mercredi 6 janvier 2010

Le yoga : troisième volet du triptyque spirituel de la Nouvelle École québécoiseMC ?

L'article 36 de la Loi sur l'instruction publique du Québec stipule que
Rôle de l'école.

36.

« [L'école] doit, notamment, faciliter le cheminement spirituel de l'élève afin de favoriser son épanouissement. »
À la lumière de cette mission, quels sont les éléments d'une éducation spirituelle que l'on retrouve dans le matériel pédagogique du programme ECR ? Quels éléments inattendus trouve-t-on dans ces cahiers et manuels ?


1. Premier volet — les spiritualités autochtones

Nous avons déjà vu, par le détail, l'importance démesurée donnée dans le matériel pédagogique ECR (mais pas uniquement) aux Amérindiens et à leurs spiritualités diverses (voir ici, ici et notamment). Le concept est d'ailleurs flou à souhait ; on retrouvera ainsi des récits de la Colombie-Britannique ou de l'Arizona, les écrits de poétesses autochtones des États-Unis. Quel rapport avec le Québec actuel ? Mystère, on ne le dit nul part. Rappelons que, selon le recensement de 2001, il n’y a que 0,01 % de la population québécoise qui se désigne comme adepte d'une des spiritualités autochtones. Cela n'empêche nullement près de 20 % des pages de plusieurs séries de manuels approuvés (Modulo et CEC au primaire) d'être globalement consacrés à ces spiritualités et aux amérindiens.

Quant aux grandes religions organisées, elles ne sont que des formes particulières essentiellement inutiles, quoique pittoresques et folkloriques que l’on retrouve par exemple dans un musée, seule l’éthique planétaire (le Weltethos cher à Hans Küng) semble compter. Cette nouvelle éthique planétaire est représentée par les spiritualités amérindiennes. Tout revient — et tout doit aboutir — à une sorte de panthéisme humaniste, assez pélagien, on ne croit pas au mal ou du moins on le prend tellement peu au sérieux qu’on croit suffisant de le combattre par le « dialogue » et l’établissement égalitaire de règles consensuelles sans aucune mention à une quelconque transcendance.

2. Deuxième volet — l'écologisme et la « prise de conscience »

L'indien est souvent représenté comme un écologiste précurseur, ce qui historiquement est douteux. Il semble servir à introduire les enfants à une noble cause universelle qui peut tous les unir, car on le répètera à satiété aux enfants la pollution ne s'arrête pas aux frontières, il faut que l'humanité entière se mobilise et cherche sa rédemption dans la protection de la Mère Terre. On mentionnera dans le matériel pédagogique les saints du mouvement : pour le Canada David Suzuki, pour le Québec l’inusable Jacques Languirand que Radio-Canada continue de soutenir et, pour les États-Unis, Al Gore. Le rapport du GEIC tient lieu d’Écriture sainte. À ce titre, la découverte du réchauffement climatique a comblé une lacune dans le canon écologiste : cette catastrophe annoncée permet de réintroduire le péché et de condamner ces péchés d’un passé occidental dépourvu de conscience écologique.

Ne croyez pas qu'il s'agira là d'une religiosité éthérée, purement abstraite. Non, elle est bien vivante, on préconisera donc des gestes salvateurs, le frisson de piété qui saisit l’adepte quand il allume ses ampoules à basse consommation, ses chandelles votives modernes. Sa foi n’ignore pas plus les icônes, ces ours polaires faméliques que publie la presse pieuse et parfois les manuels ECR. (Rappelons qu'en réalité la population des ours polaires aurait doublé depuis 40 ans après la mise en place de mesures visant à limiter la chasse de ce grand carnivore.)



La notion de péché tient une place essentielle dans cette nouvelle « éthique planétaire » : gaspiller, ne pas recycler, ne pas trier sélectivement, pour certains faire des enfants, voilà autant d’actes égoïstes qui mettent la planète en danger et qu’il faut donc condamner. Ce qu’on nommait le salut dans les religions antiques qui divisent le monde est devenu le « développement durable », expression floue qui sied à ce nouvel état de grâce. Lors de Journées de la Terre où sont « conviés » par classes entières les enfants captifs des écoles du Monopole de l'Éducation, des animateurs conscientiseront les enfants, entretiendront la flamme grâce à des ateliers et à des histoires, chants et symboles où réapparaissent les traditions autochtones, ces premiers écologistes qui ont tant à nous apprendre.



Dans certains manuels du primaire approuvés, les seules prières sont des prières amérindiennes à la Terre-Mère. Pas de Notre Père avaient « expliqué » les auteurs des manuels Modulo, car il aurait alors fallu mettre des prières des autres religions. Faut-il comprendre que les prières de vagues spiritualités amérindiennes instrumentalisées à des fins écologistes sont acceptables, mais pas celles des religions organisées responsables de tous les maux ?

