Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
Une simulation du sapin de verre et d’acier place Pey-Berland, à Bordeaux, réalisée par l’artiste Arnaud Lapierre.
Pour une « communication inclusive », la Commission européenne a proscrit des mots comme « Noël ». Revenant sur de multiples exemples similaires dans les villes écologistes, Anne-Sophie Chazaud montre que les élus progressistes s’évertuent à déconstruire cette fête traditionnelle. Anne-Sophie Chazaud est chercheuse et essayiste, auteur de Liberté d’inexpression, des formes contemporaines de la censure (éditions de l’Artilleur, 2020).
Se pencher sur les inepties foisonnantes et non dénuées d’inventivité produites par la plupart des élus écologistes (lesquels se préoccupent en réalité bien peu d’écologie), c’est un peu comme goûter avec émerveillement et gourmandise aux joies quotidiennes d’un calendrier de l’avent : à chaque jour son petit plaisir, sa petite décision ridicule, sa volonté pathétique de provoquer, son désir infantile de choquer le bourgeois (et le populo tant honni), son obsession à déconstruire les codes et les repères traditionnels, en particulier lorsqu’ils ont trait à l’ancrage historique chrétien (horresco referens !) de la France (rien que des gros mots !). Et les déclarations ou décisions grotesques se succédaient ainsi en une sorte de concours secret que semblaient se livrer ces édiles, concours dont le vulgum pecus ignorait les règles obscures et dont le prix du gagnant était peut-être un Clitoris d’Or — en pâte à sel — fabriqué grâce aux dons de sorcellerie de Dame Sandrine Rousseau, qui sait…
La conquête accidentelle [par les écologistes] pour cause de Covid de seulement 8 villes (sur 42) de plus de 100 000 habitants avec un taux d’abstention record de 56 % et une légitimité plus que ténue (en raison même des circonstances dans lesquelles s’est déroulé ce processus électoral, entre confinement et peur panique) a néanmoins fait pousser des ailes à ces exécutifs locaux qui, aussitôt aux manettes, ont donné le ton sur un mode bien peu rassembleur et volontiers idéologique, où l’arrogance le dispute bien souvent à la simple bêtise, lesquelles nuisent du reste toutes deux à la cause environnementale à laquelle chaque être humain normal ne peut qu’être sensible.
Il y eut par exemple l’empressement à se jeter sur l’écriture inclusive, ce charabia en réalité excluant pour tous ceux qui connaissent des difficultés de lecture et cognitives (mais qu’à cela ne tienne puisqu’il ne s’agit là de rien d’autre que d’un signe extérieur de richesse culturelle témoignant du désir malsain d’insécuriser la langue), il y eut les déclarations loufoques sur la 5G (servant, comme chacun sait, selon l’inénarrable maire de Grenoble Éric Piolle à « regarder du porno dans l’ascenseur »), les interdictions de survoler Lyon pour la Patrouille de France, les déclarations imbéciles sur le Tour de France et tant d’autres sottises.
De berger, de chasse, d’eau ou de traîneau… Depuis qu’il a apprivoisé le loup pour le faire devenir chien il y a 15 000ans à 30 000 ans, l’homme a su le spécialiser à l’extrême. Cette domestication est probablement « l’expérience de génétique comportementale la plus conséquente » à laquelle l’humanité a pu se livrer, estime dans Cell une équipe de chercheurs dirigée par Elaine Ostrander, généticienne aux National Institutes of Health américains et référence mondiale en génétique du chien. « Le chien est, à ma connaissance, la seule espèce domestique présentant une telle diversité de phénotypes [ensemble des caractères apparents, comme la couleur du poil] et de comportements sélectionnés pour des objectifs différents », explique Benoît Hédan, vétérinaire et ingénieur de recherche CNRS dans l’équipe Génétique du chien à l’université de Rennes. « Cela résulte-t-il de la durée de sélection, ou cette espèce est-elle plus malléable ? C’est difficile à dire, mais on a là un modèle inégalé d’étude du comportement. »
La Fédération cynologique internationale (FCI) classe les races de chiens en dix groupes, liés à leur fonction (garder les troupeaux, pister le gibier, tirer un traîneau, tenir compagnie à l’homme…). Mais ces catégories associées à des comportements caractéristiques se retrouvent-elles dans le génome des chiens ? Une autre équipe n’avait pas réussi à le démontrer dans une étude publiée en avril dernier. Mais cette nouvelle analyse, plus poussée, permet d’aller plus loin.
Les chercheurs ont d’abord analysé les données génétiques de 4 261 chiens (2 823 de pure race, 687 de race mixte ou inconnue, 658 chiens de rue et 93 canidés sauvages) avec une nouvelle méthode permettant d’extraire des informations pertinentes d’une masse très importante de données (Outil Phate, présenté en 2019 dans Nature Biotechnology). Ils distinguent 10 grandes lignées génétiques de canidés, qui s’avèrent remarquablement cohérentes avec la classification de la FCI. Génétiquement, les auteurs distinguent les chiens de chasse, les chiens d’arrêt, les terriers, les retrievers, les chiens de berger, de traîneau, les spitz d’Afrique et du Moyen-Orient, ceux d’Asie, les lévriers et enfin les dingos.
