mercredi 21 novembre 2007

La coalition Stoppons la réforme réclame un moratoire

La coalition Stoppons la réforme appelle la ministre de l'Education, Michelle Courchesne, à décréter un moratoire sur la réforme de l'éducation afin d'apporter des correctifs jugés urgents et nécessaires à l'apprentissage des élèves québécois.

Cette coalition, qui dit regrouper 7 000 personnes, réclame aussi l'appui de tous les partis politiques du Québec dans cette démarche afin trouver des solutions au déficit croissant du niveau de connaissances des élèves.

« Le constat est cruel. Les élèves de la réforme qui ont été promus au secondaire n'ont pas les connaissances requises, dans de nombreuses disciplines. Nous devons toutes et tous mettre l'épaule à la roue et trouver rapidement des solutions pour endiguer ce problème qui ne pourra aller qu'en s'aggravant. Nous, les enseignantes et enseignants affiliés à la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), allons proposer prochainement des pistes visant à corriger cette réforme. Il faut sans plus tarder remettre l'école sur ses rails. Les partenaires de la Coalition feront de même. Nous souhaitons donc que tous les partis politiques prennent le parti de l'éducation et de l'instruction en donnant leur aval à un moratoire pour prendre le temps de corriger la situation, » d'affirmer Pierre St-Germain, président de la FAE.

Le moratoire que réclame la Coalition porte sur les points suivants :
  • — l'implantation des nouveaux programmes de la réforme en 4e et 5e secondaires ainsi qu'à l'éducation des adultes;
  • — le développement de nouveaux manuels ou de matériel pédagogique en lien avec l'actuelle réforme;
  • — l'offre de perfectionnement principalement centrée sur l'approche socioconstructiviste afin de l'axer sur les méthodes d'enseignement et les connaissances à enseigner;
  • — les programmes universitaires de formation des maîtres.
« Il faut, même dès aujourd'hui, décréter le moratoire sur les programmes universitaires de formation en éducation. Aux dires de nombreux enseignants eux-mêmes, il est urgent de procéder à une révision en profondeur des programmes universitaires en formation des maîtres qui accordent trop peu de place aux savoirs disciplinaires. Le "modèle unique" de formation à l'enseignement, centré sur 12 compétences attendues et imposées par le MELS à toutes les universités québécoises, révèle des lacunes évidentes : il fait partie des problèmes que nous connaissons actuellement. Comment peut-on espérer former des enseignants "cultivés" et "qualifiés" en se contentant de les préparer à devenir de simples "accompagnateurs" d'élèves qui "construisent" eux-mêmes leurs connaissances ? En termes clairs, il est essentiel de revenir à un meilleur équilibre entre les connaissances de base et les savoirs techniques. Faut-il rappeler que pour enseigner une matière, quelle qu'elle soit, il faut bien la connaître, » de poursuivre M. Gérald Boutin, professeur à l'UQAM au département d'éducation et de formation spécialisées et, jusqu'à tout récemment, directeur de la formation pratique à cette même institution.

Le nouveau bulletin (le 5e en 7 ans), avec ses notes en pourcentages, ses moyennes de groupe, de même que la réintroduction de l'échec et du redoublement n'ont pas réglé les problèmes fondamentaux de la réforme de l'éducation. En 1996, la Commission des États généraux sur l'éducation a recommandé de mettre l'accent sur les matières de base au primaire et au secondaire et de viser l'égalité des chances pour tous les élèves. « On se rend compte aujourd'hui que le fait d'augmenter le temps alloué au français ou à l'histoire n'a pas donné les résultats escomptés. En plaçant en priorité le développement des compétences au détriment de l'acquisition des connaissances, toutes ces heures supplémentaires n'ont pas servi à l'enseignement des règles de base et à la maîtrise du contenu disciplinaire. Comme parent, je souhaite que l'on place en priorité l'enseignement de la matière et son évaluation et, par la suite, que l'on vérifie si les élèves peuvent l'appliquer en élaborant des projets, » de constater Mme Sonia Saumier, parent de quatre enfants et porte-parole de la première heure de la Coalition.

M. Robert Comeau, professeur associé au département d'histoire de l'UQAM et directeur de la revue Bulletin d'histoire politique, s'inquiète également de cette approche par compétences qui affecte toutes les disciplines. « Le programme d'histoire et d'éducation à la citoyenneté des 3e et 4e secondaires ont provoqué un tollé il y a deux ans. Le ministère de l'Éducation ne semble pas avoir compris le message puisqu'il s'apprête à récidiver avec les programmes de 5e secondaire en occultant de grands pans de l'histoire contemporaine sous prétexte qu'à l'heure d'Internet, les élèves n'ont plus besoin de cours d'histoire sur les grands phénomènes du XXe siècle. Comme si on pouvait se faire une opinion sur les enjeux actuels sans avoir des connaissances historiques du XXe siècle. Il faut que ça cesse! L'école doit d'abord nous permettre d'apprendre et d'élever notre niveau de connaissances. Une fois la connaissance acquise, le temps viendra "plus tôt que plus tard" pour les élèves de mettre en pratique leurs connaissances, » de commenter M. Comeau, membre du conseil d'administration de la Société des professeurs d'histoire du Québec (SPHQ).

