mardi 6 avril 2021

Tariq Ramadan : vos frontières n'auront raison de notre jeunesse [...] vous croyez que l'on va rester là ?

Tariq Ramandan, le controversé prédicateur islamiste condamné par la justice et l’objet de plusieurs plaintes pour viol, a dévoilé son premier titre en partageant un lien vidéo de la plateforme YouTube (voir ci-dessous). Un morceau de plus de huit minutes, intitulé Qu’est-ce que vous croyez ? et dédié à « toutes les femmes et les hommes qui ont subi la décolonisation à travers le monde ».

Notez le très subtil point d’interrogation. Non, non, les peuples « fiers et dignes » « se multiplient » et la « mixité » sera un « vent de liberté »… la « diversité » sera le « garant de votre sécurité », nous dit le prédicateur Tariq Ramadan.

Colonialisme, immigration…

Un slam décolonial qui emprunte notamment… la théorie du grand remplacement. « Vous allez perdre vos privilèges et votre identité », menace l’islamologue, qui s’en prend aussi au passé colonial de la France : « Cela fait des siècles que vous volez et mentez, vous seriez venu, dite-vous pour nous civiliser, vous méprisez nos langues, nos cultures, nos religions, humilié nos mémoires, souillé nos traditions… » Tariq Ramadan continue ensuite à chanter, ou plutôt réciter un texte : « Du cœur de l’Afrique, de l’Asie et du sud éveillé, les voix s’élèvent, vents d’humanité […] Elles exigent vérité, justice et dignité », lance-t-il en dédiant également son slam « aux migrants qui cherchent à échapper à la misère et qui finissent enfermés, criminalisés […] noyés dans les eaux de la mer ou déshydratés dans les chaleurs du désert » ainsi qu’à tous ceux « qui se sont engagés à leurs côtés et refusent leur déshumanisation silencieuse ».

Résister à « ceux qui répandent l’exploitation »

Avec un brin de musique en fond, le prédicateur islamiste se met alors à chanter et s’emporter sur des paroles qui accusent le colonialisme : « Vous laissez tranquillement écrire l’histoire et la coloniser ? Comme vous avez colonisé nos cultures, nos pays, nos continents, nos paysages autant que nos esprits ? » Tariq Ramadan appelle enfin à la résistance face à « ceux qui répandent l’exploitation, la guerre et la mort », car cela est pour lui « l’exigence de notre espérance d’unité et de paix. » Le prédicateur annonce par la même occasion la sortie d’un album complet, Traversées. Ce sera le 29 mai prochain. Juste après le ramadan.

Texte complet

Cela fait des siècles que vous volez et mentez.

Vous seriez venu, dites-vous, pour nous civiliser.

Vous avez méprisé nos langues, nos cultures, nos religions,

Humilié nos mémoires, souillé nos traditions.

 

Du cœur de l’Afrique, de l’Asie et du Sud éveillé,

Les voix s’élèvent, vent d’humanité.

Elles n’attendent ni repentance ni pitié.

Elles exigent vérité, justice et dignité.

 

Attendez ! Attendez !

Mais qu’est-ce que vous croyez ?

Que l’on va rester là assis à vous regarder ?

Piller nos terres, nos richesses, nos minerais,

Vous laissez [sic] tranquillement écrire l’histoire et la coloniser ?

Comme vous avez colonisé nos cultures, nos pays,

Nos continents, nos paysages, autant que nos esprits ?

 

La mondialisation c’est le nom donné à vos spoliations.

Vous aimeriez habiller l’horreur de votre domination

En appelant vos citoyens l’amour du pauvre et à la charité

Vous parlez d’humanitaires, mais c’est la justice que vous trahissez.

Vous avez fait de ces femmes et de ces hommes déshumanisés,

Niés, sans nom, sans âge ni personne,

Des pauvres, des exilés, des êtres déracinés.

 

Attendez ! Attendez !

Mais qu’est-ce que vous croyez ?

Que l’on va rester là assis à vous regarder ?

Piller nos terres, nos richesses, nos minerais,

Vous laissez [sic] tranquillement écrire l’histoire et la coloniser ?

