jeudi 30 octobre 2014

Suppression des subventions – Québec épargnerait les écoles privées

Selon La Presse de Montréal, le ministre de l’Éducation Yves Bolduc écarterait finalement l’idée de réduire de 50 % ou plus les subventions aux écoles privées. Il pourrait toutefois apporter de « petits ajustements » à leur financement. La pression est moins forte qu’elle ne l’était sur le Monopole de l’Éducation dans le cadre de la révision des programmes gouvernementaux.

Comme l’écrivait le quotidien montréalais hier, le premier rapport de la commission Robillard, qui sera remis au président du Conseil du trésor au début de la semaine prochaine, conclut que le Québec ne dépense pas trop en éducation ni en santé d’ailleurs. Une « bonne nouvelle » aux yeux du ministre Bolduc. « Il semblerait que la commission trouve qu’au niveau de l’éducation, il y a quand même de belles choses qui se font », s’est-il félicité au cours d’un entretien avec La Presse, hier. Le mois dernier, le journal dévoilait les scénarios qui auraient été étudiés en vue de réformer le système scolaire. Selon des documents détaillés qui ont circulé au Conseil exécutif et à la commission Robillard, Québec envisageait de réduire de moitié voire davantage le financement des écoles privées. Yves Bolduc confirmait alors que cette mesure est bel et bien à l’étude. « Il faut prendre le temps de regarder [les options], de bien réfléchir, et après ça, on posera les actions qui sont adéquates », disait-il. Son discours a maintenant changé. « L’hypothèse qu’on a éliminée, c’est celle d’éliminer totalement la subvention ou de la couper de 50 % », a-t-il alors affirmé. Le ministre a laissé entendre que pour les prochaines années, il n’y aurait pas de compressions importantes qui s’ajouteraient à celles annoncées dans le budget Leitao.

Coupures déjà prévues

« On a déjà prévu les coupures aux écoles privées sur trois ans », a-t-il expliqué. Québec abolit en effet progressivement, sur une période de trois ans, le financement pour le transport scolaire. Une guerre de chiffres oppose Québec et la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) quant à l’impact de cette mesure. Elle représente une compression de 20 millions selon le gouvernement, mais de 27 millions selon la FEEP. « Les coupures sont annoncées pour les trois prochaines années. Peut-il y avoir de petits ajustements [supplémentaires dans le financement des écoles privées] ? Peut-être », a indiqué Yves Bolduc. Il a refusé de préciser ce que pourraient être ces « petits ajustements ». Il veut « garder des portes ouvertes ». Il rencontrera les représentants de la FEEP le 6 novembre à ce sujet.

Soulagement

Le président de la FEEP, Jean-Marc St-Jacques, se dit soulagé que le pire scénario soit écarté. Mais il demeure sur un pied d’alerte. « On reste prudent parce qu’on a été échaudé ! », a-t-il lancé. Jusqu’ici, dans ses échanges avec la FEEP, le cabinet de M. Bolduc avait toujours laissé planer la possibilité que les subventions soient réduites de moitié, une mesure qui aurait été mise en œuvre sur plusieurs années. Ce scénario a soulevé l’incertitude dans le réseau, en pleine période d’inscriptions et d’examens d’admission. Jean-Marc St-Jacques rappelle qu’en plus de baisser le financement pour le transport scolaire, le gouvernement a réduit de 14 millions certaines allocations versées aux écoles privées cette année. « La situation est particulièrement difficile pour les écoles en région », à l’extérieur de Montréal et de Québec, a-t-il noté. Au Collège Bourget de Rigaud, dont il est directeur général, la baisse du financement du transport scolaire a fait bondir la facture des parents de 160 $ cette année. Ce sera 320 $ en 2015 et près de 500 $ l’année suivante.

Financées à 38 %, 42 % ou 75 % ?


Les écoles privées sont financées à 60 % par l’État, croyait-on, mais un comité de travail a plutôt conclu le printemps dernier qu’elles le sont à hauteur de 75 %. Ce comité, présidé par Pauline Champoux-Lesage — ancienne sous-ministre à l’Éducation et ex-protectrice du citoyen —, a recommandé au gouvernement de revoir les règles de financement. Les experts ne s’entendent toutefois pas sur la part réelle du financement versé par l’État. La FEEP conteste les conclusions de Mme Champoux-Lesage. Elle soutient que la règle du 60 % ne concerne que les frais éducatifs. « En comptant toutes les dépenses nécessaires, incluant celles pour les bâtiments dont toute la charge est assumée par l’école privée, la contribution de l’État est en fait de 42 % et ce taux baisse à 38 % en tenant compte de la taxe scolaire à laquelle les écoles privées n’ont pas droit », plaide-t-elle. Comme un élève au privé coûte 38 % de celui au public, elle calcule que le gouvernement fait des économies de 600 millions.