Les porte-parole de la Coalition soutiennent que le rôle de l'école n'est pas de faire en sorte que chaque enfant reconstruise des connaissances qui ont pris des siècles à se développer, mais au contraire de transmettre ces connaissances qui font désormais partie de la culture universelle pour que les nouvelles générations puissent aller plus loin en construisant de nouvelles connaissances. « La France et la Suisse ont compris que le développement des compétences et le socioconstructivisme n'étaient pas l'apanage d'un système éducatif qui vise l'instruction et l'égalité des chances de réussite de tous les élèves. Les Français reviennent dès l'an prochain à un apprentissage systématique de la lecture sur la base de méthodes qui ont fait leurs preuves. Nous devons nous inspirer d'eux, » de conclure Pierre St-Germain.

mardi 20 novembre 2007

Le Vatican insiste sur l'identité religieuse des écoles catholiques

CITÉ DU VATICAN, 20 nov 2007 (AFP et ZÉNIT) — Le Vatican insiste sur l'identité religieuse des écoles catholiques

Le Vatican a mis l'accent sur l'identité religieuse des écoles catholiques en les appelant à être "un levain chrétien dans le monde", dans un document publié mardi.

L'Église catholique gère 250.000 écoles à travers le monde, qui accueillent 42 millions d'élèves sur plus d'un milliard d'enfants en âge d'être scolarisés. Généralement fondées par des congrégations, elles sont de plus en plus confiées à des laïcs en raison de la baisse des vocations religieuses.

Le document publié par la congrégation pour l'éducation catholique, le « ministère de l'Éducation » du Vatican, souligne cependant que « le projet de l'école catholique est convaincant seulement s'il est réalisé par des personnes profondément motivées », qui « se reconnaissent dans l'adhésion personnelle et communautaire au Seigneur ».

Le Cardinal Grocholewski a affirmé dans sa présentation qu'« un profond malaise dans le monde de l'école, surtout en occident » ; les professeurs « sont démotivés et frustrés dans leur tâche éducative. Il y a de nombreux signaux d'alarme inquiétants comme l'augmentation de la violence dans les écoles et entre les adolescents, comme la difficulté des familles — qui il ne faut pas l'oublier sont les premières responsables de l'éducation des enfants — à prendre part active à la communauté éducative scolaire ».

Il indique que la formation professionnelle des enseignants doit être complétée par « un parcours approprié de formation théologique ».

Le document, intitulé Éduquer ensemble dans l'école catholique, prend acte du fait que, de plus en plus souvent, ces écoles accueillent des élèves, mais aussi des enseignants « provenant de contextes culturels et religieux différents ».

Cette réalité doit pousser les religieux et laïcs catholiques qui composent la communauté éducative à renforcer leur collaboration pour offrir un « témoignage de foi », estime-t-il.

« Être un bon enseignant ne suffit pas », a insisté le cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la congrégation pour l'éducation catholique, au cours d'une conférence de presse au Vatican. « Toutes les matières qui contribuent à la formation de la personne humaine doivent être accompagnées d'un témoignage de vie correspondant », a ajouté le cardinal polonais.

Ce document paraît alors que certains évêques français reprochent aux écoles privées catholiques de ne pas assez affirmer leur identité religieuse.

L'évêque d'Avignon Jean-Pierre Cattenoz a ainsi récemment déclaré que la tâche de l'école catholique était avant tout « de faire connaître Jésus-Christ aux enfants ».

Les écoles catholiques accueillent en France 16,7 % des élèves et sont presque toutes animées par des laïcs.

lundi 19 novembre 2007

Latin obligatoire pour tous à l'école : Genève veut innover

Le Matin de Lausanne rapporte qu'en réponse à deux initiatives contradictoires de réforme du Cycle d'orientation, le ministre de l'Éducation prévoit un tronc commun en 1ère année de secondaire, avec un cours d'initiation à la culture latine.

« Il ne s'agira pas d'enseigner le latin de façon classique, mais plutôt de dégager les principes de la langue, comme l'étymologie des mots et les cas. Le but est aussi d'aider les élèves dans l'apprentissage de l'allemand ou du français », explique Georges Schürch, directeur du Cycle d'orientation. Si certains enseignants sont assez séduits par l'idée, d'autres craignent une perte de temps. « La civilisation romaine pour tous, c'est bien, pour autant que ceux qui veulent poursuivre l'apprentissage du latin ne soient pas lésés. Nous avons déjà perdu beaucoup d'heures », note Laurence Hallak, présidente du groupe latin au Cycle d'orientation.