[On pourrait croire que nous exagérons, mais le philosophe Georges Leroux, témoin gouvernemental en faveur de l'imposition sans exception du programme ECR aux procès de Drummondville et de Loyola, n'avait pas hésité à ressortir ce poncif anticlérical des plus usés dans son expertise (page 26) : « Alors que la période prémoderne se caractérisait par la recherche de l'hégémonie religieuse et par le prosélytisme qui conduisit l'Europe aux guerres les plus meurtrières de son histoire, la période moderne se caractérise par la sécularisation, la tolérance et le respect mutuel dans l'aire occidentale. » On voit bien que M. Georges Leroux est un spécialiste de l'antiquité tardive, de Plotin, car il semble ne pas connaître la grande tolérance des jacobins de la Révolution française dont il se revendique pourtant, des nazis ou des communistes et des massacres qui ont accompagné leurs grands élans de sécularisation. Massacres et guerres bien plus meurtriers que celles de la période prémoderne où la composante religieuse était d'ailleurs souvent absente : quel est donc ce Roi Très-Chrétien français qui s'allie aux infidèles turcs pour prendre à revers le très catholique roi d'Espagne et empereur du Saint Empire romain germanique ?]

3. Troisième volet — la méditation et le yoga

Troisième aspect peu traditionnel sur lequel insistent certains manuels et cahiers : la méditation areligieuse et le yoga.

C'est ainsi que le manuel d'ECR Autour de nous des Éditions CEC pour la IVe année (2e année du 2e cycle du primaire) se penche sur les formes de méditations et plus particulièrement du yoga.

Un des chapitres présente les différentes formes de prière et de méditation. Sur les 8 pages que compte le chapitre, 5 pages sont consacrées au yoga et à l'hindouisme. On y décrit le yoga comme une discipline religieuse dans l'hindouisme qui permet l'union et l'harmonie du corps et de l'esprit. « Comme beaucoup de gens souhaitent trouver cette harmonie, le yoga attire de nombreux adeptes, de religions diverses ou n'ayant aucune appartenance religieuse. »

Quelle merveilleuse activité laïque et rassembleuse pour un meilleur vivre ensemble qui ne nie pas la spiritualité. Car, après tout, l'école québécoise doit « faciliter le cheminement spirituel de l'élève » tout en restant neutre et en créant une véritable « culture commune ».

La prière chrétienne a droit à une demi-page.

Enfin, le chapitre se termine par la petite Laurie qui s'exclame : « Moi, j'aime pratiquer le yoga. »

Autour de nous, Manuel B, IVe primaire, p. 76


Autour de nous, Manuel B, IVe primaire, p. 77


Autour de nous, Manuel B, IVe primaire, p. 78


Autour de nous, Manuel B, IVe primaire, p. 79


Autour de nous, Manuel B, IVe primaire, p. 80


Autour de nous, Manuel B, IVe primaire, p. 81


Autour de nous, Manuel B, IVe primaire, p. 82


Autour de nous, Manuel B, IVe primaire, p. 83

(images du site http://www.dangeryoga.com/)



Mettre en œuvre le yoga dans les écoles québécoises pour aider les enfants

L'école laboratoire

L'ex-ministre Jacques Brassard revient sur l'imposition du cours ECR :
Je ne peux m’empêcher de commenter de nouveau le cours Éthique et Culture religieuse, imposé à toutes les écoles du Québec (publiques et privées). J’y reviens parce que les pouvoirs publics, la bureaucratie et les intellos progressistes font preuve d’un mépris offensant et d’une arrogance prétentieuse à l’endroit des parents qui résistent à la transformation de l’école québécoise en un laboratoire de détraquement identitaire et de lessivage multiculturel. « Onze années, écrit Charles-Philippe Courtois, de conditionnement idéologique aux enfants québécois ».

Tous ces parents qui se lèvent à travers le Québec sont indignés parce qu’on leur a enlevé un droit fondamental, pourtant inscrit dans la charte des droits, celui d’avoir le choix, pour leurs enfants, au sein de l’école, entre un enseignement religieux et un enseignement moral. La classe politique et la technocratie de l’éléphantesque ministère de l’éducation ne cessaient pourtant de leur garantir le caractère inaltérable des droits enchâssés dans les chartes. Mais un beau jour de 2005, tout d’un coup, en catimini, le Parlement a effacé le droit au libre choix en matière de religion. Volatilisé! On comprend l’irritation et la colère des parents d’avoir été ainsi dupés et mystifiés. On le serait à moins!

Quatre-vingts pour cent des parents souhaitaient le maintien du libre choix. Et ils choisissaient très majoritairement pour leurs enfants l’enseignement religieux chrétien. Vous connaissez l’argument pour discréditer ce choix massif : la majorité ne pratiquait pas ! Et alors ? Si, même en ne fréquentant pas l’église, les parents optaient malgré tout pour l’enseignement catholique, c’était sans doute qu’ils avaient la conviction (où l’intuition) que l’héritage judéo-chrétien constituaient à leurs yeux une dimension majeure de notre identité nationale et qu’il était impérieux d’en assurer la passation à leur progéniture. Où est le scandale ? Qu’y a-t-il de rétrograde et d’anachronique de vouloir que l’école serve de relais à la transmission, aux jeunes générations, du patrimoine culturel et éthico-religieux de la nation ? C’est ce que font tous les peuples de la terre qui veulent que se perpétue leur identité à travers les âges.

