lundi 17 septembre 2007

Denise Bombardier et les « valeurs québécoises »

Lors des réunions de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements culturels et religieux, on a souvent entendu parler des valeurs québécoises chaque fois qu'il s'agissait d'imposer la laïcité ou le laïcisme dans les écoles (même privées) au Québec.

Denise Bombardier revient le 13 septembre 2007 sur ces « valeurs québécoises » qui sont mortifères selon elle. « Les Québécois risquent aussi de disparaître », « c'est le fruit des dernières quarante années » car « on a fait sauter toutes les institutions reliées à la religion ». « Maintenant, on en est à faire sauter la cellule familiale ».

« On finance des vasectomies et des revasectomies, tout ça avec nos fonds publics. » « On paie des avortements » « jusqu'à 24 semaines » et dans un cas d'espèce une même femme a avorté « 23 fois ». « On finance les gens pour ne pas avoir d'enfants, alors qu'on a un problème de survie collective. » Tout cela alors qu'on n'aide pas les parents qui désirent avoir un enfant par fécondation in vitro.

« On s'en va dans l'obscurité, et on sait ce qu'est l'obscurité, l'obscurité c'est la mort. »

Faut-il vraiment enseigner ces valeurs qu'on a baptisées québécoises — était-ce pour nous y faire adhérer par un patriotisme mal placé ? — à nos enfants, dans nos écoles ? Sont-ce les mêmes valeurs auxquelles se référait l’ancien ministre de l’Éducation, M. Fournier, quand il déclarait en novembre 2006, devant l’Assemblée nationale : « combien il est important pour [ces enfants] de faire partie de la société, de connaître l'ensemble des valeurs de cette société-là et de les partager avec tout le monde » ?

Écoutez l'entretien.

[Article sur le documentaire de Julie Snyder auquel Mme Bombardier fait allusion. On y apprend qu'au Québec les gens qui ne veulent pas avoir d'enfants obtiennent gratuitement des ligatures de trompes, des avortements et des vasectomies. Le tout entièrement payé par les contribuables. L'ancien Premier ministre du Québec, Bernard Landry, souligne que le Québec a le plus haut taux de ligatures et d'avortements en Occident. En revanche, les gens qui veulent des enfants et qui connaissent des problèmes de fertilité doivent payer pour la fertilisation in vitro. Autour de 24 000 $. Comme s'il s'agissait d'un caprice que le gouvernement n'a pas à satisfaire.]

dimanche 16 septembre 2007

Jean-François Lisée contre l'imposition du nouveau programme d'éthique et de culture religieuse

Surprise lors du téléjournal de Radio Canada vendredi 14 septembre 2007.

Le célèbre politicologue québécois, Jean-Francois Lisée, y a expliqué – à partir de la 7e minute – une de ses propositions en matière d'accommodements : revenir sur l'imposition du programme d'éthique et de culture religieuse, rendre ce programme optionnel et permettre aux communautés religieuses d'enseigner leur religion à l'école publique pendant les heures d’enseignement prévues dans la grille scolaire.

Bref, laisser le choix à la majorité des parents qui choisissent encore actuellement le cours de religion plutôt que le cours de morale et ne pas leur imposer le programme pluraliste religieux et moral que le Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport voudrait voir enseigner dès septembre 2008 dans toutes les écoles du Québec, écoles primaires et secondaires, publiques et « privées ».



On remarquera que Mme Céline Galipeau, habituellement calme, s'offusque visiblement des biens modestes propositions de M. Lisée  et lance un véhément « on s'est battu contre ça » — à plus d'une reprise — c'est ce qu'on appelle sans doute une journaliste objective et laïque...

Cette entrevue fait suite à une article récemment publié par M. Lisée sur le site de L'Actualité où M. Lisée déclarait :
« Nous voici pourtant à un point de rupture. Nos penseurs gouvernementaux viennent de mettre un terme à l’enseignement religieux à l’école. Votre fillette n’aura pas de préparation à sa première communion. Des laïcs lui enseigneront l’histoire du petit Jésus, mais aussi celle de Bouddha, Allah et Yahvée. Si on veut du pur jus, il faut les envoyer à la paroisse, le dimanche. Eh oh ! Il y a le soccer, la piscine et le hockey. Pas que ça à faire, la religion ! Lorsque les 75 % de parents (dont un bon nombre de religieux convaincus) qui ont choisi l’enseignement religieux s’en rendront compte, le tollé sera pire que celui du bulletin non chiffré.

