lundi 12 septembre 2011

Vatican — l’État doit respecter les choix des parents en éducation

En matière d’éducation, l’État a le devoir de respecter les choix des parents et d’éviter toute tentative « d’endoctrinement idéologique ». C’est ce que rappelle Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès du Bureau des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève, dans une intervention sur l’accès primaire à l’éducation, prononcée le 6 juillet dernier. « L’objectif de l’éducation est de s’étendre à la formation de la personne, à la transmission des valeurs comme le sens de la responsabilité individuelle et sociale, le travail éthique, le sens de la solidarité avec la famille humaine tout entière », a affirmé Mgr Tomasi. « Dans ce processus éducatif, l’État a le devoir de respecter les choix que les parents font pour leurs enfants et éviter des tentatives d’endoctrinement idéologique », a-t-il ajouté.

Citant le pacte international sur les Droits économiques, sociaux et culturels, il a rappelé que « les États parties au présent Pacte s’engagent à respecter la liberté des parents (…) de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics (…) et de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs propres conviction ». Cela inclut – a rappelé Mgr Tomasi – « le droit de formuler des jugements moraux sur des questions morales ». L’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies a aussi évoqué l’importance d’une « stricte coopération entre parents et école » pour atteindre de meilleurs résultats éducatifs. « L’État et la société civile doivent garantir une formation de haute qualité des enseignants afin qu’ils puissent voir dans leur rôle une mission spéciale et que leur service soit reconnu comme tel », a-t-il ajouté.

Source : Zenith




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Le plaisir de lire baisse chez les jeunes de 15 ans

Les Français étaient 61 % à aimer lire en 2009 contre 70 % en 2000. Les élèves de 15 ans, auxquels s’intéresse la dernière étude internationale Pisa pour l’OCDE, lisent de moins en moins par plaisir.

En moyenne, parmi les pays de l’OCDE, en 2009, 371 % des élèves affirment ne pas lire par plaisir, selon l’organisation internationale. En Autriche et au Liechtenstein, plus de la moitié des élèves de 15 ans sont dans ce cas. À l’opposé, en Albanie, au Kazakhstan, en Thaïlande et en Chine, ils déclarent lire pour le plaisir à plus de 90 %. Les jeunes Français qui étaient 70 % à aimer lire en 2000 ne sont plus que 61 % en 2009. Ce résultat est d’autant plus inquiétant que la notion de « plaisir » est associée à de meilleures performances à l’école. L’effondrement, à quelques exceptions près, est mondial. Mais pourquoi la Bulgarie ou le Kazakhstan, pays moins avancés économiquement que la France, la Grande-Bretagne ou les États-Unis, les devancent dans cette notion de « plaisir de lecture » ?

C’est une question économique, répond-on à l’OCDE, dans ces pays, souvent moins développés, le livre est encore un objet parfois difficile à se procurer. La perception de la lecture y est donc plus positive. » Lorsqu’ils sont issus de milieux socio-économiques favorisés, les élèves sont 72 % à affirmer lire quotidiennement pour le plaisir, contre 56 % lorsqu’ils sont issus de milieux défavorisés. En France, la différence des résultats entre ces deux publics peut dépasser les 20 %.

Pour Bruno Germain de l’Observatoire national de la lecture, « Le plaisir, lui, ne se décrète pas. Il ne vient qu’avec la fluidité. On ne prend du plaisir que parce que c’est devenu facile de lire, on n’a plus d’efforts à faire. C’est une conséquence. Les enseignants emmènent régulièrement les enfants à la bibliothèque, les engagent à lire mais ils ont d’abord des objectifs plus scolaires, plus techniques. Le plaisir de lire dépend aussi des parents ».

Difficile de dire en dépit de cette étude si les élèves lisent moins. Le sociologue Bernard Lahire pointe le fait que les enquêtes sur la lecture ne portent pas toujours sur la lecture sur Internet, grandissante chez les jeunes. Celle de l’OCDE s’est effectivement cantonnée à l’écrit « papier ».

Retrouver l’étude dans son intégralité : http://www.oecd.org/dataoecd/33/5/46624382.pdf

Source : Le Figaro




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Richard Martineau — Un drôle d'exercice d'ECR

Le chroniqueur Richard Martineau revient sur l'incident du voile dans une école de Jonquière dont nous parlions la semaine passée. Ce carnet n'est ni pour ni contre le voile en général (il y a des religieuses catholiques qui le portent !), mais pour que les parents — et non l'État ou les professeurs — puissent décider en toute connaissance de cause si ce genre d'exercices devrait avoir lieu ou non à l'école de leurs enfants (plutôt que toutes les écoles). Pédagogiquement, nous trouvons l'exercice inutile, car les élèves n'apprennent rien à se mettre 15 minutes un voile, si ce n'est peut-être ce que l'enseignant voudra conclure à l'avance.

