vendredi 7 septembre 2007

Texte à méditer

« Les parents n'ont pas démissionné, ils ont été licenciés. »
Alain Touraine

jeudi 6 septembre 2007

Pour une formation grammaticale à la fois rudimentaire et solide

La maîtrise de l’orthographe n’est pas uniquement en perte de vitesse au Québec (voir la dictée à laquelle échouent lamentablement de jeunes Québécois inscrits dans une bonne école), elle l’est également en France dans les classes instruites.

Claude Duneton abordait récemment le sujet dans le Figaro littéraire :
« D'où vient, disais-je la semaine dernière, que des gens diplômés, exerçant une fonction officielle au sein de l'appareil administratif français, parsèment leurs moindres communications de grosses fautes d'orthographe ? Les exemples que je citais, émanant d'un conseil général et d'une mairie de Paris (« On ne la pas vu s'arrêter » ; « Que le bonheur et la santé enveloppe cette nouvelle année » imprimés !), ou encore l'étonnant « bonne été » (manuscrit), sont révélateurs d'un phénomène nouveau chez les gens instruits. Ces fautes grossières étaient jadis le lot des semi-illettrés, telles qu'on les trouve dans la correspondance des poilus de 14-18 écrivant à leur famille. Je crains qu'aujourd'hui ces graphies vacillantes ne soient le symptôme d'une carence plus grave.

Le français, de par sa nature vocalique, fourmille d'homophones - je rabâche, mais tant pis. Le son la n'est rien en soi, car ce peut être aussi bien l'article féminin, la truite, que le pronom, il la voit, la note la (si do), également la composition élidée avec le verbe avoir, il l'a vue, et bien sûr l'adverbe là avec sa casquette. Oh là là !... Toute l'astuce est de savoir les distinguer. Que faut-il pour cela ? C'est simple : il faut une formation grammaticale de base à la fois rudimentaire et solide, sinon il est impossible de faire le tri entre on l'a vu et on la voit.

[...]

C'est la première génération d'élèves que l'on n'a plus fait réfléchir à temps sur la langue française. En clair, ce sont des gens qui ont appris à lire plus ou moins globalement, comme qui dirait « au pifomètre » (bonne été), et n'ont jamais “fait de grammaire”, du moins pas de cette grammaire au ras des pâquerettes, répétitive, lassante - passionnante aussi ! - constituée par l'analyse des mots et l'analyse logique des phrases. Or cet entraînement est indispensable à l'acquisition complète de la langue française.

Certes, ces enfants ont appris, sous couleur de grammaire, quelques mots à coucher dehors qui leur ont fait croire qu'ils étaient savants, mais ils n'ont pas peiné sur les exercices de base terriblement recommencés, comme l'est la lecture des notes de musique. Ils sont semblables à des gens à qui on aurait, pour tout solfège, enseigné la liste des dièses et des bémols, en l'agrémentant de considérations théoriques sur les tierces et les quintes, mais à qui l'on n'aurait jamais fait chanter obstinément les notes sur la portée. »

Si j'aurais su que l'escargot est un insecte!

Pierre Foglia relate la rentrée scolaire dans une école primaire du secteur public, l'enseignante est certainement diplômée par l'État québécois :
Une petite école primaire, en banlieue, le jour de la rentrée. Pour l'occasion, les parents ont été invités à passer la première heure en classe avec leurs enfants. L'institutrice, toute jeune, souhaite la bienvenue aux enfants et leur sert le laïus que toutes les institutrices de la province doivent servir aux enfants le jour de la rentrée.

Au fond de la classe, la maman de Marius prête plus ou moins attention quand, tout à coup, elle se raidit. La maîtresse vient de dire :

— Il faut que vous faisiez...

Pardon ? Que vous fassiez, madame l'institutrice, c'est le subjonctif. Bien sûr, la maman de Marius a corrigé mentalement, silencieusement. Mais elle a maintenant les oreilles bien ouvertes et c'est ni plus ni moins l'horreur qui tombe dedans. La maîtresse vient de dire:

— Posez-vous pas la question de qu'est-ce qu'il faut faire.

Holà ! Une heure plus tard, la maîtresse a répété au moins trois fois si j'aurais, pas une seule fois elle n'a employé une négation au complet, omettant systématiquement le « ne », gênez-vous pas, parlez pas, levez-vous pas...

