jeudi 9 septembre 2021

Ontario — Des écoles détruisent 5000 livres jugés néfastes aux Autochtones, dont Tintin et Astérix (m à j)

Suzy Kies était coprésidente de la
Commission des peuples autochtones du
Parti libéral du Canada.
On la voit ici en photo avec le
Premier ministre Justin Trudeau, en 2018.
Mis sous pression par une controverse qui a fait le tour de la planète, le Conseil scolaire catholique (CSC) Providence annonce la révision de son processus de retrait d’ouvrages jeunesse jugés néfastes aux Autochtones et la mise sur pause de son projet de cérémonies pour brûler les livres.

Près de 200 livres dont le contenu était encore à évaluer échapperont, pour le moment, à une éventuelle destruction. Selon la liste détenue par Radio-Canada, on y retrouve des albums de Tintin (L’Oreille cassée, Tintin et les Picaros), huit BD de Lucky Luke et le roman du film Avatar.

Par ailleurs, pour ne pas nuire à la campagne de Justin Trudeau, Suzy Kies (de père luxembourgeois) qui se proclame « gardienne du savoir » autochtone a quitté son poste juste avant le débat des chefs.

Suzy Kies n’est plus coprésidente de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral du Canada. Dans une déclaration transmise aux médias, elle annonce qu’elle démissionne, dans la foulée de la controverse sur sa fausse identité autochtone et le tollé causé par sa participation au projet de brûler des livres dans des écoles ontariennes.

« Je refuse […] que l’on se serve de mon histoire pour nuire à Justin Trudeau et notre parti », écrit Suzy Kies.

Radio-Canada révélait mercredi que Suzy Kies n’est pas Autochtone. Elle n’a pas de statut d’Indien en vertu de la loi, elle ne figure pas dans les registres des conseils de bande abénakis, dont elle se réclame, et on ne lui trouve aucun ancêtre autochtone sur sept générations, jusqu’à au moins l’année 1780.

Malgré ces informations, Suzy Kies affirme que sa famille a effectué des recherches généalogiques, au début des années 1990. Ces recherches, explique-t-elle, « ont confirmé que nous étions d’ascendance abénakise. Cela a confirmé ce que ma grand-mère nous avait toujours dit. »

Les deux conseils de bande abénakis d’Odanak et de Wôlinak rejettent l’appartenance de Mme Kies à leur communauté.


Billet du 8 septembre 
 
On ne trouve aucun ancêtre autochtone sur sept générations à la coprésidente de la Commission autochtone du Parti libéral du Canada.

La « gardienne du savoir » autochtone gardait aussi certains secrets. Suzy Kies, la coprésidente de la Commission autochtone du Parti libéral du Canada, n’a pas de statut d’Indien en vertu de la Loi, elle ne figure pas dans les registres des conseils de bande abénakis et on ne lui trouve aucun ancêtre autochtone jusqu’à au moins l’année 1780.

Celle qui a « accompagné » le Conseil scolaire catholique Providence dans la destruction controversée de 5000 livres jugés néfastes aux Amérindiens dénonçait pourtant les Blancs qui s’approprient l’Histoire des Premières Nations.

En entrevue avec Radio-Canada, Suzy Kies nous a dit avoir un parent européen et un parent autochtone.

Selon les registres d’état civil, son père est effectivement né au Luxembourg, mais sa mère est classée d’ » origine raciale française ».

« La famille de ma mère sont de plusieurs communautés », affirme-t-elle. » Du côté de mon grand-père, c’est les Malécites, de St-Mary’s, au Nouveau-Brunswick, il y a aussi les Laporte qui sont Innus [Montagnais]. Et ma grand-mère, elle, était Abénakise, d’Odanak.

« Elle n’est pas sur notre liste de bande », indique Jacques Thériault-Watso, élu au Conseil des Abénakis d’Odanak, après avoir fait des vérifications auprès de la registraire.

Même si elle avait un seul grand-parent abénakis, Suzy Kies aurait dû apparaître sur cette liste, explique-t-il.

Suzy Kies n’apparaît pas non plus sur la liste de l’autre bande abénakise, de Wôlinak.

Un ancêtre autochtone au XVIIe siècle

« La Madame, elle en beurre épais. Elle n’a aucun ancêtre autochtone sur au moins sept générations », lance Dominique Ritchot, coordonnatrice de la Société généalogique canadienne-française, qui a collaboré avec Radio-Canada à titre de chercheuse indépendante.

Elle a fouillé dans les actes d’état civil de baptêmes, mariages et sépultures, ainsi que les recensements. Résultat : aucun ancêtre autochtone avant au moins 1780. Toutes les branches ont été analysées jusqu’à la période contemporaine. S’ils étaient Autochtones, ça serait écrit.

La seule ascendance autochtone qu’elle lui a trouvée est Marie Manitouébéouich, une Algonquine qui a intégré la nation huronne au XVIIe siècle. Cette ancêtre se retrouve dans l’arbre généalogique de milliers de Canadiens français, précise Dominique Ritchot.

Je suis la petite fille des pins, je viens du territoire de la Confédération des Wabanakis [Abénakis] et je suis du clan de la Tortue.

Suzy Kies en introduction d’une vidéo réalisée pour le compte du conseil scolaire Providence

C’est un chaos absolu. Je ne connais personne de la communauté d’Odanak qui se souvient de son clan familial, dit Éric Pouliot-Thisdale, recherchiste pour le département de démographie de l’Université de Montréal, lui-même Autochtone, spécialiste de la démographie autochtone.

Éric Pouliot-Thisdale rappelle qu’il faut une différence maximale de trois générations avec un Autochtone pour avoir droit au statut reconnu légalement.

Jacques T. Watso, du Conseil de bande d’Odanak, lui reproche une fausse représentation et une appropriation de la culture autochtone.

C’est une autre personne qui a joué sur le fait qu’il y a peu d’Autochtones dans le milieu politique et institutionnel et le Parti libéral n’a pas fait ses devoirs, en la croyant sur parole.

Jacques Thériault-Watso, élu au Conseil des Abénakis d’Odanak

Suzy Kies n’a pas répondu aux courriels et appels de Radio-Canada, mardi. Le Parti libéral du Canada (PLC) a indiqué en soirée que « Madame Kies s’identifie elle-même comme Autochtone non inscrite ». Il n’a toutefois pas été possible d’obtenir plus de commentaires, ni de savoir si cette situation convient au parti. La femme de 61 ans occupe le rôle de coprésidente de la Commission autochtone du PLC depuis 2017. Le site web du parti la présente comme « une autochtone urbaine de descendance abénaquise et montagnaise ».

