mardi 15 février 2022

Découvreuse d'Omicron aurait subi des pressions politiques pour qu'elle ne dise plus que ce variant était bénin

Le médecin qui a contribué à la découverte du variant Omicron a affirmé avoir subi des pressions de la part de plusieurs responsables gouvernementaux européens pour ne pas révéler qu’il s’agissait d’une souche plus bénigne que les souches précédentes.

S’adressant au quotidien allemand Die Welt, la Dr Angélique Coetzee, actuellement à la tête de l’Association médicale sud‑africaine, a déclaré que lors de discussions avec des fonctionnaires européens, il lui a été demandé de ne pas dire que les patients Omicron ne présentaient que des symptômes légers.

« On m’a dit de ne pas déclarer publiquement qu’il s’agissait d’une maladie bénigne. On m’a demandé de m’abstenir de faire de telles déclarations et de dire qu’il s’agit d’une maladie grave. J’ai refusé », a‑t‑elle affirmé à Die Welt alors qu’elle répondait à une question concernant ses premières discussions sur Omicron avec des responsables européens.

Mme Coetzee n’a cependant pas donné de noms précis. Dans l’interview, Angélique Coetzee a déclaré que les fonctionnaires sud‑africains n’ont pas essayé de faire pression sur elle. Plus tard, en revanche, elle a été critiquée par les autorités du Royaume‑Uni et des Pays‑Bas.


Entretien accordé à la chaîne autrichienne ServusTV par la Dr Coetzee à ce sujet

« Je suis clinicienne et d’après le tableau clinique, rien n’indique que nous ayons affaire à une maladie très grave. L’évolution est généralement bénigne. Je ne dis pas que vous ne tomberez pas malade si votre maladie est bénigne », a‑t‑elle déclaré.

« La définition de la forme légère de la Covid — 19 est claire, et c’est une définition [de l’Organisation mondiale de la santé] : les patients peuvent être traités à domicile et l’oxygène ou l’hospitalisation ne sont pas nécessaires », a précisé Mme Coetzee, ajoutant : « Une maladie grave est une maladie dans laquelle nous voyons des infections respiratoires pulmonaires aiguës : les gens ont besoin d’oxygène, peut‑être même de respiration artificielle. Nous avons vu cela avec Delta, mais pas avec Omicron. J’ai donc dit aux gens : “Je ne peux pas dire cela parce que ce n’est pas ce que nous voyons” ».

Elle se souvient avoir déclaré à certains responsables : « Ce que j’ai dit à un moment donné, parce que j’en avais juste assez, c’est : “En Afrique du Sud, c’est une maladie bénigne, mais en Europe, c’est une maladie très grave.” C’est ce que vos responsables politiques voulaient entendre. »

Fin novembre, Angélique Coetzee a déclaré dans plusieurs interviews, dont une avec CNN, que la « majorité de ce que nous présentons aux praticiens de soins de santé primaires sont des cas extrêmement légers, donc légers à modérés… et donc, [pour] ces patients, cela signifie qu’ils n’ont pas besoin d’être hospitalisés pour le moment. »

« Nous essayons de faire passer le message au monde pour dire : Écoutez nous ne disons pas que cette maladie ne sera plus jamais une maladie provoquant des formes graves à l’avenir, elle va causer des maladies graves, mais si cette maladie entraîne pour une grande majorité de personnes des symptômes légers, qu’on peut facilement traiter à la maison, sans besoin d’admission, c’est déjà ça de gagné. »

Depuis que le variant Omicron a été nommé de manière controversée « variant préoccupant » par l’OMS en novembre 2021, un certain nombre d’études ont suggéré que ce variant présente des symptômes plus légers que le variant Delta. Désormais, le variant Omicron s’est imposé et représente la majorité des cas de par le monde.

Une étude menée par un groupe de chercheurs japonais et américains, publiée fin décembre, a révélé que le variant Omicron provoque des effets moins dommageables pour les poumons, la gorge et le nez.

Article de Die Welt (tirage quotidien moyen de 209 000 exemplaires par numéro)


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Pr Peyromaure : « Le passe vaccinal ne sert plus à grand-chose et n’a plus aucune justification aujourd’hui »


 

Pr Peyromaure : « Le passe vaccinal ne sert plus à grand-chose et n’a plus aucune justification aujourd’hui »

« Le passe vaccinal ne sert plus à grand-chose et n’a plus aucune justification aujourd’hui », estime le Pr Michaël Peyromaure, chef du service d’urologie de l’hôpital Cochin.

Pr Peyromaure : « Entre 20 et 40 ans, le vaccin n’apporte rien ».

Pr Peyromaure : « On est en train de s’apercevoir que la qualité de ce vaccin est relativement médiocre ».

É. Levy : « On a tellement dit que ce vaccin allait être merveilleux qu’on regardait ces gens qui ne voulaient pas se vacciner comme des hurluberlus complotistes ».

Dans le passage au complet, le Pr Peyromaure discute de ces chiffres officiels de la DREES

Pr Peyromaure : « Le risque [d’effets indésirables] n’est pas marginal […] Personne ne peut dire qu’à 2 ans, 3 ans, 4 ans on ne verra pas arriver des effets indésirables liés au vaccin […] On ne respecte plus aucun principe de précaution ».

Pr Peyromaure : « Les effet indésirables sont en train d'apparaître. Je parle à beaucoup de patients, ils ont tous plus ou moins autour d'eux des gens qui ont fait des complications du vaccin : zonas, fourmillements, troubles du rythme, certaines fausses couches... »


Tout le passage de l’émission sur le sujet avec le Pr Peyromaure (35 minutes)

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lundi 14 février 2022

Crise du logement : le tabou des seuils d’immigration trop élevés

Du quotidien La Presse :

[...] On se doit toutefois de remarquer qu’un facteur en particulier est toujours, ou presque, gardé sous silence. C’est celui de nos seuils d’immigration trop élevés.

Jean-François Perreault, le vice-président et économiste en chef de la Banque Scotia, l’expliquait récemment devant le Comité des finances à Ottawa : « Depuis 2015, nous avons vu une augmentation énorme de l’immigration qui a amplifié la pression sur le marché immobilier. »

Ce sont même les immigrants eux-mêmes qui font les frais de cette pression, car en arrivant ici, leur premier réflexe est évidemment de se chercher un logement, mais bien souvent avec peu de succès.