« Ainsi, une prof d’éthique et de culture religieuse de Jonquière a décidé de faire porter le voile à ses étudiantes afin qu’elles expérimentent ce que ça fait d’être regardées par les autres quand on porte un hijab.

Cette approche particulière a fait grimper plusieurs personnes dans les rideaux.

Ça va peut-être vous surprendre, mais personnellement, je suis pour ce genre d’exercice.

Mais à deux conditions.


L’OUVERTURE POUR TOUS

Première condition : par souci d’équité, les étudiantes voilées devraient aussi se prêter à ce genre d’exercice et enlever leur voile pendant quelques minutes afin de savoir « comment on se sent » quand on ne porte pas de hijab.

(Après tout, l’ouverture aux autres est une voie à double sens. Ce n’est pas seulement aux non musulmans de s’ouvrir à l’Islam, c’est aussi aux musulmans de s’ouvrir aux autres cultures, non ? Pourquoi la prof ne demanderait pas aux étudiants musulmans de porter une kippa, par exemple ?)

Et deuxième condition : afin d’encourager les étudiantes à pousser leur réflexion plus loin, cet exercice devrait être accompagné d’une lecture de textes choisis.

Je propose les écrits suivants.

UN SYMBOLE D’ASSERVISSEMENT

Taslima Nasreen, écrivaine bangladaise : « Le hidjab islamiste est un uniforme intégriste, comme le furent par le passé la chemise brune ou noire… »

Azar Majedi, présidente pour l’Organisation pour la libération des femmes en Iran : « Je suis contre le voile, qui est l’outil et le symbole de l’oppression et de l’asservissement de la femme. Le voile est devenu la bannière du mouvement islamique.

« Je me bats contre le voile et dénonce sa nature. De plus, je suis pour l’interdiction du port du voile par les mineurs. Je pense qu’aucune fillette ne doit être obligée de porter le voile. Le voile limite le développement physique et intellectuel d’un enfant et doit être interdit. »

Irshad Manji, journaliste canadienne musulmane : « Je ne crois pas que les femmes portent le voile par choix. Une semaine avant l'entrée en vigueur de la loi sur la laïcité en France, un grand sondage demandait aux femmes musulmanes de France si elles appuyaient l'interdiction de porter le hijab à l'école. Et à la surprise générale, la majorité des femmes ont dit oui.

« Pourquoi ? Pas parce qu'elles s'opposent à l'islam ou au Coran. Mais parce qu'elles s'opposent à la violence, à l'intimidation et au harcèlement des hommes de leur communauté si elles ne le portent pas… »

UN MORCEAU DE TISSU

Mario Bernier, le directeur de l’école où l’enseignante de Jonquière travaille, affirme qu’il ne comprend pas pourquoi cet exercice a choqué certaines personnes puisque que « le voile n’est qu’un petit morceau de tissu ».

Monsieur Bernier devrait lire les propos de Michèle Vaniès, présidente du groupe Regards de femmes :

« Le voile a été inventé par les tenants de l’Islam politique pour montrer leur capacité d’occuper les espaces et les esprits.

« Ce n’est pas un bout de tissu quelconque. Des femmes qui refusent de le porter sont fouettées, égorgées, lapidées. Dès que les intégristes prennent le pouvoir dans un pays, leur première mesure est de voiler les femmes... »

N’est-ce pas le rôle de l’école de développer le sens CRITIQUE, monsieur Bernier ?
»




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L'école de son choix et le bon scolaire


Vous avez peut-être la chance d’avoir à faire à des maîtres dignes de ce nom : attentifs, patients, compétents, et prêts à vous rencontrer pour parler de vos enfants. Ils exercent un vrai sacerdoce car ils ont des élèves difficiles, et le niveau moyen de l’éducation a diminué. Leur mérite n’est pas toujours reconnu par l’administration, les inspections sont rares et superficielles, et l’avancement se fait surtout à l’ancienneté.