Genève est pionnier en la matière. Le canton de Vaud n'a jamais envisagé de rendre le latin obligatoire. Neuchâtel a introduit en 2001 un cours obligatoire de « langue et culture de l'Antiquité » pour les élèves de 7e et 8e, mais uniquement pour ceux qui se destinent à une maturité. Jean-Claude Marguet, chef de l'enseignement obligatoire neuchâtelois, en tire un bilan positif: « Ce cours aide à la bonne maîtrise du français. »

Le projet et les deux initiatives seront soumis au vote des Genevois en 2008.

dimanche 18 novembre 2007

L'éducation chez les juifs orthodoxes d'Israël

Le Devoir se réjouissait il y a quelque temps que la ministre de l'Éducation du Québec allait serrer la vis en ce qui concerne les écoles juives à Montréal.

Le journal Un Écho d'Israël relate comment, pour les Juifs orthodoxes, l'enseignement des matières profanes posent des difficultés. Les modifications que veut imposer le ministère de l'Éducation seront-elles vraiment aussi bien reçues (et réellement appliquées) que le laissait entendre l'article du Devoir, rappelons que le Devoir décrivait la Ministre Courchesne comme « toutefois confiante en la bonne volonté de la communauté. » Malheureusement Le Devoir n'avait pas jugé bon de laisser la parole aux personnes concernées par la décision du Monopole.
Cécile Pilverdier pour Un Écho d'Israël

Au début de l’année scolaire 2007-2008 la ministre de l’Éducation Yuli Tamir, a décidé de dispenser les petites écoles talmudiques de l’étude de l’anglais et des mathématiques. Cela veut dire que 25 000 élèves termineront le lycée sans avoir de base en anglais en mathématiques et en sciences. Ceci sous la pression des Juifs orthodoxes.

En 2010 en Israël, un élève sur quatre apprendra l’araméen au lieu de l’anglais, le Talmud au lieu des mathématiques et la loi juive au lieu des sciences.

Cette décision a été prise après des réunions au ministère, en vue de discussions au tribunal de Grande Instance sur le sujet. Devant cette décision, l’organisation des professeurs du secondaire a interpelé le ministère de l’Éducation : pourquoi paye t-il des institutions qui n’enseignent pas l’anglais, les mathématiques et les sciences ? En vue de cette discussion, Y. Tamir est arrivée à un compromis face aux responsables du système de l’éducation religieuse, car dans la plupart des écoles orthodoxes il y a ce programme obligatoire, mais cependant 25 000 élèves, des classes de seconde à la terminale (les élèves des petites écoles talmudiques) en seront dispensées.

« Selon le plan, préparé par les conseillers juridiques du ministère, la ministre accordera la dispense à ces milliers d’élèves. Ils seront obligés d’apprendre seulement les matières religieuses, et ils recevront 55 % du budget donné par l’État aux écoles gouvernementales », a déclaré un fonctionnaire du ministère. Il s’agit là d’une décision très problématique, mais du côté des orthodoxes, l’étude de ces matières laïques sont une faute qu’ils ne peuvent pas accepter.

La décision de Y. Tamir est un échec supplémentaire dans le combat face aux orthodoxes. Il y a quelques mois la loi « Nhaari » a été votée, dans laquelle 75 à 100 % des études seraient religieuses. Cette loi Nhaari prévoit que les mairies participeraient au budget des écoles religieuses et privées. Les autorités locales pensent que cette décision va encourager toutes les écoles religieuses et privées à exiger un budget supplémentaire auprès des caisses qui sont vides. Si elle est appliquée, cette loi enlèvera à 25 000 élèves la possibilité d’acquérir les moyens d’insertion dans le monde du travail et de la société israélienne. A la lumière du soutien qu’a obtenu cette loi au gouvernement et à la Knesset, on peut douter de l’opposition des députés face à la décision du ministère de l’Éducation au sujet des « petites écoles talmudiques ».

Cette décision va aussi causer un problème au bureau des statistiques, qui annonçait que l’éducation [N.D.L.R. le nombre d'élèves ?] chez les orthodoxes augmentait chaque année de 10 % alors que la gouvernementale et gouvernementale religieuse diminuait de 2 %.

Résultat : avec le temps le nombre de ces élèves augmentera et la possibilité pour eux de participer au monde du travail diminuera.