Nous sommes donc dans une situation paradoxale où les propositions de hausse de l’immigration, c’est-à-dire des politiques qu’on qualifie habituellement de « pro-immigration », nuisent en réalité à la qualité de vie des immigrants.


Les gouvernements du Québec et du Canada semblent faire peu de cas de cette réalité, alors que Québec hausse son seuil à 70 000 immigrants en 2022 et que le Canada de Justin Trudeau garde le cap sur son objectif de 400 000 immigrants par année.

Ces seuils d’immigration ont été annoncés sans réelle résistance par d’autres politiciens ou par les journalistes. À l’inverse, une baisse déclenche invariablement une cacophonie médiatique où tous partagent leur réflexion sur la question. Souvenons-nous du tollé, il y a quelques années, alors que François Legault avait modestement proposé de baisser les seuils durant deux ans pour ensuite les remonter.

Complaisance envers les propositions de hausse de l'immigration

Comment expliquer notre complaisance à l’égard des propositions de hausse de l’immigration, alors que celles-ci exacerbent la crise du logement ? C’est qu’il y a une forme de privilège progressiste qui fait bénéficier à ses tenants un certain passe-droit dans les domaines politique, journalistique et intellectuel.

Nous accordons une valeur morale univoquement positive à la hausse des seuils d’immigration, ce qui nous empêche de la remettre en question.

La posture morale, celle que l’on associe généralement à « l’ouverture à l’autre », semble suffire pour justifier des propositions qui posent pourtant de réels problèmes.

De l’autre côté, lorsqu’une baisse est sur la table, on présuppose que de mauvais sentiments l’animent et qu’on se doit en ce sens de pousser ses défenseurs à les avouer. On [Les médias] talonnera dans les points de presse celui qui défend une telle politique. On n’hésitera pas non plus à montrer l’épouvantail de la pénurie de main-d’œuvre sans pour autant dire que l’augmentation de l’immigration ne pallie qu’en partie la pénurie, car elle nécessite à son tour davantage de services comme des soins hospitaliers, des écoles, des enseignants, etc.


 
[...]

Privilège à révoquer, tabou à renverser

Comprenons bien qu’il ne s’agit pas de critiquer le fait que l’on questionne longuement le premier ministre du Québec lorsqu’il évoque des baisses d’immigration. Toutes nos politiques doivent se justifier sur les plans logique et factuel, c’est tout à fait sain pour notre démocratie.

Le problème est plutôt notre indolence envers les propositions de hausse de l’immigration. Il est plus que temps de mettre fin à ce privilège progressiste. Chaque proposition, aussi vertueuse peut-elle paraître, se doit d’être remise en question.

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Immigration de masse : le Canada connaît la plus forte croissance démographique du G7

L’augmentation de l’immigration a amplifié la crise du logement

Canada — Faire passer l’immigration de 300 000 personnes par an à un million

L'initiative du Siècle (dont un des cofondateurs est Dominic Barton, actuellement ambassadeur du Canada en Chine populaire). En anglais uniquement.

Le patronat québécois reprend de plus belle sa campagne en faveur de l’immigration massive : 64 000 par année au Québec ! (1er avril 2021, ce n’est hélas pas un poisson d’avril)

Implosion de la natalité en Corée du Sud : moins 0,84 enfant/femme, il en faut 2,1 pour remplacer les parents

Implosion démographique : y remédier en renouant avec des valeurs qui privilégient descendance et transmission 

Les Canadiens français deviendraient minoritaires au Québec en 2042 (long billet, graphiques)

Montréal : en 2031 les minorités visibles représenteront 31 % de la population 

Démographie — En 15 ans, les minorités visibles sont passées au Québec de 7 % à 13 % de la population

Laval s’anglicise

Natalité baisse au Québec depuis 7 ans, mais CS de Montréal devrait accueillir 5000 élèves de plus d’ici cinq ans [impact de l’immigration]

Chute importante prévue du français dans les foyers québécois

Québec — Trois nouveau-nés sur dix ont au moins un parent né à l’étranger 

Canada — un pays non blanc vers le milieu de ce siècle ?

Les francophones bientôt minoritaires à Montréal, légère baisse des francophones dans l’ensemble du Québec  

Espérance de vie baisse chez les hommes en Ontario, en Colombie-Britannique et chez les blancs aux États-Unis   

Institut Fraser : L’immigration massive nuit au bien-être des Canadiens en général ; les politiques d’immigration doivent être revues (étude de 264 pages)

Oui, la loi 101 est un échec 

« Le français pourrait disparaître de la fonction publique au Québec » 

 

Immigration de masse : Toujours plus (le Canada connaît la plus forte croissance démographique du G7)

Mise à jour du 14 février : Le gouvernement Trudeau veut accueillir plus de 431 000 nouveaux résidents permanents cette année, et encore davantage les deux années suivantes. 

Le parti libéral du Canada revoit ses cibles précédentes à la hausse et souhaite admettre un total de 1,33 million d’immigrants d’ici 2024. 


Le ministre fédéral de l’Immigration, le libéral Sean Fraser, a déposé son premier rapport annuel au Parlement lundi après-midi, dévoilant ces nouvelles cibles.  

Il s'agit du niveau d'immigration le plus élevé depuis le « boom du blé » au début des années 1910.

Le gouvernement libéral du Canada ayant perdu patience avec la population canadienne qui vote en grande majorité pour d'autres partis, il semble avoir décidé d'élire un nouveau peuple, plus docile, plus reconnaissant.


Billet du 13 février

La population canadienne a augmenté de 5,2 % entre 2016 et 2021, principalement en raison d’une politique d’immigration de masse.

Selon les données du dernier recensement de 2021, le Canada compte aujourd’hui 37 millions d’habitants, soit 5,2 % de plus qu’il y a cinq ans, ce qui en fait le pays ayant connu la plus forte croissance démographique parmi les pays membres du G7.

D’après les premières données publiées mercredi matin par Statistique Canada, la population canadienne a crû de 1,8 million d’individus depuis le dernier coup de sonde national, en 2016.

En 2021, le Canada comptait 36 991 981 d’habitants.

« La population du Canada croît à un rythme deux fois plus élevé que les États-Unis. »

— Une citation de Patrick Charbonneau, analyste principal au Centre de démographie de Statistique Canada

C’est essentiellement à l’immigration que l’on doit cette croissance, souligne le démographe Patrick Charbonneau. En fait, quatre personnes sur cinq qui se sont ajoutées à la population canadienne entre 2016 et 2021 étaient issues de l’immigration.