D’autres parents n’ont pas cette chance, et sont confrontés à un corps enseignant peu motivé. Comme chaque année, cette rentrée scolaire se fait sous le signe du manque de titulaires et du recours à des remplaçants, et de l’entrée en fonction d’enseignants qui ne sont faits ni pour enseigner ni pour éduquer et sont surtout attachés aux privilèges de la fonction publique. Où sont les « hussards de la République » ?

La gestion du personnel par des rectorats et un ministère lointains débouche sur le désordre et l’arbitraire.

Vous trouveriez normal que le mérite soit reconnu, et que les nominations et affectations d’enseignants tiennent compte de leur qualité. Un vrai changement consisterait donc à accepter la mobilité volontaire du personnel, en droit de rechercher un poste dans un établissement de son choix, les établissements ayant à leur tour la possibilité de recruter librement une équipe cohérente et motivée. La rémunération pourrait également varier, la règle de l’ancienneté étant corrigée par des primes variables selon les établissements et les individus. Enfin, il devrait être possible de recruter des enseignants en dehors de la fonction publique : des emplois contractuels de maîtres se multiplieraient dans l’enseignement, tandis que le nombre de fonctionnaires serait appelé à diminuer. Une concurrence entre maîtres viendrait ainsi compléter la concurrence entre établissements.

Le choix pour tous : les bons scolaires

Il n’y a pas de concurrence entre établissements, ni de liberté de choix des familles s’il n’y a pas de financement approprié.

Aujourd’hui tous les établissements du primaire, du secondaire et du supérieur dépendent des fonds publics : Etat, régions, communes. Cet argent est payé avec vos impôts : au total environ 70 milliards d’euros ; le budget de l’Education Nationale est le premier poste de dépenses de l’Etat représentant plus de 20 % du total. Comme il y a 12 millions d’enfants scolarisés, chacun d’entre eux dispose théoriquement de 6.000 euros par an, soit 500 euros par mois. Avez-vous l’impression d’en avoir pour votre argent ?

Déresponsabilité par la gratuité

Le paradoxe est qu’aujourd’hui l’école est « gratuite » (c'est-à-dire subventionnée par l’impôt) pour des familles aisées qui pourraient payer. Mais la gratuité n’est pas une garantie de qualité, puisque tous les établissements sont également dotés. Parallèlement les familles modestes n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants dans des établissements de qualité qui coûteraient peut-être plus cher.

En fait le choix des familles n’est responsable que lorsqu’elles payent elles-mêmes les études de leurs enfants. Différemment, elles considèrent les études comme un « droit social » et se dispensent de tout contrôle, tout en déplorant la mauvaise qualité des prestations.

Il est vrai que beaucoup de familles ne pourraient offrir à leurs enfants l’école de leur choix. À ce moment, rien n’empêche qu’un bon scolaire leur soit attribué (par exemple d’une valeur de 500 euros par mois, correspondant à la moyenne nationale du coût scolaire), le bon étant remis à l’établissement de leur préférence. Ce bon, financé par l’impôt, marquerait ainsi la solidarité de tous les contribuables avec ceux qui sont dans le besoin.

Jacques Garello

Source : Libres

Voir aussi de Jacques Garello cet article (à la page 5) où il aborde la concurrence des pédagogies, la fin du monopole des programmes scolaires par l'État.




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samedi 10 septembre 2011

France — le droit imprescriptible à la licence : l’Université est devenue un village Potemkine

Pierre Jourde, écrivain, professeur d’université et critique littéraire dénonce la réforme de la licence (le baccalauréat au Québec) et la volonté de donner un diplôme à tous les étudiants, quel qu’en soit le prix.

« L’idée généreuse qui préside à cette réforme est que tout le monde devrait avoir un diplôme. Certes. Mais cette formule est susceptible de deux interprétations.

Soit on comprend qu’il s’agit de faire en sorte de donner à tout le monde un niveau honnête justifiant l’obtention d’un diplôme.

Soit on comprend qu’il s’agit de bidouiller les diplômes de manière à ce que tout le monde les obtienne, quel que soit son niveau, son travail et son savoir.

Depuis des années, c’est la seconde solution qui est adoptée, en laissant croire, bien entendu, que c’est la même chose que la première. Mais cette fois-ci, on dépasse tout. Le mur de la démagogie et de la connerie réunies vient d’être allègrement enfoncé par le ministre et l’UNEF. L’UNEF [syndicat étudiant] myope, pour ne pas dire aveugle, convaincu que défendre les étudiants, c’est faire en sorte qu’ils obtiennent tous des diplômes en peau de lapin, sans voir que cela conduit à achever l’université, désormais considérée comme une usine bonne à occuper le chômeur en le berçant d’illusions. Les choses sérieuses auront lieu ailleurs.