Et puis il y a eu le clou de la matinée. La maîtresse est passée à un jeu. Elle a demandé aux enfants : est-ce que quelqu'un peut me citer des noms d'insectes ? Un petit garçon a levé la main :

— Un escargot, madame.

— Bravo, bien trouvé, a dit la maîtresse. Quelqu'un d'autre pour me donner d'autres noms d'insectes?

Marius s'est retourné, il cherchait sa maman des yeux. Il sait, lui, parce que son papa le lui a appris, qu'un insecte a toujours six pattes. Quand une bestiole a plus que six pattes ou pas du tout de pattes, alors ce n'est pas un insecte.

[...]

La maman de Marius a passé quelques jours à se demander si elle irait trouver le directeur. Si j'y vais, je vais passer pour une emmerdeuse. Si je n'y vais pas, je cautionne une aberration. Finalement, elle y est allée. Le directeur l'a écoutée poliment et, à la fin, il a eu ce commentaire:

— Vous pourriez facilement trouver pire, madame !

C'est tout ce que vous trouvez à me dire ? a demandé la maman de Marius. Très bien, lorsque la maîtresse reprochera à mon fils d'avoir mal travaillé, je vais lui conseiller de répondre : Vous pourriez facilement trouver pire, madame.

Le directeur a dit aussi : Vous savez, cette enseignante est une excellente pédagogue. La maman de Marius est sortie avant d'exploser. Si elle ne s'était pas retenue, ce qu'elle aurait crié au directeur aurait pu ressembler à ceci : que voulez-vous que ça me foute que ce soit une excellente pédagogue? Sa pédagogie en fait seulement une conne plus redoutable, en cela que la pédagogie la rend seulement plus efficace à transmettre que l'escargot est un foutu insecte.

[...]

Le problème n'est pas l'institutrice de Marius, mais le système dont elle est issue. Savez-vous combien de cours de grammaire pure reçoivent, durant leur formation, les étudiants qui vont avoir à enseigner le français au secondaire ? Deux. Tous les deux dans la première des quatre années du bac. Après ça, débarrassés de cette niaiserie, mon vieux, ils peuvent se concentrer sur l'essentiel : la pédagogie.

[...]

Cette réflexion d'Alain Finkielkraut dans L'imparfait du présent, à propos de l'enseignement de la littérature, réflexion que je souligne à l'intention de notre ministre de l'Éducation : « Les pessimistes ne sont pas assez pessimistes. Ils prévoient la catastrophe alors que, ni vu ni connu, elle a déjà eu lieu. Ils noircissent l'avenir quand c'est le présent qui est sinistré ».
Au sujet d'Alain Finkielkraut, lire avec délectation un extrait de L'imparfait du présent où il parle d'un sujet d'invention vu à travers certains manuels… « Transposez la situation dans le monde contemporain et réécrivez en prose le monologue d'Hermione dans Andromaque. » Ça vaut son pesant d’or.

Rappelons que cette enseignante québécoise a dû réussir son examen de français lors de sa formation de quatre ans (4!) pour pouvoir enseigner à de jeunes têtes blondes les bases de l'écriture, de la lecture et de l'arithmétique.

En effet, tous les étudiants en enseignement doivent passer un test de classement de français à leur entrée à l'université. Il varie actuellement selon les universités. Le résultat à cet examen détermine si l’étudiant doit suivre des cours de français ou non. Un bref survol des résultats en dit long sur l’état des connaissances en français des futurs enseignants. Pour l’année 2006, les étudiants du baccalauréat en éducation préscolaire et primaire ont obtenu une moyenne de 64,6 %, alors que la note de passage est de 75 %. Les étudiants du Baccalauréat en enseignement secondaire ne font guère mieux, avec 69,2 % de moyenne. En réalité, seuls 24 % et 38 % obtiennent, respectivement, la note de passage.

Pour palier les lacunes évidentes des jeunes étudiants en éducation, le Ministère a décidé que les futurs enseignants devront désormais se soumettre à un examen de français identique pour tous les étudiants en enseignement des universités du Québec. On nous le promet plus sévère. La réussite de cet examen sera obligatoire pour l’obtention du brevet d’enseignement et l’étudiant n’aura droit qu’à une reprise avant de se faire montrer la porte de sortie, temporairement.

