vendredi 15 mai 2015

France — « Au nom de la lutte antiterroriste», Najat Belkacem veut surveiller davantage les écoles libres (catholiques)

Billet d’Anne Dolhein, nos commentaires et liens entre crochets.

C’était à prévoir. Tout comme les attentats de janvier et la lutte antiterroriste ont servi de prétexte [à une meilleure intégration de l’immigration, à la lutte contre les amalgames, à l’invocation mal placée de Voltaire et] à la loi sur le renseignement qui instaure la surveillance généralisée, la lutte contre la radicalisation djihadiste sert à justifier la mise en place d’un contrôle resserré sur les écoles hors contrat. Najat Vallaud Belkacem (ci-contre), ministre de l’Éducation nationale [française], l’a annoncé hier : elle entend déployer un « pôle » de surveillance au sein de l’Inspection générale qui sera chargé de ce contrôle renforcé. Premières cibles – au moins par le nombre – les établissements de confession catholique qui forment l’immense majorité de ces écoles vraiment libres [ainsi que les parents qui instruisent leurs enfants à la maison, voir l’article reproduit ci-dessous.]

Les nouvelles écoles hors contrat sont déjà soumises à une obligation de déclaration préalable auprès des services du maire, du procureur de la République (!), du préfet et du recteur d’académie. Un lourd parcours qui multiplie les embûches et les possibilités de refus. Chargées de contrôler « l’hygiène » et les « bonnes mœurs », ces autorités n’ont pas un droit de regard direct sur les contenus de l’enseignement. Mais, dans la pratique, on sait combien ces exigences matérielles, de plus en plus tatillonnes, pèsent sur l’enseignement hors contrat, offrant la possibilité d’un contrôle idéologique déguisé.

Antiterroriste ? Le contrôle des écoles hors contrat ne se bornera pas à la traque des djihadistes…

[Notons que les 530 signalements d’« élèves radicalisés » le sont, bien sûr, très majoritairement ceux d’élèves à l’école de publique de la « République ». La poutre et la paille.]

« La jurisprudence est plus claire aujourd’hui et permet de vérifier qu’on n’y prêche pas des choses contraires aux valeurs de la République », a déclaré le ministre en réponse à une question de Jacques Myard (UMP), député des Yvelines.

L’information est rapportée par Caroline Beyer, du Figaro, qui axe son article autour de la réalité des (rares) écoles hors contrat islamiques.
L’article du Figaro, 8 mai 2015, page 6

C’était d’ailleurs le sens de la question de Jacques Myard, qui interrogeait Najat Belkacem sur une autorisation accordée à un chef d’établissement « qui n’avait pas la nationalité française », qu’il qualifiait de « problématique ». Sans cette question, on n’aurait peut-être pas su que le ministre entendait déployer ce nouveau « pôle » pour permettre la mise en coupe réglée des écoles hors contrat.

Mais c’est l’ensemble des écoles hors contrat qui sont visées, et à n’en pas douter c’est tout le sens de cette nouvelle réforme qui est bien moins « antiterroriste » qu’idéologique, parfait déploiement du plan de refondation de l’école décidé par Vincent Peillon. [Sur les réformes Peillon, prédécesseur de Belkacem au ministère de la rééducation, et ses lubies : « c’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin » et Ministre socialiste français veut museler l’école dite catholique : elle doit être « neutre »]

Najat Vallaud-Belkacem s’engage dans la prévention des « dérives sectaires » : les écoles catholiques hors contrat dans le viseur


Mme Vallaud-Belkacem a annoncé que depuis décembre 2014, dans le cadre de la prévention des « dérives sectaires », quatre inspecteurs généraux ont reçu mission spéciale pour travailler sur le « hors contrat ».

Caroline Beyer cite l’« entourage » du ministre qui a donné cette précision supplémentaire : « Le but est de systématiser les inspections. La liberté d’enseignement ne connaît qu’une limite : le respect des valeurs de la République. »

Excusez du peu ! C’est en réalité une limite de taille qui étend son champ de… nuisance à partir du moment où l’on fait respecter l’intégralité du contenu des « valeurs républicaines ». Il s’agit de la forme de l’État, du gouvernement et de la désignation du pouvoir. Du principe de souveraineté : « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » Et du principe démocratique : « la loi est l’expression de la volonté générale ». C’est ce qui fonde la supériorité de la loi civile sur la loi morale dans le régime ou nous vivons : il n’y aura plus qu’à s’aligner.

Il faut y ajouter les « valeurs [dites] républicaines », maintes fois affirmées contre les convictions religieuses, depuis la proclamation de la République, et encore plus nettement affirmées depuis les attentats de janvier. Laïcité, droit au blasphème, liberté d’expression absolue – dans l’exacte mesure de la conformité aux principes susdits.

Le contrôle des écoles hors contrat portera sur les « valeurs de la République »

Tout cela peut aller encore beaucoup plus loin : habillement, mixité obligatoire, cours de religion surveillés, traque de l’« homophobie » dans l’enseignement moral… Le champ est vaste et les outils sont en place pour l’étendre.

Bien que sa hiérarchie ne l’affirme plus guère en France, les valeurs ou plus exactement l’enseignement, la vérité et le bien proclamés par l’Église catholique ne peuvent être en conformité avec ces « valeurs de la République » puisqu’ils ne dépendent pas de la volonté du plus grand nombre… affirmée de la manière tyrannique et trompeuse que l’on sait par les détenteurs du pouvoir politique.

Un tel contrôle des écoles hors contrat est nécessaire à la « dictature du relativisme » dénoncée par Benoît XVI, il en serait une forme d’aboutissement et marque une volonté d’emprise absolue de l’idéologie maçonnique de la laïcité de révolte contre Dieu.

Que le contenu des enseignements donnés au sein des écoles hors contrat doive être soumis à un contrôle de l’inspection académique n’est pas nouveau : cela fait plusieurs années que les gouvernements de droite comme de gauche, de Xavier Darcos à Vincent Peillon et, aujourd’hui, Najat Vallaud-Belkacem insistent sur la nécessité d’exposer tous les enfants au « socle commun », sinon aux programmes et aux modes de progression mis en place par l’Éducation nationale.

