors d'une séance de médiation. Au cours de cette réunion tenue à huis clos, Faith McGregor et le propriétaire du salon de coiffure Omar Mahrouk  en sont venus à un accord. Les deux parties ont signé un accord de confidentialité qui leur interdit de rendre public tout détail lié à cet arrangement, une pratique courante lorsqu'un conflit se termine par la médiation plutôt que devant un tribunal.

On ne saura donc pas pour cette fois laquelle des deux « minorités protégées » (l'homosexuelle et la musulmane) aurait eu le dessus dans la course à la victimisation.



Billet original du 12 novembre 2012

Faith McGregor, une lesbienne revendiquée, est entrée en juin dernier chez un barbier, Terminal Barber Shop, sur la rue Bay à Toronto.

Elle voulait se faire couper les cheveux – une coupe « homme d'affaires » dit-elle – cheveux courts sur les côtés, le haut raccourci et effilé. Le barbier, comme beaucoup d’autres à Toronto, ne fait pas dans les coupes de cheveux de femmes. Mais McGregor, âgée de 35 ans, insiste sur une coupe masculine.

Faith McGregor devant le barbier musulman sur la rue Bay à Toronto
Le copropriétaire, Omar Mahrouk, lui répond que sa foi musulmane lui interdit de toucher une femme qui n'est pas une membre de sa famille. Tous les barbiers présents répondent de même.

« Pour moi, il s’agissait simplement d’une coupe de cheveux. Maintenant, on parle de religion, de sexe, de libertés fondamentales et commerciales en Ontario », a affirmé Faith McGregor.

Elle a aussitôt déposé une plainte auprès du « Tribunal » des droits de la personne en Ontario en disant qu'elle se sentait traitée comme une « citoyenne de second ordre. »

Omar Mahrouk a répondu, par le truchement de son avocat David Kolinsky, qu’il ne conteste pas les faits exposés par Faith McGregor, mais il réitère que d’être obligé de couper les cheveux d'une femme violerait sa liberté de religion.

« Nous vivons pour nos valeurs. Nous sommes des gens qui ont des valeurs et nous nous accrochons à elles. Je ne vais pas changer ce que notre foi nous enjoint de faire. Ce n'est pas extrême — c'est juste une valeur fondamentale que nous suivons », a déclaré Karim Saaden, copropriétaire du salon de coiffure.

Il a souligné qu'il s'agissait d'une question de respect de la liberté religieuse, et non d’une question de sexe.

Dans le passé, le « Tribunal » des droits de la personne a penché pour les homosexuels

Par le passé, les commissions des droits de la personne ont été un grand allié pour les militants homosexuels. Peut-être, parce que, traditionnellement, les militants homosexuels ont porté plainte contre des chrétiens. Et les chrétiens blancs constituent la seule communauté à laquelle les commissions des droits semblent n'accorder aucune valeur.

Récemment, les commissions canadiennes des droits de la personne ont condamné un club de santé réservé aux femmes qui refusait à un transsexuel mâle (avant son opération) qu'il se change dans le vestiaire des femmes.

Ils ont obligé des propriétaires chrétiens de pensions familiales d'accepter dans leur maison des couples homosexuels. Ils ont censuré des pasteurs et des prêtres qui ont osé critiquer le mariage homosexuel. Les homosexuels gagnent parce qu’il suffit de dire qu’ils sont outrés et choqués,  qu'ils se se sentent lésés, des citoyens de seconde zone. En effet, pour qu'il y ait offense dans la majorité des provinces il suffit que des actes ou propos soient « susceptibles d’exposer à la haine ou au mépris ». Il est important de noter que les lois ne punissent pas uniquement les propos ou les actes haineux, mais la possibilité que des propos ou des actes puissent être interprétés par un quidam (peut-être très susceptible) de telle sorte qu'il conçoive un certain mépris envers un groupe fondé sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial, la situation de famille, l’état de personne graciée ou la déficience.

Mais dans le cas des coiffeurs musulmans, les militants homosexuels ont enfin des adversaires dignes et à leur taille.  Il n’est pas évident que les lesbiennes seront les gagnantes. Qu’est-ce qui prime? Le respect des convictions religieuses ou la non-discrimination envers les homosexuels ? La lutte contre l’homophobie ou celle contre l’islamophobie ? Pour Ezra Levant qui a été poursuivi par des militants musulmans « offensés » les musulmans ont de bien meilleures cartes que les lesbiennes dans ce cas-ci. Ils sont l'emblème même du multiculturalisme et du correctivisme politique que les commissions des droits de la personne veulent protéger. (Voir la section Liens connexes ci-dessous).

Blancs chrétiens non protégés

Par contre le mâle blanc (et pire chrétien !) ne semble pas protégé par ces commissions si sourcilleuses. En effet, en 2003 un certain Quintin Johnson porta plainte auprès de la commission des droits de la personne de l'Alberta. Il se plaignait de discrimination sur la base de sa race, son sexe et sa religion. La source de cette plainte ? Deux disques de « musique ». Pour Johnson, deux chansons de  ces albums «  étaient susceptibles d’exposer à la haine ou au mépris » les mâles blancs chrétiens. L'un était « Tuez les chrétiens » d'un groupe sataniste nommé Déicide (paroles ici, vidéo pour les masochistes ici) et l'autre « Tuez tous les blancs » par un groupe qui se fait appelé « Type O Negative » (leur bruit ici).

Dans son recours, Johnson demandait à la commission que ces albums soient retirés de la vente. Les disquaires se sont défendus en disant qu'ils n'avaient pas produit les disques incriminés et que les acheteurs offensés n'étaient pas obligés d'acheter lesdits albums.  L'affaire fut entendue par la même commissaire, Andreachuk, qui avait condamné le pasteur Boissoin à une amende de 7.000 $ pour avoir publié dans un journal local un article rappelant la doctrine chrétienne sur l'homosexualité (avec citations bibliques). Elle avait également interdit au révérend de reparler en public de ce sujet.