Comme vous avez colonisé nos cultures, nos pays,

Nos continents, nos paysages, autant que nos esprits ?

 

Ils sont combien à mourir, tous les jours, tous les soirs

Sur les bateaux de la honte et du désespoir ?

N’avez-vous donc par honte, vous, d’en faire des criminels,

Des migrants coupables, clandestins sans cervelles [sic] ?

 

Vous interdisez aux femmes et aux hommes de courage

De les secourir de leur tendre la main, d’éviter les naufrages !

 

Fier de vos richesses, de vos sociétés si libres et si ouvertes.

Vous dites le droit des riches qui détruit la nature et signent notre perte.

 

Attendez ! Attendez !

Mais qu’est-ce que vous croyez ?

Que l’on va rester là assis à vous regarder ?

Piller nos terres, nos richesses, nos minerais,

Vous laissez [sic] tranquillement écrire l’histoire et la coloniser ?

Comme vous avez colonisé nos cultures, nos pays,

Nos continents, nos paysages, autant que nos esprits ?

 

Vous êtes venus chez nous imposer des frontières de misère

Voilà qu’entre vous et nous vous avez inventé ces murs sur la mer.

Vous parlez de valeurs universelles, de démocratie et d’honneur.

Dites, il ne reste donc plus une seule conscience dans l’élite des voleurs ?

Vous avez le choix, nous ne l’avons pas :

Soit vous partagez, soit on se servira.

C’est écrit, n’est-ce pas, dans vos plus beaux traités ?

Il n’est pas voleur le pauvre et l’affamé.

 

Attendez ! Attendez !

Mais qu’est-ce que vous croyez ?

Que l’on va rester là assis à vous regarder ?

Piller nos terres, nos richesses, nos minerais,

Vous laissez [sic] tranquillement écrire l’histoire et la coloniser ?

Comme vous avez colonisé nos cultures, nos pays,

Nos continents, nos paysages, autant que nos esprits ?

 

Des peuples traversent la misère,

Restent fiers et dignes et même ils se multiplient.

Votre ordre et vos frontières n’auront raison

Ni de notre jeunesse, encore moins de la vie.

 

Attendez ! Attendez !

Mais qu’est-ce que vous croyez ?

Que l’on va rester là assis à vous regarder ?

Piller nos terres, nos richesses, nos minerais,

Vous laissez [sic] tranquillement écrire l’histoire et la coloniser ?

Comme vous avez colonisé nos cultures, nos pays,

Nos continents, nos paysages, autant que nos esprits ?

 

Demain dans vos rues, nous marcherons libres et sereins,

Nous serons des vôtres, noirs, jaunes, blancs, arabes ou amérindiens.

Demain, vos frontières seront le mauvais souvenir de vos mensonges passés.

Demain, entendez la fraternité et la diversité seront seuls garants de votre sécurité.

 

Vous avez peur ? Vous allez perdre vos privilèges et votre identité ?

La mixité serait donc votre perte et bientôt vous serez sauvagement remplacés ?

Dormez en paix, amis de l’égalité,

Nous ne sommes venus ni pour remplacer ni pour voler.

Au-delà des couleurs, des religions,

Nous sommes une bonne nouvelle, un vent de liberté.

 

Attendez ! Attendez !

Mais qu’est-ce que vous croyez ?

Que l’on va rester là assis à vous regarder ?

Nous sommes une bonne nouvelle, un vent d’humanité.

Nous sommes une bonne nouvelle, un vent de liberté.

