dimanche 7 juillet 2024

Le 8 juillet 1621 — naissance de Jean de la Fontaine

Jean de La Fontaine naquit le 8 juillet 1621 à Château-Thierry et mourut le 13 avril 1695 à Paris.

Poète français de grande renommée, principalement pour ses Fables et dans une moindre mesure pour ses contes, on lui doit également des poèmes divers, des pièces de théâtre et des livrets d’opéra qui confirment son ambition de moraliste.

Proche de Nicolas Fouquet, Jean de La Fontaine resta à l’écart de la cour royale, mais fréquenta les salons comme celui de Madame de La Sablière et malgré des oppositions, il fut reçu à l’Académie française en 1684. Mêlé aux débats de l’époque, il se rangea dans le parti des Anciens dans la fameuse Querelle des Anciens et des Modernes.

C’est en effet en s’inspirant des fabulistes de l’Antiquité gréco-latine et en particulier d’Ésope, qu’il écrivit les Fables qui font sa renommée. Le premier recueil qui correspond aux livres I à VI des éditions actuelles est publié en 1668, le deuxième (livres VII à XI) en 1678, et le dernier (livre XII actuel) est daté de 1694. Le brillant maniement des vers et la visée morale des textes, parfois plus complexes qu’il n’y paraît à la première lecture, ont déterminé le succès de cette œuvre à part et les Fables de La Fontaine sont toujours considérées comme un des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature française. Le fabuliste a éclipsé le conteur d’autant que le souci moralisant a mis dans l’ombre les contes licencieux publiés entre 1665 et 1674.


Deux fables

Le laboureur et ses enfants




Travaillez, prenez de la peine :
C’est le fonds qui manque le moins.
Un riche laboureur sentant sa mort prochaine
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
« Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’août.
Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse. »
Le Père mort, les fils vous retournent le champ
Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an
Il en rapporta davantage.

D’argent, point de caché. Mais le Père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.

Et en hommage aux cours de justice :

Les animaux malades de la peste
Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
À chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.

Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.

Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.

Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
– Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.

Et quant au Berger l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.

Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’Âne vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.

Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
À ces mots on cria haro sur le baudet.

Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.

Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

samedi 6 juillet 2024

Le 8 juin 1776, défaite écrasante des troupes américaines à Trois-Rivières


Vue de Trois-Rivières vers 1784

Au printemps de 1775, les colonies américaines rebelles décident de se constituer une véritable armée. La première grande campagne de cette nouvelle armée sera l’invasion de la province de Québec dont l'agrandissement en 1774 était intolérable pour les Treize colonies américaines et contribua à leur révolte contre la mère patrie britannique.

Arrivé sans trop de résistance aux portes de Montréal, le général insurgé Montgomery somme les Canadiens de capituler. À l’intérieur des fortifications montréalaises, le gouverneur britannique, Guy Carleton, est bien conscient qu’il ne peut arrêter l’invasion avec sa poignée de soldats. Le 11 novembre 1775, l’avancée des troupes du Congrès continental force le gouverneur général à quitter Montréal. Il fuit en douce par le fleuve en chaloupe, costumé en paysan, pour déjouer les sentinelles américaines. Le commandement britannique abandonne donc complètement Montréal et se replie derrière les remparts de la ville de Québec. Quelques semaines plus tard, les Américains se sentent prêts à porter le coup de grâce à la jeune colonie britannique. L’assaut contre Québec est donné à 4 heures du matin, le 31 décembre 1775, en pleine tempête de neige. Les troupes américaines rencontrent alors une résistance surprenante et l’attaque de révolutionnaires se termine par un échec cuisant.

Affaiblis par l’hiver rigoureux, les maladies et le manque de ravitaillement, les Américains se retirent et quittent Québec, mais pas le territoire de la province de Québec. En effet, le 8 février 1776, un détachement de soldats américains s’installe à Trois-Rivières. Il y passe plus de trois mois. Ce fut un hiver extrêmement difficile pour cette centaine de soldats laissés en terre trifluvienne.  Les soldats américains plient bagage, quittent Trois-Rivières et se replient plus en amont sur le fleuve.