Ce cours obligatoire d’éthique et de culture religieuse est une espèce de fricassée multireligieuse (six religions entrent dans la recette) que l’on fait ingurgiter à des enfants dans le but manifeste de relativiser l’héritage judéo-chrétien de la nation québécoise. En fait, officiellement, les objectifs du cours, selon ses concepteurs, consistent à promouvoir le dialogue inter-culturel et la tolérance, ce que les intellos technocrates appellent le « vivre-ensemble ». Mais ce qu’il y a derrière ces objectifs honorables, c’est la conviction que, pour établir le dialogue avec d’autres communautés (encouragées, elles, à conserver leurs identités), il faut amoindrir, dévaluer et rabougrir la substance identitaire du peuple québécois. C’est comme si, pour être tolérant à l’égard d’un autre différent de soi, il fallait à tout prix anéantir sa personnalité. Et c’est comme si, également, la tolérance et le respect d’autrui ne faisaient pas partie du patrimoine des valeurs judéo-chrétiennes.

J’illustre mon propos. La « spiritualité autochtone » est une des six religions du cours. Selon le recensement de 2001, il n’y a que 0,01 % de la population québécoise qui la pratiquent. Et pourtant, 20 % des pages des manuels approuvés sont consacrés à cette « spiritualité ». On se demande bien pourquoi. Extrait du manuel : Pilip, le Micmac, fait sa prière et remercie la Terre, notre Mère, et aussi l’Esprit des Plantes et des Animaux. Et voilà l’exercice recommandé : que pourrais-tu faire pour prendre soin de la Terre? Manifestement, il y a là un effort, sans commune mesure avec l’importance du nombre de pratiquants de la « spiritualité » indienne, pour imposer l'écologisme comme nouvelle religion universelle. Pour les technocrates et les intellos qui ont concocté ce cours, il semble évident, considérant que les diverses religions divisent le monde et entravent le « vivre-ensemble », qu’il faille les remplacer toutes par une nouvelle religion planétaire selon laquelle la Terre Mère, martyrisée par les méchants humains, doit être sauvée par un étatisme, éclairé certes, mais contraignant et punitif.

Je vous le dis, quand je constate que le multiculturalisme, une idéologie qui prône le maintien de la pluralité d’identités dans la société, imprègne tout le système scolaire; et quand je vois le précieux dépôt des valeurs judéo-chrétiennes (patrimoine fondamental de la civilisation occidentale) être réduit à la portion congrue dans nos école par le biais d'un cours bric-à-brac de culture religieuse; et quand je mesure l’ignorance insondable de notre histoire chez les jeunes québécois; et quand je prend acte que la défense de notre langue nationale est de plus en plus molasse, je ne peux m’empêcher de penser qu’en se coupant de ses racines et de son patrimoine identitaire, le peuple québécois est un peuple en perdition.







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ECR — Le débat ne fait que commencer

Pour Éric Lanthier, ancien membre du Conseil supérieur de l’éducation, le débat autour de l'imposition du programme gouvernemental d'ECR à tous les enfants du Québec ne fait que commencer.

Extrait :
Madame Hassaoui, chargée de cours et doctorante en sociologie à l’Université du Québec (2) mentionnait dans son billet que le débat entourant la valeur du cours d’ÉCR est, selon ses dires : « à la fois triste et risible (1) ». Sans mâcher ses mots, elle croit, à tort, que les gens qui s’opposent au cours d’Éthique et culture religieuse sont systématiquement des opposants à l’enseignement des diverses religions.

Analyse peu crédible

Cette spécialiste des questions nationales et des communautés ethniques (3) considère que le rejet d’ÉCR provient d’un manque de volonté de dialoguer avec les Québécois issus des autres religions (1). Elle ajoute ceci :
« Le vrai problème est l’acceptation, que dis-je, la reconnaissance minimale de ceux qu’on nommait jadis les «étranges». Un problème d’ouverture qui n’est pas l’apanage des conservateurs, faut-il ajouter. Même chez les «laïcs», la volonté catégorique de réduire le fait religieux à la stricte vie privée, au nom de l’égalité des femmes et des hommes ou des acquis de la Révolution tranquille, sert encore à faire taire et à disqualifier surtout les musulmanes et les juives. »
Cette enseignante universitaire (2) semble tout mettre dans le même panier. Or, elle n’est pas consciente que plusieurs conservateurs sont impliqués dans l’aide aux nouveaux arrivants et dans leur adhésion dans leur communauté. De plus, le fait de reléguer le fait religieux à la stricte vie privée nuit énormément aux Catholiques, aux Protestants et aux Grecs Orthodoxes et non seulement aux Juifs et aux Islamiques. En fait, cela ne favorise que les religieux athées pratiquants.

