lundi 5 août 2024

Jeremy Stubbs : « Le multiculturalisme à l’anglaise est mort il y a très longtemps »

Lors de l’émission Punchline Eté du 05/08/2024, Jeremy Stubbs, spécialiste du Royaume-Uni et directeur adjoint de la rédaction de Causeur, était présent sur le plateau. Il a évoqué les émeutes au Royaume-Uni : «Le multiculturalisme à l’anglaise est mort il y a très longtemps».


Pour le dire crûment, le multiculturalisme à l'anglaise est mort il y a très longtemps. Et son arrêt de mort a été signé par des dirigeants successifs du pays. Je vous donne un exemple. En 2004-2005, il y a eu justement dans la région du nord-ouest de l'Angleterre des émeutes anti-immigration à l'époque, aussi violentes qu'aujourd'hui. Tony Blair, le travailliste qui était premier ministre, a commandé cinq rapports dans la suite de ces événements. Chaque rapport disait le multiculturalisme est mort, il ne marche pas.

D'ailleurs, il n'a jamais été une politique officielle.

Et je dirais même que, en fait, que ce soit en France ou au Royaume-Uni, les gens arrivent, ils s'installent, les choses s'arrangent sur le terrain et quand ça se passe bien, l'État arrive pour dire, voilà, notre politique a bien marché.

Et quand ça se passe mal, comme en ce moment, l'État dit, ah oui, mais vous ne suivez pas notre politique.

Que ce soit en France, on a l'universalisme, en Angleterre, on a le pseudo-multiculturalisme. À la fin, ce sont des mots que les États mettent sur leur impuissance.

Controverse olympique — quand Erdogan « murmure à l’oreille de François »

ROME – Quels que soient ses objectifs ou ses tactiques, le président turc Recep Tayyip Erdogan est sans aucun doute un redoutable acteur politique. Au cours de ses vingt années au pouvoir, il a mis au point une stratégie économique populiste connue sous le nom d'Erdonomique, a fait de l'islam modéré une force politique puissante et a positionné la Turquie comme une puissance régionale et mondiale, tout en conservant une base solide de soutien national.

Samedi, le dirigeant turc a ajouté un autre exploit à son CV, sans doute non moins impressionnant : obtenir du pape François qu'il fasse quelque chose qu'il ne voulait manifestement pas faire – dans ce cas, s'exprimer, enfin, sur la controverse autour de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris, huit jours auparavant.
 

Étant donné l’entêtement notoire du pontife argentin lorsqu’il se sent acculé, le fait qu’Erdoğan ait réussi là où d’autres avaient échoué, y compris des membres de la hiérarchie du pape, doit être considéré comme assez impressionnant.

Samedi soir à Rome, la salle de presse du Vatican a publié un communiqué en français dans lequel elle affirmait que le Saint-Siège était « attristé » par la cérémonie du 26 juillet et souhaitait se joindre aux « voix qui se sont élevées ces derniers jours pour déplorer l'offense faite à de nombreux chrétiens et croyants d'autres religions ».



 Le communiqué a minima du Saint-Siège:

Communiqué du Saint-Siège, 03.08.2024
 


Le Saint-Siège a été attristé par certaines scènes de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris et ne peut que se joindre aux voix qui se sont élevées ces derniers jours pour déplorer l’offense faite à de nombreux chrétiens et croyants d’autres religions.

Dans un événement prestigieux où le monde entier se réunit autour de valeurs communes ne devraient pas se trouver des allusions ridiculisant les convictions religieuses de nombreuses personnes.

La liberté d’expression, qui, évidemment, n’est pas remise en cause, trouve sa limite dans le respect des autres.


La référence était bien sûr à l’apparente parodie de la Cène, qui a provoqué une indignation mondiale.

Le communiqué du Vatican ajoute qu'un événement destiné à favoriser l'unité mondiale ne devrait pas ridiculiser les croyances religieuses et précise que même si la liberté d'expression n'est pas en cause, elle doit être mise en balance avec le respect des autres.

Dans les écoles de journalisme, on enseigne aux futurs journalistes que parmi les six éléments classiques d’un article de presse – qui, quoi, où, pourquoi, comment et quand – le « quand » est généralement le moins important. Il s’agit là de l’exception qui confirme la règle, car dans ce cas précis, le « quand » est en fait le cœur du problème.

Le communiqué du Vatican a été publié à 19h47, un samedi soir, une heure inhabituelle pour un communiqué sur autre chose qu'une situation d'urgence. Il est clair que cela n'était pas admissible, puisque la cérémonie en question avait eu lieu huit jours auparavant. Le Vatican a eu de nombreuses occasions de commenter de manière plus classique, notamment lors du discours de l'Angélus du pape lui-même la semaine précédente.

En fin de compte, c’est Erdogan qui semble avoir débloqué la situation.

Mardi dernier, le président turc a déclaré aux membres de son parti au pouvoir, l’AKP, qu’il appellerait le pape François « à la première occasion » pour l’exhorter à dénoncer la scène « dégoûtante » des Jeux olympiques. Jeudi, son bureau a publié un communiqué sur les réseaux sociaux indiquant que l’appel avait eu lieu, affirmant que François avait remercié Erdoğan pour sa « sensibilité contre la profanation des emn rs religieuses ».