La FAE juge cette issue « irresponsable »

Pour sa part, le lobby de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) s’indigne de la décision du ministre Bolduc de ne plus envisager la possibilité de couper entièrement ou de moitié la subvention accordée aux écoles privées. « De toute évidence, le ministre a choisi d’écouter le lobby des écoles privées plutôt que de se préoccuper des besoins des élèves qui fréquentent l’école publique. Cette décision nous fait douter de la rigueur du processus de révision des programmes mené dans le cadre de la commission Robillard », soutient Sylvain Mallette, président de la FAE.

Selon ce regroupement de huit syndicats, alors que les écoles privées accumuleraient chaque année des « surplus budgétaires », le réseau des écoles publiques atteindra le milliard de dollars en compressions budgétaires en moins de 10 ans. « Comment voulez-vous que les écoles publiques remplissent leur mission, alors qu’on les prive du seuil minimum de financement dont elles ont besoin pour assurer les services essentiels aux élèves dont elles ont la responsabilité », ajoute M. Mallette.

Les écoles privées en chiffres

483 millions  Somme versée par Québec aux écoles privées en 2014-2015
110 000  Nombre d’élèves qui fréquentent les écoles privées
4000 $  Coût moyen payé par les parents pour envoyer un enfant dans une école secondaire privée
63 %  Proportion des élèves qui passeraient des écoles privées au réseau public si la facture des parents augmentait de 2000 $, ce qui arriverait si l’État réduisait de moitié ses subventions, selon une étude de la FEEP
190  Nombre d’écoles privées représentées par la FEEP




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mardi 28 octobre 2014

Les comptes d'épargne-études (ESAs) , le choix scolaire 2.0


Personne n’est plus responsable des enfants que leurs parents. C’est sur cette conviction forte que l’Arizona et la Floride ont décidé de mettre en place un dispositif innovant de financement public des dépenses éducatives privées au profit des familles en ayant a priori le plus besoin : ce sont les comptes d’épargne-études (ESAs).

Le mouvement en faveur du libre choix de l’école poursuit son développement aux États-Unis. Grâce à lui, le pouvoir de décision en matière scolaire a commencé à revenir vers les parents, après des décennies où il était concentré dans les mains de la puissance publique.

En 2014, on compte ainsi 41 programmes de financement public permettant d’accéder à une école privée dans 24 États et le District de Columbia. En 2011, l’Arizona a inventé un nouveau dispositif, les « Education Saving Accounts » (ESA) qui sont aussi appliqués en Floride depuis cette année. Cette initiative tire la leçon de l’échec des politiques éducatives de l’État fédéral américain qui consacre des milliards pour l’éducation sans arriver à mettre en place un système performant et juste. Aux tests PISA, les États-Unis ne sont qu’au milieu du classement et l’illettrisme est une réalité bien vivante aux États-Unis.

Les ESA donnent la possibilité aux parents de décider de l’usage de 90 % de l’argent qui aurait été dépensé par l’État pour l’éducation de leur enfant dans une école publique. Ils peuvent ainsi consacrer leurs dépenses aux besoins réels et parfois bien spécifiques de leur enfant. En Arizona, ils reçoivent ainsi 3 000 dollars par enfant et jusqu’à 26 000 dollars si l’enfant présente des handicaps.

Les ESA représentent un « Choix scolaire 2.0 » c’est-à-dire une manière radicalement nouvelle, innovante de concevoir la liberté scolaire. Ils sont distribués tous les trimestres et chargés sur une carte de crédit spéciale qui ne permet que de payer des dépenses éducatives telles que les cours de soutien privés, les frais de scolarité à l’école privée, le tutorat par un professeur, le matériel et les livres scolaires, des abonnements à des leçons en ligne… lls peuvent même capitaliser l’argent non dépensé sur un compte destiné à financer les dépenses éducatives ultérieures de leur enfant.

Le pouvoir de décision en matière éducative se trouve donc placé dans les mains des parents qui peuvent avoir un accès financier à une large palette de services éducatifs agréés par l’État grâce à ces financements publics qui leur sont donnés pour l’éducation de leur propre enfant.

Deux États sont pionniers. L’Arizona applique ce dispositif depuis 2011 sous le nom de compte pour bourse-autonomie (« Empowerment Scholarship Accounts ») pour souligner le fait qu’il donne le pouvoir aux parents de tailler sur mesure les services éducatifs dont bénéficieront leurs enfants. Le programme est très populaire : 72 % des personnes utilisant un compte d’épargne-études se déclarent satisfaits. Il concerne les enfants à besoins éducatifs spécifiques, les enfants issus de mauvaises écoles (qu’ils appellent « sous-performantes »), les enfants placés en famille d’accueil et les enfants dont un parent est un militaire en activité ou mort au combat. Les parents peuvent saisir l’occasion de bénéficier de ce programme ou bien rester dans le système éducatif public. À cette rentrée, la Floride a également mis en place ce dispositif sous le nom de « comptes pour bourse éducative personnelle ».