Selon le PLC, la Commission « représente et fait valoir les intérêts des membres autochtones du Parti libéral, et encourage la participation active et à part entière des Autochtones à tous les niveaux de la structure du parti ».

Justin Trudeau ne veut pas que les non-Autochtones décident pour les Autochtones

Dans le cadre du retrait des livres des écoles du conseil scolaire, Suzy Kies a défendu l’idée de brûler tous les ouvrages, en 2019, lors de cérémonies à faire dans chaque école. La pandémie a finalement réduit le projet à une seule cérémonie où 30 livres ont été brûlés.

Invité à réagir, mardi, au tollé provoqué par l’initiative, le chef libéral Justin Trudeau a critiqué le choix de brûler des livres, mais il a tenu à ajouter : » Ce n’est pas à moi, ce n’est pas aux non-Autochtones de dire aux Autochtones comment ils devraient se sentir ou devraient agir pour avancer la réconciliation.


Billet du 7 septembre 2021

Une grande épuration littéraire a eu lieu dans les bibliothèques du Conseil scolaire catholique Providence, qui regroupe 30 écoles francophones dans tout le Sud-Ouest de l’Ontario. Près de 5000 livres jeunesse parlant des Autochtones ont été détruits dans un but de réconciliation avec les Premières Nations, a appris Radio-Canada.

Une cérémonie de purification par la flamme [comprendre un autodafé, étymologiquement un acte de foi en portugais] s’est tenue en 2019 afin de brûler une trentaine de livres bannis, dans un but éducatif. Les cendres ont servi comme engrais pour planter un arbre et ainsi tourner du négatif en positif.

Une vidéo destinée aux élèves explique la démarche : nous enterrons les cendres de racisme, de discrimination et de stéréotypes dans l’espoir que nous grandirons dans un pays inclusif où tous pourront vivre en prospérité et en sécurité.

Extrait d’une vidéo destinée aux élèves dans laquelle on voit une partie de la cérémonie où des cendres de livres ont été déposées dans un trou pour planter un arbre.


Des cérémonies semblables devaient se tenir dans chacune des écoles, mais la pandémie les a reportées. L’idée initiale de brûler tous les livres a aussi été écartée, par crainte de susciter un tollé chez les parents d’élèves et les enseignants.

Ces livres ont été recyclés ou sont en voie de l’être, explique la porte-parole du Conseil scolaire Lyne Cossette. Elle ajoute que les ouvrages retirés des bibliothèques avaient un contenu désuet et inapproprié.

Il s’agit d’un geste de réconciliation avec les Premières Nations, et un geste d’ouverture envers les autres communautés présentes dans l’école et notre société.

Lyne Cossette, porte-parole du Conseil scolaire catholique Providence

Le Conseil scolaire catholique Providence accueille près de 10 000 élèves, au sein de 23 écoles primaires et 7 écoles secondaires francophones, réparties majoritairement dans les régions de Windsor, London et Sarnia. [Combien d’élèves amérindiens ?]

 

Reportage audio

Un document de 165 pages, que Radio-Canada a obtenu, détaille l’ensemble des titres éliminés, ainsi que les raisons invoquées. On y retrouve des bandes dessinées, des romans et des encyclopédies. Un comité formé de membres du conseil scolaire et d’accompagnateurs autochtones a analysé des centaines de livres jeunesse au sujet des Premières Nations. Des représentants du ministère de l’Éducation de l’Ontario y auraient aussi participé, selon le conseil scolaire, mais le ministère assure n’avoir joué « aucun rôle » dans ce projet.

Le retrait des livres en chiffres

155 œuvres différentes ont été retirées, 152 ont été autorisées à rester en place et 193 sont en évaluation actuellement. Au total 4716 livres ont été retirés des bibliothèques du conseil scolaire, dans 30 écoles, soit une moyenne de 157 livres par école.

L’auteure de la vidéo destinée aux élèves est Suzy Kies, présentée comme une gardienne du savoir autochtone. Elle fait partie de ceux qui ont accompagné le conseil scolaire dans sa démarche, à partir de 2019 dans son cas. Suzy Kies se dit être une autochtone d’origine abénakise et montagnaise.

Elle dénonce les personnages autochtones présentés dans les livres pour enfants comme peu fiables, paresseux, ivrognes, stupides…. Quand on perpétue ce genre d’image dans la tête des jeunes, c’est difficile de s’en débarrasser. [Ces bandes dessinées sont pleines de caricatures : les Belges parlent mal, mangent trop, les Corses sont paresseux, les Espagnols trop orgueilleux, les Bretons trop flegmatiques, snobs, etc.]

Les gens paniquent avec le fait de brûler des livres, mais on parle de millions de livres qui ont des images négatives des personnes autochtones, qui perpétuent des stéréotypes, qui sont vraiment dommageables et dangereux.
Suzy Kies, « gardienne du savoir » autochtone qui a « accompagné » le conseil scolaire

Selon elle, le simple titre du livre Les Cowboys et les Indiens, publié en 2011, a justifié son retrait des bibliothèques. C’est vraiment atroce, dit-elle.

Qui est Suzy Kies ?

Suzy Kies et Justin Trudeau (LinkedIn)

Suzy Kies se présente comme une chercheuse indépendante. Elle offre des formations aux écoles à travers l’Ontario. Le Conseil scolaire Providence note qu’elle possède des connaissances approfondies sur plusieurs différentes nations autochtones.

Elle est aussi coprésidente de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral du Canada depuis 2016. Le site du parti de Justin Trudeau la présente comme une Autochtone urbaine de descendance abénakise et montagnaise.

Selon le Conseil scolaire Providence, ce comité autochtone [est] consulté par le Premier ministre du Canada Justin Trudeau.

Suzy Kies affirme travailler avec d’autres conseils scolaires ontariens qui veulent s’inspirer du projet.

Tintin en Amérique, un livre raciste ?

Le Conseil scolaire reproche à la bande dessinée Tintin en Amérique un langage non acceptable, des informations erronées, une présentation négative des peuples autochtones et une représentation fautive des Autochtones dans les dessins.

Dans la BD d’Hergé, parue en 1932, une des plus vendues de l’auteur dans le monde, on retrouve notamment l’appellation Peau-Rouge. Le Temple du Soleil a aussi été retiré des rayons.

 

 Extrait de la bande dessinée Tintin en Amérique, (re) publiée en 1966.