Le chien de berger possède un tempérament spécifique et une sensibilité aux stimuli environnementaux particulièrement forte
Diversifications des lignées
Au départ de tous ces embranchements trône le loup gris, dont tous les chiens sont issus. Ces diversifications des lignées sont antérieures à la formation des races modernes, créées au tournant du XIXe et du XXe siècles sur des critères essentiellement physiques. En choisissant très tôt des individus pour leur confier des tâches précises, l’homme a donc favorisé des aptitudes probablement déjà présentes chez le loup, « et de cette sélection au fil des siècles ont dérivé des lignées caractéristiques », note Benoît Hédan.
Les auteurs ont ensuite confronté ces lignées génétiques à la description du comportement de plus de 46 000 chiens, via des questionnaires remplis par des volontaires (C-barq, en 100 questions). Pour 8 lignées analysées (les spitz d’Afrique et du Moyen-Orient ainsi que les dingos n’ont pas fait l’objet de suffisamment de réponses), la fréquence des comportements décrits correspond aux lignées génétiques. Par exemple, la « poursuite prédatrice » est particulièrement fréquente chez les terriers, tandis que l’aptitude au dressage est très forte chez les bergers ou les retrievers, mais pas chez les « chiens renifleurs, […] ce qui est cohérent avec la sélection de caractéristiques avantageuses pour un travail indépendant axé sur le suivi des instincts plutôt que sur la recherche de signaux humains », écrivent les auteurs.
Contrairement aux variants génétiques associés aux caractéristiques physiques, comme la couleur du pelage, les variants liés aux comportements se situent dans des régions non codantes du génome (c’est-à-dire des régions chargées non de la production de protéines, mais plutôt de la régulation de l’activité d’autres gènes), et beaucoup sont impliqués dans le développement neurologique. Avant même d’avoir reçu la moindre éducation, le chien aurait donc un cerveau « précâblé » pour tel ou tel type de comportement ; ce qui explique qu’un animal de compagnie à qui l’on n’a jamais appris le travail attendu de sa race montre souvent les aptitudes associées. Et ce parfois au grand désespoir de son propriétaire, qui ne parvient pas à dissuader son labrador de tirer sur sa laisse, ou son épagneul breton de déposer fièrement au milieu du salon une poule d’eau retrouvée morte…
Anxiété maternelle chez la souris
Les auteurs se penchent par exemple sur le cas des chiens de berger, dont le travail complexe suppose un tempérament spécifique et une sensibilité aux stimuli environnementaux particulièrement forte. À ce groupe des chiens de berger sont liés 14 variants, tous associés à des gènes impliqués dans le fonctionnement cérébral. Et parmi les régions régulatrices de gènes où sont situés ces variants, certaines sont impliquées chez d’autres espèces à des comportements apparentés. Deux sont corrélées chez la souris à l’anxiété maternelle et à des comportements de rassemblement des souriceaux ; le chien de berger conduit-il son troupeau comme la maman souris s’inquiète quand ses bébés sont éparpillés ? L’une de ces régions est associée chez l’homme au trouble de l’attention avec hyperactivité ; l’hyperconcentration du border collie au travail emprunterait-elle les mêmes voies neuronales ?
Il est un pas cependant qu’il faut se garder de franchir : si la génétique semble bien décider pour une large part du comportement canin, il est loin d’en être de même chez l’homme. L’environnement, l’éducation, les brassages génétiques notamment sont chez ce dernier bien plus importants que chez le chien, et ses comportements bien plus complexes. N’en déplaise aux tragédiens grecs, l’homme a plus de libre arbitre qu’un border collie. « Le chien de berger, lui, ne peut pas s’empêcher de courir après les moutons ou les vaches, sourit Benoît Hédan. C’est une vraie obsession… »
Arrestation d'Isabel Vaughan-Spruce, qui a été accusée d'avoir enfreint une ordonnance de protection de l'espace public (PSPO) pour avoir prié en silence à proximité d'un centre d'avortement à Kings Norton, Birmingham, à quatre reprises. Isabel Vaughan-Spruce était seule, se tenait debout en silence sur le trottoir, sans pancarte, sans faire de geste, sans bloquer le chemin.
Billet originel du 20 décembre
En 2019, John Anderson, ancien vice-premier ministre d’Australie entre 1999 et 2005, a interviewé Constantin Kisine un satiriste et commentateur politique russo-britannique. Au cours de cet entretien (vidéo en anglais ci-dessous) Kisine pose une devinette à Anderson.
Kisine. — En Russie l’année dernière [probablement 2018], 400 personnes ont été arrêtées pour des choses qu’elles ont publiées sur les réseaux sociaux. Évidemment, ce pays est très différent. Selon vous, combien ont été arrêtés en Grande-Bretagne pour ce qu’ils ont dit sur les réseaux sociaux ?
John Anderson. — (…)
Kisine. — Faites une supposition.
John Anderson. — Je n’en ai aucune idée.
Kisine. — 3300.
John Anderson. — Vraiment ? Arrêtés pour des choses qu’ils ont écrites sur les réseaux sociaux ? …
La vidéo originale a été publiée en 2020. Constantin Kisine ne donne pas sa source, mais il semble que le chiffre de « 3 300 » est probablement une référence à un article de 2017 publié dans The Times.
Plus de 3 300 personnes ont été arrêtées et interrogées l’année dernière pour prétendu trollage sur les réseaux sociaux et autres forums en ligne, une augmentation de près de 50 % en deux ans, selon les chiffres obtenus par le Times.
Chaque année, à Noël, nous célébrons la naissance de Jésus. Mais est-ce que le fondateur du christianisme est réellement venu au monde ? Le Christ est-il un personnage historique ou une création mythologique ?