Y. Tamir : « Impossible de les obliger »

« Nous hésitons encore : que faire avec ce groupe de garçons des petites écoles talmudiques ? De toute façon nous ne pourrons pas les obliger à enseigner ces matières et je sais que par la force cela ne marchera pas » dit Tamir, « pour moi c’est un vrai dilemme. Qu’on les oblige ou non, ils ne le feront pas. La solution est sans doute de les en dispenser et de construire un système pour les aider par la suite. Il faut reconnaître que du temps de Ben Gourion, Israël a décidé de leur laisser leur propre système d’éducation. Cette autonomie, on ne peut pas la leur enlever. Ils ont une grande force et l’éducation est pour eux la priorité » poursuit la ministre.

« La décision de la ministre de l’Éducation est une reddition totale face aux rabbins et orthodoxes dont le but est de garder sous leur emprise le public orthodoxe, et de garder ces jeunes gens dans les ghettos et la pauvreté » a répondu Kobi Ben Aroukh, étudiant en philosophie issu de ces milieux. « Ce n’est pas pour rien que les rabbins se dressent pour empêcher l’éducation de ces jeunes. Ils savent que l’obéissance du peuple orthodoxe à leurs ordres, dépend du manque de cette culture et de l’absence de communication avec un monde autre que le leur. De ma propre expérience, les manques de connaissance que j’ai dû acquérir, du fait de mes études dans ces écoles, étaient énormes et m’ont demandé des années d’efforts surhumains et presque impossibles pour arriver au niveau d’un jeune qui a fait ses études dans le système normal » déclare Ben Aroukh.

Deux réactions (publiées dans Maariv) :

- L’une contre le système orthodoxe (D’un ancien élève des écoles talmudiques, Yéhouda Chohat)

« Comme enfant et jeune orthodoxe, l’absence de l’anglais, de l’hébreu, des maths et même de quelques leçons de sport, je ne l’ai pas ressentie. D’ailleurs autour de moi on parlait beaucoup le yidiche et l’araméen du Talmud, et la pensée de communiquer un jour avec le monde laïque semblait inutile.

Puis, en grandissant, on voit que le monde réel, celui où l’on travaille pour gagner sa vie et parfois même où l’on essaie de monter dans les degrés académiques, nous sont complètement bloqués par le système orthodoxe. Remets-tu ta foi en question ? Veux-tu simplement t’instruire pour gagner ta vie dans un métier non lié au religieux ?...Combles les manques par toi-même !

La décision d’étudier les matières profanes dans les écoles orthodoxes devait supprimer ce problème, car elles ne préparent pas à la vie extérieure, mais les quelques heures octroyées permettent d’aider les orthodoxes à un minimum de relation avec le monde extérieur.

Mais les orthodoxes ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour éviter que ce plan existe et pour repousser le pouvoir des laïcs sur le ministère de l’éducation religieuse.

Quelques étudiants religieux et les petites yéchivot ont cédé dès le départ au budget maximal auquel ils ont droit, au moins officiellement, pour rester avec trois heures d’anglais et de maths par semaine. Qu’on ne s’y trompe pas. Le but, même s’il n’est pas dévoilé, est de garder cet isolement de la diaspora que la société orthodoxe a construit autour d’elle, même en Israël.

Et ce n’est pas tout. Finalement il s’agit d’une boule de neige effrayante pour diviser la société israélienne. Mais si les orthodoxes achkénazes ont le droit, pourquoi est-ce que les institutions du Chass séfarades n’obtiendraient-elles pas cette même dispense ?

Dès maintenant la ministre de l’Éducation aura sur la conscience chaque jeune orthodoxe qui demandera à s’intégrer à la société israélienne et qui aura du mal à trouver un langage commun. La vraie tragédie viendra plus tard, quand le grand nombre d’enfants orthodoxes atteindra le tiers de la population et qu’il y aura un tas d’incultes dans ce petit pays.

Et j’ajoute un mot sur le revenu de la population orthodoxe que l’on peut entrevoir : même à Téhéran on a déjà compris que la culture est la base d’une société forte, même si elle est religieuse ».

- L’autre pour le système orthodoxe : ( du rabbin et député Meïr Poroukh)

La ministre de l’Éducation est rentrée d’une visite d’étude du système éducatif à Singapour et elle en ramène un grand espoir pédagogique : il faut diminuer les matières dans les écoles, donner plus de leçons de philosophie, créer plus de distance entre les élèves et les professeurs, etc.

Il est intéressant de noter que la ministre ait dû voyager jusqu’à Singapour pour comprendre certaines choses que l’on peut apprendre près de chez soi, chez les orthodoxes, à tous les degrés. Ici chez nous : à Jérusalem, à Bné Brak, à Modiin et à Beit chemech.