L’idée phare qui sous-tend cette réforme est que « Personne n’aura plus à cœur les intérêts des enfants que les parents ». Une conviction qui devrait animer davantage nos hommes politiques.




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Débat sur l'épreuve uniforme de français (au cégep)


Débat avec Yves Boisvert et Mathieu Bock-Côté : Épreuve uniforme de français, 9 minutes.

Écoutez l'émission (cliquez)

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Un examen difficile ? Il suffit de l'abolir !

Qu’est-ce que l’épreuve [uniforme de français] ? (MELS)

vendredi 24 octobre 2014

L'art contemporain, son « discours » et sa mission « provocatrice »


Selon Radio-Canada qui se veut sarcastique :
« Ne vous fiez pas à son aspect rigolo, un plug anal, ça peut être très effrayant. En France, cette œuvre d’art représentant un de ces jouets [sic] sexuels géants a valu à son créateur de se faire attaquer dans la rue. Des gens s’en sont même pris directement au plug en lacérant ses câbles. Alors oui, un plug anal, ça génère des scènes dignes d’un film d’Hitchcock. »

« L’arbre », objet anal
Rappelons que « l’emploi du plug présente des risques, notamment celui de déchirure des tissus rectaux » et que « l’objet peut être vecteur d’infections sexuel­lement trans­mis­sibles » (Wikipédia).

La controverse est née de l’érection d’un « sapin » en forme de bonde anale sur une place prestigieuse de Paris en marge d’une autre foire de l’art contemporain mas­sive­ment sub­ven­tion­née. Nous connaissons au Québec ces mêmes manifestations subventionnées qu’il faut sans cesse financer « afin de faire découvrir l’art contemporain à un plus vaste public ». Alors que ce grand public ne veut tout simplement pas de cet « art comptant pour rien ». Plus à ce sujet, ci-dessous.

Mais d’abord, un court débat sur le « sapin anal » et puis quelques lignes sur l’art contemporain et enfin un entretien avec un artiste d’avant-garde roumano-franco-argentin des années 80.


Textes extraits du Suicide français d’Éric Zemmour :

Carré noir sur fond blanc de Malevitch
« L’art abstrait a depuis un siècle privilégié l’individualisme pictural, exalté la souveraineté de l’artiste, et contraint le nouveau public à suivre le parcours du créateur davantage que la beauté de son œuvre. Depuis Malevitch et son fameux Carré noir sur fond blanc, la beauté ne s’impose plus naturellement ; elle n’est plus, selon le beau mot de Nicolas Poussin, une « délectation » mais a besoin d’être accompagnée d’explications théoriques. L’art conceptuel cher à Daniel Buren doit incarner une idée avant de susciter une émotion. Dans les années 1980, [le ministre de la Culture français] Jack Lang a conduit cette révolution à son terme : la coquetterie iconoclaste de Pompidou est devenue religion d’État ; l’art subversif, art officiel ; les adversaires méprisants de l’art pompier du XIXe siècle se transmuent en « pompiers » de leur époque. L’académisme a changé de camp. Le slogan « L’art ne doit pas chercher à plaire » est modifié en « L’art, pour plaire, doit chercher à déplaire ». Le refus de l’esthétique du goût s’est mué en « esthétique du dégoût », selon la formule de Jean Clair. Il faut sans cesse provoquer, déranger, subvertir les esprits. L’art contemporain est pris dans une infinie surenchère de la laideur. Défigurer, c’est figurer.

Ce nihilisme éradicateur traduit en profondeur un refus d’hériter et de poursuivre ; l’hubris folle d’un créateur démiurge qui réinvente l’art dans chaque œuvre ; l’art comme ultime moyen de salir et saccager toute trace du passé. L’art comme quintessence du capitalisme et la « destruction créatrice » chère à Schumpeter. L’art comme fondamentale ligne de fracture entre classes sociales, les classes populaires rejetant un art contemporain qu’elles n’aiment ni ne comprennent, opposées à une microclasse d’« élites mondialisées » qui en ont fait l’étendard de leur nouvelle puissance.

[...]

Le peuple se rebelle, mais peut-être trop tard. Il lutte contre l’ultime destruction de sa civilisation, gréco-romaine et judéo-chrétienne, mais ses armes sont des épées de bois. Il se rue aux expositions sur les impressionnistes, et reste indifférent aux beautés cachées d’un art contemporain qui ne séduit que le snobisme des milliardaires. Il n’écoute que des reprises aseptisées des « tubes » des années 1960 et 1970. Il érige Les Tontons flingueurs en « film culte », et chante les louanges de Louis de Funès, dont la franchouillardise spasmodique se voit désormais rehaussée, aux yeux des critiques de gauche qui le méprisaient de son vivant, par ses origines espagnoles. Il dédaigne la plupart des films français, alourdis par un politiquement correct de plomb, mais fait un triomphe aux rares audacieux qui exaltent les valeurs aristocratiques d’hier (Les Visiteurs), le Paris d’hier (Amélie Poulain), l’école d’hier (Les Choristes), la classe ouvrière d’hier (Les Ch’tis), la solidarité d’hier (Intouchables) et l’intégration d’hier (Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?) À chaque fois, la presse de gauche crie au scandale, à la ringardise, à la xénophobie, au racisme, à la France rance ; mais prêche dans le désert. À chaque fois, les salles sont remplies par des spectateurs enthousiastes qui viennent voir sur pellicule une France qui n’existe plus, la France d’avant.