Le livre Les Esquimaux, publié en 1981, a été retiré parce qu’il utilise un terme aujourd’hui péjoratif [il n’est pas péjoratif ou alors pas plus que Grecs plutôt qu’Hellènes, son étymologie est d’ailleurs contestée (mangeur de viande crue ou simplement étranger)] pour qualifier les Inuit. L’utilisation du mot Indien a aussi été un motif de retrait de nombreux livres. Un livre est même en évaluation parce qu’on y utilise le mot « Amérindien ».

Trois albums de Lucky Luke ont été retirés. Un des reproches souvent faits par le comité est le déséquilibre de pouvoir avec les Blancs et les Autochtones perçus comme les méchants.

La Conquête de l’Ouest : Les Amérindiens, les pionniers et les colons a été retiré à cause du mot conquête dans le titre. On veut [r] abaisser une population, écrit le comité d’évaluation pour justifier le retrait.

Le Conseil scolaire reproche au livre Vivre comme les Indiens d’Amérique de ne pas identifier les différentes cultures autochtones, mais de les présenter comme un tout.

Des livres qui présentaient des bricolages qualifiés d’appropriations culturelles ont aussi été retirés. Un livre a été considéré comme un manque de respect envers la culture, car on y proposait une activité baptisée mange, écris, habille-toi comme les Amérindiens.

Ce livre présente une méthode pour confectionner « la parure du chef » et « le bandeau de l’indienne ».

 Des auteurs consternés dénoncent une censure

L’auteur de bande dessinée québécois Marcel Levasseur est abattu, lorsque nous lui apprenons que son personnage Laflèche a été retiré des bibliothèques scolaires. Il ressent beaucoup de tristesse, beaucoup d’incompréhension.

En 2011, le livre a été finaliste du prix Tamarac, remis par l’Association des bibliothèques de l’Ontario. En 10 ans, je suis passé de presque gagnant d’un prix à auteur banni.

La BD humoristique se déroule durant la guerre de la Conquête, à l’époque Nouvelle-France, et s’amuse des relations entre les Autochtones et les soldats français et anglais. Le Conseil scolaire lui reproche un langage non acceptable et une représentation fautive des Autochtones dans les dessins.

Couverture de la BD Laflèche, publiée en 2009.

Ce n’est pas un livre d’Histoire, se défend Marcel Levasseur. On se sert de l’Histoire comme toile de fond et on s’en amuse, un peu comme Astérix. En bande dessinée humoristique, on tourne les coins ronds.

Le but de notre BD, c’est de divertir avant tout, ce n’est pas de faire un cours théorique.

Marcel Levasseur, coauteur de la bande dessinée Laflèche

Marcel Levasseur est tellement abattu par la nouvelle du retrait de sa BD qu’il remet en question la production du 4e album, en préparation. De me rendre compte que ça peut être aussi fragile, que ça peut devenir du jour au lendemain un objet de honte… Est-ce que j’ai le goût de continuer à me battre ?

L’auteur raconte qu’il a déjà dû faire face à des critiques, même parmi ses proches, parce qu’un de ses personnages autochtones est alcoolique. D’autres personnages de soldats sont des brutes épaisses, explique l’auteur.

 

 Extrait de la Bande dessinée québécoise Laflèche, publiée en 2009.


Le livre Trafic chez les Hurons, du journaliste André Noël a aussi été éliminé des rayons, entre autres parce que le Conseil scolaire y a remarqué de l’alcoolisme.

Aucun auteur n’a été informé du retrait de son livre. C’est incroyable. De quel droit font-ils une chose pareille ? C’est complètement ridicule, dénonce Sylvie Brien, dont le roman jeunesse L’affaire du collège indien a été retiré.

Le conseil scolaire ne spécifie pas la raison du retrait. Il s’agit d’une histoire qui se déroule en 1920 avec des personnages et des lieux fictifs. Dans l’histoire, une adolescente défend un Autochtone accusé à tort d’un incendie.

L’auteure rejette tout préjugé : Au contraire, j’ai dénoncé des choses qu’on ne disait pas. Elle affirme être une des premières auteurs jeunesse à avoir abordé les horreurs des pensionnats en se basant sur des documents d’époque.

Bibliothèques et archives Canada a déjà écrit à propos de ce livre que Sylvie Brien [y] aborde avec justesse le sujet des pensionnats où les jeunes autochtones, arrachés à leur famille, étaient éduqués loin de leurs parents et de leurs traditions.

Des biographies jetées au recyclage

Deux biographies de Jacques Cartier publiées dans les années 1980 ont été retirées pour des informations jugées désuètes et fausses.

La biographie de l’explorateur Étienne Brûlé, Le Fils des Hurons, a aussi fait les frais du comité, notamment pour fausse information historique. Entre autres, le comité n’a pas aimé le tableau utilisé en couverture du livre.

 

 Tableau du peintre canadien Frederick Sproston Challener, en 1956. Il représente l’explorateur Étienne Brûlé entouré d’Autochtones torses nus.

Les auteurs sont deux diplômés en histoire de l’Université d’Ottawa qui ont enseigné dans des écoles francophones de l’Ontario, Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé. Leur travail a reçu plusieurs distinctions.

On a été très rigoureux dans notre recherche et on trouve ça très décevant, réagit Jean-Claude Larocque. Le Fils des Hurons est inspiré de la thèse de doctorat de l’archéologue Bruce G. Trigger. Les travaux de ce dernier ont été tellement appréciés et reconnus qu’il a reçu le titre de membre honoraire de la Nation Huronne-Wendat.

C’est une pure censure ! Sans nous consulter, sans amorcer une discussion.

Jean-Claude Larocque, coauteur du livre Le Fils des Hurons

Est-ce qu’on retourne à l’Index ?, demande Jean-Claude Larocque, en référence à la liste des livres interdits dans les écoles catholiques jusqu’aux années 1960. Suzy Kies juge que ce sont des histoires écrites par les Européens, d’une perspective eurocentriste et non pas des Autochtones. Elle affirme que les « gardiens du savoir », comme elle, qui mémorisent la connaissance transmise oralement, sont plus fiables que les archives écrites.

C’est ça le problème, ils ont fait des recherches historiques basées sur les comptes rendus des Européens. […] On n’essaie pas d’effacer l’Histoire, on essaie de la corriger.

Suzy Kies, « gardienne du savoir » autochtone qui a accompagné le conseil scolaire

Le comité de révision reproche aussi à la biographie d’Étienne Brûlé une représentation fautive dans les dessins. Leur livre ne contient qu’une seule illustration, sur la page couverture où des Autochtones sont torses nus.

