mercredi 22 décembre 2010

France — moitié moins de candidats professeurs en un an


Robert Ménard se penche sur le manque de postulants en enseignement. Le métier de professeur ne ferait-il plus rêver ?



Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

lundi 20 décembre 2010

Débat Philippe Meirieu c. Philippe Nemo

Philippe Nemo (le plus petit) défend la transmission des savoirs et la liberté scolaire ; Phillippe Meirieu est un des pontes du constructivisme, il a donné son corps à l’Education Nationale pour que les élèves « construisent eux-mêmes leurs savoirs ».


Voir aussi

France — PISA et le rejet de la culture scolaire

Nathalie Bulle sur le modèle finlandais et les tests PISA




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Internet — des ados accros, des parents dépassés

Quel est le principal terrain de jeu des ados ? Le numérique. Internet, téléphone, SMS, MSN, Facebook, jeux vidéo... les jeunes Français de 11 à 17 ans sont des poly- connectés. C’est ce qui ressort du 4e baromètre « Enfants et Internet » réalisé par Calysto et l’association Voix de l’enfant. L’entreprise a réalisé 35 000 entretiens en face à face avec des 11-17 ans.

Plus de 90 % des ados ont accès à Internet à la maison. Les trois quarts ont un profil Facebook, sur lequel ils postent régulièrement des photos ou des vidéos personnelles. Mais la plupart d’entre eux (de 58 % pour les 15-17 ans à 87 % pour les 11-13 ans !) ne protègent aucune information personnelle. Au risque d’avoir de mauvaises surprises : 39 % des 15-17 ans ont déjà vu des données privées publiées à leur insu. Jamais très agréable... même si près de la moitié des ados de cette tranche d’âge reconnaissent l’avoir fait subir à d’autres. Par ailleurs, plus de neuf lycéens sur dix et plus de huit collégiens sur dix sont déjà tombés sur des contenus choquants en surfant sur le Web.

Face à cet enjeu d’éducation important qu’est le Web, les parents sont souvent aux abonnés absents.

À peine trois enfants sur dix discutent de l’utilisation qu’ils ont de cet outil avec leurs parents. La part de ces derniers qui installent le contrôle parental est minoritaire. « Les parents, bien que ce soit eux qui paient les factures, se déresponsabilisent par rapport à tous ces enjeux, déplore Thomas Rohmer, fondateur de Calysto. Il faut qu’ils cessent une fois pour toutes de croire que le Web est un univers virtuel&nbnsp;», et donc sans conséquence pour leurs enfants. Le prendre au sérieux, c’est le moyen pour que leurs ados appliquent les conseils dont ils les bercent depuis l’enfance. Du type: “On ne parle pas à un inconnu.”

En chiffres

30 %
A peine trois enfants de 11 à 17 ans sur dix discutent de ce qu'ils font sur Internet avec leurs parents

87 %
C'est le pourcentage de 11-13 ans qui jouent au moins une fois par jour aux jeux vidéos. Ils sont 80% chez les 15-17 ans.

85 % des 15-17 ans conçoivent et envoient des vidéos avec leur portable au moins une fois par jour

25 % des 11-13 ans passent plus de trois heures par jour devant les messageries type MSN




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Pourquoi les enfants n'aiment pas l'école !

Un spécialiste américain du cerveau explique que l'acquisition de la culture générale est la clé de la réussite scolaire.

« L'imagination est plus importante que le savoir. » La phrase a beau être signée Albert Einstein, nous sentons confusément qu'elle relève de ces gentilles lubies de génies incapables de comprendre ce qu'ils doivent à une école, certes rigide, mais qui les a faits ce qu'ils sont. Mais Daniel T. Willingham, qui cite ces mots au début d'un des chapitres de son livre, Pourquoi les enfants n'aiment pas l'école (La Librairie des écoles, traduit de l'anglais), ne se contente pas de signifier sa réticence à l'énoncé du physicien allemand. L'homme est professeur en psychologie cognitive à Harvard, spécialiste du fonctionnement du cerveau, et tout l'objet de son ouvrage est justement de démontrer, à partir de données scientifiques sur les rouages de la mémoire et de la réflexion, combien l'absence de connaissances interdit toute imagination, et tout apprentissage de compétences.