La nouveauté, c’est que ce socle commun devient de plus en plus idéologique [il fallait s’y attendre...], et que les moyens se multiplient pour en vérifier le respect, au détriment des – coûteux – espaces de liberté choisis par les parents dans l’enseignement hors contrat ou à domicile, lui aussi soumis à des règles de plus en plus strictes et à un contrôle qui se renforce au fil des ans.




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France — Les vieilles lunes des pédagogistes

Le projet de réforme des programmes scolaires est un pur produit des pédagogistes qui règnent sur l’Éducation nationale depuis des décennies. Une caste à l’idéologie aussi folle que leur vocabulaire.

Le Conseil supérieur des programmes (CSP), qui a élaboré le projet de réforme défendu par Najat Vallaud-Belkacem, créé en octobre 2013, est issu de la loi de refondation de l’école voulue par Vincent Peillon. Il a pris la place du Haut Conseil de l’éducation (2005-2013), lui-même successeur du Conseil national des programmes (1989-2005) : mais, tandis que ces deux instances ne faisaient que rendre des avis sur les programmes concoctés par la Direction de l’enseignement scolaire, le CSP a pour mission de les élaborer lui-même. Problème : comme l’a souligné le président que lui avait choisi Vincent Peillon, Alain Boissinot, qui a démissionné dès juin 2014, il ne compte « que dix-huit membres qui se réunissent une fois tous les quinze jours. C’est insuffisant au regard de la tâche ».

De ces dix-huit membres, un seul a enseigné au collège — autrefois, car il est aujourd’hui retraité ; les autres n’ont qu’une connaissance très lointaine du domaine éducatif, à l’exception du nouveau président, Michel Lussault (ci-dessus), directeur de l’Institut français de l’éducation, à qui l’on doit notamment la brillante idée de remplacer les notes par des pastilles de couleur...

Pour Jean-Paul Brighelli, le CSP est essentiellement composé de politiques (majorité oblige, les représentants de l’opposition y sont en minorité — mais ils sont là, et ils cautionnent le résultat final), des universitaires de haut rang, qui ne sont jamais allés dans un collège, sinon pour y emmener leurs enfants, et des spécialistes de ces « sciences de l’éducation » qui depuis trois décennies tentent de grignoter l’université française en s’efforçant de croire eux-mêmes à la scientificité des approximations qu’ils professent. Ajoutez à cela une sociologue (Agnès van Zanten) qui depuis des décennies œuvre, comme François Dubet dont elle est proche, à démanteler ce qui reste encore debout, et un représentant de la Ligue de l’enseignement, confédération d’associations qui jouent un rôle éminent dans le sport et les colonies de vacances. Il y a bien le neuroscientifique Stanislas Dehaene, qui depuis des années se bat pour que l’on enseigne convenablement le lire-écrire-compter. Il a dû se sentir bien seul. Quant à son président, Michel Lussault, Blanche Lochmann, présidente de la Société des agrégés, voit avec raison en lui « le triomphe des vieilles lunes déconnectées du terrain. » Le remplacement des notes par des pustules de couleur, c’est lui. Au total, essentiellement une armée mexicaine de grandes pointures incompétentes ou nocives — ou les deux.

Le CSP ne fait pas le plus important du travail. Ce sont donc les groupes d’experts consultés préalablement qui ont fait l’essentiel du travail, que le CSP s’est contenté de corriger à la marge.

Qui sont ces experts ? Généralement très marqués à gauche, enseignants dans les lycées et collèges ou les ex-IUFM où ils ont formé (ou plutôt déformé) des générations de professeurs, ils sont issus de cette caste de pédagogistes qui ont pris le pouvoir à l’Éducation nationale après 1968, et y ont appliqué sans ménagement les thèses du sociologue Pierre Bourdieu, dont François-Xavier Bellamy a magistralement analysé les racines philosophiques et dénoncé les conséquences dans son livre les Déshérités. Pour Bourdieu et ses héritiers, la transmission des savoirs est une violence faite à l’enfant, un simple moyen de reproduction des privilèges et de domination sociale. L’enseignant n’est donc plus là pour transmettre, mais pour aider l’enfant à « construire lui-même ses savoirs ». L’état catastrophique de l’école, soutient Bellamy, n’est donc pas l’échec d’une méthode, mais paradoxalement sa « réussite » : c’est le fruit d’un projet conscient — et dément — pour en finir avec la transmission, laquelle « est une aliénation parce que, en le soumettant à l’emprise d’une autorité qui se rêve créatrice, elle empêche [l’enfant] d’être l’auteur de lui-même ».

Se fixant pour objectifs que les élèves, « familiarisés avec une démarche de questionnement dans les différents champs du savoir », « acquièrent une autonomie qui leur permet de devenir acteurs de leurs apprentissages », « développent des capacités métacognitives qui leur permettent de choisir les méthodes de travail les plus appropriées », « proposent des explications et des solutions à des problèmes d’ordre scientifique et technique », et mettant en valeur « la créativité des élèves qui traverse tous les cycles », ce projet de réforme des programmes, jusqu’au jargon souvent délirant (lire notre encadré) dans lequel les traductions concrètes de ces grandes lignes pédagogiques s’incarnent, est typique de cette utopie d’un enfant éducateur de lui-même et des vieilles lunes pédagogistes qui métastasent les textes officiels de l’Éducation nationale depuis des décennies, mais qui prolifèrent toujours avec une audace plus décomplexée quand la gauche est au pouvoir.

Pour Brighelli, on retrouve parmi ces « experts » la pasionaria du site Aggiornamento, Laurence de Cock, qui fut l’une des chevilles ouvrières du titanesque travail d’éradication des programmes d’histoire. Elle est accompagnée du « plus pédago des pédagogistes », Jean-Michel Zakhartchouk, qui a « participé activement et de façon passionnante » à ces travaux.