Jusqu’à présent, malgré toutes les facilités possibles, il fallait quand même une moyenne générale pour passer d’une année sur l’autre. Désormais, c’est fini. Voilà résolu le grave problème de l’échec en première année. Il suffisait d’y penser.

Vous êtes étudiants en première année de Lettres, mettons. Vous avez eu deux ou trois de moyenne à peu près dans toutes les matières ? Peu importe. Il vous suffira d’un petit quelque chose, mettons un 15 en initiation à l’informatique (tout le monde a 17) et en « découverte du système éducatif » (vous pondez un petit rapport de quatre pages et vous avez forcément au-dessus de 14), voire en sport, pour passer en deuxième année. Là, rebelote pour passer en troisième année. Jusque-là, tout cela n’a pas exigé trop d’efforts de votre part. Problème : à la fin de la troisième année, votre moyenne générale est tout de même quasi nulle. Les matières littéraires vous ont plombé.

Qu’à cela ne tienne : Si vous avez réussi à obtenir la moyenne dans la moitié des enseignements, quand bien même vous auriez des 4 partout ailleurs, vous avez la licence. Et vous serez titulaire d’une licence de lettres avec du sport, de l’informatique rudimentaire et toutes sortes d’options rigolotes. D’UNE LICENCE DE LETTRES. Vous avez donc le droit de vous inscrire au master [maîtrise au Québec], puis à vous présenter aux concours. Vous échouez ? Peu importe. L’éducation nationale a besoin de vacataires mal payés et sous-diplômés (les titulaires diplômés coûtent cher). Vous voilà prof. de Lettres. Le tour est joué. Merci UNEF, merci M. le Ministre. Voilà une réforme adoptée par un ministre de droite et un syndicat paraît-il de gauche. Inutile de dire que si la droite s’est efficacement employée, depuis l’élection de Sarkozy, à démolir l’université, il n’y a aucun recours à attendre de la gauche sur ce sujet.

Personnellement, en tant qu’universitaire, j’estime que la coupe à n’importe quoi est pleine et que, cette fois, on se paie ma tête ouvertement. On me demande de présider à une pure mascarade, de faire semblant d’enseigner pour faire semblant de délivrer des diplômes ayant un contenu, alors qu’il ne s’agit que de faire du chiffre. L’université est définitivement devenue un village Potemkine, un faux-semblant général où le savoir n’a plus aucune importance. S’il ne s’agit que de balancer des 18 à la pelle, si c’est cela qu’on me demande, aucun problème, ils vont pleuvoir. Mais qu’on ne me demande pas en plus de m’intéresser à la guignolade.

P.J.
»

Source : Nouvel Obs


Voir aussi

Mark Steyn dans After America sur l'éducation américaine

La bulle universitaire aux États-Unis va-t-elle crever ?

Inflation des notes dans les universités nord-américaines ?


Les francophones bientôt minoritaires à Montréal, légère baisse des francophones dans l'ensemble du Québec

Le nombre de personnes s'exprimant en français à la maison pourrait passer sous la barre des 50 % d'ici une vingtaine d'années sur l'île de Montréal, s'il faut en croire les conclusions d'une des cinq études présentées vendredi par l'Office québécois de la langue française (OQLF).

Seul le nombre d'allophones augmentera au cours de cette période. Leur proportion au sein de la population passera de 20,6 % à 29,5 %, selon un scénario de croissance démographique moyenne. Ce n'est guère étonnant quand on considère le très fort taux d'immigration légale au Québec : près de 50.000 immigrants par an.

Dans l'ensemble du Québec, le poids démographique des francophones devrait baisser au cours des 20 prochaines années pour s'établir à 77,9 %, alors qu'il se situait en 2006 à 79 %. Celui des anglophones devrait diminuer légèrement pour s'établir à 10,1 %.

Les allophones seront les seuls à connaître une hausse, passant de 11,4 % à 12,1 %.


On se console comme on peut

Ces chiffres n'inquiètent pas Louise Marchand, directrice de l'OQLF, qui note qu'une plus forte proportion d'allophones opte aujourd'hui pour le français comme langue d'usage.

Le rapport indique notamment que les allophones ayant adopté le français dans leur vie quotidienne, au détriment de leur langue maternelle, l'ont fait dans une proportion de 51 % à partir de 2006, alors que ce nombre n'était que de 39 % en 1996.

