mardi 15 décembre 2015

Objectivité — Les journalistes font éclater leur joie à la signature de la COP 21 dans la salle de presse



Selon le metteur en ligne de la vidéo : « Les journalistes dans la salle de presse de la COP 21 se soulèvent et applaudissent dans une liesse généralisée à la signature de l’accord. Ces reporters sont les garants d’une information scientifique, sobre, neutre et impartiale... »

On peut, en effet, se demander si c’est là le comportement de reporters qui doivent savoir rester impartiaux quand ils rapportent des événements. Vidéo prise par la journaliste spécialisée en environnement de l’hebdomadaire The Economist de Londres, Miranda Johnson.



L’accord de la COP21 devait-il même susciter une telle liesse parmi les journalistes ?

À voir, la liesse qui s’est emparée de l’assemblée de diplomates, de juristes et de journalistes au moment où Laurent Fabius a validé le texte de l’accord de Paris, on aurait presque regretté d’avoir titré, par anticipation, dans ces colonnes : « La Cop21 accouche d’une souris ». Un tel débordement de joie devait signifier que quelque chose d’historique s’était bien produit. « Je suis beaucoup plus optimiste pour l’humanité que je ne l’étais encore samedi matin », confiait d’ailleurs au Figaro le Dr Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale.

Que trouve-t-on, pourtant, dans cet accord de Paris tellement acclamé dans les médias ? Le souhait d’un réchauffement climatique contenu « bien en deçà de 2 °C » par rapport à l’ère préindustrielle. Pour s’en tenir à cette limite de température, des réductions massives de gaz à effet de serre (GES) devront être décidées. Des scientifiques ont trois ans pour affiner l’équivalence entre le volume de GES et la hausse des températures — un exercice très délicat (hasardeux même) mais sur lequel repose pourtant l’essentiel des calculs et extrapolations du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat). Disposant de cette limite théorique, les pays seraient alors amenés à revoir leur baisser chaque année leur émission de GES — mais seulement à partir de 2023.

Au-delà de ces objectifs, la question de la répartition de l’effort entre les différents pays est restée volontairement floue, celle des 100 milliards de dollars annuels promis aux pays en voie de développement (à partir de 2020) a été placée en annexe pour éviter que, considérée alors comme contraignante, elle soit rejetée par le Sénat américain.

Enfin, comme l’ont relevé nombre de spécialistes, le texte final fait sciemment l’impasse sur des sujets aussi cruciaux que le rôle des océans dans la régulation du climat et de la température, les transports aérien et maritime, les fleuves…

Pourquoi, alors, un tel enthousiasme ?

« Tout l’édifice de la gestion onusienne du climat était fragilisé, explique Philippe Verdier, l’ancien chef du service météorologique de France Télévisions renvoyé pour manque d’enthousiasme dans la foi réchauffiste et désormais employé par la chaîne russe RT France. Il fallait un accord pour éviter qu’il ne s’écroule. Personne n’a quitté la table, l’accord a été obtenu. De ce point de vue là, c’est donc un succès, mais ce n’est pas une surprise. »

Plutôt une condition sine qua non à la survie du système lui-même, dont la feuille de route est désormais tracée. Le texte doit être présenté par Ban Ki-moon au siège de l’ONU, à New York, le 22 avril 2016. Il pourra être ratifié durant un an et entrera en vigueur dès lors que 55 pays comptant pour au moins 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre l’auront ratifié — ce qui peut, là aussi, augurer quelques surprises.

Le texte n’en est-il pas moins valable ?

« La plupart des termes présentés comme des progrès n’en sont pas vraiment, constate Philippe Verdier. C’est le cas de l’objectif des 2 °C, qui était déjà avancé à Copenhague, ou celui du fonds vert de 100 milliards par an qui date de Cancún en 2010. » Une somme jamais réunie depuis, même si la France, pour montrer l’exemple et conforter sa diplomatie, s’est d’ores et déjà engagée pour 5 milliards d’euros. Autre chose : c’est pour obtenir les voix de certains petits pays du Sud — notamment des îles du Pacifique ou de l’océan Indien — que l’objectif de 1,5 °C a été inscrit, provoquant le scepticisme de tous les spécialistes. « C’est totalement illusoire, reprend ainsi Philippe Verdier. Avec les projections de rejets de gaz à effet de serre actuellement disponibles, on est sur une trajectoire bien plus proche des 3 °C » si l’on doit croire les modèles informatiques.

Faut-il cependant regretter que les contraintes restent encore de réputation et ne soient pas nécessairement pourvues de sanctions ? Faut-il regretter que les mots « énergie fossile », ces réalités matérielles qui portent les croissances de la Chine, de l’Inde, du Venezuela ou de l’Arabie Saoudite, aient été soigneusement évités, pour ne fâcher personne ? Qu’aucune date n’ait été avancée pour l’arrêt de l’utilisation du pétrole ? « Parler de neutralité carbone — autant de carbone stocké ou absorbé que de carbone produit — à l’horizon 2050, c’est de toute façon irréalisable », souligne enfin Philippe Verdier.