Ces nouveaux programmes marquent-ils la puissance des pédagogistes ou, comme l’espère Jean-Paul Brighelli et comme semble le prouver le tollé général qui les a accueillis, constituent-ils, de leur part, une sorte de « baroud d’honneur » ? Il n’est pas interdit en tout cas de l’espérer et de tabler sur le bon sens des enseignants pour traiter ces nouvelles directives avec toute la réserve qu’elles méritent.

Source : Valeurs actuelles et Le Point




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jeudi 14 mai 2015

Étude — La marijuana médicale ne soulage pas plus les symptômes de la démence qu'un placebo

Selon des chercheurs aux Pays-Bas, des pilules de marijuana médicale ne soulagent pas plus les symptômes de la démence que des placebos. Ils se refusent toutefois de tirer des conclusions sur l’efficacité du médicament jusqu’à ce que des doses plus élevées soient testées.

L’étude publiée dans la revue Neurology mercredi par des chercheurs du centre médical de l’Université Radboud conclut qu’il y avait peu d’avantages à soulager les symptômes de démence comme l’agitation, l’agression ou de l’errance en suivant un protocole de pilules contenant du tétrahydrocannabinol (THC). Le THC possède des propriétés psychoactives qui modifient l’état de conscience du consommateur, mais aurait également des vertus anti-inflammatoires et anti-métastatiques.

Pendant trois semaines, 50 patients atteints de démence et exempts d’autres maladies ont reçu quotidiennement des pilules. Vingt-six personnes de ce groupe ont reçu un placebo alors que le reste (24) recevait 4,5 mg de THC. L’étude a été menée à double insu, ainsi ni les chercheurs ni les patients ne savaient quel groupe recevait quelles pilules. Les aidants naturels ont consigné les symptômes des patients comme l’agitation et l’agressivité. L’étude a été répétée après deux semaines, et puis après trois semaines.

Les chercheurs ont analysé les résultats de l’étude pour conclure que les patients utilisant le THC et le groupe placebo ne se distinguaient pas statistiquement.

« L’amélioration dans le groupe placebo a été remarquable, car la démence est une maladie progressive », a déclaré le Dr Marcel Olde Rikkert, directeur du service de gériatrie au Centre Radboud Alzheimer et auteur principal de l’étude. « L’amélioration pourrait due au fait que les patients ont reçu beaucoup de soutien lors de l’étude ou à l’effet placebo. »

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École : l'Asie excelle


Singapour figure en tête du récent classement de l’OCDE, devant le Hong Kong et la Corée du Sud.

Cinq pays asiatiques sont de nouveau en tête en matière de performances scolaires selon une étude annuelle de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), a annoncé la chaîne de télévision britannique BBC.

Singapour se trouve en tête du classement, devant Hong Kong et la Corée du Sud. Le Canada se retrouve à la 10e place, la Suisse en 8e position, la Belgique à la 16e place, la France à la 23e place.

Les dix premières places comprennent également le Japon, Taïwan, la Finlande, l’Estonie, les Pays-Bas, la Pologne et le Vietnam.

Selon la BBC, l’étude a de nouveau démontré la qualité insuffisante de l’enseignement dispensé par les écoles américaines. Les états-uniennes figurent au 28e rang derrière les pays européens et le Vietnam.

Les cinq pays qui clôturent la liste sont Oman, le Maroc, le Honduras, l’Afrique du Sud et le Ghana.

Les experts de l’OCDE ont étudié les résultats des examens scolaires de mathématiques, biologie, chimie et physique obtenus par des écoliers de 15 ans dans 76 pays. Selon eux, l’étude est appelée à établir si la qualité de l’enseignement scolaire dépend du niveau de vie et de la croissance économique.

L'étude

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Une fortune est enfouie dans les jeunes cerveaux

En Turquie et en Roumanie, les enfants seraient plus heureux

Écolières turques entre Van et Doğubeyazıt (Bazîd)
Le premier sondage mené à grande échelle auprès d’enfants révèlerait que les écoliers les plus heureux vivaient en Turquie et en Colombie — les plus malheureux étant en Corée du Sud et en Afrique du Sud. Les plus lettrés se trouvent en Estonie et les plus sportifs en Pologne.

Les enfants âgés de 10 à 12 ans seraient les plus heureux en Turquie et en Roumanie, tandis que ceux de Corée du Sud et d’Afrique du Sud seraient les moins satisfaits de leur sort, annonce une équipe de chercheurs qui a présenté le premier rapport du genre au Parlement européen. « Ce rapport est le résultat de plusieurs années d’un travail dans le cadre duquel nous avons tenté de comprendre comment les enfants voyaient leur vie et leur bien-être. Nous avons montré que de telles études pouvaient être menées et nous voudrions remercier 53.000 personnes de 16 pays du monde qui y ont participé. Les conclusions sont à prendre en compte par tous les politiciens préoccupés par l’avenir des futures générations », a déclaré Acher Ben-Arieh de l’université hébraïque de Jérusalem.

Avec plusieurs dizaines d’autres sociologues et assistants volontaires, il a participé à la collaboration internationale ISCWeB pour tenter de découvrir ce qui préoccupait les enfants et quels problèmes ils éprouvaient. Ce projet avait été commandé par la fondation Klaus Jacobs et le Parlement européen.

Les chercheurs ont interrogé des dizaines de milliers d’enfants et leurs parents en Europe, mais aussi en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud et au Proche-Orient.

L’étude a révélé que dans l’ensemble les enfants avaient une vision positive de leur vie et ne voyaient pas de grands ou sérieux problèmes, cependant l’écart parmi les écoliers très heureux ou très malheureux s’est avéré très important.


Par exemple, plus de 70 % des enfants turcs, roumains et colombiens voient leur enfance très positive en lui donnant la note maximale – 10/10, tandis que seulement 40 % des écoliers sud-coréens ont donné cette note. La Corée du Sud et l’Afrique du Sud sont également « en tête » du classement négatif – plus de 7 % des enfants ont mis une note très basse à leur enfance, soit le double, voire le triple par rapport à d’autres pays.

