mercredi 13 janvier 2016

La famille nombreuse, antidote au vieillissement ?

Une étude menée par des chercheurs canadiens de l'Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, indiquerait que les mères de familles nombreuses vieilliraient moins vite que les autres :

« D'après les résultats de leur étude, tout serait une question de télomères, les extrémités des chromosomes, connus pour raccourcir avec l'âge et le stress. Les scientifiques ont étudié les télomères de 75 femmes de communauté rurale du Guatemala à 13 ans d'écart. Après toutes ces années, il apparaît que les sujets qui ont eu le plus d'enfants ont aussi conservé des télomères plus longs.

Les femmes concernées vivent dans une société où les mères de famille nombreuse reçoivent l'aide de la communauté et sont donc moins sujettes à la fatigue et au stress, ce qui peut expliquer le phénomène. Une autre hypothèse, plus médicale, met en avant le rôle de l'œstrogène. Cette hormone secrétée en grande quantité par les femmes enceintes possède en effet des vertus anti-oxydantes et pourrait ainsi limiter l'usure des télomères. »

Source

Québec — Les chiffres démographiques pour 2015 seront probablement mauvais

Nous avons désormais les chiffres démographiques provisoires sur les dix premiers mois de 2015 : notamment le nombre de naissances et de décès.

Ces chiffres de 2015 devraient être mauvais.

En effet, malgré une population croissante (environ +50.000 en un an) grâce surtout à l'immigration, le nombre des naissances au Québec est à nouveau en recul­. Pour les dix premiers mois, on est passé en 2014 de 73 700 naissances à 72 750 en 2015, soit une baisse de -1,28 %. Ces chiffres sont bruts et absolus, une fois mis en rapport avec la population croissante, la baisse de la natalité et de la fécondité devrait être plus importante. Les chiffres officiels de la natalité et de la fécondité en 2015 devraient être publiés en avril 2016.

Quant aux décès, ils ont augmenté pour passer de 51 200 pour les dix premiers mois de 2014 à 53 100 en 2015, soit un nombre de morts en augmentation de 3,7 %.

Source : Institut de la statistique du Québec

mardi 12 janvier 2016

Les Italiens, un peuple en voie d’extinction

Pour la première fois depuis 1919, la population d'Italie a diminué l'année dernière, et les experts craignent que les Italiens ne soient un peuple en voie d’extinction, le taux de fécondité dans le pays étant l’un des plus bas du monde avec 1,37 enfant par femme.

Un symbole de l’Italie est en train de disparaître : la Mamma. Les nouvelles mères n’ont jamais été aussi peu nombreuses. Pour la première fois les naissances sont tombées en 2015 sous le seuil psychologique des 500 000, à peine 400 000 si les deux parents sont italiens. Le taux de fécondité est l’un des plus bas du monde avec 1,37 enfant par femme. Ce n’est pas le record de 1,19 atteint en 1995, mais le même chiffre qu’en 1986. Pour la première fois depuis 1919, la population de la péninsule a diminué l’année dernière. Selon les prévisions de l’ISTAT, pas plus de 495 000 nouveau-nés verront le jour dans la péninsule en 2016. 8 naissances pour mille habitants, contre 10 naissances pour mille dans l’Union européenne. Une chute de la natalité qui fait écho à une hausse de 10 % de la mortalité en 2015 par rapport à 2014.

Une véritable démographie de temps de guerre pour le pays le plus âgé du monde après le Japon. Et alors même que les jeunes diplômés italiens quittent toujours davantage le pays. Elle produit en effet des classes creuses et les femmes en âge de procréer sont aujourd’hui beaucoup moins nombreuses qu’il y a vingt, trente, ou quarante ans. Environ 25 % des Italiennes n’ont pas d’enfant, tandis que 25 % n’en ont qu’un seul. Une spirale de la dénatalité dont l’Italie aura bien du mal à s’extraire. D’autant plus que les immigrés sur lesquels elle comptait sont de plus en plus nombreux à partir et font eux aussi de moins en moins d’enfants. Certains évoquent d’ailleurs un « suicide démographique », puisque 2 % des femmes et 4 % des hommes âgés de 18 à 40 ans déclarent ne pas vouloir fonder une famille.