En Italie, une allocation de 250 euros mensuels par enfant

Une infirmière réconforte un bébé de 7 mois, à l’hôpital Salesi, à Ancône, à la suite d’une opération et alors que ses parents n’ont pas pu être présents, en raison des restrictions relatives au Covid-19, le 22 mars 2021. OSPEDALI RIUNITI MARCHE

Deux cent vingt-sept votes « pour », quatre « contre » et deux abstentions. Le vote de la loi instituant une allocation mensuelle pour tous les enfants d’Italie, mardi 30 mars, au Sénat, ne risquait pas de mettre en péril le gouvernement Mario Draghi : il s’en est même fallu de peu qu’il ne débouche sur un vote à l’unanimité des présents. Un dénouement favorable savouré par la ministre de la famille et de l’égalité des chances, Elena Bonetti (Italia Viva, centre-gauche) : « C’est une mesure importante, parce qu’elle marque le début de temps nouveaux, d’un nouveau départ. Nous remettons au centre les nouvelles générations », a-t-elle salué, au terme du vote, dans une ambiance de concorde dont le parlementarisme italien est peu coutumier.

 À compter du 1er juillet, une somme de 250 euros mensuels par enfant sera donc versée aux familles, du septième mois de grossesse jusqu’aux 21 ans de l’enfant. Si cette aide n’est pas une dépense « sèche » — elle viendra en partie se substituer à des prestations existantes et si la somme peut diminuer en fonction des revenus des parents, la mise en place de cette allocation n’en représente pas moins, selon les prévisions du gouvernement italien, un effort d’une ampleur inédite (environ 20 milliards d’euros), qui aurait été tout à fait inenvisageable avant le début de la pandémie.

Dans son intervention en tribune, la nouvelle présidente du groupe du Parti démocrate (PD, centre gauche) au Sénat, Simona Malpezzi, a chaleureusement salué ce qu’elle a qualifié de « premier pas significatif pour le soutien aux familles. Avant d’ajouter : “Il est important que ces normes aient été approuvées alors que l’Istat [l’Institut national de statistique italien] a enregistré une nouvelle accélération de la baisse de la natalité dans notre pays.”

Quelques jours plus tôt, l’Istat avait rendu public le tableau démographique de l’année 2020 en Italie et celui-ci est, en effet, plus que préoccupant. À côté des 746 000 décès recensés dans le pays (le chiffre le plus important depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale), l’Italie a enregistré à peine 404 000 naissances, soit le chiffre le plus bas depuis l’unité italienne. Si l’on ajoute à cela un solde migratoire négatif, l’Italie a perdu, en 2020, un peu plus de 380 000 habitants, soit l’équivalent de la population de la ville de Florence.

Mères les moins jeunes d’Europe

La surmortalité engendrée par l’épidémie de Covid-19 a eu pour effet d’accroître l’attention sur les questions démographiques, mettant au centre du débat la dénatalité persistante du pays. Dans le même temps, le plan de relance européen, dont 209 milliards d’euros doivent revenir à l’Italie, offre au pays la possibilité de déployer un effort budgétaire inédit pour tenter de créer les incitations permettant enfin d’inverser la tendance. “Grâce aux possibilités offertes par le plan Next Generation EU [en anglais...], nous allons promouvoir d’autres investissements pour améliorer les services à l’enfance, réorganiser les aides à domicile, aider les mères qui travaillent”, a même promis Simona Malpezzi, avant d’appeler à “combattre l’hiver démographique” du pays.

L’Italie trouvera-t-elle les ressources pour enrayer cette dynamique ? Le problème est que celle-ci s’est installée depuis un demi-siècle, engendrant un tel déséquilibre dans la structure de la population que l’objectif d’un renouvellement des générations paraît impossible à atteindre à moyen terme. L’indice de vieillesse (le rapport entre les plus de 65 ans et les moins de 15 ans) était de 33 % au début des années 1950 : autrement dit, il y avait alors une personne âgée pour trois enfants. Aujourd’hui, le rapport s’est inversé et cet indice est passé à 180 % au niveau national. Dans certaines régions comme la Ligurie, on dépasse même les 300 %.

L’obstacle le plus évident à une reprise de la natalité est l’âge des parents. Avec un âge moyen de 31 ans pour le premier enfant (contre 28 ans et demi en France), les mères italiennes sont les moins jeunes d’Europe. Ce phénomène est directement lié au moment auquel les femmes quittent le domicile de leurs parents (à 29 ans pour les Italiennes, contre 23 ans pour les Françaises et une moyenne européenne de 25 ans). Et cet état de fait est lui-même à mettre en rapport avec l’extrême difficulté d’entrer sur le marché du travail.