Il est à noter que « l’angoisse » de l’adolescence touche uniquement les enfants des pays d’Europe – tous les autres écoliers des autres coins de la planète n’éprouvent pas de mécontentement croissant envers leur vie et l’avenir en grandissant. Autre particularité intéressante de l’Europe : un enfant sur dix, notamment dans les pays du Nord, vit dans une famille divorcée ou dans deux maisons à la fois. Environ 5-17 % d’entre eux sont nés en dehors de l’UE.

Hormis le bonheur des enfants, les auteurs du rapport ont cherché à savoir dans quels pays les enfants étaient les plus sportifs et les plus assidus à l’école. D’après les chercheurs, les écoliers polonais sont les plus nombreux à pratiquer le sport de rue et le sport professionnel, alors que les enfants estoniens sont ceux qui apprennent le plus, lisent le plus de livres et utilisent internet le plus activement.


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Suède : des résultats scolaires en baisse depuis dix ans

Il ressort d’un nouveau rapport de l’OCDE que la Suède ne parvient pas à améliorer son système scolaire malgré plusieurs réformes récentes.

Le rapport Améliorer les écoles en Suède indique que les résultats de la Suède à l’enquête PISA de l’OCDE, qui étaient dans la moyenne il y a dix ans, se situent désormais nettement en dessous. Aucun autre pays participant à l’enquête PISA n’enregistre un tel recul. Dans l’enquête la plus récente (2012), la Suède se classe 28e en mathématiques parmi les 34 pays membres de l’OCDE, 27e en compréhension de l’écrit et 27e en sciences.


La discipline à l’école s’est dégradée : les élèves suédois sont plus susceptibles d’arriver en retard en classe que dans n’importe quel autre pays membre, d’après le rapport. Et malgré un niveau de satisfaction professionnelle élevé, seuls 5 % des enseignants du premier cycle du secondaire estiment que le professorat jouit d’une bonne image auprès de la population, soit l’un des pourcentages les plus faibles de l’ensemble des pays ayant participé à l’enquête 2013 de l’OCDE sur l’enseignement et l’apprentissage (TALIS).

L’OCDE estime que la hausse de l’immigration n’a qu’une incidence limitée sur la baisse des résultats d’ensemble, mais l’écart entre les élèves issus de l’immigration et les autochtones reste problématique : près d’un élève issu de l’immigration sur deux (48 %) obtient des résultats inférieurs au niveau de référence en mathématiques, contre 22 % des élèves suédois de souche.

La Suède a augmenté de façon importante les dépenses en matière d'éducation au cours des dernières décennies, mais l'argent seul ne peut augmenter les résultats scolaires que jusqu'à un certain point. Parmi les pays de l'OCDE, il n'y a plus de relation entre les dépenses par étudiant et la qualité des résultats d'apprentissage. En d'autres termes, deux pays ayant des niveaux de dépenses égaux peuvent obtenir des résultats très différents. Pour la Suède, il ne s'agit donc plus de savoir combien il faut dépenser dans l'instruction de ses jeunes citoyens, mais comment dépenser cet argent.

Selon une étude de deux économistes suédois Anders Böhlmark et Mikael Lindahl à paraître dans la revue érudite Economica de la London School of Economics : « l'augmentation de la part des élèves issus des écoles indépendantes améliore les performances moyennes de scolarité à la fois à la fin de l'école obligatoire et, dans le long terme, en termes de notes au secondaire, de fréquentation universitaire et du nombre d'années de scolarité. Nous montrons, en outre, que ces effets sont très robustes par rapport à un certain nombre de problèmes potentiels, tels que l'inflation des notes et des tendances observées avant la réforme. Selon nos constatations, nos résultats ne sont pas dus aux effets d'autres réformes telles que l'introduction du choix parmi les écoles publiques ou la décentralisation de l'administration de l'école pour passer de l'État aux collectivités locales. Fait intéressant, il semble que ces effets positifs sont principalement dus aux retombées ou aux effets liés à la concurrence et non pas parce que les étudiants des écoles indépendantes s'améliorent [“gain”] nettement plus que les élèves des écoles publiques. [...] Nos résultats positifs peuvent apparaître surprenants, étant donné le déclin relatif de la Suède dans les classements internationaux tels que PISA et TIMSS depuis le milieu des années 1990. Toutefois, en effectuant une analyse séparée en utilisant des données centrées sur les élèves dans les tests TIMSS pour 1995, 2003 et 2007 ventilées au niveau des municipalités, nous pouvons concilier ces conclusions. Nous constatons que les résultats moyens aux tests se sont en effet détériorés entre 1995 et 2007 pour les étudiants suédois, mais qu'ils l'ont fait dans une moindre mesure dans les municipalités avec une part plus élevée d'élèves dans des écoles indépendantes. Par conséquent, nous ne trouvons aucun indice étayant l'idée selon laquelle l'augmentation du nombre d'élèves dans les écoles indépendantes explique le déclin relatif de la Suède. »

En 2014, les autorités suédoises ont demandé à l’OCDE d’examiner le système scolaire national. Pour préparer ce rapport, l’équipe d’examinateurs a eu des réunions et des échanges avec de multiples parties prenantes (responsables de l’action publique, communes, établissements scolaires, parents, élèves, enseignants, syndicats, organisations patronales et acteurs institutionnels clés du secteur éducatif).

Des enfants rois ?

Alors que le pays était considéré comme étant l’un des meilleurs modèles d’éducation au monde, il a toujours misé sur les enfants en politique. Déjà en 1974, le pays était le premier à instaurer un congé parental. Il est d’ailleurs aujourd’hui l’un des plus avantageux tant en ce qui concerne le temps accordé que la rémunération.

Pourtant, cette politique centrée sur les bambins et le manque de sévérité des parents a, selon le psychiatre David Eberhard, fait d’eux des enfants-rois instables, prétentieux, aux tendances dépressives. Dans son essai « Comment les enfants ont pris le pouvoir » publié en 2012, il explique comment les enfants suédois ont pris le contrôle sur la vie de leur famille : heure du coucher, menu des repas, lieu de vacances... C’est également le point de vue de Judith Woods, journaliste au Telegraph, qui pense que la Suède est en train de former « une génération de petits cons ».