Le ministère de l’Éducation s’est donc entendu avec les universités québécoises pour concocter un examen national qui sera obligatoire pour tous les nouveaux étudiants en enseignement, et ce, probablement dès l’automne 2007. Les étudiants devront se soumettre à cet examen à mi-parcours, soit après deux ans d’études. Un premier échec entraînera une reprise, mais un deuxième échec forcera l’étudiant à interrompre ses études pour au moins un an.

mercredi 5 septembre 2007

L’État s’immisce dans le rôle des parents

Lettre de l'Association des parents catholiques du Québec 
Jean-Pierre Proulx prend le cardinal Marc Ouellet à partie parce qu’il a traité le gouvernement de totalitaire dans l’imposition d’un cours d’éthique et de culture religieuse et tente de démontrer que le processus de laïcisation est tout ce qu’il y a de plus démocratique au Québec (Le Soleil, 26 & 16 février 2007).

L’histoire ne lui donne pas entièrement raison. La laïcisation des écoles n’a pas fait l’objet d’une plate-forme électorale ni d’un référendum et la population n’a pas été suffisamment informée. Les articles de la Charte et de la constitution canadiennes (29 & 93) qui protégeaient le droit à des commissions scolaires (et par le fait même à des écoles et programmes) catholiques et protestantes, ont été abolis en 1997 sans consultation populaire. C’était du jamais vu! À ce moment la ministre Pauline Marois a assuré les parents qu’ils continueraient d’avoir le choix des cours d’enseignement moral et religieux en fonction de l’article 41 de la Charte québécoise.

Pourtant, en juin 2005, l’Assemblée nationale a aboli à l’article 41 les protections pour les parents en ce qui concerne l’enseignement moral et religieux, sans en informer la population, sans consultation et sans débat. Elle refuse aussi de recourir aux clauses dérogatoires des chartes pour protéger, après 2008, les droits religieux de la majorité.

En contrepartie, environ 80% des parents choisissent chaque année le cours optionnel d’enseignement moral et religieux catholique pour leurs enfants. Le gouvernement ignore ce message clair des parents. Il va abolir ce cours et refuse de rendre optionnel le nouveau cours d’éthique et culture religieuse qui couvre huit approches religieuses, spirituelles et séculières, en passant par le sikhisme, l’islam et les visions athées. Le catholicisme et le protestantisme en sont cependant absents, étant réduits au « christianisme ». Il n’accepte d’exempter aucun enfant. Il impose ce cours même aux écoles privées confessionnelles. C’est un abus de pouvoir de la part du gouvernement qui peut ainsi être considéré totalitaire.

« À la base de toutes les doctrines totalitaires se trouve la croyance que les gouvernants sont plus sages et d'un esprit plus élevé que leurs sujets, qu'ils savent donc mieux qu'eux ce qui leur est profitable. » (Ludwig Von Mises, Wikipedia). Le gouvernement pense savoir mieux que les parents ce qui est profitable pour leurs enfants. Par l’imposition d’un cours multi-religieux, il s’immisce dans le rôle des parents et interfère avec l’éducation générale qu’ils donnent, puisque la religion et la moralité guident l’ensemble des comportements de l’enfant.

Une accommodation qui respecterait la liberté de religion reconnue par les chartes permettrait des options d’enseignement religieux pour toute confessionnalité où le nombre le justifie, et accepterait le choix confessionnel des écoles privées.

En ce qui concerne le programme d’éthique et culture religieuse : que le gouvernement en rende publics les éléments de contenus et les thèmes, et la population pourra ensuite se prononcer à son sujet en connaissance de cause ! N’est-ce pas ce qu’un gouvernement démocratique voudrait pour ses citoyens ?

Jean Morse-Chevrier, présidente
Association des parents catholiques du Québec
Coordonnées :
Association des parents catholiques du Québec
7400 boul St-Laurent, suite 406
Montréal QC, H2R 2Y1
Téléphone : (514) 276-8068, sans frais : 1-866-376-8068; cellulaire : (514) 292-8068
Télécopieur : (514) 948-2595
Courriel : apcq406bellnet.ca
Site web : apcqc.net
Téléphone à domicile : (819) 685-1812

L’obligation de scolarisation par l’État est-elle toujours bénéfique?