Un institut éducatif, comme nous disons et redisons, n’est pas un atelier où l’on emmagasine le savoir, mais un lieu où l’on acquiert des valeurs : « Et tu diras à tes fils ». C’est la boussole par laquelle on apprend à déchiffrer le secret de l’existence juive.

La réponse à la question, comment le peuple juif existe-t-il et pourquoi lui seul survit-il à tous les peuples du monde ancien ? Il survit parce qu’il n’oublie pas quelle force inouïe est incarnée dans ces mots éternels, de foi pure et d’idéal.

Malheureusement, dans l’école gouvernementale en Israël on n’apprend pas vraiment qu’elle est la vraie relation du peuple d’Israël avec la terre d’Israël. La plupart des professeurs, ne connaissent pas les racines de la culture juive. Parfois le ministère de l’Éducation publie des informations aux journalistes, sur la nécessité de renforcer l’étude du judaïsme pour empêcher le danger d’assimilation.

L’information est donnée aux journalistes, mais concrètement, très peu est fait et même rien du tout.

Si la ministre a appris des gens de Singapour, qu’il faut restreindre les matières générales dans les écoles et donner plus de philosophie, il serait bien de l’apprendre d’abord des écoles orthodoxes. Chez nous, on met en premier l’accent sur les valeurs. C’est vrai, la notion même de valeurs en Israël n’est plus à la mode, et les valeurs juives en particulier sont considérées comme archaïques, mais nous croyons que les valeurs de la Tora d’Israël sont la base de tout.

Les études générales pourraient compléter le programme scolaire, comme cela se passe concrètement chez nous, mais l’essentiel, c’est que les élèves approfondissent leur identité juive. Ainsi, pas d’études artificielles, et pas de connaissances inutiles, les valeurs juives sont les plus importantes.

Madame Tamir s’étonne du système d’éducation de Singapour, mais tout ce qui existe là-bas n’est pas bon pour la jeunesse israélienne. Ce qui existe dans l’éducation orthodoxe est bon pour le futur du peuple juif ».

C'est le ministère de l'Éducation qui est inutile !

Témoignage intéressant dans le Soleil de Québec de la part d'un ancien conseiller pédagogique sur l'utilité et le fonctionnement du Monopole de l'Éducation :
L'accusation est trop simple et trop facile. J'ai œuvré pendant 33 ans dans l'enseignement, et les problèmes reliés à l'éducation émanent beaucoup plus du ministère de l'Éducation que des commissions scolaires. Les commissions scolaires sont les gestionnaires dans chaque région des politiques pédagogiques et éducatives pensées et rédigées par les scribes du ministère de l'Éducation et les pseudo intellectuels de tout poil, grassement rémunérés pour cogiter des méthodes d'enseignement qu'ils sont seuls à bien comprendre.

Au début des années 1980, à l'époque où j'exerçais les fonctions de conseiller pédagogique en français à la commission scolaire de Rocher Percé, j'ai procédé à l'analyse du « nouveau programme de français » avec les enseignantes de la commission scolaire, et nous avons soumis une liste de recommandations aux scripteurs ministériels, et je me souviens fort bien que la rédaction finale des programmes ne fut pas changée d'un iota. Ainsi, la disparition de la dictée et de l'analyse n'émane pas des commissions scolaires, mais des différents programmes de français, sanctionnés par le ministère de l'Éducation, qui n'en faisaient plus la promotion.

Monsieur Dumont ne devrait pas s'en prendre aux commissions scolaires, mais à ses députés collègues qui deviennent ministres de l'Éducation sans avoir jamais œuvré dans le monde de l'enseignement, qui ne connaissent ni d'Adam ni d'Ève les régimes pédagogiques, le matériel et les stratégies d'enseignement, et qui sanctionnent des programmes et des politiques rejetées par les enseignants et autres intervenants dans le monde de l'enseignement. Disons-le bien clairement : si les commissions scolaires sont inutiles, le ministère de l'Éducation, en occurrence, l'est bien davantage !

samedi 10 novembre 2007

Imposition « maladroite » d’un programme « vaporeux » et « relativiste »

C’est en ces termes que s’expriment plusieurs acteurs de la scène éducative ou religieuse quand ils parlent du programme que le gouvernement québécois veut imposer à tous les écoliers québécois, qu’ils fréquentent une école privée ou publique. Dans ce nouveau programme, Jésus et Moïse voisineront désormais avec Mahomet, Bouddha, Glouscap et les idées de la mort de Dieu.

Le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec, qui apparaissait la semaine passée devant la commission itinérante Bouchard-Taylor a accusé le Ministère de l’Éducation de vouloir imposer une « dictature du relativisme ».