La croissance naturelle de la population, soit les naissances moins les décès, ne représente, elle, que 15 % de la croissance démographique observée au pays depuis cinq ans.

Comme on s’y attendait, la pandémie a eu un effet notable sur la courbe démographique canadienne. Après avoir enregistré une croissance record de 583 000 personnes (+1,6 %) en 2019, la population canadienne a connu en 2020 son taux de croissance le plus bas depuis un siècle.

Entravée par la fermeture prolongée des frontières pour tenter de protéger le pays de la pandémie de COVID-19, la croissance démographique n’aura été que de 0,4 % en 2020, soit un gain de 160 000 personnes. Mais, même en dépit de la pandémie, le rythme de croissance démographique du Canada est demeuré le plus élevé du G7, souligne Statistique Canada.

Parmi les provinces, ce sont l’Île-du-Prince-Édouard et la Colombie-Britannique qui ont connu la croissance la plus forte, avec des hausses respectives de 8 % et de 7,6 %.

La perte de poids démographique se poursuit au Québec


Le pourcentage de personnes vivant au Québec dans la population canadienne est passé de 23,2 % à 23 % au cours des cinq dernières années.

En dépit d’une augmentation de 4,1 % de sa population, qui se chiffrait à 8 501 833 lors du recensement, en 2021, le Québec continue de perdre du poids démographique au Canada par rapport aux autres provinces.

En 2021, les personnes qui vivent au Québec représentaient 23 % de la population canadienne contre 23,2 % en 2016. Cette tendance observée lors des 10 recensements précédents se poursuit donc. La croissance démographique du Québec demeure inférieure à celle du pays, qui était de 5,2 % au printemps 2021.

À titre de comparaison, la population de l’Ontario a crû de 5,8 % au cours des cinq dernières années, principalement en doublant le nombre d’immigrants accueillis par rapport au recensement précédent.

Les trois quarts des Canadiens vivent aujourd’hui dans les 41 grandes agglomérations urbaines du pays.

C’est à l’immigration, encore une fois, qu’on doit cette forte croissance des centres urbains. « Plus de 9 nouveaux immigrants permanents sur 10 s’installent dans une région métropolitaine (RMR) », note Statistique Canada. Une tendance qui est cependant compensée dans les grandes villes par une augmentation des migrations vers les banlieues.

« Si on regarde les migrations internes dans les trois plus grands centres urbains du Canada, il y a plus de gens qui quittent les villes vers la périphérie […] mais de façon générale, l’immigration réussit à compenser ces pertes-là », explique le démographe Patrick Charbonneau.

Pour preuve, souligne Statistique Canada, « pour la première fois en six recensements, aucune RMR au Canada n’a connu une diminution de population de 2016 à 2021 ».

Pour ce qui est de Montréal et Toronto, la population des deux Région métropolitaine de recensement (RMR) a augmenté de façon similaire entre 2016 et 2021, soit de 4,6 %. Ce qui les situe très loin derrière les villes de Kelowna, Chilliwack et Kamloops, qui affichent des taux de croissance respectifs de 14 %, 12,1 % et de 10 %.

Fait à noter, pour la première fois en 25 ans, Calgary ne fait plus partie des cinq Région métropolitaine de recensement (RMR) affichant les taux de croissance démographique les plus élevés.

Croissance beaucoup plus lente dans les régions rurales

Alors que les villes se remplissent sous l’effet de l’arrivée de dizaines de milliers d’immigrants au pays chaque année, dans les régions rurales, la croissance démographique est nettement moins forte.

En mai 2021, un peu plus de 6,6 millions de personnes vivaient dans une région rurale au pays, soit 0,4 % de plus qu’au recensement précédent, alors que la croissance des régions urbaines était de plus de 6,3 % au cours de la même période.

Par conséquent, le poids démographique des personnes vivant en milieu rural continue de diminuer au Canada. « Pour un neuvième recensement consécutif : il est passé de 18,7 % en 2016 à 17,8 % en 2021 », peut-on lire dans les documents de Statistique Canada.

Or, cette baisse aurait pu être plus marquée encore si ce n’avait été de l’arrivée de la pandémie, souligne l’agence fédérale.

« Étant donné qu’un plus grand nombre de Canadiens peuvent maintenant travailler à domicile à cause de la pandémie, la population de certaines régions rurales a augmenté, alors qu’un plus grand nombre de personnes ont quitté les centres urbains, en particulier au Québec et en Ontario », dit-elle.

Source : SRC.

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Crise du logement : la tabou des seuils d’immigration trop élevés

L’augmentation de l’immigration a amplifié la crise du logement

Canada, champion de l’augmentation du prix du logement depuis 2000, aussi un pays à très forte immigration…

La Hongrie a enregistré fin 2021 son taux de fécondité le plus élevé depuis 27 ans  

La démographe Tribalat contre les détournements idéologiques au sujet de l’immigration 

Le taux de natalité en Chine atteint un creux historique depuis 1978

 Nigéria : 38 millions d’habitants en 1950, 190 millions en 2018, 400 millions en 2050 ?

 

Sondage — 71 % des Québécois pour la levée des restrictions liées à la Covid

Plus de 70 % des Québécois et les deux tiers des Canadiens croient qu’il est temps d’abandonner les restrictions liées à la COVID-19 et de commencer à vivre avec le virus, selon un nouveau sondage.

L’enquête, menée par Maru Public Opinion pour Postmedia, a révélé que 64 % des personnes interrogées pensent qu’à moins que les hôpitaux et les unités de soins intensifs ne soient touchés par une augmentation soudaine de patients COVID-19 qui compromet les soins aux autres, les gouvernements devraient lever les restrictions liées à la pandémie.

Les répondants vivant au Québec (71 %), en Alberta (65 %) et en Ontario (65 %) étaient les plus susceptibles d’être de cet avis. Ceux qui sont le moins susceptibles de résider en Colombie-Britannique (48 %), au Manitoba et en Saskatchewan (41 %) et au Canada atlantique (39 %).

Selon le sondage, 56 % des Canadiens affirment que les personnes non vaccinées ne devraient pas subir de pression pour se faire vacciner. La majorité pense que si quelqu’un n’est pas vacciné à ce stade, il ne se fera pas vacciner à l’avenir, et faire pression sur lui crée un contrecoup qui est « pire que de vivre avec lui dans nos communautés ».