Extrait du livre Dumbing us Down (« Nous abrutir ») de John Taylor Gatto, professeur de l’année de l’État de New York (1991) :
« Notre système d’éducation obligatoire, invention de l’État de Massachusetts, date des années 1850. Il fut combattu – parfois les armes à la main – par près de 80 % de la population du Massachusetts, le dernier réduit de Barnstable au cap Cod ne rendit ses enfants que dans les années 1880 quand la milice occupa la région et les enfants furent conduits sous garde armée à l’école.

Considérons maintenant ce fait curieux : le bureau du Sénateur Ted Kennedy a récemment publié un communiqué indiquant que le taux d’alphabétisme au Massachusetts avant l’imposition de l’éducation obligatoire était proche de 98 % et que, par la suite, ce chiffre n’a jamais excédé récemment 91 %, niveau où il se stagne en 1990. » (p. 22 de l'édition de 2005, publiée chez New Society Publishers)
Gatto souligne également l'existence d'un lectorat important avide de lire en l'absence de toute scolarisation publique obligatoire :
« Le livre de Thomas Paine Le Sens commun (1776) se vendit à 600 000 exemplaires sur une population [totale des États-Unis] de 3 000 000 dont 20 % étaient des esclaves et 50 % des serviteurs sous contrat. Les colons américains étaient-ils des génies ? Non, la vérité est qu’apprendre à lire, écrire et compter peut se faire en aussi peu qu’une centaine d’heures pour autant que l’élève soit enthousiaste et avide d’apprendre. Le truc, c’est d’attendre que quelqu’un demande et d’alors foncer pendant que l’élève est enthousiaste. » (p. 12, édition 2005)
Ces chiffres sont corroborés par plusieurs témoignages cités dans Public Schools, Public Menace de Joe Turtel :
« En 1765, John Adams écrivait qu’« un Américain de naissance, plus particulièrement en Nouvelle-Angleterre, qui ne sait ni lire ni écrire est un phénomène aussi rare qu’une comète. » Jacob Duché, aumônier du Congrès en 1772, disait de ses compatriotes : « Presque tous savent lire. » Daniel Webster confirma que l’instruction en famille avait eu comme résultat l’alphabétisation quasi complète de la population quand il déclara « un adolescent de quinze ans, quel que soit son sexe, qui ne sait ni lire ni écrire, est très difficile à trouver. » Au début des années 1800, l’entrepreneur et économiste français Pierre Samuel du Pont de Nemours [...] vint en Amérique et se pencha sur l’éducation ici. Il découvrit que la plupart des jeunes Américains savaient lire, écrire et compter et que les Américains de tout âge pouvaient lire la Bible et le faisaient. Il évaluait que moins de 4 Américains sur 1000 ne savaient pas écrire de manière claire et lisible. »

mardi 4 septembre 2007

Le monopole, c’est tellement mieux!