La question n’est pas secondaire. Car le christianisme, religion de l’incarnation, n’est pas qu’un système de valeurs et de symboles qui donne sens à la vie. Il se présente plutôt comme une bonne nouvelle fondée sur des faits historiques : la vie, les enseignements, les miracles, la mort et la résurrection d’un homme, Jésus de Nazareth, qui prétendait non seulement parler au nom de Dieu, mais être Dieu lui-même.
Le pape Benoît XVI a plus d’une fois rappelé ce principe :
L’Histoire du salut n’est pas une mythologie, mais une véritable Histoire, et c’est pour cela qu’elle doit être étudiée avec les méthodes de la recherche historique sérieuse.
Bref, plus qu’une histoire, le christianisme est de l’histoire. Il peut et doit donc être étudié comme tel.
Hors de tout doute raisonnable
La science historique peut démontrer l’existence d’une personne à partir de l’analyse critique de documents. Quand ceux-ci sont suffisamment fiables, nombreux et convergents, il est possible d’arriver à une véritable certitude. Ainsi, les historiens peuvent conclure hors de tout doute raisonnable à l’existence de Socrate, de Cléopâtre ou encore d’Alexandre le Grand.
Or, lorsqu’il est question de Jésus de Nazareth, les documents historiques ne manquent pas, aussi bien de la part des chrétiens que des non-chrétiens.
Les preuves des adversaires
Plusieurs auteurs juifs, grecs et romains ayant écrit peu de temps après la mort de Jésus parlent de lui dans leurs ouvrages. Pour la science historique, ces mentions convergentes par des adversaires du christianisme constituent des éléments de preuve hautement crédibles.
Flavius Josèphe, historiographe juif né autour de l’an 37 et ayant travaillé pour l’empereur romain Vespasien, parle de Jésus comme d’un « sage » dans ses Antiquités juives rédigées en 93-94 et ajoute :
Sa conduite était juste et on le connaissait pour être vertueux. Et un grand nombre parmi les Juifs et les autres nations devinrent ses disciples. Pilate le condamna à être crucifié et à mourir. Mais ceux qui étaient devenus ses disciples continuèrent de l’être. Ils disaient qu’il leur était apparu trois jours après sa crucifixion et qu’il était vivant : ainsi, il était peut-être le Messie au sujet duquel les prophètes ont raconté des merveilles.
Flavius Josèphe, Les Antiquités judaïques, 93-94 apr. J.-C.
Le Talmud de Babylone, un recueil d’anciennes traditions juives, évoque aussi la condamnation à mort un vendredi d’un homme appelé Jésus de Nazareth : « La veille de la Pâque, on pendit [à la croix] Yeshû le Nazaréen […] parce qu’il a pratiqué la sorcellerie, a séduit et égaré Israël. »
Tacite, historien et sénateur romain né en 58, mentionne quant à lui l’existence du Christ à l’époque de Ponce Pilate ainsi que sa crucifixion : « Ce nom [de chrétiens] leur vient de Christos (Christ), que, sous le principat de Tibère, le procurateur Ponce Pilate avait livré au supplice » (Annales 15, 44, 5).
Suétone, chef du bureau des correspondances de l’empereur Hadrien, écrit vers 120 à propos de l’empereur Claude : « Il chassa de Rome les Juifs, qui s’agitaient d’après les excitations d’un certain Christus. »
Le plus grand complot de l’histoire ?
Les évangiles, les lettres du Nouveau Testament et tous les écrits des premiers théologiens qui ont connu des témoins oculaires du Christ constituent un vaste corpus de documents attestant l’existence de Jésus. Ils sont en fait si nombreux et concordants que l’on ne peut rationnellement les suspecter tous de tromperie sans prétendre au plus grand complot de l’histoire de l’humanité. Et encore, les complotistes devraient expliquer pourquoi les nombreux auteurs non chrétiens mentionnés précédemment auraient aussi été dans le coup.
Les évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean ont été écrits entre les années 60 et 100, à une époque où il existait encore de nombreux témoins oculaires du Christ. Saint Paul ose même affirmer que le Christ ressuscité est « apparu à plus de cinq cents frères à la fois » et que « la plupart sont encore vivants » (I Cor 15, 6).
Si ces « biographies de Jésus » étaient un tissu de mensonges ou de fables religieuses, nous aurions bien des critiques qui ridiculiseraient l’existence même du fondateur de ce nouveau mouvement religieux. Ce n’est pourtant pas le cas.
« Soyons sérieux ! », lance l’historien Jean-Christian Petitfils, auteur de deux livres phares sur Jésus aux éditions Fayard et Plon. « Si une pieuse conspiration avait monté de toute pièce une telle affaire, celle-ci aurait été bien mal préparée ! »
Or, à la différence des écrits de type mythologique qui placent habituellement leur héros dans un temps et un lieu très lointains, les évangélistes racontent au contraire l’histoire d’un homme ayant vécu dans le même siècle et la même région que leurs premiers lecteurs. C’est sans aucun doute la pire des stratégies pour lancer un grand complot !
La preuve par la négative
Avant le XIXe siècle et l’émergence de la thèse mythiste par quelques athées (Bruno Bauer, Salomon Reinach, Prosper Alfaric, puis au 20e siècle Paul Louis Couchoud et plus récemment, Michel Onfray), personne n’avait jamais sérieusement remis en doute l’existence de Jésus de Nazareth. On pouvait douter de ses miracles ou de sa nature divine, mais jamais qu’il ait tout simplement existé.