Source : Les Échos

lundi 11 janvier 2016

Grande-Bretagne — David Cameron pour des cours parentaux

Le gouvernement britannique va proposer aux parents de suivre des cours pour apprendre à mieux élever et discipliner leurs enfants, annonce l'hebdomadaire The Observer.

Selon le journal, le premier ministre David Cameron doit détailler la mesure lors d'un discours sur la famille lundi. « Évidemment, ils [les enfants] ne viennent pas avec un mode d'emploi. Mais est-ce normal que nous disposons tous de si peu de recommandations ? », doit dire le Premier ministre conservateur.

« Nous avons fait beaucoup de progrès. Nous avons développé le suivi à domicile après la naissance. Mais cela ne concerne que les premières semaines et mois. Qu'en est-il plus tard, lorsque se posent les problèmes de communication, de comportement, de discipline ? Nous avons tous besoin d'aide sur ces sujets. C'est pourquoi nous devons réfléchir comment rendre normal et même attractif le fait de participer à des cours de parentalité", doit ajouter le Premier ministre.

En pratique, le gouvernement compte distribuer des bons aux familles pour participer à ces classes, sans doute en fonction des ressources. Mais David Cameron veut surtout mettre l'accent sur le fait qu'elles ne s'adresseront pas seulement aux foyers en difficulté mais « à tous ».

Une initiative gouvernementale similaire, proposée après les émeutes urbaines de 2011 à des familles issues d'un environnement socio-économique défavorable, s'était soldée par un échec, rappelle The Observer. 2.956 parents, dont seulement 9 % d'hommes, y avaient participé, loin des 20.000 attendus. Le coût pour l'État avait grimpé à 1.088 livres (1.450 euros) par parent.



En élargissant le programme aux familles plus aisées, David Cameron espère le rendre plus populaire, sur le mode des cours prénataux. Sur le plan politique, la mesure pourrait l'aider à occuper le centre de l'échiquier [et donc virer en peu plus à gauche], vacant depuis l'effondrement du parti libéral-démocrate et le virage à gauche opéré par le parti travailliste sous l'impulsion de son nouveau leader Jeremy Corbyn.

Source : Le Figaro

jeudi 7 janvier 2016

France — Augmentation des incidents dus à la drogue dans les écoles

Selon un rapport de l’Éducation nationale, c’est l’augmentation de la consommation de drogues, et notamment de cannabis. Dans les lycées [fin secondaire puis cégep], elle représente aujourd’hui 10 % des incidents en 2014, contre 4 % en 2013. Les collèges [début du secondaire] sont également concernés par ce phénomène.



Les adolescents sont donc de plus en plus nombreux à consommer des stupéfiants, à l’intérieur comme à l’extérieur des établissements scolaires. Lors de la journée citoyenneté-défense, un jeune sur deux a reconnu ainsi avoir déjà pris du cannabis et près d’un sur dix a avoué en consommer régulièrement.

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Rémi Brague sur les « phobies » et la censure modernes

Extrait d’un entretien avec le philosophe Rémi Brague :

Après les attentats de janvier, vous aviez déclaré « en France, on a le droit de tout dire, sauf ce qui fâche ». À quoi faisiez-vous référence ?

Tout dépend de ceux qu’il ne faut surtout pas fâcher. Qui sont aujourd’hui les vrais puissants, ceux qui sont véritablement influents ? Cette question a été valable, quelle que soit l’époque. Ainsi, les jésuites, au XIXe siècle, pour des gens comme Edgar Quinet, la cinquième colonne pour l’armée, les juifs pour les antisémites, les francs-maçons ou la synarchie pour la droite française, le Comité des forges pour la gauche, ont représenté le fantasme d’une toute-puissante araignée dont la toile est partout.