Pourquoi, diable, retenons-nous mieux un texte consacré à un sujet dont nous maîtrisons quelques notions, alors que toute donnée sur un domaine nouveau s'efface inexorablement de notre mémoire ? C'est à partir de ce genre d'interrogation simple, comme à partir d'exemples concrets, que Daniel Willigham construit son raisonnement. Est-ce une question de motivation, comme l'affirment nombre de pédagogues, en France ou, avant eux, aux États-Unis ? Absolument pas, répond le neuroscientifique, puisque des gens à qui l'on inculque les bases sur un sujet, le football ou les circuits électroniques, auquel ils ne connaissaient rien et qui donc ne les intéressait pas, retiennent mieux de nouvelles données que ceux qui n'ont pas reçu cette formation préalable.

La réponse relève du bon sens, mais elle a plus de force encore quand elle s'appuie sur des études précises : ce n'est pas la « motivation », la « proximité avec le sujet » qui détermine notre capacité à engranger des informations et à les comprendre, mais notre culture générale. Pas de compétences sans un savoir préalable. Apprendre à apprendre ne sert à rien sans un minimum de contenu. Pire, le psychologue démontre combien toute carence de culture générale creuse immédiatement les inégalités, puisque seul le riche s'enrichit:  plus on possède de connaissances, et plus on est capable d'en accumuler rapidement. D'où, explique-t-il, cette chute de niveau que l'on observe en CM1 (4e année du primaire) chez les élèves de milieu défavorisé pourtant capables de déchiffrer des textes, mais incapables d'en saisir les non-dits et les références implicites.

Dans un langage simple, et par de petits exercices de réflexion, Willingham fait comprendre à son lecteur le processus qui fait que le cerveau puise dans la « mémoire de long terme » les informations qui lui permettront de résoudre un problème dont les différentes données viennent de présenter à lui et solliciter sa «mémoire de travail», lieu de la réflexion.

Faciliter l'apprentissage

La mémoire de travail, vite saturée, a besoin de se référer à ce qui est connu, à ce qui est stocké dans la mémoire de long terme. Conclusion, il faut nourrir la mémoire de long terme, et pour ce faire, s'exercer pour « automatiser le processus qui permet de faire glisser les informations vers notre mémoire de travail ». Bref, pratiquer ces exercices systématiques que les « résistants » aux nouveaux programmes du primaire jugent abêtissants et indignes.

De ce genre de constat, Daniel Willingham tire quelques conseils aux professeurs sur la façon dont ils doivent construire leur pédagogie pour faciliter l'apprentissage chez leurs élèves. Il cite en exemple ce professeur qui, pour faire comprendre à ses élèves la condition des esclaves noirs américains, aidés dans leur fuite vers le nord par quelques abolitionnistes, mais obligés de se nourrir de biscuits, leur faisait fabriquer lesdits biscuits à base de farine et d'eau. On ne retient que ce à quoi l'on réfléchit, nous dit Willingham, et ces élèves ne se souviendront que de leur recette de cuisine. Le meilleur démenti aux Itinéraires de découvertes et autres Travaux personnels encadrés vantés par les tenants de l'école ludique.

Neuf questions

L'auteur part de neuf questions que se posent les enseignants — en commençant par celle posée dans le titre — et dont les réponses sont directement applicables en classe. Comment adapter mes cours aux différents types d'élèves ? Comment aider les élèves les plus lents  ? Vaut-il mieux enseigner des compétences ou des connaissances  ?... Willingham démonte ainsi de nombreux préjugés : Oui, l'apprentissage par cœur, la répétition et la culture générale sont nécessaires, parce qu'elles permettent aux élèves de mieux comprendre les nouvelles connaissances. Non, les pédagogies actives ne sont pas efficaces pour apprendre, car elles ne permettent pas de prévoir à quoi les élèves vont réfléchir. Non, les différences entre les élèves ne rendent pas nécessaires des enseignements "différenciés" et la science actuelle n'est pas parvenue à démontrer qu'il existait différents types d'intelligence. Non, les enfants, ne peuvent pas réfléchir à la manière des scientifiques car ils n'ont pas suffisamment de connaissances... De manière toujours nuancée, mais avec une argumentation implacable et beaucoup d'humour, l'auteur fait le point sur les théories pédagogiques et les pratiques de classe qui ont démontré leur efficacité.

L'auteur

Daniel T. Willingham est diplômé de Harvard en psychologie cognitive. Il est actuellement professeur de psychologie à l'Université de Virginie. Depuis 2000, il consacre ses recherches à l'application de la psychologie cognitive dans l'enseignement primaire et secondaire. Le succès de son livre aux Etats-Unis lui a fait créer son propre site : www.danielwillingham.com.