Les Américains traversent le lac Saint-Pierre durant la nuit du 7 au 8 juin 1776 et se dirigent à nouveau vers Trois-Rivières. Informé, le colonel Fraser de l’armée britannique réveille un maximum de soldats. Autour de 4 heures du matin, ses troupes, appuyées par la milice locale du général Tremblay et du chevalier de Niverville, ont réussi à rassembler presque 1100 soldats. 

Le matin du 8 juin, le chevalier de Niverville et une poignée de miliciens font prisonniers l’avant-garde des troupes américaines. Tout est en place, les effectifs qui défendent Trois-Rivières sont parfaitement embusqués quand les soldats révolutionnaires se pointent le bout du nez, ils sont canardés pendant deux heures. Un feu nourri de balles et de boulets de canon vient des positions au sol, mais aussi des bâtiments ancrés sur le fleuve. Désorganisés et surtout mal positionnés, les Américains subissent des pertes importantes.

La défaite des Américains à Trois-Rivières est écrasante : 200 hommes sont capturés, 300 sont morts ou blessés. Les survivants battent en retraite par les bois vers Montréal. On ne rapporte que quelques blessés et aucun mort dans les troupes qui défendent Trois-Rivières.

Cette défaite marque la fin des espoirs américains de s’emparer du Canada et de rallier les Canadiens (francophones) à leur cause. Les pertes humaines et matérielles sont lourdes et l’expédition canadienne, initialement conçue comme une extension naturelle de la guerre d’indépendance, se transforme en un fiasco stratégique.

Pour les Britanniques, la victoire de Trois-Rivières permet au gouverneur Carleton de consolider sa position et de préparer la contre-offensive qui reconduira les Américains hors du Québec.

Sur le plan stratégique, la bataille de Trois-Rivières démontre les difficultés logistiques et les défis de coordination auxquels sont confrontées les forces révolutionnaires américaines en territoire hostile et éloigné de leurs bases d’approvisionnement.

Royaume-Uni — Ventilation des chiffres de l'immigration depuis 2012


L'immigration totale à long terme au Royaume-Uni entre l'année 2012 et l'année 2021 était d'environ 7,4 millions et l'émigration de 5,2 millions ; cela signifie que la migration nette au cours de la décennie a ajouté environ 2,2 millions d'habitants à la population britannique, soit environ 232 000 de moins que ce qu'indiquaient nos estimations publiées précédemment pour cette période.

L'Enquête internationale sur les voyageurs (IPS) a probablement sous-estimé l'émigration des ressortissants britanniques ; 787 000 ressortissants britanniques de plus ont quitté le Royaume-Uni qu'ils n'y sont revenus entre l'année 2012 et l'année 2021, soit 471 000 de plus que les estimations précédemment publiées par le Bureau national des statistiques (ONS) pour cette période.

Le solde migratoire total des ressortissants de l'UE entre l'année 2012 et l'année 2021 était d'environ 1,9 million, soit une augmentation de 745 000 par rapport à nos estimations publiées précédemment ; le solde migratoire total révisé des ressortissants de pays tiers (hors UE) est de 1,1 million, soit 507 000 de moins que nos estimations précédentes.

Les estimations officielles de la migration nette pour 2023 sont actuellement très incertaines et les chiffres publiés seront révisés. Par exemple, l'ONS a revu à la hausse l'estimation du solde migratoire pour 2022 de 26 %, soit 158 000, depuis sa première publication. 

En tenant compte de cette mise en garde, les estimations du Bureau national des statistiques (ONS) suggèrent que la migration nette totale s'élevait à 685 000 en 2023. Ce chiffre est nettement supérieur aux estimations antérieures à la pandémie, qui se situaient entre 200 000 et 300 000 (selon la mesure utilisée).

Défilé LGBTQ2SAI+ de Toronto annulé : les pro-Palestiniens avaient-ils plus de points diversitaires ?


Multiculturalisme canadien. Un partisan LGBTQ2SAI+ emplumé use de violence contre un manifestant pro-palestinien masqué lors du prétendu « Défilé de la fierté » de Toronto, le dimanche 30 juin 2024. Pour la deuxième année consécutive, le gouvernement fédéral avait offert jusqu'à 1,5 million de dollars aux organisations de la Fierté à travers le Canada pour financer des mesures de sécurité renforcées, « dans un contexte de montée continue de la haine anti-LGBTQ2S+ ».