Cela étant, l’existence de groupes de pression, de lobbies, d’amicales de toutes sortes, le tout plus ou moins discret dans ses affiliations comme dans ses buts, est une évidence. Il serait naïf de nier leur existence et leur intention tout à fait avouée de défendre leurs intérêts ou de promouvoir leur vision de la société, comme il serait naïf de leur attribuer tout ce qui nous déplaît.

Concrètement, pourquoi certains sujets seraient-ils inabordables ?

D’abord, parce qu’ils sont, en soi, difficiles à traiter. Ils demandent une culture que tout le monde n’a pas pris le temps d’acquérir. Et plus encore peut-être le courage intellectuel de briser les cadres de réflexion habituels pour voir les phénomènes en face. Bien des journalistes à qui on demande des rythmes de travail intenables n’ont pas le temps d’apprendre, et certaines écoles les ont formatés si efficacement qu’ils s’imaginent déjà en possession des clefs conceptuelles qui ouvrent toutes les portes.

Ensuite, parce qu’il n’est pas toujours facile de résister à certaines pressions ; le refus poli de publier ou de faire traduire chez de grands éditeurs, le refus poli de relayer une information pourtant bien attestée, tout cela est efficace, et d’autant plus que c’est discret.

Enfin, nous avons de plus en plus de mal à pratiquer certaines distinctions qui sont pourtant de la logique tout à fait élémentaire. Ainsi, entre les personnes, d’un côté, et, de l’autre côté, leurs croyances ou leurs pratiques. Le suffixe « phobie », qui a connu depuis quelques années une inflation remarquable, sert à rendre impossible cette distinction : dire que les pratiques homosexuelles sont des perversions, ce serait de l’homophobie et « stigmatiserait » (encore un mot dont l’inventeur a dû se retirer fortune faite...) les homosexuels ; dire que le Coran, les hadiths et la vie de Mahomet contiennent de quoi justifier le meurtre, le viol et le vol, ce serait de l’islamophobie et « stigmatiserait » les musulmans. Mais dire que le tabac augmente les risques de cancer, est-ce de la « fumeurophobie » ? Est-ce « stigmatiser » les fumeurs ? N’est-ce pas plutôt leur rendre service en les avertissant des risques qu’ils courent ?

Source :  Valeurs actuelles du 6 janvier

mercredi 6 janvier 2016

L’école privée profite à tous les élèves québécois

Un texte de Michel Kelly Gagnon dans le Journal de Montréal de mardi 5 janvier.

Les résultats d’une étude récente du professeur Pierre Lefebvre, de l’UQAM, démontrent que la présence accrue du secteur privé dans le système d’éducation profite à tous les élèves québécois, autant ceux qui étudient dans des écoles privées que ceux qui étudient dans des écoles publiques.

« Les résultats suggèrent que la minorité considérable des élèves qui fréquentent l’école privée au secondaire explique en partie les résultats supérieurs du Québec aux tests PISA, tant dans les écoles privées que publiques (par effet de concurrence).

Selon les estimés conservateurs, l’école privée ajoute approximativement une année d’études en termes des scores de lecture et math. De façon plus importante, pour le développement du capital humain, les résultats soutiennent l’existence d’un effet causal important de l’école privée sur les niveaux (hiérarchie) des compétences mesurées par PISA. »

Selon le professeur, la différence s’explique par plusieurs facteurs, dont l’autonomie plus grande des écoles privées et le degré plus grand de responsabilité (et donc de reddition de comptes) du privé dans l’allocation des ressources, notamment l’embauche et le congédiement des enseignants (l’Institut économique de Montréal, IEDM, publiera dans les prochains jours une Note économique sur ce sujet précis).

Le chercheur souligne également que l’effet de la concurrence du privé force les écoles publiques à se surpasser, ce qui bénéficie à tous. Ces résultats ne devraient pas surprendre. Déjà en 2005, l’IEDM recensait les résultats d’expériences internationales sur la concurrence entre écoles, notamment en Suède et aux États-Unis, et les effets étaient similaires.