C’est toujours avec intérêt que nous lisons dans Le Journal de Montréal les articles provocateurs portant dans leur version papier des surtitres comme « Croyances » (pas religion, ni foi, mais « croyances »). D'emblée quelques extraits de cet article exemplaire qui s'intitule en toute objectivité « En Ontario, on enseigne n'importe quoi » :
Alors que c'est tolérance zéro pour les écoles illégales au Québec, les communautés religieuses en Ontario peuvent enseigner n'importe quoi à leurs enfants sans avoir à rendre de comptes.
Rappelons que ces écoles ne sont illégales au Québec que par le fait de règles restrictives uniques au Québec et par le monopole que s’arroge le Ministère de l'Éducation (MELS) du Québec et non à cause d'activités illicites ou criminelles qui se produiraient dans ces écoles. En matière d’activités illicites (« taxages », drogues fumées dans l'enceinte des écoles, etc.) le réseau public du Québec serait d’ailleurs mal placé pour faire la leçon.
Une communauté mennonite établie à Roxton Falls, en Montérégie, a d'ailleurs temporairement déménagé en Ontario, après s'être fait fermer son école par le ministère québécois de l'Éducation.
Les 11 élèves y recevaient un enseignement particulier basé sur les croyances du groupe religieux
En réalité, cet enseignement est bien connu et utilisé ailleurs au Canada, même dans les provinces comme le Manitoba où il y a bien inspection de ces écoles.
et dispensé par les membres de la communauté.
Pour autant que leur école n'est pas financée par l'État et qu'ils n'offrent pas le diplôme ontarien, les membres du groupe religieux ne risquent plus d'être importunés en Ontario.
Le journaliste du Journal de Montréal semble regretter cette liberté et le fait que l'État « n'importune pas » les parents en Ontario.
«Ils peuvent enseigner ce qu'ils veulent. Ce sont des entreprises privées. Les professeurs n'ont pas à être autorisés par le ministère, comme c'est le cas dans le réseau public», indique Michelle Despault, attachée de presse de la ministre ontarienne de l'Éducation, Kathleen Wynne.
Secteur privé non subventionné en pleine croissance en Ontario cf. Qui choisit l'école privée en Ontario ?
En attendant de convaincre le ministère de l'Éducation de revoir sa décision, les mennonites établis près de Granby ont été accueillis par des communautés soeurs dans les Cantons-de-l'Ouest, en Ontario, à environ 150 km de Montréal. »
Le journaliste est mal renseigné, il ne s'agit que d'une seule communauté sœur.
Endoctrinement des jeunes
Notez l'absence de guillemets ou de point d'interrogation dans ce sous-titre. Subtil glissement du « n’importe quoi » dans le titre à l’« endoctrinement » du sous-titre ! Finaud plumitif !
Contrairement au Québec, aucune législation [sic : n’] oblige en Ontario les jeunes à suivre le programme du ministère.
« C'est malheureux, on ne sait pas ce qui est enseigné dans ces écoles. C’est parfois de l'endoctrinement », explique Gilles Arpin, vice-président du Conseil scolaire de district du centre-sud-ouest.
Sagace amalgame. Est-ce que le folliculaire veut nous faire entendre que les mennonites endoctrinent leurs enfants ? Que toutes les écoles religieuses endoctrinent ?
Membre d'une organisation de promotion de la laïcité dans les écoles de l'Ontario,
Voilà un interlocuteur impartial en la matière ! Promoteur de la laïcité même dans les écoles privées non subventionnées ? Pour l’interdiction des écoles religieuses privées donc ?
ce dernier affirme qu'environ 53 000 jeunes fréquentent en Ontario des écoles religieuses qui échappent au contrôle du ministère.
En quoi cette liberté par rapport à l’État gêne-t-elle cet activiste ? L'argent public n'y est pas dépensé ! Pas même les impôts que paient diligemment ces parents qui envoient leurs enfants à des écoles privées non subventionnées... Les enfants qui en sortent sont-ils analphabètes, ignares ? Mal intégrés dans leur environnement ? Non, trois fois non. D'ailleurs, les enfants mennonites de Roxton Falls réfugiés en Ontario passeront les examens intitulés Canadian Tests of Basic Skills (CTBS) et leurs aînés qui les ont déjà passés y ont, semble-t-il, de bons résultats. Le journaliste a-t-il même demandé à quelqu’un si ces élèves, pourtant l'objet de son article, passaient des examens ? Si oui, pourquoi n’en parle-t-il pas ? Parce qu’il fallait faire passer les jeunes mennonites pour des enfants incultes à qui « on apprend n'importe quoi » et qui sont « endoctrinés » par une secte ? Il fallait donc faire simple et dans la caricature.

En réalité, ces enfants mennonites conservateurs ne connaissent quasiment pas de décrochage, ni d’usage de drogue ou de violence. Comparez aux grands succès des écoles du Monopole : 40 % de garçons décrocheurs à Montréal et 40 % des adolescents qui utilisent du cannabis parfois même en classe. Les parents mennonites sont impliqués dans l’administration de leur école – souvent un gage de succès – et comme les autres parents d’écoles privées payantes en Ontario ils apprécient que l’école forme aussi correctement le caractère (voir l’étude de l’institut Fraser) de leurs enfants qui sont connus pour leur serviabilité, leur politesse et leur non-violence. Ah, mais les institutrices mennonites ont-elles fait leur long quota de psychopédagogie prescrit par Québec, je vous le demande !? Voilà ce qui est important ! Comme si un diplôme garantissait l'enthousiasme, la patience et le sens de la pédagogie !