Des manifestants pro-palestiniens ont forcé l’annulation du défilé de la fierté dimanche soir après avoir perturbé l’événement LGBTQ2SAI+ à mi-parcours sur la rue Yonge.

Le compte X de la Fierté Toronto a publié une mise à jour vers 18 h 38, indiquant que le reste du défilé avait été annulé, bien que la foire (kermesse) et les scènes de rue restaient ouvertes.

« La haine du blanc : Alerte sur une épuration ethnique en Afrique du Sud »


Dans ce magazine, vous retrouverez :

Un dossier de près de 60 pages sur le reportage d’Erik Tegnér en Afrique du Sud auprès des communautés blanches. Au cœur des bidonvilles blancs, dans les communautés afrikaners ou dans les fermes défendues par les Boers, nos journalistes ont traversé le pays pour porter leur voix.

Un autre dossier consacré à des enquêtes sur les thèmes phares de Frontières. Entretien avec un ancien radicalisé, enquête sur l’aide sociale à l’enfance, sur un média de rap bien trop compromis ou sur les liens entre La France Insoumise et le Hamas : nous avons investigué sur tous ces sujets.

Un troisième dossier, plus court celui-ci, est consacré à l’écologie, sujet pas assez discuté à droite, mais qui soulève de nombreux questionnements quant à notre mode de vie, notre culture et nos valeurs.

Enfin, en dehors de ces dossiers, vous retrouverez un article sur la situation aux États-Unis, des analyses politiques des élections européennes et législatives et des pages qui vous serons consacrées ! Vous pourrez par exemple découvrir les coulisses de nos reportages et de notre travail quotidien, ou notre quiz de l’été ! Le tout sera accompagné de magnifiques photos comme à notre habitude.

(commandez le magazine)


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Vivre-ensemble : chef du 3e parti (13 %) en Afrique du Sud chante « Tirez pour tuer, Tuez le Boer, tuez le fermier » devant stade comble

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mercredi 3 juillet 2024

Ontario — Tribunal des droits de la personne accorde 35 K$ pour refus d'épiler un homme se disant femme

Le plaignant a déclaré qu'il avait dit au propriétaire de l'entreprise que celle-ci fournissait des services "à toutes les femmes, quelle que soit leur identité sexuelle".

Jason Carruthers, propriétaire du salon d'épilation Mad Wax, sur les lieux à Windsor, en Ontario, en 2018.

Un amérindien qui s'identifie comme une femme, qui aurait tenté de se suicider à la suite du tollé provoqué par le refus d'un service d'épilation à la cire dans un salon de Windsor, s'est vu accorder 35 000 dollars de dommages-intérêts par le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario.

L'incident a eu lieu en 2018, mais la décision n'a été publiée que le mois dernier.

Le 17 mars 2018, la requérante anonyme a téléphoné à Mad Max Windsor Inc, un salon d'épilation à la cire, et a demandé s'il offrait des services d'épilation à la cire aux « femmes transgenres » (c-à-d aux hommes biologiques qui se disent femmes). L'employée qui a répondu au téléphone lui a d'abord dit "non", puis "je ne sais pas", selon le demandeur. L'employée elle-même a déclaré qu'elle ne savait pas ce que signifiait le terme "transgenre" et a dit au demandeur que le propriétaire du salon le rappellerait.

Le litige porte essentiellement sur l'appel téléphonique entre la propriétaire et la requérante anonyme, désignée uniquement sous le nom d'AB dans les documents du tribunal.

Les souvenirs qu'ils ont de cette conversation téléphonique diffèrent considérablement.

Le propriétaire a déclaré qu'il avait supposé que le requérant demandait une épilation brésilienne et non une épilation des jambes. Le requérant a déclaré que le propriétaire l'avait également qualifié à plusieurs reprises d'homme ou avec de "parties du corps masculines", bien qu'il ne lui ait jamais dit qu'il avait des organes génitaux masculins. Le propriétaire a nié avoir « mégenré » le requérant, mais après avoir nié avoir posé des questions sur ses organes génitaux, il a admis qu'il "l'avait peut-être fait".