Le Vatican se retrouva alors face à deux choix : soit ne rien dire, et laisser ainsi le dirigeant turc dans l'expectative, soit dire quelque chose, même à contrecœur. Finalement, le Vatican a choisi la deuxième option.

Avant samedi, le silence du pape sur la controverse de la Cène donnait presque l'impression qu'il cherchait à remporter une médaille olympique en se taisant. Sa réticence était particulièrement frappante étant donné le nombre d'évêques catholiques qui s'étaient exprimés, le pape brillait par son absence.

Pour ce qui est des raisons, plusieurs facteurs s’imposent.

Tout d’abord, ce n’est pas le seul cas où des critiques se sont plaintes de son silence présumé. Depuis des années, un flot de mécontentement circule autour de la réticence du pape à condamner publiquement la politique de la Chine en matière de droits de l’homme et de liberté religieuse. Plus récemment, des voix se sont élevées contre la retenue du pape lorsqu’il s’agit de condamner la Russie et Vladimir Poutine pour la guerre en Ukraine.

Dans les deux cas, les partisans du pape François affirment qu'il vise un objectif plus important : avec la Chine, il s'agit de relations diplomatiques complètes ainsi que de la protection de la petite minorité catholique du pays, tandis qu'avec la Russie, il s'agit de la possibilité de servir d'arbitre neutre dans une tentative de négociation de la paix.

Certains observateurs ont détecté ici un calcul similaire.

Le pape François n'a peut-être pas été enclin à engager un combat diplomatique avec la France en ce moment, ont-ils avancé, en partie à cause de la décision prise en mars dernier d'insérer un prétendu droit à l'avortement dans la constitution du pays. D'autant plus qu'une coalition de gauche est peut-être sur le point d'arriver au pouvoir, une coalition qui ne serait probablement pas encline à se montrer amicale envers l'Église. Peut-être le pontife a-t-il estimé que le moment était venu de prendre de la hauteur. [Ceci nous apparaît un calcul naïf si c'est ce que pensait le pape argentin : la gauche française (et cela comprend Macron) ne tiendra nul compte d'une objection timorée du Vatican de toute façon. Un silence papal sera considéré comme un soutien tacite ou un aveu de très grande faiblesse.]

Plus fondamentalement, les partisans du pape François affirment qu'il n'a pas voulu envenimer la situation et que, de toute façon, il a d'autres chats à fouetter. C'est ce qui ressort, par exemple, d'une analyse du site d'information italien Il Sussidiario, généralement favorable au pape, concernant l'appel d'Erdogan avec François.

« Le 'profil bas' du pape François vise à ne pas jeter davantage d'huile sur le feu, dans un conflit où la religion est loin d'être le véritable thème central », affirme l'article de Niccolò Magnani.

« La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, plutôt ennuyeuse, parle de provocations, qui sont une fin en soi, de culture woke, etc. », écrit Magnani. « La liberté chrétienne et la distinction entre foi et politique sont très claires, et ce sont des thèmes à peine plus profonds et plus intéressants qu’une bataille médiatique pour savoir si vous êtes pour ou contre les travestis. »

Il ne faut pas non plus écarter la possibilité que François n'ait pas voulu être associé à certaines des personnalités qui menaient la charge.

En effet, toute chance pour le pape de s’exprimer de son propre chef a probablement été étouffée le 28 juillet, lorsque l’archevêque et ancien nonce italien Carlo Maria Viganò, récemment excommunié et bête noire de la papauté de François, a publié sa propre déclaration de deux pages insistant sur le fait que « la tolérance ne peut pas être l’alibi de la destruction systématique de la société chrétienne ».

À ce stade, François aurait sans doute été plus consterné à l’idée d’être publiquement d’accord avec Viganò que de laisser passer sans commentaire une attaque maladroite contre les sensibilités chrétiennes.

Il faut aussi noter que François était théoriquement en vacances en juillet, les audiences générales et la plupart des autres activités pontificales étant suspendues. De plus, beaucoup de gens s'attendaient à ce que le pape François ait quelque chose à dire, et depuis le début, ce pape se plaît à bouleverser les attentes.

Compte tenu de tout cela, comment Erdogan a-t-il pu convaincre le pape de rompre son silence – même indirectement, par le biais d’une déclaration non signée, et publiée à une heure apparemment conçue pour minimiser l’attention qu’elle susciterait ?

Premièrement, Erdogan a habilement intégré son appel sur les Jeux olympiques à une discussion sur la guerre à Gaza lors de son appel avec le pape, suggérant notamment que François organise des discussions avec les pays soutenant Israël dans le cadre d'efforts diplomatiques visant à éviter l'escalade.

Arriver à une paix en Terre sainte est un rôle que le pape et son équipe au Vatican souhaiteraient ardemment jouer, et si le prix à payer pour obtenir le soutien de l'un des dirigeants musulmans les plus influents du monde dans cet effort était de lui jeter un os sur la controverse olympique, ils ont peut-être estimé que c'était un prix qui valait la peine d'être payé.