Dans les années 1970, les films qui avaient un grand succès populaire dénonçaient, déconstruisaient, et détruisaient l’ordre établi ; ceux qui remplissent les salles quarante ans plus tard ont la nostalgie de cet ordre établi qui n’existe plus. Les œuvres des années 1970 étaient d’ailleurs d’une qualité bien supérieure à leurs lointaines rivales. Comme s’il fallait plus de talent pour détruire que pour se souvenir. Comme si le monde d’hier – avec ses rigidités et ses contraintes, son patriarcat et ses tabous – produisait une énergie et une vitalité, une créativité que le monde d’aujourd’hui, celui de l’extrême liberté individuelle et du divertissement, de l’indifférenciation féminisée, ne forge plus. Comme si la liberté débridée des années 1970 avait tourné au catéchisme étriqué des années 2000.

Il y a quarante ans, un ordre ancien, patriarcal, paysan et catholique n’était plus, tandis que le nouvel ordre n’était nouvel ordre, urbain, matriarcal, antiraciste, n’était pas encore. Profitant de l’intervalle, s’ébroua une révolte jubilatoire et iconoclaste, mais qui devint en quelques décennies un pouvoir pesant, suspicieux, moralisateur, totalitaire. Le jeune rebelle de L’Éducation sentimentale a vieilli en Monsieur Homais, cynique, pontifiant et vindicatif. »



Entretien avec l’artiste d’avant-garde des années 80 Juan Romano Chucalescu



Addendum:


L'art contemporain se moque-t-il de nous...?
Émission StarMag diffusée sur TPS Star le 29 janvier 2009.




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Éric Zemmour et le Suicide français vus par Mathieu Bock-Côté et un sondage

Mathieu Bock-Côté commente la polémique Éric Zemmour dans le Figaro :

On ne le sait peut-être pas, mais le passage d’Éric Zemmour à On n’est pas couché il y a deux semaines, a beaucoup fait réagir au Québec. Et cela non pas à cause de la polémique terriblement artificielle menée par Léa Salamé, qui a absurdement cherché à transformer Zemmour, le gaulliste incandescent, en pétainiste inavoué, non plus que celle d’Aymeric Caron qui fidèle à lui-même, confond l’injure et l’analyse, et cherche davantage lorsqu’il lit un livre à l’incriminer qu’à le comprendre. C’est plutôt la réaction de l’actrice Anne Dorval, épouvantée par sa rencontre avec Zemmour, au point de ne savoir que dire devant lui, sinon qu’elle était scandalisée, et qu’un propos comme le sien était inconcevable, qui a enthousiasmé les Québécois [Note du carnet : mal informés].

C’est la société du buzz. Une vidéo de trois minutes devenue virale sur le net peut suffire à abattre un homme. Des centaines de milliers de Québécois se sont donc imaginé qu’Éric Zemmour souhaitait « jeter les homosexuels blonds à la poubelle », selon la formule de l’actrice, même si Zemmour n’a jamais rien dit de tel. L’homme devenait du coup un monstre à abattre. Pour paraphraser Orwell, Zemmour a eu droit aux 48 heures de la haine, et contre lui, on s’est déchaîné. Les médias sont rapidement passés à autre chose. Mais l’homme est désormais marqué. On l’a transformé en ennemi public. Il suffira désormais d’évoquer son nom pour susciter une clameur négative, comme s’il était l’écho d’un « populisme nauséabond » dans la médiasphère. On dira Zemmour et on suscitera la haine.

[...]

Zemmour est passé d’écrivain à phénomène social. Il convient moins de répondre aux thèses qu’il développe que de contenir son expansion, comme s’il était le symptôme d’une pathologie française. Il serait le visage de la maladie politique de la France. Faudra-t-il le mettre à l’index ? Mais on se demandera plutôt à quoi sert aujourd’hui d’écrire un livre, puisqu’on en retiendra seulement quelques phrases, sans cesse répétées, simplifiées, dénaturées, qui serviront à disqualifier à jamais celui à qui on les prête. Une œuvre se verra réduite à quelques formules et citations qu’on répétera à l’infini, en suscitant inévitablement des indignations plus ou moins calculées. Dans un livre, on ne cherchera plus le travail de la pensée, quitte à critiquer profondément la démarche et les conclusions, mais des preuves pour incriminer.