En ce qui concerne la question de savoir par qui les précautions doivent être prises, 53 % des répondants pensent que les mesures qu’ils prennent pour se protéger doivent leur revenir et non au gouvernement ni aux responsables de la santé publique. Cette opinion est largement majoritaire au Québec (62 %) et en Alberta (62 %) et minoritaire en Colombie-Britannique (41 %) et au Canada atlantique (44 %).

Au demeurant, le sondage a révélé que 45 % des Canadiens croient que le moment est venu pour les médecins en chef et les responsables de la santé publique de prendre du recul.

Le sondage auprès de 1 506 adultes canadiens qui sont des panélistes de Maru Voice Canada a été mené le 9 février. Un échantillon probabiliste comparable de cette taille a une marge d’erreur estimée de plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20.

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Une vaste majorité de commerçants exploitant de grandes surfaces en ont « ras le bol » du passeport vaccinal, qui ne fait que leur attirer les foudres des clients mécontents, parfois agressifs, tout en faisant diminuer l’affluence et les ventes, témoignent-ils. (La Presse)

Covid-19 : pourquoi le Danemark s'apprête à renoncer à la vaccination

Après avoir décidé de lever la plupart des restrictions, le pays scandinave pourrait abandonner totalement son programme de vaccination d'ici la fin du mois de février.

C'est une étape de plus dans la volonté de «vivre avec le virus». Depuis le 1er février, le Danemark a fait le choix, comme le Royaume-Uni, de tenter le pari d'un retour «à la vie d'avant», en tirant un trait sur les masques et le passe sanitaire, en rouvrant les boîtes de nuit, bars et restaurants sans restriction, malgré un nombre de cas record. S'il reste «recommandé» de s'isoler pendant quatre jours en cas de test positif, les cas contacts ne sont plus contraints à aucune quarantaine. Mais depuis vendredi 11 février, le pays scandinave est allé encore plus loin. Dans un communiqué passé relativement inaperçu chez nous, il a esquissé ce qui ressemble à un abandon pur et simple de la vaccination à court terme. Une première mondiale depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Ainsi, le gouvernement danois a annoncé dans un premier temps ne plus proposer de doses supplémentaires de vaccins à sa population. Les personnes âgées ou à risque ne recevront pas la quatrième et les moins de 18 ans se passeront de troisième. Mais surtout, le programme de vaccination pourrait être totalement suspendu «au plus tard au printemps». «Le Conseil national de la santé suivra de près l'évolution de l'épidémie dans les semaines à venir, et nous espérons pouvoir annoncer fin février les dates de clôture du programme de vaccination», indique ainsi le communiqué. 

Les autorités danoises justifient cette décision en fonction de plusieurs critères. D'abord, un taux de vaccination qu'ils estiment suffisant. D'après les chiffres du Statens Serum Institut, un institut de recherche sur les maladies infectieuses, cités par le journal Politiken , 80,9% des 5,8 millions de Danois étaient vaccinés au 11 février, dont 61,4% avec une dose de rappel. Un des meilleurs taux d'Europe, selon les données d'Our World in Data, seulement devancé par le Portugal.

C'est moins que le Québec avec 81,72 % de la population doublement vaccinée (86 % de la population éligible) et 57, 4 % de doses de rappel dans la population éligible. En outre, depuis le début du mois de décembre, au moins deux millions de personnes auraient contracté le variant Omicron du coronavirus au Québec, dont un million uniquement depuis le début de 2022. En outre, près de la moitié des Québécois ont contracté la Covid-19 en deux ans de pandémie, a révélé mercredi le directeur national de santé publique par intérim, le Dr Luc Boileau.

 À titre de comparaison, 79% de la population française est actuellement vaccinée, dont 55% avec la troisième dose, selon les chiffres du ministère de la Santé. «Au Danemark, nous avons un niveau très élevé de vaccination», se félicite ainsi le gouvernement dans son communiqué, qui évoque une «très grande immunité protectrice» de la population.

samedi 12 février 2022

L'anglais est en train de devenir la langue de convergence entre les élèves de certaines écoles montréalaises

L’attrait de l’anglais ne se dément pas dans les écoles.

Le parent d’une élève qui fréquente le Collège des Marcellines (Montréal) a constaté sur place à quel point échanger en anglais est « cool » entre élèves. Priée de s’expliquer sur cette popularité de la langue de Shakespeare entre adolescentes, l’élève a simplement dit que les jeunes filles « aimaient ça parler en anglais entre elles et que ce n’était pas grave… »

Même si le parent n’a pas voulu épiloguer sur le sujet, nous avons contacté Sœur Martine Dalpé, directrice du secondaire au Collège des Marcellines, qui se dit bien au fait du phénomène, mais à la fois désolée que le projecteur soit braqué sur son école.

« Le phénomène est généralisé dans toutes les écoles de la région métropolitaine, a-t-elle expliqué au Journal des voisin. Montréal, particulièrement dans l’ouest de l’île, accueille des communautés culturelles diverses. Beaucoup de parents d’élèves ne parlent pas le français, ou la langue parlée à la maison est une autre langue que le français. C’est particulièrement vrai à Marcellines, où on accueille 82 nationalités. »

Environnement multiculturel

Sœur Dalpé ajoute que certains parents ne comprennent pas les communications que le collège leur envoie. Une bonne part des élèves vivent dans un environnement où le français est exclu.

« On a discuté du phénomène de l’attractivité de l’anglais aux réunions de la Fédération des établissements d’enseignement privé, révèle-t-elle. C’est une réelle préoccupation pour toutes les directions d’écoles, privées ou publiques. »

La dirigeante du Collège affirme que l’expression voulant que ça prenne un village pour former un enfant, et que l’école soit au cœur de ce village, s’applique pleinement en matière de langue. Car une langue comme le français fleurit d’abord à l’école. Elle reconnaît que l’école a donc une responsabilité évidente dans la défense de la langue. Et qu’elle prend cette responsabilité au sérieux.

« Nous avons beaucoup d’élèves allophones, reprend-elle. Quand ils arrivent, en première secondaire, nombre d’entre elles maîtrisent mal, souvent très mal le français. Quand elles quittent, en secondaire cinq, la qualité de leur français est de niveau supérieur. Nous les encourageons continuellement et reconnaissons leur progression. »

Comme plusieurs écoles, le Collège des Marcellines tient des activités de préparation au français. Le programme de français de ce collège est de niveau enrichi.

« Nos élèves sont reconnues pour leur solide formation dans la langue de Molière, particulièrement par les autorités collégiales, poursuit Sœur Dalpé. On nous affirme souvent que nous sommes parmi les institutions qui forment le mieux nos élèves en français.»