« En fait, sur sept analyses qui ont examiné la question, cinq montrent un effet positif sur les résultats (notamment en lecture et en mathématique) des élèves des écoles publiques rattaché à une hausse de la proportion des inscriptions à l’école privée, alors que deux ne notent aucun effet significatif.

Les impacts de la concurrence sur d’autres mesures de performance des écoles, comme le taux de diplomation au secondaire, sont également positifs. La concurrence des écoles privées a aussi pour effet indirect de hausser le nombre d’années de scolarité des individus et leur salaire à 24 ans. »

Certains souhaitent que le gouvernement mette fin au financement public des écoles privées. Pourtant, il n’existe aucune preuve que la présence de ce secteur nuit à la performance des écoles publiques. Au contraire, une majorité d’études le démontrent : la présence d’écoles privées performantes entraîne un effet d’émulation par les écoles publiques qui profite à tous.

Source

Mise en contexte


Rappelons les chiffres : au Québec, environ 22 % des ados fréquentent le privé au secondaire, trois fois plus qu’ailleurs au Canada. En Ontario, cette proportion n’est que de 3 %. L’écart s’explique parce que le Québec subventionne fortement le privé, un financement dont le principe a été maintenu par tous les gouvernements depuis les réformes des années 60.

Dans une récente étude, l’économiste Pierre Lefebvre, de l’UQAM, tente d’éclaircir le débat en utilisant les fameux résultats de PISA depuis l’an 2000, soit le Programme international pour le suivi des acquis.

Ce programme, rappelons-le, compare les résultats des élèves de 15 ans de partout dans le monde à des tests de mathématiques, de lecture et de sciences. De plus, PISA pose des questions aux répondants sur leur profil socioéconomique.

En math, les ados du Québec se classent parmi les meilleurs au monde depuis plusieurs années et Pierre Lefebvre croit que la présence accrue du privé y est pour quelque chose.

Pour tenter d’y voir clair, l’économiste a comparé les résultats des ados au privé et au public en fonction de certains indicateurs socioéconomiques. Un enfant avec les mêmes caractéristiques socioéconomiques obtient-il de meilleurs résultats au privé ? Et globalement, cet effet du privé rehausse-t-il les notes moyennes de l’ensemble des ados du Québec par rapport au reste du Canada ?

Voyons voir. Les deux variables les plus significatives sondées par PISA à cet égard sont l’indice du statut professionnel (ISP), d’une part, et le nombre de livres à la maison, d’autre part. L’ISP est le niveau d’emploi le plus élevé des parents, rapporté sur une échelle de 10 (1 correspondant aux travailleurs sans qualification et 10 aux travailleurs très qualifiés, comme les juges, les médecins, etc.).

Pierre Lefebvre a constaté que, de deux élèves dont les parents ont le même ISP ou le même nombre de livres à la maison, celui qui fréquente le privé obtient des résultats nettement meilleurs aux tests PISA, en moyenne.

Par exemple, aux tests PISA de mathématiques, ceux qui ont un ISP de 8 obtiennent une note de 543 (sur 650) au public, mais de 589 au privé. Les écarts entre le public et le privé par échelon d’ISP varient de 27 à 58.

Écart semblable entre le privé et le public lorsqu’on tient compte du nombre de livres à la maison. Les enfants de foyers où il y a plus de 200 livres obtiennent de meilleures notes aux tests de maths du PISA (605) que ceux qui vont au public (561).

Cet écart d’environ 40 points dans les notes entre le privé et le public est observé également dans les tests de lecture. Selon les analystes de PISA, un écart de 30-40 points équivaut à environ une année d’étude supplémentaire.

Fait étonnant : en maths, les élèves de 15 ans du public obtiennent une note aussi bonne que la moyenne des élèves du reste du Canada (531 contre 526). C’est donc dire que les ados québécois sont plus forts en maths qu’ailleurs, même en excluant les « calés » du privé.

Pierre Lefebvre conclut qu’à « statut socioéconomique semblable, les élèves obtiennent de meilleurs résultats à l’école privée ». De plus, il estime que ce phénomène a globalement contribué à donner au Québec des élèves mieux formés.

