jeudi 18 décembre 2008

Cours d'éthique et culture religieuse enregistré sur le vif

Radio-Canada est allé écouter ce qui se disait dans un cours d'éthique et de culture religieuse au premier cycle du secondaire.

Trente élèves et un professeur « dialoguent » autour des récits de la création du monde.



Plusieurs remarques :
  1. Les enfants réagissent en disant qu’on ne peut pas savoir quelle est la vérité.
  2. Selon un des élèves, le cours est intéressant comme la mythologie grecque est intéressante (le christianisme dans le panthéon post-moderne ?)
  3. Les enfants parlent de dieux païens en les appelant « dieu » ou « un dieu ».
  4. Les enfants tentent de régler entre eux ce qui est plus plausible.
  5. Les enfants rient de certaines croyances (« enfantines »).
  6. Les récits sont racontés comme s'ils étaient d'une égale valeur entre eux.
  7. Les enfants sont invités à laisser de côté leur esprit critique (valorisation de l'originalité, absence de critique des récits de la part du professeur).
  8. Les enfants rationalisent en discutant à savoir si c’est plus profitable de se poser ces questions ou non, de croire ou non.
  9. Sont appelées religions, des croyances non jusqu’ici retenues dans le terme religion qui est normalement réservé aux grandes religions.
  10. Le professeur parle de la religion comme si celle-ci est inventée par les humains (ce qui va à l’encontre de la Révélation selon la perspective judéo-chrétienne).
  11. En d’autres termes, les enfants tentent en classe de résoudre le problème de la foi, de la création, de l’au-delà, et de ce qui est digne d’une certaine croyance ou non. Le tout sans aucun élément de direction ou de perspective ou de réplique selon la religion d’origine de ces enfants qui sont probablement pour la plupart catholiques ou chrétiens.
  12. L'animateur déclare qu'on lui aurait dit que c'est l'éthique et le dialogue qui primaient dans cette séquence. D'une part, pourquoi alors choisir un sujet aussi délicat que la religion pour dialoguer ? D'autre part, en quoi le « dialogue » est-il promu ici ? Les enfants rient de certains récits...

L’inquiétant nouveau programme québécois

Barbara Kay, National Post
Mercredi 17 décembre 2008

Une maxime souvent attribuée aux jésuites proclame « Donnez-moi un enfant jusqu'à sept ans, je vous donne le reste. »

Jusqu’à sept ans ? Amateurs ! Depuis septembre tous les élèves du Québec du début de l’école primaire à la fin du secondaire, doivent suivre le nouveau cours d’éthique et de culture religieuse (ECR). Les enseignants, quelle que soit leur foi, doivent également l’enseigner.

Jonathan Gagné, un courageux élève de l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc de Granby, vient juste d’être suspendu, et sera probablement expulsé, parce qu’il a boycotté le cours d’ECR. Il est devenu le héros de milliers de Québécois, principalement des catholiques, furieux de l’imposition du programme d’ECR qu’ils considèrent être une violation de leurs droits fondamentaux.

L’objectif du programme d'ECR est d’introduire les élèves à la riche diversité des religions du Québec et de leurs rites et « de faciliter le cheminement spirituel de l'élève afin de favoriser son épanouissement ». Depuis quand l’État « favorise-t-il » l’épanouissement spirituel ? Pour les parents qui prennent la religion au sérieux, il s’agit d’une intrusion horrifiante dans ce que toutes les chartes des droits démocratiques considèrent comme du ressort de l’autorité parentale.

Le programme d’ECR a été adopté à la quasi-unanimité, sa mission consiste à inculquer « le pluralisme normatif » aux élèves. Le « pluralisme normatif » est du relativisme moral remodelé, cette idéologie selon laquelle il n’existe pas de bien ou de mal absolu et il y autant de « vérités » que d’opinions. Le programme fut imposé en l’absence de toute consultation publique.

Le programme adopte la pire des pédagogies pour de jeunes enfants : la « pédagogie du conflit » du philosophe Hegel. Comme l’indiquait un des pères du cours, il faut « ébranler la suffisance identitaire » des élèves pour que, « par delà les divergences et conflits de valeurs », il apprenne grâce « au questionnement ».