Les louanges accordées au système éducatif suédois n’ont rien arrangé, selon l’hebdomadaire belge Le Vif. Les écoles du pays ont commencé à entrer en compétition entre elles. Il ne s’agit pas d’une concurrence au bénéfice de l’éducation, mais plutôt une bataille livrée entre institutions afin de déterminer laquelle fournira les bâtiments les plus clinquants, munis de la technologie la plus développée.


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Piéton viennois, joueur de rugby d'Oxford, vous n'échapperez pas à la rééducation !



Un petit pas pour l'homo, un grand bond pour l’« homoïté » ?

Quelques jours avant le Concours eurovision de la chanson à Vienne, près de 120 passages piétons de la capitale viennoise ont été équipés de feux assez originaux.

Des feux piétons arborant des couples homosexuels et hétérosexuels au lieu de l’habituel petit bonhomme solitaire. Vienne se met à l’heure de l’Eurovision, remporté l’an passé par l’autrichien(ne) Conchita Wurst, le/la travesti(e) à barbe dont personne ne se souvient de la chanson. La capitale autrichienne, qui accueille cette année ce concours de chanson, a annoncé avoir commencé à équiper quelque 120 passages piétons parmi les plus fréquentés de la ville (ouf !) avec des feux mettant en scène aussi bien des couples homosexuels, masculins ou féminins, que hétérosexuels, à chaque fois réunis par un cœur.



Si la tendance récente se maintient (voir ci-dessous), d’ici trente-cinq ans, un tiers de la population de l’Autriche pourrait être musulmane et près de 50 % des moins de 14 ans. Y aura-t-il encore des feux « conviviaux pour les homos » alors ?

Entretemps, le Daily Telegraph de Londres nous apprend que les étudiants de l’Université d’Oxford sont seulement autorisés à concourir dans les plus grands tournois de rugby de la saison s’ils acceptent de participer à des ateliers d’anti-misogynie, en vertu d’un nouveau règlement.

Les militants qui soutiennent cette obligation disent espérer que des conditions similaires seront imposées dans d’autres sports, comme le football (soccer), l’aviron, le hockey et le cricket. Les organisateurs sont en pourparlers avec d’autres universités dans le but d’introduire ces mêmes classes obligatoires à l’échelle nationale.

L’équipe de rugby de chaque collège de l’université d’Oxford a dû promettre d’assister aux ateliers d’une heure pour pouvoir participer au tournoi Cupper de cette année.

Les cours de « bon gars » participent d’un effort pour lutter contre la « culture de gars/de mecs » répandue sur le campus. L’atelier comprendra des discussions sur le harcèlement sexuel, le consentement, les « plaisanteries de gars » et les cérémonies d’initiation dans l’équipe. Reason.com pense qu’il s’agit là d’une volonté de rééducation, alors que Laura Rosen Cohen pense qu’il s’agit d’une étape de plus dans le processus de castration des jeunes mâles qui commence par le gavage de Ritalin dès le primaire.

Au Canada et au Québec, nous sommes cependant coutumiers de ces campagnes de lutte contre les stéréotypes masculins et virils. Depuis quelques années, les écoles et universités s’ornent d’affiches provocantes où l’ont voit deux joueurs de hockey (des « vrais gars ») qui s’embrassent et qui demandent pour qui cela est choquant. Apparemment, cela n’a pas été du goût de tous à l’Université de Saint-Boniface au Manitoba où une vingtaine d’affiches « contre l’homophobie » ont été déchirées en 2012 sur le campus à Winnipeg. (Ne pas aimer voir cela serait de l’homophobie donc.) Les vidéos de surveillance n’avaient pas permis d’identifier le ou les malfaiteurs. « On a eu de fortes réactions dès que l’on a placardé les affiches. On voyait des gens qui s’arrêtaient et qui faisaient des commentaires », explique Ornella Atangana, une étudiante qui croyait bon organiser, avec quatre collègues, une campagne « contre la discrimination envers les homosexuels ». Rappelons que la lutte à l’hétérosexisme dans les écoles et collèges québécois a coûté près de 5,7 millions de dollars aux contribuables québécois pour l’année scolaire 2012-2013 dans le cadre d’un plan intitulé Agir contre l’homophobie et l’intimidation. Voir la page d’accueil du site sur l’« intimidation » du Monopole de l'Éducation du Québec qui ne parle que de (homo)sexualité. Ces généreux budgets financent les activités des associations LGBT en milieu scolaire lors desquels « on discute de la sodomie, des stéréotypes reliés à l’homosexualité ».





Le tableau ci-dessous présente les différences de fécondité entre la Suisse et l‘Autriche. Dans les deux pays, les musulmans ont la plus forte fécondité avec un indice synthétique de fécondité (ISF) de 2,4 enfants par femme alors que les sans-religions ont elles la plus faible fécondité avec seulement 0,9 enfant en Autriche et 1,1 enfant/femme en Suisse. Les ISF des catholiques et des protestants sont également très bas et se situent entre 1,2 et 1,4 enfant/femme.



Depuis 2001, les recensements autrichiens ne peuvent plus se pencher sur l’appartenance religieuse des personnes recensées (voir page 10). Toutefois, certains chercheurs dont ceux de l’Institut des études islamiques de l’Université de Vienne ont calculé que la population musulmane en Autriche avait crû de 69,3 % en 11 ans pour atteindre 6,8 % de la population autrichienne. En 1961, il n’y avait presque aucun musulman en Autriche. À Vienne, la proportion de musulmans est passée de 0,4 % en 1981 à 12 % en 2011. Si ce taux de croissance devait se maintenir, il y aurait près de 2,8  millions de musulmans en Autriche en 2050 sur une population totale projetée de 9½ millions. Cette population musulmane dans 35 ans sera, toutefois, probablement jeune alors que plus de 34 % de la population totale devrait avoir plus de 60 ans.