Selon lui, cette différence peut s’expliquer par une série de facteurs mesurés lors des tests PISA. Trois ressortent du lot. Premièrement, il y a l’autonomie plus grande des écoles privées. Deuxièmement, les analystes notent le degré plus grand de responsabilité (et donc de reddition de comptes) du privé dans l’allocation des ressources (embauche et congédiement des profs, répartition des budgets, etc.). Troisièmement, il est question de l’impact du meilleur climat scolaire (moins de retards aux cours, plus grand respect des profs, moins d’intimidation, etc.).

Dans sa logique d’économiste, Pierre Lefebvre croit également que l’effet de la concurrence du privé force les écoles publiques à se surpasser, ce qui bénéficierait à tous.

Cela dit, l’étude ne mesure pas à proprement parler l’effet sur les résultats de la sélection des élèves dans certaines écoles. De plus, la forte croissance du privé au secondaire ces dernières années au Québec devrait avoir un impact sur les résultats moyens des élèves, ce que l’étude ne capte pas.

Enfin, on ne sait pas jusqu’à quel point la composition de plus en plus difficile des classes du public tire les résultats vers le bas et contrebalance négativement les effets du privé.

À cet égard, un comité d’experts concluait, en juin 2014, que la ségrégation des élèves en fonction de leurs aptitudes ou de leurs origines socioéconomiques est nuisible.

« De nombreux chercheurs arrivent à la conclusion qu’une plus grande mixité des élèves au regard de leur genre ainsi que de leur origine sociale et ethnique influence positivement la réussite de tous les élèves. Ainsi, les élèves qui sont plus à risque d’échouer pour des raisons liées à leur statut socioéconomique ou à leur origine ethnique bénéficient significativement de la présence d’élèves forts dans leur classe, alors que les élèves forts ne sont pas pénalisés par la composition hétérogène de leur classe. »


lundi 4 janvier 2016

Les écoles Montessori séduisent de plus en plus de célébrités


Le prince George (ci-contre) fera sa rentrée des classes dans quelques jours dans une école Montessori. Un label d’établissements scolaires qui attire de plus en plus d’enfants de vedettes, de politiques ou de décideurs.

À 2 ans et demi, le prince George fera sa rentrée dans quelques jours dans un jardin d’enfants Montessori à Norfolk comme l’annonçait Kensington Palace le 18 décembre dernier. Une annonce qui devrait renforcer encore un peu plus la vogue de cette méthode d’enseignement dans les milieux huppés. La Bilingual Montessori School of Paris, sur les bas-côtés de l’Église américaine, située quai d’Orsay, accueille des enfants de vedettes ou d’hommes d’affaires qui n’hésitent pas à débourser 12 000 euros pour une année de primaire. On a entendu Jean-Marie Messier se féliciter que ses enfants puissent bénéficier alternativement de cette même pédagogie en France et aux États-Unis. Les fondateurs de Google, d’Amazon et de Wikipédia ont aussi fréquenté des écoles Montessori…

« Finalement, une école privée traditionnelle lui a mieux convenu »

Argument souvent mis en avant par ces structures, elles s’annoncent « bilingues », voire pour certaines « trilingues » ! Le plus souvent, c’est l’un des deux intervenants de la classe qui parle en anglais aux enfants. « La plasticité des enfants est, à cet âge, étonnante », argumente la directrice d’une école Montessori dans le IXe arrondissement de Paris, Héloïse Wirth, qui accueille 178 enfants de 3 ans à 12 ans. En ce début d’année, elle compte déjà 100 demandes pour les 25 places de maternelle pour la rentrée prochaine malgré 6500 euros l’année.

Son MBA décroché à Yale en impose aux parents. Elle compte 40 % d’enfants binationaux, de cadres supérieurs, médecins, avocats, professeurs d’université, de classes préparatoires. Mère d’un enfant resté deux ans dans une école Montessori, Marie se souvient d’une scène « surréaliste où l’institutrice pouvait décider sur un coup de tête d’emmener le surlendemain des enfants de CP voir Van Gogh à Amsterdam. On nous disait : “Ça va vous coûter 500 euros.” Tous les parents applaudissaient ». Elle décrit beaucoup de parents avec des enfants uniques, des « gens avec beaucoup d’argent » et une « minorité qui se saigne ».