Le cours d’ECR est à la compréhension authentique de la religion et de la spiritualité ce que l’espéranto est à la connaissance de l’espagnol et de l’anglais – dans les deux cas il s’agit d’ornements inutiles et artificiels plutôt que de constructions organiques. Pire, ils peuvent même dégoûter l’élève et le détourner d’une connaissance sérieuse.

La lecture des manuels et des cahiers d’activités ECR révèle un salmigondis superficiel fait de platitudes à la mode dont l'effet cumulatif sera de convaincre l’enfant que toutes les croyances se valent et que toutes les religions – y compris l’animisme et les cultes païens – sont toutes « vraies ». Le matériel est parsemé d’éléments du prêt-à-penser politiquement correct qui dénaturent clairement les valeurs judéo-chrétiennes. Plusieurs manuels combinent idéologie et religion. La manipulation des structures sociales est au cœur du programme d’ECR : dans le plus récent des cahiers d’activités publiés, par exemple, le christianisme a droit à 12 pages alors que le féminisme en a 27.

Le manuel n’interroge aucun chef religieux, mais Françoise David, la dirigeante radicale et féministe du parti marxiste Québec-Solidaire est « interviewée ». À côté d’une grande photo de Mme David, au sourire bienveillant et au visage légèrement penché vers le haut à l’ancienne mode soviétique, les auteurs demandent : « Qu’aimeriez-vous dire aux adolescents et adolescentes qui ne se sentent pas concernés par le féminisme ? » Mme David répond : « [Les adolescents] auront besoin d’une analyse féministe dans leur vie. »

Françoise David dit merci aux éditions de la pensée

(page 198, du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)

Le paganisme et les sectes bénéficient d’un traitement égal à celui du christianisme [dans ce cahier]. Les sorcières « sont des femmes comme les autres dans leur vie quotidienne. » « Technologiquement, [les raëliens] sont en avance de 25 000 ans sur nous ». Quand on considère que seuls 700 des 80 000 autochtones du Québec s’identifient d’abord aux spiritualités autochtones (l’immense majorité des autochtones se disent chrétiens), les manuels accordent une place et un respect tout à fait disproportionnés aux spiritualités autochtones (identifiées à tort à l’écologisme).

Les sorcières sont des femmes comme les autres

(page 103, du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)


Dans cette monoculture d'ECR, seules les similitudes entre les religions sont valorisées afin de promouvoir l'illusion béate que toutes les religions sont de simples variations sur un même thème de l'amour fraternel.

Prenez comme exemple subtil l’interprétation que fait un manuel d’ECR de la règle d’or – Le « fait à autrui ce que tu veux qu’il te soit fait » du christianisme, l’« Aime ton prochain comme toi-même » du judaïsme et l’« Aucun d'entre vous n'est véritable croyant tant qu'il n'aimera pas pour son frère ce qu'il aime pour lui-même. » Tous sont présentés par le manuel ECR comme une reconnaissance identique de l’humanité commune de tous les enfants de Dieu.

règle d'or

(page 59, manuel de l'élève A d'éthique et de culture religieuse, 1re année du 3e cycle du primaire, publié par les éditions La Pensée, 2008)


Mais, en réalité, il existe un gouffre interprétatif entre l’« autrui » du christianisme et le « prochain » du judaïsme – qui désignent tout être humain – et le « frère » de l’islam qui renvoie aux seuls coreligionnaires musulmans. Voilà une « divergence » vraiment digne de « questionnement ». Mais le développement d’un véritable esprit critique est précisément ce que le cours d’ECR s’efforce sournoisement d’éviter.

Au premier abord, le programme d’ECR présente une image multiculturelle innocente qui paraît même édifiante. Mais son ordre du jour subliminal est pernicieux : court-circuiter le développement spirituel authentique en banalisant les grandes religions afin que l’enfant s’identifie plutôt à la religion d’État québécoise marquée à gauche et à son idéologie rétive à tout patrimoine.