En outre, le pape François tente de réorienter le Vatican, qui s'éloigne de son profil historique d'institution occidentale pour jouer un rôle plus global et non aligné, et l'un des éléments clés de ce programme est la sensibilisation du monde islamique. Face à la vague croissante d'indignation islamique suscitée par le tableau olympique, François a peut-être estimé qu'il était plus important de faire preuve de solidarité que de donner libre cours à ses propres penchants.

En tout état de cause, le fait demeure que pendant une semaine entière, les catholiques de tous bords - y compris, en privé, plusieurs évêques qui estimaient que le silence papal portait atteinte à leurs propres protestations et qui ont fait part de leur déception à Rome - ont été incapables d'obtenir une réponse du Vatican, alors que Erdogan, lui, y est parvenu.

Dans la politique turque, l'attribution de surnoms aux dirigeants fait partie du jeu depuis longtemps. Au fil des ans, Erdogan a été surnommé Reis, ce qui signifie "chef", Beyefendi, ce qui signifie soit " gentilhomme ", soit " camarade ", selon que vous l'entendez de manière admirative ou péjorative, et, bien sûr, Calife.

Il reste maintenant à voir si un autre surnom pourrait être ajouté à cette liste croissante : Erdogan en tant que " Celui qui murmure à l'oreille de François ".

Source : John L. Allen Jr. sur Crux Now via Belgicatho

samedi 3 août 2024

« Un CV Sciences Po, je ne le regarde même plus » : quand le monde des affaires prend ses distances avec l’école


Le Figaro explore la situation complexe de Sciences Po Paris, une institution de prestige au cœur du 7e arrondissement de Paris, qui traverse une période de turbulences financières et de réputation. L'institut Mccourt, un bâtiment moderne inauguré en 2022 pour marquer le 150e anniversaire de l'école, a été financé par Frank Mccourt, milliardaire américain et propriétaire de l’Olympique de Marseille. Ce partenariat, d’une valeur de 25 millions de dollars sur dix ans, a récemment été perturbé lorsque Mccourt a suspendu son financement annuel de 2,5 millions de dollars, citant des préoccupations sur la gouvernance de l'école plutôt que sur les manifestations étudiantes liées au conflit israélo-palestinien.

Malgré cette décision, les grandes entreprises partenaires de Sciences Po, telles qu’Eiffage et Schneider Electric, ont confirmé leur soutien à l'institution. Elles minimisent l'impact des récents troubles sur leur partenariat, soulignant que les agitations étudiantes ne devraient pas entacher la relation avec l'école.

Les mauvaises langues pourraient répondre que l’école se débrouille très bien seule pour se saborder. En 2022, le syndicat étudiant Unef et le collectif Zéro fossile avaient eu la peau d’un partenariat avec Totalenergies jugé «climaticide», vieux de vingt ans, qui n’avait pas été «reconduit» en toute discrétion, pour ne pas effrayer les autres partenaires.

Cependant, l'image de Sciences Po est ternie dans le monde des affaires, avec des signes que certains cabinets et entreprises commencent à se détourner des diplômés de l’école en raison des controverses récentes. Un cabinet d'avocats aurait même décidé de ne plus accepter de stagiaires de Sciences Po, et d'autres entreprises réduisent la visibilité des candidatures de ses étudiants, craignant les répercussions sur leur image publique.

«Dans les milieux que je fréquente, on entend l’idée que Sciences Po est en perdition», s’inquiète un haut fonctionnaire. À tel point qu’un grand cabinet d’avocat confie refuser des stagiaires issus de Sciences Po, après les manifestations qui ont entaché l’image de marque de l’école. D’autres rangent les CV de sciencepistes en bas de la pile entassée sur leur bureau. « Un CV Sciences Po, je ne le regarde même plus », explique un cadre dans la banque qui craint d’être un jour affiché sur les réseaux sociaux par un employé ou un stagiaire pour une blague jugée déplacée.

En interne, Sciences Po fait face à des critiques concernant son équilibre financier. Le budget de l'école, de 200 millions d’euros en 2019, repose de plus en plus sur les contributions des mécènes et les frais de scolarité, alors que les subventions étatiques représentent une proportion décroissante. Sous la direction de Richard Descoings, les dépenses ont explosé, augmentant la dépendance de l'école aux fonds privés et aux frais de scolarité élevés. Des dépenses importantes ont été engagées dans l’internationalisation et l'expansion des campus, ce qui, bien que sauvant l’institution d’un déclin certain, a également contribué à sa fragilité financière.

Pour 200 millions d’euros de budget en 2019, le dernier rendu public, les subventions étatiques pèsent 69 millions d’euros, soit 35 %. C’était 66 % en 2000 et 50 % en 2010. Le reste se partage entre l’argent des mécènes et des frais de scolarité en constante augmentation. Sciences Po a beau se targuer d’avoir ouvert socialement l’école, avec la création, en 2001, d’une voie d’accès spécifique pour les lycéens en zone d’éducation prioritaire (ZEP), il faut débourser toujours plus d’argent pour y suivre sa scolarité. Comptez 13 190 euros au maximum pour une année de licence et 18260 euros en maîtrise, contre 2,74 francs par jour en moyenne en 1987 (80 francs par mois). «Moins que le prix d’un café», raconte l’ancien directeur de l’école Richard Descoings, mort dans des circonstances très troubles, dans son livre Sciences Po. De La Courneuve à Shanghaï, publié en 2007.