5000 euros l’année à l’école Montessori d’Évry

Avec quelque 200 écoles d’inspiration Montessori, la France reste loin derrière les États-Unis qui en comptent plus de 5000. Elles se concentrent pour l’essentiel en région parisienne même si on en compte aussi beaucoup dans le sud-est. À Évry (Essonne), Muriel Bouchon accueille 54 enfants pour 5000 euros l’année. « C’est l’une des moins chères de la région », précise-t-elle. « La philosophie Montessori, c’est que chacun doit apprendre à son rythme. Lorsqu’un enfant sait lire à 4 ans, les parents sont émerveillés, mais lorsqu’à 6 ans, il ne sait toujours pas lire en décembre comme le petit copain de l’école publique, c’est la panique… », observe-t-elle.

Anne-Claire a testé cette pédagogie à Cannes (Alpes-Maritimes) : « Ma fille adorait. Timide, elle y a trouvé le goût de l’apprentissage, la joie », dit-elle. Maxime, lui, garde un souvenir plus circonspect : « L’école nous a coûté une fortune sans résultats probants. C’est séduisant sur le papier, mais je pense que ça marche avec des enfants assez autonomes naturellement. Mon fils avait besoin d’être cadré. À force d’aller à son rythme, il en est sorti sans savoir ses tables de multiplication, sa grammaire. Finalement, une école privée traditionnelle lui a mieux convenu. »


Source

vendredi 1 janvier 2016

Étude — Plus on est « progressiste », plus idéaliserait-on ou nierait-on la réalité ?

La revue érudite, le Journal of Personality and Social Psychology, a récemment effectué trois tests lors duquel elle a demandé aux gens d’identifier une forme. On a donc présenté aux participants trois figures géométriques et on leur a demandé dans quelle mesure celles-ci étaient des « cercles », des « triangles », des « carrés » ou une autre forme géométrique.

Dans un des cas, on leur a présenté une forme qu’on pourrait appeler une ellipse irrégulière, une sorte de vague tracé ovale à la circonférence irrégulière.

Quelle forme voyez-vous ?
Les chercheurs ont découvert que ceux qui disaient y voir un « cercle » étaient plus susceptibles d’être des « progressistes ». Les personnes qui ont déclaré qu’il ne s’agissait pas d’un cercle, mais d’une autre figure assez différente étaient plus susceptibles d’avoir des opinions politiques conservatrices.

De façon plus précise, ceux qui voyaient dans la forme biscornue un cercle (un carré ou un rectangle) étaient plus susceptibles d’être accueillants envers les immigrants et les plus enclins à tolérer des modes de vie minoritaires ou déviants. L’expert en psychologie Ben Ambridge a écrit dans The Guardian que les participants qui ont répondu qu’ils voyaient une figure régulière (cercle, carré ou rectangle) étaient plus susceptibles d’être en faveur du « mariage » homosexuel, de la légalisation du cannabis et de l’aide du gouvernement envers les chômeurs et les sans-abri.

Les interprétations des résultats divergent : certains, comme le journal de gauche The Guardian, y voient une tendance des progressistes à la générosité ou à la tolérance par rapport à la norme, à la déviance ; d’autres, comme le Spectator, y voient plutôt de l’aveuglement, une tendance à l’illusion sotte.

À la London School of Economics, un chercheur appelé Satoshi Kanazawa a suggéré que les libéraux étaient plus intelligents parce qu’ils étaient « prêts à épouser des valeurs évolutivement novatrices » à savoir des valeurs qui n’ont pas existé dans notre environnement ancestral. Mais ne s’agit-il pas là que de l’avis de Satoshi, opinion qui ne prouve rien. Se pourrait-il, par le plus grand des hasards, que Kanazawa se dise progressiste ?

