jeudi 22 mars 2012

Cour suprême : Enfant envoyé par un juge en garderie pour le « socialiser » après que seuls les experts de la DPJ ont pu témoigner

Plusieurs se demandent ce qu'il en est de la cause au Québec en faveur d'une famille à qui la cour avait ordonné d'envoyer ses enfants à l'école et à la garderie comme « mesure temporaire ».

Rappelons les faits.

En novembre 2010, lors d'une comparution à la Chambre de la jeunesse, les autorités interdisent aux parents le droit de présenter une contre-expertise, alors que les témoins experts des procureurs de la prétendue direction de la « protection » de la jeunesse (DPJ) eux sont autorisés, même s'ils n'ont jamais rencontré les enfants en question ! Cette contre-expertise était nécessaire pour contrer les allégations  de négligence parentale exprimées par les fonctionnaires québécois qui bénéficient d'une immunité. Lorsque l'avocat des parents a insisté sur le fait que la déposition de ce témoin était nécessaire dans le but d'assurer un procès équitable, il s'est fait menacé d'outrage au tribunal.

Mars 2011 — La Chambre de la jeunesse rend son jugement qui stipule que les enfants étaient , selon elle, en situation de compromission et qu'ils doivent fréquenter l'école et la garderie, à moins que les parents soumettent un plan de scolarisation et de socialisation qui puisse être approuvé par la DPJ.

Les parents, la HSDLA et leurs avocats tentent alors d'expliquer à la DPJ qu'il n'est pas de leur ressort d'approuver des plans de scolarisation. Les parents devaient se soumettre à cette prérogative de la cour et ont présenté un plan très élaboré, qui leur a permis de poursuivre chez eux l'instruction et l'éducation de leurs enfants.

Ceci constituait en soi une victoire pour les parents. Toutefois, cette cause n'aurait jamais pas dû aller aussi loin et aboutir devant un juge.

En outre, ceci ne s'est pas fait sans de continuelles intrusions dans la vie des parents. La DPJ a toujours droit d'accès à leur domicile et les parents sont étroitement supervisés pour ce qui est des nombreux rendez-vous médicaux qui faisaient déjà partie de leur quotidien, compte tenu de l'état de santé de leurs enfants.

Avril 2011 - Appel est fait à la Cour supérieure du Québec à la suite du refus d'entendre le témoin-expert des parents.

Novembre 2011 - Le tribunal statue qu'une deuxième opinion n'est ni utile ni nécessaire. Les parents en appellent à la Cour d'appel du Québec.

Janvier 2012 - La permission d'en appeler dans le but d'obtenir la déposition du témoin-expert est refusée sur la base que cette procédure ne s'applique pas encore puisqu'aucun jugement final n'a encore été rendu. Toutefois, bien évidemment, le refus d'expertise a pu déjà avoir un effet préjudiciable pour les parents..

Pour la HSLDA, il est donc primordial d'empêcher qu'une situation semblable ne se reproduise encore et que les droits des parents de faire entendre leurs experts est fondamental.

Vendredi 9 mars 2012 — la HSLDA a donc déposé à la Cour suprême du Canada une requête pour aller en appel dans cette cause. Notre plaidoyer s'appuie sur la violation subie par cette famille de leur liberté fondamentale d'être entendue par la cour, en raison du refus des instances juridiques d'entendre leurs témoins. La Direction de la « protection » de la jeunesse (DPJ) a présenté en cour un témoin qui n'avait jamais rencontré les enfants et qui prétendait que les enfants devaient être protégés. D'autre part, quand la famille a tenté de présenter comme témoins leurs propres experts médicaux qui allaient à l'encontre de ce témoignage, la cour a refusé de les entendre. Selon la HSLDA, il s'agit d'une erreur de justice et une erreur que nous espérons voir corrigée par la Cour suprême, non seulement pour cette famille, mais pour toutes les familles au pays qui pourraient se retrouver dans une situation semblable.

Contexte détaillé (notre billet de mai 2011 et 3 vidéos)

Suède – Père veut instruire son enfant à la maison : « un fanatique des droits de l'homme » selon les autorités

Mise à jour : 22 mars 2012

Les autorités suédoises se sont dites préoccupées de constater que Domenic était trop affectueux avec les autres enfants, les étreignant et les baisant sur la joue pour les saluer. Ils ont appelé ce comportement « déviant ».

Le père du petit Domenic, Christer, a ensuite été qualifié de « fanatique des droits de l'homme ».

Selon Christer, lesdites autorités suédoises ont tout fait pour empêcher que Domenic soit rendu à sa famille. Et toutes les preuves comme quoi les parents de Domenic étaient de bons parents ont tout simplement été ignorées.

« Peu importe si nous avons des professeurs et des médecins qui viennent nous défendre. Cela n'avait pas d'importance », a-t-il ajouté.

Le modèle « suédois »

Exaspéré, Christer a décidé de ramené Domenic chez lui sans la permission des autorités gouvernementales en novembre 2010. La police fortement armée et accompagnée de chiens a ensuite perquisitionné leur domicile, puis a enlevé Domenic. Christer, pour sa part, a été mis en prison pendant deux mois.

« Le cas de Domenic Johansson est une tragédie pour l'instruction à la maison de la Suède. Je crois que c'était tout simplement une erreur, » a déclaré Jonas Himmelstrand directeur de l'Association suédoise de l'instruction à domicile (Rohus).

« Les autorités ne se sont pas rendues compte qu'elles ne pouvaient pas enlever pour la simple raison qu'il était instruit à la maison. Elles ont donc inventé toutes sortes d'autres raisons - pour ne pas parler de l'orgueil typique des autorités suédoises, qui n'admettent jamais avoir commis une erreur », a-t-il dit.