C’est à cette lumière qu’on peut comprendre la référence aux fameux dérapages qu’on ne cesse de traquer : ils consistent à s’éloigner du couloir bien balisé de la respectabilité mondaine et des opinions généralement admises.

La diabolisation d’Éric Zemmour nous force à réfléchir à la fonction de l’étiquetage idéologique. On connait les étiquettes qu’on lui colle : xénophobe, homophobe, sexiste, raciste. Ce vocabulaire relève de la psychiatrisation de la dissidence politique. On nomme phobie le désaccord avec l’époque. Ces phobies sont appelées à se multiplier, comme on l’a vu récemment avec l’invention de l’europhobie, désignant les partisans de l’État-nation en opposition à l’entreprise européenne. C’est ainsi qu’on garde pour soi la référence à la rationalité et qu’on transforme le désaccord en maladie. Si on préfère, on trace le cercle de la raison, et on s’assure que seuls les individus en conformité avec l’idéologie dominante, ou se contentant d’y apporter des nuances pourront y entrer à la manière d’interlocuteurs légitimes.

[...]
Le suicide français est un livre d’histoire. Ou si on préfère, il s’agit de la chronique d’une décadence. Zemmour cherche à comprendre ce qu’on pourrait appeler l’inversion de la légitimité politique et culturelle en France depuis cinquante ans. Comment les choses absolument désirables, comme l’indépendance nationale ou l’école méritocratique, sont-elles devenues des archaïsmes empêchant de moderniser et de mondialiser en rond ? Comment la France du général de Gaulle est-elle devenue radicalement étrangère à elle-même, même si on garde artificiellement vivante la mémoire du grand homme (tout en la nettoyant de toute aspérité idéologique) pour masquer le changement de civilisation dont nous avons été témoins, comme si nous n’assistions à rien d’autre qu’à la marche du progrès ?

[...]

Zemmour n’a pas tort d’identifier mai 68 comme le point de départ de cette révolution. Cette distinction, il l’emprunte aux thuriféraires de l’époque. On nous explique sans cesse que depuis mai 68 le monde a progressé, qu’il s’est transformé radicalement, et pour le mieux. Partout en Occident, d’ailleurs, les radical sixties [note du carnet : la Révolution tranquille au Québec] sont célébrées et commémorées. Elles cassent l’histoire en deux. Avant, l’oppression des minorités, l’écrasement des marges, l’étouffement des mœurs. Après, la libération des opprimés, la contestation des normes dominantes et l’éclosion des libertés. Avant, la France engoncée dans sa souveraineté et frileusement crispée sur son identité. Après, la France mondialisée et multiculturelle, enfin libérée d’elle-même.

Sommes-nous obligés d’embrasser cette vision ? Si la thèse du progrès est admise, celle du déclin ne devrait-elle pas être considérée paisiblement, quitte ensuite à la rejeter, parce qu’on l’aura démontée ? N’est-ce pas une règle élémentaire de la vie démocratique, la diversité des interprétations du passé alimentant un perpétuel renouvellement de la conscience historique ? Mais justement, les gardiens de la révolution soixante-huitarde ne tolèrent pas qu’on la discute. Il fallait s’y attendre : le progressisme mondialisé et multiculturel, prétendant accoucher d’un homme nouveau sans préjugés ni discriminations, est une religion politique. Ses adversaires sont considérés naturellement comme des hérétiques.

[...]

C’est ici que l’entreprise de Zemmour a un caractère explosif : il ouvre un conflit de légitimité avec le régime soixante-huitard en refusant de souscrire à sa légende. Il a ainsi décidé de marquer son désaccord le plus complet avec l’époque [...]. Il révèle surtout un clivage politique authentique, recouvert par la fausse alternative entre libéraux-sociaux et sociaux-libéral : faut-il poursuivre « l’émancipation » soixante-huitarde ou faut-il engager le réenracinement de l’homme ? Il faudrait réussir à mettre en scène ce débat sans manichéisme.

[...]


Entretemps, les Français plébiscitent la vision d’Éric Zemmour si l’on en croit un sondage récent.

Tenu à distance, comme sentant le soufre, par la plupart des politiques, de droite comme de gauche, Éric Zemmour bénéficie dans le même temps d’une large approbation des Français. Et ce avec une très forte notoriété (72 %) et malgré une image qui reste clivante (deux fois plus de « bonnes opinions » à droite qu’à gauche). « On ne saurait mieux résumer que par notre sondage, le premier à lui être consacré, le gigantesque fossé qui s’est creusé entre les Français et leurs représentants sur toute une série de sujets », décrypte Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’IFOP.

Alors qu’à droite, à l’exception du FN, on se montre si frileux sur ces questions, il se trouve respectivement 80, 87 et 93 % des sympathisants MoDem, UMP et UDI à penser, comme Zemmour, qu’« on ne peut plus rien dire sans se faire traiter de raciste ». Idem, alors que leurs partis se situent aux antipodes, pour plus de la moitié des électeurs écolos (53 %), PS (58 %) et jusqu’à… 67 % des électeurs de Mélenchon en 2012 !