Le torse nu des Autochtones ne passe pas

Des Autochtones torse nu et à cheval font des signaux de fumée. Ils sont appelés « guerriers des Plaines »

Selon le comité formé par le Conseil scolaire, dessiner des Autochtones torse nu constitue de la fausse représentation et a justifié d’éliminer des rayons un livre pour enfants.

Sur cette question, l’avis des spécialistes est moins tranché.

Oui, s’il faisait chaud, les hommes étaient torse nu. Les femmes aussi, à l’occasion, affirme la professeure de sociologie à l’UQAM Leila Inksetter, membre du Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones.

Nous avons demandé l’avis de l’anthropologue Nicole O’Bomsawin, membre de la communauté d’Odanak et ex-directrice du musée des Abénakis de 1984 à 2006.

C’est un peu gênant de voir la représentation des Autochtones torse nu dans des contes pour enfants, explique-t-elle. J’imagine mal des guerriers torse nu.

Aller à la pêche ou à la chasse torse nu, ça ne doit pas être facile d’affronter les mouches noires.

Nicole O’Bomsawin, anthropologue autochtone

[Pourtant la nudité des « Sauvages » est bien établie, les Jésuites s’en plaignaient même… Voir Le Corps amérindien dans les relations de voyage en Nouvelle-France au XVIIIe siècle, thèse de doctorat. Nudité plutôt estivale sous nos latitudes, quant aux insectes, la graisse d’ours dont on s’enduisait pouvait en limiter les morsures.]

La sexualisation des femmes autochtones a aussi dérangé le Conseil scolaire catholique Providence.

Suzi Kies déplore la sexualisation de l’Autochtone qui tombe en amour avec Obélix dans Astérix et les Indiens. La jeune femme est représentée avec un décolleté plongeant et une mini-jupe.

Irais-tu courir dans les bois avec une mini-jupe ? Mais les gens le croient pareil, regrette-t-elle. On a développé ce qu’on appelle la sauvagesse sexuelle, une image des femmes autochtones comme étant des femmes faciles.

Pocahontas, elle est tellement sexuelle et sensuelle, pour nous, les femmes autochtones, c’est dangereux.

Suzy Kies, « gardienne du savoir » autochtone qui a accompagné le conseil scolaire

 

 Pocahontas fait du canot avec un raton laveur

Le livre Pocahontas, tiré du dessin animé de Disney, a été retiré des bibliothèques du conseil scolaire.

Que devrait-on faire avec tous ces livres ? On ne peut pas les enlever. Je ne suis pas certaine que c’est la bonne chose à faire. Ça fait partie d’une époque, répond l’anthropologue autochtone Nicole O’Bomsawin.

Durant sa carrière, elle a visité des centaines d’écoles et rencontré des milliers d’étudiants au Québec pour partager une autre version de l’histoire, faire tomber les préjugés et les stéréotypes et aussi actualiser l’image de l’Amérindien.

Selon Mme O’Bomsawin, il faudrait quand même aviser les bibliothécaires qu’il faut faire attention aux stéréotypes.

Nicole O’Bomsawin fait le parallèle avec les gens qui veulent déboulonner des statues. Il y aurait moyen de faire une mise en contexte sur le lieu et faire en sorte qu’il y ait une explication pour parler de l’Histoire, plutôt que d’effacer l’Histoire.

Les bibliothécaires scolaires du Québec sont de cet avis. Nos valeurs sont d’aller le moins possible vers la censure, car certains enseignants peuvent décider d’aborder des livres controversés comme choix pédagogique de contre-exemple, dit Ariane Régnier, présidente de l’Association pour la promotion des services documentaires scolaires.

Je pense que c’est sain d’avoir toutes sortes de livres dans le milieu [scolaire], même des livres qui peuvent susciter des malaises.

Ariane Régnier, bibliothécaire scolaire et présidente de l’Association pour la promotion des services documentaires scolaires

Des écoles québécoises auraient décidé de garder des livres controversés, mais de les ranger dans un endroit spécial. Selon Ariane Régnier, il n’y a pas de centre de services scolaire au Québec qui a entamé un processus semblable à celui du Sud-ouest ontarien.

La représentante des bibliothécaires scolaires québécois explique que chaque enseignant est libre de retirer ou non un livre de sa classe. Selon elle, c’est aussi la responsabilité de bien accompagner l’élève dans sa lecture, de faire la mise en contexte.

Suzy Kies n’est pas de cet avis. Dans un monde idéal, on pourrait prendre le temps d’expliquer la situation à chaque enfant, avec chaque livre, mais on ne vit pas dans ce monde-là.

Selon celle qui se dit être la gardienne du savoir autochtone, on peut très bien parler des livres en question sans demander aux enfants d’aller les lire. Quand les enfants seront à l’université, ils pourront faire la distinction.

Les enfants dépendent de nous pour leur dire ce qui est vrai ou faux, ce qui est bien ou mal.

Suzy Kies, « gardienne du savoir » autochtone qui a accompagné le conseil scolaire

Couverture d’un livre dont le titre a été jugé inacceptable, de même que la représentation du personnage autochtone.

Un non-Autochtone peut-il écrire un livre sur les Autochtones ?

Une légende qui raconte la création de l’Île-du-Prince-Édouard et la vie des Mi’kmaq a été retirée des bibliothèques du Conseil scolaire Providence, sous le prétexte que les auteurs ne sont pas Mi’kmaq.

Un autre livre intitulé Les Indiens, publié en 2000, a été jeté au recyclage, entre autres parce qu’il s’agit d’un produit de France, sans consultation des communautés autochtones du Canada.

Selon Suzy Kies, un livre sur les Autochtones ne peut pas être écrit par un non-Autochtone, à moins qu’un Autochtone ait révisé ou collaboré à l’œuvre. Jamais à propos de nous sans nous, dit-elle, en citant un principe qui fait de plus en plus son chemin.

Depuis peu, la maison d’édition Prise de parole, en Ontario, fait faire une révision culturelle par des Autochtones des livres qui portent sur des sujets autochtones. Certaines maisons d’édition le font aussi au Québec.

Des auteurs autochtones sont aussi passés à la trappe

Même des auteurs autochtones ou de parents autochtones ont été envoyés au recyclage, à cause de l’usage de mots jugés inappropriés.

Le roman jeunesse Hiver Indien, de Michel Noël a été écarté pour propos raciste, langage plus acceptable, information fausse, pouvoir des Blancs sur les Autochtones, et incapacité des Autochtones de fonctionner sans les Blancs.