Pour Michael Donnelly, un avocat de la Home School Legal Defense Association (HSLDA), une organisation qui prête son aide aux Johansson, « Je m'étonne que les gouvernements de pays libres au courant de cette affaire ne s'implique pas davantage dans ce dossier. »

Donnelly a comparé le comportement du gouvernement suédois à celui de l'Union soviétique.

« Ce gouvernement régional, désormais soutenu par les tribunaux suédois [on hésite à écrire la Justice suédoise], a montré qu'il est capable de perpétrer les actes les plus totalitaires à l'encontre de ses propres citoyens, qui rappellent de l'Union soviétique et les pays communistes de l'histoire récente », de déclarer Donnelly.

Reportage en anglais sur ce sujet

Billet original : mars 2010

Deux importants organismes américains qui défendent les droits des parents à instruire eux-mêmes leurs enfants à la maison se penchent sur la possibilité d’aider un couple indo-suédois dont le fils de sept ans a été saisi par la police et les services sociaux parce que ses parents avaient choisi de l’instruire à la maison.

Il y a près de huit mois Christer et Annie Johannson, ainsi que le jeune fils Dominic, prenaient place dans un avion à destination de l’Inde où ils avaient prévu de longue date de mener un projet humanitaire. Quelques instants avant le décollage de l’avion, la police suédoise est intervenue, a arrêté les parents Johannson et emmené Dominic pour le livrer aux services sociaux du pays.

La vie des Johansson venait brutalement de tourner au cauchemar. Les policiers qui avaient emmené l’enfant n’avait aucun mandat et ils n’accusèrent les Johansson d’aucun crime. La raison de leur intervention ? Dominic était éduqué à la maison et les services sociaux de la Suède qu’il quittait voulait s’assurer qu’il recevait une éducation conforme.

M. Johansson a déclaré « être prêt à coopérer, comme par le passé, avec les services sociaux, mais ceux-ci nous répètent que ne nous savons pas comment nous occuper de notre fils. Bien que nous fassions certaines choses différemment de la plupart des Suédois, nous n’avons enfreint aucune loi et n’avons fait aucun tort à notre enfant. Nous avions décidé en famille de nous établir en Inde pour être plus proches de la famille de ma femme. Mais le gouvernement a pris le contrôle de notre vie et elle est devenue un cauchemar. »

Depuis ce mois de juin, les autorités suédoises ne permettent aux parents de voir leur fils qu’une heure toutes les cinq semaines.

Dans un communiqué de presse conjoint, la Home School Legal Defense Association (HSLDA) et l'Alliance Defense Fund (ADF) ont declaré qu’ils coopéraient désormais ensemble afin de conseiller la famille et d’explorer toutes les manières de faire en sorte que l’enfant soit rendu aux parents le plus tôt possible. Dominic vit actuellement dans une famille d’accueil qui collabore avec les services sociaux suédois.

En décembre 2009, la Cour suprême administrative de Suède a rejeté le dernier appel des Johansson et donner raison aux services sociaux qui insistaient qu’ils ne faisaient que protéger le « droit à une éducation » de Dominic brimé par ses parents. Les travailleurs sociaux se sont plaints de la décision des parents de ne pas faire vacciner Dominic et de ne pas traiter deux caries à des dents de lait.

Selon Mike Donnely, avocat de la HSLDA pour ce dossier, « la manière dont cette famille est traitée par l’administration suédoise est tout simplement inhumaine. Ils traitent ces parents comme s’il s’agissait de criminels, comme s’ils avaient maltraité ce garçon ».

« Ils s’en sont occupés pendant 7 ans, il n’est jamais tombé malade. Ils lui ont toujours prodigué tout ce dont il avait besoin, de nombreux jouets et de nombreuses occasions d’apprendre » d’ajouter Donnelly.

Donnelly a ajouté qu’il était permis de ne pas se faire vacciner et que puisqu’un des parents d’Annie est dentiste en Inde, la famille voulait que Dominic se fasse soigner par lui. Mais le cœur de l’affaire tourne autour du fait que les Johansson avaient décidé d’instruire leur fils à la maison.

En prévision de leur départ imminent pour l’Inde, Christer et Annie avaient pris la décision de retirer leur enfant de l’école gouvernementale et de l’instruire à la maison comme il est permis en Suède. Annie est citoyenne indienne. Selon les Johansson, l’administration scolaire leur aurait dit qu’il leur suffisait de rentrer en contact avec le directeur de l’école gouvernementale locale pour qu’il fournisse à Dominic le matériel pédagogique approprié. Le directeur en question aurait cependant refusé de leur fournir ce matériel, s’assura que la commission scolaire locale leur inflige une amende avant de contacter les services sociaux pour qu’ils enquêtent sur leur cas.

Le tribunal suédois a décrété que Dominic était « socialement isolé » de par le fait qu’il ne fréquentait pas une école. Ceci démontre, d’ajouter le tribunal, « que les parents ne sont pas conscients de l’impact que leur décision d'instruire leur fils à la maison a sur le développement et la vie de Dominic. »

Me Donnelly a déclaré que la HSLDA et l’ADF évaluaient actuellement la possibilité d’intenter une autre action devant les tribunaux suédois tout en considérant avoir recours à des tribunaux internationaux.

Entretemps, les parents de Dominic coopèrent avec les travailleuses sociales dans l’espoir de voir leur enfant revenir plus rapidement parmi eux. La HSDLA a révélé que les parents ont été soumis à des visites de la part des services sociaux qui désiraient s’assurer de leur capacité à éduquer leur fils. Mais un avocat suédois, sous promesse d’anonymat, a affirmé à la HSLDA qu’il ne fallait pas voir dans ces rencontres un signe avant-coureur d’un prochain retour de Dominic dans sa famille, mais qu’il s’agissait plutôt de s’assurer de leur « soumission complète au système ».

Ces mésaventures ont ébranlé les parents tant au plan physique que psychologique. Me Donnelly a révélé que les Johansson ne se remettent que lentement du choc et que Annie Johansson a été admise à plusieurs reprises à l’hôpital afin de traiter une dépression et des troubles cardiaques.