Attrait réel pour l'anglais

Elle ajoute que son bureau est situé au milieu du corridor et qu’elle surprend les conversations d’élèves durant les pauses. Selon elle, les jeunes parlent entre elles moins de 10% du temps en anglais.

« Mais l’attrait de l’anglais est bien réel, reconnaît-elle. Nous baignons dans la culture nord-américaine, qui est anglophone. Elles sont élevées là-dedans. Plutôt que de tomber dans la répression lorsqu’elles parlent anglais, nous nous efforçons plutôt de valoriser les beaux côtés de la culture québécoise. »

Le Collège organise ainsi le visionnement de films québécois, promeut la lecture de romans d’ici, mousse les pièces de théâtre en français et, lorsque les élèves organisent des spectacles, exige 60% de chansons francophones. Ce qui représenterait un effort réel pour les jeunes, qui ne connaissent pas suffisamment la culture francophone.

Elle reconnaît que la valorisation du français représente tout un défi face au rouleau compresseur anglophone, alors que les jeunes générations consomment massivement leurs contenus culturels en ligne, principalement auprès de géants que sont YouTube, Netflix ou les réseaux sociaux, où l’anglais prédomine.

« Les gens, les jeunes en particulier, méconnaissent la culture québécoise, poursuit la dirigeante du Collège. Ils croient qu’elle est moins intéressante. Nos élèves sont souvent surprises par leurs découvertes. Il faut aussi dire que le français est une langue difficile à apprendre et à écrire. C’est un défi supplémentaire. »

Sœur Dalpé demeure malgré tout optimiste lorsqu’elle voit le niveau de maîtrise de la langue et la culture de ses finissantes.

Des chiffres

Les Québécois de langue maternelle anglaise représentent 7,7% de la population québécoise, selon un rapport de l’Office de la langue française (OLF) publié en 2019. Le français est la langue le plus souvent parlée à la maison chez 80% des ménages, l’anglais 9,9% et les autres langues 7,1%.

Alors que l’immigration représente 14% de la population, 53% des allophones ne parlent aucune autre langue que la leur à la maison, 33% parlent aussi le français, 14% l’anglais et 12% des langues multiples avec le français.

Fait à noter, 23% des Québécois ayant une langue maternelle autre que le français se disent capables de soutenir une conversation dans la langue de Félix Leclerc. Sur l’île de Montréal, 41% des élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire fréquentant une école française avaient une autre langue maternelle que le français en 2015.

Enfin, l’OLF indique que l’écoute de chansons francophones et anglophones est à égalité chez les francophones… sauf chez les plus jeunes, où les produits culturels anglais dominent. Chez les 15-34 ans, 69% regardent des films et 9% écoutent des chansons en français. Chez les 35-54 ans, cette proportion est de 75% et 18%, et chez les 55 ans et plus, elle est de 83% et 47%.

Source


Sondages : Seuls 16 % des Canadiens voteraient pour Trudeau sur la base de ses actions des deux dernières semaines

46 % des Canadiens sympathisent avec le convoi de camionneurs, mais beaucoup ne sont pas d’accord avec leurs tactiques.

Le mouvement de protestation des convois de camionneurs contre les mandats et les restrictions du vaccin Covid-19 qui a paralysé la capitale canadienne et s’est propagé aux principaux postes frontaliers canado-américains a la sympathie de nombreux Canadiens, selon un nouveau sondage.

Un sondage Ipsos publié jeudi et mené exclusivement pour Global News indique que près de 46 % des Canadiens disent qu’ils « ne sont peut-être pas d’accord avec tout » le convoi de camionneurs dit ou fait, mais la frustration des manifestants est « légitime et digne » de sympathie.

Cette sympathie est passée à 61 %, en particulier chez les Canadiens âgés de 18 à 34 ans, selon le sondage.

Il y a une semaine, un sondage d’Abacus montrait que 32 % des Canadiens soutenaient les camionneurs.

Par ailleurs, un sondage Maru, mené du 9 au 10 février, a révélé que seuls 16 % des Canadiens voteraient pour Trudeau sur la base de ses actions des deux dernières semaines.

« La dernière fois que j’ai vu des chiffres aussi proches de cela, c’était dans les derniers jours de Brian Mulroney », a déclaré John Wright, vice-président exécutif de Maru Public Opinion et vétéran de l’industrie depuis 32 ans. « Je pense que cela pourrait lui coûter son poste. »

Un autre sondage d’Abacus en date de ce samedi 12 février indique que « L’humeur du pays [le Canada] s’est détériorée depuis un mois. Aujourd’hui, 34 % estiment que le pays va dans la bonne direction — en baisse de 8 points sur deux mois et le plus bas depuis avril 2021 — tandis que 50 % pensent qu’il est sur la mauvaise voie, en hausse de 7.

« L’approbation du gouvernement fédéral est passée de 44 % à 38 %. Désapprobation en hausse de 40 % à 45 %. »

« Les opinions positives de Justin Trudeau sont à 36 %, celles négatives à 46 % pour un score net de — 10. Les opinions négatives sont les plus élevées que nous ayons jamais enregistrées ».

La seule province où l’approbation du gouvernement fédéral augmente est l’Ontario (+5 %), il est en baisse de 12 % au Québec et de moins 40 % en Alberta !

Opinions sur les chefs de parti

Justin Trudeau bénéficie d’une impression positive chez 36 % et d’impressions négatives chez 46 %, pour un score net de -10 par rapport à son score net de -2 il y a un mois. Ses négatifs sont les plus élevés que nous ayons enregistrés. La faveur de M. Trudeau est de +24 parmi les électeurs qui se décrivent comme étant à gauche du centre, -14 parmi ceux du centre et -47 parmi ceux de droite.

Aujourd’hui, 17 % ont une opinion positive de la chef conservatrice par intérim Candice Bergen tandis que ses négatifs sont à 28 % pour un score net de -11. M. O’Toole a terminé son mandat de leader avec une préférence nette de -25.

Jagmeet Singh bénéficie d’une impression positive parmi 41 % et trouve des impressions négatives parmi 25 % pour un score net de +16, similaire à nos résultats du mois dernier.

Au Québec, le chef du BQ M. Blanchet est positif à 36 % et négatif à 28 % pour un score net de +8. M. Trudeau a -14 ans au Québec, Mme Bergen a -27 ans.