Que déclara la Kommissaire Andreachuk dans l'affaire Quintin Johnson ?
« ...bien que le contenu et le ton des communications soient à première vue discriminatoires, le groupe ciblé est très peu vulnérable »
Eh, voilà ! Peu importe si les blancs, les chrétiens sont exposés à de la haine, ils ne sont pas vulnérables. Circulez ! (Plus de détails sur l'affaire Quintin Johnson c. Music World Ltée, ici.)

Au moins un des droits est bidon ?

La Commission des droits de la personne dit que deux « droits » s’opposent dans le cas du barbier musulman et de la lesbienne à la coiffure virile.

Karen Selick, directrice du litige, de la Fondation canadienne pour la Constitution (FCC), est d’accord avec ce constat si on présente les choses de la sorte. Une seule des prétentions pourra sortir gagnante. Un des prétendus droits sera violé.

Mais le concept même de « droit », pour Mme Selick, comprend l'inviolabilité de celui-ci. Un véritable droit est quelque chose qui ne peut légitimement être violé par un simple pronunciamiento de la part d’une commission.

Pour la directrice de la FCC, chaque fois qu'il semble y avoir un conflit de « droits », au moins une des demandes — peut-être les deux — doit être fausse. Les seules demandes qui peuvent véritablement être des droits sont celles qui sont à la fois universelles et réciproques pour Mme Selick. Le droit à la vie, par exemple, signifie que vous ne tuez pas autrui et qu'on ne vous tue pas. Mais il ne s'agit pas d'un droit qui impose à d'autres de nous nourrir par exemple. Ils doivent simplement ne pas tuer. Dans ce cas, pour l’avocate, il est facile de discerner quelle est la prétention qu’il faut rejeter. L’affirmation de Faith McGregor, selon laquelle, elle a droit de ne pas subir de discrimination basée sur le sexe n'est pas réciproque. Si l’on devait lui donner raison, on imposerait aux coiffeurs une obligation de faire quelque chose pour elle, quelque chose qu'ils n'ont aucune envie de faire et ne demandent pas qu'elle fasse pour eux. Selon Mme Selick, il s’agit en fait d’imposer une forme de servitude aux barbiers, même si elle les paie pour la coupe de cheveux. 

Le prix d'une coupe de cheveux n'est clairement pas suffisant aujourd'hui pour les inciter à violer leurs pratiques religieuses, de sorte qu'elle les forcerait à travailler contre leur gré. Pour la FCC, les barbiers défendent un véritable droit dans ce cas. Ils doivent pouvoir refuser de couper les cheveux de quiconque — mais pas en vertu de leur liberté de conscience, mais plutôt de la bonne veille et toute simple liberté. La liberté signifie l'absence de coercition. Il comprend la liberté contractuelle. Un contrat implique un accord des parties sur les termes du contrat, y compris l'identité des parties. Pour Karen Selick, si on ne veut pas faire affaire avec quelqu'un pour une raison quelconque – que soit parce que ce sont des femmes, une personne étrangère à sa famille, ou parce qu’ils sont gauchers ou sentent mauvais — vous devriez pouvoir refuser de les servir. S’ils ont le droit de vous forcer à traiter avec eux, on revient à une forme de servitude involontaire.

Précédent du malheureux imprimeur chrétien

Il ne s’agit pas d’un conflit nouveau pour l’appareil des « droits de la personne » ontarien. Un conflit similaire a eu lieu en 1996 quand un imprimeur, Scott Brockie, un fervent chrétien, a refusé d'imprimer du papier à entête et des cartes d'affaire pour une organisation homosexuelle. Scott Brockie s’est prévalu de sa liberté de religion garantie par la Charte canadienne des droits et libertés, mais cela a laissé de glace la Cour divisionnaire de l'Ontario, qui lui a ordonné de payer 5000 $ en dommages et intérêts et de réaliser le travail demandé par l'organisation homosexuelle. Le tribunal avait alors estimé qu'il était justifié de violer la liberté de religion de M. Brockie, droit pourtant inscrit dans la Charte, parce que cette liberté « causait un préjudice à autrui. » La cour concédait que l'imprimeur aurait pu refuser d'imprimer du matériel plus dérangeant pour ses convictions comme des ouvrages de prosélytisme ou de propagande.

M. Brockie avait dépensé plus de 100.000 $ pour sa défense. Il a également dû payer des dépens s'élevant à 40.000 $. Il sera intéressant de voir, dans un cas très similaire, si la demande d'un musulman au nom de sa liberté de religion connaîtra un meilleur sort aux mains de la commission.

Liens connexes

Gay activists have met their match with Muslim barbers (vidéo et article en anglais d'Ezra Levant: McGregor devrait boycotter, militer mais la justice ne doit pas intervenir, c'est le résultat du multiculturalisme et d'une immigration massive voulus par les gouvernements du Canada.)

Cour suprême et arrêt Whatcott  — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction »

« Extirper l'hérésie et le blasphème » ? (sur les commissions des droits de la personne au Canada)

 Projet de loi fédérale C-304 visant à abroger des sections liberticides de la Loi

Faut-il continuer à réprimer les propos qui peuvent exposer à la haine ou au mépris, des « pré-crimes », des crimes  ? (Ezra Levant)

Cour suprême du Canada — limites aux propos chrétiens « haineux » « homophobes » ?





Vidéo en anglais sur le sujet

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jeudi 28 février 2013

Embrigadement dès la maternelle en faveur des « carrés rouges » ?