Disparités salariales

Le controversé directeur Descoings, homosexuel notoire décédé de façon brutale à New York en 2012, a fait exploser le train de vie de l’école en prévoyant une hausse, toujours en vigueur, de 3 % de rémunération par an pour le personnel, soit 1 200 personnes. Une façon d’« acheter la paix sociale » face aux éventuelles contestations sur sa gestion de l’aveu d’un fin connaisseur de la maison, et de « lier les mains de ses successeurs » avec ces accords. Lui parle de « populisme en cravate » ou de «démagogie chic ». En 2011, Mediapart révèle aussi que le directeur émarge à 25 000 € mensuels en plus de jouir d’un chauffeur et d’un appartement de fonction. Un salaire proche de celui octroyé aux dirigeants d’universités américaines, et très au-dessus d’un directeur d’établissement du supérieur, dont les émoluments de l’époque plafonnent à 6 000-7 000 euros par mois

Les émoluments de la direction et les augmentations annuelles du personnel passent d’autant plus mal en interne que la paie des enseignants vacataires, elle, n’a pas bougé d’un iota, comme celle des maîtres de conférences, qui atteint péniblement les 25 euros de l’heure. « Sciences Po joue à l’entreprise moderne quand ça l’arrange, peste un vacataire. Elle ne doit pas oublier que c’est grâce à nous que le système peut perdurer et que l’école est reconnue en France et à l’étranger. » Un autre enseignant est plus philosophe. « De toute façon, on vient à Sciences Po pour le prestige, pas pour l’argent. Et, soyons honnêtes, on préfère tous donner des cours à Saint-Germain-des-Prés plutôt qu’à Jouy-en-Josas. » Mais, si les crises mettent à mal la réputation de l’école, les professeurs se bousculeront-ils toujours pour distiller leur savoir rue Saint-Guillaume?

Les étrangers, une poule aux œufs d’or pour l’établissement

C’est justement sous « Richie» (1996-2012), Descoings était américanomane, que les dépenses de Sciences Po ont explosé, contribuant à fragiliser l’équilibre financier de l’institution et à la rendre dépendante des fonds privés et des étudiants. Elles s’élevaient à 54,7 millions d’euros en 2000, puis à 127 en 2010 et à 196,50 aujourd’hui. Le choix du plus célèbre des directeurs de transformer l’école en une multinationale comme une autre n’y est pas étranger. De l’aveu de tous, l’internationalisation a permis de « désenkyster » Sciences Po, elle l’a sauvé d’un déclin assuré à l’heure de la mondialisation. Mais ce n'est pas sans impact sur le niveau (en baisse en français et en culture générale) et la gauchisation de l'institution (l'anglo-saxonisation a rimé avec radicalisation wokiste).

Cette internationalisation a aussi déstabilisé une vieille maison sortie de terre en 1872, et généré des dérives.  « Sous Descoings, la stratégie s’est résumée à “toujours plus” : plus d’élèves, plus de campus, plus de profs prestigieux et plus de partenariats » [et plus d'anglais], résume une ancienne professeur. Des campus en province ont poussé au Havre, à Reims, à Poitiers, à Nancy, à Dijon, à Poitiers…, avec chacun une vocation particulière (le campus du Havre est tourné vers l’Asie, celui de Menton est orienté vers les pays arabes, etc.).

Les étudiants, 5600 en 2004, sont 15 000 deux décennies plus tard, dont la moitié d’étrangers qui sont une poule aux œufs d’or pour l’établissement hors Union européenne, ils paient plein pot en matière de frais de scolarité.

vendredi 2 août 2024

Anglo-saxonisation de Sciences Po, source de sa radicalisation gauchiste


[…] Le livre Une jeunesse engagée : enquête sur les étudiants de Sciences Po, est venu confirmer la tendance : Sciences Po penche de plus en plus à bâbord. « En 2002, invités à se positionner entre la gauche, la droite ou ni la gauche ni la droite, 57 % des étudiants se situaient à gauche. En 2022, ils sont 71 % (soit +14 points) », écrivent la sociologue Anne Muxel et le politologue Martial Foucault dans cet ouvrage. Au fil du temps, les modérés se sont fait cannibaliser par les Insoumis. En 2002, leur engagement « se portait sur la gauche socialiste et jospiniste. Aujourd’hui, c’est la gauche mélenchoniste qui domine dans la mesure où celle-ci peut apparaître comme garante d’unité et d’efficacité électorale », ajoute Anne Muxel dans une tribune publiée dans Le Monde. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 55 % au premier tour, c’est le score de dictateur africain ou russe obtenu par Jean-Luc Mélenchon chez les étudiants de Sciences Po Paris, à l’élection présidentielle 2022, selon un sondage interne. Et puis, « 28 % considèrent “comme normal que certaines personnes usent de la violence pour défendre leurs intérêts” » (Muxiel et Foucault) 19 % jugent acceptables de dégrader des banques, 22 % d’affronter la police, 13 % d’affronter d’autres manifestants.