Le plaignant a déclaré que le défendeur lui avait dit qu'il n'y avait personne dans le personnel qui serait à l'aise pour fournir des services à "quelqu'un comme vous"", peut-on lire dans la décision du tribunal.

Le propriétaire a contesté cette affirmation, rappelant qu'il avait dit qu'il "n'avait personne dans son personnel à ce moment-là qui pouvait fournir des services d'épilation à la cire pour hommes". Le requérant a déclaré qu'il avait dit au propriétaire de l'entreprise qu'il avait pour mission de fournir des services "à toutes les femmes de manière égale, quelle que soit leur identité sexuelle" et qu'il avait proposé de le rencontrer pour l'"éduquer" sur les obligations légales. (L'homme s'identifiant comme une femme, selon la décision du tribunal, travaillait comme directeur exécutif d'une organisation locale de Windsor qui fournit des services et un soutien à la communauté transgenre).

Le propriétaire a également déclaré que le demandeur l'avait menacé de "problèmes avec le tribunal" et d'un "cirque médiatique". Le demandeur a nié avoir proféré de telles menaces et le tribunal a convenu qu'il ne l'avait pas fait. Cependant, le requérant a publié sur Facebook une vidéo sur sa rencontre avec Mad Max. Le propriétaire a contacté les médias pour "rétablir la vérité" et a fourni le nom et les coordonnées du trublion aux journalistes. Aucun article n'a été publié à ce moment-là.

Mais le 11 mai 2018, après que le plaignant a déposé une plainte pour violation des droits de l'homme, le propriétaire de Mad Max a publié un communiqué de presse, affirmant que le salon n'avait pas de personnel disponible pour effectuer des services d'épilation à la cire pour hommes ou des services d'épilation à la cire sur les organes génitaux masculins, affirmant que le personnel avait des objections culturelles et religieuses à la réalisation de tels services. Ce communiqué a donné lieu à une couverture médiatique du désaccord et à des plaintes pour discrimination.

En fin de compte, le tribunal [Mark Steyn a déjà déclaré ces « tribunaux des droits de la personne » de parodie de justice] a estimé que la mention répétée des organes génitaux d'AB et les questions posées à ce sujet, ainsi que l'erreur de genre commise par le demandeur, suggéraient que la discrimination avait joué un rôle dans le refus d'offrir des services d'épilation des jambes. Karen Dawson, vice-présidente du Tribunal des droits de la personne de l'Ontario, a également estimé que le communiqué de presse et les entretiens avec les médias étaient "destinés à mettre le requérant dans l'embarras et à saper ses plaintes" plutôt qu'à donner aux médias les deux versions de l'histoire.

En particulier, l'utilisation de mots tels que "menace" et "attaque" en relation avec la vidéo du requérant sur Facebook, ainsi que les références au "sentiment de sécurité" du personnel, ont joué sur les stéréotypes néfastes des femmes transgenres [des hommes disant qu'ils sont des femmes]", a déclaré le tribunal dans sa décision.

Le communiqué, bien qu'il ne nommait pas AB directement, citait son employeur et le propriétaire de l'entreprise a fourni son nom et ses coordonnées aux médias qui l'ont demandé. (Il est coutumier dans le journalistique de rechercher de telles informations afin d'obtenir les commentaires des deux parties à un litige). Dans l'ensemble, Mme Dawson a estimé que le communiqué de presse constituait des "représailles" parce que le requérant avait déposé une plainte auprès du Tribunal des droits de la personne de l'Ontario.

Le plaignant a affirmé que les commentaires des médias "l'avait poussé[e] à se cacher et même à se déplacer, parce qu'elle [il] craignait pour sa sécurité". Bien qu'il soit un militant transgenre bien connu à Windsor, il n'avait jamais parlé de ses organes génitaux en public et les commentaires du salon "ont ouvert une conversation publique non consensuelle" à ce sujet.