Ce portrait peu flatteur étonne le vice-président de la maison d’édition Hurtubise, Arnaud Foulon. Il rappelle que l’auteur, décédé en avril, était d’ascendance algonquine. Ethnologue, Michel Noël a travaillé au gouvernement du Québec pour la défense et la mise en valeur de la culture autochtone, notamment dans les écoles.

Selon Arnaud Foulon, qui est également président de l’Association nationale des éditeurs de livres, l’utilisation du mot Indien dans le roman fait écho à la réalité d’une époque.

Quand aujourd’hui on lit Maria Chapdelaine, il ne faut pas oublier que ça a été écrit avec des mots et un langage qui font écho au début du XXe siècle et non pas au XXIe.

Arnaud Foulon, vice-président d’Hurtubise et
président de l’Association nationale des éditeurs de livres

Le représentant des éditeurs reconnaît toutefois que des livres anciens peuvent avoir des erreurs, voire ne plus avoir leur place. Mais il faut faire attention, ajoute-t-il. Un des objectifs des écoles, c’est d’ouvrir les élèves à une variété de points de vue et de connaissances.

Il y a une différence entre intégrer le livre ou pas dans un cours et le retirer d’une bibliothèque. […] Si on fait un élagage massif sur plein de sujets, il ne restera plus beaucoup d’anciens livres et on ne va trouver que des livres récents.

Arnaud Foulon, vice-président d’Hurtubise et
président de l’Association nationale des éditeurs de livres

Le philosophe spécialiste de l’éducation Normand Baillargeon amène une réflexion nuancée sur le sujet.

Que le moment soit venu de repenser ce que l’on enseigne sur l’Histoire autochtone, c’est normal et sain, mais que l’on brûle des livres me semble extrêmement troublant, ça a des relents historiques que je n’aime pas du tout.

Selon lui, il peut y avoir des raisons de retirer un livre, par exemple s’il contient des faussetés objectivement constatables. Mais le philosophe précise que les raisons devraient être très sérieuses, étudiées très attentivement.

Normand Baillargeon ajoute d’autres nuances : Ce n’est pas la même chose d’avoir un langage inacceptable dans un récit fantastique, avec un personnage, que dans un livre d’Histoire.

De la même façon, ce n’est pas la même chose d’avoir un dessin fautif quand il s’agit d’une bande dessinée, que quand il s’agit d’une encyclopédie.

Imaginez que tous les groupes sociaux se mettent à réclamer qu’on coupe ce qui ne fait pas leur affaire. Une grande quantité de livres seraient rapidement éliminés des bibliothèques.

Normand Baillargeon, philosophe spécialiste en éducation

Le ministère de l’Éducation de l’Ontario explique que le choix des livres dans les bibliothèques relève de la responsabilité de chaque conseil scolaire.

Ils doivent s’assurer qu’un processus efficace est en place afin de procéder à la sélection et à l’approbation des ressources qui seront utilisées dans les écoles et que les ressources sélectionnées sont exemptes de tout préjugé et de toute forme de discrimination et qu’elles favorisent l’inclusion, explique la porte-parole du ministère, Ingrid Anderson.

Source : Radio-Canada

mercredi 8 septembre 2021

Autodafé et censure des Tintin, Lucky Luke et Astérix — lâcheté de la classe politique fédérale

Extrait d’un billet de Mathieu Bock-Côté sur l’affaire des livres brûlés pour en faire de l’engrais, car ils déplaisaient à une soi-disant autochtone Suzy Kies « gardienne de la mémoire » des « Premières Nations ». 

Cette Suzy Kies, coprésidente de la Commission autochtone du parti libéral du Canada, connaissance de Justin Trudeau, n’a aucun ancêtre amérindien sur 7 générations, son père est d’ailleurs Luxembourgeois.

N’y voyons pas une exception. C’est la tendance lourde de l’époque qui se dévoile ici. Toutes les grandes œuvres de la littérature finiront par y passer, pour peu qu’elles heurtent la sensibilité des représentants autoproclamés des « minorités ».

Cela dit, il y a de bonnes raisons d’être déçu devant la réaction honteuse de la classe politique.

Justin Trudeau a expliqué que s’il était en désaccord personnellement avec le fait de brûler des livres (veut-il qu’on l’en félicite ?!) il ne voulait pas se prononcer sur les processus de la réconciliation — autrement dit, s’il faut brûler des livres pour se réconcilier, on les brûlera.

[Lâches et dégonflés]

Erin O’Toole a aussi fait le tapis en expliquant que s’il ne fallait pas brûler les livres, on pouvait toutefois les censurer.

Même Yves-François Blanchet a senti le besoin de confesser son supposé malaise d’enfance en lisant les Schtroumpfs et Tintin, avant finalement de condamner ce geste. Mais sa condamnation était à ce point tortueuse et tarabiscotée qu’elle en devenait [pitoyable, lamentable]. On aurait eu envie de lui dire d'[avoir du cran, de la force d’âme, de s’enhardir].

Aucun d’entre eux, autrement dit, n’a eu une réaction de condamnation virulente et définitive de cette manifestation de fanatisme. Notre classe politique est lâche.

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lundi 6 septembre 2021

Médias de grands chemins diffusent infos fausses ou douteuses sur l'ivermectine

De nombreux médias traditionnels comme le Guardian, la BBC, MSNBC et la RTBF ont colporté cette histoire sur l’ivermectine :

La « nouvelle » telle que diffusée par la RTBF (diffuseur étatique belge)

 

La « nouvelle » selon la BBC, notons que l’ivermectine est un antiparasitaire en rien limité aux animaux, elle est notamment utilisée pour lutter contre la cécité des rivières chez l’homme.


Rachel Maddow, l’égérie de la gauche qui officie sur MSNBC relaie aussi la « nouvelle »

 

L’ennui c’est que cette histoire n’est en rien confirmée et probablement fausse. Notons qu’aucun article ne précise quels sont les hôpitaux débordés par ces patients qui prendraient de l’ivermectine (sous forme vétérinaire).