L’aménagement de la religion de la majorité (chrétienne) à l’école est donc sur le point de passer à la trappe. Au même moment, le religieux des minorités entre dans nos institutions publiques par la porte des accommodements: kirpan admis à l'école par décision de la Cour suprême du Canada, demandes d'exemption de leçons de flûte à bec ou, pour de jeunes musulmanes, de cours natation mixtes. Qu’on ne se surprenne pas que cela cause des remous ! »

France – malaise d'une modératrice au bac

Géraldine, agrégée d’histoire, a eu une rentrée « calme, très calme » au lycée Lakanal de Sceaux, dans la banlieue sud de Paris, loin de la mobilisation de l’an dernier contre les décrets Robien qui rallongeaient le temps de travail et instauraient la bivalence. Quelques postes de surveillants ont bien disparu, mais ce n’est pas trop grave dans ce lycée réputé. « Non, ce qui m’inquiète, c’est le bac. Nous avons eu 96 % de reçus en juin, mais en réalité, la moitié de la classe n’aurait pas dû l’avoir. On donne à ces jeunes l’illusion qu’ils ont le niveau et ils redoublent leur première année de fac. »

Géraldine, 43 ans, estime que depuis cinq à sept ans, la chute de niveau est drastique [sic]. « J’adore mon métier : me retrouver dans ma classe face aux élèves me plaît toujours autant, mais je ne m’y reconnais plus », explique-t-elle. Au fil des réformes, les exigences n’auraient cessé de baisser. Avec des programmes toujours plus lourds et des matières toujours plus nombreuses - « Pourquoi deux langues vivantes ?»

[...]

« Les secondes ressemblent de plus en plus à des collégiens, les terminales n’ont pas l’habitude du travail approfondi. »

Géraldine se sent en outre « complice » de ce système. En juin, elle a été « modératrice » au bac, chargée d’animer une équipe de correcteurs. « Nous recevons des consignes terribles, comme ne pas pénaliser l’orthographe et la syntaxe. Il fallait faire aussi en sorte que les copies d’histoire-géo atteignent 12 de moyenne. »

Source : Libération

vendredi 14 septembre 2007

Mais enfin, l'école c'est pas pour apprendre des mythes !

Le présentateur Richard Martineau soumettait à la question Mme Morse-Chevrier au sujet de son opposition au nouveau programme obligatoire d'éthique et de culture religieuse que le Ministère de l'Éducation du Québec veut imposer à tous les élèves du Québec, des écoles publiques et des écoles dites « privées », du primaire au secondaire.

Pour terminer son entretien, M. Martineau s'exclame :

— Mais enfin, l'école n'est pas là pour des mythes, des légendes, des croyances !

Imperturbable, Mme Morse-Chevrier de répondre :

— Mais si c'est cela que vous croyez, M. Martineau, vous devriez être contre le nouveau cours, car le nouveau programme enseigne des croyances et des mythes. Et beaucoup de parents ne veulent pas que cela soit enseigné à leurs enfants de cette façon-là.


La CLÉ organise une grande marche, le samedi 20 octobre 2007 à Québec

La Coalition pour la liberté en éducation organise une grande marche le samedi 20 octobre 2007 à Québec.

Horaire prévu

11 h 30 — Rassemblement : Parc de l'Amérique française
13 h 00 — Départ de la marche : Boul. René-Lévesque
13 h 30 — Rassemblement devant l'Assemblée nationale
13 h 30 à 15 h 00 — Animation, conférenciers, pétitions, musique
15 h 15 — Marche jusqu'au Parc de l'Amérique française
16 h 00 — Départ des autobus

La CLÉ dénonce le fait que le gouvernement du Québec imposera en septembre 2008 à tous les élèves du Québec de la première année du primaire jusqu’à la fin du secondaire un cours sur l’ensemble des religions : christianisme, judaïsme, islam, bouddhisme, hindouisme, nouveaux mouvements religieux et même l'athéisme. Dire que toutes ces formes de religion ou de croyances sont légitimes comme l'affirme Mme Azdouz, rétribuée par le Ministère de l'Éducation et activement impliquée dans l'implantation de ces programmes obligatoires, ne peut qu'entraîner la confusion chez les élèves dont les parents tentent de transmettre une seule de ces formes religieuses.