"Elle [il] a déclaré que ces commentaires étaient incroyablement traumatisants pour elle [lui] et, à un moment donné, elle [il] a tenté de se suicider", peut-on lire dans la décision.

Le plaignant se serait également tourné vers des drogues, perdu son emploi et rompu son mariage (selon le National Post) et aurait dû déménager dans une nouvelle communauté à sept heures de route pour s'en sortir.

"J'estime que les actions des défendeurs ont touché le cœur de l'identité de la requérante, et ce de manière très publique", écrit Mme Dawson.

Le plaignant s'est vu ordonner une indemnisation de 35 000 dollars et le personnel du salon a dû suivre une formation « au code des droits de la personne ».

Des écoles secondaires finlandaises en perte de vitesse importent des élèves de l'étranger

Dans l'idéal, le lycée de Marianne Korkalainen à Rautavaara, une petite ville de l'est de la Finlande, accueillerait au moins 20 nouveaux élèves chaque année. Cet automne, la municipalité décroissante ne lui enverra qu'une douzaine d'élèves. Mais Mme Korkalainen, la directrice de l'école, a un plan : elle a l'intention d'inviter une demi-douzaine de jeunes de pays plus pauvres pour l'aider à remplir les sièges vides. Des adolescents enthousiastes originaires de pays tels que le Myanmar, le Viêt Nam et la Tanzanie troqueront leurs villes tropicales pour son petit refuge enneigé. Ils recevront une éducation finlandaise, aux frais des contribuables finlandais.



La population en âge d'être scolarisée diminue dans de nombreux pays européens, et en Finlande, plus rapidement que dans la plupart des autres pays. D'ici à 2030, le pays pourrait compter près de 10 % d'enfants âgés de 4 à 18 ans en moins, selon les projections de l'Union européenne. D'ici à 2040, leur nombre pourrait diminuer d'un cinquième. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les écoles rurales, qui souffrent à la fois du faible nombre de naissances et de l'exode vers les villes. Des centaines d'entre elles ont fermé leurs portes au cours des dernières décennies. Certaines offrent désormais aux jeunes de la région des avantages tels que des leçons de conduite gratuites et de petites "bourses" en espèces, dans l'espoir de les retenir.

L'idée de mettre des étrangers derrière les pupitres devenus vides a été lancée par une jeune entreprise finlandaise. Finest Future vend des cours de finnois à des personnes avides de connaissances dans des pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine. Ceux qui obtiennent des résultats satisfaisants sont orientés vers les écoles qui le souhaitent. D'ici la fin de l'année, l'entreprise aura contribué à faire venir environ 1 500 élèves étrangers. Mais elle affirme que son objectif est, à terme, de fournir aux écoles secondaires supérieures finlandaises - qui forment environ 110 000 élèves au total - environ 15 000 nouveaux visages chaque année. Certaines petites écoles accueillent déjà plus d'élèves étrangers que d'élèves finlandais.

Le système est en partie en concurrence avec les internats coûteux de pays tels que la Grande-Bretagne. En théorie, les économies réalisées par les jeunes grâce à la gratuité des cours en Finlande justifient les inconvénients liés à l'apprentissage d'une langue que peu de gens parlent. Il en va de même pour la perspective d'une inscription gratuite à l'université finlandaise dans quelques années. Les écoles sont d'accord parce que, selon les règles actuelles, le gouvernement central débourse des fonds par élève pour chaque nouvel arrivant, comme s'il était finlandais. Les établissements de la campagne apprécient le sang neuf.

À long terme, tous les Finlandais en profiteraient, affirme Peter Vesterbacka, cofondateur de Finest Future, un entrepreneur qui a participé à la création de la marque "Angry Birds" pour Rovio, une société de jeux. La population totale de la Finlande, qui s'élève à 5,5 millions d'habitants, commencera à décliner au cours de la prochaine décennie. Le pays peine à attirer des travailleurs étrangers hautement qualifiés (environ 9 % de ses habitants sont nés à l'étranger, l'un des taux les plus bas d'Europe). M. Vesterbacka estime que les étrangers qui arrivent dès l'adolescence, qui apprennent la langue et qui sont éduqués dans le système finlandais ont beaucoup plus de chances de rester et de réussir que les adultes qui sont ciblés plus tard dans le cadre de programmes pour travailleurs qualifiés. Il estime qu'ils rapportent beaucoup plus d'argent au pays que ce que le gouvernement doit dépenser pour leur formation.