Pourtant, si un amateur du Seigneur des anneaux affirmait aujourd’hui, qu’il y a une quarantaine d’années à Montréal, vivait un magicien appelé Gandalf, faisant des miracles et attirant de grandes foules sur le Mont-Royal, il serait étonnant que personne ne le critique sur cette affirmation. Parce que ce sont les personnes les plus près d’un fait historique qui sont les plus susceptibles de contester qu’il ait réellement eu lieu.
Étonnamment, l’une des plus fortes preuves en faveur de Jésus est l’absence de documents remettant en doute son existence pendant 1800 ans. Dans l’Antiquité, on ne retrouve en effet aucun opposant au christianisme qui attaque ce nouveau mouvement religieux en niant l’existence même de son fondateur.
Le philosophe platonicien Celse, un des plus grands critiques du christianisme au 2e siècle, ne conteste jamais que Jésus soit vraiment né et mort crucifié en Palestine. Pourquoi ? Parce qu’il sait très bien que cette thèse est indéfendable, alors que de nombreuses personnes encore vivantes peuvent attester que leurs grands-parents ont vu cet homme de leurs propres yeux.
À vrai dire, ceux qui ridiculisent les premiers chrétiens préfèrent nier sa résurrection, sa divinité et sa doctrine.
À titre d’exemple, Lucien de Samosate (120 — vers 180), un écrivain satirique grec, rapporte sans le nommer l’existence du chef des chrétiens : « … celui qui est honoré en Palestine, où il fut mis en croix pour avoir introduit ce nouveau culte parmi les hommes… » Et il continue à se moquer des chrétiens en disant d’eux :
Ces malheureux se figurent qu’ils sont immortels et qu’ils vivront éternellement. En conséquence, ils méprisent les supplices et se livrent volontairement à la mort. Leur premier législateur leur a encore persuadé qu’ils sont tous frères. Dès qu’ils ont une fois changé de culte, ils renoncent aux dieux des Grecs, et adorent le sophiste crucifié dont ils suivent les lois. Ils méprisent également tous les biens et les mettent en commun, sur la foi complète qu’ils ont en ses paroles.
Lucien de Samosate
Un doute douteux
Les historiens et philologues ne remettent point en doute l’authenticité d’autres textes majeurs de l’Antiquité tels que ceux de Sophocle, de Thucydide, de Cicéron, de Virgile et de Platon, dont nous possédons incomparablement moins de manuscrits qui prouvent leur existence. « Je ne vois aucun autre personnage dont on nie l’existence alors qu’elle est si parfaitement établie par les faits », a déclaré au National Geographic l’archéologue et professeur d’histoire Byron McCane.
En plus d’être certain que Jésus ait existé, les historiens savent aussi qu’il était juif, qu’il était reconnu comme le messie par ses disciples, qu’il attirait les foules par son charisme extraordinaire et ses enseignements à contrecourant, et surtout qu’il a été crucifié à Jérusalem par ordre de Ponce Pilate autour de l’an 33.
Mais qui était cet homme exactement ? Était-il le Fils de Dieu comme il le prétendait ? A-t-il fait de nombreux miracles comme ses disciples l’affirment, et surtout, est-il réellement ressuscité des morts ? Ce sont d’excellentes questions sur lesquelles la science historique a aussi le droit de s’interroger. Mais on ne peut prétendre être sérieux scientifiquement en niant la simple existence de Jésus-Christ. Tous les experts, croyants ou pas, l’admettent aujourd’hui.
« Je ne connais aucun chercheur important qui doute du personnage historique de Jésus », assure pour sa part Éric Meyers, archéologue et professeur émérite à l’université Duke en Caroline du Nord. « On pinaille sur des détails depuis des siècles, mais nulle personne sérieuse ne met en doute son existence. »
Le Jésus de l’histoire et de la foi
Faut-il pour autant opérer une distinction nette entre deux Jésus, celui de l’histoire et celui de la foi, comme s’il s’agissait de deux personnages différents ?
Il s’agit d’une séparation confuse et douteuse.
D’abord, parce que la science historique procède toujours par mode de foi humaine. Personne de vivant aujourd’hui n’a connu Jules César, Napoléon ou même le Premier ministre du Canada Wilfrid Laurier. Nous connaissons avec certitude leur existence en croyant des documents historiques crédibles.
Ensuite, parce que l’histoire et la foi renvoient toutes deux aux mêmes personnes, quoique selon des rapports différents. Je peux historiquement savoir que saint Augustin et Mahomet ont bel et bien existé, mais croire ou pas à leurs écrits, adhérer plus ou moins à leur exemple de vie.
Enfin, parce que la foi divine est une attitude subjective qui s’appuie sur une connaissance historique objective. La vertu théologale de foi consiste à croire aux révélations et aux promesses de Jésus, de lui faire confiance et de fonder sa vie sur lui.
La véritable question n’est donc pas si Jésus a réellement existé ou pas, mais si son existence peut ou pas changer ma vie.
Car le christianisme ce n’est pas « une belle histoire » qui donne sens à notre vie. Le christianisme, c’est Dieu qui entre réellement dans l’histoire pour venir changer concrètement nos vies.