Le Québec s’engage ici sur un terrain politique dangereux et digne d’Orwell. Je souhaite à Jonathan Gagné et à sa famille toute la force morale – et l’appui du public – afin qu’ils puissent résister pacifiquement jusqu’au bout à la coercition de l'État. Ils doivent savoir qu'ils ne luttent pas seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour la liberté de conscience de tous les citoyens du Québec. En d’autres mots, l’essence de la démocratie, rien de moins.

mercredi 17 décembre 2008

L'ex-ministre Jacques Brassard et la modification de la Charte des droits : « Je n'ai rien vu passer »

L'ancien ministre de Affaires intergouvernementales du Québec s'expriment longuement sur le cours d'éthique et de culture religieuse dans les colonnes du Quotidien de Chicoutimi.

(version partielle ici, complète ci-dessous)

Les dieux sont vraiment tombés sur la tête !

Lorsque j'étais, dans une vie antérieure, ministre des Affaires intergouvernementales, j'ai contribué, avec Pauline Marois et Stéphane Dion, à faire adopter par les deux Parlements un amendement constitutionnel qui avait pour effet de déconfessionnaliser les commissions scolaires. Le but recherché était d'en faire des structures linguistiques.

Lors des débats parlementaires, cependant, tout le monde insistait pour dire que la création de commissions scolaires linguistiques n'abolissait pas le droit à l'enseignement religieux garanti par la Charte des droits et libertés. Jusque-là, pas de problème !

Valeur


Quand le ministère de l'Éducation a concocté et imposé à tous les jeunes du primaire et du secondaire un cours d'éthique et de culture religieuse, quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre que l'Assemblée nationale avait modifié à l'unanimité et à toute vapeur, en juin 2005 sans vote nominal la Charte des droits. Résultat : abolition, à toutes fins utiles, de la liberté de choix des parents en matière d'enseignement religieux et moral.

J'avoue que je n'ai rien vu passer. Même l'ADQ qui, aujourd'hui, réclame un moratoire sur le nouveau cours, ne s'est pas opposée à l'amendement. Pourtant, on dit que la Charte des droits et libertés a plus de valeur et d'importance qu'une loi ordinaire. Et que, par conséquent, il ne faut lui toucher qu'avec grande précaution et après un large débat permettant une décision éclairée. Ce ne fut évidemment pas le cas sur cette question délicate.

Cela vaut la peine de lire le texte avant sa modification... « Les parents ont le droit d'exiger que, dans les établissements publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, dans le cadre de programmes prévus par la loi. » C'est en vertu de cette disposition que les écoles publiques du Québec offraient le choix aux parents entre l'enseignement religieux et l'enseignement moral. Dans 80 % des cas, c'était l'enseignement religieux qui était choisi.

Changement majeur

Désormais, le nouvel article, tel que modifié, ne fait que reconnaître aux parents le « droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants ». Il n'est plus question, toutefois, que ça se passe dans les « établissements publics ». Il s'agit d'un changement majeur puisqu'il abolit la liberté de choix (entre enseignement religieux ou moral) des parents. Tout cela s'est fait pratiquement en cachette et à toute vapeur. Une telle désinvolture en matière de droits et libertés est pour le moins offensante et méprisante à l'égard des parents du Québec.

Le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse est je le dis sans ménagement, une horreur. C'est une macédoine indescriptible qui oblige des enfants de six ans à « fréquenter » au moins six religions. Jésus, Allah, Bouddha, Vishnou, Ganesh, Jéhovah et le Grand manitou, C'est toute une ribambelle de dieux qui vont se bousculer dans le cerveau des tout-petits.