Selon certains scénarios en 2051, une majorité des jeunes de moins de 15 ans (51,3 % pour être exact) pourraient être des musulmans. Ce n’est qu’un scénario qui présuppose que les différences de fécondité persisteront, que la sécularisation sera forte et que l’immigration autrichienne sera musulmane.


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mercredi 13 mai 2015

La gauche militante accuse les intellectuels dissidents d'être des pseudo-intellectuels

Article de Mathieu Bock-Côté paru dans le FigaroVox sur la réforme de la ministre de l'Éducation en France, la désastreuses Najat Belkacem (qui ferait une ministre de l'Éducation québécoise assez bonne) :

Face au tollé engendré par sa réforme du collège, le ministre de l'Éducation nationale a traité ses opposants de «pseudo-intellectuels». Pour Mathieu Bock-Côté, cette accusation révèle qu'une certaine frange de la gauche ne s'est toujours pas réconciliée avec le pluralisme politique.

Êtes-vous un pseudo-intellectuel? L'accusation n'est pas neuve mais elle étonne chaque fois. Quand la gauche pontifiante constate que les intellectuels font dissidence, alors qu'elle les croyait à son service, elle les accuse d'être des pseudo-intellectuels. Autrement dit, ce sont des faussaires qui usurpent un beau titre pour se mettre au service de la réaction. C'est de cette manière que Najat Vallaud-Belkacem a exécuté les adversaires de sa réforme des programmes.

Cette accusation, elle vient souvent des intellectuels de gauche eux-mêmes. On se souviendra du mauvais sort fait à Raymond Aron, traité longtemps à la manière d'un pamphlétaire. Il avait beau être un des grands philosophes de son temps, on le traitait comme un prosateur sans envergure, seulement bon à donner un vernis théorique aux intérêts bien calculés de la bourgeoisie à laquelle il avait prêté serment.

C'était le temps du marxisme religieux. On distinguait alors ceux qui avaient été éclairé par la révélation révolutionnaire et les autres, encore empêtrés dans l'histoire avec ses contradictions et sa part tragique. Les premiers servaient l'humanité, ils travaillaient à l'éclairer et à l'émanciper, les seconds, consciemment ou non, justifiaient les privilèges des uns et la subordination des autres.

Mais le marxisme n'était pas qu'une morale surplombante distinguant entre les forces vives de l'humanité et son bois mort. Il se prenait aussi pour une science, ce qui assurait son surplomb théorique devant le commun des mortels. Une partie importante de la gauche intellectuelle a récupéré ces dernières années cette rhétorique et se permet d'exclure du domaine de la pensée ceux qui ne reprennent pas son jargon ou ses méthodes.

Ainsi, au fil des ans, Jean Sévillia, Alain Finkielkraut ou Marcel Gauchet ont été accusés successivement de pratiquer la contrefaçon intellectuelle. Le premier ne serait pas vraiment historien, les deux autres certainement pas philosophes. On a aussi fait le coup, au fil du temps à Pierre Manent, accusé d'avoir une connaissance sommaire des œuvres qu'il commente. Si de telles attaques n'étaient pas aussi mesquines, on dirait aisément qu'elles sont hilarantes.

La dernière accusation en date, c'est celle de polémiste. Elle consiste à transformer son contradicteur en aboyeur virulent, qui cherche la querelle pour la querelle, à moins qu'il ne se contente de provoquer cyniquement la bonne société pour augmenter sa visibilité médiatique. Éric Zemmour, qui est un écrivain politique de grand talent, a ainsi été réduit au statut d'histrion ne méritant même pas qu'on lui réponde. En attendant qu'on le fasse taire.

Souvent, les «pseudo-intellectuels» sont accusés d'être réactionnaires. Encore faudrait-il définir ce terme mais il sert moins à qualifier qu'à disqualifier son contradicteur. Il envoie le message suivant: vous êtes réactionnaire, alors pourquoi perdrais-je du temps à débattre avec vous? On parlera même de «penchants réactionnaires», à la manière de passions honteuses qu'un intellectuel bien élevé devrait refouler sans jamais les avouer.

D'ailleurs, une frange importante de la gauche psychiatrise ses adversaires. Ils seront au gré des querelles xénophobes, homophobes, transphobes, europhobes, islamophobes, et ainsi de suite. L'avantage, lorsqu'on diagnostic un trouble psychiatrique chez son adversaire, c'est qu'on n'a plus à lui répondre. Il a besoin d'une thérapie. Au mieux, on l'accusera de nostalgie. On le laissera alors radoter seul dans son coin, comme un grand-père sénile.

C'est la possibilité même du désaccord de fond qui semble inconcevable pour une femme comme Najat Vallaud-Belkacem. Pour elle, il va de soi que si quelqu'un a vraiment lu et compris sa réforme, il ne pourra que l'approuver. À moins qu'il ne milite consciemment contre le bien commun. Ce sera alors un salaud. C'est-à-dire un homme de droite. Ou qu'il ne comprenne rien à rien. Ce sera alors un idiot. Mais l'adversaire de bonne foi n'existe tout simplement pas.

Une certaine frange de la gauche ne s'est toujours pas réconciliée avec le pluralisme politique. Pour elle, la vérité et la justice coïncident toujours. Elle se présente comme le parti du bien. Les seuls contradicteurs légitimes qu'elle se reconnaitra seront ceux qui se couchent devant elle en se présentant simplement comme de simples ajusteurs comptables. Mais lorsqu'un intellectuel confesse un désaccord de fond, il n'est plus digne de considération.

Un homme «de droite» pourrait aisément reconnaître en Michel Foucault un authentique philosophe même s'il rejette son œuvre. De même, un homme «de gauche» devrait admettre la profondeur philosophique de l'œuvre d'un Julien Freund même s'il ne l'embrasse pas. Ceux qui réservent la philosophie pour leur camp témoignent en fait d'un fanatisme grave. Il est seulement triste de constater qu'on décide de temps en temps d'en faire des ministres.