The Economist, une prestigieuse revue d’actualité internationale, a récemment souligné la contradiction patente dans cette triste histoire entre le conformisme exigé par l'administration suédoise et le principe de liberté. L’article attirait également l’attention sur la situation désespérée d’une autre famille suédoise, les Angerstig, dont la permission gouvernementale d’instruire leurs enfants a été révoquée. L’administration suédoise a menacé d’infliger une sévère amende à Lisa Angerstig (à droite), « une mère de quatre enfants détentrice d’un MBA ».

Sur ces entrefaites, comme nous l’indiquions précédemment, il semble bien que la Suède veuille suivre l'exemple de l’Allemagne et interdire complètement l’instruction à domicile sauf pour des cas exceptionnels. La nouvelle loi abrogerait, en outre, l’interdiction de sanction criminelle pour non-respect de la loi sur l’instruction. Alors qu’aujourd’hui, ce n’est pas un crime d’instruire son enfant à la maison en Suède, mais parfois un délit, si cette nouvelle loi venait à être promulguée, les parents qui désirent rester les premiers éducateurs de leurs enfants en les éduquant à la maison pourraient être poursuivis pour crime !
Voir aussi (en anglais) : longue analyse du projet de loi suédois sur l'instruction à domicile.

Source : HSLDA






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Un professeur « pourrit la Toile » et piège ainsi ses élèves

Quand un professeur de lettres classiques en a marre de voir ses élèves recopier bêtement les fiches Wikipédia pour alimenter leurs dissertations, il décide d’agir et de « pourrir le Web ». C’est ce qu’explique Loys dans un billet sur son blog la Vie moderne. Enseignant dans un lycée parisien, il a décidé de prendre ses élèves à leur propre jeu.

Préambule

Pendant ma première année au lycée, j’ai donné à mes élèves de Première une dissertation à faire à la maison. Avec les vacances scolaires les élèves avaient presque un mois pour la rédiger : c’était leur première dissertation de l’année.



Plus tard, en corrigeant chez moi, je me suis aperçu que des expressions syntaxiquement obscures étaient répétées à l’identique dans plusieurs copies. En les recherchant sur Google, j’ai trouvé des corrigés sur un sujet de dissertation voisin vendus à 1,95€. Interloqué, j’ai immédiatement arrêté de corriger les copies, ne sachant plus à quoi ou à qui j’avais affaire et ayant l’impression de travailler dans le vide.

Plus tard, la même année, j’ai donné sur table à une de mes classes un commentaire composé, sur un passage d’une œuvre classique. Je n’ai pas particulièrement surveillé l’épreuve, le commentaire composé étant, comme la dissertation ou le sujet d’invention, un bon exemple d’exercice on ne peut plus personnel, où copier sur le voisin n’a absolument aucun sens. En corrigeant chez moi les copies, j’ai constaté, dans une copie, des choses étranges : des termes ou des expressions qu’un élève de Première n’emploierait pas, une introduction catastrophique mais un développement convenable. En tapant une des expressions sur Google, j’ai réalisé que l’élève avait utilisé son smartphone pendant le cours et recopié le premier corrigé venu sur Google en tâchant maladroitement de le maquiller. En rendant les copies j’ai tenu un discours sévère à la classe sans indiquer qui avait triché. Après le cours, l’élève concerné, en pleurs, a reconnu les faits.

J’ai donc décidé de mener une petite expérience pédagogique l’année suivante : j'ai pourri le web !

Tendre sa toile...

Vers la fin de l’été de cette même année, j’ai exhumé de ma bibliothèque un poème baroque du XVIIème siècle, introuvable ou presque sur le web. L’auteur en est Charles de Vion d’Alibray. Le date de composition du poème est inconnue, ce qui empêche toute spéculation biographique.

SONNET

Ainsi que l’arc-en-ciel tout regorgeant de pleurs
Prend devant le soleil cent couleurs incertaines,
Et périt quand se cache ou s’en va luire ailleurs
Cet astre dont le feu rend fertiles nos plaines ;

Tout de même à l’aspect du sujet de mes peines,
Je prends en un instant cent diverses couleurs,
Je pâlis, je rougis sous l’effort des douleurs,
Et de l’eau de mes pleurs sens regorger mes veines.

Mais ni de voir en moi ce triste changement,
Ni de savoir combien j’aime fidèlement,
Ne touche mon ingrate ou d’amour ou de honte ;

Tant s’en faut, elle rit de me voir endurer,
Et pour en rendre même encor ma fin plus prompte,
Elle fuit et s’en va d’autres lieux éclairer.

1re étape : j’ai créé un compte pour devenir contributeur sur Wikipédia et, pour montrer patte blanche, apporté plusieurs contributions utiles sur quelques articles littéraires. J’ai ensuite modifié la très succincte notice biographique de Wikipédia consacrée à Charles de Vion d’Alibray en glissant ce petit ajout : « Son amour célèbre et malheureux pour Mademoiselle de Beaunais donne à sa poésie, à partir de 1636, une tournure plus lyrique et plus sombre. »

2e étape : j’ai posté sur différents forums des questions relatives à ce poème en me faisant passer pour un élève posant des questions de compréhension littérale ou d’interprétation sur le poème. Puis, me reconnectant en me faisant passer pour un érudit, j’ai donné des réponses en apparence savantes et bien renseignées, mais en réalité totalement ineptes, du type interprétation christique tirée par les cheveux. La plupart de ces pages ont depuis malheureusement disparu dans les abysses du web ou ne sont plus référencées.