Il ajouta que le « plus scandaleux est le sort réservé aux écoles privées catholiques qui se voient contraintes par le jeu des subventions gouvernementales, de marginaliser leur propre enseignement confessionnel au profit du cours d’État imposé partout et à tous les niveaux. »

Lifesite rapporte que le programme préconise de considérer l’homosexualité comme une forme de vie familiale normale dès la première année du primaire. Sous le terme d’« éthique » pour les deux premières années du primaire, le cours doit « amener [les enfants] à explorer la diversité des relations d’interdépendance entre les membres de différents types de familles. »

Rachida Azdouz, psychologue à l'Université de Montréal, déclarait, lors d’une session de formation organisée dans le cadre de l’imposition du programme d’éthique et de culture religieuse que « le rôle des intervenants scolaires c'est d'apprendre à cet enfant de composer avec des enfants qui ont d’autres croyances religieuses et dire qu’elle est tout aussi légitime que la leur ou, des enfants qui n’ont pas de croyances religieuses et que cette position-là est tout aussi légitime que la leur. »

Il n’est d'ailleurs pas clair comment les groupes religieux vont amener les enfants de leurs écoles sociologiquement homogènes à discuter, dans le sens relativiste et pluraliste que le Ministère préconise, des modèles de famille qu’ils réprouvent ou des religions qu’ils considèrent fausses... Le ministère croit-il vraiment que les protestants évangéliques ou les juifs orthodoxes vont enseigner dans leurs écoles que toutes les religions se valent ou que tous les modèles familiaux sont respectables, mêmes les « familles » homosexuelles ?

M. Paul Donovan, directeur de l’école secondaire Loyola à Montréal, interrogé par le National Post, déclarait que son plus grand souci en ce qui a trait au nouveau programme n’est pas l’inclusion d’autres religions, mais sa façon « vaporeuse » d’aborder l’éthique. « Nous enseignons aux enfants qu’il faut s'astreindre à une certaine moralité. [...] Je vais avoir de la difficulté à enseigner ce qui n’est, dans les faits, qu’un code moral nettement plus relativiste que celui-ci que nous enseignons actuellement. Afin d’être pluraliste, ce cours n’ose en fin de compte pas prendre position. »

Barry Levy, professeur de religion à l’Université McGill, spécialiste en études judaïques, déclare que ce programme pourrait être conçu comme une tentative de créer une culture québécoise commune. « Je pense qu’en ce moment le Québec remet totalement en cause la valeur de la religion » ajoute-t-il dans le National Post. « C’est relié à des prises de positions laïques récentes, au rejet de l’Église catholique, à la peur des groupes ethniques, dont de nombreux sont issus de l’immigration, qui amènent avec eux des pratiques religieuses qui ne semblent pas appropriées aux Québécois. » M. Levy trouve la méthode du gouvernement maladroite et pense que les écoles orthodoxes juives vont vraiment avoir des difficultés à admettre qu’il leur faut enseigner toute la gamme des religions du monde. « Dès que vous commencez à enseigner aux jeunes enfants que Noël, Hannoukah et Kwanza et parfois le ramadan ont lieu en même temps et que toutes ces fêtes se valent – alors soit le message sera celui-là ou le message sera que tout cela n’a guère d’importance – mais les gens pour qui une de ces célébrations est importante ne vont pas trouver facile d’enseigner ce programme à leurs enfants. »

M. Boudreau de la faculté de l’Éducation de l'Université McGill se demande comment les enseignants feront pour donner un cours si vaste en connaissance de cause : « Le gros défi, selon moi, concerne les compétences des enseignants et s'ils seront capables de donner un bon cours. Car, enfin, beaucoup d’entre eux ne connaissent même pas bien leur propre tradition religieuse ! Alors, comment présenter de manière délicate celle des autres ? »

M. Lévy résume : « Ce qui risque de se produire, dans ce contexte, c’est que ce cours sera totalement superficiel et dénué de sens. Le seul message sera [que] tout cela est de même valeur. Et les gens qui sont convaincus dans leur foi ne peuvent admettre cette conclusion. »

vendredi 9 novembre 2007

La FAE incite la Ministre à résister aux « experts », pères du « renouveau pédagogique »

Pierre St-Germain, président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) a envoyé à plusieurs journaux québécois, dont le Devoir, une lettre pour encourager la ministre Courchesne à résister aux « apôtres des dogmes du socioconstructivisme et de l'approche par compétences ».

Il ajoute :
Même si les géniteurs de cette réforme bancale, qui se cachent dans les officines du ministère, du Conseil supérieur de l'éducation et de certaines facultés universitaires, livrent à Mme Courchesne les mêmes menaces qui furent proférées contre Galilée quand il a osé remettre en question les préceptes divins, elle doit s'inspirer de ce grand scientifique et affirmer « pourtant, elle ne fonctionne pas cette réforme ».