En complément

Suppression des humanités : la réforme du collège vue du Québec(Bock-Côté)



Najat Vallaud-Belkacem, le latin et le grec - Désintox




Audition de Laurent Lafforgue, mathématicien, titulaire de la médaille Fields, membre de l’Académie des sciences, lors des travaux de commission C.E. « Service public de l'éducation, repères républicains et difficultés des enseignants », le jeudi 2 avril 2015 (à écouter plus précisément sur l’importance de l’apprentissage des langues anciennes de 4’28 à 5’06, 9’21 à 9’47, 26’38 à 27’, 40’ à 41’34, 54’47)

Un mathématicien et les humanités classiques
par Laurent Lafforgue (IHÉS)

  


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lundi 11 mai 2015

Réforme du collège en France — les travaux interdisciplinaires collectifs dénoncés

Texte de Jean-Luc Neulat, professeur agrégé de mathématiques, paru sur Causeur :


Les détracteurs du projet de réforme [du collège (secondaire inférieure) en France] ont peut-être trop mis l’accent sur leurs critiques vis-à-vis de l’enseignement des langues vivantes ou mortes. Si pertinentes qu’elles soient, ces objections font perdre de vue le plus dangereux de la réforme : son inspiration générale. Le principe sous-jacent est qu’en multipliant les activités transversales, si possible ludiques, au détriment des savoirs fondamentaux et en saupoudrant les enseignements d’heures de soutien, on va parvenir à faire réussir tous les élèves. Derrière un discours prétendument moderne et audacieux, la ministre ne propose que de vieilles recettes coûteuses qui ont déjà montré leur inefficacité et aboutissent inéluctablement à un abaissement général du niveau. L’une des principales mesures prévues est la mise en place des E.P.I. (Enseignements pratiques interdisciplinaires) qui vont absorber avec l’accompagnement personnalisé 20 % du travail des élèves. Leur objectif est, d’après le ministère, de permettre « aux élèves de comprendre le sens de leurs apprentissages en les croisant, en les contextualisant et en les utilisant pour réaliser des projets collectifs concrets ». Ces enseignements par projets, présentés comme une nouveauté, mais expérimentés de longue date au lycée sous des formes légèrement différentes, a priori séduisants, posent de nombreux problèmes. L’expérience montre en effet que le profit qu’en tirent les élèves est dérisoire au regard du temps qu’ils consomment. Les compétences auxquelles ils font appel sont très disparates suivant les disciplines et souvent non adaptées au niveau de l’élève, soit parce qu’elles sont trop compliquées soit parce qu’elles sont trop simples. L’enseignement disciplinaire y est difficilement maîtrisable et il en résulte pour les élèves une formation molle et imprécise, alors que les jeunes d’aujourd’hui ont plus que jamais besoin d’être encadrés.


Les pédagogies rétrogrades (pendant la « Grande Noirceur ») et en groupe de petits génies (aujourd’hui au Québec, demain encore plus en France ?) selon un cahier d’activités d’ECR...


Protégé par le groupe, assuré d’être bien rémunéré pour un travail sans difficulté et en fait non évaluable et donc toujours noté complaisamment, l’élève ne sent pas tenu de faire de réels efforts et il n’en retient pratiquement rien. Ce qui est déjà vrai au lycée le sera davantage au collège et on peut déjà mesurer la gabegie que cela provoquera. Mais, dans le politiquement correct ambiant, on attribue au travail en groupe des élèves, comme d’ailleurs à celui des enseignants, des qualités miraculeuses auxquelles tout le monde fait semblant de croire tout en sachant qu’il est mal adapté à des élèves qui manquent de maturité et de connaissances de base solides. Quoi qu’il en soit, l’élève en échec scolaire ne trouvera pas là le moyen de s’en sortir, on l’aura artificiellement distrait et pendant ce temps privé d’une réelle formation. Une autre mesure phare est l’accompagnement personnalisé ouvert à tous les élèves que l’on pratique déjà depuis trois ans en lycée où il s’est montré coûteux et particulièrement inefficace.


Les syndicats de gauche prétendent que c’est parce les moyens alloués sont insuffisants, le ministère parce ce que ce sont les professeurs qui ne savent pas mettre à profit les quelques heures qui lui sont réservées. Tous évitent de le remettre en cause parce que cela fait partie des nouveaux tabous dont il est de mauvais goût de contester la pertinence. Pourtant, il suffit d’un peu de bon sens pour se rendre compte qu’il faudrait, pour avoir quelques chances d’être efficace, des moyens financiers et intellectuels inaccessibles.


Au lycée, ce n’est pas avec deux heures par semaine à partager entre toutes les matières, ce qui laisse au mieux par matière un groupe de 15 élèves tous les 15 jours, soit 3 minutes et 40 secondes par élève, que l’on peut sérieusement se pencher sur les difficultés particulières de chacun d’eux. Et, même si les moyens étaient deux, trois, quatre fois plus importants, cela resterait encore très insuffisant. Et, quand bien même les aurait-on, serait-on capable de comprendre le fonctionnement du cerveau de chaque élève et de trouver pour chacun d’eux un remède approprié ? Et, quand bien même, il ne resterait plus suffisamment de temps pour l’enseignement de base. Et, quand bien même arriverait-on à tout caser dans l’emploi du temps, il y aurait un perpétuel décalage entre les lacunes que l’on tenterait de combler d’un côté et celles qui apparaîtraient de l’autre côté dans la suite du programme.