Liens connexes 

La population italienne passe sous les 60 millions, la gestion de la pandémie aggrave ce déclin  

Baisse des naissances, l’Italie s’enfonce dans l’hiver démographique 

Le salaire net moyen, hors inflation, n’a progressé que de 29 euros par mois en dix ans, révèle la Banque d’Italie. Entre 2006 et 2010, la succession des crises l’a même fait baisser de 50 euros en moyenne.

Certes le pourvoir d’achat ne baisse pas en Italie, mais avec seulement 1 % de hausse du pouvoir d’achat sur l’ensemble de la période [2011-2017] il n’y en a pas pour tout le monde, d’autant que les inégalités se sont accrues : une partie des Italiens s’est donc appauvrie entre 2011 et 2017.


 

 

La police canadienne a tenté de fermer une église polonaise de Calgary le Jour de Pâques (vidéo)

La police canadienne a tenté de fermer une église polonaise de Calgary le Jour de Pâques. Elle s’est fait refuser l’accès par le pasteur local très remonté : « ne revenez pas sans un mandat ! » Excédé par l’immobilité des policiers et une policière volubile qui ne semblait pas comprendre, il a traité les policiers de « nazis » et de « fascistes ».

 

Article 176 du Code criminel du Canada

 (1) Est coupable d’un acte criminel passible d’un emprisonnement maximal de deux ans ou d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire quiconque, selon le cas :

  • a) par menaces ou violence, illicitement gêne ou tente de gêner un officiant dans la célébration d’un service religieux ou spirituel ou l’accomplissement d’une autre fonction se rattachant à son état, ou l’empêche ou tente de l’empêcher d’accomplir une telle célébration ou de remplir une telle autre fonction;

  • b) sachant qu’un officiant est sur le point d’accomplir, ou est en route pour accomplir une fonction mentionnée à l’alinéa a), ou revient de l’accomplir :

    • (i) ou bien se porte à des voies de fait ou manifeste de la violence contre lui,

    • (ii) ou bien l’arrête sur un acte judiciaire au civil ou sous prétexte d’exécuter un tel acte.

 

Jésus chassant les marchands du temple

Bientôt le congrès virtuel woke du NPD Canada

Du 9 au 11 avril, le Nouveau Parti démocratique (NPD) tiendra son congrès virtuel.

Parmi les résolutions mises aux voix :

Française en PVT à Montréal : ce qui est bien c'est qu'on peut y améliorer son anglais

Pour faire suite à notre billet Les Français au Québec : des multiculturalistes progressistes anglomanes ? Avis de M. Onfray et A. Cormier-Denis.

Voici une Française en PVT (Permis Vacances-Travail) à Montréal qui loue le fait que Montréal est une ville à la limite plus anglaise que française.

Elle aime la vue que l’on a sur le centre-ville, le « downtown » de Montréal à partir du Mont-Royal, c’est « cool » en hiver. Selon elle, ça peut être « challengeant » si l’on ne parle pas anglais à Montréal, mais c’est super quand on lui parle en anglais dans les magasins à Montréal, cette PVTiste affirme fièrement qu’elle continue en anglais.

 
 
(vidéo du 8 janvier 2021, autres vidéos sur maquillage, pose de stérilet en cuivre, transition capillaire vers le bio, etc.)

Le PQ veut que les enfants de résidents temporaires étudient en français

Paul St-Pierre Plamondon, chef du PQ

Le Parti québécois (PQ) souhaite colmater une brèche dans la loi 101 qui permet aux enfants de résidents temporaires d’aller à l’école en anglais.

Cette disposition avait été conçue pour des enfants de diplomates, à l’origine, rappelle le chef de la formation politique, Paul St-Pierre Plamondon.

« Ce qu’on voit avec la mondialisation, c’est que la main-d’œuvre est devenue de plus en plus mobile partout dans le monde et le phénomène de l’immigration temporaire est devenu très important au Québec », poursuit-il.