L’effet recherché de ce cafouillis divin, c’est de relativiser (cela s’appelle le relativisme éthique) l’héritage judéo-chrétien des Québécois. Vous croyez que je divague ? Voici ce qu’écrit le géniteur du cours, Fernand Ouellet : « Il ne suffit pas, nous avoue-t-il, d’éduquer à la reconnaissance et au respect de l’autre. Il faut aussi apprendre à ébranler la « suffisance identitaire » et à s’intéresser à l’autre par delà les divergences et les conflits de valeurs ». Plus loin, il ajoute qu’il faut « ébranler une identité trop massive et y introduire la divergence et la dissonance ». Pas mal, hein ? Comprenez que l’héritage, les traditions, le patrimoine et l’éthique judéo-chrétienne forment un noyau trop dur, trop résistant, trop coriace. Ainsi, il est essentiel de le casser, de le fractionner, afin de permettre à nos enfants et petits-enfants d’être propulsé dans le nirvana du multiculturalisme et de la surabondance divine.

Patrimoine

Au moins, on ne peut pas reprocher à la Machine technocratique de l’Éducation de manquer de clarté et d’avoir des objectifs flous. Les Québécois, selon ces bonzes et ces mollahs du Ratatinement Identitaire, ont la fâcheuse propension à considérer que leur identité nationale (400 ans d’histoire en Amérique, une langue, une culture, une patrie, un patrimoine, un vieil héritage judéo-chrétien) se doit d’être dominante et prépondérante au Québec. C’est d’un très mauvais goût !

Il convient donc pour ces technocrates que l’immense majorité des parents réduisent leur « suffisance identitaire » , c’est-à-dire, selon le Petit Larousse, leur « satisfaction excessive de soi-même ». Il faut que ces Québécois cessent de faire preuve d’un attachement inconvenant et abusif à la dimension judéo-chrétienne de leur identité nationale, ce qui se traduisait auparavant par l’inscription massive de leurs enfants au cours d’enseignement religieux plutôt qu’à celui de morale. Voilà pourquoi, désormais, nos écoles ont recours à Bouddha, Allah, Vishnou et tout le panthéon planétaire pour désarticuler, chez des enfants de six ans, la part judéo-chrétienne de notre identité nationale.

Si l’on pouvait tenir un référendum (comme dans la plupart des États américains) sur cette question, une forte majorité obligerait sûrement les idéologues multiculturels à rétablir la liberté de choix des parents comme un droit fondamental.

Quebec's creepy new curriculum




mardi 16 décembre 2008

Réaction de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec face aux expulsions dues à l'imposition du cours d'ECR




(silence)






« La situation actuelle est créée par l’intransigeance du gouvernement qui rend ce cours obligatoire »

Dans un communiqué publié aujourd'hui, l'Association des parents catholiques appuient les parents et élèves de Granby victimes de l'intransigeance du gouvernement. Gouvernement, rappelons-le, qui prétend vouloir enseigner la tolérance, le respect de la diversité en matières de convictions religieuses et le dialogue.

Nous reproduisons ce communiqué ci-dessous.
Mépris de la liberté de religion au secondaire — l’APCQ appuie les familles

Mardi le 16 décembre 2008.

Sept élèves de l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc de Granby sont en voie de suspension parce qu’ils boycottent le cours d'éthique et culture religieuse. L’école exige que les parents signent un contrat de ré-intégration où ils accepteraient que leurs enfants suivent le cours, afin que l’élève puisse retourner en classe, ce que les parents, avec la collaboration de leurs jeunes, refusent de faire. Les jeunes risquent l’expulsion de l’école si les absences perdurent. Alain Lecours, directeur général de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, a reconnu que ce sont « les valeurs et les croyances » qui font problème (Voix de l’Est le 13 décembre 2008).

L’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) déplore ces suspensions de jeunes qui agissent en conformité avec leurs convictions religieuses. L’école a invoqué le fait que les absences étaient non motivées alors que les parents, comme des centaines d’autres, ont fait une demande d’exemption en motivant clairement leur requête sur des bases religieuses, morales et juridiques, demande refusée par l’école et la commission scolaire, rappelle l’APCQ.

« La situation actuelle est créée par l’intransigeance du gouvernement qui rend ce cours obligatoire, l’impose à tous les élèves du début à la fin du secondaire tant au public qu’au privé, et écarte toute possibilité d’exemption », insiste Madame Jean Morse-Chevrier, présidente de l’APCQ. « Ces jeunes n’ont pas d’autre choix que de s’absenter du cours, par respect de leurs croyances et principes, situation que vivent bon nombre de jeunes au Québec » renchérit-elle.