Il n’en reste pas moins que les sociaux-démocrates rencontrent toujours un vif succès. En témoigne l’accueil triomphal reçu par Raphaël Glucksmann lors de son retour, le 15 avril, au sein de l’institution où il a été scolarisé à l’aube des années 2000. Après tout, la grande auberge espagnole qu’est devenu Sciences Po (les étrangers représentent 50 % des étudiants) ne pouvait qu’être séduite par le porte-étendard du fédéralisme européen.

L’anglo-saxonisation assumée de l’école semble déterminante pour expliquer ce virage

L’anglo-saxonisation assumée de l’école, lancée par feu Richard Descoings, semble déterminante pour expliquer ce virage, de l’aveu des fins connaisseurs de l’institution. Elle a contribué à former des « produits » mondialisés et à « gauchiser » l’école sur les questions sociétales. « Longtemps, Sciences Po a brillé par son “extrême centrisme”. Mais l’ouverture aux quatre vents, et les influences américaines ont changé la nature de l’école et des enseignements », constate un diplômé, devenu professeur de philosophie. Un professeur titulaire raconte que nombre d’étudiants, assez modérés, partent en troisième année en échange dans des universités anglo-saxonnes et, « à leur retour, tiennent des discours délirants sur l’existence d’un “racisme d’état” en France et expliquent que les “racisés” souffrent d’“invisibilisation” », souffle-t-il. « Ce terme est galvaudé, mais on peut difficilement nier la présence du wokisme à Sciences Po — une grosse partie des étudiants pense le monde à travers le prisme des minorités », constate Christophe de Voogd, professeur affilié à Sciences Po où il enseigne les usages de l’histoire, les idées et la rhétorique politiques au collège universitaire et en maîtrise, pour qui le phénomène s’est accentué depuis l’attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre. Tous woke à Sciences Po ? « Il y a un décalage net entre des étudiants asiatiques, notamment chinois, particulièrement conservateurs en matière de mœurs ou sur les évolutions sociétales, et les étudiants britanniques et américains dont les positions sont plus “progressistes” sur la question des droits LGBT ou la place des minorités dans la société », nuance Christophe de Voogd.

Quasi-disparition de la droite à Sciences Po alors que la société se droitise

Quant à la droite, paix à son âme. Pascal Perrineau a vu de ses yeux sa quasi-disparition. « Cette année, la section des Républicains de Sciences Po m’a invité à dîner. Ils étaient six », sourit le professeur. En 2002, les étudiants étaient 22 % à se revendiquer de cette couleur politique, contre 14 % en 2022 et à la dernière élection présidentielle, Marine Le Pen, Valérie Pécresse, Éric Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan, à eux quatre, ont recueilli 7 % des suffrages. « La droite n’a jamais été aussi faible à Sciences Po », résument Muxel et Foucault. Dans un contexte de droitisation de la société, difficile de ne pas y voir un fossé entre la fabrique de l’élite et le reste de la société, d’autant que désormais, même les enfants de conservateurs se mettent à renier la tradition politique familiale. L’enquête d’Anne Muxel et de Martial Foucault montre que 87 % des étudiants déclarant leur père à gauche se positionnent eux-mêmes à gauche, et seuls 24 % déclarant leur père à droite se revendiquent de droite. Le Rassemblement national, lui, reste marginal à Sciences Po. En 2015, la constitution en association du parti de Marine Le Pen dans l’établissement de la rue Saint-Guillaume avait fait couler beaucoup d’encre. Aujourd’hui, les rares voix à oser prendre position pour la droite radicale sont plus « zemmouristes » que « marinistes », l’ancienne candidate à la présidentielle étant jugée trop « populo », « Éric Zemmour, c’est socialement acceptable dans les milieux de la bourgeoisie de droite. Alors que Marine Le Pen est perçue comme la candidate des ploucs », analyse une sommité de l’école.

[…] 

Source : Le Figaro

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La France compte de moins en moins de bébés


La France continue de voir sa natalité baisser drastiquement. Sur les six premiers mois de l'année 2024, un peu plus de 326.000 bébés ont vu le jour en France, soit un recul de 2,4% par rapport à la même période l'année précédente.

La natalité française en chute libre. C'est ce que révèlent les données provisoires publiées jeudi 2 août par l'Insee. Si ce constat avait déjà été posé pour l'année 2023, le bilan démographique de la France à mi-chemin de 2024 ne semble marqué d'aucune amélioration, au contraire : seuls 326.000 enfants sont nés en France sur cette période, soit 2,4% de moins par rapport à la même période l'an dernier. Au mois de juin 2024, 52.701 naissances ont été enregistrées, soit 1.757 naissances en moyenne par jour. Ceci correspond à une baisse de 7,9% par rapport à juin 2023. Depuis plus de deux ans (25 mois exactement), chaque mois, le nombre de naissances est inférieur à celui du même mois un an auparavant.