Dans un autre registre, faut-il regretter les déceptions qui accompagnent ce texte quand elles sont ainsi exprimées : l’accord de Paris « refuse de s’attaquer à la machine à réchauffer la planète que constitue la globalisation économique et financière » (Geneviève Azam, de l’ONG Attac, citée par Libération) ; ou encore : « Le moteur fondamental de la crise climatique, c’est le capitalisme, et la nature même de l’économie extractive » (une ONG américaine) ? Faut-il réellement regretter que la COP21 ne parvienne pas « à sauver la planète », quand on se souvient qu’il paraît hasardeux de lui en laisser les clés ?

lundi 14 décembre 2015

Les femmes auraient peu d'enfants au Japon car elles se marient de moins en moins

La politique familiale a fait son grand retour au Japon au point de devenir l’une des priorités gouvernementales, la quatrième « flèche » des Abenomics. Le sujet était jusqu’alors persona non grata : le natalisme qui avait accompagné la préparation de la Seconde Guerre mondiale avait très mauvaise réputation. Mais alors que le « taux de fécondité » est tombé à 1,42 enfant par femme, très loin de la barre des 2,1 nécessaires pour assurer le renouvellement de la population, Shinzo Abe, le premier ministre, n’a pas hésité, en septembre 2015, à fixer un objectif chiffré. Une première. De même que la Banque du Japon et la BCE se donnent un objectif d’inflation de 2 %, il s’agit donc de retrouver un taux de fécondité de 1,8.
Une entreprise japonaise propose désormais
des « mariages en solo »
quand le prince charmant tarde trop

On croyait tout savoir sur les raisons de la dénatalité nippone, qui a commencé à la fin des années 1970, faisant du Japon un précurseur mondial à cet égard. La densité démographique considérable de l’Archipel, l’exiguïté des appartements, la cherté des études, la difficulté à concilier vie familiale et professionnelle pour les femmes... On avait tendance à oublier la plus essentielle : le mariage est un statut en voie de raréfaction.

Mme Yuriko Koike, représentante à la Diète nippone, le dit sans ambages. « Dans les sondages interrogeant les jeunes Japonais sur le nombre d’enfants qu’ils souhaiteraient avoir, ils répondent 2,02 en moyenne. [Le nombre d’enfants désiré dans nos pays occidentaux est systématiquement supérieur à la descendance réelle.] On s’est donc demandé pourquoi la natalité reste si basse. Après enquêtes et analyses, on a constaté que la principale raison est qu’il n’y a pas assez de lieux de rencontres et que, de ce fait, les hommes et les femmes se marient de moins en moins. Dans les années 1970, il y avait un million de mariages chaque année ; on ne compte aujourd’hui plus que 600 000 nouveaux couples par an. » Or le mariage reste une institution quasi obligée au pays du Soleil-Levant pour fonder une famille. On est aux antipodes de la France, où plus d’un enfant sur deux naît « hors mariage », comme disent les démographes (57,4 % en 2014 selon l’Ined). Au Québec la natalité est basse (1,6 enfant/femme) et la proportion de naissances issues de parents non mariés y est de 63 % en 2014.

Les raisons de ce dépérissement ne sont pas banales. Yuriko Koike en avance deux : « Autrefois, il y avait dans les quartiers des villes des marieuses, des faiseuses de mariages, qui connaissaient les familles et arrangeaient les rencontres. Or, cette pratique a disparu. De même, dans la vie professionnelle, des courtières d’assurances démarchaient les entreprises et allaient de bureau en bureau faisant la connaissance des gens et découvrant des affinités dont elles faisaient part aux intéressés. Or, désormais, les salariés souscrivent de plus en plus leurs polices par Internet. Ces liens personnels ont disparu. » Et de s’étonner que parmi les plus de 50 ans, un homme sur cinq ne se soit jamais marié.

Cette question revêt un tel caractère d’urgence que Yuriko Koike préside, au sein du Parti libéral-démocrate, actuellement au pouvoir, une « association pour encourager le mariage ». Mais pourquoi les gouvernements n’ont-ils pris conscience que tout récemment du problème de dénatalité alors que son déclin date de 1977 ? « Quand on fait chauffer l’eau très progressivement, la grenouille ne s’en aperçoit pas et finit par cuire, alors qu’elle aurait sursauté si on l’avait directement plongée dans l’eau bouillante. »

Pour sa part, le vieillissement ultrarapide (à peine un quart de siècle pour que les plus de 65 ans passent de 15 % à 25 % de la population) a suscité une réponse rapide des pouvoirs publics. Au point que les crédits budgétaires [pour les anciens] sont environ cent fois supérieurs aux aides à la famille : « Les personnes âgées sont de fidèles électeurs ! » ajoute la sémillante représentante du 10e district électoral de Tokyo.

Place aux jeunes : le Parlement discute en ce moment de l’abaissement du droit de vote, qui pourrait être ramené de 20 à 18 ans en juillet 2016, à l’occasion des élections sénatoriales. Autre ardente obligation politique : « marions-les ». Mme Koike n’en démord pas : « Il est certes important d’aider les couples, en construisant des crèches et des écoles, mais pour cela il faut faire augmenter le nombre des mariages. » Elle est une farouche partisane des mesures fiscales actuellement en discussion à la Diète. « Les frais d’accouchement, mais également les frais de mariage, pourraient être déduits des droits de succession à concurrence de 3 millions de yens (23 000 euros), » suggère-t-elle. Tout comme les « entreprises de rencontre » , qu'elles soient réelles ou sur Internet, doivent être encouragées.