La ministre doit résister au chant des sirènes de ses sous-ministres. Elle doit aussi résister à certains chercheurs qui, bien que cette réforme et le renouveau pédagogique soient leur pain et leur beurre, n'ont jamais livré d'études prouvant l'efficacité du socioconstructivisme et de l'approche par compétences. Depuis l'implantation de la réforme, le personnel enseignant et les parents ont multiplié les cris d'alarme. Le constat fait consensus : le bagage de connaissances des élèves n'a jamais été aussi mince depuis que l'enseignement est axé sur le savoir-faire plutôt que les savoirs.
La FAE a raison de s'insurger contre le rôle des experts qui imposent à tous leurs préférences en matière éducative sans que celles-ci aient fait leur preuve. Mais la Fédération ne devrait pas seulement encourager la ministre à se montrer courageuse, elle devrait également tirer la conclusion logique de l'épisode tragicomique du « renouveau pédagogique » : seule la liberté scolaire et pédagogique permettra à la fois plus de souplesse et plus de choix. On pourra de la sorte éviter que tous les écoliers québécois soient à nouveau pris en otages par les réformes recommandées par des experts sans le consentement des parents. Il faut que cesse l’imposition par l’État d'un programme et d'une pédagogie commune à l'ensemble des écoles québécoises.

jeudi 8 novembre 2007

Reportage sur l'école à la maison au Québec

Les Compagna-Tremblay ont trois enfants de 12, 13 et 15 ans qui n’ont jamais mis les pieds dans une salle de classe. Finis le stress et les matins à la course, vive la liberté de l’enseignement familial et personnalisé.

Entre 2500 et 5000 enfants québécois font l’école à la maison. Les Francs-tireurs est-ce la solution pour pallier les ratés du système d’éducation québécois ?



Deux choses intéressantes dans le reportage : la méconnaissance de la part des gens comme Richard Martineau des droits des parents qui éduquent leurs enfants et les difficultés auxquelles les commissions scolaires soumettent les parents bien que ceux-ci soient dans leur bon droit.

Voici par exemple un échange entre le journaliste M. Richard Martineau et la mère-éducatrice, Mme Marie Tremblay, au sujet des examens et des contrôles de l'État :
Richard Martineau — Mais êtes-vous supervisés par une commission scolaire? Il faut qu'ils passent des tests, ces enfants-là pour savoir si effectivement...

Marie Tremblay — Officiellement, il y a des examens pour avoir des diplômes secondaire IV et secondaire V. C'est les seuls moments où t'as des unités de crédits. Moi, je fonctionne par portfolio, je fais pas d'examens à la fin de l'année dans le système scolaire.

Richard Martineau — Ah non? Vous êtes pas requise de faire ça?

Marie Tremblay — Non. Je suis requise de présenter un plan de travail. Je connais des gens... Ma meilleure amie. Ses enfants, à la fin de l'année, passent des examens parce qu'elle le désire. Moi, je présente un portfolio du travail qui a été fait. Je garde tout le travail qui a été fait, comme à l'école.

Dans l'échange suivant, le père-éducateur fait référence à l'article 15.4 de la Loi sur l'instruction publique du Québec qui précise :
«  § 15. Est dispensé de l'obligation de fréquenter une école l'enfant qui :
[...]
4° reçoit à la maison un enseignement et y vit une expérience éducative qui, d'après une évaluation faite par la commission scolaire ou à sa demande, sont équivalents à ce qui est dispensé ou vécu à l'école. »
Il y explique ce que ce « équivalent » signifie selon lui  et en quoi les fonctionnaires du Monopole ignorent souvent qu’équivalent ne signifie pas identique à l'école publique :
Pierre Compagna — Nous, on considère que l'enseignement équivalent veut dire que l'enfant reçoit à la maison une éducation qui lui permettrait sans grands problèmes de réintégrer le système scolaire. Mais ça ne veut pas dire qu'on doit imposer aux parents de reproduire l'école à petite échelle dans la maison. Et c'est ça que plusieurs commissions scolaires tentent de faire au Québec en imposant examen d'étape, examen de fin d'année, menace de DPJ si on se présente pas à des examens, menace de retirer le droit de faire l'école à la maison si l'enfant ne réussit pas son année. C'est pas la bonne façon d'encadrer l'éducation à domicile. Exemple. Les commissions scolaires pourraient facilement donner accès - parce qu'on paye quand même les mêmes taxes que tout le monde, même si nos enfants vont pas à l'école. On demande pas une exemption de taxes - mais ils pourraient avoir accès à la bibliothèque, ils pourraient avoir accès à l'éducation physique, ils pourraient avoir accès à certaines choses.