Intentions de vote au fédéral

Si une élection avait lieu maintenant, les libéraux gagneraient 33 % des voix (leur résultat aux élections de 2021), les conservateurs en gagneraient 30 % (4 points de moins que leur part aux élections et deux de moins qu’au début du mois), et le NPD 19 % (1 point de plus que le résultat de 2021). Le BQ est à 8 % à l’échelle nationale tandis que le Parti populaire est à 6 % et les Verts à 3 %.

  • C.-B. : les libéraux sont à 36 %, les conservateurs à 30 % et le NPD à 24 %.
  • Alberta : 54 % voteraient conservateur comparativement à 20 % pour le NPD, 14 % pour le Parti libéral et 8 % pour le Parti populaire.
  • Manitoba et Saskatchewan : Les conservateurs sont en tête avec 39 %, suivis des libéraux à 27 %, du NPD à 21 % et du Parti populaire à 11 %.
  • Ontario : Les Libéraux ont une avance de 4 points sur les Conservateurs (36 % à 32 %) avec le NPD en troisième à 20 %. Le vote pour le Parti populaire est à 8 % en Ontario.
  •  Québec : BQ devant les Libéraux (37 % à 32 %) avec les Conservateurs à 16 %, le NPD à 12 %.
  • Atlantique : les libéraux sont en tête avec 41 %, contre 23 % pour le NPD, 23 % pour les conservateurs et 7 % pour le Parti populaire.


Rappel de Trudeau qui prétend que le Canada n’a jamais été aussi uni que cette semaine :

Et ses propos méprisants envers les gens qui ne veulent pas se faire vacciner (l’obsession de Trudeau, de quoi se mêle-t-il si les gens sont jeunes, pas à risque ou déjà contaminés ?) :

Bill Maher, très marqué gauche radicale libertaire, sur HBO (États-Unis) n’en revient pas de ces propos de Justin Trudeau.


Billet du 11 février 2022 

Le passeport vaccinal, ce permis de contaminer décerné aux dociles

Pour Christian Dufour de retour au Québec après deux mois passés à l’étranger, la gestion de la pandémie est devenue obsessionnelle, « kafkaesque » (kafkaïen), on n’est plus dans le domaine du scientifique.

La police confisque tous les bidons d’essence qui servent à ravitailler les camionneurs. Par dérision, des manifestants déambulent dans le centre-ville d’Ottawa avec des bidons d’essence vides.

Police d’Ottawa appréhende et brutalise M. Charlebois, 78 ans, 1,5 m de haut (4 pieds 11 pouces) parce qu’il aurait osé klaxonner en soutien aux camionneurs. Photos de ses ecchymoses ici.

 

Intimidation. Une agente de la Police provinciale de l’Ontario armée et en uniforme rend visite à la résidence privée d’une Ontarienne après avoir remarqué qu’elle avait commenté favorablement au sujet d’une manifestation contre les restrictions censément anti-Covid. La policière admet surveiller l’activité des citoyens en ligne. Elle veut simplement « informer » sur les manifestations pacifiques acceptables.


 

Pierre Poilièvre dénonce aux Communes l’entêtement de Trudeau dans son imposition de restrictions anti-scientifiques :


La religion covidienne

Pr Cyrille Cohen : fin du passeport vaccinal inutile, on n’aurait jamais dû fermer les écoles

Alexis Poulin : « Le passe vaccinal, c’est un droit à la contamination »

Pont Ambassadeur entre Détroit (États-Unis) et Windsor (Ontario) bloqué. Plus de 25 % de tout le commerce entre les États-Unis et le Canada l’emprunte.

Pr Éric Caumes (ci-dessous) : « L’immunité naturelle est toujours meilleure que l’immunité vaccinale. Le passe vaccinal ne sert à rien, sauf pour les personnes à risque. » Eric Caumes, 63 ans, est infectiologue, chef du service de maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, à Paris. Il est également professeur à la faculté de médecine de Sorbonne, à Paris, et a été membre du Conseil d’administration de l’International Society of Travel Medicine (2007–2011).

Justin La Science aux Communes récite son laïus : « le Canada n’a jamais été aussi uni qu’aujourd’hui ». Il déclarera que la bronca actuelle est de la faute des désobéissants (ces porteurs de drapeaux confédérés [1 !], ces racistes, misogynes, etc.)

Voir aussi

Personnes âgées : l’isolement plus mortel que la Covid ?

Israël abandonne en pratique le passe sanitaire et risque d’hospitalisation et de décès avec Omicron

Le docteur Alain Vadeboncoeur a calculé hier, à partir des données fournies par l’INSPQ et le CDC, le nombre d’hospitalisations et de décès causés par 1000 cas d’infection à la grippe par rapport à la Covid lors de la 5e vague (Omicron).

Il en arrive aux chiffres suivants :

  1.  Beaucoup plus d’hospitalisations pour la grippe en moyenne que pour la Covid : 16 p/r à 6 par 1000 cas.
  2.  Légèrement plus de décès pour la grippe en moyenne que pour la Covid : 1,3 p/r à 1,1 par 1000 cas.


 

 

jeudi 10 février 2022

La couleur du pouce en l'air (était L'Homme enceint d'Unicode et Apple)

 Selon la radio publique américaine NPR qui cite des universitaires, choisir le pouce levé de couleur jaune 👍 quand on est blanc ne serait pas neutre, car ne pas choisir le pouce blanc 👍🏻 serait faire preuve d'un manque de prise de conscience du privilège blanc... (Voir l'article écrit par 3 rédacteurs de NPR...)




Une polémique a éclaté après qu’Apple a ajouté un pictogramme « homme enceint » dans la version bêta du futur logiciel de l’iPhone. Une polémique de plus dans ce domaine et sans doute pas la dernière, comme nous allons le voir ensemble. Cette (autre) analyse d’Eugénie Bastié du Figaro souligne les liens entre la Silicon Valley et les tenants de la diversité, et leurs contradictions.

 Le nouvel émoji « homme enceint » sur l’iPhone

Un rappel d’abord. Les émojis sont un jeu de caractères venu des opérateurs télécoms Softbank et NTT Docomo au Japon. Ils sont gérés par le Consortium Unicode, une organisation californienne à but non lucratif créée en 1991 pour que les appareils informatiques puissent s’échanger des textes de manière normalisée et permettre ainsi d’afficher toutes les langues du monde sur tous les ordinateurs dotés des polices adéquates. Son travail a été décisif dans l’essor du Web. Les membres décisionnaires de l’association s’appellent Google, Apple, Facebook, Netflix, Microsoft, mais aussi l’Université de Berkeley et le ministère des Habous et des Affaires religieuses du Sultanat d’Oman.