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L'école québécoise déculturée

Extraits d'un article de Mathieu Bock-Côté sur le manque de culture et respect pour la langue française de qualité à l'école québécoise : 

« À trop se perdre dans les structures, le financement et la technocratie, le Québec oublie l’essentiel de l’éducation : la culture que l’école devrait transmettre. Ce n’est pas une question de milliards, mais de philosophie. Ou d’erreur philosophique.


Nulle part cette erreur philosophique n’est plus visible que dans notre rapport à la langue française. Toute personne qui prétend s’occuper d’éducation, mais qui ne prend pas au sérieux le massacre de notre langue est un fraudeur intellectuel.

Pourquoi? Parce que la langue française est la plus grande richesse culturelle que possèdent les Québécois. C’est à partir d’elle que les Québécois nomment leur réalité et qu’ils s’ouvrent au monde. Pourtant, cette langue, nous la massacrons fièrement.

Ne pas trop bien parler

Combien de fois, à celui qui parle bien, on hurle : maudit Français! Fendant! Péteux de broue! La logique? Moins bien on parle le français, plus on serait Québécois. Il y a même des zozos pour croire que le Québécois serait une langue à part entière.

Le problème vient de loin. C’est une vieille tare culturelle. Le français au Québec est historiquement une langue de conquis. C’était celle des vaincus de l’histoire. Souvent, pour gagner sa vie, il fallait s’en exiler.

Avec elle, on ne parvenait pas à nommer l’avenir, la technologie, l’économie. Le meilleur exemple de cette déchéance? Notre rapport à l’automobile. Spontanément, chaque pièce se nomme en anglais. On connaît le glossaire : windshield, steering, bumper.

Mais la pédagogie débile que nous inflige le ministère de l’Éducation n’aide pas. De peur d’avoir l’air autoritaire, l’école a renoncé à la discipline, aux dictées, à la littérature. Comment un jeune peut-il sortir de l’université et écrire comme un analphabète? Cela arrive encore souvent.

[...]

Pourtant, nous pouvons faire quelque chose. L’éducation devrait jouer un rôle majeur. Ce devrait être une mission fondamentale de l’école : réparer notre langue. Cela passerait par une revalorisation de la littérature et de ses classiques. Mais elle ne le veut pas.

Pourtant, elle l’a déjà souhaité. C’était au temps du cours classique. Évidemment, il avait d’immenses défauts. [vraiment pires que l'école actuelle?] Mais, au moins, il savait une chose : le français québécois ne s’améliorera qu’en se réconciliant avec la littérature française. Il n’avait pas peur de l’excellence.

[...]

L’école québécoise le voudrait-elle qu’elle pourrait enseigner dans le texte Balzac, Stendhal, Bernanos et tant d’autres écrivains qui ont révélé toute la richesse du français.

Ces livres ne coûtent à peu près rien. Comparés aux ordinateurs, ils sont donnés.

Si l’école se lançait dans une grande corvée de lecture, elle pourrait familiariser les Québécois avec des œuvres qui féconderont leur culture et les accompagneront toute leur vie.

En se reconnectant avec la littérature française, le Québec redécouvrirait une part oubliée de son identité.

Il se reconnecterait avec une grande puissance culturelle de la civilisation occidentale. Il retrouverait aussi la dignité d’une langue qui mérite mieux que notre manière de la parler.






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mercredi 27 février 2013

Feu vert théorique au gaz de schiste en Allemagne ...ou moratoire en pratique ?

Le gouvernement d’Angela Merkel va déposer un projet de loi pour autoriser l’exploitation des gisements de gaz non conventionnel.

Le Québec aime se comparer au chef de file de l'écologie politique.Mais voilà l’Allemagne, après sa décision en 2011 d’abandonner le nucléaire cherche de nouvelles sources d'énergie à bon marché et moins polluantes que le charbon.

C'est pourquoi le gouvernement d’Angela Merkel a ainsi annoncé, mardi 26 février, le dépôt d’un projet de loi autorisant l’exploitation de gaz de schiste.

Pour rassurer une partie de l'opinion publique qui s’inquiète des conséquences environnementales potentielles, notamment sur les nappes phréatiques, la technique de la fracturation hydraulique de la roche pour récupérer le gaz sera encadrée. Le texte prévoit de l’interdire dans les zones d’eaux protégées et de sources minérales. Au total, 14 % du territoire allemand serait ainsi « sanctuarisé ». Ailleurs, des études d’impact sur l’environnement devront en outre être effectuées avant chaque projet d’extraction.

Réserves importantes de gaz 

La gauche allemande (les Verts et les sociaux-démocrates), réclament un moratoire, en attendant que l’on découvre de nouvelles techniques d’extraction. De leur côté, les milieux industriels font pression sur les pouvoirs publics pour que l’on exploite au plus vite ce gaz non conventionnel.

Contrairement au ministre de l'économie, le ministre de l'environnement allemand, Peter Altmaier, ci-dessous, considère qu'il s'agit dans les faits d'un moratoires car, selon lui, rien n'empêchait la fracturation hydraulique auparavant.

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Entrevue en allemand avec le ministre Altmaier (autre lien)

Le sous-sol allemand compterait jusqu’à 2 300 milliards de mètres cubes de gaz de schiste, selon l’Office fédéral de géophysique, qui qualifie ces ressources de « très importantes ». Les réserves du gisement Utica au  Québec étaient estimées à 3 500 milliards de mètres cubes de gaz en 2009 par l'Office national de l'énergie du Canada (actuellement environ seuls 20 % des réserves peuvent être exploitées).

L’Allemagne consomme actuellement 86 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, dont la moitié environ provient de Russie. « Les réserves nationales d’hydrocarbures vont nettement contribuer à la sécurité d’approvisionnement et à la stabilité des prix énergétiques en Allemagne », affirme le projet de loi.