Suite ici.






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Une bien mauvaise solution

Lettre ouverte publiée dans Le Quotidien du Saguenay aujourd'hui :
Récemment, la chercheuse Joëlle Quérin rendait publiques les conclusions de son étude sur le cours d'éthique et culture religieuse (ECR). Elle disait que c'était un cours d'endoctrinement plutôt que de transmission de connaissances, que c'était pareil au multiculturalisme de Pierre Elliott Trudeau, mais que les concepteurs de ce cours utilisaient le mot « pluralisme » pour que ça passe mieux.

Elle croit que dans sa forme actuelle, le cours ECR devrait être aboli. Bien entendu, les concepteurs du cours ne l'ont pas trouvé drôle et quelques jours plus tard ils répliquaient. Voulant la discréditer, ils disaient qu'elle était une doctorante donc en voie d'obtenir un doctorat en sociologie.

Attaque

Au lieu de vérifier sa méthodologie, ils attaquent la personne. Ceux qui veulent former les jeunes du primaire et du secondaire au pluralisme (voire multiculturalisme) au dialogue et au mieux vivre ensemble traitent avec condescendance ceux qui ne pensent pas comme eux. J'aimerais leur rappeler qu'un sociologue nommé Gary Caldwell, avec tous ses diplômes et professeur émérite de l'Université Bishop's de Sherbrooke, en arrivait récemment à des conclusions similaires à celles de Mme Quérin.

Affirmation

Il a dit : « Je trouve le cours très mal avisé, c'est la création de l'imagination des gens qui veulent que l'amélioration de la société québécoise passe par l'État à l'école et c'est une erreur, et il va y avoir des effets pervers assez marqués. »

Il ajoute : « On considère aberrant que l'État se serve de l'école pour des fins qui sont propres à lui. »

Réformer la société en passant par l'école est une méthode employée par les régimes totalitaires, nous n'avons pas besoin de cela ici au Québec.

Il semble que les concepteurs du cours veulent nous faire croire que la société québécoise actuelle est hostile aux immigrants et qu'il faut la rééduquer en commençant au primaire.

Problème inexistant

Je crois que le cours ECR est une mauvaise solution à un problème qui n'existe pas, après tout, quand voyons-nous un article de journal parler d'immigrants qui auraient été maltraités ici au Québec. Les immigrants sont bienvenus et bien traités au Québec, nul besoin de réformer la société québécoise par ce cours insidieux appelé ECR.

Jacques-André Fortin
Dolbeau-Mistassini






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mardi 5 janvier 2010

Réactions du milieu multiculturel dans les colonnes du Devoir

Le Devoir a publié deux lettres d'opinion assez médiocres et unanimement en faveur du cours d'éthique et de culture religieuse et contre les jeunes chercheurs « nationalistes » qui s'opposent à ce programme obligatoire dans lequel ils voient un cours d'Accommodements multiculturels 101.

Le premier article est le fait de Mariam Hassaoui, chargée de cours et doctorante en sociologie (une « étudiante » comme diraient avec un certain mépris les détracteurs de Joëlle Quérin). Un texte peu nuancé qui fait l'éloge du cours ECR et qui agite le spectre de la démographie déficiente des Québécois et de la présence de plus en plus importante d'immigrants pour imposer le dialogue multiculturel et changer le Québec. Voilà qui va rassurer les gens.

Le second article est d'une dame du département de sociologie de l’Université Laval qui signe une réplique au « Devoir de philosophie » de Mathieu Bock-Côté.

Les commentaires dans les deux cas sont assez intéressants : les lecteurs du Devoir ne sont pas tous dupes et notent bien la superficialité et la nature personnelle des « réfutations » publiées par Le Devoir.

À lire aussi le billet de Carl Bergeron sur le deuxième article :
[...]

Il faut lire ce texte froidement. On n’en sera que plus à même de constater qu’il ne discute rien sur le fond et n’argumente pas : il se contente bien au contraire, avec un fiel sans esprit, d’attaquer la réputation et la légitimité de l’adversaire. Si nous avons là un exemple du fameux “dialogue” que les multiculturalistes veulent imposer à la société, et singulièrement à travers l’éducation des enfants, nous voilà prévenus.

[...]

Elle écrit “Rien”, comme si cela devait suffire, et comme si le débat lancé — de façon fort civilisée et intelligente d’ailleurs — par Bock-Côté ne résidait pas, précisément, dans la falsification de la tradition libérale par les multiculturalistes.

Bock-Côté, dit-elle, se positionne du côté des nostalgiques d’un État inféodé à l’Église catholique, quand il reproche notamment au ministère de l’Éducation d’avoir «fait parvenir aux écoles un nouveau calendrier interculturel où Noël était noyé parmi une série d’autres fêtes religieuses».