L’APCQ appuie ces familles, éprouvées dans l’exercice de leur liberté de religion et de conscience et réclame du nouveau gouvernement un règlement juste de la situation, qui permettra, sur les bancs d’école, comme dans le reste de la société, l’exercice de la liberté démocratique dans le choix des contenus religieux auxquels les jeunes et les familles veulent s’exposer.

L’APCQ fait valoir le droit de chaque jeune à une éducation de qualité, et en invoquant ce droit, plaide pour une considération de l’impasse dans lequel le gouvernement met ces familles, pour une prise en compte des motifs invoqués par les familles et pour une accommodation raisonnable des besoins religieux de chacun et chacune des élèves par les écoles et les commissions scolaires, sans que les élèves soient privés de l’ensemble des cours auxquels ils ont droit.


Personne contact : Jean Morse-Chevrier, présidente APCQ
Association des parents catholiques du Québec
7400, boul. St-Laurent local 406
Tél : 819-661-7140 (cellulaire)

Deuxième personne contact : Angelo Polcaro, vice-président APCQ
Association des parents catholiques du Québec
7400, boul. St-Laurent local 406
Tél : 514-378-7373 (cellulaire)

Troisième personne contact : Diane Joyal, présidente APCQ (section Montréal)
Association des parents catholiques du Québec
7400, boul. St-Laurent local 406
Tél : 514-279-0670


Centre de réflexion et d'autocritique

Les élèves Lasnier, par ailleurs remarquables (voir leurs bulletins ci-dessous), n'ayant pas été présents à toutes les séances obligatoires du cours gouvernemental d'éthique et de culture religieuse ont été soumis à une séance d'autocritique.

Il s'agissait de leur faire comprendre que leur entêtement à ne pas vouloir participer avec leurs camarades à ces séances éducatives n'était qu'une manifestation de l’individualisme petit-bourgeois. Ce manque d'ouverture à la diversité, cet état d'esprit délétère et réactionnaire sont à combattre vigoureusement dans la jeunesse.

C'est la mission du centre de réflexion de l'école gouvernementale québécoise.

Transcription de la fiche d'autocritique (original numérisé ci-dessous)

Centre de réflexion
Fiche de réflexion


Nom de l'élève : Xavier Lasnier Nom de l'enseignant : Mme Carvin (?)

Date : 12 décembre 2008 Nom du directeur : Mme Béchard

[...]

1. Raconte l'évènement qui t'a amené au local de réflexion...
« Mes parents me demandent de ne pas aller au cours d'éthique et de culture religieuse puisque l'enseignement reçu est contraire à nos convictions et que l'école, la commission scolaire ainsi que le gouvernement empêche mes parents et d'autres de faire valoir leur droit sur le choix de l'enseignement de leurs enfants. »
2. Quelle est ta part de responsabilité dans ces évènements ?
« Ne pas m'être présenté au cours d'éthique et de culture religieuse, mais avec l'appui de mes parents. »
3. Quelles sont les conséquences de ton comportement pour :
Tes collègues de classe : «Je suis même pas allé 2 fois, ils savent probablement pas qui je suis. »

L'enseignant(e) et/ou la direction :« Un pro[ba]blement de plus »

Toi :« Je manque un cours contraire à mes convictions. »

4. Nomme un ou des objectifs que tu pourrais te fixer ainsi que des moyens à prendre pour améliorer ton attitude et/ou ton comportement à l'école :

Objectif(s) :
« Mon comportement est exemplaire. Le problème n'est pas là. Trouver un terrain d'entente. »

Moyens :« Mes parents sont présentement en train de faire des démarches pour régler le conflit. »

5. Quel est le rôle d'un élève dans un établissement d'enseignement comme le nôtre ?
« Apprendre. »


autocritique du petit-bourgeois Lasnierautocritique du petit-bourgeois Lasnier


La mise en demeure envoyée à l'école J.-H. Leclerc de Granby et à son directeur

On remarquera la possibilité que le directeur (ou d'autres personnes impliquées dans la décision) puisse devoir payer à titre personnel des dommages et intérêts exemplaires pour l'atteinte intentionnelle à une liberté fondamentale protégée par la Charte : la liberté de conscience et de religion. Pour le préjudice grave et disproportionné encouru par les élèves suspendus et menacés de renvoi, la mise en demeure évoque le paiement de dommages compensatoires prévus par le Code civil.