Selon le quotidien Handelsblatt, ces gisements de gaz non-conventionnels se situeraient principalement en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Basse-Saxe, en Hesse et dans la partie haute du Rhin. Il s'agit des régions les plus peuplées de l'Allemagne.

Poussé par l'abandon du nucléaire

En pleine campagne électorale, cette transition énergétique suscite de nombreux débats en Allemagne, en particulier sur le financement des énergies renouvelables. D’ici à 2050, le pays compte tirer 80 % de son électricité des énergies renouvelables et la dernière centrale nucléaire doit fermer en 2022. La construction de nouvelles lignes à très haute tension pour relier les éoliennes de la mer du Nord aux bassins industriels du centre et du sud du pays, suscite aussi de nombreuses réactions négatives de la part des riverains concernés. Les travaux prennent beaucoup de retard et les recours juridiques se multiplient.

En attendant, le prix à payer pour les particuliers va singulièrement grimper, alors que les industriels sont pour l’heure relativement épargnés, au nom du maintien de la compétitivité. Rien que cette année, le coût de la garantie de rachat de l’énergie éolienne et solaire, à un prix supérieur au marché, est évalué à une vingtaine de milliards d’euros.

La facture moyenne d’électricité des ménages allemands, qui est déjà deux fois supérieure à celle des ménages français, devrait ainsi augmenter de 13 % en 2013.

Les centrales au charbon tournent à plein régime 

En attendant, les producteurs d'électricité allemands, comme E.ON et RWE, font tourner à plein régime leurs vieilles centrales à charbon, déjà largement amorties. Un moyen pour eux de compenser financièrement une partie des investissements colossaux qu’ils s’apprêtent à faire dans le renouvelable, et de récupérer un peu du manque à gagner lié à l’arrêt prématuré de leurs réacteurs nucléaires.

Le charbon demeure en effet une énergie très bon marché, comparé aux autres énergies fossiles. L’an dernier, son prix a même chuté de 35 %, en raison notamment de l’afflux en Europe de charbon américain qui a de plus en plus de mal à trouver preneur aux États-Unis, avec la concurrence du gaz de schiste. Le charbon allemand est souvent de la lignite, un charbon très polluant.

Excavateur à godets géant à Garzweiler (Allemagne occidentale, proche de la Belgique)

Émissions des gaz à effet de serre augmentent en Allemagne

Une mauvaise nouvelle pour l’environnement. Les émissions de gaz à effet de serre de l’Allemagne ont ainsi augmenté de 1,6 % en 2012, pour atteindre l’équivalent de 931 millions de tonnes de dioxyde de carbone, soit 14 millions de plus qu’en 2011. Dans un communiqué publié lundi 25 février, l’agence fédérale de l’environnement (UBA) justifie cette tendance par le fait que « plus de charbon et de houille ont été brûlés pour produire de l’électricité et que le gaz a été davantage utilisé pour le chauffage des habitations ».


Excavateur à godets géant à Nochten (Allemagne orientale, proche de la Pologne)

Voir aussi

Les énergies vertes : un tonneau des Danaïdes

Énergies alternatives : scandales, mythes et perspectives

Bourses au carbone en très forte baisse

Contrôle pollution des voitures au Québec, à quel prix ?

The Guardian : nous avions tort au sujet du pic pétrolier

Prix des crédits carbone en très forte baisse en Europe

Grande-Bretagne — bientôt le rationnement

Détournement et effets pervers du Marché du carbone





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lundi 25 février 2013

L’État a-t-il vraiment fait progresser l’éducation au Québec?

Vincent Geloso est détenteur d’une maîtrise en histoire économique de la London School of Economics, il y poursuit des études de doctorat. Il publie ces jours-ci un livre qui devrait déboulonner quelques mythes complaisamment répandus sur la prétendue Révolution tranquille.

Il a également publié récemment un article portant sur le rôle de l'État au Québec à la fin du XXe siècle.


« Alors qu’approche la tenue d’un autre sommet pour discuter de l’avenir de l’enseignement supérieur, nombreuses sont les mentions des progrès réalisés pendant la Révolution tranquille. Le fameux rapport Parent, qui recommanda la gratuité scolaire jusqu’aux études universitaires en 1964, reste un document de référence régulièrement cité.

Cette rhétorique décrit la Révolution tranquille comme le début d’un âge d’or qui aurait permis au Québec de cesser d’être le cancre du Canada. Récemment, un chercheur [Simon Tremblay-Pepin] de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) illustrait bien cette croyance en affirmant qu’à la fin des années 1950, « le Québec était sous-éduqué, avec des taux incomparables avec les autres provinces canadiennes », et que depuis les années 1960, l’accessibilité à l’école postsecondaire n’a cessé d’augmenter au Québec.

Selon cette perspective, les vastes progrès de la Révolution tranquille contrastent avec la période l’ayant précédée, qu’on a qualifiée de Grande Noirceur (1945-1960). Par opposition avec l’obscurantisme et le laisser-faire de la Grande Noirceur, l’État interventionniste mis en place pendant la Révolution tranquille aurait permis au Québec de rattraper son retard et d’entrer dans la modernité.

Est-il vrai, toutefois, que le Québec était si en retard sur le plan éducationnel par rapport au reste du pays, avant 1960, et qu’il n’a rattrapé ce retard que grâce aux nombreuses interventions de l’État pendant la Révolution tranquille ?