« Le nombre de détenteurs de permis de séjour temporaires a triplé depuis une décennie, pour atteindre quelque 150 000 personnes, précise M. St-Pierre Plamondon.

« En 10 ans, le nombre d’élèves à statut temporaire qui sont inscrits dans les écoles primaires et secondaires en anglais suivant cette exception a doublé », passant de 2010 élèves en 2010 à 4428 élèves en 2019.

Changement de principe

Or, les résidents temporaires peuvent ensuite devenir des résidents permanents, souligne-t-il, et les enfants fréquentant l’école en anglais risquent alors d’être scolarisés dans la langue de Shakespeare.

Actuellement, « le principe de la loi, c’est qu’on peut envoyer dans toute circonstance ces enfants à l’école anglaise lorsqu’on a le statut d’immigrant temporaire », résume M. St-Pierre Plamondon.

« Ce que je propose, c’est qu’on change le principe, c’est-à-dire que la loi 101 s’applique aux enfants des gens qui viennent sur une base non permanente travailler au Québec », suggère-t-il, ajoutant que des exceptions pourraient être étudiées au cas par cas.

Un plan justifiable

À ses yeux, il est justifiable de vouloir scolariser les enfants en français, même s’ils sont seulement de passage au Québec.

« Si ma famille prend la décision d’immigrer en Allemagne, au Brésil, au Danemark l’an prochain, je m’attends à juste titre que mes enfants aient à s’adapter à un système scolaire dans la langue nationale », illustre-t-il.

Le gouvernement de François Legault dit avoir l’intention de renforcer la Charte de la langue française en déposant un projet de loi ce printemps. Fatigué d’attendre cette réforme promise et repoussée plusieurs fois, le PQ déposera sous peu son propre projet législatif pour réviser la loi 101.


« Voix 1 » ou « Voix 2 », Siri ne sera plus un homme ou une femme

Apple ne réglera plus Siri avec une voix par défaut. Auparavant, « Voix 1 » était « Homme », et « Voix 2 », « Femme ».

Ne cherchez plus l’homme ou la femme derrière Siri. Apple supprime la mention du genre dans son célèbre assistant vocal. Dans la dernière version du logiciel de l’iPhone, les voix de Siri s’appellent « Voix 1 » et « Voix 2 » et non plus « Homme » et « Femme », comme les formulaires administratifs labellisés « Parent 1 » et « Parent 2 ». Et il n’y a plus de réglage par défaut. Il sera demandé, au premier lancement de l’iPhone, de choisir l’une des voix.

Le contexte. Les concepteurs des assistants vocaux, qui les ont dotés de voix féminines dans la plupart des pays, sont accusés de propager par là des « stéréotypes de genre ».

Siri, Alexa (Amazon), Cortana (Microsoft), Google Assistant seraient dociles, obséquieuses. Elles se démènent pour apporter des réponses à leurs propriétaires. Un rapport de l’UNESCO de 2019, souvent cité, estime que ces voix, et certaines réponses qu’elles apportent enfermeraient les femmes dans un rôle de faire-valoir (un « tu es sexy » conduisait Siri à répondre « merci, vous dites ça à toutes les assistantes ? »).

In fine, cela découragerait les femmes à faire carrière dans l’informatique…

Cette thèse est résumée en une phrase :

Les machines qui répliquent les idées patriarcales mettent au défi la promesse que la technologie aide à atteindre l’égalité de genre.

Rapport de l’UNESCO, « I’d blush if I could », 2019.

En retirant le réglage par défaut sur la voix féminine, en supprimant la mention d’homme et de femme (sans toutefois changer les voix), Apple répond à ces critiques.

Laissons-lui la parole :

(Cela) s’inscrit dans (notre) engagement de long terme envers la diversité et l’inclusion, pour concevoir des produits et des services qui reflètent mieux la diversité du monde dans laquelle nous vivons.

Communiqué Apple

La nouveauté sera appliquée dans la prochaine mise à jour du logiciel de l’iPhone (iOS 14.5). « Je n’ai pas de genre, comme les cactus », répondait déjà Siri quand on lui demandait s’il était un homme ou une femme.