Curieusement, la société japonaise rêve du mariage. Une entreprise de Kyoto, l'ancienne ville impériale aux mille jardins, vient d'inventer le mariage en solo : pendant un ou deux jours, les femmes de tout âge peuvent vivre une cérémonie radieuse, en kimono traditionnel ou en robe de mariée occidentale. Les clientes ont en général entre 35 et 60 ans, et pas forcément célibataires : certaines regrettent de ne pas avoir vécu une telle cérémonie lors de leur mariage, faute d'argent ou de temps. Ces simulacres ne sont évidemment pas du goût de Yuriko Koike, dont la devise pourrait être « Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ».

Source : extraits du Figaro, édité

New York — Pas de Noël à l'école...

Cette année, les enfants de l’école 169 du quartier de Brooklyn à New York ne fêteront pas Noël et ne décoreront pas de sapin : à la place, ils participeront à la « fête de la récolte » et aux « festivités hivernales ». La nouvelle directrice Eujin Jaela Kim (ci-contre) est à l’origine de cette décision.

Près de 1 600 enfants étudient dans cette école, dont 95 % sont issus de familles originaires d’Asie et d’Amérique latine. Les enseignants qualifient cette nouveauté de « marque excessive de rectitude politique ».

« Il nous est absolument interdit de prononcer le mot “Noël” ou “Père Noël”. Aucune décoration de sapin sous la forme d’anges ou d’étoiles n’est autorisée, car, figurez-vous, ils représentent un système religieux comme l’étoile de David », a révélé à la presse Mimi Ferrer, présidente de l’Association de parents d’élèves de Brooklyn.

La directrice de l’école n’a pas répondu aux appels des journaux new-yorkais. Par contre, on sait que son adjoint Jose Chaparro avait rédigé il y a un mois des notes de service destinées aux enseignants et aux élèves leur recommandant de dire « fête de la récolte » au lieu de « Action de grâces », et « festivités hivernales » au lieu de Noël.

Jose Chaparro préconisait aussi aux enseignants de « faire preuve de délicatesse envers la diversité et la particularité des familles des élèves ». « Tous les enfants ne célèbrent pas les mêmes fêtes », expliquait-il.

Dans sa dernière directive, le département de l’éducation de Brooklyn a toutefois autorisé d’installer dans les écoles des symboles religieux tels que le sapin de Noël [ce n’est pas un symbole religieux chrétien...], les chandeliers judaïques menora et des étoiles islamiques avec un croissant. Cependant, les images des divinités, des guides spirituels ou des écritures sont interdites.


Source

Voir aussi

Noël dans 30 ans, enfin laïque, bio, tolérant et morne ?

L’Université du Tennessee veut « interdire » Noël

« On ne dira bientôt plus Noël » en public

Angleterre — Plus du tiers des enfants de 10 à 13 ans ne savent pas ce que Noël fête

Laïcisme en folie ? École renomme les œufs de Pâques des « sphères printanières »

Pas de décorations de Noël dans les bâtiments de Service Canada

Jacques Brassard : Se souhaiter Joyeux Noël est inconvenant, mais enseigner l’animisme écolo-Nouvel-Âge à nos enfants et petits-enfants est tout à fait digne et bienséant.

Chanson de Noël interdite par l’école, elle est à connotation religieuse

Expulser la religion (et le choix) de la ronde des bambins au Québec

Joyeux Noël ou Joyeux décembre, monsieur Orwell ?

Zürich (Suisse) — pas de chant de Noël religieux dans les écoles publiques

Le sapin « des Fêtes » redevenu « de Noël » de l’Assemblée nationale

dimanche 13 décembre 2015

Laïcité à géométrie variable — Écoliers ontariens chantent un chant musulman fondateur

Une vidéo montrant des écoliers ontariens qui interprètent un chant traditionnel musulman suscite de nombreux commentaires. Elle a été interprétée à l’École secondaire publique De La Salle à Ottawa le 3 décembre, enregistrée par un parent et mise en ligne sur YouTube le 11 décembre avec le titre « Bienvenue au Canada aux réfugiés syriens ».

Ce chant, vieux de plusieurs siècles, serait celui qu’entendit Mahomet « lorsqu’il trouva refuge à Médine ».




Rappelons que la Syrie est un État multiconfessionnel en partie chrétien et druze. Comment devrait se sentir un réfugié chrétien syrien accueilli par un chant musulman ?

Voici la traduction du premier couplet du chant (nachîd) :
La pleine lune s’est levée, de la colline des adieux.
La gratitude s’impose à nous,
Aussi longtemps qu’un prédicateur appellera à Dieu.
Ô toi qui a été envoyé parmi nous !
Tu es venu avec un commandement auquel nous obéirons.
Tu es venu et tu as fait honneur à notre cité.
Sois le bienvenu ! Ô toi le meilleur des prédicateurs !

Selon Souhail Ftouh, avocat au barreau de Tunis, et délégué de l’organisation « Avocats Sans Frontières » pour la Tunisie, le contexte de ce chant est très particulier :
Le choix de ce chant islamique n’est pas innocent.

[...]

Le fait que « Tala `el-badrou`alaynâa » (la pleine lune s’est levée) a été chanté en arabe par des enfants canadiens autochtones démontre que cette initiative a été minutieusement préparée en profitant de l’ignorance des organisateurs occidentaux de la symbolique de ce chant, qui s’inscrit dans le contexte spécifique des débuts de l’Islam.

Dans le texte qui accompagne la vidéo sur YouTube, il est prétendu que ce chant avait accueilli Mahomet comme réfugié à Yathrib (future Médine).