L'école de la Grande Noirceur et d'aujourd'hui selon un cahier d'ECR...
Page 56 — cahier-manuel d'éthique et de culture religieuse Entretiens II pour la 1re secondaire des éditions La Pensée


Grand rattrapage

S’il est vrai que le Québec accusait un certain retard face au reste du Canada à l’aube de la Révolution tranquille, cela n’avait pas toujours été le cas. En 1901, le Québec avait en fait une légère avance sur les autres provinces canadiennes en matière d’éducation. Même si les taux d’inscription y étaient plus bas qu’ailleurs, les élèves québécois qui s’inscrivaient à l’école la fréquentaient dans une proportion plus élevée qu’ailleurs au Canada.

Ainsi, le taux effectif de fréquentation scolaire des jeunes de 5 à 19 ans à cette époque était de 41 % au Québec, contre 40 % en Ontario et 38 % dans l’ensemble du Canada.

Le Québec a toutefois commencé à perdre du terrain par la suite. Même si le taux effectif de fréquentation avait atteint 52 % au Québec en 1931, l’Ontario et le Canada dans son ensemble avaient dépassé le Québec avec des taux de 62 % et 55 %.

Ce retard grandissant du Québec se renverse complètement après 1945. À cette date, la proportion des enfants inscrits et présents à l’école au Québec était équivalente à 80 % de celle de l’Ontario et à 84 % de celle du reste du Canada. Douze ans plus tard, on voit un progrès considérable de la fréquentation scolaire au Québec : elle atteint 89 % du niveau de l’Ontario et 94 % de celui du reste du Canada. Il s’agit d’un rattrapage important entamé avant la Révolution tranquille.

Plus important encore, après 1945, lorsque les jeunes Québécois décident d’aller à l’école, ils y restent plus longtemps. C’est-à-dire que le décrochage scolaire diminuait. Pour l’année scolaire 1945-1946, seulement 28 % des jeunes qui auraient normalement dû être à l’école secondaire y étaient, contre 69 % en Ontario - un écart de 41 points de pourcentage. Pour l’année scolaire 1959-1960, cette proportion se situait à 68 %, contre 88 % en Ontario, un écart de seulement 20 points. Il s’agit d’un rattrapage remarquable.

École réelle pendant la prétendue Grande Noirceur. Région de Lanaudière, années 1950.

Les Québécois francophones étaient aussi de plus en plus nombreux à accéder aux études universitaires. À partir de 1955, la population étudiante totale à temps plein au Québec en pourcentage du groupe d’âge des 15 à 24 ans dépasse même le niveau observé en Ontario. Et on ne peut pas attribuer cette performance uniquement aux anglophones, puis que les universités francophones ont vu leurs inscriptions augmenter plus rapidement que les universités anglophones.

La propension des Québécois à aller plus longtemps à l’école a permis au Québec de combler une partie importante du retard éducationnel qu’il avait avec l’Ontario. En 1951, la proportion des Québécois de 15 ans et plus qui détenaient un diplôme universitaire était équivalente à 70 % du niveau observé en Ontario.

Seulement dix ans plus tard, cette proportion avait bondi à 85 %, et ce sont principalement les femmes qui ont contribué à ce rattrapage.

La plupart des historiens prétendent que le Québec est devenu une société de plus en plus arriérée sur le plan de l’éducation durant les années d’après-guerre. Les statistiques officielles démontrent le contraire.

Somme toute, cet impressionnant rattrapage a permis à la scolarité moyenne des Québécois (mesurée en années d’éducation accomplies) de passer de 87 % à 92 % du niveau observé en Ontario, entre 1951 et 1961. Un écart existait toujours entre le niveau d’éducation des jeunes Québécois et celui des autres jeunes Canadiens, mais cet écart allait rapidement en s’amenuisant.

Ces simples faits retirent une partie importante de la crédibilité accordée à la rhétorique populaire. Comment peut-on expliquer qu’une partie considérable du rattrapage du Québec se soit produite alors que l’État intervenait moins en éducation ?

Progrès décevants

Ce rattrapage s’est-il poursuivi pendant la Révolution tranquille ? Plus précisément, est-ce que le rattrapage du Québec s’est accéléré ou a-t-il décéléré ? Soyons clairs, les progrès en termes absolus qui ont été réalisés depuis 1960 sont gigantesques. Toutefois, lorsqu’on compare ces progrès avec ceux accomplis durant la même période dans le reste du Canada, ils sont moins impressionnants - voire décevants.

Au-delà de la rhétorique de la « démocratisation » de l’éducation avancée par des sociologues comme Guy Breton, les faits ne concordent pas. Les données illustrant la participation scolaire au Québec démontrent que plus de la moitié du terrain que le Québec a gagné sur l’Ontario et le reste du Canada a pris place entre 1945 et 1960.

D’une part, cela signifie que le rattrapage scolaire du Québec face au reste du Canada s’est effectué en grande partie avant que l’État ne décide de s’impliquer davantage dans le domaine de l’éducation. D’autre part, cela indique que pendant la Révolution tranquille, le Québec n’a pas fait meilleure figure relativement au reste du Canada que dans les années qu’on qualifie — à tort — de Grande Noirceur.

En fait, on observe même des signes indiquant que le rattrapage du Québec a ralenti pendant et après la Révolution tranquille. Alors qu’il affichait un taux de participation aux études universitaires des 15 à 24 ans supérieur à celui de l’Ontario à partir de 1955, ce n’est plus le cas après 1964, alors que la participation commence à tirer de l’arrière, tant par rapport à l’Ontario qu’aux autres provinces.

Entre 1951 et 1961, la proportion des Québécois de 15 ans et plus qui détenaient un diplôme universitaire avait augmenté plus vite qu’ailleurs au Canada. En fait, cette proportion atteignait 98 % du niveau observé dans le reste du Canada en 1961 — c’est-à-dire que le Québec était virtuellement à parité avec le reste du pays.

