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| Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale français, souhaite durcir les règles de correction du bac et brevet. |
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, exprime depuis plusieurs mois son ambition de redonner de la valeur aux diplômes nationaux, notamment le brevet et le baccalauréat, en renforçant les attentes concernant l’usage du français et en valorisant l’excellence. Il vient d’annoncer des changements dans une circulaire partagée aux correcteurs et un entretien accordé aux journaux du Groupe EBRA le jeudi 2 avril.
Dès la session 2026, l’orthographe, la syntaxe et la grammaire vont prendre une place plus importante dans la notation des copies du brevet (14-15 ans) et du baccalauréat (17-18 ans, avec une équivalence au DEC québécois pour rentrée à l'université). Dans une circulaire publiée le 26 mars dernier, Édouard Geffray a donc annoncé un durcissement des règles pour replacer la maîtrise du français au cœur de l’évaluation et tirer vers le haut le niveau de l’ensemble des élèves.
« Les épreuves du DNB [brevet] et du baccalauréat prennent en compte, dans l’attribution de la note, la qualité rédactionnelle : orthographe, syntaxe, grammaire, clarté de la langue et lisibilité du propos. »Circulaire du 26 mars 2026
Afin d’aider les candidats à s’améliorer, le ministre insiste sur l’importance de se relire, la circulaire recommande que la préparation aux examens intègre l’« importance de la relecture par les élèves de leur production dans le temps imparti de l’épreuve ». Ces mesures signifient que les fautes de français pourraient désormais avoir un impact plus important sur les résultats des candidats, sans toutefois indiquer des mesures claires à des correcteurs sur les niveaux attendus.
Moins de réussite et de mentions au brevet ?
Édouard Geffray prédit ainsi une « chute assez drastique du taux de réussite » au diplôme national du brevet (DNB) en raison de ces nouvelles modalités et nouveautés, prévoyant « peut-être 75 % de réussite au brevet avec beaucoup moins de mentions ». L’objectif ? Rappeler qu’un examen « se prépare » et mieux préparer les élèves à leur entrée au lycée en leur donnant une vision plus réaliste de leur niveau.
Création d’un concours général au collège
Chaque établissement sera invité à inscrire jusqu’à 10 % de ses élèves, en respectant la parité filles-garçons, dans l’une des cinq disciplines proposées : français, mathématiques, histoire-géographie, arts ou numérique-codage. Les inscriptions débuteront à l’automne pour des épreuves individuelles prévues en janvier et février. L’entourage du ministre précise que le modèle est « encore en construction », mais que la volonté est de faire progresser le niveau global des élèves au collège en agissant sur « toute la chaîne ».
Cependant, cette annonce a suscité des interrogations. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, s’est inquiétée d’une possible dérive vers un « élitisme » et un « entre-soi » si ce concours devenait l’antichambre du concours général des lycées, estimant que le système éducatif a « des urgences bien identifiées bien loin de ce sujet ».
Ces mesures s’inscrivent également dans le cadre de l’opération « Collège en progrès », qui concernera 800 établissements où plus de 40 % des élèves ont moins de 8 sur 20 en français et en mathématiques au brevet. Ces collèges bénéficieront de moyens et d’un accompagnement spécifique dès la rentrée de septembre, incluant la formation des enseignants, l’attribution de fonds sociaux et le renforcement des équipes d’assistants d’éducation.

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