On est face à une nouvelle utopie à laquelle les psychopédagogues et les prétendus experts en science de l’éducation s’accrochent éperdument pour éviter que l’on s’attaque au plus précieux de leur tabou et pourtant la principale cause de la faillite du système éducatif français, le principe du collège unique. De réforme en réforme, ils imposent aux ministres successifs une politique dont ils ont de plus en plus de mal à dissimuler le cuisant échec. Comment peut-on honnêtement croire qu’après avoir trimbalé dans un même sac des boules de pétanque et des boules de ping-pong, il suffira pour raccommoder ces dernières nécessairement abîmées de les prendre collectivement et de souffler un peu dessus ? Fondre tout le monde dans un même moule est une violence faite au genre humain. Il y a plusieurs formes d’intelligence, de talents et des personnalités diverses, c’est ce qui en fait sa grande richesse. L’intérêt général est de permettre à chacun de s‘épanouir dans un environnement qui lui convient et de trouver son chemin. Certains ont une intelligence concrète, d’autres abstraite et entre ces eux extrêmes il y a toute une panoplie de nuances. Dans cette machine à broyer, certains élèves font des choix précoces, ce n’est pas nécessairement par manque d’ouverture d’esprit, cela est parfois l’affirmation d’une personnalité qui ne veut pas se laisser embarquer dans un paquebot qu’elle n’a pas choisi. C’est aussi souvent une forme d’autodéfense devant une épreuve que l’on ne sent pas capable, à tort ou à raison, d’affronter. Alors, la porte se ferme et plus rien ne rentre. Insister devient contre-productif. Quelle folie de croire que c’est à coup d’heures de soutien supplémentaires que l’on va régler le problème !

Cette manière de procéder conduit à une forme de harcèlement moral, particulièrement pervers, car on fait croire à l’élève que l’on agit pour son bien et il se sent encore plus dévalorisé s’il n’arrive pas à en tirer profit. Pour défendre la suppression des classes européennes et bilingues, la ministre déclare qu’elle est contre ce qu’elle appelle « l’élitisme dynastique » qui, toujours selon elle, « reproduit des avantages sociaux de certains en leur offrant, toujours aux mêmes, des classes de contournement, des filières sélectives, des offres de choix qui ne sont réservés qu’à eux ». Elle se fait ici clairement la porte-parole d’une certaine gauche excessive qui devant l’impossibilité de faire suivre à certains un parcours d’excellence veut l’interdire à tous. Les classes européennes, comme les anciennes classes à option, sont ouvertes à tout élève, quelle que soit sa condition, pourvu qu’il ait le goût et les moyens de les suivre. Elles ne sont nullement réservées à une hypothétique dynastie qui n’existe que dans la tête de la ministre, à moins de considérer que les « bons élèves » constituent une caste à part que l’on doit au nom d’un égalitarisme fanatique rabaisser. C’était sans doute ce même état d’esprit qui inspirait le projet, auquel elle a apparemment renoncé, de noyer l’enseignement du grec et du latin dans un vaporeux E.P.I. intitulé « Langues et cultures de l’Antiquité ». C’est ainsi qu’en voulant la réussite pour tous que l’on va une nouvelle fois organiser, par aveuglement idéologique, l’échec pour tous.




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La Russie et sa relation apaisée avec la religion


À comparer avec la volonté laïciste au Québec et au Canada de chasser le religieux de l’espace public : en Russie un ministre de la Défense bouddhiste est le premier à se signer avant de passer sous l’icône d’un Christ sauveur.

Défilé du 9 mai 2015, à 9 minutes 56 secondes, le ministre de la Défense se signe

Le 9 mai 2015, la Russie a célébré avec pompe le 70e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie. Pendant ce conflit, l’URSS a perdu quelque 25 millions de ses citoyens, alors que l’Allemagne perdait 5,38 millions de soldats sur le front de l’Est, contre « seulement » 0,6 sur le front de l’Ouest.

Le défilé du 9 mai comprenait pour la première fois un détachement de l’Inde et un autre de Chine. On notera d’ailleurs que, lors de ce défilé, les symboles de la Russie tsariste et soviétique se côtoyaient en commençant par les drapeaux, le ruban de Saint-Georges, les aigles tsaristes ou l'étoile soviétique. La Russie commémore toute son histoire.

Mais une autre chose, non moins étonnante, s’est également produite : le ministre de la Défense Choïgou a fait le signe de la croix avant le début des célébrations.

Jamais, depuis la Révolution d’Octobre 1917, aucun ministre russe de la Défense n’avait fait un tel geste. Certes, une vieille tradition veut qu'on fasse le signe de croix quand on passe sous la Tour du Saint-Sauveur du Kremlin parce qu’une icône du Sauveur orne le haut du portail.

Comme le note le journaliste russe Victor Baranets : « À ce moment-là, j’ai senti que par son geste simple Choïgou a galvanisé toute la Russie. Il y avait tant de bonté, tant d’espoir, tant de notre sens russe du sacré [dans ce geste] ». Voir un bouddhiste touvain faire le signe de la Croix à la manière orthodoxe a envoyé un électrochoc à travers la blogosphère russe : tout le monde sentait que quelque chose d’incroyable venait de survenir.



Les commentateurs russes s’accordent pour dire que Choïgou n’a pas fait ce signe « pour la frime ». L’homme a un immense capital de popularité et de crédibilité en Russie et il n’a nul besoin de jouer au Tartuffe. En tant que bouddhiste, Choïgou vit facilement la diversité religieuse et la domination symbolique de l'orthodoxie russe. En outre, plusieurs commentateurs soulignent que Choïgou était très concentré, très solennel, quand il a fait ce signe. 

Un des commentateurs croit que « Choïgou a littéralement demandé l’aide de Dieu dans un des moments les plus dangereux de l’histoire russe contemporaine alors que — en tant que ministre russe de la Défense — il pourrait être appelé à prendre des décisions capitales dont l’avenir de la planète pourrait dépendre. »

L’icône du Saint-Sauveur est restée cachée pendant près de 80 ans. L’icône était considérée comme perdue avant qu’elle ne fût redécouverte en 2010 au-dessus de la Porte du Sauveur. La sainte image avait été murée dans les années 1930. Le pouvoir soviétique athée ne pouvait tolérer que tous ceux qui entraient au Kremlin par la porte principale vénérassent l’icône. L’ordre fut alors donné de supprimer l’image. Mais au lieu de détruire l’icône, on la recouvrit d’un crépi. Et sous la couche de crépi se dissimulaient un grillage et un treillis métalliques qu’environ 10 cm séparaient de la couche chromatique de l’icône. (Plus de détails.)

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