Voilà un raisonnement spectaculaire. Et c’est la même universitaire qui se permet d’inviter son adversaire à reprendre des cours de baccalauréat (donnés par elle, sans doute, puisqu’il s’agit de “penser comme il faut”).

[...]

[S]elon la dame, rejeter l’idéologie multiculturaliste de l’idéocratie serait être “réactionnaire” et vouloir l’inféodation de l’État à l’Église… Et moi qui croyais que c’était déjà le cas, avec l’inféodation de l’État québécois à la nouvelle Église multiculturaliste ! Mais peut-être y a-t-il eu confusion. Je dois admettre que je n’ai jamais suivi de cours de baccalauréat en sociologie ; peut-être, pour cette raison, la logique profonde de ce raisonnement m’échappe-t-elle. Pour ma part, je n’y vois qu’une tentative de diaboliser l’adversaire et de l’exclure de l’espace public.

On ne peut aussi s’empêcher de noter l’appel à l’expulsion institutionnelle en fin de texte :
En voulant se positionner comme seul défenseur du peuple et en mettant tous les intellectuels dans le même panier, Bock-Côté fait montre d’une prétention pour le moins risible, en tout cas inquiétante, discréditant notamment l’établissement au sein duquel il étudie en ce moment et qui lui décernera — probablement — son diplôme.
Ah ! qu’il est bon de vivre dans un régime de terreur idéologique ! Nous voilà donc, de nouveau, face au désormais classique “signal” de stigmatisation et d’expulsion. On s’en doute, cette honorable dame de la nomenklatura est moins préoccupée par la réputation de l’institution que par l’accession à la carrière.






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France — Discrimination positive dans les grandes écoles

Les grandes écoles françaises sont des établissements publics d’enseignement supérieur qui recrutent leurs élèves par concours (le bac ne suffit pas) et assurent des formations de haut niveau. On les décrit parfois comme des universités d'élite. Les candidats passent généralement deux ans dans des classes préparatoires pour la plupart publiques qui sélectionnent sur dossier et recommandations après le baccalauréat, avant de présenter aux concours écrits et oraux des grandes écoles.

Le gouvernement Sarkozy veut imposer que 30 % des places dans ces grandes écoles soient réservées à des boursiers sans qu'ils ne doivent réussir les concours obligatoires. La Conférence des grandes écoles désapprouve ce quota de 30 %, car il pourrait entraîner une baisse de niveau. Yazid Sabeg (à gauche), Commissaire à la Diversité et à l’Égalité des chances, s’est élevé contre ce refus et rappelle que « l’ouverture sociale » est une des priorités de la politique éducative.




Le chroniqueur Éric Zemmour commente le dossier, Zemmour est fils d'un ambulancier et d'une femme au foyer sépharades






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jeudi 31 décembre 2009

Union politique pour l'endoctrinement

Lettre ouverte publiée dans Le Soleil du 31 décembre 2008 :
Depuis quelque temps, les médias prennent le relais de ces milliers de parents québécois qui dénoncent depuis un an l'imposition d'un cours de religion (Ethique et culture religieuse) façonné par l'État. Pour tous ces hommes et femmes qui ont courageusement défendu leurs convictions et leur droit à la liberté de conscience, c'est un énorme soulagement.

On leur donne ainsi raison d'avoir marché dans les rues de Québec, de Montréal et de Drummondville pour exprimer leur mécontentement. Ce qui a réveillé les médias, c'est l'étude de Mme Joëlle Quérin dans laquelle il est démontré que le cours Éthique et culture religieuse est bel et bien un cours d'endoctrinement multiculturaliste. Cependant, la bataille est loin d'être gagnée.

D'abord, la ministre de l'Éducation Mme Michelle Courchesne nous apprenait lors d'une entrevue que la chef de l'opposition, Mme Pauline Marois, appuyait aussi le cours ECR et ses objectifs. Voilà une belle preuve de collusion politique entre les deux principaux partis, contre la volonté des parents et citoyens du Québec.

Pourtant, Pierre Curzi, critique de l'opposition en matière d'éducation pour le PQ, soutenait l'idée de l'abolition pure et simple de ce cours. Toutefois, Mme Marois est revenue à la charge pour contredire son député et demander plutôt quelques réajustements aux contenus du cours ECR. Y aurait-il des désaccords au sein du Parti québécois dans cette affaire ? Une chose est certaine : Mme Marois et Mme Courchesne sont plus que jamais unies dans ce projet d'imposition d'un cours de religion d'État à tous les enfants québécois.

À travers la vague médiatique qu'a suscitée l'étude de Mme Quérin, il y a une question de première importance qui a été ignorée : celle du droit des parents dans les requêtes visant à faire exempter leurs enfants du cours ECR. N'oublions pas que ce cours est le fruit d'une multitude de modifications d'articles de loi de la Charte canadienne (ART 93) et québécoise (ART 41) depuis 1997. Ces modifications font en sorte que le gouvernement du Québec détient tous les pouvoirs légaux en matière d'imposition de contenu religieux à l'école.