La baisse de la natalité française est loin d'être nouvelle. Elle s'est amorcée dès 2011, et depuis les naissances sont chaque année moins nombreuses. Seul un rebond avait été constaté en 2021, conséquence de la crise sanitaire. Déjà en 2023, cette baisse démographique avait atteint un record : alors qu'elle était de 1,6% par an environ entre 2014 et 2019, elle avait atteint 6,6 % en 2023. Le nombre de naissances était ainsi passé sous la barre symbolique des 700.000, pour la première fois depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

Baisse du taux de fécondité à 1,68 enfant/femme (en âge de procréer)

Cette baisse de la natalité s'explique tout d'abord par le facteur démographique : le nombre de femmes en âge d'avoir des enfants, soit âgées entre 20 et 40 ans, a diminué. D'autre part, le taux de fécondité de ces femmes ne cesse, lui aussi, de diminuer. En 2023, l’indicateur conjoncturel de fécondité s’établissait à 1,68 enfant par femme, après 1,79 en 2022. "Auparavant, les Français étaient moins nombreux qu'ailleurs à ne pas avoir d'enfant et plus nombreux qu'ailleurs a en avoir trois", indique à l'AFP Didier Breton, chercheur associé à l'Institut national d'études démographiques (Ined). Emmanuel Macron avait appelé au "réarmement démographique" de la France en 2023, et annoncé notamment la création d'un "congé de naissance" de six mois pour remplacer le congé parental et encourager ainsi la parentalité, pour le moment sans succès.

Malgré un fort désir d’enfants, la France s’enfonce dans l’hiver démographique.


Kamala Harris : Une autre phrase circulaire et répétitive

Pour une fois, depuis que Joe Biden a renoncé à la course présidentielle, Kamala Harris ne lisait pas une déclaration préparée. Elle s'est lancée dans une de ces longues phrases circulaires dont elle a le secret :  


« C'est un témoignage extraordinaire de l'importance d'avoir un président qui comprend le pouvoir de la diplomatie et qui comprend la force qui réside dans la compréhension de l'importance de la diplomatie  ».


En 2022, Kamala Harris parlait en ces termes du passage du temps:

« Le gouverneur et moi-même avons visité la bibliothèque et parlé de l'importance du temps qui passe, c'est vrai, de l'importance du temps qui passe. Quand on y pense, le temps qui passe a une grande importance pour ce que nous devons faire pour poser ces fils, ce que nous devons faire pour créer ces emplois. Et le temps qui passe a aussi une grande importance lorsque nous pensons à une journée dans la vie de nos enfants ».


En 2021, K. Harris avait utilisé cette même lancinante musique répétitive pour dire très peu en de nombreux mots :

« Nous devons travailler ensemble pour voir où nous en sommes, où nous nous dirigeons, où nous nous en allons, et notre vision de ce que nous devrions être, mais aussi pour voir que c'est le moment, oui, de relever ensemble les défis et de travailler sur les occasions qui se présentent à ce moment-là.  »

Madrid ne pourra plus lever d'impôt en Catalogne selon un préaccord

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, à gauche et le président de la Généralité catalane Pere Aragonès

Le Parti des socialistes de Catalogne (PSC), arrivé premier mais sans majorité absolue aux élections régionales de mai dernier, est parvenu à un « préaccord » avec la gauche indépendantiste catalane (ERC). Le pacte prévoit que les députés régionaux d’ERC votent l’investiture du candidat socialiste, Salvador Illa, à la tête de la région, en échange d’une série de conditions programmatiques dont la plus spectaculaire concerne les impôts. Le PSC s’engage, avec le feu vert du gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sanchez, à céder à la région la capacité de lever l’ensemble des impôts sur son territoire, à lui transférer les compétences en matière de gestion et de contrôle fiscal, et à plafonner sa contribution au pot commun.

Des deniers publics qu’elle percevrait donc par elle-même, la Catalogne consentirait à en reverser une fraction à l’état. Fonds qui serviront d’un côté au remboursement des politiques régaliennes (défense, sécurité…) payées par Madrid et dont bénéficie la Catalogne, et de l’autre à une solidarité avec les territoires moins favorisés. Mais cette solidarité sera limitée par le principe dit d’ordinalité. Lequel, inscrit noir sur blanc dans l’accord, est une vieille revendication des indépendantistes catalans qui limite la redistribution fiscale. En clair, si la Catalogne, parce qu’elle a sur son sol davantage de contribuables aisés que d’autres régions, est la deuxième contributrice par habitant, elle doit être la deuxième réceptrice des fonds versés par l’état. Et ce indépendamment des besoins de ses habitants.

Le projet doit encore être entériné par un vote des militants de la gauche indépendantiste (ERC), prévu ce vendredi, puis traduit par une loi dont il n’est pas dit qu’elle convainque la majorité des députés espagnols. Sur le papier, le plan ressemble beaucoup à ce qui existe déjà au Pays basque et en Navarre depuis le retour de l’Espagne à la démocratie, un système hérité de privilèges féodaux. Sauf que le PIB catalan représente 19% du PIB espagnol, contre 6 % pour le Pays basque et 1,7 % pour la Navarre.