Le 23 juin 622, à Aqaba, sur les bords de la mer Rouge, les représentants de Yathrib (une ville préislamique à 400 kilomètres au nord de La Mecque) signent avec Mahomet un pacte officiel de soumission et acceptent d’accueillir les disciples mecquois, au total 70 personnes. Peu après, le prophète s’installe à Médine en compagnie de son compagnon de guerre Abou Bakr, pour fonder les bases du premier État islamique de l’histoire.

À la suite de l’installation du prophète, Yathrib prend le nom de Medinat an-Nabi (« la ville du Prophète ») — Médine en français. Mahomet aménage, sans attendre, un lieu de prière ou mosquée (en arabe masjid) en son centre.

Depuis une décision du premier calife, Omar, l’année de l’Hégire marque le début officiel de l’islam, la nouvelle religion dont Mahomet a jeté les bases. Le nom de cette religion et celui de ses fidèles viennent d’une expression arabe qui signifie : « soumission à Dieu ».

[...]

Il n’y a donc, en principe, aucune similitude entre l’arrivée des réfugiés syriens au Canada et l’arrivée d’un conquérant pour établir un Califat et une nouvelle religion à Médine.

Le choix de ce chant historique n’a aucune raison d’être dans le contexte canadien. Mais pour les auditeurs musulmans, en tout cas, ce chant évoque indiscutablement la soumission de celui qui accueille.

On apprend par ailleurs qu’il s’agit d’une adaptation de la chanson traditionnelle et que la nachîd a été arrangée par la compositrice canadienne Laura Hawley. « La chanson a été rebaptisée Alhamdoulillah » (Dieu merci en arabe), a déclaré le directeur de la chorale Robert Filion. La chorale l’a interprétée lors d’un festival appelé « Les Choralies à De La Salle ».

Filion a déclaré que la chanson était sa tentative de valoriser la diversité culturelle et l’inclusion et qu’elle n’avait pas été prévue à l’origine pour les réfugiés syriens. En quoi un chant musulman est-il « inclusif » pour les Syriens chrétiens ? Comment expliquer un chant religieux musulman à l'école quand on bannit la dimension religieuse de Noël parce que cela ne serait pas assez inclusif ? (Voir aussi l'abandon de la crèche sous le sapin à l'Hôpital d'Ottawa suite à des plaintes de « membres de communautés culturelles » non précisées).


Suisse — Lutte aux vêtements « nationalistes » à l'école

Un enseignant d’une école secondaire suisse a prié dix élèves arborant une tenue patriotique d’aller se rhabiller.

Dix élèves d’une école secondaire de Gossau (canton de Saint-Gall) sont arrivés en cours vêtus d’une chemise edelweiss, vendredi. La vue de cet habit typiquement suisse a fortement déplu à un enseignant, qui les a priés d’aller se rhabiller. Selon la « SonntagsZeitung », le professeur a en effet estimé que cette tenue véhiculait des idées « racistes et xénophobes ». Les dix élèves avaient décidé de se pointer à l’école avec des chemises de paysan et d’entonner des chants patriotiques pour afficher leur « fierté d’être Suisses ». Des tensions avec des camarades originaires des Balkans seraient à l’origine de cette initiative, rapporte l’hebdomadaire alémanique.

Le directeur de l’école essaie de calmer le jeu. Patrick Perenzin rappelle que les chemises de paysan ne violent pas le code vestimentaire de l’établissement et qu’elles ne sont pas interdites. Mais il ajoute qu’à ses yeux, les dix élèves se sont mal comportés. Lorsqu’elle est arborée par un seul écolier, cette tenue patriotique n’a rien d’insultant. Mais quand dix élèves décident de la porter en même temps, c’est qu’ils essaient en effet de « faire passer un message », estime le directeur.

Une polémique similaire avait éclaté en mars dernier à Willisau (canton de Lucerne). Un établissement scolaire avait décidé d’interdire le port de la chemise edelweiss à la suite d’une altercation entre des écoliers albanais et suisses. « Provocant, discriminant et raciste. » C’est ainsi que les autorités locales de Willisau avaient qualifié la chemise traditionnelle suisse à motif d’edelweiss après avoir pris la décision d’interdire le port de cet habit dans l’établissement scolaire de la localité lucernoise. Sous le feu des critiques, l’école avait fini par faire machine arrière. La décision, avait alors expliqué la direction de l’école, était la conséquence d’une dispute qui a éclaté dernièrement entre des écoliers albanais et suisses. Les premiers, précise le quotidien alémanique, s’étaient rendus à l’école en provoquant leurs camarades suisses en arborant avec le symbole de l’aigle albanais, que l’on retrouve sur le drapeau du pays. Des élèves suisses avaient ensuite enfilé une chemise à edelweiss. Il ne semble pas que la direction de l’école avait à l’époque considéré l’aigle albanais comme raciste.

En musique, en yodlant, les vêtements peuvent-ils être racistes ?

Liens connexes
Suisse – Un site Internet pour dénoncer les « profs gauchistes »

Suisse — Parents troublés par des livres obligatoires qui initieraient à l’occultisme

Suisse — Interdiction de scolariser son enfant en anglais (et en allemand)

Suisse — introduction d’un cours de « religion et culture » obligatoire à Zurich

Suisse — référendum pour une justice fiscale envers toutes les familles

samedi 12 décembre 2015

L'État islamique appelle à tuer des enseignants en France

Le magazine francophone en ligne Dar al Islam, affilié à l’État islamique (EI), exhorte les parents musulmans à retirer leurs enfants des écoles françaises et à tuer les professeurs qui y enseignent la laïcité.