En 2002, l'Assemblée nationale votait à l'unanimité l'ajout de l'Article 36 de la Loi sur l'instruction publique, lequel décrète que : « [L'école] doit, notamment, faciliter le cheminement spirituel de l'élève afin de favoriser son épanouissement. » Que vient faire cet article de loi dans des structures scolaires supposément linguistiques. L'étude de Mme Quérin montre bien l'intention doctrinaire multiculturelle du gouvernement. Souhaitons une autre étude qui montrerait à quel point les citoyens et parents du Québec ont subi un net recul dans leurs droits de l'exercice de l'autorité parentale.

Réal Gaudreault,
Action conservatrice traditionnelle (ACT)
Saguenay





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lundi 28 décembre 2009

Instruire, pas modeler les valeurs

Petit billet intéressant de Brigitte Bédard sur la mission de l'école :
Aujourd'hui, à quelques jours de Noël, il était surprenant et réconfortant d'entendre sur les lignes ouvertes à la radio, les raisons pour lesquelles certaines personnes disent vouloir donner aux plus pauvres à Noël. La raison qui revenait le plus souvent était la suivante : « C'est important pour moi de transmettre les valeurs que mes parents m'ont données ». Pourquoi est-ce que je trouve ça réconfortant d'entendre des hommes et des femmes nous dire ça ? Eh bien, tout simplement parce que ça prouve que les valeurs sont des choses qui se transmettent dans la famille, de parents aux enfants et ainsi de suite.

Pas une fois je n'ai entendu dire « C'est important de transmettre les valeurs que j'ai reçues à l'école ». L'école, comme nous nous tuons à la dire depuis trois ans — depuis l'avènement du cours ECR — l'école, c'est le lieu de la transmission du savoir et de l'instruction. La maison, c'est le lieu de transmission des valeurs morales, de la foi et de tout le reste. Actuellement, c'est le contraire qui se passe... ou qu'on tente de nous faire passer. Quand je reçois des petits mots de l'école, c'est 9 fois sur 10 pour dire comment faire un lunch écolo, comment se laver les mains, comment se brosser les dents, comment s'habiller en hiver, comment « vivre ensemble »... J'aimerais qu'on nous laisse tranquilles et qu'on donne des devoirs d'anglais à mes enfants, des cours d'Histoire, de géographie et de musique. Le reste, je m'en charge.
Source






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vendredi 25 décembre 2009

Google célèbre... euh... quoi au fait ?






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Joyeux Noël ou Joyeux décembre, monsieur Orwell ?

Mathieu Bock-Côté profite des dernières curio­sités en prove­nance du Plateau-­Mont-­Royal pour revenir sur la vo­lonté de « javel­li­sation » identitaire que le parti multi­cul­turel veut imposer au Québec.
Georges Orwell (1903-1950) est passé à l’histoire comme un analyste parti­cu­liè­rement per­spicace de la menta­lité tota­li­taire. Son grand roman d’anti­ci­pation, 1984, est devenu un clas­sique de la litté­rature poli­tique. Il aura été parmi les premiers à décrypter la méca­nique idéo­lo­gique de la censure propre à une certaine variété de progres­sisme qui déréa­lise les sociétés en les idéologisant radicalement. Surtout, il nous aura appris à reconnaître la corruption idéologique du langage politique lorsqu’il ne cherche plus à nommer la réalité mais à la voiler, ce qui est une constante dans l’histoire des utopies malfaisantes, qu’il s’agisse du marxisme ou du multiculturalisme qui en a hérité. Ce n’est pas sans raison que les défenseurs de la démocratie libérale se sont tournés vers lui à partir des années 1980 lorsqu’elle fut mise en procès par l’idéologie multiculturaliste. Car tout comme le socialisme, le multiculturalisme s’impose par une forme particulière de terreur idéologique, la rectitude politique, dont Orwell aura probablement été le premier théoricien.

Et la rectitude politique étend sans cesse son empire dans nos sociétés soumises au multiculturalisme d’État. La chose est particulièrement visible dans la controverse qui entoure désormais à chaque année les fêtes de Noël. Le terme vient des États-Unis, on parle de la War on Christmas. À chaque année, Noël devient pour un mois le principal objet de la guerre culturelle qui divise la majorité silencieuse et l’intelligentsia multiculturaliste. Cette « guerre de Noël » qui traverse désormais toutes les sociétés occidentales s’est imposée au Québec depuis quelques années. En décembre, la querelle s’ouvre fatalement : doit-on souhaiter Joyeux Noël ou Joyeuses Fêtes ? Les hommes politiques sont prévenus et la plupart d’entre eux n’utilisent plus la première formule, apparemment discriminatoire, pour se tourner vers la seconde, plus « ouverte sur le monde ». On apprenait même ces derniers jours qu’une étape de plus avait été franchie dans la rectitude politique : nous en sommes rendus sur le Plateau Mont-Royal à se souhaiter Joyeux décembre !