« L’état ne peut pas se permettre de renoncer à lever l’impôt sur près de 30 % de son économie, dans trois des régions les plus riches en PIB par habitat, résume Ignacio Zubiri, professeur de finances publiques à l’université du Pays basque (UPV). C’est un jeu à somme nulle. Tout le monde perd sauf la Catalogne, qui gagne. Si cette dernière ne participe plus, ou très peu, à la solidarité nationale, il ne restera que la région de Madrid pour financer l’éducation ou la santé publique des communautés les moins dotées. Et face à une crise économique, il n’y aura plus que les pauvres à qui augmenter les impôts. » Zubiri souligne enfin le paradoxe de confier les clés du Trésor public à qui promeut la partition du pays.

« Imaginez un instant qu’au moment de déclarer l’indépendance, en 2017, ils aient eu la main sur tous les impôts… »

La proposition catalane scandalise les autres communautés autonomes, l’opposition de droite et même une partie significative des « barons » du Parti socialiste espagnol (PSOE). « Ça suffit ! », s’est rebellé le président socialiste de la Castille-la Manche, Emiliano Garciapage, connu pour sa liberté de ton et, cette fois-ci, suivi par plusieurs homologues d’ordinaire plus réservés.

«Qu’une communauté autonome exige de recevoir autant que ce qu’elle apporte est obscène et honteux. Botin (la multimillionnaire PDG de la banque Santander, NDLR) ne doit pas recevoir autant que ce qu’elle paie », a-t-il illustré.

Le texte prévoit que dès 2026 l’agence des impôts catalane, qui ne gère aujourd’hui que des taxes mineures, perçoive elle-même l’impôt sur le revenu.

Conscients, peut-être, que la quasi-indépendance fiscale n’est pas acquise, les signataires ont prévu toute une série de dispositions transitoires, dont le fameux principe d’ordinalité et en plus une augmentation « substantielle » des transferts de l’État dans la région.

jeudi 1 août 2024

Pour Montesquieu, la démocratie exige, pour fonctionner, la vertu (du stoïcisme antique ou surtout de la religion chrétienne)

L'auteur de l' Esprit des lois ne fut pas un pur libéral. Il savait que la démocratie exige, pour fonctionner, la vertu. Recension parue dans le Figaro Histoire ce la leçon de Jean Starobinski.

Montesquieu, c'est avant tout une langue. La clarté jointe à l'ironie, le pouvoir d'abstraction de la raison combiné à la puissance évocatrice de la littérature qui fondent l'esprit français. Son regard distancié et perçant, sa capacité foudroyante d'extraire de l'observation du réel des lois générales est à mille lieues du jargon ronronnant des spécialistes d'aujourd'hui. Que dirait ce fervent défenseur de la séparation des pouvoirs de l'hypertrophie du pouvoir judiciaire ? Cet apologiste du doux commerce du retour de la guerre au cœur de la mondialisation ? Ce théoricien des climats qui associait les empires tyranniques à la chaleur du midi lierait-il le réchauffement climatique aux penchants renouvelés pour l'autoritarisme ?

Pour comprendre ce que nous devons à Montesquieu et comment il nous aide encore à voir plus clair dans notre temps présent, il faut lire le magnifique essai que lui a consacré le fameux théoricien de la littérature Jean Starobinski , publié en 1994 et réédité ces jours-ci aux éditions Seuil. « Nous vivons dans une société aménagée en grande partie selon les vœux de Montesquieu : l'exécutif, le législatif et le judiciaire y sont séparés ; les peines y sont en principe proportionnées aux délits ; le libéralisme économique y est pratiqué avec quelques correctifs », écrit Starobinski. Mais si les grands principes de l'auteur de l' Esprit des lois nous régissent, son état d'esprit manque cruellement à notre époque. Héritier de Montaigne, préfigurateur de Tocqueville et de Raymond Aron, cet esprit libéral est « l'un des rares qui sachent occuper les mi-distances, sans se laisser gagner par la médiocrité ».

Avec Diderot, Voltaire, et Rousseau, il est l'un des membres du quatuor des « philosophes des Lumières » qu'on apprend au collège. Pourtant faut-il vraiment le mettre dans le même sac que les théoriciens de salon qui prétendirent démolir la France d'Ancien Régime pour la rebâtir sur de nouveaux fondements ? Cet aristocrate, enraciné dans sa vigne du Bordelais, avait vu avec consternation s'abîmer le règne de Louis XIV où les vieilles vertus d'honneur et d'héroïsme avaient été détournées par la guerre et la courtisanerie, où l'absolutisme royal avait noyé tous les anciens corps intermédiaires.

Montesquieu ou les Lumières conservatrices

Montesquieu est un homme de transition. Encore habité par l'esprit de la philosophie classique, il adopte le rationalisme de son temps pour jeter un regard critique sur les institutions. Il s'inspire de la loi de la gravitation de Newton pour concevoir sa théorie des pouvoirs et des contre-pouvoirs. Mais il n'est pas du tout un adepte de la table rase et voudrait au contraire que la France retrouve ses racines féodales ignorées par l'arbitraire royal.