Autre plébiscite pour Zemmour : comme lui, 62 % des Français estiment que « la nation française se dissout dans l’Europe, la mondialisation, l’immigration et le multiculturalisme » (plus des deux tiers à droite et près de la moitié à gauche, dont… 53 % chez les écolos). Sur l’incompatibilité de l’islam avec la République, ils sont encore près de 6 Français sur 10 (dont 38 % à gauche) à l’approuver.

À noter que, en toute circonstance et à l’instar du FN, dont les sympathisants sont les plus « zemmouristes », le polémiste « bénéficie, relève Jérôme Fourquet, d’une adhésion nettement supérieure parmi les classes populaires qu’au sein des classes aisées ». Un autre révélateur du profond décalage entre France d’en bas et France d’en haut.

« La plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est un fait » est la seule citation à ne pas obtenir une majorité d’approbations, avec quand même 45 % affirmant être « d’accord ». Dont 56 % à l’UMP, 44 % chez les électeurs de Bayrou en 2012 et 25 % — un quart — parmi ceux de Hollande.

Tous hors-la-loi ! Pour avoir prononcé cette phrase le 6 mars 2010 sur Canal +, Zemmour avait en effet été condamné le 18 février 2011 pour… incitation à la discrimination raciale alors que c’est un état de fait. Mais l’on sait qu’à notre époque la vérité n’est plus une défense (même au Canada, voir l’arrêt Whatcott).

Immigration au Québec comparée au reste de l'Amérique du Nord

Chiffres sur les taux annuels d’immigration du Québec comparés à ceux du reste de l’Amérique du Nord. En 2012, le Québec se situe en 9e position sur les 64 provinces/territoires/États, avec un taux de 6,8/1000, alors que la moyenne nord-américaine est de 3,6/1000. Parmi les États américains, seul celui de New York a un taux supérieur à celui du Québec. Notez que pour 2012 spécifiquement, le chiffre pour la Saskatchewan est environ 2 fois plus élevé que celui des années précédentes et n’est donc pas vraiment représentatif de la norme de la province.




Source : Guillaume Marois




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jeudi 23 octobre 2014

Qu'est-ce qui explique le succès de l'Occident ?



Ils étaient des petits royaumes pauvres et ensanglantés par des guerres incessantes. Qui aurait pu penser, au sortir du Moyen Âge, que l’Angleterre, la France, les provinces italiennes ou allemandes allaient supplanter et dominer les empires colossaux qui les écrasaient de leur superbe, le chinois, l’indien et l’ottoman ? C’est la question que se pose Niall Ferguson. Notre homme a le sens de la synthèse et de la formule. Il enjambe les siècles et les frontières sans crainte ; et il achève ses démonstrations par des sentences bien senties. Un plaisir de lecture qui donne parfois le tournis.

Notre grand historien écossais n’a cure du politiquement correct et n’a peur de rien. Il n’hésite pas à affirmer tranquillement la supériorité de la civilisation occidentale : « Il est des gens pour contester cette supériorité en arguant du fait que les civilisations sont toutes égales et que l’Occident ne peut se prétendre supérieur... Ce relativisme est d’une absurdité parfaitement démontrable. Aucune autre civilisation ne s’est imposée au reste du monde comme l’a fait l’Occident. » N’hésite pas, non plus, au détour d’un long développement sur l’histoire des empires du XIXe siècle, à faire l’éloge de l’impérialisme français, plus égalitaire et humaniste que tous ses rivaux ; ou à comparer Israël à la Prusse du XVIIIe siècle, qui avait fait de sa supériorité scientifique la base de sa puissance militaire.

Ferguson résume le succès imprévisible de l’Occident à « six applis fatales » : la concurrence, la science, le droit de propriété, la médecine, la société de consommation et enfin l’éthique du travail.

La concurrence des royaumes indépendants et rivaux, se surpassant les uns les autres — l’Espagne de Christophe Colomb qui découvre l’Amérique, pour que le Portugal ne l’y précède pas — tandis que le centralisme unitaire de l’Empire chinois s’avérait un blocage majeur. La science, qui s’émancipa du dogme catholique tandis que l’islam imposait à l’Empire ottoman une stagnation séculaire. Le droit de propriété, base des institutions démocratiques, qui assura la supériorité de l’Amérique du Nord des petits propriétaires sur les grands latifundiaires de l’Amérique du Sud. La médecine, qui permit aux pays colonisateurs de vaincre les maladies africaines. La société de consommation, et plus particulièrement l’industrie textile britannique du XIXe siècle, qui établit le triomphe du costume occidental, devenant l’uniforme de tous les peuples du monde ; sans oublier le jean, arme fatale de l’Amérique dans sa guerre contre l’URSS. Enfin, l’éthique de travail, qui a longtemps distingué les Occidentaux, et en particulier les protestants chers à Max Weber, ce mélange de rigueur et d’épargne qui conforta la supériorité des capitalismes du nord de l’Europe et de l’Amérique.