L'auteur de ce médiocre article ne comprend pas que la qualité naît de la concurrence et que l’école n'a pas besoin d'encore plus de surveillance, plus de syndicats, plus de restrictions, plus d'interventions, mais qu'il faut au contraire une désétatisation : la séparation de l’école et de l’État. Qu’on lui laisse faire enfin l’expérience de la liberté !

Tiens, au fait, comment se fait-il que cet entrefilet ne mentionne personne pour défendre ces écoles de plus en plus populaires en Ontario ? Équitable et impartial : deux concepts absents chez cet articlier apôtre du monopole laïque.

Québec : 40 % des élèves du secondaire se droguent

Les statistiques sont éloquentes : les élèves des écoles secondaires du Québec fument de plus en plus de cannabis. En 1991, 11 % des adolescents disaient avoir déjà essayé le cannabis au cours de l'année. Cette proportion est passée à 25 % en 1996, à 34 % en 2002 pour finalement s'approcher du 40 % en 2004, un bond de près de 300 % en 13 ans. Ce n'est pas le hasard qui a mené la police de Gatineau à effectuer trois descentes près des écoles secondaires en l'espace de deux semaines, récemment.

La police et les établissements scolaires veulent lancer un message clair aux jeunes : la drogue et les études ne font pas bon ménage. Le dernier sondage de la Direction de la santé publique de l’Outaouais indique que 36 % des adeptes du cannabis consomment avant de se rendre à l'école ou même pendant la journée de classe.

« Quand un élève est rendu à consommer à l'école, c'est qu'il y a un véritable problème. Ça arrive que l'on doive aller chercher des élèves en salle de classe parce qu'ils ont les yeux vitreux », souligne Claude Beaulieu, directeur à la polyvalente Nicolas-Gatineau.

« Nous avons un noyau de 10 % à 15 % de fumeurs de cigarettes irréductibles. Généralement, ce sont les mêmes qui ont des problèmes de consommation de marijuana. Nous prenons tous les moyens possibles pour les inciter à arrêter de fumer. C'est pourquoi nous avons un programme de 12 semaines en collaboration avec le pavillon Jellinek pour les suivre convenablement. Présentement, nous avons une quinzaine d'étudiants qui font partie de ce projet », ajoute M. Beaulieu.

Le niveau de THC introduit dans le cannabis est passé d'environ 2 % il y a 20 ans à 20 % de nos jours.

40 % des jeunes de 11 à 15 ans en consomment !

Les résultats d'une étude rendue publique en 2004 par l'Agence de santé publique du Canada soutiennent que si les jeunes Canadiens de 11 à 15 ans sont moins nombreux à fumer la cigarette, un plus grand nombre consomme du cannabis (marijuana).

Menée en 2002 par des universitaires ontariens, l'étude démontre que les adolescents canadiens comptent parmi les plus grands consommateurs de marijuana au monde.

En se basant sur les réponses des quelque 7 000 élèves de 11 à 15 ans qui ont participé à l'étude, la proportion ce ceux-ci à avoir fumé du cannabis pendant l'année précédente était de 40 %, soit 37 % chez les filles et 43 % chez les garçons. Parmi les 35 pays où des études semblables ont été menées, le Canada arrive bon premier, suivi de la Suisse, avec 37 %.

La proportion de Canadiens qui admettent consommer du cannabis a presque doublé en 13 ans et le taux le plus élevé s'observe chez les adolescents, selon une nouvelle étude fondée sur les données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes.

Télécharger le fichier de l'étude

Rappel : 40% des garçons à Montréal quittent l'école sans diplôme

Le gouvernement du Québec s'est fixé l'objectif de voir 80 % des jeunes Québécois obtenir leur diplôme d'études secondaires d'ici 2010. Espérons que cela ne sera fera pas au détriment de la qualité. On est cependant encore loin du compte, si l'on se fie à de nouvelles statistiques du Carrefour de lutte au décrochage scolaire.

Les chiffres concernant l'ensemble des écoles publiques de l'île de Montréal montrent en effet que 40 % des garçons et 28,4 % des filles quittent l'école sans diplôme, 7 ans après leur entrée au secondaire.

