mercredi 11 février 2015

États-Unis : un militant athée tue trois musulmans

Deah Shaddy Barakat, sa femme Yousor Mohammad et la sœur de celle-ci Razan Mohammad Abou-Salha. Craig Hicks (à droite) a été accusé de leur meurtre
Trois musulmans ont été tués par balle chez eux mardi soir, dans le quartier de Chapel Hill en Caroline du Nord (États-Unis), suscitant l’émotion de nombreux internautes, un homme de 46 ans farouchement anti-religieux s’est ensuite rendu à la police.

Agés de 19 à 23 ans, les victimes sont Shaddy Barakat, un étudiant dentiste, sa femme Yousor Mohammad, et la sœur de celle-ci, Razan Mohammad Abou-Salha, selon le site du journal local Chapel Hill News. Le suspect, Craig Hicks, partageait régulièrement sur sa page Facebook des messages athées militants mettant en cause l’islam, mais aussi le christianisme. Pour autant, la police déclare que le mobile n’est pas encore établi.

Parmi les programmes de télévision de prédilection de Hicks on retrouve The Atheist Experience, Esprits criminels et Friends, alors qu’il se décrit comme un admirateur du Siècle de la raison de Thomas Paine et de Pour en finir avec Dieu de Richard Dawkins.

« Nos enquêteurs étudient ce qui aurait motivé M. Hicks à commettre un tel acte insensé et tragique. Nous comprenons les préoccupations qu’il pourrait s’agir d’un crime haineux et nous explorerons toutes les pistes afin de déterminer si c’est bien le cas. Nos pensées sont avec les familles et les amis de ces jeunes gens qui ont perdu leur vie inutilement », a déclaré Chris Blue, chef de la police de Chapel Hill. Une dispute entre voisins sur des questions de stationnement est également envisagée, selon le communiqué de la police.

Toutefois, le père musulman de deux des victimes a insisté mercredi que le voisin de ses filles et leur tueur présumé les avaient menacées auparavant et aurait été poussé par la haine envers les religions. Le docteur Abou-Salha a déclaré que sa fille, qui habitait à côté de Hicks, portait un foulard islamique et qu'elle aurait dit à sa famille il y a une semaine qu'elle avait « un voisin haineux ». « Je vous le jure, il nous hait pour ce que nous sommes et à cause de notre apparence », a déclaré le père désemparé qui citait sa fille défunte.

Les sœurs Salha étaient étudiantes à l’Université d’État de Caroline du Nord et Barakat était doctorant à l’École médecine dentaire (UNC-Chapel Hill), selon les médias locaux. Dans un communiqué, la police dit qu’ils ont répondu à un rapport de coups de feu dans la zone habituellement calme de Summerwalk Cercle à Chapel Hill à 17 h 11 ce mardi. À l’arrivée, les agents ont trouvé les trois jeunes personnes déclarées mortes sur la scène du crime.

Sur Twitter, le mot-dièse (croisillon) #ChapelHillShooting se classait ce mercredi matin en deuxième place des tendances mondiales. De nombreux internautes pointent une couverture médiatique très discrète pour le moment. Le militant athée Richard Dawkins s’est dissocié de ces meurtres.

Selon nombre d'internautes sur Twitter, si le tireur avait été musulman, il aurait été qualifié de terroriste, ce qui n'a pas été le cas par les principaux médias américains.

Extraits du « mur » de Craig Hicks sur Facebook :






Sources : Libération, The Telegraph et The Independent


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« Alors que la période prémoderne se caractérisait par la recherche de l'hégémonie religieuse et par le prosélytisme qui conduisit l'Europe aux guerres les plus meurtrières de son histoire, la période moderne se caractérise par la sécularisation, la tolérance et le respect mutuel dans l'aire occidentale. » (Expertise du professeur Georges Leroux pour les procès de Drummondville et de Loyola, p. 26) Quid du nazisme, du communisme, de l'athéisme militant ? Notons que période moderne en histoire ne veut pas dire période contemporaine.