3e étape : j’ai rédigé un pseudo-commentaire, le plus lamentable possible, avec toutes les erreurs imaginables pour un élève de Première  [1re année du cégep], et même quelques fautes d’orthographe discrètes, tout en prenant garde à ce que ce commentaire ait l’air convaincant pour quelqu’un de pas très regardant ou de pas très compétent.  Pour  les amateurs de littérature ou les professeurs de lettres, ce corrigé absurde est d'ailleurs assez amusant. J'avoue avoir même pris un certain plaisir à le rédiger.

Introduction

Avec ce texte, Charles de Vion Dalibray (ou d’Alibray), grand auteur du XVIIe siècle qui appartient à une famille noble, nous livre, dans ce style inimitable dont il a le secret, un sonnet de cour presque romantique, plein de grâce et de préciosité, en hommage à une jeune femme dont il a fait la connaissance à Tours, Anne de Beaunais, et dont il s’est vivement épris. Dans ce sonnet, le poète décrit l’arc-en-ciel et ses cent couleurs majestueuses et fait, à travers lui, la description de sa bien-aimée. En guise de problématique, nous montrerons que ce sonnet de cour est original en étudiant deux grands axes : la composition typique du sonnet français s’opposant à son esthétique foncièrement baroque.

I. Une composition typique de sonnet français
a) La structure rimique

À la manière italienne, Charles de Vion alterne savamment les rimes masculines et féminines. Dans les deux quatrains, les rimes sont d’abord croisées puis ensuite embrassées, ce qui indique une rapide métamorphose des sentiments du narrateur. Les rimes croisées renvoient d’abord à la rencontre, et les rimes embrassées à la naissance de l’amour, soulignée par une magnifique oxymore : « je rougis, je pâlis » (v. 7).

b) L’organisation rigoureuse des strophes

Respectant les règles classiques, les deux quatrains, consacrés à l’arc-en-ciel, sont suivis de deux tercets plus courts, ce qui accélère le rythme de l’action. L’amour naissant devient un amour impossible, souligné par l’adverbe d’opposition « mais » (v. 9). Charles de Vion éprouve un « triste changement » renforcé par le champ lexical des « douleurs » (v. 7) car la jeune fille aimée, dit-il non sans une certaine amertume, est « ingrate » (v. 11) : elle ne reconnaît pas ses sacrifices amoureux.

c) Un rythme particulier

Au niveau des alexandrins, les coupes régulières à l’hémistiche occasionnent un rythme heurté, qui souligne les « pleurs » répétés du poète (v. 1 et v. 8). L’amour est sans cesse renouvelé, prenant cent formes différentes (« Je prends en un instant cent diverses couleurs ») : à la manière précieuse, l’amour est comparé à un arc-en-ciel coloré et scintillant avec fugacité.

II. Une esthétique particulièrement baroque
a) Une belle déclaration d’amour

Le motif de l’arc-en-ciel est tout à fait typique de l’esthétique baroque. Par ses jeux de lumière, il symbolise la beauté miroitante (avec notamment l’hyperbole répétée « cent couleurs » v. 2 et v. 7) et la richesse opulente (« regorgeant » v. 1 et « regorger » v. 8), signes d’un amour sans égal et source de vie (« fertiles » v. 4). Le rejet à l’hémistiche de « j’aime » (v. 10) insiste sur l’amour fidèle du poète (« fidèlement » v. 10). Il est à remarquer que le mot « amour » (v. 11) n’apparaît qu’à la fin du premier tercet, ménageant ainsi le suspense d’une déclaration qui ne veut pas se dire.

Contrairement aux poèmes d’amour que composera ensuite un Pierre de Ronsard, la jeune fille n’est pas ici nommée car Charles de Vion veut respecter l’honneur de sa lignée. C’est pourquoi il emploie, de façon répétée et avec infiniment de pudeur et de délicatesse, le pronom indéfini « elle » (v. 12 et v. 14). Il n’y a d’ailleurs pas d’épitaphe au début du poème.

b) Une fin tragique

En peignant l’arc-en-ciel qui « fuit » (v. 14), mise en abîme de la jeune fille, Vion termine sur une  tonalité plus sombre qu’au début du poème, ce qui crée un effet de contraste saisissant avec les deux premiers quatrains. Anne « s’en va » (v. 14), laissant Charles seul et abandonné, en dépit de son hommage à la beauté rayonnante de sa bien-aimée.

Malgré sa déception, Charles de Vion célèbre encore la joie pure et ingénue de la jeune fille qui « rit » (v. 12), mais sans aucune malice, des malheurs du poète (« tant s’en faut » est une expression vieillie signifiant « sans se rendre compte »). La jeune fille demeure chaste et innocente car, à la manière de la déesse Diane fuyant Actéon, elle veut conserver sa candeur, sa pureté virginale (« elle fuit et s’en va » v. 14). Malgré son désespoir, Vion ne cesse donc jamais d’aimer cette jeune fille, à la manière des poètes romantiques et de leurs amours contrariées, comme en témoigne le dernier terme optimiste qui, en ultime pied-de-nez au destin tragique, clôt le sonnet ainsi qu’un jet de lumière : « éclairer » (v. 14). Le poète est ainsi capable de rebondir et de ne pas désespérer de l’amour.

Conclusion

En quatorze vers d’une grande beauté formelle, entre baroque échevelé et romantisme déçu, dépression et euphorie, Charles de Vion nous offre ainsi un voyage virevoltant à travers le ciel et dans les transports amoureux de son cœur et nous délivre un message optimiste. Si l’arc du poète n’a pas su atteindre le cœur d’Anne de Beaunais, il n’en décoche pas moins sa plus belle flèche, prouvant que l’amour, même déçu, peut rester éternel.
Je me suis ensuite inscrit comme auteur, sous le nom de Lucas Ciarlatano (ça ne s'invente pas), à deux sites proposant des corrigés de commentaires et de dissertations payants (Oodoc.com et Oboulo.com). Sachez qu'il en existe bien d’autres. Après quoi j’ai envoyé mon commentaire à ces deux sites, dont les comités de lecture ont validé sans barguigner mon lamentable commentaire, leur but étant moins celui d'une diffusion humaniste du savoir que purement mercantile. D'ailleurs aucun des deux n'a pris la peine de vérifier si le corrigé était protégé par des droits d'auteurs et ils ont publié exactement le même corrigé, en mettant en ligne gratuitement l’introduction, le plan et des extraits importants, le reste étant en vente pour quelques euros.