À l’heure du réchauffement climatique, devenu changement climatique (c’est plus sûr, ça marche à tous les coups, le climat changeant sans cesse), puis dérèglement climatique pour certains militants afin de « mobiliser » les bourgeois assoupis, il est grand temps de lire l’excellent livre d’Olivier Postel-Vinay, Sapiens et le climat, une histoire bien chahutée, consacré aux changements climatiques qu’a connu notre espèce.
Olivier Postel-Vinay montre que notre espèce fut confrontée tout au long de son histoire à des changements climatiques brutaux de durées et intensités sans commune mesure avec ceux de notre époque.
Sapiens et le climat Une histoire bien chahutée
par Olivier Postel-Vinay,
paru aux Presses de la Cité,
à Paris,
le 8 septembre 2022,
352 pp,
ISBN-13 : 978-2258200937
Résumé de quelques changements climatiques récents mentionnés par Olivier Postel-Vinay
• L’Optimum Romain est marqué par un climat d’une stabilité exceptionnelle avec des siècles chauds bien arrosés et des pluies de printemps abondantes, favorisant l’essor de Carthage et de Rome, sur le pourtour méditerranéen.
C’est au cours de cet Optimum qu’Hannibal traversa (en 218 av. J.-C) les Alpes avec ses éléphants, situation impensable aujourd’hui. Cet Optimum climatique romain (OCR) connu depuis assez longtemps (au moins depuis 1999 avec la première mention dans un article de Nature) est resté assez discret dans la littérature, cette dernière se portant plus volontiers sur l’Optimum climatique médiéval (autour de l’an mil), plus proche de nous. Pourtant de nombreux articles suggéraient que l’OCR est l’Optimum le plus chaud de la période récente, du moins pour les deux ou trois derniers millénaires. Un article récent de Maragritelli et coll. (2020), en Open Access dans Nature, a montré que c’est bien le cas, à savoir que l’OCR fut la période la plus chaude de ses 2000 dernières années (de plus 2 °C, en moyenne par rapport à aujourd’hui dans la région étudiée de la Sicile et de la Méditerranée occidentale) et que l’augmentation de température fut principalement le fait de l’activité solaire (Margaritelli et coll., 2016).
Selon Olivier Postel-Vinay, « les années 21-50 apr. J.-C. représentent les trente années les plus chaudes de notre ère jusqu’aux années 2000, avec des températures de juillet d’au moins 2 °C supérieures à celles du milieu du XXe siècle. Une détérioration du climat a lieu vers 150 apr. J.-C. et le climat devient plus instable à partir de 250 apr. J.-C. avec refroidissement et sécheresse. Le grand glacier d’Aletsch en Suisse recommence à grossir. Il existe une coïncidence entre “la crise climatique” du IIIe siècle et la première chute de Rome. Cette crise du climat en Méditerranée et en Europe de l’Ouest a aussi affecté l’Europe centrale, et une terrible sécheresse entre 338 et 377 apr. J.-C. dans les steppes d’Asie centrale sera à l’origine d’une migration des Huns vers l’Europe ». Notons également, sur d’autres continents, « une sécheresse centenaire, par exemple dans le bassin de Mexico vers 550 apr. J.-C., à l’origine de migrations de populations à la recherche de meilleurs pâturages, suivie par trois siècles de grande sécheresse qui verront l’abandon des populations mexicaines de Monte Alban ».
• L’épisode PEGAT (ou Petite ère glaciaire de l’Antiquité tardive) marque un refroidissement avec multiplication des famines. La température de la Méditerranée baisse, deux énormes éruptions volcaniques dans l’hémisphère Nord font des années 536 apr. J.-C. et 540 apr. J.-C. des années « sans été ». Les cernes des arbres des Alpes autrichiennes et de l’Altaï suggèrent que la décennie 540 apr. J.-C. est dans cette région du monde la plus froide de tout l’Holocène. Une synthèse est proposée par Büntgen et coll. (2016) pour la période de 536 apr. J.-C. à 660 apr. J.-C.
• L’Optimum médiéval est la dernière période la plus chaude proche du XXe siècle. Le premier Viking arrive accidentellement en Islande en 860 apr. J.-C. à la faveur d’une tempête au large des Hébrides, au nord-ouest de l’Écosse. Ensuite Erik le Rouge découvrira le Groenland en 982 apr. J.-C.. Lors de cet Optimum, il faisait un peu plus chaud qu’aujourd’hui et aussi chaud (voire plus) que lors de la première partie de l’Optimum romain, de 230 av. J.-C. à 40 apr. J.-C.. Vers 1100 un chroniqueur de Liège note que les fraises sont mûres à Noël… Tous les hivers ne sont pas aussi doux, ils furent par exemple plus froids qu’aujourd’hui entre 1070 apr. J.-C. et 1179 apr. J.-C.. La Meuse gèle à Waulsort (près de Dinant) en 1143 apr. J.-C.. La tendance générale pendant deux siècles au moins, jusqu’en 1300 apr. J.-C., est qu’il faisait aussi chaud qu’aujourd’hui.