Sources : Le Figaro et l'éditeur

Pourquoi les enfants n'aiment pas l'école !
Comment fonctionne le cerveau des élèves ?
Les conséquences que les professeurs doivent en tirer

ISBN : 978-2-916788-23-4
Auteur(s) : Daniel T. Willingham, Marie Antilogus
Éditeur : Librairie des écoles
Illustrateur(s) :
Format : 15x23
Papier : offset 80 g/m²




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

dimanche 19 décembre 2010

« Les chiens du gouvernement québécois vont surveiller la religion dans les garderies »

Extraits du blogue du Québécois libre où Martin Masse se penche sur la future police religieuse dans les garderies :

Au 20e siècle, l'un des principaux objectifs des États totalitaires a été d'éliminer les religions conventionnelles dans les écoles pour les remplacer par leurs propres dogmes officiels, fondés sur l'étatisme, la vénération des leaders et des théories bizarres comme le communisme et le fascisme justifiant leur pouvoir.

Sniffingdog Au 21e siècle, l'État totalitaire soft du Québec fait la même chose. Nous avons eu, en l'espace de quelques années, l'abolition des commissions scolaires confessionnelles et le remplacement des cours de religion dans les écoles par un cours d'endoctrinement au multiculturalisme et à la bien-pensance féministe et gauchiste.

On apprend ces derniers jours que la croisade antireligieuse s'étend. Le gouvernement provincial s'apprête en effet à éradiquer la religion dans les Centres de la petite enfance et les garderies subventionnées. L'État a, depuis une douzaine d'années, nationalisé l'ancien système de garderies libres qui existait et créé une nouvelle classe de fonctionnaires syndiqués pour s'occuper des enfants. Non content d'embrigader les enfants de 5 à 22 ans dans ses institutions primaires, secondaires, collégiales et universitaires, il vise maintenant à le faire à partir du berceau.

[...]

Chaque nouvelle extension du pouvoir de contrôle étatique s'accompagne évidemment de la création d'un nouveau bras armé pour imposer les nouvelles règles et sanctionner les récalcitrants. «À cette fin, le ministère est en train de procéder à l'embauche d'une quarantaine d'inspecteurs, qui s'ajouteront aux 18 déjà en fonction. Ils recevront tous une formation spéciale destinée à les rendre aptes à déceler les manquements à la directive.»

Ces chiens renifleurs se promèneront donc dans les garderies pour aller intimider tout le monde, vérifier si l'on permet à un enfant de dessiner un ange ou si on parle trop d'Allah pendant la période du Ramadan. En arrondissant les coûts de cette brigade à 100 000 $ par année en salaires, avantages sociaux, formation, déplacement et autres dépenses pour chaque molosse, ça fait 4 millions $ de plus par année que Québec dépensera pour empêcher les bambins d'être influencés par les croyances de leurs parents pendant que l'État s'occupe d'eux. Voilà sans doute une autre « fonction essentielle » de l'État qui en vaut le coût pour tous nos amis étatistes.

L'État n'aime pas la compétition. Les doctrines qui font découler la morale et le sens de la vie d'une autre source que les diktats des politiciens et des bureaucrates sont une menace à l'autorité de ceux-ci. Et plus un régime politique est autoritaire, plus il a tendance à brimer la liberté de croyance et à imposer ses propres dogmes. C'est une tendance qui s'observe depuis des siècles. Qu'on adhère à une religion spécifique, qu'on soit panthéiste, agnostique ou athée, nous sommes tous menacés par cette nouvelle offense étatiste.

Voir aussi

Le gouvernement québécois ne veut plus de religion dans les garderies communautaires

Garderies québécoises : un enfant sur 6 déprimé ou anxieux

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

vendredi 17 décembre 2010

Le gouvernement québécois ne veut plus de religion dans les garderies communautaires

L'enseignement religieux sera désormais interdit dans les centres de la petite enfance (CPE) et les services de garde subventionnés au Québec. Il existe, en effet, une centaine de garderies communautaires catholiques, coptes, musulmanes et juives qui enseignent quelques rudiments religieux aux jeunes enfants qui les fréquentent. D'après nos renseignements, au moins 3 garderies seraient tenues par des communautés religieuses catholiques. Ce sont des CPE à 7$. Deux appartiennent aux sœurs salésiennes dans l’Est de Montréal.