4e étape : j’ai posté un peu partout sur le web des liens vers ces différentes pages (Wikipédia, les forums, les sites de corrigé) afin d’améliorer le référencement sur Google avant la rentrée de septembre.

5e étape : à la rentrée, j’ai accueilli mes deux classes de Première en leur donnant deux semaines pour commenter ce poème à la maison et en leur indiquant la méthodologie à suivre. Je les ai bien sûr invités à fournir un travail exclusivement personnel. Une de mes élèves est venue s'excuser : en cours de déménagement, elle n'avait pas accès à internet. Je me suis contenté de sourire.

Deux semaines plus tard j’ai ramassé les commentaires et grâce aux différents marqueurs que j’avais méticuleusement répartis sur le web j’ai pu facilement recenser quels sites avaient été visités par quels élèves et recopiés dans quelle proportion. À titre d'exemple de marqueurs, la notice biographique de l’auteur de Wikipédia évoquait « Melle de Beaunais », mais le commentaire composé sur Oboulo et Oodoc était plus précis en parlant d'« Anne de Beaunais ».

Cette femme aimée sans retour par le poète est évidemment un personnage tout à fait imaginaire (Anne de Beaunais = Bonnet d’âne)...



Pris au piège

Sur 65 élèves de Première [1re année du cégep], 51 élèves - soit plus des trois-quart - ont recopié à des degrés divers ce qu’ils trouvaient sur internet, sans recouper ou vérifier les informations ou réfléchir un tant soit peu aux éléments d’analyses trouvés, croyaient-ils, au hasard du net. Je rappelle qu'ils n'avaient pour cet exercice aucune recherche à faire : le commentaire composé est un exercice de réflexion personnelle.

L'erreur la plus vénielle fut d'utiliser sans discernement les informations de Wikipédia : rien n’indiquait en effet que le poème avait été composé au sujet de Melle de Beaunais. Le raccourci était abusif et non fondé, comme l'aurait montré une recherche plus approfondie : c'était un simple manque de rigueur à l'égard des sources historiques.

Les erreurs les plus graves étaient en revanche les erreurs d’interprétation, voire même de compréhension littérale du poème : des expressions, des phrases et même des paragraphes entiers étaient recopiés sur le net, parfois au mot près, trahissant une incompréhension tant du poème que de la méthodologie du commentaire composé.

J’ai rendu les copies corrigées, mais non notées bien évidemment - le but n'étant pas de les punir -, en dévoilant progressivement aux élèves de quelle supercherie ils avaient été victimes. Ce fut un grand moment : après quelques instants de stupeur et d’incompréhension, ils ont ri et applaudi de bon cœur.

Mais ils ont ensuite rougi quand j’ai rendu les copies en les commentant individuellement…

La morale de l'histoire

On recommande aux professeurs d'initier les élèves aux NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication).

Je crois que j'ai fait mon travail et que la conclusion s'impose d'elle-même : les élèves au lycée n'ont pas la maturité nécessaire pour tirer un quelconque profit du numérique en lettres. Leur servitude à l'égard d'internet va même à l'encontre de l'autonomie de pensée et de la culture personnelle que l'école est supposée leur donner. En voulant faire entrer le numérique à l'école, on oublie qu'il y est déjà entré depuis longtemps et que, sous sa forme sauvage, il creuse la tombe de l'école républicaine.

Avec cette expérience pédagogique j'ai voulu démontrer aux élèves que les professeurs peuvent parfois maîtriser les nouvelles technologies aussi bien qu'eux, voire mieux qu'eux.

J'ai ensuite voulu faire la démonstration que tout contenu publié sur le web n'est pas nécessairement un contenu validé, ou qu'il peut être validé pour des raisons qui relèvent de l'imposture intellectuelle.

Et enfin j'ai voulu leur prouver que, davantage que la paresse, c'est un manque cruel de confiance en eux qui les pousse à recopier ce qu'ils trouvent ailleurs, et qu'en endossant les pensées des autres ils se mettent à ne plus exister par eux-mêmes et à disparaître.

Ai-je réussi ? Ce serait à mes élèves de le dire. Une chose est sûre : cette expérience a, je pense, marqué mes élèves et me vaut aujourd'hui une belle réputation dans mon lycée.

Pour ma part je ne crois pas du tout à une moralisation possible du numérique à l'école.

Et je défends ce paradoxe : on ne profite vraiment du numérique que quand on a formé son esprit sans lui.



mardi 20 mars 2012

La place des parents à l'école

Anne Coffinier, directrice de la Fondation pour l’école, et Jean-Paul Brighelli, professeur agrégé et auteur de La Fabrique du crétin, débattent de la place des parents dans l'école. Extraits :

« Anne Coffinier – Les parents sont les premiers éducateurs et les premiers responsables de leurs enfants. C’est une affirmation constante du magistère de l’Église et c’est aussi une vérité expérimentale vivement ressentie par chaque parent ! Il revient en revanche à l’État et aux organismes d’intérêt général compétents de mettre à la disposition de tous une information la plus complète, honnête et exhaustive possible sur la réalité de l’offre scolaire existante. Il faut bien voir que l’on est face à un choix de société fondamental. Pour qu’il y ait une véritable État de droit, il faut tout d’abord que le choix de l’école soit reconnu et garanti constitutionnellement aux parents, que l’information sur la qualité de l’offre soit accessible à tous et que les parents aient les moyens financiers de jouir effectivement de ce droit.