Or, 51 % ce n'est pas assez pour maintenir le niveau des francophones à Montréal (54 %), ni même bien sûr des francophones au Québec (79 %) alors que la croissance démographique a justement lieu à Montréal !





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vendredi 9 septembre 2011

ÉCR — Une enseignante fait expérimenter le voile à ses élèves

Le directeur de l’école polyvalente de Jonquière, Mario Bernier, a indiqué au Journal de Québec qu’il appuyait l’approche pédagogique de l’enseignante de son école qui a décidé de faire porter le voile à ses élèves, dans le cadre du cours d’éthique et de culture religieuse.

Si l’initiative de l’enseignante de 5e secondaire, France Gagnon, n’a pas soulevé de tollé chez les élèves ou les parents, l’exercice de quelques minutes a suscité maintes réactions dans la province.

« Des médias n’ont pas arrêté de m’appeler vendredi, a fait savoir le directeur. Quand on touche à la religion au Québec, ça suscite beaucoup de réactions, surtout depuis la commission Bouchard-Taylor, mais là, je ne pensais pas que ça créerait un tel tumulte. Il y a un genre de panique médiatique. »

M. Bernier a également mentionné que l’enseignante ne voulait dorénavant plus parler aux médias. « C’est sûr qu’elle est très nerveuse. Elle ne pensait pas que ça allait devenir aussi gros. »

Pas d’objection

Même si « certains », selon le Journal de Québec, ont contesté la technique utilisée par Mme Gagnon pour animer son cours, le directeur a indiqué que l’objectif de la démarche ne cachait aucune mauvaise intention. « Il a été proposé, d’une façon volontaire, que les élèves portent un petit voile pendant quelques minutes pour qu’ils aient la perception par rapport à une différenciation. »

L’enseignante aurait réalisé l’exercice avec deux groupes durant environ 15 minutes. Les garçons ont également participé.

Mme Gagnon a envoyé une lettre aux parents avant de faire l’exercice et aucun d’entre eux ne s’y est opposé. Malheureusement, le Journal de Québec ne reproduit pas cette lettre.

Beaucoup de dérapages pour le MLQ 

« On a toujours été contre. On appréhende beaucoup de dérapages, étant donné que le sujet de la religion, en soi, c’est très délicat. Une situation comme celle de cette enseignante ne fait que confirmer nos appréhensions », a affirmé Marie-Michelle Poisson, présidente du Mouvement laïque québécois (MLQ).

« Le voile, c’est la pratique la plus controversée chez les musulmans. Ça prendrait un cours complet pour l’expliquer. C’est ça le problème, les enseignants ont beaucoup de matière à voir et on risque de prendre des raccourcis. Il faudrait l’enseigner dans un cours où on a la possibilité de faire toutes les nuances, comme dans un cours d’histoire par exemple. »

Selon Mme Poisson, le fait de réduire la religion à un aspect culturel en l’enseignant dans un cours de culture religieuse est fort discutable. « Ça donne lieu à toutes sortes de caricatures », ajoute-t-elle.

Les enseignants laissés à eux-mêmes pour la CLÉ

Quant à Richard Décarie, de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ), il partage le même avis. « Ça vient montrer que les enseignants sont laissés à eux-mêmes. Ils font ce qu’ils veulent. On n’est pas surpris de voir ça », a-t-il laissé entendre.


Voile dégradant pour la femme ?

Interrogé sur le débat que suscite le voile pour l’image de la femme, M.  Bernier a indiqué que l’exercice ne devait pas être interprété de cette manière et visait plutôt à permettre aux élèves de comprendre comment les gens perçoivent cette situation. On peut cependant douter que 15 minutes avec un voile sur la tête permettent de comprendre quoi que ce soit si ce n'est ce que l'enseignante voudra faire ressortir de cet exercice insolite pour les élèves, plus particulièrement on voit mal comment les élèves pourraient vraiment se mettre à la place de gens pour qui le voile fait partie de la vie de tous les jours par exemple.

« On doit développer des enfants avec un esprit critique qui sont capables de se positionner. L’algèbre, ça vient des Arabes. Va-t-on arrêter d’enseigner les mathématiques puisqu’on fêtera les dix ans des attentats du 11 septembre, dimanche ? C’est un peu ça. Le voile, c’était un petit morceau de tissu et ça a duré quelques minutes. »

Et voilà à quoi se résume le cours d'éthique et de culture religieuse ? Des approximations (les Arabes ne sont pas tous musulmans), de la mièvrerie multiculturaliste, des amalgames ? Quel rapport entre le voile, musulman donc, et les mathématiques ? Comme si on ne pouvait pas accepter des éléments scientifiques d'autres civilisations tout en réprouvant ou non des éléments religieux ou culturels de ces mêmes civilisations ! C'est cela développer l'esprit critique ?