Dans son dernier numéro au titre révélateur « La France à genoux », le magazine, dont l’objectif est de réunir sous son égide les djihadistes français, se réjouit des attentats de Paris perpétrés au nom de « Daech » dans la nuit du 13 au 14 novembre.

Dar al Islam n’hésite pas à s’en prendre à l’école française, notamment aux cours de laïcité qu’il ne voit pas d’un bon œil.

Le but de cette éducation à la française, fustige le magazine, est « de cultiver chez les masses l’ignorance de la vraie religion et des valeurs morales telles que l’amour de la famille, la chasteté, la pudeur, le courage et la virilité chez les garçons ».

Et d’ajouter : « Cette éducation, dans le cas de la France en particulier, est un moyen de propagande servant à imposer le mode de pensée corrompu établi par la judéomaçonnerie ».

« Seule religion de vérité, l’islam ne peut cohabiter avec cette laïcité fanatique », poursuit le texte, « dont les valeurs ne sont pour le musulman qu’un tissu de mensonges et de mécréance ».

En guise de solution au problème, le magazine appelle les parents musulmans à émigrer vers le « Califat qui a mis en place des écoles où les programmes sont réellement islamiques et purifiés de toutes les mécréances ».

Toujours est-il que prendre la route de l’exode ne suffit pas aux prêcheurs de la « seule religion de vérité ». D’après eux, « il est une obligation de combattre et de tuer, de toutes les manières légiférées, ces ennemis d’Allah ».

Le magazine s’en prend à l’idée de la Charte de la laïcité car
  1. la religion et l’État ne peuvent être séparés, la seule loi ne peut être que la Charia ;
  2. l’islam s’oppose à la liberté de conscience ;
  3. l’égalité telle que prônée par les écoles de la République (mécréants et musulmans ne sont pas égaux, hommes et femmes ne sont pas égaux) ;
  4. le prosélytisme musulman est une obligation.

En outre, pour le magazine de l’État islamique, les écoles de la République enseignent des péchés et des mécréances :

  1. la laïcité et la démocratie sont de fausses religions ;
  2. la théorie darwiniste de l’évolution ;
  3. la tolérance et l’humanisme opposés au concept d’alliance et de désaveu ;
  4. l’interdiction de la prière ;
  5. la banalisation de la fornication et de l’homosexualité ;
  6. la mixité, « une porte ouverte vers la fornication » ;
  7. l’interdiction du hijab à l’école, car il « est évident que le but et la cible de cette interdiction est le hijab qu’Allah — du haut des sept cieux — a rendu obligatoire aux mères, épouses et filles des croyants » ;
  8. le dessin des êtres dotés d’âme ;
  9. la musique « présente à tous les niveaux de l’enseignement des écoles de la mécréance ».

Enfin, le magazine du Califat autoproclamé s’insurge contre les mécréants qui enlèvent des enfants musulmans à leurs familles pour « les élever dans la mécréance », car « ils font comme Pharaon ». Un autre combat pour les partisans de l’État islamique est « de les exfiltrer vers les terres du Califat » et de les réunir avec leurs parents dont ils ont été arrachés.


L’Université du Tennessee veut « interdire » Noël

« Afin d’être plus inclusif », le bureau de la diversité et de l’inclusion à l’Université du Tennessee à Knoxville a publié 10 recommandations qui bannissent l’aspect religieux et culturel des célébrations de Noël du personnel sur le campus.

Ces recommandations, publiées sur le site web du bureau, ont pour but de permettre aux employés de « célébrer et bâtir sur les relations de travail et le moral de l’équipe ».

Un par un, les points énoncés dépouillent les fêtes de Noël de leurs pratiques traditionnelles. Selon ce guide, les cartes de Noël et les décorations ne devraient pas comporter d’éléments « confessionnels ».

De plus, la nourriture et les boissons servies lors des célébrations ne devraient pas appartenir à une religion ou à une culture spécifique.

Ces accommodements raisonnables ont soulevé un tollé, si bien que certains législateurs de l’État ont demandé la démission du chancelier de l’université, Jimmy Cheek.

Depuis cette controverse, le bureau de la diversité et de l’inclusion a publié une « clarification » sur son site web.

« Nous reconnaissons que Noël est l’une des célébrations de la saison et de la naissance de Jésus. Il s’agit d’une fête chrétienne qui figure sur notre calendrier culturel des fêtes religieuses. Les pratiques que nous avons publiées sont une ressource en ligne pour les professeurs et le personnel afin de créer des célébrations plus inclusives au sein de leurs départements et de leurs unités administratives », est-il écrit.
VOICI LES 10 POINTS ÉNONCÉS :