Si l’État s’arroge le droit de choisir le destin de nos enfants à notre place, nous sommes dans une société de type totalitaire caractérisée par l’emprise de la sphère publique sur les familles et les consciences. C’est hélas en partie le cas aujourd’hui. Dans la mesure où l’État rend gratuit un seul type d’enseignement, impose la carte scolaire et interdit, à coup de lois, à l’école privée d’être gratuite, il pèse lourdement sur le choix des familles, surtout des plus démunies.

Aujourd’hui, l’institution scolaire entretient une relation très ambiguë avec l’autorité des parents qu’elle prétend reconnaître et même vouloir renforcer, mais qu’en pratique elle sape consciencieusement. Les parents sont infantilisés, tenus à bout de gaffe loin de la salle de cours. Leur autorité est souvent bafouée par une Éducation nationale qui s’aventure impudiquement jusque dans la formation des consciences des enfants à travers l’éducation civique ou sexuelle, ou l’invasion plurimorphe du politiquement correct dans la vie de l’école. [...]

Jean-Paul Brighelli – Les trois quarts des parents ne connaissent rien au système éducatif — par manque de formation, d’information ou de temps. Et encore moins aux matières enseignées, qui bien souvent diffèrent de celles qu’on leur a jadis enseignées. L’idée qu’ils puissent choisir librement l’école de leurs enfants est pour moi une vue de l’esprit.

Quant à la carte scolaire, elle a été largement assouplie, mais aujourd’hui encore, c’est la proximité qui est le premier facteur dans le choix des parents. Tout le monde n’a pas le loisir d’amener ses enfants dans un établissement situé à des kilomètres. Ou de les faire amener. Il y a un univers où les gens travaillent, et travaillent tôt, vous savez… Et je préfère me battre pour que toutes les écoles soient d’excellence, plutôt que de voir une foire d’empoigne pour inscrire ses rejetons dans quelques établissements réputés, que cette réputation soit ou non fondée. [...]

A. C. - Sur le rôle des parents, je reconnais qu’il y a un monde entre l’idéal et la réalité. Ils sont incarnés, faillibles. Mais attention à ne pas prendre des décisions générales à partir de cas exceptionnels. C’est toujours comme cela que l’on supprime les libertés. Confier le pouvoir éducatif à l’État sous prétexte qu’il existe des parents indignes est irrecevable. Toute société libre doit être fondée sur la confiance dans les citoyens. Si vous établissez une société sur la défiance, vous sombrez dans le totalitarisme. On ne peut pas transgresser cette règle d’or. Tout doit être fait pour responsabiliser les parents, pour les placer dans une situation où ils seront contraints à poser des choix, donc à se renseigner pour choisir au mieux de l’intérêt de leur enfant. »




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Les écoles à charte américaines

Le développement des écoles à charte aux États-Unis fait désormais partie de la réflexion éducative menée sur l’ensemble du territoire américain. Selon les propos de Robin Lake, éditeur du dernier bulletin annuel du « Centre pour la Réinvention de l’Éducation Publique » (CRPE) intitulé « Espoirs, Peurs et Réalités », « les responsables scolaires en milieu urbain se rendent compte qu’une approche centralisée, taillée selon un format unique pour tous, n’est tout simplement plus viable et qu’ils ont besoin de partenariats réunissant le talent entrepreneurial et les équipes éducatives conscientes de leur mission ».

Un exemple concret en est donné avec ce reportage sur la Noble Charter School de Chicago.



Le mal dont souffre le système scolaire américain est facile à définir : l’argent déversé dans les innombrables programmes d’aménagement du système est inversement proportionnel à la dégradation des conditions scolaires et des chances des élèves à développer leur potentiel personnel et à accéder aux formations universitaires qu’ils auraient envisagées. Les budgets ne cessent de progresser alors que les évaluations du niveau des élèves de l’enseignement public sont en régression au niveau national et international. Les parents, quant à eux, recherchent désespérément les écoles où leurs enfants auront la meilleure chance d’être préparés à leur vie adulte.

Pourtant, dans quarante États des États-Unis, l’expérience des écoles à charte ("charter schools") ne cesse de rallier les parents et les élèves originaires de divers milieux sociaux culturels et ethniques en raison des succès incontestables qu’elles obtiennent du point de vue de la bonne intégration des élèves et de la qualité de leur formation. Ces écoles bénéficient de par la loi d’une prise en charge financière, mais sont libres de choisir leur gestion budgétaire et pédagogique ainsi que leur forme de vie scolaire. Le directeur et ses équipes enseignantes n’ont pas seulement un emploi, mais ils se sentent également investis d’une mission éducative.

L’enquête réalisée à la Noble Charter School de Chicago depuis 1999 démontre la réussite d’une école autre, basée sur des principes de liberté, de responsabilité, de discipline, de motivation du personnel et de diminution drastique des contraintes administratives. S’ajoutent à ces critères la liberté de choix des familles et l’adhésion des élèves à leur école. L’évidence se confirme d’année en année : ce type d’écoles est de plus en plus attractif pour la seule et unique raison qu’elles « fonctionnent ». Le niveau et les résultats des élèves progressent, leurs perspectives d’accéder aux études universitaires s’améliorent, les conditions de vie scolaire sont considérablement meilleures. Le nombre d’heures d’enseignement a augmenté au point de gagner un an de scolarisation effective sur l’ensemble du cursus scolaire (journée scolaire de 7 heures par jour contre 5 heures ou 5 h 30 dans l’école publique). De par les témoignages recueillis chez les élèves, ce rythme scolaire se réalise sans malaise ni stress excessif.