Mais tout a changé depuis quelques décennies. Les autres civilisations ont chargé les six « applis fatales ». Le nombre annuel de brevets déposés par les Chinois dépasse désormais celui des Anglais, des Allemands et des Français ; la science se développe en Iran et lui donnera inéluctablement la bombe atomique. La Turquie est une société de consommation dynamique. La montée en puissance du protestantisme en Chine fait revivre dans ce pays l’éthique du travail chère à Max Weber ; les bienfaits de la médecine occidentale se répandent dans le monde entier et provoquent une phénoménale explosion démographique en Asie et en Afrique.

Que nous reste-t-il ? Sommes-nous condamnés à être submergés par nos rivaux, devenus plus occidentaux que nous ? Notre historien nous rappelle que ce n’est pas tant le fait que les autres aient chargé les « applis » occidentales qui nous menace, que l’abandon par nos pays de ce qui a favorisé notre succès. Mais son livre s’arrête là. Il nous laisse le soin d’utiliser sa grille de lecture.

La concurrence des pays européens qui poussait chacun à faire mieux que l’autre ? Interdite par la centralisation des normes et du droit venue de Bruxelles, la politique monétaire unifiée par Francfort, et, last but not least, l’enrégimentement militaire de tous les pays occidentaux sous la férule américaine dans le cadre de l’OTAN. La science ? Les budgets de recherche des pays européens diminuent ; l’attrait des étudiants pour les mathématiques aussi. La propriété, base du droit et de la démocratie ? Jamais nos pays (la France surtout) n’ont connu de taux de prélèvements obligatoires aussi élevés ; les institutions démocratiques nationales ont été vidées de leur substance par une oligarchie européenne ; une conception excessive des droits de l’homme fait que le fameux « État de droit » empêche désormais une protection efficace des citoyens contre l’expansion des violences. La médecine ? La financiarisation de l’industrie pharmaceutique se retourne contre la santé des populations ; la malbouffe et la pollution créent de nouvelles maladies ; l’obésité et le diabète font reculer aux États-Unis l’espérance de vie. La consommation ? Comme le rappelle Ferguson, le génie du capitalisme (Ford) fut de considérer à partir des années 1920 que l’ouvrier était aussi un consommateur ; depuis les années 1980, le travailleur est redevenu un coût, qu’il faut réduire au maximum. D’où chômage de masse et déflation. Enfin, l’éthique du travail n’est plus qu’une plaisanterie depuis que l’hédonisme des années 1960 s’est imposé dans tout l’Occident.

L’Occident est hanté par la chute de l’Empire romain, et nous n’avons pas attendu Paul Valéry pour savoir que les « civilisations sont mortelles ». Ferguson ajoute un élément à notre réflexion : les grandes civilisations s’effondrent d’un coup, très bref, très brutal. D’un rien, d’une guerre perdue, d’une crise financière, qui révèle seulement que l’édifice était vermoulu. L’Empire romain, avec la prise de Rome par les barbares, mais aussi la chute de la monarchie française en 1789, ou l’Empire ottoman en 1920, ou l’URSS en 1991. Quelques années suffisent pour que s’écroulent les empires qui paraissaient indestructibles. Alors quand ?


Civilisations
L'Occident et le reste du monde
par Niall Ferguson
paru le 23 septembre 2014
aux éditions Saint-Simon
à Paris
344 pages
ISBN-10: 2915134626
ISBN-13: 978-2915134629


Source : Le Figaro

mardi 21 octobre 2014

Des commissions scolaires vidées de leur sens


Par Yvon Robert, ancien directeur général de commission scolaire et directeur d’écoles privées :


Il faudrait revenir à l’essence même des commissions scolaires de 1841. Dans son programme de 1998, l’Action démocratique du Québec a mis de l’avant l’abolition des commissions scolaires (C. S.) De fait, dans leur forme actuelle, les C. S. sont devenues inopérantes, des coquilles vides. Tous les pouvoirs ont été concentrés au ministère de l’Éducation, leur seule raison d’être est la perception de la taxe scolaire. Depuis, au lieu d’améliorer la situation, le gouvernement Charest a encore accentué sa tutelle sur les C. S. avec l’adoption du projet de loi 88 qui a resserré le carcan de la bureaucratie sur les écoles et étouffé toute initiative.