Un hôpital (voir ci-dessous) a démenti l’affirmation du Dr Jason McElyea selon laquelle les surdoses d’ivermectine causent des retards dans les soins médicaux aux urgences et des retards dans les soins médicaux dans l’Oklahoma rural. Selon le National Poison Data System, 459 cas de surdose d’ivermectine ont été signalés aux États-Unis en août. Les chiffres sur les surdoses d’ivermectine spécifiques à l’Oklahoma ne sont pas disponibles, mais il est peu probable que le nombre soit un facteur important dans la disponibilité des lits d’hôpital dans un État qui, selon le CDC, a actuellement une moyenne hebdomadaire de 1 528 hospitalisations pour Covid-19. Le médecin est affilié à un groupe de personnel médical qui dessert plusieurs hôpitaux de l’Oklahoma. À la suite de la publication à grande échelle de ses déclarations, un hôpital desservi par le groupe de médecins, le NHS Sequoyah, a déclaré que son service d’urgence n’avait traité aucune surdose d’ivermectine et qu’il n’avait eu à refuser aucune personne cherchant à se faire soigner, en outre le Dr Jason McElyea n'avait plus travaillé pour eux depuis des mois et n'avait traité aucun cas de surdose d'ivermectine. 



On apprend par ailleurs qu’une autre « information » liée à l’ivermectine était fausse. L’agence de presse Associated Press avait fait circuler la rumeur selon laquelle 70 % des appels des centres antipoison du Mississippi auraient concerné des intoxications à l’ivermectine. L’agence a dû se rétracter : l’épidémiologiste du Mississippi, le Dr Paul Byers, a déclaré mercredi que le nombre d’appels au contrôle antipoison concernant l’ivermectine était plutôt d’environ 2 %. La difficulté de se faire prescrire de l’ivermectine par des docteurs fait que de nombreuses personnes se tournent vers l’ivermectine vétérinaire mal dosée pour l’homme.

dimanche 5 septembre 2021

Vaccins : le doute est-il encore permis ?

Texte du virologue Jean-Michel Claverie dans le journal Les Échos du 3 septembre:


Les tableaux contrastés d'Israël et de l'Inde devraient nous amener à nous interroger sur la pertinence des campagnes de vaccination, écrit le virologue Jean-Michel Claverie. Oui, mais voilà : dans la confusion actuelle, ceux qui doutent sont vite assimilés à des complotistes ou des ignares...

Triste rentrée. Le Covid est toujours là et nous accueille de retour de vacances dans un contexte de confusion grandissante.

Israël, un des pays le mieux vaccinés (150 doses/100 habitants) et dont les contraintes sanitaires ont été parmi les plus sévères, se débat maintenant avec quatre fois plus d'infections journalières que la France (1.000/million), sans que personne ne comprenne pourquoi. Même incompréhension dans l'autre sens, avec l'Inde, qui dénombre cinq fois moins de décès par million d'habitants (0,36) que la France (2), avec un taux de vaccination de seulement 10 %.

Adepte du « en même temps », le PDG de Pfizer, aussitôt suivi par la plupart des gouvernements occidentaux, assure que son vaccin est toujours efficace contre le variant Delta, mais recommande une troisième dose. Les rebonds épidémiques seraient dus à une (trop) faible persistance de l'immunité. Cette obsolescence (non programmée !?) ne devrait-elle pas entraîner une révision des contrats plutôt qu'une hausse des tarifs (actée) ? Elle est pourtant la conséquence d'un recul insuffisant des essais cliniques.

Situation complexe et chaotique

Ce vaccin, qui n'empêche ni l'infection ni la contagion, doit-il rester la seule solution vers une éradication du virus désormais élusive, alors que l'immunité naturelle beaucoup plus large et durable acquise par les jeunes (mineurs et enfants) au terme d'une infection souvent asymptomatique est maintenant avérée ?

Et le « passe sanitaire », autorisant le mélange de vaccinés infectés avec des non-vaccinés sains, est-il encore justifié ? Et quid de la vaccination obligatoire des soignants s'ils peuvent toujours infecter les patients ?

Face à cette situation complexe et chaotique, il semblerait raisonnable de prôner une réflexion aussi large que possible, réhabilitant la pratique contradictoire du doute, concept fondateur de la science moderne. Or on assiste au contraire. Dans un amalgame avec les tenants du complotisme et les ignorants, ceux qui doutent, de par leur expertise même, sont désormais censurés par les médias, vilipendés par les ministres, accusés de trahison par les sociétés savantes. Attention : la science « officielle » n'a jamais fait bon ménage avec la vérité !

Jean-Michel Claverie

Voir aussi

En Islande, les seuls voyageurs qui sont dispensés de présenter un test PCR négatif sont ceux qui peuvent prouver qu'ils ont été contaminés (PCR+) dans les 6 derniers mois (et plus de 14 jours). Le fait d'être vacciné n'est pas pris en compte. (« Those who are vaccinated will still have to bring a negative PCR-test result / rapid antigen test upon arrival to Iceland.»)

Covid — Le Danemark dépasse la Suède et devient le pays nordique avec le moins de restrictions

Patrick Cohen (France 5) : atteindre l'immunité collective par la vaccination est illusoire

Longtemps épargnée par la pandémie, l'Australie en fin d'hiver austral est aujourd'hui frappée par une flambée des contaminations malgré des restrictions très sévères. Le nombre de décès cet hiver est néanmoins bas et moins important que lors de l'hiver austral 2020.

Ami - Ennemi, le fondement du politique (Carl Schmitt)

Dans cette vidéo, nous verrons un des concepts majeurs dus au philosophe et juriste Carl Schmitt, à savoir la célèbre antinomie de l’ami et de l’ennemi qui serait le fondement du politique. L’enjeu est ici de clarifier et de distinguer des notions importantes comme politique, État, morale, etc. pour mieux penser certains débats contemporains.


Droite/gauche, un clivage dépassé ? L'extrême-droite une catégorie fantomatique. Les hommes providentiels dans l'histoire

Mathieu Bock-Côté et ses invités. Sur la droite. Sur l’extrême droite. Sur « la visite de Marseille » de Macron. Sur l’homme providentiel avec l’historien Patrice Guéniffey.


Covid — Le Danemark dépasse la Suède et devient le pays nordique avec le moins de restrictions

Le gouvernement danois ne considère plus la Covid-19 comme une menace critique pour la société.

Le pont de l’Oresund reliant le Danemark et la Suède avait été fermé plus tôt lors de la pandémie


Le Danemark, un pays dont la stratégie plus tôt lors de la pandémie de Covid était considérée comme le contraire de celle adoptée par la Suède, avec des restrictions frontalières et des fermetures d’écoles précoces, a désormais dépassé son voisin pour devenir le pays avec le moins de restrictions sanitaires en Scandinavie.