En se basant sur les différents types de cultures, les dates de moissons et vendanges, etc., les historiens ont accumulé de nombreuses données paléoclimatiques et par exemple montré que le vignoble européen s’étendait à l’époque de 500 km au-delà de sa limite septentrionale actuelle (Lamb, 1964, Le Roy Ladurie, 1967, Deconinck, 2009). La vigne était cultivée dans des régions où elle était absente auparavant, comme la Belgique, l’Angleterre, l’Allemagne dès le IXe siècle. Elle disparaîtra de ces régions vers l’an 1350. Durant l’Optimum climatique médiéval, on note aussi la faible extension des glaciers alpins bien en dessous des valeurs actuelles (Le Roy Ladurie, 1967). Une des premières études détaillées de cet épisode est celle de Lamb (1964) de l’Office Météorologique d’Angleterre. Il estima à partir de données historiques, faunistiques, botaniques, glaciologiques et météorologiques que la température en Angleterre fut de 1,2-1,4 °C supérieur à « la température moyenne globale » actuelle et que les précipitations étaient de 10 % supérieures. À l’échelle mondiale, des températures plus élevées d’environ 1-2 °C étaient la règle, et localement jusqu’à 4 °C de plus le long de la côte du Groenland.
La vigne est remontée vers le nord, à la suite de la petite période chaude de Charlemagne en 800, ensuite le climat se refroidit jusqu’en 1200 avec des tempêtes monstrueuses (Van Vliet-Lanoë et coll. 2014) en relation avec une forte instabilité des courants-jets (contraste thermique entre Arctique froid et tropiques chauds, comme actuellement). Ensuite la vigne remontait jusqu’au sud du Danemark. Le glacier du Théodull à côté du Cervin dans les Alpes n’existait plus et le col qu’il recouvrait servait de passage pour les échanges commerciaux avec l’Italie.
Le Groenland connaissait des « températures moyennes annuelles » de 2-4 °C supérieures à l’actuelle. Il faut simplement retenir que l’OCM était caractérisé par des températures élevées, au moins égales aux actuelles, probablement supérieures. De nombreux indicateurs historiques montrent clairement que l’OCM était en effet une période particulièrement chaude, mais instable.
Terminons cet Optimum Médiéval avec la question très discutée des températures. Selon Olivier Postel-Vinay (p.207) « Après des décennies de débats parfois houleux, les paléoclimatologues confirment que les étés entre 1100 apr. J.-C. et 1320 apr. J.-C. étaient chauds et secs, avec des températures de 1 °C à 2 °C supérieures à celles de la période de référence des années 1961-1990 ».
• La Petite Ère glaciaire met un terme à l’Optimum climatique médiéval avec l’apparition d’une période de plus en plus froide illustrée dans les tableaux de Brueghel et caractérisée par une forte poussée des glaciers alpins. Emmanuel Le Roy Ladurie (1967, 2009) en a donné une excellente description résumée ci-dessous.
Paysage hivernal (1565) près d’Anvers (Belgique). Il ne gèle plus ainsi depuis longtemps en Flandre belge. Peinture de Pierre Brueghel l’ancien.
Les premières manifestations apparaissent à la fin de XVIe siècle, précisément en 1588 dans les Alpes suisses où le glacier de Grindelwald défonce sa moraine terminale. Dès lors, la fin de la décennie et les trois siècles suivants verront les glaciers descendre de plus en plus bas dans les vallées avec tous les dégâts que cela suppose. Une chronologie des poussées glaciaires « agressives » est établie à partir de nombreux documents historiques (dates des vendanges, datation des arbres fossiles pris sous les moraines, avancées morainiques et modifications des topographies). Les maxima historiques des glaciers alpins se situent en 1599-1600 et entre 1640 et 1650. Dès 1660 un reflux modéré a lieu dans les Alpes témoignant d’une variabilité du climat à l’échelle décennale. Ces périodes d’avancées (« crues glaciaires ») et de reflux sont la règle tout au long de ces siècles de période globalement plus froide. Ces reflux sont également moindres que les reflux de notre époque plus chaude : par exemple le retrait alpin à la fin du XVIIe siècle et à l’extrême début du XVIIIe siècle est limité à 500 m au plus, au lieu de 1 à 2 km au XXe siècle. Il faut noter que ces oscillations présentent un caractère local à l’échelle pluridécennale (entre 25 et 50 ans) comme le montrent notamment les positions des langues glaciaires terminales (Lliboutry, 1964). Pour cet auteur, ce décalage serait plus le fait de facteurs météorologiques (locaux) que des caractéristiques intrinsèques des glaciers (temps de réaction, dimension, débit). Au final les phases paroxysmales des glaciers alpins de la Petite Ère Glaciaire se sont individualisées en 1660-1610, 1628, 1640-1650, 1676-1680 et 1716-1720 avec la plupart du temps des glaciers nettement plus importants qu’au XXe siècle. Des périodes de décrue secondaire ont parfois lieu avec par exemple 200 à 300 m de retrait horizontal à Chamonix en 1784-1790. La période paroxysmale des glaciers est autour de 1740-1750 pour l’hémisphère Nord.
Le reflux commencera ensuite dès les années 1860-1870 et concerne tous les glaciers alpins : l’ampleur du recul est considérable, et pour la première fois depuis trois siècles un point de non-retour est assez rapidement atteint. La mer de Glace (Chamonix) recule de 150 m en un an (1867-1868) et de 757 m en dix ans (4 nov. 1868 – 27 sept. 1878), soit 76 m par an. La phase multiséculaire de crue glaciaire est donc terminée et inaugure la période actuelle. Le réchauffement se marquera par de premières neiges plus tardives et de dernières neiges plus précoces, traduisant le raccourcissement de la saison froide.
Pour visualiser ces oscillations, se reporter à Emmanuel Le Roy Ladurie (2007) retraçant l’histoire complexe des grands glaciers alpins du XVIe au XXe siècle.