Ce cours sera obligatoire, sans exception, dans les écoles publiques et privées, ce qui pour la CLÉ est contraire aux droits de liberté religieuse.

Cette manifestation sera organisée par la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) www.coalition-cle.org

Pour information au sujet du transport faites le 1-888-839-6236

Pour information au sujet du transport de Valcourt en autobus, contactez Sylvain Lamontagne au 450-532-5606.

jeudi 13 septembre 2007

Le Ministère de l’Éducation remercie le Journal de Montréal

M. Jean-Philippe Pineault, dont nous avions déjà dénoncé un article d’une rare mauvaise foi et d’une partialité insigne sur les mennonites et l'éducation en Ontario, a eu l’honnêteté de signaler cette fois-ci sa source d'inspiration en terminant son article par « Source : Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) ».

En effet, M. Pineault laisse tomber le masque du journaliste objectif dans sa description de parents qui expriment leur désapprobation face à un Ministère qui imposera sous peu à tous les enfants du Québec un programme empreint, selon eux, de relativisme moral. On a la désagréable impression que ce journaliste cherche à ridiculiser ces parents et qu'il considère que son rôle est de défendre le programme du Ministère quand il est trop sévèrement attaqué par des gens pour lesquels il n'a aucune sympathie. Citons deux exemples typiques du dernier article de M. Pineault :
« ce qui fait rager une nouvelle coalition de parents »

« Frustrés qu'on oblige leurs enfants à suivre le nouveau cours »
Voyez par vous-mêmes comme ces parents ont l'air enragés lors de cette conférence de presse...

Maintenant, il suffit de comparer ces « rager » et « frustrés » avec l’équanimité – telle que rapportée par le prisme de M. Pineault – des parents laïques qui s’opposent aussi à ce programme, mais uniquement au primaire :
« Le Mouvement laïc du Québec est en faveur de la disparition du cours de religion pour le remplacer par un cours de culture religieuse générale. « On a une réserve sur le fait de donner ce cours au primaire », affirme le président de l'organisme, Henri Laberge, qui croit qu'on aurait dû limiter le programme au secondaire. »
Aucune immixtion du journaliste dans cette relation-ci, aucun mot déplaisant de la part du reporter, là soudainement M. Pineault retrouve une plume neutre...


Évidemment, comme d’habitude, le Ministère de l’Éducation ne s’émeut pas des protestations de ces parents. En effet, quel choix ont-ils puisque le Ministère est juge, partie et monopole ?

On n’attend plus qu’un de ces communiqués où le Monopole nous dira qu’il « accompagnera » les parents de cette coalition quand il voudra dire qu’il s’affaire à les faire rentrer dans le rang, à les faire céder ou fuir comme les parents mennonites.

Ce qu'on nous concocte comme « école laïque »

Reportage de Radio Canada (ou, en cas de difficultés techniques, le même reportage mais avec publicité) sur ce qu'on nous concocte comme école laïque au Québec...

Ou comment préparer les professeurs au nouveau programme obligatoire d'éthique et culture religieuse, leur proposer des argumentaires pour répondre aux craintes des parents, les aider à limiter les demandes d'accommodements religieux. Bref, comment imposer à tous, mêmes aux parents récalcitrants, la laïcité telle que la comprend le Ministère de l'Éducation.

Soulignons les propos de Rachida Azdouz, psychologue à l'Université de Montréal, quand elle déclare (à partir de 8 minutes 17 secondes) :
« des parents arc-boutés sur leur pratique religieuse – on appréciera la neutralité laïque dans la description – ne sont pas disposés à permettre à leur enfant de mieux cohabiter avec les autres, car ils transmettent à leur enfant que leur croyance est la seule, l’unique et la meilleure. Et c’est là qu’intervient l’école et le rôle des intervenants scolaires c'est d'apprendre à cet enfant de composer avec des enfants qui ont d’autres croyances religieuses et dire qu’elle est tout aussi légitime que la leur ou, des enfants qui n’ont pas de croyances religieuses et que cette position-là est tout aussi légitime que la leur. »
D’une part, il est faux que des parents ou des enfants qui croient vraiment en leur religion – ceux qui croient qu’elle est la meilleure et l’unique – ne peuvent cohabiter avec d’autres enfants : le respect n’implique pas que l’on pense que l’autre puisse avoir raison. C'est plus facile, mais pas obligatoire. D’autre part, quel nom donner à l’intervention de l’école préconisée par Mme Azdouz si ce n’est le relativisme moral ? Car enfin que signifie dire que toutes les autres religions ou même l’athéisme sont légitimes, si ce n’est que tout se vaut ?