Un « sous-comité » du Consortium Unicode se consacre aux émojis. Il est présidé par Jennifer Daniel (ci-contre, oui elle a un anneau dans le nez), conceptrice-graphiste chez Google. Elle n’est pas informaticienne et est passée par le New York Times avant de se joindre au géant californien. Ces pictogrammes numériques jouissent d’une incroyable popularité depuis qu’ils ont été intégrés par Apple sur les claviers de l’iPhone en 2008, peu après par Google dans Gmail puis Android, et standardisés par Unicode. Ils sont devenus des figures du quotidien, composantes du langage écrit. Arte a diffusé un documentaire en trois épisodes sur le sujet : Emoji Nation. Nous incluons la vidéo vers ce documentaire dans ce billet.

Ce Consortium Unicode s’est donné pour mission de rendre les émojis plus « inclusifs ». Cette « priorité » est inscrite noir sur blanc dans de nombreux documents. Les émojis étaient imprégnés par la culture et l’imaginaire japonais. Ils ont été projetés sur des centaines de millions de téléphones intelligents, en particulier occidentaux. Le vocable californien, multiculturel et inclusif, a pris le relais. Chaque année, le consortium Unicode dresse des listes d’émojis à inclure ou à corriger, parfois sur proposition extérieure. Il en altère la dénomination, rectifie des intitulés. Ces changements se diffusent dans les cellulaires et les ordinateurs. Une liste complète de ces émoticônes avec leur nom en français existe (voir ici ou , pour Unicode 14.0, il existe aussi une série de symboles et de pictogrammes Unicode : ici et ).

 Les familles mixtes vues en émojis.

Il y a d’abord eu le sujet des couleurs. Le jaune Simpsons des premiers pictogrammes, que l’on pouvait croire neutre, a été considéré par le Consortium Unicode comme une forme de « Blanc des dessins animés », affirme la militante Jennifer Daniel dans le documentaire d’Arte. Tout a été reconstruit selon cette grille d’analyse. Le Consortium Unicode a validé dès 2015 l’ajout des mains et des couples mixtes avec et sans enfants, dans cinq teintes de couleur différentes, du plus noir au plus blanc. La plupart des émojis de personnes ont aujourd’hui leurs déclinaisons colorées.

 

1re partie de 3 du documentaire Émoji Nation

Il y a eu ensuite le sexe et le genre. À l’origine, les métiers avaient une fâcheuse tendance à être masculins, les expressions féminines. On trouve maintenant, une femme avec un casque de chantier, une mécanicienne et une pilote de ligne mais aussi… un ravissant homme sirène. Dans le même temps, des pictogrammes « neutres » sont apparus. Ils ne sont pas définis comme homme ou comme femme. Une « personne de Noël », non genrée, Noël a surgi dans la livraison de l’an dernier, aux côtés du Père et de la mère Noël.

 

2e partie de 3 du documentaire Émoji Nation

La « femme enceinte » figurait dans un document de 2019 qui listait les émojis « toujours genrés ». Elle côtoyait le prince et la princesse, l’homme et de la femme dansants, l’homme barbu (une femme barbue est apparue en 2021) et la femme allaitant. Contrairement à la femme enceinte, une décision assez consensuelle a été prise. Au lieu d’ajouter un homme allaitant, ce qui avait été envisagé, le Consortium Unicode a choisi d’introduire un pictogramme de femme, d’homme et de « personne » donnant le biberon.

 Les émojis « encore genrés » en 2019, tels que traqués par Jennifer Daniels

Le Figaro affirmait récemment que le dernier émoji encore genré est la « femme voilée », dont le visage est couvert d’un hijab. Il avait fait son apparition en 2018, suscitant déjà quelques remous. Le quotidien affirmait donc la semaine passée que, dans une logique inclusive, il n’existait pas de personne « neutre » ou d’homme portant un hijab. C’est inexact depuis Unicode 14.0 dont voici un extrait :

Une personne avec foulard non genrée a récemment été ajoutée. Le numéro de caractère 1F9D5 lui a été attribué.

Les émojis perdent leur polysémie, et c’est une course sans fin et peut-être contraire à l’essence même d’Unicode qui ne code pas toutes les formes des lettres dans toutes les polices. Des centaines d’autres pictogrammes ont été ajoutés pour décrire toujours plus d’émotions, de spécialités culinaires, de sports, de moyens de locomotion.  Avions-nous besoin de l’homme « enceint » au ventre arrondi pour indiquer un glouton (un panda ou une otarie faisaient très bien l’affaire).

 

3e et dernière partie du documentaire Émoji Nation

Ces nouveaux émojis prennent de la place sur nos écrans et compliquent nos choix. Ils s’additionnent mais ne peuvent jamais se soustraire. Nous sommes passés de 300 à plus de 3600 pictogrammes en dix ans. Or, il s’agit d’une course sans fin. Dans cette même vidéo, Jennifer Daniel admet que cette plus grande définition peut créer des « zones d’exclusion » involontaires, car toutes les situations ne peuvent pas être envisagées. Google ayant montré que la classification des teints en six couleurs (dite de Fitzpatrick) pouvait renforcer des biais racistes, ne serait-il pas préférable de doubler ou de tripler le nombre de teintes ?

Pas de drapeau du Québec, mais bien de la Guadeloupe ou de l’Écosse

Le Consortium Unicode a fini par percevoir cette complexité et a décidé de ralentir la cadence. La liste provisoire de la prochaine mise à jour (15,0) ne contient que 21 pictogrammes.  De nouveaux émojis pour représenter des drapeaux ne seront plus acceptés.

Toutefois, les émojis de régions, comme le Québec, peuvent être déjà codés par une série de caractères Unicode (🏴caqc✦ pour le Québec). La sélection de ces 6 caractères (dont quatre sont "caqc") pourrait se faire facilement grâce à un tableau graphique d’émojis. Ce qui manque donc c’est la volonté de la part des fabricants de cellulaires d’inclure le drapeau du Québec dans leurs polices de caractères standards et dans l’outil de sélection d’émoticônes… Cette volonté de la part des fabricants n’a pas manqué pour le drapeau LGBTQ ni pour émojis d’entités régionales britanniques, les seuls pris en charge par la plupart des téléphones intelligents :

 

Émojis pour l’Angleterre, l’Écosse et le Pays-de-Galles pris en charge par la majorité des plateformes

Avec les émojis, les entreprises tech font de la diversité à bon compte. Le remplacement du revolver par un pistolet à eau n’a pas permis, hélas, de réduire le nombre de tueries par les armes à feu aux États-Unis. 