Ces événements sont documentés par Olivier Postel-Vinay qui en élargit la géographie hors Europe : « famines, pandémies, tempêtes de sable et neige récurrentes (1368, 1587, 1618) en Chine à Pékin et dans le delta du Yang Tsé (fleuve Bleu). En 1587, la population du fleuve Jaune se nourrit d’herbes et de plantes sauvages… Dans le Guangxi (Kouang-Si) les gens se mangent les uns les autres et les cadavres jonchent le sol… le froid s’accentue en décembre 1633 et le cours moyen du fleuve Jaune est pris par les glaces… les affamés mangent jusqu’aux graines trouvées dans les excréments des oies.. ». Une éruption volcanique aux Philippines accentue les effets de la Petite Ère glaciaire. En Europe, « le vin gèle dans les caves, il faut le casser à la hache… l’encre gèle dans les encriers… le Rhin et le Rhône gèlent jusqu’au fond de leur lit… le port de Marseille gèle… il pleut des grêlons de 600 grammes… ». L’éruption en 1815 du Tambora en Indonésie injectant des aérosols soufrés dans l’atmosphère, est ressentie dans de nombreuses régions : « année sans été appelée année du mendiant en Allemagne… famine et épidémie en Irlande… destruction des récoltes aux États-Unis… sécheresse dramatique en Afrique du Sud… famine dans le Yunnan… ».
Hors Europe où il fut défini, la Petite Ère glaciaire a connu aux XIVe et XVe siècles une série de fortes sécheresses, sans équivalent actuel, pendant plusieurs années et décennies (presque un siècle) en Asie, dans le nord de Chine, l’Inde centrale et le Vietnam Sud. Elles étaient liées à un régime des moussons particulièrement actif (Sinha et al. 2010).
• La Période Moderne connaît aussi de nombreux aléas climatiques. Citons quelques événements repris par Olivier Postel-Vinay : « dans les années 1930, le Dust Bowl, dans les plaines centrales des États-Unis, représente la plus grande catastrophe climatique de ce pays. L’arrivée de tsunamis de particules de terre et de sables hauts comme un gratte-ciel ou davantage ensevelit tout… Les cultures étaient anéanties par la couche de poussière, ou “blizzards noirs”, jusqu’à 6 m par endroits, et le bétail mourrait… ». L’événement est lié à plusieurs années de sécheresse de grande étendue accompagnée par une forte augmentation des températures. « D’autres sécheresses encore plus sévères étalées sur des décennies avaient déjà affecté ce territoire, et par exemple avaient conduit à la disparition de la civilisation des Pueblos à la fin du XIIIe siècle ». L’URSS « connaît dans les années 1930 une série de sécheresses catastrophiques de l’Ukraine à l’Oural ». Un refroidissement « est sensible dans tout l’hémisphère Nord, de l’Europe à la Chine… En 1956, la lagune gèle à Venise et en France les ceps gèlent… En Angleterre, c’est l’hiver le plus froid depuis 1740… ».
Les alertes à un mini retour de la Petite Ère glaciaire ou d’un refroidissement planétaire firent la une de la presse américaine (Newsweek, New York Times, Time). Citons l’exemple du « The Coming Ice Age » annoncé par Stephen Schneider, 1978. Olivier Postel-Vinay mentionne un rapport de la NASA (1971) montrant que la densité d’aérosols dans l’atmosphère l’emporte de beaucoup sur le réchauffement de l’augmentation du gaz carbonique : « ce rapport conclut qu’un accroissement seulement d’un facteur 4 de la concentration moyenne d’aérosols peut suffire à entraîner une baisse de température de 3,5 degrés ».
Les températures étant redevenues clémentes, la thèse du refroidissement global passe aux oubliettes. Elle est remplacée à partir de 1988 par la thèse du réchauffement climatique sans précédent d’origine anthropique (Hansen, 1988). Depuis lors le réchauffement est entièrement expliqué par le « bouton CO2 », toute autre explication pour le phénomène complexe qu’est la variabilité du climat reçoit une fin de non-recevoir.
Comme chaque année, l’académie de la Carpette anglaise récompense deux membres des élites qui, selon le jury, se sont distingués par leur « acharnement à promouvoir la domination de l’anglais en France ». Fait rare, ils ont nommé le président.
« Regardez ce que font notre président de la République et ses ministres au gouvernement ! ». Réunis ce jeudi 15 décembre autour d’une table de la brasserie française Lipp, située dans le quartier parisien de Saint-Germain-des-Prés, les membres de l’académie de la Carpette anglaise écoutent fulminer l’un d’entre eux. Les jurés de ce prix, créé en 1999, ont pour but d’élire un membre des élites françaises qui s’est distingué par son « acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France et dans les institutions européennes au détriment de la langue française ».
Au sein des membres du jury figurent une dizaine de personnalités littéraires et amoureuses de la langue française : Philippe de Saint Robert, président de l’institution, Marc Favre d’Échallens, son secrétaire, mais aussi la journaliste du Figaro Eugénie Bastié, l’écrivain Benoît Duteurtre, l’ancien ambassadeur Albert Salon, l’ancien député Paul-Marie Coûteaux, Marie-Josée de Saint Robert et Guillemette Mouren. Parmi ces membres, certains sont également engagés dans des associations de défense et de promotion de la langue française : Avenir de la langue française, Association pour l’essor de la langue française (ASSELAF), Défense de la langue française (DLF) et le Droit de Comprendre (DDC).