1) Les célébrations des fêtes devraient être un moment pour renforcer les relations de travail et le moral de l’équipe sans mettre l’accent sur la religion ou la culture. Assurez-vous que votre fête de Noël n’est pas une fête déguisée.
2) Envisagez d’organiser une fête du Nouvel An en incluant un décor et de la nourriture inspirée par plusieurs religions et cultures. Utilisez cet événement pour redynamiser votre équipe et pour déterminer vos objectifs et priorités pour la nouvelle année.
3) Les superviseurs et les gestionnaires ne devraient pas endosser ou être perçu comme un endosseur d’une religion particulière ou d’une religion en général.
4) Si une personne choisit de ne pas venir à une fête, n’exercez pas de pression afin qu’elle soit présente. La participation doit être volontaire.
5) Encouragez les employés à apporter de la nourriture qui reflète leur religion et leur culture. Utilisez ces célébrations comme une occasion de partager nos différentes cultures.
6) Si vous comptez envoyer des cartes de Noël, assurez-vous qu’elles sont non confessionnelles.
7) Si vous aviez l’intention d’organiser des jeux ou un échange de cadeaux, assurez-vous qu’ils ne portent pas un nom à connotation religieuse ou qu’ils comportent des éléments culturels précis.
8) La décoration choisie ne doit pas appartenir à une religion ou à une culture particulière. Établissez des dates précises pour les installer et les enlever.
9) Les boissons servies lors des fêtes ne doivent pas appartenir non plus à une religion ou à une culture spécifique.
10) Le plus important est de célébrer de façon respectueuse et inclusive avec les étudiants et vos collègues de l’Université.

Réaction de Richard Martineau

Cette décision a suscité cette réaction du chroniqueur Richard Martineau.
Comme vous avez pu le lire hier, l’Université du Tennessee à Knoxville veut bannir l’aspect religieux et culturel des célébrations de Noël.
Ça, c’est comme si je voulais bannir l’aspect carnivore du Festival des côtes levées, du bacon et de la viande.

« Vous avez le droit de célébrer Noël pourvu que ça ne soit ni religieux ni culturel. »

Euh... c’est quoi, d’abord ?

La fête des sapins ? La célébration des boules ?

L’Université a publié 10 recommandations sur son site Web pour aider les employés à célébrer Noël... sans parler de culture ni de religion.

Recommandation 5 : « Encouragez les employés à apporter de la nourriture qui reflète leur religion et leur culture. Utilisez ces célébrations comme une occasion de partager nos différentes cultures. »

Donc, les Arabes musulmans ont le droit de célébrer leur culture, les Chinois bouddhistes ont le droit de célébrer leur culture, les Grecs orthodoxes ont le droit de célébrer leur culture... mais pas les Américains de souche protestants ou catholiques !

Ben coudonc...

Si tu fais partie d’une minorité, la société doit t’encourager à célébrer ta différence. Mais si tu fais partie de la majorité, ferme ta gueule et prends ton trou.
Plus tu es dans la marge, plus t’es cool. Plus tu te rapproches du centre, plus tu es suspect.

[...]

Extrait d’un texte publié par France Info, le 14 juin 2013 : « La population américaine change. Selon les données du dernier recensement, le nombre de naissances des Américains blancs est inférieur à celui des décès. Dans quelques décennies, les minorités auront la charge du pays... »

Donc, ça veut dire que dans quelques années, les Américains blancs pourront CÉLÉBRER leur culture et leur héritage sans se faire regarder de travers ?

Ils pourront même apporter de la dinde et des bûches de Noël à l’Université du Tennessee ?

Euthanasie — Où sont passés le deuxième côté de la médaille et les soins palliatifs ?

Texte d’Aubert Martin, Directeur général de Vivre dans la dignité

Depuis le jugement de la Cour supérieure du Québec, on assiste dans les médias à une montée aux barricades pour crier à l’injustice.

Il est déjà loin le temps où on justifiait la position en faveur de l’euthanasie en se basant sur des jugements juridiques pour servir d’autorité morale. C’est à croire que l’autorité n’est conférée qu’aux institutions qui pensent dans le sens voulu... Ce qui est particulièrement choquant dans ce traitement public, c’est qu’on dénonce aussi cette décision comme une attaque à la démocratie, alors que dans le paysage démocratique, mis à part quelques exceptions notables, on ne voit qu’un seul côté de la médaille. Mais « le débat est clos », nous répond-on en guise de dialogue.  

[Note du carnet : c’est assez typique du débat « progressiste ». Tant que l’opinion « progressiste » est minoritaire ou non imposée par des juges, le débat doit rester ouvert, la liberté de pensée importante, il faut être « tolérant », il faut valoriser la « diversité ». Une fois que des juges auront décidé pour la population, le débat est clos, le consensus établi, les adversaires sont des rétrogrades, des intolérants qui devraient se taire, car la Lumière illumine enfin le monde.]


Pourtant, il reste tellement de questions cruciales à poser qu’on pourrait certainement écrire des articles sur le sujet deux fois par jour jusqu’au 6 février 2016. Ainsi, pourquoi attaquer le gouvernement fédéral qui ne fait que rappeler les règles qui régissent le pays dont fait toujours partie le Québec, et ne pas s’insurger contre l’Assemblée nationale du Québec qui a cautionné une loi en sachant pertinemment, comme le rappelle la Procureure générale du Canada dans le jugement, que cette loi serait incompatible avec le Code criminel ? Pourquoi crier au scandale devant le report d’une date d’échéance, et ne pas relever la témérité d’un gouvernement qui cherche à tout prix à devancer la mise en application du jugement de la Cour suprême sur lequel il s’appuie pour militer en faveur de son choix ?

Pourquoi avoir accusé tous les médecins qui refusent cette « aide médicale à mourir » en les affublant (encore) de tous les noms, sans jamais leur en demander les motifs professionnels en tant qu’experts sur la première ligne ?