Après 1961, les Canadiens des autres provinces sont plus nombreux que les Québécois à s’inscrire à l’université. En 1981, la proportion des Québécois de 15 ans et plus qui détenaient un diplôme universitaire équivalait à 78 % du niveau en Ontario et à 84 % du niveau dans le reste du Canada.

Selon les données les plus récentes provenant des recensements, la situation n’a guère changé, et ce fossé demeure. Il s’agit là d’un fait important puisque le Québec était en meilleure posture relativement au reste du Canada en 1961 qu’il ne l’est aujourd’hui.

À tout cela, ajoutons qu’aujourd’hui le Québec a un taux de décrochage scolaire dans les écoles secondaires dépassant celui de toutes les autres provinces canadiennes. La situation relative du Québec sur ce plan s’est dégradée depuis les années 1990.

En bref, l’héritage de la Révolution tranquille a été beaucoup moins glorieux qu’on le prétend.

Paramètres de discussion

De nombreuses études ont été réalisées ces dernières années par des économistes qui documentent le lien entre la performance scolaire et l’autonomie des écoles — indépendamment du niveau d’enseignement ou de leur nature religieuse.

Toutes choses étant égales par ailleurs, plus les écoles sont autonomes et que les parents ont un mot à dire dans les activités de celles-ci, plus la performance scolaire et la qualité de l’éducation augmentent.

En contrepartie, les régimes où l’État centralise davantage, contrôle le programme scolaire et bureaucratise le domaine de l’éducation sont marqués par des résultats décevants au titre de la performance et de la qualité.

Entre 1945 et 1960, l’État québécois intervenait très peu dans le domaine de l’éducation. Les écoles étaient largement autonomes et les parents avaient une influence importante sur le parcours scolaire de leurs enfants.

Après 1960, c’est l’inverse qui se produit : l’État intervient lourdement à tous les niveaux — des portes de la garderie jusqu’à la sortie de l’université. Et les résultats sont conformes à la théorie : lors que l’État intervenait peu, un rattrapage s’observait, et quand il s’est mis à intervenir, il y a eu ralentissement.

Il convient de se demander si les progrès en éducation auraient continué au même rythme sans la bureaucratisation de l’éducation. Certes [?], il fallait circonscrire le rôle de l’Église en la matière, mais la littérature économique et les développements observés laissent croire que les progrès auraient réalistement pu être plus importants sans l’intervention accrue de l’État.
»



Voir aussi

Du Grand Rattrapage au Déclin tranquille : déboulonner la prétendue Révolution tranquille

Baisse relative du nombre de diplômés par rapport à l'Ontario après la Grande Noirceur

Grande Noirceur — Non, l'Église n'était pas de connivence avec le gouvernement et les élites

La Grande Nouérrceurrr : portrait de famille monochrome, rictus, pénurie francocentrique et ânonnements (5 pages)

La Grande Noirceur, revue et corrigée

Le « mythe » de la Révolution tranquille

Héritage de la Révolution tranquille : lent déclin démographique du Québec ?

Révolution tranquille : Entre imaginaire et réalité économique et sociale





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Du Grand Rattrapage au Déclin tranquille : déboulonner la prétendue Révolution tranquille

Présentation de l'éditeur

Dans ce livre iconoclaste et richement documenté qui bouleverse plus- ieurs lieux communs et idées reçues qui se sont imposés dans la perception de la plupart des Québécois quant à leur histoire au cours du XXe siècle, l’historien économique Vincent Geloso procède à une solide démonstration prouvant que ce qui a été largement présenté comme une « Révolution Tranquille » (1960-1976) n’était pas une véritable révolution, ni ne fut réellement synonyme de progrès général pour les Québécois.

Vincent Geloso propose la thèse, inédite et audacieuse, que c’est la période allant de 1945 à 1960, à laquelle on a accolé l’étiquette infamante de « Grande Noirceur », qui devrait plutôt être vue comme le début de ce qui aura été pour la société québécoise un authentique « Grand Rattrapage ». Comme le montre l’auteur avec une indéniable rigueur intellectuelle, de fortes tendances modernisatrices étaient observables au Québec bien avant 1960, et non seulement la soi-disant Révolution Tranquille n’aurait pas innové autant que le prétend la version historique officielle, mais elle aurait même contribué à ralentir certains progrès pourtant bien nécessaires.

Voici en somme un ouvrage qui fait exploser certains mythes jusqu’à présent bien ancrés, tout en permettant d’aborder l’histoire du XXe  iècle québécois à partir des faits tels qu’ils étaient. Ce faisant, l’auteur rend aux Québécois le visage de la société ouverte et audacieuse qu’ils ont bâtie durant une époque injustement dénigrée et dont en réalité ils auraient toutes les raisons d’être fiers.

Du Grand Rattrapage au Déclin tranquille

par Vincent Geloso
chez Accent grave
à Montréal
250 pages
Date de parution  fin février 2013

ISBN: 978-2-924151-12-9
24,95 $





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samedi 23 février 2013

Québec — Doutes sur l'utilité de la maternelle dès 4 ans et les dépenses consenties

Extraits d'un article intéressant du Devoir qui remet en cause une autre « action » du gouvernement péquiste :

Vendredi midi, la ministre de l’Éducation du Québec, Marie Malavoy, a profité d’une tribune à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain pour confirmer son intention de mettre en place, dès septembre prochain, des maternelles pour les enfants de quatre ans dans les milieux défavorisés.

Au même moment, l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) tenait une conférence de presse pour dénoncer « la précipitation » du gouvernement et « les risques liés à l’implantation des maternelles quatre ans ».