La ministre de la Famille (!), Yolande James, a fait l'annonce de cette nouvelle politique, ce vendredi matin, lors d'un point de presse. « On n'enseignera pas de dogme ou de croyance ou de pratique religieuse spécifique aux enfants de 0 à 5 ans et ce, peu importe la religion », a déclaré la ministre.

« On ne sortira pas les sapins de Noël des CPE ».
Mme James explique que peu de services de garde dispensent actuellement un enseignement religieux. Elle évalue ce nombre à une centaine de garderies.

Les services de garde subventionnés par l'État et les CPE auront jusqu'au 1er juin 2011 pour se conformer à cette directive. S'ils refusent, ils se verront « suspendre, réduire ou carrément annuler leurs subventions ». Par contre, il n'est pas pour l'instant question de supprimer les subventions des écoles privées confessionnelles qui elles aussi pourtant enseignent des pratiques religieuses et sont subventionnées.

Le gouvernement québécois a déclaré qu'il n'hésitera pas à sévir.

La directive n'interdit pas l'explication d'une « manifestation culturelle liée à une fête à connotation religieuse », comme la crèche sous le sapin ou la ménorah, ni l'enseignement de la diversité des croyances religieuses. Les garderies peuvent conserver des objets religieux en autant qu'ils ne soient pas trop nombreux — qui jugera ? — et ne soient pas utilisés dans les activités d'apprentissage. Un ministre du culte peut faire des activités pour les enfants, en autant qu'elles n'aient pas de caractère religieux. Les employés peuvent prier, tout comme les enfants, en autant qu'ils ne soient pas « supervisés » par les éducatrices.

Les responsables de garderies apprendront qu'il ne sera plus toléré qu'on « encourage, supervise, fasse mémoriser ou réciter une prière, un chant religieux ou une bénédiction afin d'amener les enfants à intégrer une croyance liée à une religion spécifique ».

Selon l'ancienne ministre de l'immigration, « Il y a une différence entre enseigner la religion et souligner une tradition culturelle. Avec cette directive, il sera toujours permis de souligner les aspects culturels d'une fête. »

« Autrement dit, on ne sortira pas les sapins de Noël des CPE », conclut Mme James.

Quarante inspecteurs et un comité de plus

Il reste à savoir si la nouvelle orientation sera respectée et appliquée. À cette fin, le ministère est en train de procéder à l'embauche d'une quarantaine d'inspecteurs, qui s'ajouteront aux 18 déjà en fonction. Ils recevront tous une formation spéciale destinée à les rendre aptes à déceler les manquements à la directive.

Un comité spécial tranchera les cas litigieux.

Certaines garderies appartiennent à des organismes religieux et sont dirigées par eux. Ils pourront les conserver, en autant qu'ils adaptent leur programme éducatif aux nouvelles exigences « laïques ».

Pour l'heure, après avoir mené au cours des derniers mois une série de consultations auprès des premiers intéressés, le gouvernement du Québec dit ne pas s'attendre à ce que sa directive soit défiée ou contestée en cour, a-t-on appris.

Selon La Presse Canadienne, certains ont quand même dit craindre l'arrivée d'une « police religieuse ».

Brèches

L'Association québécoise des CPE (AQCPE) a salué les mesures annoncées par Québec. Selon l'AQCPE, les mesures « pourront corriger un bon nombre de situations problématiques existantes ».

L'Association soutient que la directive laisse toutefois une importante brèche, car « elle ne s'applique pas aux services de garde en milieu familial subventionnés », qui représentent près de la moitié des places dans la province.

L'AQCPE soulève également la question de l'admission des enfants et qu'il sera possible pour une garderie de privilégier l'entrée d'enfants sur une base confessionnelle ou ethnique.


Craintes d'une application inepte et maladroite

Dans un article du National Post intitulé « Les tout-petits peuvent voir des symboles religieux, mais ils ne peuvent demander qu’on les leur explique », Daniel Weinstock, professeur de philosophie à l'Université de Montréal, déclare qu'il est logique que les enfants qui fréquentent une garderie subventionnée par l'État [en réalité par des contribuables dont ces parents] ne soient pas endoctrinés dans une religion particulière, même si c'est ce que leurs parents souhaitent. Ces parents perdent ainsi tous les droits à choisir l’enseignement de leurs enfants parce que leurs impôts transitent par le fisc avant d’être distribués à leur garderie…

Toutefois, M. Weinstock craint une mise en œuvre « bureaucratique, exagérée et maladroite » lorsque les inspecteurs visiteront les garderies à la recherche de preuves d’instruction religieuse. « Ce ne serait pas la première fois dans l’histoire, non seulement du Québec, mais également du Canada, que de bonnes intentions tournent mal à cause d’une mise en œuvre stupide par une politique à taille unique » a déclaré le professeur.