La question est de savoir dans quelle mesure ces arguments continueront à l'emporter au fur et à mesure que le programme s'étendra. À l'heure actuelle, les lycées n'ont besoin d'aucune autorisation spéciale du gouvernement central pour accueillir des étrangers parlant le finnois, à condition qu'ils aient des places vacantes. Cela pourrait facilement changer. Le ministère de l'éducation d'Helsinki a clairement fait savoir qu'il n'aimait pas financer des places pour les enfants d'autres pays. En outre, le fait de concentrer les dépenses sur un plus petit nombre d'écoles de plus grande taille pourrait s'avérer bien plus utile aux enfants finlandais que de soutenir les petites écoles, même si les habitants de la campagne trouvent cela ennuyeux. Quelle que soit la suite des événements, l'expérience finlandaise est susceptible de fournir à d'autres systèmes scolaires en perte de vitesse de précieuses leçons. ■

Source : The Economist

M à j : résultats (Les élections générales du 29 mai en Afrique du Sud, intentions de vote, listes en lice, bilan)

En Afrique du Sud, à l'issue des récentes élections ayant privé l’ANC de sa majorité absolue, un gouvernement de coalition s'est donc instauré. Toutefois, il est paradoxal de constater que, malgré une quasi-similitude des programmes politiques entre l’ANC, l’Umkhonto we Sizwe et les EFF, les animosités personnelles entre leurs dirigeants respectifs (Cyril Ramaphosa, Jacob Zuma et Julius Malema) ont prévalu et ont conduit à la formation d'une alliance pour le moins inhabituelle. Cette nouvelle coalition associe l’ANC à la la DA (Democratic Alliance), le parti des minorités ethniques.

Ainsi gouverneront ensemble un parti qui prône un renforcement de la discrimination anti-blanche (Black empowerment) qui plaide pour la condamnation d’Israël pour génocide et dont tous les députés ont soutenu la saisie des fermes appartenant aux Blancs (dans un laps plus ou moins long), et un parti blanc qui s'oppose à cette discrimination raciale, soutient Israël et s'oppose à la saisie des fermes des Blancs…

Cette alliance singulière suscite les accusations d'une trahison des principes de l’ANC de la part de l’EFF et de l’Umkhonto we Sizwe qui y voient une manœuvre destinée à préserver postes, prébendes et privilèges des cadres l’ANC. Ces partis d'opposition appellent en conséquence tous les Noirs à se rallier à leur cause…


Billet du 3 juin

Résultats (le parlement compte 400 sièges) :

Parti  Voix  Sièges  Différence  Ligne politique
ANC 40,18 %159 71 nationalisme africain au pouvoir depuis la fin de l'apartheid, parti du président Ramaphosa
DA 21,81 % 87 ▲︎parti des minorités ethniques, libéral au niveau économique
MK 14,58 % 58 ▲︎ 58 parti fondé par l'ancien président Zuma, anti-Ramaphosa, nationalisme zoulou et populisme
EFF 9,52 % 39 propose de nationaliser les entreprises « stratégiques » et d’exproprier les terres des blancs sans compensation
IFP 3,85 % 17 ▲︎nationalisme zoulou, conservateur
PA 2,06 % 9 ▲︎défense des intérêts des métis (surtout du Cap occidental), anti-immigration, se dit centriste au niveau économique
VF+ 1,36 % 6 conservateurs afrikaners

L'ANC, autrefois dirigé par Nelson Mandela, a remporté 159 sièges sur les 400 que compte le parlement lors des élections de mercredi, contre 230 lors de l'assemblée précédente.

M. Ramaphosa a néanmoins qualifié les résultats de victoire pour la démocratie, appelant les partis rivaux à trouver un terrain d'entente et se préparant apparemment à des pourparlers de coalition.