Il n’est pas nécessaire d’accumuler les exemples pour entrer dans le cœur de notre controverse dont on connait l’enjeu : c’est la querelle du multiculturalisme qui cherche à neutraliser l’héritage fondateur des sociétés occidentales et qui mène une guerre perpétuelle contre leur identité nationale. Au nom de la diversité à respecter, il faudrait vider les institutions publiques de l’expérience historique de la majorité. Le statut particulier de Noël dans le calendrier serait symptomatique d’une discrimination généralisée contre les populations immigrantes. Et l’État québécois joue un rôle central dans cette déconstruction, comme on l’a vu cette année avec le Ministère de l’éducation qui a fait parvenir aux écoles un nouveau « calendrier interculturel » où Noël était noyé parmi une série d’autres fêtes religieuses. D’ailleurs, dans certaines écoles, la chose est connue, il n’est plus permis de faire des chants de Noël et le sapin de Noël n’est plus qu’un sapin des fêtes ou un arbre des festivités. On sait maintenant que le cours ECR vise à radicaliser cette vision des choses en construisant une nouvelle société québécoise reconnaissant dans l’occultation de son héritage fondateur le signe d’un progrès dans la poursuite du pluralisme. Les entreprises ne se gênent pas non plus pour faire du zèle et on ne compte plus les confessions des scribes qui ne sont plus autorisés, dans les cartes de souhait, à mentionner ni Noël, ni les symboles qui y étaient traditionnellement associés.

À travers la lutte contre les derniers signes du christianisme, ce qu’on conteste, c’est l’identité québécoise et son enracinement dans la civilisation occidentale. Le multiculturalisme soutient ainsi que le Québec n’est pas une histoire mais une page blanche et que toutes les traditions culturelles devraient disposer du même traitement dans l’espace public. Mais nous le savons, au Québec comme ailleurs, cette entreprise de javellisation identitaire est très mal perçue et génère un malaise profond qui a souvent l’allure d’un sentiment de dépossession. Mais justement, ce malaise, on ne peut plus le nommer, en bonne partie parce que le multiculturalisme s’accompagne de la rectitude politique. Contrairement à ce qu’on croit, la rectitude politique va beaucoup plus loin que la langue de bois. Il s’agit plutôt du système de censure idéologique propre au multiculturalisme qui criminalise sa contestation en l’assimilant à une pathologie identitaire.

La rectitude politique est là pour rendre radicalement impensable la critique du multiculturalisme d’État. On ne parlera plus de défense de l’identité nationale mais de « dérive réactionnaire », de « crispation identitaire », de « frilosité culturelle » ou même de « xénophobie » et de « racisme ». La rectitude politique ne cherche pas à convaincre les dissidents mais à les soigner, pour les guérir de leur pathologie morale qui les empêche de contempler les splendeurs du monde nouveau. Elle cherche aussi à les diaboliser en les présentant comme des ennemis de l’émancipation humaine, dans des séances de lynchage médiatique ou académique qui reviennent en boucle et qui entretiennent le mythe d’une société se déprenant d’un passé détestable dont on devrait déconstruire tous les héritages. L’histoire sera aussi mobilisée dans une légende noire vidée de tout caractère édifiant et reprogrammée dans une matrice victimaire visant à culpabiliser la majorité et à dissuader ceux qui souhaiteraient en ressaisir l’héritage. Orwell avait d’ailleurs reconnu dans la transformation du dissident en ennemi public un dispositif fondamental dans le mécanisme de la terreur idéologique.

La rectitude politique prend ainsi la forme d’une inversion du langage, qui ne doit plus nommer les choses, mais les masquer ou les déformer. Orwell l’avait deviné : « La Révolution ne sera complète que le jour où le langage sera parfait ». La révolution multiculturaliste sera achevée quand il ne sera plus même possible de l’évoquer autrement qu’en adhérant à son dogme. Et il reste toujours beaucoup de chemin à faire pour s’éloigner définitivement du vieux monde. On connait les grands slogans de Big Brother dans 1984.   La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force ». La rectitude politique brouille ainsi l’espace public et le multiculturalisme avance sans se nommer en se réclamant du dialogue justement pour faire taire ceux qui le contestent. Certes, l’inversion du langage politique est aujourd’hui plus subtile. Elle n’en est pas moins perverse. Ainsi, on nous dira que la « culture publique commune », c’est le multiculturalisme et que « l’intégration des nouveaux arrivants », c’est justement de leur concéder systématiquement des accommodements. On dira que la création d’une véritable « culture commune » ou d’un authentique « vivre-ensemble » implique non pas l’intégration des immigrants à la société d’accueil mais bien l’intégration de la majorité d’accueil à une identité forgée dans la seule matrice de la Charte des droits. C’est un même raisonnement qu’on a constaté dans la définition de la « laïcité ouverte » qui ne consiste pas seulement à reléguer dans l’arrière-fond de l’espace public l’héritage religieux de la société d’accueil mais bien à déconstruire cet arrière-fond. Appliquons ce raisonnement à notre problème : c’est en évacuant Noël de l’espace public qu’on pourra le mieux y intégrer les nouveaux arrivants dans la mesure où les signes religieux majoritaires ne feront plus obstacle à leur désir de participer au vivre-ensemble.