Contestation en justice à venir ?

Le Conseil musulman de Montréal espère contester en justice cette nouvelle politique : « Nous considérons qu’il s’agit d’une discrimination explicite des droits des communautés religieuses d’éduquer leurs enfants conformément aux valeurs et préceptes qui leurs sont chers » de déclarer Salam Elmenyawi, le président du conseil.

Addendum semaine suivante

Religion à la garderie : membres d'un comité-conseil disent avoir été ignorés

Répression religieuse plus sévère dans les garderies que dans les écoles

« Les chiens du gouvernement québécois vont surveiller la religion dans les garderies »

Religion banned in Quebec’s government-funded daycares


Documents officiels

DIRECTIVE sur les activités ayant pour objectif l’apprentissage d’une croyance, d’un dogme ou de la pratique d’une religion spécifique dans un centre de la petite enfance ou une garderie subventionnée

GUIDE d’application de la Directive relative aux activités ayant pour objectif l’apprentissage d’une croyance, d’un dogme ou de la pratique d’une religion spécifique dans un centre de la petite enfance ou une garderie subventionnée




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

jeudi 16 décembre 2010

Facal et les résultats PISA : et si on évaluait les connaissances et la culture générale ?

Joseph Facal revient sur l'autosastifaction sans doute déplacée de certains après la publication des résultats des tests PISA 2009. Extraits.


Les derniers résultats du test PISA, mené à tous les trois ans par l’OCDE, classaient les jeunes Québécois de quinze ans dans le peloton de tête mondial en mathématiques et en lecture. On a surtout retenu leur bonne performance en lecture : 496 points pour les Français et 522 points pour les Québécois. Tiens-toé ! Beaucoup, beaucoup de « pétage » de bretelles dans la dernière semaine.

J’ai tout de suite soupçonné qu’il y avait anguille sous roche.

Prenons d’abord une grande inspiration. Nos enfants demeurent bien classés, mais perdent quelques rangs depuis que les Asiatiques participent à l’épreuve. Pas très grave en soi.

Scores moyens estimés et intervalles de confiance des pays, provinces et économies :
lecture, échelle globale

Au-dessus de la moyenne canadienne en 2000, les jeunes du Québec sont maintenant en dessous d’elle. C’est déjà moins drôle. Le plaisir de lire recule aussi de façon notable au fil des ans. On ne peut ici évoquer les jeux vidéo et autres excuses habituelles puisque ce goût grimpe ailleurs.

Les partisans de la réforme ont évidemment claironné qu’elle n’avait pas entraîné la catastrophe appréhendée. Ses détracteurs ont répondu qu’elle devait permettre des progrès que l’on ne voit guère. Mais mon malaise est ailleurs.

Allez sur le site Internet de l’OCDE et regardez en quoi consiste le test de lecture. Parmi les courts textes que l’épreuve impose de lire, on trouve une facture et une posologie de médicaments. Autrement dit, le test mesure en bonne partie les aptitudes à être fonctionnel dans la vie de tous les jours.

Qu’on ne me comprenne pas de travers : je ne dis pas que ce n’est pas important.

À l’évidence, notre système éducatif réussit, dans l’ensemble, à outiller les jeunes pour se débrouiller dans la vie, à les mouler pour être fonctionnels sur le marché du travail. Mais nous échouons dans quelque chose que PISA ne mesure pas et qui met en cause toute notre société, pas seulement notre système scolaire.

Je parle d’avoir un vocabulaire assez riche pour exprimer toutes les nuances de la pensée. Je parle de la capacité à construire une argumentation et pas seulement à émettre une opinion. Je parle de curiosité intellectuelle et de culture générale. Je parle de tout ce qui permet justement à quelqu’un d’être plus qu’un petit rouage du système économique.

Ce ne sont pas des difficultés de plomberie éducative que nous avons. C’est un problème plus profond, plus diffus, moins mesurable de rapport à la culture, toujours vue chez nous comme quelque chose de non essentiel, réservé à une élite, et non comme un air que tout enfant devrait respirer naturellement.