Il se peut que, pour le bien de l’humanité, nous ayons besoin de cobayes qui adoptent de temps en temps des « valeurs évolutivement novatrices », même si 99 des 100 d’entre elles nous entraînent dans un cul-de-sac sur le plan de l’évolution ou mènent à une dépravation grotesque. Une de ces valeurs novatrices pourrait, il est vrai, nous faire progresser, mais ce ne serait pas un signe d’intelligence, mais une simple conséquence du hasard statistique.

Voir

L’effacement du réel (balai lexical sous le tapis)

L'effacement du réel

Le dernier quart de siècle aura été celui de l’effacement du réel. La télévision et la radio y ont beaucoup contribué, l’une en laissant croire que ce qui était montré était le seul réel, l’autre, en affirmant que c’était ce qui se trouve entendu. Or, la télévision montre ce qu’elle choisit et la radio ne fait entendre que ce qu’elle a élu. De sorte que ça n’est pas le réel qu’on nous présente, mais la fiction choisie par le journaliste. Nous vivons dans la fable d’un monde créé par les médias. Le réel n’ayant pas eu lieu, la fiction le remplace.

Balayer sous le tapis

L’un des signes de cet effacement du réel est l’effacement du mot qui dit le réel. Quiconque met le signifiant sous le tapis croit avoir aboli le signifié. Ainsi, il n’y a plus de clochards, mais, d’abord des sans domiciles fixe, avant que ceux-ci ne laissent place aux SDF ; il n’y a plus de nains, mais des personnes de petite taille ; plus de gros, mais des personnes en surcharge pondérale ; plus d’avortement, mais des Interruptions volontaires de grossesse, puis des IVG ; plus de contraception, mais un contrôle des naissances ; plus de prolétaires, mais des OS, des OQ, des OP – autrement dit des ouvriers spécialisés, des ouvriers qualifiés, des ouvriers professionnels ; plus de ceinture ou de banlieues, mais des ZUP et des ZEP ; plus de handicapés, mais des personnes à mobilité réduite , voire des « personnes en situation de handicap »; plus de noirs, mais des blacks ; plus de femmes de ménage, mais des techniciennes de surface ; plus d’allocations, mais des aides, voire des RSA ; plus de juifs, mais des feujs ; plus de Maghrébins, mais des beurs ; plus d’émigrés ou d’immigrés, mais des migrants ; plus de vieux, mais des personnes du troisième âge ; plus d’homosexuels, mais des gays ; plus de chômeurs, mais des demandeurs d’emploi ; plus de téléphones, mais des iPhone ou des Smartphones ; plus de droits de l’homme, mais des droits humains ; plus de Tiers monde mais des pays en voie de développement ; plus de prostituées, ni de putes bien sûr, mais des travailleuses du sexe ; plus d’élèves, mais des apprenants ; plus d’instituteurs, mais des professeurs des écoles ; plus de professeurs, mais des enseignants ; plus de ballons, mais des référentiels bondissants ; plus de lectures sur scène, mais des mises en voix ; plus de romanichels, mais des gens du voyage ; plus de sexe, mais du genre ; plus de races, mais des peuples ; plus de mensonges, mais des contre-vérités ; sans parler des tsunamis qui ont remplacé les raz-de-marée ou les congères qui prennent la place des tas de neige, voire de la neige à laquelle la vulgate médiatique substitue désormais le stupide manteau neigeux …

Voilà comment on ne peut plus parler de marchandisation d’utérus puisqu’il s’agit d’une gestation pour autrui ; ni de crimes de guerre puisque ce sont des dommages collatéraux. De même pourquoi ferait-on encore la révolution puisqu’il n’y a plus ni prolétaires ni femmes de ménage, ni chômeurs ni clochards. Et pourquoi y aurait-il encore une école puisqu’il n’y a plus ni instituteur ni professeur ? Rabelais faisait dire à Pantagruel : « Si les signes vous fâchent, ô quand vous fâcheront les choses signifiées ? » Les signes étant morts, les choses signifiées le sont aussi. Le désert avance…

Source : Carnet de Michel Onfray

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