Un article paru aujourd’hui dans Svenska Dagbladet, un grand journal suédois, observe :

Tout d’un coup, on dirait le monde à l’envers : les Danois, qui au début de la pandémie battaient froid aux voyageurs suédois sur le pont de l’Oresund et leur disaient de s’en retourner dans leur pays parce que les restrictions suédoises contre la Covid étaient trop laxistes, lâchent désormais complètement les rênes.

– SVENSKA DAGBLADET

Les boîtes de nuit au Danemark sont ouvertes depuis la semaine dernière, et à partir du 10 septembre, les clients n’auront plus besoin de montrer leur « Coronapass » qui sert de preuve de vaccination ou d’un test négatif récent. Malgré un nombre de cas plus élevé que la Suède, toutes les restrictions restantes seront levées — le gouvernement danois ne considère plus Covid-19 comme une « menace critique pour la société ».

La Suède progresse plus prudemment. L’administration a établi un plan en 5 étapes pour lever les restrictions. L’étape 3 a été adoptée le 15 juillet, comprenant la fin de l’obligation de porter des masques dans les transports en commun et une augmentation de la taille des tables de restaurant autorisées de 4 à 8 convives.

L’étape 4, y compris la suppression de toutes les restrictions sur la taille des rassemblements, a été provisoirement fixée à septembre, mais, le nombre de cas augmentant doucement en Suède, la date n’a pas encore été confirmée. Les responsables de la santé ont averti qu’il pourrait être encore retardé, avec certaines restrictions jusqu’à l’année prochaine.

Lone Simonsen, professeur d’épidémiologie à l’université de Roskilde au Danemark, a déclaré à Svenska Dagbladet :

Les Suédois étaient sur la bonne voie plus tôt dans la pandémie. Anders Tegnell avait déclaré : « nous garderons les écoles ouvertes, nous devons faire attention à ne pas étrangler la société » puis a réussi à maîtriser l’épidémie tout au long de l’été 2020. C’est une histoire qu’on ne raconte pas assez souvent… Nous étions vraiment jaloux ici au Danemark, car nous étions davantage coincés à la maison.

– PROFESSEUR LONE SIMONSEN

Pendant ce temps, la Norvège, qui affichait auparavant le nombre de Covid les plus bas de la région, connaît une forte augmentation des infections. Jeudi a vu 1785 nouvelles infections, le nombre quotidien le plus élevé depuis le début de la pandémie au printemps 2020.

Entretemps au Québec, à la traîne de la France

Christian Dufour de La Presse revient sur la facilité inquiétante avec laquelle le Québec a imposé le passeport sanitaire, ce laissez-passer moderne.

Alors qu’on nous disait au départ que tout reposait sur la nécessité de sauver des vies, presque personne n’ose plus attirer l’attention sur le fait que la COVID-19 fait désormais peu de morts, 90 % des citoyens les plus vulnérables étant doublement vaccinés.

Le but premier est de protéger notre irréformable système de santé d’un variant Delta menaçant les jeunes non pas de mourir, mais d’être malades. En attendant d’autres variants potentiellement plus dangereux et résistants aux vaccins : Epsilon, Zêta, Êta… Sans parler du reste de la planète où la vaccination souvent tarde.

L’approche québécoise de cette crise comporte quelque chose de foncièrement malsain parce qu’elle est basée sur l’absurdité du risque zéro, elle est basée sur la peur de vivre.

On l’a encore vu la semaine dernière au sujet du passeport vaccinal qui entre en vigueur au Québec aujourd’hui et plus en tard en Ontario, et dont il faut rappeler qu’il n’est pas justifié par des motifs avant tout sanitaires.

Comme le couvre-feu, cette importation française est passée comme une lettre à la poste bien qu’il s’agisse véritablement d’une première : des Québécois qui se verront désormais imposer, comme les Français, le port d’une carte d’identité à présenter obligatoirement avec leur passeport vaccinal.

Il n’a pas fallu 48 heures pour qu’il soit à nouveau clair dans cette affaire que l’obsession de la sécurité l’emporte désormais sur la liberté au Québec.

[...]

Un peuple qui fait passer à ce point la sécurité avant la liberté ne peut pas devenir indépendant.

samedi 4 septembre 2021

Impossibilité de se faire servir en français à l'hôpital au Québec — réponse molle de la CAQ

Incapable de se faire soigner en français à Montréal, l’animatrice Sophie Durocher a dénoncé mercredi son expérience à l’Hôpital général juif de Montréal, où elle est hospitalisée depuis mardi soir.

L’anglophone du Québec demande en anglais au francophone de l’Ontario : « Dans une mauvaise passe !? Je connais ça. » Derrière l’anglo, la pléthore d’établissements anglophones au Québec (McGill, Concordia, le Centre universitaire de santé McGill). Derrière le Franco-Ontarien, le désert froid.

L’animatrice, qui avait un calcul à la vésicule biliaire et qui a dû subir une ablation de cet organe, a été incapable d’être traitée par un médecin parlant français.

Après une consultation avec son médecin de famille, l’animatrice a dû se rendre d’urgence à l’hôpital pour y recevoir des soins. Elle a toutefois hésité longuement à se rendre à l’hôpital général Juif, par crainte de se faire traiter en anglais.

« C’est inacceptable qu’en 2021 je ne puisse pas me faire soigner en français », a ajouté la chroniqueuse du Journal de Montréal. Cette dernière a aussi déploré le manque d’effort de la part du corps médical pour pousser, ne serait-ce que quelques mots avec un français cassé, comme un « bonjour » ou un « désolé, je ne parle pas le français ».

Sur Twitter, Sophie Durocher a interpellé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, mercredi en matinée. « INACCEPTABLE. Je suis à l’hôpital Juif en attente de chirurgie et les deux chirurgiennes et le résident sont unilingues anglais ! Incapable de me faire soigner au Québec en français en 2021 !!! “Your government hired me” m’a lancé la chirurgienne ! », a-t-elle écrit, mercredi matin.

Ce à quoi le ministre a répondu que toute personne devait pouvoir « se faire soigner en français au Québec. C’est un droit fondamental et c’est non négociable ».

Plus tard dans la journée, le ministre a répondu par voie de communiqué qu’il avait « pris contact avec l’établissement afin d’examiner cette situation de plus près » et qu’un « rappel aux résidents en médecine concernés par cette histoire sera fait afin de rappeler à tous l’importance d’offrir aux citoyens les services dans la langue officielle ».

L’ensemble du CIUSSS sera aussi contacté à cet effet, incluant tous les employés et médecins, a poursuivi le cabinet dans sa missive.