Et c’est à l’université qu’on s’aperçoit que l’anguille du début s’est métamorphosée en éléphant.

À chaque automne depuis sept ans, j’enseigne, à HEC Montréal, un cours de sociologie à des étudiants qui arrivent tout juste du niveau collégial. J’en ai donc vu plusieurs centaines. Comme nos critères d’admission sont assez exigeants, nos étudiants ont donc eu de bonnes notes jusque-là. Il y a beaucoup de Français parmi eux.

Mon cours les oblige à analyser, oralement et par écrit, des questions d’actualité. Pour aller au-delà du bavardage, ils doivent construire un raisonnement, savoir l’exprimer et avoir un certain bagage de culture générale.

Je suis obligé de constater que, dans mes classes, quand les Français s’expriment, ils ont, en général, une maîtrise de la langue écrite et parlée indiscutablement supérieure à celle des jeunes d’ici. Je ne parle pas ici d’accent pointu, mais d’un vocabulaire plus étendu, qui leur permet de s’exprimer non plus intelligemment, mais plus subtilement. Leur coffre à outils linguistique est mieux garni et davantage maîtrisé.

Quand j’évoque la Révolution américaine ou la Guerre froide, les Français savent généralement de quoi il est question. Les nôtres ont entendu ces expressions, mais ils n’en connaissent habituellement ni le contenu ni la signification.


Quand il est question d’histoire ou de politique, les faits ne sont pas non plus ordonnés chronologiquement, et l’importance des uns par rapport aux autres ne ressort pas. Dans leur tête, tout est mélangé comme dans une poche de linge plutôt que bien classé sur des étagères.

Régulièrement, les Français me citeront aussi des auteurs classiques, comme Jean-Jacques Rousseau ou Adam Smith. Les nôtres, jamais. Nous devons maintenant les obliger à citer au minimum deux livres dans leurs travaux de session. Sinon, ils n’utiliseraient que l’Internet et ne mettraient jamais les pieds à la bibliothèque.

Inutile de me dire qu’il y a des exceptions : il y en a toujours. Je le sais.

Bref, vous aurez beau me mettre sous le nez tous les tests PISA du monde, vous ne me ferez JAMAIS avaler que nos enfants ont une maîtrise de la langue écrite et parlée supérieure à celle des Français, pour ne rien dire de la culture générale. Je parle ici – je l’ai dit plus tôt – de ce niveau de langue et de culture qui permet d’aller au-delà des nécessités de base de la vie. Et je n’aborde même pas le décrochage scolaire.

Je ne blâme personne en particulier, et surtout pas nos enseignants, généralement dévoués et compétents. L’explication est historique : notre société est jeune, nord-américaine, matérialiste et peu confiante. L’école est donc simultanément utilitariste et thérapeutique. Elle veut outiller pour le marché du travail et fabriquer des petits citoyens politiquement corrects.

Il y a deux ans, en Suisse, sur les ondes de TV5, j’ai vu un téléroman québécois sous-titré en français. Le diffuseur a voulu s’assurer que nous serions compris dans le reste de la francophonie.

C’est tout un climat de société, toute une mentalité qui sont ici en cause. Chez nous, la culture classique est vue comme une vieillerie élitiste et dépassée, et la richesse langagière est considérée comme un snobisme prétentieux.

Nos enfants sont peut-être performants en mathématiques,[note du carnet : ce n'est pas nécessairement vrai au-delà des compétences de base, voir le cas de la Finlande ou encore Ce qui est vraiment évalué par PISA en mathématiques. Ce qui ne l’est pas.] mais ils ignorent d’où ils viennent. Ils ne savent pas qu’ils se posent des questions auxquelles d’autres avant eux ont déjà répondu. Leurs idées et leurs sentiments peinent à se frayer un passage à travers les « tsé » et les « genre ».

Réjouissons-nous de nos progrès, mais de grâce, gardons-nous une petite gêne.




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mercredi 15 décembre 2010

Philippe Muray contre l'homo festivus et les mutins de Panurge

Philippe Muray, essayiste et romancier français, est mort trop tôt à 61 ans... Damien Le Guay se propose de lui rendre justice à travers cette chronique qui rappelle son parcours et les thèmes (à contrecourant du politiquement correct) qu’il a développés. Pour donner envie de lire la prose classique et mordante, acide et jubilatoire, de Philippe Muray.