Selon lui, le plus haut degré des institutions humaines s'annonce le plus souvent en l'origine. L'histoire n'est pas une longue marche vers le Progrès, mais elle est faite de vicissitudes. Il faut le croire plus sincère que prudent lorsqu'il défend la foi chrétienne face aux spinozistes et aux athées. S'il souhaite séparer les lois religieuses des lois humaines, c'est parce qu'il se méfie de l'absolutisme en politique. En cela il diffère radicalement de Rousseau qui divinisera la volonté générale. Son optimisme rationaliste est tempéré par une sorte de pessimisme anthropologique : il rappelle, nous dit Starobinski, « aux hommes leur condition historique : ils ne peuvent être qu'en rapport variable avec l'absolu, malheureux s'ils l'oublient, peu certains de réussir s'ils veulent lui donner force de réalité dans toutes les relations qu'ils établissent entre eux ».

Montesquieu n'est pas un pur libéral. Il ne pense pas naïvement que les sociétés humaines peuvent s'organiser simplement par les règles du marché et du droit. Certes le commerce « adoucit les mœurs barbares » mais il « corrompt les mœurs pures » ; s'il unit les nations, il divise les particuliers en monnayant toutes les transactions humaines. Pouvait-il prévoir que sa critique des excès de l'Ancien Régime allait conduire à sa disparition ? Que ses propres principes déboucheraient sur la consécration d'un individualisme peu soucieux des exigences de la vie sociale ? Il avait prévenu que la démocratie ne saurait fonctionner sans la « vertu » des citoyens, et cette vertu ne se fabriquerait pas toute seule. Elle dépendait d'une vision du monde : le stoïcisme antique, et surtout la religion chrétienne qui forme un tribunal intérieur retenant par mille fils les excès des passions humaines.



 
Montesquieu
de Jean Starobinski 
Publié au Seuil,
à Paris,
le 31 mai 2024,
320 pp,
ISBN-10 ‏ : ‎ 2021226778
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2021226775

Trudeau — Augmenter le nombre d'immigrants admis soulagera le système d'accueil des réfugiés

Pour Justin Trudeau, l'augmentation du flux d'immigrants permanents légaux soulagera le système d'accueil des réfugiés. Car c'est au moment où nous voulons passer du statut de réfugié à celui de résident permanent que le système se trouve engorgé.

Il suffisait d'y penser : accepter tout de suite plus de gens (comme immigrés permanents) afin qu'ils ne prétendent plus être réfugiés. On ne voit pas pourquoi d'autres, refusés comme immigrés (ou faut-il comprendre que tout le monde sera accepté ?), ne se présenteront pas comme réfugiés. Bref, pourquoi cela ne créera pas un appel d'air supplémentaire et n'empirera pas les choses.

Traduction automatique en français

mercredi 31 juillet 2024

Canada — 500 000 illégaux perdus de vue

 Selon un rapport, il pourrait y avoir 500 000 sans-papiers au Canada.

Le ministre de l'immigration, Marc Miller, a déclaré au Toronto Star : « Le système lui-même est ébranlé lorsque nous voyons des flux qui entrent au Canada sans que ce soit pour les raisons pour lesquelles ils étaient censés le faire au départ ».

Il pourrait y avoir 500 000 étrangers sans papiers dans le pays, selon les estimations d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Cette estimation ne tient pas compte des immigrés légaux ni de ceux qui se trouvent dans le pays avec un visa d'étudiant ou en tant que travailleurs migrants.

Le ministère de l'immigration a admis qu'il n'existait pas d'estimations fermes sur le nombre ou la composition des étrangers sans papiers, mais « les estimations suggèrent que ce nombre pourrait atteindre 500 000 personnes », selon une note d'information sur la question, rapportée par Blacklock's Reporter.

« Nous avons pris la décision d'être un pays ouvert »

Citant deux programmes déployés au niveau régional pendant la pandémie, la note d'information suggère que le ministère de l'immigration pourrait chercher à « régulariser ceux qui n'ont pas de statut d'immigrant ».

Les chiffres n'incluent pas les immigrés légalement établis, les étudiants détenteurs d'un permis et les travailleurs migrants.


« Il ne fait aucun doute que nous avons pris la décision consciente d'être un pays ouvert et un pays qui a besoin de se développer », a déclaré M. Miller (ci-dessus avec Justin Trudeau) lors d'une interview accordée à la National Public Radio en mars. Selon le ministre Miller, « La réalité, c'est que nous n'avons pas vraiment le choix. »
 
S'adressant au Toronto Star le 24 juillet, le ministre libéral de l'immigration a déclaré que les Canadiens n'étaient pas « immunisés » contre « ce que les gens ont vu en Europe, avec [un] flux important de migration irrégulière et les systèmes politiques qui ont tiré parti de cela ou l'ont utilisé comme arme, et qui ont amené des gouvernements typiquement de droite ».

« Le système lui-même est ébranlé lorsque nous voyons des flux qui arrivent sans que ce soit pour les raisons pour lesquelles ils étaient censés arriver », a déclaré M. Miller au Star.

La note d'information définit un sans-papiers comme « un individu qui n'a pas l'autorisation de résider ou de travailler au Canada », ajoutant qu'« une petite partie des sans-papiers sont supposés être entrés illégalement au Canada ou avoir fait l'objet d'un trafic ou d'un passage clandestin ».