La passion de la ministre

Après avoir rappelé sa « passion de l’éducation », ainsi que les progrès accomplis en matière de persévérance scolaire, Mme Malavoy s’est attachée à vendre son programme de maternelle quatre ans dans les quartiers défavorisés. À l’heure actuelle, 27 % des enfants de quatre ans n’ont accès ni à un service de garde ni à une prématernelle, a constaté la ministre. Pour cette dernière, le passage du douillet cocon familial à l’école représente un « choc » trop important pour ces enfants. « C’est pour eux qu’il faut faire quelque chose. C’est eux, le commencement. Ce sont ces petits enfants de quatre ans qui, si on ne fait rien, risquent de commencer leur parcours scolaire avec déjà l’impression qu’ils sont moins bons que les autres et qu’ils ne réussiront pas. […] On pense que dans ces 27 %, il y en a un bon nombre qui vient de ces quartiers défavorisés. »

Aucune étude qui démontre l'impact positif, stress indu

Hélène Gosselin, vice-présidente de l’AQCPE, tempère ce point de vue. « Il n’existe aucune recherche qui montre que la scolarisation précoce favorise la réussite scolaire. » Elle en veut pour preuve une étude publiée par Statistique Canada, qui classe les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en fonction de la réussite des élèves de 15 ans au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Le Québec s’y classe très honorablement septième en lecture et cinquième en mathématiques, loin devant la France, la Belgique ou l’Italie, où les enfants sont scolarisés dès l’âge de trois ans. Il est cependant à noter que la Corée du Sud, Hong-Kong ou Singapour, pays plutôt connus pour la rigidité de leurs systèmes scolaires dès le plus jeune âge, occupent systématiquement les premières places de ce classement.

[Note du carnet : il existe des études qui prouvent au contraire que la maternelle n'a aucun impact bénéfique sur les résultats scolaires ultérieurs des jeunes enfants.

Voir

Une étude de Cambridge conclut que les enfants de cinq ans sont trop jeunes pour commencer l’école

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire


D'ailleurs, l'AQCPE mentionne aussi ce genre d'études dans son communiqué. « Des études internationales ont aussi démontré que la scolarisation précoce risque de créer un stress indu et de tuer le plaisir d’apprendre », mais le Devoir qui recopie la phrase suivante sur les résultats PISA n'a pas jugé opportun de parler de ces aspects négatifs. Notons enfin que l'AQCPE prêche pour sa paroisse, mais des études montrent que le programme de CPE a aussi des effets indésirables sur l'anxiété des enfants et que les bénéfices pédagogiques de ce programme sont globalement nuls. ]

[...]

Très peu d'enfants de quatre ans restent à domicile

L’AQCPE cite pour sa part les résultats d’une étude de l’Institut de la statistique du Québec, qui révèle que seuls 3 % des enfants des familles vivant dans des « conditions matériellement et socialement plus défavorables » restent à domicile. « À l’évidence, les énergies investies dans la mise en place des maternelles pour les enfants de quatre ans issus de milieux défavorisés ne visent pas beaucoup d’enfants », conclut le document de l’AQCPE.

Des cobayes

Mme Gosselin demande plutôt au gouvernement de prendre le temps de mettre en place une véritable étude sur les moyens et les besoins. « On ne peut pas se servir d’enfants de quatre ans, et venant de milieux défavorisés, comme des cobayes pour un projet pilote, puis analyser les résultats ensuite ! »

Voir aussi

Les CPE, un échec ?

« Le système de garderie universel en Suède forme des enfants moins instruits »

Épidémie de détresse chez les enfants en CPE et chez les enfants nantis

Le système de garderies, les syndicats sont-ils tombés sur la tête ?




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mercredi 20 février 2013

Joseph Facal : « L’essentiel est invisible »

Texte intéressant de Joseph Facal publié aujourd'hui.

Voyez les mots qui encombrent nos débats en matière d’éducation : taux de diplomation, compétences transversales, financement, endettement. L’essentiel est pourtant ailleurs.

Mon grand-père paternel est né dans le nord-ouest de l’Espagne, dans une famille de cultivateurs pauvre et nombreuse. Comme il n’était pas l’aîné, il n’héritait pas de la terre ancestrale.

Responsabilité

Au début du siècle dernier, il fait donc son baluchon et traverse l’Atlantique en bateau. Il avait 16 ans. Destination: Montevideo, capitale de l’Uruguay.

Débarqué le matin, il faisait de la pâte dans une pizzeria l’après-midi même. Plus tard, il a ouvert un restaurant, puis un autre.

Il ne lui serait jamais venu à l’idée que quelqu’un d’autre que lui-même était responsable de sa vie. Rien n’était plus important pour lui que ce qu’il n’avait jamais eu: une éducation.

Ses lourds silences suffisaient pour imposer son autorité. Ses deux fils avaient intérêt à marcher droit à l’école. Mon père est devenu médecin et son frère, banquier.

En 1970, c’est le chaos en Amérique latine. En Uruguay, la police et l’armée arrêtent et torturent sans retenue. On voit venir le coup d’État militaire.

Mon père décide qu’on recommencera tout au Québec. On arrive ici en juin 1970.

Puis, quand j’étais enfant, j’ai le souvenir de plusieurs de mes anniversaires. Mon père et moi allions à la librairie et il choisissait pour moi : Alexandre Dumas, Jules Verne, Dickens, Poe.

Je lisais jusqu’à ce que les yeux m’en tombent. Je fouillais aussi dans la bibliothèque de mon père et tombais sur des livres dont je ne comprenais pas la première phrase. J’allais au Collège Stanislas.

Puis, c’est à mon tour d’avoir des enfants. Mon garçon est maintenant en 3e secondaire, et la plus petite termine le primaire. Il fréquente une de ces écoles privées qui sont dans le haut de ce sulfureux classement que L’Actualité ne publie plus. Sa sœur y entre l’an prochain.