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mardi 10 février 2015

Une école montréalaise accusée de faire de la « propagande gauchiste »


Une école de la région de Montréal a pris parti dans le débat sur le transport de pétrole albertain au Québec. Des élèves accompagnés de professeurs ont ainsi tenu des « activités de sensibilisation » contre le projet, des activités vues comme de la « propagande gauchiste » selon un père de famille.

Enfants amenés par leur école à Granby
à défiler lors de la Journée de la Terre
Sur les ondes du 98,1 à Québec, lundi soir, le père de deux adolescents, qui a demandé à ne pas être identifié, a raconté la version que ses enfants lui ont transmise. Selon son témoignage, des élèves de l’École secondaire du Chêne-Bleu de Pincourt auraient été incités à faire des dons, en plus d’avoir été presque « obligés » à s’habiller en noir le vendredi pour tourner une vidéo sur l’heure du midi.

« Je ne pense pas qu’un établissement scolaire doit devenir un endroit où on fait de la propagande politique, écologiste ou gauchiste », a dénoncé le père de famille, qui concède ne pas avoir porté plainte.

« Selon ce que mes adolescents m’ont dit, il y avait des affiches un peu partout dans l’école, et il y avait une table avec un pot dans lequel les élèves pouvaient déposer un don, a raconté l’homme. C’est aberrant, c’est profiter de la naïveté des enfants dans un dessein politique ! », s’est-il insurgé sur les ondes de CHOI.
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Le père des deux adolescents se questionne également sur la direction de l’école, qu’il accuse de « laxisme ».

La responsable des communications à la Commission scolaire des Trois-Lacs, Colette Frappier, raconte que le débat a commencé dans le cours d’éthique de culture religieuse et celui de Monde contemporain, deux cours de cinquième secondaire qui encouragent les jeunes à débattre et à prendre position. Des cours qui permettent donc une certaine politisation et un certain formatage par un appel au dialogue et au consensus.

« Coule pas chez nous » et Trans-Canada ont été invités, mais les deux se sont contentés d’envoyer de la documentation. « Coule pas chez nous » est un organisme formé de citoyens bénévoles qui s’opposent au transport du pétrole des sables bitumineux au Québec.

Mais le débat a « débordé » des salles de classe, si bien que le conseil étudiant des élèves de cinquième secondaire a pris position. Ce sont les étudiants qui ont organisé l’activité et la campagne de financement. Mme Frappier admet cependant que des enseignants, de même que l’école, leur ont facilité la tâche. Des élèves ont eu l’autorisation de prolonger le dîner. Des profs ont fourni des affiches. Deux d’entre eux ont même donné chacun 20 $ à la campagne de financement organisée par un élève.

« Ce n’est pas une prise de position de l’école ? », a demandé le Journal de Montréal. Mme Frappier répond par la négative. « On veut que nos jeunes soient ouverts sur le monde, on veut qu’ils prennent position. C’était une initiative du conseil des élevées et les profs sont là pour les accompagner, pour que ça se fasse correctement » et sans bavures, explique-t-elle.
« Non, ce n’est pas une prise de position. Les enseignants se sont ralliés à la prise de position des jeunes. Si ça avait été l’inverse [c’est-à-dire en faveur] de Trans-Canada, les profs auraient aussi accompagné les jeunes dans leur démarche. » Elle ajoute que « les élèves sont complètement libres de participer ou non ».

L’organisme montré du doigt, « Coule pas chez nous », avait passablement fait parler de lui en novembre dernier quand Gabriel Nadeau-Dubois, l’ex-leader étudiant, avait annoncé à « Tout le monde en parle » remettre sa bourse de 25 000 $ à l’organisme. Il avait aussi lancé un appel à la population, qui s’était traduit par des dons de plus de 250 000 $.

Jointe par le Journal de Montréal, lundi en soirée, l’une des personnes qui s’occupent de la campagne, Odette Lussier, assure que l’organisme n’y est pour rien. « S’il y a eu une collecte de dons dans une école, ce n’est certainement pas notre responsabilité. »



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10 février 1763 : perte de l'Amérique du Nord française, d'une bonne partie de l'Inde et de nombreux comptoirs

C'est par ce traité, rédigé en français et signé à Paris le 10 février 1763, que la Nouvelle-France, un bonne partie de l'Inde et de nombreuses territoires et colonies françaises passent officiellement aux mains de la Grande-Bretagne et de ses alliés.