Bon à savoir. Siri a été lancé en octobre 2011, au même moment que l’iPhone 4S. Sa voix américaine a d’abord été féminine. Il n’a été possible de choisir une voix masculine que deux ans plus tard dans les options. Alexa et Google Assistant ont eu le même parcours.

Pour une raison qui n’a jamais été expliquée, Siri est configuré avec une voix masculine par défaut en arabe, en néerlandais, en français et en anglais britannique. « Des commentateurs se sont demandé si les utilisateurs dans ces marchés préféraient des voix plus “autoritaires” », rapporte l’UNESCO. Cette explication générale laisse quelque peu songeur.

Un couple, un enfant, tant de possibilités

Et maintenant. Les géants de la tech sont sommés de rendre leurs produits et services plus « inclusifs ». Un des combats les plus visibles tient dans l’ajout de couleurs de peau et de nouvelles représentations dans les emojis (couples homosexuels, personne non genrée, etc.). Des associations reprennent régulièrement Google pour que le terme « lesbienne » ne renvoie plus en premier lieu vers des sites pornographiques, pour purger les suggestions de recherche de cooccurrences, ou pour que l’outil de traduction automatique n’associe plus indûment certains rôles aux hommes et aux femmes, lors de l’usage de pronoms neutres.

Derrière cela, il y a la conviction que la tech reste conçue par des hommes (jeunes, blancs, Californiens) et pour des hommes (jeunes, geeks). Et que ces produits, utilisés par des milliards de personnes, peuvent contribuer à une meilleure représentation des minorités.

Le rapport de l’UNESCO conseillait d’aller plus loin, en créant des voix « non humaines » (recommandation 7), ce que n’a pas fait Apple. Autrement dit, faire disparaître l’humain pour régler la représentation du genre dans les assistants vocaux. C’est le sens de Q, le premier assistant « non genré ».

Voir aussi

Émojis : le drapeau trans (mais pas de drapeau du Québec), un Père Noël asexué  

L’école sans ordinateur pour les enfants de la Big Tech  

Hongrie et Pologne considèrent sanctionner les géants du numérique comme Facebook ou Twitter pour non-respect de la liberté d’expression

La Russie sanctionne Twitter pour manque de filtrage des contenus pédopornographiques ou faisant l’apologie de drogues ou du suicide

lundi 5 avril 2021

Trudeau accusé de «tendance anti-chrétienne» après avoir omis de nommer «Pâques» dans son message

Justin Trudeau a été la cible de critiques sur les réseaux sociaux après qu’il a désigné le congé de Pâques tout simplement par une « longue fin de semaine » sans mentionner par son nom la célébration la plus importante pour les chrétiens.

En ce congé pascal terni par le Covid-19, le Premier ministre canadien a suscité la polémique après avoir omis de mentionner l’événement religieux dans son adresse sur son compte Twitter :

« C’est le début d’une longue fin de semaine, et je sais que, pour bien des gens, c’est une occasion de passer du temps en famille. Mais en raison de la hausse du nombre de cas de COVID-19 partout au pays, on va devoir faire les choses différemment encore cette année », a-t-il gazouillé, avant de conclure que les célébrations de l’année prochaine seraient « plus joyeuses ».

Deux jours plus tard, le 4 avril, après avoir essuyé de nombreuses critiques, Trudeau a mentionné Pâques :

L’année passée Justin Trudeau n’avait pas hésité à présenter ses vœux lors du ramadan dès le début de cette période importante pour les musulmans.

Ainsi que la fin du ramadan :

De même pour les sikhs :


Ou les Juifs:



vendredi 2 avril 2021

La Passion, la crucifixion, non ce n'est pas une regrettable méprise

On retrouvera ci-dessous la recension du film La Passion de Mel Gibson par Mark Steyn.

Le titre de la critique du film faite par le Washington Post résumait : « La Passion est une vision sanguinolente de la fin violente d’un maître doux ». Quelqu’un semble confondre son Évangile (Gospel) avec l’opéra-rock Godspell. Quelques jours avant la « fin violente », le gentil maître avait jeté des tables au temple. Et, même si vous oubliez ces gestes violents, au niveau de son discours le Christ était aussi énergique qu’Il était doux.