Ils savent parfaitement que rien n’est plus important à mes yeux que les bulletins qu’ils me ramèneront. J’examine les travaux de près.

Sacrifices

Comme j’essaie d’être un père moderne, je suis un chauffeur à temps plein. Quand je m’installe à la sortie des élèves pour attendre mon garçon, je suis toujours frappé par la proportion très élevée d’enfants d’origines maghrébine et asiatique.

Je parle beaucoup à leurs parents pendant que nous attendons. Plusieurs d’entre eux ont des petits dépanneurs, conduisent un taxi ou sont préposés aux bénéficiaires à l’hôpital.

Ils ne disent jamais: «Mon fils apprendra à se débrouiller comme moi.» Ils font d’immenses sacrifices pour que leurs enfants aient une vie meilleure que la leur. Je repense alors à mon grand-père.

Aucun gouvernement, aucun Sommet, aucun plan de réussite conçu par un «lologue» ne remplacera cela. L’essentiel est invisible.






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La bonne éducation – Autrefois, l’homme avait des devoirs envers le monde

Mathieu Bock-Coté dans les colonnes du Journal de Montréal revient sur ce que l'école contemporaine ne fait plus selon lui.

Pourquoi sentons-nous que l’école québécoise a fait faillite ? Je ne parle pas d’une faillite financière, mais d’une faillite morale et culturelle. La réponse est simple : c’est parce qu’elle ne comprend plus sa propre mission. Elle ne sait plus ce que veut dire éduquer. Éduquer, c’est-à-dire transmettre un savoir, des connaissances, introduire le jeune dans la société des adultes. Éduquer, c’est-à-dire inculquer des valeurs. Mais nous ne voulons plus éduquer, car nous ne voulons plus transmettre une culture. C’est notre vision de l’être humain qui a changé. Autrefois, l’homme était un héritier. Il savait qu’il entrait dans un monde qui le précédait. Il savait que le monde lui survivrait. Il avait des devoirs envers le monde. Pour le lui faire comprendre, on lui apprenait l’histoire. L’homme savait qu’il ne vivait pas dans un présent perpétuel, mais qu’il était situé dans le temps. Il développait un sentiment d’appartenance à sa collectivité.

Apprendre à admirer

À travers l’histoire, l’homme apprenait aussi à admirer. Il admirait les grands hommes, les grandes œuvres. Les actions héroïques aussi. L’histoire permettait de comprendre qu’on ne s’élève qu’en regardant plus haut que soi. Pour l’aider à s’inscrire dans le monde, on lui apprenait la littérature. Il savait qu’on ne maîtrise bien la langue qu’en lisant ceux qui l’ont pleinement déployée. Il comprenait qu’on ne parle pas comme on grogne. Surtout, on comprenait que l’homme ne saura jamais exprimer ses émotions s’il n’a pas les mots pour le dire. Un homme au vocabulaire trop limité est enfermé dans une terrible prison. Il n’aura pas accès à toutes les nuances de sa propre humanité. Cette vision a changé. Pire, elle s’est effondrée. Il y a une quarantaine d’années, on a voulu « libérer » l’être humain. On s’est dit que l’homme ne devait plus sentir sur lui la pression de la société. Des devoirs ? Non, merci. Que des droits, qui se résument en un seul : le droit de jouir. Surtout, on s’est dit qu’on devait libérer l’homme de la société. L’histoire ne devait plus l’obliger. La littérature ne devait plus le former. La morale ne devait plus le structurer. L’histoire devenait alors passéiste. La littérature, prétentieuse. L’enfant devait même espérer s’éduquer lui-même. Sans contrainte. Il fallait valoriser son authenticité. Sa créativité absolue. C’était l’heure de la pédagogie ouverte. De l’éducation exagérément permissive.

L’école contemporaine

À cette lumière, on comprend l’école contemporaine. Elle a renoncé aux connaissances parce qu’elle les croyait autoritaires. Imposer des connaissances, c’est transmettre une culture. C’est supposer que le passé doit alimenter le présent et inspirer l’avenir. On comprend alors d’où viennent les fameuses « compétences ». Avec les compétences, on mise sur l’autonomie absolue de l’élève. Il doit construire lui-même son savoir à partir de sa propre personnalité. Le professeur aussi change de mission. Il devait transmettre autrefois une matière. Désormais, il doit accompagner le jeune dans la construction de son savoir. Ne soyons pas surpris que certains veulent les remplacer par des ordinateurs. Cette révolution délirante a mené au désastre. L’homme n’est pas « libéré », il est déculturé, déraciné. L’essentiel n’est pas de pomper des milliards $ en éducation, mais d’imposer un changement de philosophie. Il faudra en revenir à une conception classique de l’éducation.




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Chttt ! Le mot d'ordre de « la droite » aux conservateurs sociaux

Pour les partis de « droite », il ne faudrait parler que d'économie, les conservateurs sociaux doivent se taire et laisser la discussion sociale à la seule gauche, aux seuls « progressistes », « féministes », « écologistes » et « homosexualistes » dans les écoles, au parlement, dans les associations. Progressistes qui, par leur lutte métapolitique à l'école, dans les médias et les universités, rendent normal l'étatisme, l'État-Nounou qui est là pour assurer l'égalité et la justice sociale.

Brian Lilley en a assez de voter pour ces gens qui se disent de droite qui lui demandent de se taire et qui, de toute façon, ne respectent même pas leurs promesses budgétaires et fiscales !

En deuxième partie, un entretien avec le chef du Parti libertarien de l'Ontario, Allan Small sur le programme de son parti en matières d'éducation : un vrai choix des programmes et des écoles.

 Le site du Parti libertarien de l'Ontario (en anglais uniquement).





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