Il est mort au moment même ou il commençait à être célèbre, le 2 mars 2006. Philippe Muray, scrutateur implacable et inclassable des travers de notre époque, est sorti, en 1999 et 2001, de l’anonymat dans lequel la bienpensance l’avait confiné, à l’occasion de la sortie de Après l’histoire I et II. Et, en 2002, les attaques violentes et incertaines de Daniel Lindenberg pour démonétiser tous ceux qu’il rangeait hâtivement sous le terme-étouffoir de « nouveaux réactionnaires », lui donnèrent une évidente consécration médiatique.

Il faut donc lire et relire Philippe Muray dans le prolongement du spectacle que Fabrice Lucchini vient de lui consacrer. « Il a une plume », il a un « coup d’œil » – comme on dit. Une plume effilée, acérée comme la rapière de Cyrano de Bergerac, qui s’en va jusqu’à la jointure de nos bizarreries festives. Un « coup d’œil » pour regarder à la loupe, dans le détail des situations, les inventions parfois hallucinantes du « parti festif » qui cherche à « gaver d’optimisme un monde désespéré » - comme le dénonçait déjà Bernanos.

Style de Philippe Muray

Le style de Philippe Muray est le plus souvent copieux, ardent et drôle. Il aimait créer des néologismes assassins, comme « Artistocrate » pour décrire les artistes qui prêtent serment d'allégeance aux politiciens et aux fonctionnaires et dont l'activité artistique devient une charge, comme il en existait sous l'Ancien Régime, ou encore « rebellocrate » pour ceux qui posent en rebelles tout en étant en réalité proches du pouvoir, « mutin de Panurge »  réservés aux individus dont la rébellion est factice et en accord avec l'air du temps ou le « maton de Panurge » pour les individus qui tentent par tous les moyens de faire taire les voix qui s'opposent au consensus politiquement correct. (Le maton est en argot un gardien de prison).

Écoutez l'émission de Canal Académie sur Philippe Muray (23 minutes) :




Écoutez l'émission Répliques d'Alain Finkielkraut avec Philippe Muray et Philippe Meyer « Le futur ne manque pas d'avenir » (58 minutes) :





Les thèmes chers à Philippe Muray

Quels sont les thèmes mis en lumière par Philippe Muray ?

  • La « fin de l’Histoire », d’une Histoire comme nous y étions habituée,
  • la mise en place d’un « nouvel ordre moral » par la Loi,
  • l’abolition forcenée de la « différence sexuelle » au profit des sexualités d’une incertitude nombreuse,
  • la mise en place d’une « nouvelle police de la pensée », la multiplication des « mutins de Panurge » — ces rebelles de pacotille qui participent du système tout en faisant croire qu’ils le critiquent ?

Nous libérer de nos supposées libérations

Philippe Muray souhaite, à contre-courant d’une modernité toujours plus moderne, nous libérer de nos supposées libérations et déconstruire nos déconstructions. Il souhaite sortir du diktat du politiquement correct, (avec ses orgies d’euphémismes et de mots cache-misères) défini par lui comme le « désir de se venger sur les mots » quand « la réalité échappe de plus en plus. » Car, pour lui, la liberté accouche de nouvelles servitudes. Mais énoncer les thèmes de sa dénonciation ne suffit en rien à rendre compte du plaisir de lire Philippe Muray. Vient de paraître, en un seul volume, ses principales œuvres (Essais, les Belles lettres, 2010).




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mardi 14 décembre 2010

Secondaire II (13 ans) : l'art de la fellation et du cunnilingus

Après le questionnaire sexuel concocté par une enseignante de la Rive-Sud, voilà qu'un document expliquant comment effectuer une fellation ou un cunnilingus a été distribué en classe à des élèves de 13 ans, une initiative qui indigne certains parents et observateurs.

Il y a quelques jours, un père de famille a contacté le Journal pour se plaindre de cette situation. L'homme et sa conjointe ont été bouleversés lorsqu'ils ont lu ce dépliant qui se trouvait dans l'agenda de leur fille de 13 ans.



Une trentaine d'ados de secondaire II auraient reçu ce document portant sur la pratique « sécuritaire » du sexe oral, dans le cadre d'un cours de sciences donné à l'école Mgr-A.-M.-Parent de Saint-Hubert.