L'algèbre « vient des Arabes » !?

Rappel : si le mot algèbre est d'origine arabe, la chose algébrique « ne vient pas des Arabes » encore moins « les mathématiques » dont l'algèbre n'est qu'une branche. Le grand algébriste El-Khwarizmi Mouhammed ibn Moussa était d'origine persane et non arabe. Ces travaux étaient eux-mêmes inspirés de ceux de l'Indien Brahmagoupta et de mathématiciens grecs comme Diophante.

Le Grec Diophante d'Alexandrie (vers 200/214 - vers 284/298), au IIIe siècle de l'ère chrétienne, fut le premier à pratiquer l'algèbre en introduisant le concept d'inconnue en tant que nombre, et à ce titre peut être considéré comme « le père » de l'algèbre.

Notons enfin que c'est à François Viète (1540-1603) que l'on doit l'idée de noter les inconnues numériques à l'aide de lettres. Son livre phare Isagoge marque en 1591 le début de la révolution algébrique qui, poursuivie par Thomas Harriot, William Oughtred, Albert Girard et René Descartes, fondera les notations de l'algèbre contemporaine.

Bref, les « Arabes » (en fait la civilisation arabo-musulmane dont beaucoup de savants ne sont ni arabes ni musulmans comme les nombreux médecins syriaques de la Bagdad abbasside) forment un chaînon de l'invention de l'algèbre, mais on ne peut en rien dire que « l'algèbre vient des Arabes » et encore moins « les mathématiques ».

Voir aussi sur cette affaire

Comment on a traité les parents à Jonquière par Myriam Ségal, journaliste dans la région






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Abitibi : les élèves francophones ont mieux réussi l’examen d’anglais que celui de français

Les résultats aux épreuves uniques pour la session de juin 2010, qui viennent d’être publiés par le ministère de l’Éducation, ont révélé un constat plutôt singulier : les élèves francophones de l'Abitibi-Témiscamingue ont mieux réussi l’examen d’anglais que celui de français...

 Ainsi, les écoles Natagan de Barraute et Gilbert-Théberge de Témiscaming ont obtenu un taux de réussite parfait à chacun des trois volets de l’examen d’anglais (global, interaction orale, production écrite), tandis que les écoles La Concorde de Senneterre et Le Tremplin de Malartic ont récolté un taux de 100 pour cent dans deux des trois volets.

À noter qu’à l’exception des écoles Rivière-des-Quinze de Notre-Dame-du-Nord (81,8 pour cent au volet global) et Marcel-Raymond de Lorrainville (89 pour cent au volet interaction orale), toutes les écoles ont obtenu des taux de réussite supérieurs à 90 pour cent dans tous les volets de l’épreuve d’anglais.

En ce qui concerne l’épreuve unique de français, le taux de réussite au volet global (connaissance de la grammaire, de la syntaxe, etc.) a été de loin supérieur à celui de l’épreuve écrite.

À cet égard, les trois écoles de la Commission scolaire de l’Or-et-des-Bois (CSOB) traînent de la patte par rapport au reste de la région. Avec un taux de réussite moyen de 79,8 pour cent, la CSOB accuse un retard de 11 points de pourcentage par rapport à la commission scolaire suivante, celle de Rouyn-Noranda.

La Cité étudiante Polyno de La Sarre s’est pour sa part distinguée de façon curieuse. Alors que son taux de réussite au volet global (92,5 pour cent) compte parmi les cinq meilleurs de la région, celui de l’épreuve écrite (76 pour cent) est le deuxième pire.

Même constat pour la moyenne générale sur 100, qui a relégué l'Abitibi-Témiscamingue au 15e rang, avec une note de 72,8 pour cent. Pour l’ensemble du Québec, la moyenne a plutôt été de 75,3 pour cent, ce qui ne demeure pas alarmant pour autant.

 Source : Abiti Express



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France — La « droite » de Sarkozy au pouvoir, l'archéo-gauche décide toujours des programmes scolaires



L'opinion du professeur d'université Jean-François Braunstein sur les dernières réformes du programme scolaire en France.

François Hollande [du Parti socialiste français] va « arriver » pour s’occuper des riches, qu’il n’aime pas. 