Car il s’agit de cela dans La Passion du Christ. Le film n’oppose pas les chrétiens aux juifs, mais les chrétiens croyants à la culture post-chrétienne occidentale, un terme qui recouvre une grande partie de notre société : des médias de grands chemins au vicaire anglican moyen. Certains, dans cette culture post-chrétienne, ne croient en rien, certains sont criblés de doutes, mais même ceux qui n’ont qu’un vague souvenir diffus de l’histoire religieuse sont d’accord pour dire qu’un Jésus qui ne serait qu’un « maître doux » ne présente pas de danger. Pour les adeptes de cette vision, si Jésus revenait aujourd’hui, il serait très probablement un évêque anglican homosexuel dans une relation sérieuse, il conduirait une voiture hybride avec un autocollant « Arms Are For Hugging » [jeu de mots : les armes/les bras servent à embrasser] en route vers un dialogue interreligieux avec une Wiccan et un couple d’imams wahhabites. Si c’est comme cela que vous le voyez, le film de Mel Gibson n’est pas pour vous.

En effet, bien que Mel soit catholique, sa Passion est devenue un succès grâce aux protestants évangéliques — ceux qui croient que la Bible est la vérité littérale et non un « récit utile » aboutissant à ce que l’évêque de Durham a appelé un « tour de passe-passe avec des os ». Au lieu de Jésus la Mauviette, Mel nous donne Jésus le Rédempteur. Il est mort pour nos péchés — c’est-à-dire que la « fin violente » est l’élément critique, pas seulement un malheureux malentendu coupant cruellement court à une carrière prometteuse dans l’enseignement doux. Les disciples contemporains de Jésus La Mauviette semblent croire qu’Il est mort pour nous permettre de pécher — Jésus nous aime tels que nous sommes, peu importe ce qui vous botte, ça Lui va.

En tant qu’offre purement commerciale, Jésus La Mauviette est un créneau perdant : les églises qui empruntent ce chemin se vident et meurent. Ceux qui croient au Christ Rédempteur sont, comparativement, en plein essor, et en 2004, Mel Gibson a fait un film pour eux. Si les producteurs d’Hollywood étaient aussi futés qu’ils le croient, ils auraient damé le pion à Gibson. Mais ce n’est pas le cas. Et comme la plupart des cadres des studios n’ont jamais vu un chrétien évangélique sauf dans des films où ils se révèlent être des pédophiles ou des tueurs en série, il n’est pas étonnant qu’ils aient été déconcertés par le succès de La Passion.

La première scène a lieu dans le jardin de Gethsémané avec l’arrestation du Christ au cours de laquelle un serviteur du grand prêtre se fait couper l’oreille et, dans la mêlée, est tranquillement guéri par Jésus. (Ceci est tiré de Luc ; les trois autres évangiles évoquent l’oreille tranchée, mais pas la guérison.) Pour Gibson, c’est le point crucial : Christ avait le pouvoir de dominer Ses ravisseurs, mais il ne l’a pas utilisé et Son sacrifice est notre salut. À cette fin, le réalisateur a mis au point une structure qui intègre de multiples retours en arrière dans la vie de Jésus pendant les deux heures de flagellation et de crucifixion, vraisemblablement pour nous rappeler que c’est par la « fin violente » que « l’enseignement doux » devient vérité universelle.

Parfois cela fonctionne très bien : la Dernière Cène — « Ceci est mon corps, ceci est mon sang » — entrecoupée de plaies béantes du corps réel et de rivières de vrai sang — a une intensité rare. L’idée de narrer la vie de Christ lors de sa mise à mort est un procédé cinématographique intelligent. Un réalisateur plus agile en aurait tiré plus. Mais Gibson est en quelque sorte un conteur impassible et son film prend un rythme presque mécanique : écorchage - retour en arrière - passage à tabac — retour en arrière - clouage - retour en arrière. Jim Caviezel est un Jésus physiquement conventionnel, dont le corps maigre et longiligne semble avoir été choisi en fonction de l’apparence qu’il aura lorsqu’il sera battu et dégoulinant de sang. Il s’en tire bien dans les scènes pré-arrestation, à l’exception d’une étrange décision de tourner le Sermon sur la montagne en imitant Richard Gere, tout sourires tristes et gestes de la main précieux.