Pourquoi écrire de longs articles sur les deux seules maisons de soins palliatifs (donc des exceptions par rapport au consensus des soignants palliatifs), et ne pas avoir donné un droit de parole serein à chacune des maisons qui n’a pas voulu de cette mort intentionnelle de leurs patients ?

Pourquoi ne pas s’interroger sur l’inquiétude de la Procureure générale du Canada « face aux dispositions de l’article 31 de la Loi qui impose aux médecins qui ne voudraient pas accéder à une demande d’“aide médicale à mourir” de participer, malgré leur objection », et en profiter pour soulever cette incohérence hallucinante avec le principe de liberté de choix évoqué par les défenseurs de l’euthanasie ?

Pourquoi s’étonner du jugement de la Cour supérieure du Québec qui ose enfin remettre les pendules à l’heure en affirmant que l’« aide médicale à mourir » constitue de l’euthanasie (une évidence criante) et ne pas critiquer le manque total de transparence du gouvernement du Québec qui, contrairement à tous les autres pays du monde qui traitent leur population en adulte, utilise des subterfuges pour diluer les effets qui désavantageraient sa position ?

Pourquoi commencer à dire que, de toute façon, la décision Carter légalisera bientôt l’« aide médicale à mourir », alors qu’il n’a jamais été question de ce vocable dans le jugement de la Cour suprême et qu’il se pourrait fort bien que la loi fédérale ne permette que des exceptions au Code criminel pour le suicide assisté, mais non pour l’euthanasie ? [Là, Aubert Martin nous semble naïf face aux idéologues du parti de Trudeau, fils.]

Et finalement, pourquoi ne pas applaudir l’entrée en vigueur de tous les autres articles de cette Loi concernant les soins de fin de vie qui ont trait aux soins palliatifs et à la sédation palliative continue, et qui sont censés donner un soulagement réel et apporter un début de réponse à la sempiternelle question de la souffrance en fin de vie ?

La croissance de la population du Québec ralentit pour une cinquième année consécutive

Cela ne surprendra pas les lecteurs de ce carnet, mais il est bon qu’une démographe gouvernementale le rappelle. Notons que tous les chiffres préliminaires pour 2015 semblent indiquer que le nombre de naissances baissera une nouvelle fois (un déficit de 850 naissances sur les 9 premiers mois) malgré une population en croissance et que le nombre de décès augmentera une nouvelle fois (un excédent de 1750 trépas par rapport aux neufs premiers mois de 2014).

La population du Québec a augmenté de 60 500 personnes en 2014, soit un taux d’accroissement de 7,4 pour mille (0,74 %). [La population du Québec est estimée à 8 240 500 personnes au 1er janvier 2015 en regard de 8 180 000 au début de 2014. Cette augmentation est principalement due à l’immigration.] Ce taux connaît un cinquième repli depuis le sommet de 11,0 pour mille (1,1 %) enregistré en 2009, indiquant un ralentissement de la croissance de la population québécoise. L’augmentation du nombre de décès et la diminution des nombres de naissances et d’immigrants nouvellement admis expliquent cette croissance moins rapide. La population québécoise s’établit à 8,26 millions d’habitants au 1er juillet 2015. La part des 65 ans et plus continue d’augmenter et se situe à près de 18 %. Les moins de 20 ans représentent 21 % de la population et les 20‑64 ans comptent pour 62 %. Ces résultats sont tirés de l’édition 2015 du Bilan démographique du Québec publié aujourd’hui par l’Institut de la statistique du Québec.

Le nombre de naissances peut-être trompeur : avec une population croissante, un nombre constant de naissances indique en fait une baisse de la natalité.

Un peu moins de naissances et un peu plus de décès

Le nombre de naissances s’établit à 87 700 en 2014, un niveau inférieur à ce qui a été enregistré entre 2009 et 2013, alors que le nombre de naissances s’était maintenu au-dessus de 88 000. L’indice synthétique de fécondité est de 1,62 enfant par femme en 2014 ; il poursuit une légère tendance à la baisse, après avoir progressé de 1,45 enfant par femme en 2000 à 1,73 en 2008 et 2009. Le nombre de décès s’élève à 63 000 en 2014, soit une augmentation de 2 200 décès par rapport à 2013. Cette hausse est particulièrement marquée quand on la compare à l’augmentation annuelle moyenne de 600 décès enregistrée au cours des dix années précédentes. La saison grippale exceptionnellement hâtive et sévère de l’hiver 2014-2015 a entraîné un nombre de décès très élevé en décembre 2014, ainsi qu’un pic record en janvier 2015. Le grand nombre de décès du mois de décembre 2014 plombe le bilan global d’une année autrement fidèle à la tendance récente. La hausse du nombre de décès n’a pas empêché l’espérance de vie à la naissance de se maintenir au même niveau qu’en 2013, soit 80,2 ans chez les hommes et 84,1 ans chez les femmes. Le Québec a affiché pendant très longtemps la plus faible espérance de vie de toutes les provinces canadiennes. Au cours des trois dernières décennies, c’est le Québec qui a connu la plus forte amélioration, si bien qu’il se situe maintenant dans la moyenne canadienne.