Autres déclarations révélatrices : celles du théologien (!) Jacques Racine qui participe à la laïcisation des écoles. Il rappelle que pour Québec la réussite des élèves ne doit pas être que scolaire (10:55) car
« les textes ministériels les plus récents nous rappellent que c’est de la réussite éducative dont il est question, et que cette réussite éducative signifie que l’école est responsable de faire en sorte que chaque élève puisse réussir sa vie et non seulement réussir ses examens. »
Bref, il s'agit de transmettre des valeurs morales communes à tous les élèves québécois, même si cela empiète sur les prérogatives des parents dont on ne demandera d'ailleurs pas vraiment l'avis. Car le gouvernement se soucie-t-il encore de ces géniteurs un peu gênants ? Alain Touraine remarquait déjà que « [l]es parents n'ont pas démissionné, ils ont été licenciés. »

Ces déclarations rejoignent celles de l’ancien ministre de l'Éducation Fournier qui déclarait en novembre 2006 à l’Assemblée nationale de Québec, lors du débat sur les écoles que Québec avait déclarées illégales, que la raison pour laquelle il ne fallait « pas perdre » les enfants de ces écoles était qu’il fallait s’assurer que ces enfants partagent les valeurs de la société québécoise : « il est important pour [ces enfants] de faire partie de la société, de connaître l'ensemble des valeurs de cette société-là et de les partager avec tout le monde. » Pardon ? De partager les valeurs québécoises qu'ils ne connaîtraient pas sans l'étude du programme officiel ? Mais cela implique donc bien la substitution de valeurs culturelles et morales par l'État ! Comme si les valeurs actuelles de ces enfants et de leurs parents posaient un problème aujourd'hui et devaient être changées...

Reportage sur l'instruction en famille en France

« On estime à 30 à 40.000 le nombre d'enfants qui ne vont pas à l'école... L'instruction leur est donnée à la maison par un précepteur comme autrefois.. ou par leurs propres parents.. La loi l'autorise et l'état procède même à des contrôles réguliers... »
Reportage au 20 heures de France 2

mercredi 12 septembre 2007

La CLÉ ouvre son site

La Coalition pour la liberté en éducation a ouvert son site : http://www.coalition-cle.org.

La CLÉ milite pour que le gouvernement du Québec suspende la mise en application de la loi 95 afin d’y apporter les modifications nécessaires pour que :
  1. le cours d’éthique et de culture religieuse de l’État soit optionnel tant à l’école publique que privée ;

  2. les Églises et les différents groupes religieux reconnus par l’État puissent offrir un enseignement religieux confessionnel à l’intérieur de l’horaire et des infrastructures scolaires en ayant la liberté d’établir le contenu et de choisir les intervenants qui donneront ces enseignements.

L'école et la 1ère réunion de la commission Bouchard-Taylor selon le Soleil


Étrange article dans le Soleil
au sujet de la première réunion de la commission Bouchard-Taylor.

Voici en effet comment le journaliste Raymond Giroux résume la première journée :
« S’il y a une certaine constante dans cette deuxième journée de consultations publiques de la commission, à Gatineau, c’est le refus ferme des accommodements de type religieux, à moins qu’ils ne redonnent le droit à l’enseignement catholique dans les écoles. »
Le journaliste semble vouloir disqualifier les parents catholiques en les faisant passer pour des nostalgiques qui n'admettraient qu'une religion dans les écoles publiques et privées du Québec, la catholique.

Il me semble que le journaliste a mal compris les parents catholiques qui avaient déjà fait connaître leur position par écrit sur la question :
« Une accommodation qui respecterait la liberté de religion reconnue par les chartes permettrait des options d’enseignement religieux pour toute confessionnalité où le nombre le justifie, et accepterait le choix confessionnel des écoles privées. »
On voit bien qu’il n’est pas du tout question de ne garantir que « le droit à l’enseignement catholique dans les écoles », mais bien de garantir le droit à l’enseignement catholique parmi d'autres enseignements religieux, là où le nombre le justifie.