Le parti de l'opposition, l'Alliance démocratique (DA), s'est déclaré ouvert à des pourparlers de coalition avec M. Ramaphosa, mais il s'oppose à un certain nombre des grandes priorités de son gouvernement.

Une fois tous les votes comptés, l'ANC a obtenu 40 % des voix, contre 58 % lors de l'élection précédente, a annoncé la commission électorale dimanche.

Selon les analystes, ce résultat est inférieur au scénario le plus pessimiste que le parti craignait, à savoir 45 %. L'ANC doit maintenant former une coalition pour former le prochain gouvernement.

Les partis politiques sud-africains ont deux semaines pour trouver un accord de coalition, après quoi le nouveau parlement siégera pour choisir un président.

Toutefois, le parti arrivé en deuxième place (DA) s'oppose à deux des grandes priorités de l'ANC : les politiques racialistes de discrimination anti-blancs et le projet de loi sur l'assurance maladie nationale (NHI), qui promet des soins de santé universels pour tous.

L'ANC a déclaré que ces deux politiques n'étaient pas négociables dans les pourparlers de coalition.

L'ancien président Jacob Zuma, qui dirige aujourd'hui le parti uMkhonto weSizwe (MK, le fer de lance en zoulou), arrivé en troisième position avec 58 sièges, n'a pas assisté à l'annonce des résultats et avait laissé entendre qu'il pourrait les contester.

Le MK a déclaré qu'il serait prêt à travailler avec l'ANC, mais pas tant qu'il serait dirigé par M. Ramaphosa.

Ce dernier a remplacé M. Zuma en tant que président et chef de l'ANC à la suite d'une lutte de pouvoir acharnée en 2018.

Dans une interview accordée à la BBC, Patrick Gaspard, qui a été ambassadeur des États-Unis en Afrique du Sud de 2013 à 2016, a décrit les deux hommes politiques comme des « ennemis jurés ».

Plus tôt dans la journée de dimanche, M. Zuma a appelé à un nouveau scrutin et a déclaré que la commission électorale ne devrait pas annoncer les résultats définitifs.

Samedi, il a averti la commission qu'elle « nous provoquerait » si elle ignorait sa demande d'une nouvelle élection et d'une enquête indépendante sur les allégations de son parti selon lesquelles l'élection a été truquée.

« Ne créez pas de problèmes quand il n'y en a pas », a-t-il déclaré.On s'inquiète désormais de la réaction des partisans de M. Zuma aux résultats.

Créé il y a quelques mois à peine, le parti de M. Zuma a obtenu la plus grande part des voix dans la province zouloue pour les élections nationales, soit 44 % contre 19 % pour l'ANC.

Les questions locales pourraient avoir joué un rôle important dans ce changement, certains membres de la communauté ayant tourné le dos au parti ANC parce qu'il n'avait pas réussi à remédier aux graves pénuries d'eau.

Certaines parties de la province, comme Trenance Park, qui se trouve à seulement 20 minutes de route de la ville principale de Durban, n'ont pas d'eau du robinet depuis 10 mois.

Les habitants dépendent de camions-citernes qui, parfois, ne livrent pas l'eau à temps.

Les habitants du KwaZulu-Natal espèrent que maintenant que les élections sont terminées, le problème sera réglé pour de bon.

Un peu plus tôt, le chef de la police sud-africaine avait prévenu que les menaces de déstabilisation du pays ne seraient pas tolérées.

    Julius Malema chef de l'EFF:  « Nous n’appelons pas au massacre des Blancs, du moins pour l’instant », « je ne peux prévoir l'avenir », ceux qui s'offusquent sont des « pleurnicheurs ».

« Il ne peut y avoir de place pour des menaces d'instabilité afin d'enregistrer des objections ou des préoccupations concernant les processus électoraux », a déclaré le ministre de la police, Bheki Cele, lors d'une conférence de presse.

L'ANC a toujours obtenu plus de 50 % des voix depuis les premières élections démocratiques du pays en 1994, qui ont vu Nelson Mandela accéder à la présidence.

Mais le soutien au parti a considérablement diminué en raison de la colère suscitée par les niveaux élevés de corruption, de chômage et de criminalité.