Le dialogue est en araméen et en latin, mais il n’y en a pas beaucoup et des actrices comme Maia Morgenstern (Marie) et Monica Bellucci (Marie Madeleine) ont apparemment été choisies pour leurs expressions faciales angoissées et leur capacité à refléter la douleur du Christ plutôt que leur maîtrise de la langue araméenne. Mademoiselle Bellucci, l’institutrice aguicheuse dans Malena, est ce qui ressemble le plus à une vedette perdue dans une distribution d’inconnus. C’est sûrement une bonne idée : des visages célèbres détourneraient l’attention de l’histoire (à l’instar des épopées bibliques d’Hollywood à l’ancienne), mais c’est moins efficace que cela pourrait l’être parce que, même s’ils sont joués par des acteurs obscurs, presque tout le monde a l’air d’être un archétype de celui qu’il est censé incarner — Caïphe, Ponce Pilate et sa bourgeoise ; Barrabas est une caricature immonde qui agite la langue.

C’est un autre défaut du film de Mel. Bien que les acteurs parlent l’araméen et le latin, la vraie langue du film est le hollywoodien. Par exemple, l’un des retours en arrière montre Jésus le charpentier en train de fabriquer ce qui ressemble pour Marie à une « haute » table. Jésus explique que c’est pour un homme riche qui aime manger assis sur des « chaises » et mime la position [plutôt qu’accoudés comme les Anciens]. « Cela ne prendra jamais », dit Marie.

L’iconographie s’enracine dans la tradition : toutes les stations de la Croix sauf une sont illustrées (la huitième a été coupée pour des raisons de temps, ce qui, pour une raison quelconque, me rappelle le Jésus de Nazareth de Lew Grade, également soucieux des coûts : « faut-il vraiment avoir douze disciples ? ») Mais la réalisation par Mel Gibson doit autant à la sténographie hollywoodienne qu’aux gloires de l’art chrétien : Judas est hanté par des figurants trollesques congédiés par les producteurs de Harry Potter et du Seigneur des anneaux. Jésus est traqué par un croisement de Nosferatu et de Jessica Lange dans Que le Spectacle commence ! Les pires sont les soldats romains qui torturent le Christ, rient, crachent et se moquent comme des flics corrompus d’une république bananière dans un film d’action. Peu importe s’il s’agit d’un affront envers l’un des grands empires de notre civilisation, cela dessert Mel Gibson : les péchés pour lesquels Jésus est mort sont nos péchés quotidiens, pas les pires excès d’un rapport d’Amnistie internationale. Des soldats plus vifs et plus professionnels auraient mieux fait ressortir cet aspect.

Mais c’est pinailler. Mel Gibson était animé par sa propre passion de faire un film qui parle à des millions de personnes. Et, comme je le dis toujours, si ce n’est pas le film de Jésus que vous auriez fait, alors allez faire le vôtre. En 2004, je l’ai vu dans une salle comble un lundi soir — un événement rare en soi — et la foule était ravie et étrangement silencieuse, à l’exception de quelques sanglots occasionnels. Il est vrai que, si vous ne croyez pas que la mort du Christ sur la croix est l’événement central de son temps sur Terre, alors le récit de Mel Gibson ne vous convaincra pas et le film ressemblera, comme ce fut le cas pour Christopher Hitchens, à un festival sadomaso. On peut considérer cela comme une critique de Gibson. D’un autre côté, toutes sortes de films — Star Wars, X-Men — vous laissent froid si vous n’êtes pas déjà un adepte. Pour des millions de personnes, Mel Gibson leur montre leur Jésus et leur salut. Joyeuses Pâques !

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