L’indice de fécondité (le nombre d’enfants par femme) est lui insensible à l’accroissement de la population


Un peu moins d’immigrants et des pertes migratoires interprovinciales qui demeurent élevées

Le Québec a accueilli 50 300 immigrants en 2014, une baisse comparativement à 2013 (52 000) et au sommet de 2012 (55 050). L’Iran (11,6 %) arrive au premier rang des pays de naissance des nouveaux arrivants de 2014, devant la France (7,0 %), l’Algérie (7,0 %), la Chine (6,8 %) et Haïti (5,7 %). Plus de 60 % des immigrants admis en 2014 sont âgés de 20 à 44 ans. Le solde migratoire interprovincial du Québec est estimé à -  13 800 personnes en 2014, un résultat semblable au niveau enregistré en 2013. Il faut remonter aux années 1996 à 1998 pour trouver un déficit migratoire plus prononcé. C’est principalement avec l’Ontario, mais aussi avec l’Alberta et la Colombie-Britannique, que le Québec connaît des déficits migratoires notables.

Déjà très faible, la nuptialité montre encore des signes d’affaiblissement

On estime à 22 400 le nombre de mariages célébrés au Québec en 2014. De ce nombre, un peu moins de 600 (3 %) ont uni deux conjoints de même sexe. La propension à se marier demeure très faible : si les conditions de nuptialité de 2014 demeuraient constantes, seulement 27 % des hommes et 30 % des femmes se marieraient au moins une fois avant leur 50e anniversaire. La nuptialité a connu une légère diminution pour une deuxième année, alors qu’elle était demeurée plutôt stable entre 2001 et 2012. Les mariages religieux continuent de perdre en popularité (45,5 %), alors qu’on note une progression importante des mariages civils célébrés par une personne désignée (parent, ami, etc.). Par ailleurs, la moitié des mariages célébrés en 2014 ont eu lieu un samedi d’été.

Bilans régionaux

L’édition 2015 du Bilan démographique du Québec contient 17 fiches régionales offrant un aperçu de la situation démographique récente dans chacune des régions administratives du Québec. L’Institut de la statistique du Québec produit, analyse et diffuse des informations statistiques officielles, objectives et de qualité sur différents aspects de la société québécoise. Il est le coordonnateur statistique pour le Québec et la pertinence de ses travaux en fait un allié stratégique pour les décideurs et tous ceux qui désirent en connaître davantage sur le Québec.

[Au Canada comme au Québec, plus une région a une population autochtone plus son taux de fécondité est haut]
Voir aussi

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »


Québec — Plus petit nombre de naissances depuis 7 ans

Une nouvelle étude souligne les conséquences néfastes des garderies « universelles » québécoises


Démographie — Triste record pour l’Allemagne

Démographie russe — le solde naturel est redevenu positif

France — Ministère socialiste de l'Éducation cible l'école libre

Élèves d’une école libre catholique
Une vingtaine d’établissements hors contrat sont sous la loupe des enquêteurs du ministère de l’Éducation socialiste depuis la mi-novembre et jusqu’à la fin janvier. Les établissements sont inspectés parce qu’ils suscitent des inquiétudes (signalements par des parents, des enseignants…) ou bien parce qu’ils n’avaient pas été contrôlés depuis longtemps. Ils sont de toutes confessions, pas uniquement musulmanes, a-t-on souligné.

Sur cette vingtaine d’établissements, huit seront contrôlés d’ici ce vendredi 11 décembre par des équipes d’inspecteurs qui sonnent à la porte des écoles sans prévenir. Ils vérifient avec le directeur les programmes scolaires, les livres, les cours et parlent aux enseignants et aux enfants. Ces inspecteurs font immédiatement un rapport détaillé et en cas d’atteinte majeure aux « valeurs » de la République, le ministère envisage des fermetures d’établissement.

La France compte aujourd’hui près de 700 écoles indépendantes qui restent libres de leur pédagogie et de leurs programmes (contrairement aux écoles québécoises privées même si elles ne reçoivent aucune subvention) ; elles scolarisent environ 60 000 élèves.

« La démarche est engagée depuis une bonne année. On s’était rendu compte, quand Najat Vallaud-Belkacem est devenue ministre, que le cadre réglementaire des établissements hors contrat était assez flou et les contrôles limités ».

Les inspecteurs arrivent « en nombre important », sans prévenir. L’objectif est de « ne laisser prospérer aucun enseignement contraire aux valeurs de la République ».

Mais qu’est-ce que les valeurs de la République ? La lutte contre l’hétérosexisme, les mères porteuses pour tous, le sans-frontiérisme, la défense des « sans-papiers » devenus « migrants » puis « réfugiés », la promotion des drogues douces, la subvention par l’État de l’avortement, le « mariage » homosexuel ?

L’on peut, en effet, craindre que les écoles traditionalistes chrétiennes soient dans la ligne de mire, rappelons que le Parti socialiste au pouvoir (grâce aux élections à deux tours et à l’absence de scrutin proportionnel) considère que trente pour cent des électeurs (30 %) auraient voté pour un parti qui conduirait à la « guerre civile » (voir Manuel Valls, le Premier ministre socialiste enfiévré), qu’il faut défendre les valeurs de la « République » en érigeant barrage républicain (idem).


La ministre socialiste de l’« Éducation » en France, Najat Belkacem

Liens connexes

France — Les coupes socialistes dans la politique familiale expliquent-elles la baisse de la natalité ?

France — Retrait important des parents force le ministre à désavouer la théorie du genre

France — La morale laïque de Peillon, un ultra-moralisme obligatoire

Pour le ministre de l’Éducation français, le socialisme est une religion

L’école de l’État « n’a pas suffisamment travaillé sur les mentalités »