Les absences sont motivées

Remarquons aussi que l'avocat de la CLÉ rejette comme sans fondement la raison invoquée de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs : contrairement à ce qu'affirme celle-ci, les absences des élèves sont bien motivées par leurs parents (même si pour des raisons idéologiques[1] — et c'est ce carnet qui l'ajoute — la direction de l'école n'est pas en accord avec ces motivations).

[1] Il semble qu'il faille exclure une servilité excessive puisque dans un communiqué de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs à l'attention de ses employés envoyé ce matin, la commission signale qu'il s'agit d'« une situation inhabituelle et pour laquelle des directives ministérielles tardent à venir. »



L'article 49 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec invoqué ci-dessus se lit ainsi :
49. Une atteinte illicite à un droit ou à une liberté reconnu par la présente Charte confère à la victime le droit d'obtenir la cessation de cette atteinte et la réparation du préjudice moral ou matériel qui en résulte.

Dommages-intérêts punitifs.

En cas d'atteinte illicite et intentionnelle, le tribunal peut en outre condamner son auteur à des dommages-intérêts punitifs.

1975, c. 6, a. 49; 1999, c. 40, a. 46.

lundi 15 décembre 2008

Nos élites se gaussaient de l'ADQ qui osait voir dans le cours d'ECR du multiculturalisme...

Lettre intéressante de Mathieu Bock-Côté, candidat au doctorat à l'UQAM dans le Devoir de ce mardi 16 décembre.
Dans les milieux évolués, on se faisait des gorges chaudes au début de la dernière campagne électorale, du chef de l'ADQ qui avait assimilé le cours Éthique et culture religieuse au multiculturalisme qui travaillerait à la censure de la fête de Noël et de ses symboles dans les écoles québécoises. Sottises, répétèrent en chœur les perroquets du régime qui n'en finissaient plus de faire le procès de Mario Dumont. Les événements confirment pourtant la perspicacité du chef adéquiste, dont l'absence se fait déjà sentir, qui avait bien vu que le multiculturalisme est une idéologie qui se déploie en laminant par grands pans l'identité nationale et qui n'entend en épargner aucun.

L'édition du Devoir du 11 décembre le confirme, un communiqué a suivi l'autre. Dans le premier, on annonçait la participation du premier ministre à l'illumination du sapin de Noël de l'Assemblée nationale. Dans le second, on annonce une « légère modification ». On parle désormais du sapin des Fêtes. Puis une troisième nouvelle, pour couronner le tout: le premier ministre redonnait son nom au sapin en question. Traduisons ainsi la séquence des événements : les experts en communication du premier ministre ont eu l'impression de commettre une faute grave en rappelant à la collectivité que le temps des Fêtes est associé aux fêtes de Noël, une fête chrétienne. Puis le premier ministre, craignant ce qu'on appelle chez les importants un « dérapage identitaire », a vite redonné à la tradition ses droits malgré le zèle pluraliste de ses ministres. À Claude Béchard la palme du politiquement correct : « Il faut respecter la culture, il faut respecter l'ouverture de tout le monde. Au Québec, nous sommes une société inclusive. [...] C'est ça, le Québec, c'est l'ouverture et le respect de chacune des traditions. »

Lapsus révélateur

Mais tout cela relève bien moins de la maladresse que du lapsus révélateur. Car il y avait une certaine ironie à qualifier de « légère modification » l'abolition symbolique des fêtes de Noël. Deux mille ans d'histoire passent à la trappe, multiculturalisme oblige. Mais le multiculturalisme n'a jamais hésité à confondre l'ouverture à l'autre et le reniement de soi. Il ne faudrait pourtant pas s'en surprendre, car la controverse de Noël a pris forme au Québec depuis quelques années déjà et traverse désormais la plupart les sociétés occidentales. Aux États-Unis, on parle de la « Christmas War » tant les fêtes de fin d'année sont devenues l'occasion pour les multiculturalistes les plus acharnés de reprendre leur lutte pour évider nos sociétés de leurs traditions fondatrices.