La situation est encore pire dans les milieux les plus défavorisés, soit les quartiers Saint-Michel, Montréal-Nord, Hochelaga-Maisonneuve, Petite-Bourgogne et Saint-Laurent-Ouest. Les taux de jeunes décrocheurs sans diplôme passent à 60 % pour les garçons et 50 % pour les filles dans ces secteurs.

lundi 3 septembre 2007

Le Québec, un modèle d'intolérance

Article intéressant du Journal de Montréal du 3 septembre 2007 sur les libertés scolaire et religieuse (ou plutôt sur le manque de libertés) au Québec :
« Mécontents du fait que Québec refuse d'accommoder une communauté mennonite qui souhaite gérer une école où l'on enseigne que la femme ne peut s'épanouir en dehors du mariage et de la maternité, des activistes religieux estiment que la société québécoise est un modèle d'intolérance.

[Incidemment ceci n'est pas tout à fait exact, les mennonites s'opposent à la vision moderne colportée par les programmes scolaires officiels qui laissent fortement entendre que la femme doit s'épanouir en dehors du foyer et ne peut s'accomplir que par une carrière autonome en renonçant parfois à la maternité. Ce n'est pas la même chose que de dire que les mennonites préconisent que toutes les femmes doivent être mères, car certaines femmes mennonites ne sont pas mariées et elles sont pourtant des membres à part entière de leurs communautés.]

Répressive, arrogante, fermée, intolérante sont quelques-uns des qualificatifs qui désignent désormais la société québécoise sur plusieurs sites d'information américains.

Le Québec a même figuré la semaine dernière dans le palmarès des libertés religieuses menacées du Becket Fund for religious liberty, une organisation proche des Nations unies.

Fermée car non conforme

En novembre 2006, le ministère de l'Éducation, après inspection, a décidé de fermer l'école fondée par la communauté mennonite de Roxton Falls, à une centaine de kilomètres de Montréal, car elle n'était pas conforme aux exigences du ministère. [conformité qui n'a rien à voir avec la qualité de ce type d'école acceptée ailleurs au Canada]

Les 11 élèves de l'école, âgés de 6 à 13 ans, recevaient en effet un enseignement particulier basé sur les croyances mennonites et donné par des membres de la communauté.

Les mennonites estiment en effet que le programme officiel ne correspond pas à leur vision du monde et qu'il entre en conflit avec leurs croyances religieuses.

Par exemple, ils trouvent que les romans imposés valorisent des comportements immoraux, que l'avortement semble une chose normale, ils condamnent la valorisation de l'érotisme dans l'art et ils réprouvent la théorie de Darwin.

Solidarité religieuse

La nouvelle a trouvé écho dans les autres groupes religieux et la grogne s'est installée.

L'avocat de l'Alliance évangéliste du Canada, Donald Hutchinson, a même envoyé une lettre à la ministre Courchesne pour lui demander de respecter les convictions des mennonites et d'attendre que la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables soit terminée.

Devant le refus du ministère, les familles concernées, cinq sur une quinzaine que compte la communauté, menacent de quitter le Québec pour l'Ontario [ou le Nouveau-Brunswick], où le gouvernement est plus conciliant.

Actuellement, tous les élèves qui devaient faire leur rentrée dans la petite école sont désormais en Ontario.

« Les familles ont déjà loué des appartements, mais ils n'ont pas mis leur ferme en vente, nous apprend Tina Andreis , mennonite et mère de 4 enfants. Ils ne veulent pas partir, mais s'il n'y a aucun moyen de s'entendre, ils vont quitter. »

C'est l'impasse

Le ministère de l'Éducation ne cédera pas. Les mennonites non plus.

Une rencontre entre les représentants de la communauté mennonite et les fonctionnaires du ministère de l'Éducation a eu lieu samedi, mais elle n'a pas permis de régler le conflit. Selon Keith Wedel, mennonite présent à la rencontre, la situation n'a pas changé.