 « Il y a des dizaines de millions de jeunes dans ce pays que l'on appelle la génération née libre, née après 1994, après la fin de l'apartheid, et ils ont le sentiment que leur pays a subi une transformation politique, mais pas économique », a déclaré M. Gaspard à la BBC.

Il a ajouté qu'en 2015, « il devenait déjà très clair que l'ANC était sur une trajectoire descendante parce qu'il ne parvenait pas à fournir les services essentiels dans le pays », mentionnant en particulier les coupures d'électricité.

L'ANC a exclu que Cyril Ramaphosa se retire de la présidence malgré les résultats désastreux.

L'EFF a demandé les postes de ministre des Finances et de président de l'Assemblée nationale avant d'entamer les négociations de coalition.

La DA qualifie la possibilité d'un accord de l'ANC avec l'EFF et MK de coalition « apocalyptique ».


Billet du 18 mai

Les élections générales du 29 mai en Afrique du Sud seront les plus disputées depuis trois décennies de démocratie multiraciale. Le Congrès national africain, autrefois dirigé par Nelson Mandela, a remporté près de 70 % des voix il y a seulement 20 ans. Depuis lors, cependant, il est en déclin. Lors des dernières élections de 2019, il a obtenu 57,5 % des voix. Cette fois-ci, il aura du mal à gagner la moitié de l’électorat et à garder le contrôle de Gauteng et de KwaZulu-Natal, les deux provinces les plus peuplées des neuf provinces du pays.

mardi 2 juillet 2024

Québec — 109 hommes de 25 à 29 ans pour 100 femmes du même âge en 2023 (101 hommes pour 100 femmes il y 40 ans)

Le Québec compte 64 000 hommes de plus que de femmes chez les jeunes adultes, un écart qui s’est fortement creusé dans les dernières années en raison de l’afflux d’immigrants temporaires.

L’an dernier, on dénombrait 109 hommes de 25 à 29 ans pour 100 femmes du même âge, révèlent des chiffres de l’Institut de la statistique du Québec obtenus par notre Bureau d’enquête. Il y a 40 ans, ce ratio était plutôt de 101 hommes pour 100 femmes et il y a à peine 10 ans, de 104 hommes pour 100 femmes.

Benoît Laplante, professeur en démographie à l’Institut national de la recherche scientifique, qualifie cette hausse subite d’«exceptionnelle».

Contrairement à d’autres pays, «le taux de masculinité actuel au Québec n’a rien à voir avec la guerre et très peu avec l’avortement sélectif», souligne-t-il.

Ce grand écart est dû surtout au profil et au nombre des résidents non permanents, soit les étudiants internationaux, les travailleurs étrangers temporaires (par exemple agricoles) et les demandeurs d’asile.

Ils étaient 600 000 au Québec au dernier décompte. Et ce sont, en majorité, des hommes.

Selon les experts, la nature des emplois temporaires, les exigences physiques de la migration, les rôles sociaux, la mobilité et le niveau d’éducation plus élevé chez plusieurs hommes peuvent expliquer ce déséquilibre.

Effet négatif sur la natalité possible

Il pourrait cependant avoir un effet négatif sur la natalité, puisqu’elle est calculée en fonction du nombre de naissances (stable) et de la population (en augmentation).

Au Québec, le cabinet de la ministre Christine Fréchette considère le taux de masculinité chez les jeunes adultes comme «préoccupant».

«Il est important pour notre gouvernement de préserver un bon équilibre hommes-femmes», ajoute-t-on par courriel, en faisant remarquer que plusieurs recrues internationales pourvoient des postes à prépondérance masculine.

7 Européens sur 10 estiment que leur pays accueille trop de migrants

7 Européens sur 10 estiment que leur pays accueille trop de migrants et sont largement favorables à un contrôle accru de l'immigration. l'immigration. L'idée de fixer des quotas au niveau mondial tend à être approuvée.

C'est-à-dire, 70 % des Français estiment que leur pays accueille trop d'immigrants, 90 % des Grecs, 77 % des Allemands, 74 % des Italiens, mais seulement 54 % des Hongrois et 57 % des Danois, citoyens de deux pays qui ont une politique stricte en matière d'immigration.


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