Mais les multiculturalistes ont un nouvel argument, directement tiré de la commission Bouchard-Taylor et de son rapport : celui d'une laïcité « ouverte », qui exigerait l'ouverture de l'espace public à toutes les religions, à moins de les fermer à toutes. Il faut décrypter ce langage orwellien pour savoir de ce dont il est question : la « laïcité » du Québec officiel est surtout le nom de code d'un désinvestissement du domaine public de tous les contenus culturels associés au Québec historique. Dans cette perspective, le catholicisme n'est qu'une tradition religieuse parmi d'autres dans un Québec pluraliste. Exit Noël ! Pour construire le Québec dont rêvent les pluralistes, il faudra remonter le cadran historique à zéro, comme si quatre siècles d'histoire ne voulaient rien dire. Tous les repères traditionnels qui balisent l'espace public devront être retirés. Au nom du progrès, bien sûr.

Un peuple

Est-il hérétique de rappeler que le Québec n'est pas une terre vierge, non plus qu'une page blanche sur laquelle on pourrait tout gribouiller ? Le Québec n'est pas une société sans mémoire mais un peuple, une communauté historique dont l'héritage culturel est traversé par un catholicisme apaisé et heureusement laïcisé, mais néanmoins fondamental dans la morphologie de l'identité nationale. L'histoire du Québec ne commence pas en 1960, encore moins avec la conversion toute récente de ses élites au multiculturalisme, et c'est à partir de cette histoire profondément enracinée sur quatre siècles que doit se déployer la société québécoise et l'espace public dans lequel elle s'exprime. Les fêtes de Noël actualisent chaque année cette identité en rappelant l'enracinement occidental du peuple québécois. Lutter contre Noël en le neutralisant ou en relativisant sa place dans l'espace public, c'est œuvrer à la désoccidentalisation du Québec, c'est œuvrer à sa liquéfaction identitaire.

La controverse des accommodements raisonnables qui a duré de 2006 à 2008 n'était pas qu'une mascarade. Loin de là. Elle aura plutôt dévoilé à la conscience collective le travail de déconstruction de l'identité nationale mené par les élites québécoises. Que ces dernières soient parvenues à neutraliser l'indignation populaire à travers la commission Bouchard-Taylor ne change rien au fait que le multiculturalisme continue de se déployer au Québec grâce au détournement idéologique de nos institutions collectives mises à son service. Il faudra bien se résoudre à lutter franchement contre le multiculturalisme et ses avocats, aussi puissants soient-ils. Il faudra faire le procès d'une philosophie mortifère qui abime déjà le Québec et le rend de plus en plus étranger aux Québécois.

Les parents de Granby mettent en demeure l'école de leurs enfants

Les parents de Granby mettent en demeure l'école de leurs enfants qui cherche à les empêcher de suivre les cours obligatoires et sanctionnés par des examens parce qu'ils ne suivent pas le cours de formation morale et religieuse gouvernemental. Pour plusieurs légistes, il y a disproportion entre la sanction qui peut affecter les résultats scolaires de ces élèves exemplaires et la cause (ne pas être présent au cours d'ECR).

Explications par Richard Décarie.





Des élèves exemplaires

Pour faire taire les rumeurs malfaisantes (voir un des commentaires ci-dessous), voici les bulletins des jumeaux Lasnier, décrits comme « remarquables » et dont la conduite est « excellente ». On remarquera que toutes les absences se concentrent quasi exclusivement au rayon du cours gouvernemental d'éthique et de culture religieuse, à l'exception d'une absence en éducation physique.

Pierre-Élie, élève remarquable
Xavier, élève remarquable
Xavier
Xavier
Xavier
Xavier
Xavier