Les parents, qui ont demandé à ce que leur anonymat soit conservé pour éviter à leur fille d'être ostracisée, ont été particulièrement outrés par certaines explications « détaillées » figurant dans ce dépliant. On y précise notamment qu'il faut « faire attention aux dents », lorsqu'on pratique une fellation, car « peu de gars aiment sentir les dents sur leur pénis ». Le document énumère aussi certaines expressions vulgaires pour qualifier le sexe oral, en soulignant, par exemple, qu'on peut dire « brouter la touffe », pour parler du cunnilingus.

La Commission scolaire Marie-Victorin défend l'initiative de ce professeur.

L'organisme fait valoir que le document « a été présenté aux élèves dans le cadre d'un cours de sciences pour la prévention du VIH et de l'hépatite ». La porte-parole de la Commission scolaire, Catherine Giroux, ajoute que le dépliant, qui comporte une section traitant des risques associés au sexe oral et des moyens de s'en protéger, provient de CATIE, le Centre canadien de prévention du VIH et de l'hépatite.

Mais l'organisme CATIE ne partage pas du tout le point de vue de la Commission scolaire. « Ce document n'aurait pas dû être distribué à des jeunes de 13 ans dans une classe », tranche Véronique Destrubé, du siège social de CATIE à Toronto, qui se dit « désolée » par cette situation.

« Je suis étonnée qu'il ait été distribué dans une classe, confie-t-elle. Ce n'est pas quelque chose qu'on aurait fait. »

Mme Destrubé ajoute que le dépliant est destiné « plutôt à des jeunes adultes de 18 ou 20 ans ».

La sexologue Julie Pelletier juge également le dépliant inapproprié pour des adolescents de 13 ans.

« J'ai tendance à être d'accord avec les parents, dit-elle. Le matériel est très explicite pour des jeunes de cet âge-là. Je n'aurais pas distribué ça à tout le monde. »




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Alberta — Parents condamnés à la prison et mis à l’amende pour avoir fessé leur fille de 14 ans

Les parents d'une fille de 14 ans ont  été condamnés à dix jours de prison chacun et à une amende de 500 $ le 9 décembre pour avoir utilisé une ceinture alors qu’il tentait de corriger leur fille. Ils avaient été reconnus coupables de voies de fait en juin de cette année, mais la peine avait été reportée à une date ultérieure.

La peine d'emprisonnement a été considérée comme purgée puisque le couple avait passé cinq jours sous les verrous après leur arrestation.

Laurent Zachow, 60 ans, et son épouse Aida Calagui-Zachow, 54 ans, avaient à l’origine été inculpés d'agression à main armée pour la correction qu’ils avaient infligée à leur fille le 15 janvier. Toutefois, le juge Michael Stevens-Guille les a reconnus coupables d’une infraction moindre de coups et blessures, en disant qu'il comprenait les parents qui avaient corrigé leur jeune fille conformément à leurs croyances religieuses, et non simplement sous la colère.

« Quelle que soit votre croyance en une autorité supérieure, habitant au Canada, vous êtes soumis aux lois du Canada telles interprétées par les tribunaux, dans ce cas, la Cour suprême du Canada », a déclaré Stevens-Guille dans la décision. « Qui aime bien châtie bien » (« Épargnez la trique et gâtez l'enfant » dans l’original) n’est plus la maxime qui s’applique quand on corrige des enfants dans ce pays en 2010, a-t-il ajouté.

Selon l’agence de presse QMI, le tribunal a appris que cet incident avait suivi une confrontation entre les parents et la fille, à l’époque en neuvième année, quand celle-ci avait avoué avoir des relations sexuelles avec son petit ami. Elle a alors rejeté la demande de ses parents de rompre cette relation. La jeune fille avait alors défié l'ordre de ses parents et avaient avoué le lendemain avoir revu le garçon après être rentrée tard dans la nuit.

Les parents n'avaient pas accepté cette désobéissance et le père avait emmené sa fille dans sa chambre en la tenant par la nuque où il avait administré une fessée à l'aide d'une ceinture.

Après la fessée, la jeune fille — qui déclaré devant le tribunal qu’elle ne lui avait pas fait mal – a dénoncé ses parents à un responsable d'école qui a appelé la police.

En 2004, la Cour suprême du Canada a interdit la fessée administrée aux enfants de moins de 2 ans et de plus de 12 ans et il criminalisé toute correction à tout âge administrée avec un quelconque instrument tel qu’une cuillère en bois.




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)