Nul besoin de l’attendre au Ministère de l’éducation nationale où la gauche la plus caricaturale est déjà bien installée, comme en témoignent les programmes d’histoire du collège et la directive récente sur l’enseignement des sciences de la vie et de la terre (SVT) en première. Bizarre.

 On croyait que Nicolas Sarkozy avait été élu pour que l’on enseigne à nouveau les bases de l’histoire de France, pour en finir avec la repentance, et, en matière de mœurs, avec le politiquement correct. Or les programmes d’histoire et la directive sur les SVT, concoctés par une Inspection générale et des directions où officient les mêmes personnages depuis trente ans, droite et gauche confondues, imposent une vision archéo-gauchiste, passablement ridicule, qui fait à juste titre tiquer nombre d’électeurs de droite, voire même les quelques enseignants républicains encore attachés à leur métier et à leurs disciplines, qui ne sont pas les moins indignés, comme le montre le site « L’école déboussolée [1] ».

L’histoire d’abord. Les programmes d’histoire datent de 2008 mais vont s’appliquer en quatrième à la rentrée prochaine. Ils sont présentés dans le sabir inimitable de pédagos à la Meirieu, décervelés par des années d’IUFM : « démarches »« capacités »« objectifs »« repères ». Un bref extrait de l’arrêté ministériel pour en apprécier le style :
« à côté de la rubrique définissant les connaissances, la rubrique démarches précise des entrées dans le thème ou des études de cas qui permettent d’éviter l’exhaustivité en se fixant sur des objets précis, afin de faire acquérir aux élèves les connaissances et les capacités qui constituent les objectifs à atteindre. Une rubrique spécifique précise ces capacités. La connaissance et l’utilisation de repères y tiennent une place importante : il ne s’agit pas seulement de connaître des repères mais de leur donner un sens et de savoir les inscrire dans un contexte essentiel à leur compréhension. C’est ainsi que l’on en fera le support d’un véritable apprentissage et non un simple exercice de restitution. Par ailleurs les capacités «raconter » et « décrire » sont de nature à valoriser la qualité de l’expression écrite et orale des élèves.1 [2] ».
La maîtrise de ce charabia constitue désormais l’essentiel des « capacités » exigées des nouveaux enseignants.

Ce que l’on comprend très bien en revanche à la lecture de ces programmes est qu’il n’y aura plus de chronologie, mais des thèmes au choix à étudier, dans le plus grand désordre. Quasiment plus de Moyen-âge, plus de Clovis, plus de Saint Louis. Plus de Louis XIV, mais un thème très général sur « l’absolutisme ». Louis XV a totalement disparu. Plus de possibilité d’étudier l’affreux Napoléon bien sûr ; mais pas même l’Empire qui devient facultatif et ne peut être traité qu’autour des notions de « guerre » ou de « religions ». Et le Code Napoléon ? Plus d’étude chronologique et approfondie de l’histoire de la Révolution française, comme cela est très clairement précisé, sous le titre « démarches » : « On renonce à un récit continu des événements de la Révolution et de l’Empire ; l’étude se concentre sur un petit nombre d’événements et de grandes figures à l’aide d’images au choix pour mettre en mettre en évidence les ruptures avec l’ordre ancien ». Mais en revanche un « thème » entier et obligatoire portera sur les traites négrières, chapitre dont on peut imaginer avec quelle subtilité il sera traité, quand on sait comment a été accueilli par nos pédagogues le grand livre de l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau sur le sujet.

En revanche nos élèves de collège seront des grands spécialistes de sujets plutôt pointus, qui n’étaient pour l’instant guère étudiés qu’à l’Université, et encore. Il sera obligatoire d’étudier, sur dix pour cent du temps, en sixième « la Chine des Hans à son apogée », c’est-à-dire sous le règne de l’empereur Wu (140-87 avant J.-C.), ou « l’Inde classique aux IVe et Ve siècles », et, en classe de cinquième « Une civilisation de l’Afrique subsaharienne » parmi les suivantes « l’empire du Ghana (VIIIe–XIIe siècle), l’empire du Mali (XIIIe– XIVe siècle), l’empire Songhaï (XIIe-XVIe siècle) » et surtout le « Monomotapa (XVe-XVIe siècle) », cher à Voltaire. Vite, rouvrir le Malet-Isaac ou acheter des livres comme celui de Dimitri Casali, qui va faire fortune à la rentrée en proposant un Altermanuel d’histoire de France.