« Des services de traduction en français doivent être assurés sur le terrain, si jamais les employés éprouvent de la difficulté [bel euphémisme!] dans cette langue première », a aussi fait savoir le cabinet ministériel.

Réponse molle de la CAQ

Cette réponse nous semble inacceptable : il faut que tous les docteurs au Québec parlent français à un haut niveau. Il est inacceptable qu’ils baragouinent le français, qu’ils sollicitent sans cesse le passage à l’anglais quand ils soupçonnent le moindre accent étranger (nous avons été témoins de telles scènes) ou qu’ils aient recours à un service de traduction pour se faire comprendre en français !

McGill a le plus gros hôpital universitaire au Québec, mais le moins de médecins qui y pratiquent

Données : cihi.ca via Frédéric Lacroix

Au Québec, il existe quatre facultés de médecine une à l’Université McGill ; une autre à l’Université Laval ; à l’Université de Montréal et finale la dernière à l’Université de Sherbrooke. En 2020, 5 528 étudiants étaient inscrits à la faculté de Médecine et sciences de la santé de McGill. Laval aurait à titre de comparaison 4249 étudiants inscrits à sa faculté de médecine.

En 1972 déjà

Au Royal Victoria, le personnel serait bilingue dans une proportion de 65 % ; la proportion serait de 60 % au Montreal Children, de 38 % au Jewish General. […]  On utilise dans tous ces hôpitaux la langue usuelle de travail plus que ne le nécessite la proportion anglaise-français de la clientèle. On peut donc penser que ce sont les patients qui, souvent, font les frais du bilinguisme. […] À Montréal, il semble donc dans l’ensemble, que les hôpitaux francophones, malgré la faible proportion de leur clientèle anglophone, projettent une image d’adaptation linguistique plus favorable que celle des hôpitaux de langue anglaise.

Commission Gendron, Rapport 1, p.266-267, 1972.

Voir aussi

La maîtrise du français des étudiants au cégep et à l’université préoccupe la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, qui crée un groupe de travail pour se pencher sur la question. Les résultats ne sont « pas à la hauteur », selon Québec.


Un exemplaire du livre Pourquoi la loi 101 est un échec envoyé à chaque député de la CAQ

Le ministre de l’Agriculture du Québec André Lamontagne vient d’offrir à chacun de ses collègues du Conseil des ministres un exemplaire du livre Pourquoi la loi 101 est un échec, qu’il a payé de sa poche, et dans lequel il a écrit une note personnalisée.

Voir aussi 

Pourquoi la loi 101 est un échec

Oui, la loi 101 est un échec 

« Le français pourrait disparaître de la fonction publique au Québec »

« Nous avons tous été stupéfaits d’apprendre que 74 % des employés de l’État à Montréal utilisent parfois une autre langue que le français dans leurs interactions orales avec des personnes physiques au Québec, une proportion qui grimpe à 81 % à Laval et à 88 % en Outaouais », soulignait Mme Lamarre dans les pages du Devoir.

Les Canadiens français deviendraient minoritaires au Québec en 2042 (long billet, graphiques)

Montréal : en 2031 les minorités visibles représenteront 31 % de la population 

Démographie — En 15 ans, les minorités visibles sont passées au Québec de 7 % à 13 % de la population

Laval s’anglicise

Natalité baisse au Québec depuis 7 ans, mais CS de Montréal devrait accueillir 5000 élèves de plus d’ici cinq ans [impact de l’immigration]

Chute importante prévue du français dans les foyers québécois

Québec — Trois nouveau-nés sur dix ont au moins un parent né à l’étranger 

Canada — un pays non blanc vers le milieu de ce siècle ?

 

Patrick Cohen (France 5) : atteindre l'immunité collective par la vaccination est illusoire

Intervention de Patrick Cohen en présence du ministre de la Santé Olivier Véran… selon qui l’immunité collective par la vaccination est illusoire… Rappelons que ce même Patrick Cohen critiquait le prof. Didier Raoult quand il disait en substance la même chose (le vaccin ne sera probablement pas une solution miracle, car cela ne l’a pas été pour les autres coronavirus). Olivier Véran avait déclaré le 13 juillet 2021 faussement donc : « Si nous étions tous vaccinés, le virus ne pourrait plus cheminer. La protection collective c’est ça. »

Olivier Véran répond ensuite que le vaccin empêche les formes graves et les décès. C’est inexact, il y a des formes graves et des décès parmi les double vaccinés en Israël, mais moins que chez les non-vaccinés. 

Lecture : dans la semaine du 15 août au 21 août 2021 pour les 70-79 ans en Israël : moins de 5 morts chez les simple vaccinés, 20 chez les double vaccinés, 5 pour les triple vaccinés et 9 chez les non vaccinés. À la mi août, plus de 5,4 millions de personnes avaient reçu deux doses de vaccin en Israël, soit 58 % de la population totale (y compris les enfants donc), et plus d’1,5 million une troisième.

Olivier Véran ne pouvait d'ailleurs pas plaidé la bonne foi à la mi-juillet, car on savait déjà depuis quelques jours que l'efficacité du vaccin contre les infections, et donc contre la circulation du virus était en train de s'effondrer en Israël.

Source : Rentrée sous Covid : Olivier Véran s’exprime — C à Vous — 30/08/2021, sur la chaîne publique France 5.

Voir aussi

Une vaste étude israélienne révèle que l'immunité naturelle serait supérieure à la vaccination

Stéphan Bureau blâmé par l’ombudsman de la radio gouvernementale pour son entrevue avec Didier Raoult (l’agronome à l’origine de la plainte s’offusquait que Didier Raoult prétende que l’imminuté naturelle était supérieure à la vaccination).

Le variant delta pourrait échapper aux vaccins si elle devient Delta 4+, prévient un nouveau document. Une nouvelle étude suggère que 4 modifications du variant delta pourraient rendre les vaccins actuels inefficaces. (Deseret News) Les vaccins anti-Covid fonctionnent-ils ? Si oui, jusqu’à quel point ?

D’autres vaccins (sous-unitaires ou à virus désactivés) comme le Novavax ou Valneva, pourraient mieux résister aux variants. Lire Le battage médiatique persistant autour de la technologie des vaccins à ARNm nous détourne désormais des autres moyens de mettre fin à la pandémie. Pour ne pas parler des traitements bon marché (Ivermectine par exemple) dont on ne parle pas (vidéo).

Les confinements ont nettement réduit les capacités physiques et intellectuelles des enfants

Covid — Les enfants ne devraient pas être obligés de porter des masques, selon des chercheurs.