Les candidats en lice pour l’année 2022 sont l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), la SNCF (dont le PDG Guillaume Pepy était déjà lauréat en 2013) pour le nom de sa nouvelle application « SNCF Connect ». « Pourquoi le mettre en anglais alors qu’il s’agit d’un service adressé aux Français ? », s’interroge Eugénie Bastié. Sont également cités la ville de Nice pour son « I Love Nice », et enfin le président de la République, Emmanuel Macron.
« Cette règle de ne pas désigner le président était élégante, lance à la cantonade, Julien Köberich du cercle littéraire des cheminots français. Ce pacte de non-agression doit être rompu. Car on n’a jamais vu un président de la République à ce point s’attaquer à notre langue. » Jusque-là, l’académie s’était toujours fixé la règle de ne pas désigner un président en exercice. Des principes que le jury décide exceptionnellement de lever.
Dominance de l’anglais au sein de l’UE
« Le président a accepté la prédominance de l’anglais dans les institutions européennes alors qu’il s’était engagé à ne pas le faire », commente Philippe de Saint-Robert. Deux autres raisons sont évoquées en défaveur d’Emmanuel Macron : le fait d’avoir confié la direction de l’OIF à Louise Mushikiwabo, « une ancienne ministre qui avait exclu le français comme langue d’enseignement dans son propre pays », mais aussi pour avoir nommé marraine du prochain sommet de la Francophonie — qui se tiendra en 2024 en France — une artiste, Yseult, « qui chante essentiellement en anglais ».
Par ce vote, le jury souhaite rappeler au président l’article II de la Constitution qui stipule que « la langue française est la langue de la République » et aussi qu’il s’agit de « la langue officielle de la plupart des institutions internationales ». Il n’accepte pas la dominance de l’anglais au sein des institutions européennes alors même qu’elle n’est la langue nationale d’aucun pays membre (le Brexit étant passé par là). Le prix spécial du jury à titre étranger a, lui, été décerné au Premier ministre canadien Justin Trudeau pour avoir nommé Mary Simon au poste de gouverneur général du Canada, alors qu’elle ne parle pas français, seconde langue officielle du pays, bien qu’elle soit née au Québec. Elle a fait ses classes primaires en anglais au Québec et a enseigné pendant quatre ans à l’université anglophone McGill à Montréal (1969 à 1973).
L’an dernier, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait été distingué pour avoir mis en service une nouvelle carte nationale d’identité sous-titrée en anglais. En 2017, c’était la maire de Paris Anne Hidalgo qui avait été élue pour l’utilisation prioritaire de l’anglais comme langue de communication de la ville de Paris à destination des touristes et des étudiants étrangers. Elle avait fait projeter en février 2017 sur la tour Eiffel le slogan « Made for Sharing » de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024.
Quant au prix étranger, il était décerné en 2021 à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, pour avoir décidé seule de promouvoir l’anglais au rang de langue unique de travail de l’institution, au détriment des autres langues européennes et, notamment, de la langue française, en dépit du Brexit.
Guillaume Bigot revient sur le déclin de la qualité des services publics.
« En dollars constants, le revenu par tête des Français était de 45.000 $ en 2008, cela a dégringolé à 38.000 $ en 2020. »
« Les étrangers consomment 62 % de services sociaux de plus » que les Français.
De nombreux étrangers sont souvent comme des resquilleurs au niveau des services publics : ils ne contribuent pas assez et cela a un effet sur la qualité des services qui se dégradent et le prix augmente pour les autres. On parle aussi dans ce sens économique de passagers clandestins ou de parasitisme.
Margaux De Ré, députée au Parlement de Bruxelles, présidente de la Commission égalité, écologiste a affiché la semaine passée sur Instagram cette photo d'une banderole « Que votre vieux monde brûle » apposée contre la façade d'une église. La photo est accompagnée de deux émojis de son crû : 🔥 (feu) et 💪 (biceps contracté, force). Depuis, cette photo a disparu de son compte Instagram.
Les tests internationaux PISA (Programme international pour le suivi des acquis) qui mesurent les performances scolaires des élèves dans le monde donnent à voir des différences marquées entre les pays.
Ce seul facteur pourrait expliquer jusqu’à deux tiers de la variation des résultats PISA : moins la culture d’un pays est tournée vers l’immédiateté, plus la performance de ses élèves est élevée.
Cette étude complète de nombreux autres travaux plus anciens qui lient la patience au processus de civilisation : la patience permet de ne pas tout consommer immédiatement, donc d’accumuler des ressources, et requiert le développement de facultés cognitives nécessaires à la projection vers l’avenir.
Les plus patients sont les plus riches
Mais pourquoi la patience ne serait-elle bénéfique que dans le domaine scolaire ?
En utilisant un sondage couvrant 76 pays, les auteurs montrent que les différences de patience entre pays expliquent jusqu’à 40 % des variations en matière de richesse.
Le même résultat vaut au sein de chaque pays : les individus les plus patients sont ceux qui acquièrent le plus haut niveau d’éducation et de richesse.
À l’heure où l’aptitude paraît en chute, on est en droit se s’inquiéter.
Si ces résultats sont intéressants, ils appellent une autre question plus difficile : d’où proviennent les différences de patience entre pays et régions du monde ? N’y a-t-il que des facteurs culturels en jeu ?