Google, Apple et autres Big Tech, décisionnaires dans le consortium Unicode, votent des deux mains pour ajouter ces petites figurines inclusives. Cela ne les empêche pas de pousser à la démission ou de licencier des militantes féministes (Ashley Gjøvik et Janneke Parrish chez Apple, Timnit Gebru et Margaret Mitchell chez Google) ou des employés trop ouvertement conservateurs (James Damore chez Google, Antonio García Martínez chez Apple), dès lors qu’ils n’entrent plus dans le rang. 

Avec ou sans pictogrammes de couleur, les personnes noires ne représentent 4,4 % des employés de Google aux États-Unis et 3 % dans les fonctions dirigeantes. En Europe, 73 % des dirigeants de Google sont des hommes. Les ordres de grandeur sont les mêmes dans toutes les entreprises de la Big Tech.

Voir aussi 

Émojis : le drapeau trans (mais pas de drapeau du Québec), un Père Noël asexué

Personnes âgées : l’isolement plus mortel que la Covid ?

Une étude américaine parue dans le Journal of Health Economics indique que les résidences pour personnes âgées qui « ont appliqué avec le plus de rigueur les mesures sanitaires contre la COVID-19 » ont été « plus efficaces » pour limiter les contaminations dans leurs établissements au début de la pandémie. Cependant, le taux de mortalité pour d’autres causes que le COVID-19 s’y est révélé par la suite plus élevé qu’ailleurs.

Les chercheurs ont analysé les données de « plus de 15 000 centres d’hébergement américains ». Les établissements notés « 5 étoiles »* ont enregistré « 15 % moins de décès liés à la COVID-19 que les centres de moins bonne qualité » entre les mois de janvier et de septembre 2020. Mais à la fin du mois d’avril 2021, les établissements haut de gamme affichaient « en moyenne 8,4 % plus de décès (toutes causes confondues) que les établissements 1 étoile, et 15 % plus de décès non liés à la COVID-19 ». Des données qui indiquent que « le manque de contact des résidents avec leurs proches n’a pas seulement créé un sentiment de solitude, d’isolement et de désespoir, mais a aussi possiblement accéléré certains décès », selon les auteurs de l’étude.

« Les établissements de bonne qualité ont si bien performé pour prévenir la COVID-19 en isolant les patients, en diminuant les activités de loisirs, les visites, en ne permettant pas aux résidents de manger ensemble, que le taux de mortalité total est plus grand dans les 5 étoiles que dans les 1 étoile », analyse Philippe Voyer, chercheur au Centre d’excellence sur le vieillissement du Québec et professeur à la faculté des sciences infirmières de l’Université Laval. « Parce que les gens sont décédés des effets secondaires de l’isolement. » Le chercheur estime que cette nouvelle étude devrait amener les gouvernements à « se remettre en question sur nos façons de faire ».

* Note établie notamment à partir du rapport personnel-résidents et du nombre de chutes recensées.

Voir aussi

La religion hypocondriaque covidienne

Né homme, la justice ordonne qu’il soit déclaré « mère » de son enfant

La Cour d’appel de Toulouse s’est prononcée ce matin sur la filiation d’un enfant engendré au cours d’une relation sexuelle entre sa mère et une femme trans, à savoir son mari ayant obtenu le changement à l’état civil de la mention de son sexe masculin en sexe féminin.

La Cour ordonne la mention du mari devenu femme trans sur l’acte de naissance de l’enfant comme « mère ».

Pour l’Association Juristes pour l’enfance, cette décision qui fait prévaloir le désir et la volonté des adultes sur la réalité de la filiation de l’enfant.

La volonté d’une personne de vivre dans le sexe opposé à son sexe biologique relève de sa vie privée, mais n’a aucune légitimité à impacter l’état civil de l’enfant : le fait d’avoir engendré un enfant ne confère pas le droit de trafiquer son état civil pour l’adapter au ressenti personnel du ou des parents, même entériné par l’état civil des intéressés.

Quel que soit le cheminement des personnes et leur ressenti intime, parler d’une femme qui fournit des spermatozoïdes relève de l’utopie. Contrairement à ce que certains voudraient croire et faire croire, car il s’agit bien d’une croyance, une personne qui engendre un enfant en fournissant ses spermatozoïdes dans une relation sexuelle ne peut être que père.

Cette personne peut se présenter dans la vie courante comme femme et même être désignée comme telle à l’état civil, il reste qu’elle a engendré comme père. Tel est le réel.

D’ailleurs, pour les enfants de cette femme trans nés avant son changement de la mention du sexe à l’état civil, la loi est bien claire sur le fait que ce changement n’a pas de conséquence sur leur état civil. Cette femme trans est donc toujours désignée comme père à l’égard de ses enfants aînés, alors même qu’elle se présente au quotidien comme femme. Le bon sens comme la justice imposaient d’appliquer la même solution à l’enfant né après le changement de la mention du sexe à l’état civil.

Dès lors que la justice s’égare à reconnaître comme mère la personne qui a fourni les spermatozoïdes pour la conception de l’enfant, alors que signifie désormais le mot mère ?

Ce n’est pas parce que la paternité et la maternité ne se réduisent pas à la dimension biologique que cette dimension pourrait être déformée. La déformation de la réalité pour faire prévaloir le seul ressenti des parents est une injustice à l’égard de l’enfant qui est privé de la réalité de sa filiation, remplacée par une filiation mythique car issue du mythe d’une femme fournissant des spermatozoïdes.

Juristes pour l’enfance regrette la régression opérée par cette décision dans le respect dû à l’enfant, une fois de plus sommé de s’adapter pour réaliser le projet des adultes. Nous déplorons le choix des magistrats d’entériner l’accord des intéressés au mépris tant de la loi que de la réalité.

La loi de 2016 qui a permis le changement de la mention du sexe à l’état civil sans modification morphologique, permettant la création de situations comme celle jugée à Toulouse aujourd’hui, n’a rien prévu pour les enfants nés après ce changement d’état civil du père ou de la mère. Nous demandons une intervention du législateur pour rétablir les droits et le respect de l’enfant.

Communiqué de presse de l’association Juristes pour l’enfance du 9 février 2022.