« Le ministère ne peut pas accepter une école qui ne répond pas aux normes, dit Jean-Parcal Bernier, attaché de presse de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne. Tant que les éléments de base ne seront pas appliqués, le ministère ne cédera pas. »

Laisser les parents décider

La situation énerve Patrick Andreis, un non-mennonite marié à une mennonite et très impliqué dans les revendications de la communauté de sa ville. « Chaque fois que le ministère dit qu'il dialogue, il répète la même chose, dit-il. Mon avis est que le gouvernement a un monopole sur l'éducation et qu'il s'occupe de choses qui ne sont pas de son ressort. » Selon lui, le ministère devrait laisser les parents décider de l'enseignement qu'ils veulent donner à leurs enfants sans imposer un programme qui peut choquer leurs croyances.

Une seconde rencontre entre le ministère et la communauté devrait avoir lieu cette semaine. »
On remarquera avec intérêt la manière dont le ministère de l'Éducation envisage le « dialogue » et « l’accompagnement » : le ministère ne cédera pas tant qu'on aura pas fait ce qu'il demande (en termes orwelliens : « Tant que les éléments de base ne seront pas appliqués »).

Le Québec est laïque, la liberté individuelle y est la valeur absolue

En exergue, dans le numéro du 15 septembre 2007 de l’Actualité, à la page 40, le traducteur Éric Poirier déclare en gros caractères (22 points typographiques):
« Ceux qui dominent dans notre société sont laïques. Et, au Québec, la liberté individuelle est absolue. »
M. Poirier, qui regrette par ailleurs l’emprise grandissante de l’anglais au Québec, justifiait ainsi sa confiance dans l’avenir « laïque » du Québec, il ne craint pas les « intégristes [qui] mènent un combat d’arrière-garde. »

Cette déclaration semble assez représentative d’une frange de la population québécoise qui s’exprime souvent dans les médias. Si on peut bien comprendre ce qu’est une institution laïque (elle ne favorise aucune religion, elle incarne la séparation de l’État et de la religion d’ailleurs préconisée par le Christ), qu’est-ce qu’une personne laïque ? Une personne qui ne favorise aucune religion ? Un athée ou un agnostique pour être clair ? Pourquoi cet euphémisme de « laïque »  qui paraît neutre et bienveillant en première analyse ?

Il est vrai que la société québécoise est dominée par ces areligieux (sans qu’ils ne représentent nécessairement la population), mais il y a un pas à conclure ensuite, comme s’il s’agissait d’une conséquence logique, que la liberté individuelle est absolue au Québec. C’est bien évidemment faux puisque les libertés religieuses ne sont pas respectées comme l’exemple des mennonites de Roxton Falls l’a montré à l’envi, ce qui a d’ailleurs mérité au Québec une place au palmarès des libertés religieuses menacées (International Religious Freedom News).

Enfin, ces « laïques » se sont-ils jamais demandé si leurs valeurs hédonistes et progressistes ne sont pas responsables du manque de conscience linguistique de la part de nombreux francophones  que certains « laïques », comme M. Poirier, regrettent amèrement ? Car, enfin, le matérialisme ambiant s’accorde bien avec l’anglais qui rapporte plus en Amérique du Nord que le français. De même l’hédonisme des « laïques » n’explique-t-il pas en partie la dénatalité québécoise (la maternité enchaîne pour eux les femmes au foyer) qui mine la force du français au Québec ? Rappelons que les Américains blancs non hispaniques, « intégristes » et « laïques » confondus, ont nettement plus d’enfants (1,84 enfant/femme en 2004 et 2005) que les Québécois, toute ethnie confondue, qui n’ont que 1,5 enfant/femme en 2004 y compris les Amérindiennes et les immigrantes plus fécondes que les Québécoises de naissance. Pire, les États américains les plus conservateurs et les plus religieux ont encore plus d’enfants que les États démocrates ! Et tout cela sans politique familiale ni garderies ruineuses dont l'incidence sur la natalité est minime si tant est qu'elle soit même observable. Les areligieux québécois devraient vraiment se poser la question de savoir si leurs « valeurs laïques » ne conduisent pas au lent déclin de la spécificité de la société québécoise en Amérique du Nord : sa langue et non son progressisme commun à une bonne partie des villes anglophones du Nord-est du continent. Incidemment, la Nouvelle-Angleterre progressiste voisine du Québec a également un des taux de fécondité les plus bas des États-Unis (1,5 enfant/femme), tiens comme le Québec!