Mais voilà, même si ce sentiment de dépossession est censuré, et même si on distille de manière technocratique un sentiment de culpabilité qui sert de dispositif inhibiteur pour contenir son expression publique, il s’enracine dans une réalité profonde qu’Orwell nommait la common decency, qui est certainement l’autre grand volet de la pensée d’Orwell. Il y a dans la majorité silencieuse une résistance naturelle à l’idéologie qui s’incarne dans la défense des repères culturels et identitaires qui balisent la société. Orwell disait ainsi, en parlant des « Anglais ordinaires », que leur liberté s’incarnait dans « le pub, le match de football, le jardinet derrière la maison, le coin de la cheminée et une charmante tasse de thé ». On pourrait dire la même chose du mode de vie des Québécois et on comprend surtout que l’attachement à Noël et l’indignation que provoque la volonté de le relativiser ou de l’occulter n’a rien à voir avec une forme de discrimination religieuse mais correspond plutôt à la défense de l’épaisseur historique de leur pays. Les « Québécois ordinaires » défendent plus qu’une fête à laquelle ils sont habitués : ils défendent leur droit d’habiter leur pays de manière décomplexée où leur identité s’imposera naturellement, même à ceux qui ont librement décidés de bénéficier de leur hospitalité. Une hospitalité bien d’accord pour s’ouvrir à de nouveaux apports, pourvu qu’on respecte ses lois, qui sont tout autant juridiques que culturelles.

Cet attachement à un monde porteur de traditions, Orwell remarquait qu’il n’était pas souvent le fait de l’intelligentsia, dont il a proposé une psychologie très fine. On le sait, les intellectuels envisagent normalement avec un certain dégoût le fait de vivre dans un monde qu’ils n’ont pas d’abord refondé. Orwell en rendait compte avec humour. « C’est un fait étrange mais incontestablement vrai que n’importe quel intellectuel anglais ressentirait plus de honte à écouter l’hymne national au garde-à-vous qu’à piller dans le tronc d’une église ». Il n’y a pas de sentiment plus incompréhensible pour l’intelligentsia que l’adhésion à un héritage culturel particulier, à un mode de vie, et la volonté de le préserver. D’ailleurs, ceux qui déconstruisent toutes les certitudes historiques et culturelles en conservent normalement au moins une : celle de leur propre supériorité sur le commun des mortels.

Alors on peut reprendre la question d’abord posée : que dirait Orwell de l’évacuation de Noël de l’espace public ? Lui qui se portait spontanément à la défense des milieux populaires rappellerait probablement que la question du multiculturalisme recoupe une nouvelle lutte des classes. Alors que l’espace public est gardé par un parti multiculturaliste qui traduit le malaise populaire dans le langage de l’intolérance, les classes populaires cherchent de bien des manières à exprimer leur dissidence. Mais cette opposition, comme l’a noté Jean-Claude Michéa, est souvent neutralisée par ceux qui croient possible d’exprimer leur critique à l’intérieur même du système idéologique dominant, dans une opposition feutrée et rusée, sans voir que leur dissidence est souvent instrumentalisée pour créer l’illusion d’un débat et tenir éloignés ceux qui contestent dans ses fondements même le multiculturalisme d’État.

Mais Orwell laissait entendre que le désespoir n’était pas à l’ordre du jour pour celui qui se reposerait sur les « prolétaires », on dirait aujourd’hui, sur la majorité silencieuse. Si le multiculturalisme parvient à s’imposer, ce n’est pas par ses vertus propres, mais parce qu’il repose sur une forme particulière de terreur idéologique et d’intimidation médiatique. C’est cette terreur qu’il faudra braver en transgressant ses interdits et en réintroduisant dans l’espace public la culture censurée par le multiculturalisme d’État. Le langage politique devra s’irriguer d’une identité qui ne veut pas disparaître. Il y a infiniment plus de vérité dans le bon sens de la majorité silencieuse que dans les passions idéologiques de l’intelligentsia. Ceux qui voudront parler à ces nouveaux « prolétaires » que sont les dépossédés de la parole publique devront rompre avec la rectitude politique et assumer pleinement l’expérience historique de leur société en refusant la censure qui pèse sur elle. Ils devront nommer le pays historique qui est masqué par les utopies malfaisantes et assumer les héritages particuliers qui l’irriguent et sans lesquels le monde commun ne sera jamais plus qu’une fiction technocratique. Et ce 25 décembre, ils pourraient commencer à souhaiter au peuple de ce pays, non pas de joyeuses fêtes et encore moins un joyeux mois de décembre mais simplement Joyeux Noël.






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