Pour ce qui est des SVT [sciences de la vie et de la Terre] et de la question du « genre », on peut apprécier la modernisation de l’Éducation nationale : les vieux gagas pédagos ont obtenu le renfort des partisans branchés du gender, sans doute à l’initiative de Richard Descoings, qui a fait de Sciences Po la base avancée des études sur le genre en France. Judith Butler et Luc Chatel même combat. Le thème 3A « Féminin, masculin » de la directive sur les sciences de la vie et de la terre l’explicite clairement sous le titre « Devenir femme ou homme » « on saisira l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée ». L’identité sexuelle serait entièrement construite et le sexe biologique serait une pure contingence sans aucune conséquence sur le devenir « genré » de l’individu. D’où quelques perles dans les manuels scolaires chargés d’expliciter ces thèses : une jolie illustration est celle du manuel Hatier où l’on voit un adolescent perplexe devant des portes de toilettes homme ou femme. Il faudrait au reste ajouter qu’une telle séparation entre toilettes homme et femme est en elle-même discriminante2 [3].

Malheureux professeurs de sciences de la vie et de la terre à qui est échu d’enseigner cette théorie qui n’a rien de scientifique, sauf à établir, comme les théoriciens du gender, que la biologie est toute entière « socialement construite ». Il aurait mieux valu sans doute, à tout prendre, repasser le/la bébé/e aux professeurs de philosophie, qui en ont vu d’autres. La protestation des enseignants est tout aussi véhémente que celle des catholiques, comme en témoigne le blog « L’école déboussolée », qui fait référence à la belle « Lettre aux instituteurs » de Jules Ferry, et dont la pétition a déjà recueilli 38.000 signatures.

Pour faire passer cette indigeste potion Luc Chatel n’a rien trouvé de mieux à la rentrée que de proposer de « faire revenir la morale » à l’école, et pour cela initier des « débats philosophiques » sur « le vrai et le faux ». On craint le pire.

Source :  Causeur


Notes
  1. Il faut dire que le Directeur général de l’enseignement scolaire qui a signé cette circulaire, Jean-Louis Nembrini, avait déjà commis en 2006 le très pataphysique et européen « socle commun de connaissances », également jargonnant : « Penser le socle en termes de compétences. Pour le Haut Conseil, il faut mettre l’accent sur la capacité des élèves à mobiliser leurs acquis dans des tâches et des situations complexes, à l’Ecole et dans la vie : le socle doit donc être pensé en termes de compétences. La notion de compétences figure déjà dans nos instructions officielles, en particulier pour l’enseignement des langues vivantes étrangères et le Brevet informatique et internet. Cette approche, qui se généralise parmi les pays développés, a été adoptée dans le projet de « cadre de référence européen » des huit « compétences-clés pour l’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie », qui doit être prochainement soumis au Parlement européen et au Conseil de l’Union européenne »  [5]
  2. Autre détail, en général peu noté, dans cette directive, qui marque bien la convergence des constructivistes sociaux du gender et des psychologues comportementalistes qui gravitent dans les sphères ministérielles actuelles, une très jolie définition du plaisir, qu’il conviendra d’enseigner en première S : « Le plaisir repose notamment sur des phénomènes biologiques, en particulier l’activation dans le cerveau des « systèmes de récompense » ( ?)  [6]

[1] L’école déboussolée: http://ecole-deboussolee.org/
[2] 1: #fn-11221-1
[3] 2: #fn-11221-2
[4] Image: http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2262034052/causeur-21
[5] ↩: #fnref-11221-1
[6] ↩: #fnref-11221-2
http://ecole-deboussolee.org/

jeudi 8 septembre 2011

Un Canadien est numéro 4 au palmarès du New York Times, silence radio de la CBC/SRC

Depuis trois semaines un Canadien, Mark Steyn, caracole en tête des palmarès des librairies comme celui de Maclean's :

NON-FICTION

1 (1) In the Garden of Beasts _ Erik Larson
2 (5) 1493 _ Charles C. Mann
3 (2) Absolute Monarchs _ John Julius Norwich
4 (4) After America _ Mark Steyn

Ou celui du prestigieux New York Times


Qu'en dit la société d'État de radio-télé-diffusion (SRC/CBC) ?






Rien, pas le moindre mot, ni en français (Mark Steyn vient pourtant souvent au Québec), ni en anglais.

Mark Steyn parle d'éducation dans son dernier succès de librairie, voir ici, ici (en studio à Montréal !) et .





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