La plus forte opposition au réseau des Noble charter schools provient de la Chicago Teachers’ Union, le syndicat enseignant majoritaire. Il s’agit en fait d’une résistance farouche qui se traduit par des déclarations incendiaires des délégués syndicaux, des dénonciations virulentes des privilèges que représentent de tels établissements, des manifestations de rue qui vont jusqu’aux affrontements avec les forces de l’ordre, incitant ces dernières à arrêter des manifestants pour alerter et rallier l’opinion publique à la cause syndicale. En dépit de ces vociférations, l’école continue d’attirer les enfants de toutes catégories sociales et ethno-culturelles, au grand dam de l’extravagante présidente du syndicat enseignant Karen Lewis qui se fait une gloire de faire un jour partie des représentants syndicaux arrêtés.

Bien plus, des procès sont intentés à Noble par le même syndicat, d’ailleurs sans aboutir, en raison du statut totalement légal des écoles à charte. Occasion pour le maire démocrate de Chicago Rahm Emanuel, défenseur convaincu du développement du réseau des écoles Noble, de faire remarquer que le temps des éducateurs est mieux utilisé dans les salles de classe que dans les salles de tribunal.

Bill Olsen, directeur de l’école, souligne la fausseté des arguments utilisés à l’encontre de ce type d’écoles : contrairement aux accusations qui leur sont faites, et de la bouche même des enseignants interrogés, le recrutement n’est pas basé sur le revenu des familles, mais il est aléatoire : les élèves sont sélectionnés suivant un système de loterie. L’accusation d’écrémage des élèves suivant leur niveau est contredite par le fait que le taux de renvoi ou d’abandon d’élèves est extrêmement faible. A noter que les écoles à charte sont tenues légalement par l’obligation du NCLB (No child left behind) « N'abandonner aucun enfant ».

Par ailleurs, on constate que les salaires des enseignants du public en Illinois sont en moyenne de 74 000 $ par an et de 120 000 $ pour les responsables administratifs, alors que ceux des écoles à charte sont nettement moins élevés et plus proches de la moyenne salariale en Illinois de 50 000 $ par an. Pourtant la grande majorité des enseignants préfère le statut, les conditions, l’atmosphère et les relations humaines dont ils bénéficient dans leur établissement par rapport aux écoles publiques. Cela ne diminue en rien leur motivation ; celle-ci est renforcée par le soutien des parents et la satisfaction de constater la réussite des élèves, attestée par leur taux d’inscription dans les universités les plus sélectives.

Il apparaît donc que les professeurs préfèrent être respectés et s’impliquer dans leur mission d’éducateurs plutôt qu’être rémunérés à un taux plus élevé pour un travail qui ne les satisfait pas. Ils affirment par ailleurs ne regretter nullement de ne pas être syndiqués pour la simple raison qu’ils n’en éprouvent ni la nécessité ni le besoin.

Il faut noter que des signes d’échec de ce type d’école seraient rapidement sanctionnés par la suppression de leur financement. Rester compétitives au regard des autorités éducatives de contrôle est donc pour elles une affaire de survie. Elles sont tenues de fournir annuellement leur « rapport de progression » (AYP, adequate yearly progress report) aux organismes locaux ou d’État responsables de l’évaluation éducative (LEA, local education agency, et SEA, state education agency), ce qui les oblige constamment à faire leurs preuves en termes de qualité pédagogique et de bonne gestion avec la coopération et l’engagement du corps enseignant, des élèves et de leurs familles.

Noble Charter School ne badine pas avec le règlement intérieur de l’établissement. Ce qui nous paraîtrait trop strict ne l’est pas dans le contexte des quartiers difficiles de Chicago où se trouve l’école. Pas de pantalons tombants, pas de tatouages visibles, pas de piercings, pas de boucles d’oreille pour les garçons. Le port de l’uniforme est obligatoire et lors des compétitions sportives, l’attribution de drapeaux aux différentes équipes suscite fierté et émulation dans les classes. Des heures sont consacrées à des services communautaires (community service) et renforcent la cohésion des élèves et le sentiment de leur appartenance à une communauté de vie au sein de leur établissement.

Les écoles à charte démontrent ainsi, toutes preuves à l’appui, et avec un succès grandissant, la vérité et la mise en œuvre effective de leur objectif : offrir plus d’éducation avec moins de moyens.

Nous remercions M. Pierre Barthe pour le compte-rendu de ce reportage.


Ce carnet émet, cependant, quelques réserves par rapport à ces écoles à charte :

  1. elles sont toujours redevables aux autorités politiques plutôt qu'aux parents limitant de la sorte le choix pédagogique et de programme aux options approuvées par des politiciens ou des bureaucrates et non les parents ;
  2. les places sont alloués par loterie, ce qui semble empêcher par exemple la formation d'écoles confessionnelles à charte ayant une population homogène aux niveaux des convictions, elles défavorisent donc les parents religieux. ;
  3. le recours aux tests standardisés pour les évaluer peut conduire à limiter les options éducatives  et n'est pas exempt de fraudes potentielles.

Voir aussi


Angleterre — Écoles libres : la libéralisation de l’Éducation ?

Fascination française pour l'« Amérique d'Obama » et ses écoles à charte

Suède — Le monopole de l'Éducation incapable de répondre à tous les désirs

États-Unis — fraude systématique depuis dix ans dans les écoles publiques d'Atlanta

Washington (D.C.) — Des bons scolaires pour les pauvres plutôt que des subventions pour avorter

France — les écoles libres (hors contrat) n'en font qu'à leur tête




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lundi 19 mars 2012

Trois quarts des Québécois contre une hausse d'impôts pour éviter hausse des frais de scolarité

Selon un sondage Léger Marketing mené pour le compte de l'émission Larocque Lapierre de TVA, le mouvement étudiant a perdu quelques plumes au cours des 14 derniers jours.

En effet, de moins en moins de Québécois sont en faveur d'une hausse d'impôts pour éviter une hausse des frais de scolarité universitaire que les étudiants devront payer.