En 2011, l’ADQ voulait redonner le pouvoir aux écoles et aux parents en inversant la pyramide et reconstruire le système à partir de l’école. Dans les faits, il s’agit de revenir à l’essence même des C. S. de 1841, de petites entités administrées par les parents, ou encore des écoles autonomes (dans le système public) comme on en retrouve en Alberta. Redonner aux écoles l’autonomie qu’elles ont perdue au cours des années, autonomie qui est l’un des facteurs de succès des écoles privées. Cela ne peut se faire sans garder au niveau régional un organisme de coordination pour donner l’ensemble des services compte tenu de la diversité des clientèles. Il faut aussi éviter de créer un fouillis qui déstabiliserait tout le système d’éducation. C’est pourquoi il est proposé de partir de la structure actuelle des C. S. et d’inverser la pyramide, d’établir les priorités à partir des besoins des écoles, et ce, en remplaçant le conseil des commissaires par un conseil d’administration élu par un collège électoral formé des présidents des conseils d’établissements des écoles et des centres de formation professionnelle. Ainsi, la transition se ferait en douceur et permettrait de transférer graduellement les ressources des centres administratifs vers les écoles et permettrait aussi aux instances du ministère de l’Éducation de s’ajuster.

De la même façon, avec le projet du gouvernement d’un nouveau pacte avec le monde municipal, des négociations seraient entreprises pour assurer le transfert de la gestion des équipements scolaires avec les municipalités et les MRC. En plus d’assurer la coordination des ressources humaines et financières sur un territoire donné, la nouvelle C. S. serait une véritable coopérative de services pour l’ensemble des écoles et des centres sur son territoire. Ce seraient les écoles qui décideraient des services communs qu’elles veulent se donner, comme le modèle de la Fédération des écoles privées du Québec. Depuis la naissance des C. S. en 1841, nous avons assisté à une centralisation des pouvoirs à Québec, d’abord par la mise en place du Conseil de l’instruction publique contrôlé par l’Église, ensuite par la création du ministère de l’Éducation. Ensuite, il y eut la mise en place d’une bureaucratie envahissante jusqu’au niveau des écoles avec l’adoption du projet de loi 88. Durant cette période, on a bien tenté de revenir à l’esprit des débuts, de ramener le pouvoir au niveau de l’école et des parents.

Le rapport Parent (1964) préconisait déjà la création de comités scolaires en 1966 et avait déjà entrevu la possibilité que ces comités forment un collège électoral pour élire les commissaires. En fait, le pouvoir doit revenir au niveau des écoles ; les parents et le personnel doivent retrouver une autonomie qui leur permettra de mieux répondre aux besoins de leur milieu. D’autre part, ce sont les écoles qui sont les mieux placées pour définir les services que l’on doit déléguer au niveau régional : la répartition des clientèles, la répartition des services spéciaux ; le plan d’utilisation des bâtiments, etc. Il faut désormais partir des écoles et établir les services qui devraient être offerts régionalement, des services qui peuvent différer selon les besoins de chaque milieu. Si on regarde les instances démocratiques scolaires actuelles, il est difficile de s’y retrouver, car les pouvoirs sont dilués à travers la structure. De fait, le véritable pouvoir appartient au ministère de l’Éducation et aux syndicats.




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Zemmour bat tous les records de vente !


Le Suicide français se vend désormais à plus de 15 000 exemplaires par jour. Plus de 300 000 livres ont déjà été imprimés. Un phénomène !

Dans les jours qui suivirent sa sortie, Le Suicide français, le livre d’Éric Zemmour, se vendait à 5 000 exemplaires par jour. Les thuriféraires du journaliste se rengorgeaient, ses détracteurs affirmaient que passée la vague médiatique qui accompagnait la sortie du livre, les ventes s’essouffleraient rapidement. Quinze jours plus tard, les premiers triomphent et les seconds déchantent. Les 533 pages sont en passe de devenir un phénomène : la semaine dernière, Albin Michel enregistrait entre 15 000 et 20 000 sorties par jour, soit autant de commandes de libraires dévalisés.

« On est en flux tendu, explique-t-on chez l’éditeur. On imprime à tour de bras et on expédie les exemplaires chez les détaillants, on n’a presque pas de stocks ! » Le premier tirage de 120 000 exemplaires a été écoulé en une semaine. Ce sont désormais près de 300 000 Suicide français qui ont été fabriqués ! Et ce n’est pas terminé : les chiffres ne faiblissent pas, incitant les plus optimistes à parier sur un total de 500 000 livres achetés, soit au moins autant que Valérie Trierweiler. Un chiffre faramineux pour un ouvrage au prix de 22,90 euros...


Ces chiffres ne comprennent pas les ventes numériques, soit environ 15 % supplémentaires... En tout, Albin Michel pourrait enregistrer un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros sur ce seul livre. Bref, tous les records sont battus. Derrière le phénomène éditorial, reste à comprendre ce que ce triomphe signifie. Éric Zemmour est-il devenu le porte-voix de cette France qui ne se sent représentée ni par les médias traditionnels, ni par les discours politiques, ni par les intellectuels qui tenaient jusqu’ici le haut du pavé ?

Source : Le Point


Eric Zemmour invité de Jean-Marie le Méné pour Le Suicide français
(1 h 22 sans insulte ni invective)

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Zemmour : « Les hommes du passé sont, sur bien des points, supérieurs à nous »

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