Le journaliste ne semble pas avoir mieux compris le reste de l’intervention de ces parents catholiques quand il prétend que
« Selon leur présidente, Mme Jean Morse-Chevrier, le nouveau cours d’introduction aux cultures religieuses introduit dans les faits l’enseignement de sept autres religions, ce à quoi son groupe s’oppose. »
Mme Morse-Chevrier ne s’oppose pas à l'enseignement des autres religions de manière séparée (voir plus haut), mais à l'amalgame de ces religions et courants philosophiques comme l'athéisme dans un seul cours imposé à tous les enfants, ce qui ne peut que créer confusion chez les jeunes enfants.

Voir à nouveau ce que la présidente de l'Association des parents catholiques du Québec avait écrit auparavant dans Le Devoir et que nous avons bien entendu confirmé lors de ses interventions dans les médias (RDI et Radio-Canada ces derniers jours) :
« Devons-nous conclure devant ce témoignage que le gouvernement tenterait de changer « nos enfants » (ceux de l'État ?), les faisant passer de chrétiens (pour la grande majorité) à pluralistes? Si c'est le cas, ses intentions vont au-delà de ce qu'il annonçait dans les orientations pour ce cours lorsqu'il a eu l'appui de l'Assemblée nationale au projet de loi 95, en juin 2005. Il viserait non seulement l'ouverture à l'autre, tel que cela a été annoncé, mais chercherait à faire assimiler par l'élève la diversité morale et religieuse au moment même de sa construction identitaire. Or comment est-il possible de construire une identité personnelle pluraliste à moins de délaisser sa propre identité confessionnelle ?

[...]

Devons-nous comprendre que notre société sera meilleure lorsque ces enfants, devenus grands, seront pluralistes plutôt que chrétiens? Si c'est la position de la ministre de l'Éducation, elle devrait être appelée à en faire la preuve, avant d'imposer des contenus multireligieux à l'ensemble des élèves et avant d'expérimenter l'identité religieuse et morale des Québécois.»
C’est donc bien le pluralisme, l’amalgame de ces différentes religions présentées en même temps comme d’égales valeurs à tous les enfants qui soulèvent des difficultés. Et, soyons clair, ceci n’incommode pas uniquement les parents catholiques, car il existe bien d’autres parents qui désirent que leurs enfants apprennent d’abord à connaître leur foi avant d’apprendre, par exemple, l’idée de la mort de Dieu, concept athée inclus dans ce programme qui sera imposé aux écoles publiques du Québec ainsi qu’à celles que l’on nomme « privées ». C’est, notamment, le cas des mennonites de Roxton Falls dont les parents d’écoliers en âge scolaire ont dû se réfugier ailleurs au Canada pour échapper aux menaces de Québec. Mais gageons que certains parents juifs ne sont pas plus contents de cet enseignement religieux relativiste obligatoire dès la prochaine rentrée.

[Notons enfin ce coup de griffe inexpliqué quand le journaliste du Soleil, sans préciser de quel problème il s'agit, lance :
« À celui qui proposait comme une des clés au problème l’octroi au parent d’un vote par enfant, — un père de cinq enfants pourrait voter six fois... — , M. Bouchard a demandé s’il partagerait son vote entre les trois partis ! »
On comprend que M. Bouchard se voulait humoristique, mais M. Bouchard ferait-il la même remarque aux gens qui votent déjà plusieurs fois (par procuration au Canada et ailleurs dans le monde) ? Le vote par procuration est-il ridicule ?

Mais on croit comprendre que cette remarque du journaliste du Soleil visait à ridiculiser ceux qui dénoncent le système politique actuel où les citoyens avec peu d'enfants ont un fort poids politique. Cette critique est cependant loin d'être ridicule, car le système actuel — qui représente de plus en plus des adultes peu féconds — adopte peu de mesures en faveur des familles qui assument le lourd fardeau de former la majorité des futurs citoyens. Devant la dénatalité logique qui s'ensuit (il est plus rentable de ne pas avoir d'enfant avec le système fiscal actuel), le système tente de résoudre les problèmes démographiques par l’immigration, solution d’apparente facilité qui crée toutefois des problèmes d'intégration même au niveau scolaire. Il rechignera, de par la composition de son électorat, à envisager des politiques natalistes ce qui ne peut que prolonger ou empirer la dénatalité. Sur le suffrage familial, voir par exemple Reconnaitre les familles comme un corps social et Les femmes et les enfants aussi. Ou le droit d’être représenté par le vote familial]