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dimanche 18 mars 2012

Dépenses pour l'Éducation, encourager les femmes à ne pas rester au foyer, féminisme et immigration

Mesures pour encourager les femmes à ne pas rester au foyer après une naissance


« Condition féminine »

Immigrations


Monopole de l'Éducation



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Quelle est la vraie place de Lionel Groulx dans l'histoire québécoise ?

Lionel Groulx: Chanoine, enseignant, éducateur, intellectuel engagé. Il a voulu une nation fière. La révolution tranquille l'a mis de côté. Quelle est la vraie place de Lionel Groulx ?



Émission de discussions sur l'histoire du Québec, animée par Jean Barbe avec la complicité de l'historien en résidence Éric Bédard.

Invités: Mathieu Bock-Côté, Xavier Gélinas, Marie-Pier Luneau, Mathieu Noël.




Pour plus d'informations au sujet de Lionel Groulx : http://www.fondationlionelgroulx.org/






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samedi 17 mars 2012

Mathieu Bock-Côté : Bureaucratie ou démocratie ?

Le portrait de l’État québécois publié par le Journal est percutant. Il montre à quel point notre État est victime d’obésité morbide. Chacun s’indigne légitimement du coût astronomique d’une telle dérive. Nous ne savons plus comment freiner la croissance de la bête. L’État ne travaille plus pour la société. Mais la société travaille pour l’État. L’État est principalement occupé à entretenir sa propre expansion. On le voit au ministère de la Santé avec les cadres qui s’y multiplient sans raison. Depuis trente ans, nous savons pourtant que l’État s’empâte. Les gouvernements promettent de dégraisser le mammouth. Sans réussir. Pourquoi ? Parce que la démocratie a capitulé devant la bureaucratie. La première est moins forte que la seconde. Le vrai pouvoir, dans l’État, dépend de moins en moins du gouvernement élu et se trouve de plus en plus localisé dans la bureaucratie. Le peuple peut bien voter comme il veut, sa volonté est marginale dans les orientations collectives. Un peu comme s’il était de trop.

Pédagocratie délirante

Le meilleur exemple est celui de l’éducation. Depuis vingt ans, la plupart des ministres de l’Éducation ont cherché à ramener l’école à sa mission fondamentale : instruire et transmettre des connaissances. Ils ont voulu la déprendre des idéologues du Ministère. Mais ce n’est pas l’avis de ces derniers. Le ministère de l’Éducation est un État dans l’État. Une pédagocratie. Ses fonctionnaires tiennent à la réforme scolaire et à sa pédagogie délirante. Pire : ils se prennent pour des scientifiques de ­l’éducation. Alors, la bureaucratie de l’éducation se dit que les ministres finissent bien par passer. Et freinent le gouvernement. Jusqu’ici, ils ont réussi leur blocage. Ils maintiennent ainsi leur contrôle sur une école québécoise détournée de sa mission. Le problème déborde évidemment l’éducation.

Facile à retracer

Le chemin que suivent plusieurs programmes gouvernementaux est souvent facile à retracer. Une agence gouvernementale, en lien avec certains lobbies, se convainc qu’il y a un problème. Ses experts élaborent une politique « indispensable ». Ils la font remonter au ministre. Celui-ci a deux choix. Soit il la signe. Soit il refuse. Alors, on prendra son mal en patience et on la soumettra au prochain ministre. Qui finira bien par signer. Conséquence ? Trop souvent, un ministre plus ou moins compétent endossera une idée qu’il aurait critiquée avant de se retrouver en poste. Tout cela correspond au sentiment de supériorité des bureaucrates. Tant qu’ils ne l’ont pas balisé de normes et de règlements, ils s’imaginent la société victime d’un chaos anarchique. Tout ce qui n’est pas estampillé du tampon bureaucratique est suspect. Comme si l’administration publique devait recouvrir l’ensemble de la vie en société. Il ne s’agit évidemment pas de virer libertarien. L’État québécois aura toujours une mission nationale. De la Caisse de ­dépôt à Hydro-Québec à l’OQLF, il ne manque pas d’institutions à préserver. Sauf exception, les défenseurs de l’État minimal sont aussi des partisans de l’identité minimale. Débureaucratiser l’État ne veut pas dire le démanteler. Encore moins l’abolir. Mais la chose est simple : ce n’est plus dans l’intérêt des Québécois de se lover dans les replis du mammouth. Un État obèse n’est pas fort. Il est paralysé et ­finalement impuissant sur l’essentiel.




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Post-Thatcher Britain: Corporatist Champion of Pathologies and the Soviet Union with Supermarkets

In April 2011, the Flemish think tank Libera! awarded its annual Prize for Liberty, or Liberty Award, to British conservative author and social critic Theodore Dalrymple. During the ceremony at the Catholic University of Louvain, the recipient delivered the traditional Gustave de Molinari Lecture. This is his acceptance speech.

(Sound for the first minute or so is a bit faint, it is much clearer afterwards)




"Let me disabuse you of the notion peddled by the French [Blog’s note: and Canadian] press, a notion that is the sign of its laziness, its intellectual torpor and incuriosity about economic, social and political realities outre-manche. […] Mainly, that Britain is some kind of neo-liberal state where economic freedom red in tooth and claw is quite unrestrained. To the contrary, Britain is increasingly a corporatist state which could easily be redirected into a fascist direction."

"Expenditure in Britain on education doubled between 2000 and 2007 alone, yet standards almost certainly fell. And they were already very low.

In the same years that the education expenditure was doubling, the proportion of British school children learning a foreign language never, let us be frank, one of the strong points of British pedagogy, declined by at least two thirds. This was because the government while it was doubling expenditures released schools from the obligation to teach foreign languages. Why did it do so? Because it wanted schools to be able to claim that the results were improving. And, since, even in our debased times, it is difficult to give a pass to a pupil in a French examination who does not know the meaning of “bonjour”, schools switched to subjects in which it was possible to pass examinations without no knowledge whatsoever.


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