Cours d'éthique et de culture religieuse : On peut comprendre les réticences des parents

Intéressante déclaration du professeur Marie McAndrew, titulaire de la chaire en relations ethniques à l'Université de Montréal, au sujet de nouveau cours que le Monopole de l'Éducation veut imposer à toutes les écoles du Québec (même confessionnelles, privées et non subventionnées).

Lors de son passage à RDI mardi soir, après les témoignages entendus à Drummondville dans le cadre de la commission Bouchard-Taylor, celle-ci a maintenu son soutien au cours d'éthique et de culture religieuse, mais elle a également dit comprendre les réticences des parents qui ne veulent pas que ce cours d'éthique et de culture religieuse soit donné au primaire.

mercredi 7 novembre 2007

Les électeurs de l’Utah ont rejeté le premier programme de bons scolaires universel à l’échelle d’un État fédéré

Les électeurs de l’Utah ont rejeté le premier programme de bons scolaires universel à l’échelle d’un État fédéré. Ce programme visait à aider tous les parents quel que soit leur revenu. Toutefois, la valeur des bons scolaires aurait varié de 500 $ à 3000 $ selon le revenu familial. Selon les partisans de ce programme, non seulement ces bons scolaires auraient-ils offert un plus grand choix éducatif aux enfants, mais chaque élève inscrit dans une école privée à l'aide d'un chèque-éducation aurait fait épargner plusieurs milliers de dollars à l'État puisqu'un élève instruit dans une école publique coûte environ 7 000 dollars. Il aurait ainsi été possible d'offrir un plus grand choix et de libérer plus d'argent pour les élèves qui seraient restés dans les écoles publiques.

L’Utah et son électorat conservateur, un gouverneur républicain et une assemblée législative républicaine paraissait être un État idéal pour sonder les électeurs sur les chèques-éducation. Toutefois, les adversaires de ce programme, soutenus par les millions de dollars dépensés par un syndicat national américain des enseignants, ont réussi à convaincre les électeurs de voter dans une large majorité contre les bons scolaires. En effet, c’est par plus de 60 pour cent des suffrages exprimés que ce projet, déjà approuvé par l’Assemblée législative de l’État, a été défait.

Les sondages effectués avant le référendum indiquaient une forte opposition aux bons scolaires, plus particulièrement dans les zones rurales où il n’existe souvent aucun choix d’école à des centaines de kilomètres à la ronde.

Des programmes de bons scolaires existent dans une douzaine d’États américains. La plupart sont, toutefois, souvent réservés à des enfants de familles pauvres ou qui fréquentent des écoles dans des quartiers difficiles.

Andrew J. Coulson de l’Institut Cato, laboratoire de pensée conservateur, en faveur du programme des chèques-éducation, a déclaré : « Il est triste que la plupart des familles en Utah ne pourront bénéficier dans un avenir proche d’un choix en matière scolaire, mais cette défaite lors de ce référendum ne ralentira pas la marche de la liberté scolaire. » M. Coulson justifie son optimisme par le fait que les pressions qui poussent à plus de libertés scolaires ne font que s’intensifier. « Notre système scolaire hérité du XIXe siècle ne tient pas ses promesses d’éducation publique et ne correspond pas aux attentes des Américains. Nos écoles devraient promouvoir la cohésion sociale, au lieu de quoi elles suscitent des heurts ethniques et sociaux. Elles devraient dispenser connaissance et compétences, mais nous sommes à la traîne des pays industrialisés quant aux résultats scolaires en fin du secondaire. En outre, d’ajouter M. Colson, étant donné nos ressources financières limitées, il est impératif que chaque dollar soit utilisé au mieux. Mais le secteur public est devenu de plus en plus coûteux au cours de ces dernières décennies. Les élèves qui quittent nos écoles n’ont pas de meilleurs résultats que ceux d’il y a trente ou quarante ans, alors que nous dépensons aujourd’hui deux fois plus par élève en dollars constants. »

Cet optimisme n’est cependant pas unanime et beaucoup pensent que le rejet de ce programme de bons scolaires aura un impact ailleurs aux États-Unis et limitera les chances de voir apparaître des programmes similaires de choix scolaire subvention par les États dans les années à venir.

John Stossel, journaliste à ABC, semble trouver que ces raisins étaient de toute façon trop verts. Il rappelle que les subsides gouvernementaux s’accompagnent habituellement d’une mainmise plus grande de la part de l’État (suivre le programme établi par celui-ci, engager du personnel diplômé auprès de ses écoles normales). Stossel se demande alors que faire pour aider les enfants prisonniers d’écoles publiques médiocres. Selon lui, une meilleure solution consisterait à accorder un crédit d’impôt à tout parent qui n’envoie pas ses enfants à une école publique. On peut craindre cependant que l’État n’accepte d’accorder ce crédit d’impôt qu’aux les parents envoyant leurs enfants aux écoles « approuvées ».