Aux termes de ce traité, en Europe :

  • La France restitue Minorque qu'elle avait prise le 29 juin 1756.
  • Elle évacue les territoires des alliés de l'Angleterre en Allemagne, ainsi que les territoires du Hanovre, propriété personnelle du roi de Grande-Bretagne.
  • La Grande-Bretagne rend Belle-Île à la France, prise en 1761.
En Amérique :
  • La Grande-Bretagne obtient de la France l'Île Royale, l'Isle Saint-Jean, l'Acadie, et le Canada, y compris le bassin des Grands Lacs et la rive gauche du Mississippi. La France abandonne également certaines îles des Antilles (Saint-Vincent, la Dominique, Grenade et Tobago).
  • Conformément à la capitulation conditionnelle de 1760, la Grande-Bretagne garantit une liberté de religion limitée aux Canadiens.
  • L'Espagne reçoit l'ouest du Mississippi, donc la Louisiane (Nouvelle-France), et le delta et la Nouvelle-Orléans.
  • L'Espagne cède, quant à elle, la Floride à la Grande-Bretagne.
  • La France conserve des droits de pêche à Terre-Neuve et dans le golfe du Saint-Laurent.
  • Et en retour, elle acquiert Saint-Pierre-et-Miquelon et recouvre trois îles à sucre (Martinique, Guadeloupe et surtout Saint-Domingue).
Voltaire s'est réjoui de ces pertes immenses dans son fameux (et honteux) « quelques  arpents de neige ».

Dans le reste du monde :
  • La France cède son empire des Indes aux Anglais, ne conservant que ses cinq comptoirs de Pondichéry, Kârikâl, Mahé, Yanaon et Chandernagor. 
  • En Afrique, elle est autorisée à garder son poste de traite des esclaves sur l'île de Gorée (Sénégal) mais elle cède Saint-Louis du Sénégal.

Ce traité marque un tournant dans l'Histoire de l'Europe et du monde, la France n'est plus la nation européenne dominante. Le Royaume-Uni va pouvoir étendre librement son influence et sa culture sur le globe, ayant neutralisé et pactisé avec les deux seules puissances capables de rivaliser avec lui. Il explique l'étendue de la langue anglaise en Amérique du Nord au détriment du français, alors que la Nouvelle-France comprenait une grande partie des actuels États-Unis et du Canada.

Texte du traité.




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lundi 9 février 2015

Euthanasie au Canada: « aide à mourir », la destruction de l'interdit moral

Chronique québécoise de Bock-Côté dans les pages du Figaro de Paris.

Le 6 février, la Cour suprême du Canada a autorisé « l’aide médicale à mourir ». Pour Mathieu Bock-Côté, cette décision est un pas de plus vers la déconstruction d’un tabou civilisationnel liée à la déchristianisation des sociétés occidentales et à la désacralisation de la vie qui l’accompagne.

« Il y a quelques mois déjà, l’Assemblée nationale du Québec adoptait la loi sur les soins en fin de vie, qui légalisait l’euthanasie transfigurée en droit de mourir dans la dignité. Pilotée depuis plusieurs années, la loi a reçu un appui massif des élites politiques et médiatiques, témoignant pour une fois d’un vrai consensus moral autour de cette question qui, ailleurs, fâche quand même un peu. C’est désormais par un autre chemin que le Canada prend le relais et pousse plus loin la déconstruction de l’interdit moral et légal autour de l’euthanasie. La Cour suprême, vendredi le 6 février, par un jugement unanime, décriminalisait « l’aide médicale à mourir ».

Ce débat dure depuis des années et a été caractérisé par la progressive marginalisation des opposants à l’euthanasie, qui furent médiatiquement présentés comme des fondamentalistes religieux prêts à imposer leur foi à tout prix dans l’espace public. On les traita avec un mélange de respect de façade et de condescendance profonde. Le respect était nécessaire pour donner l’impression d’une proposition modérée, mais consensuelle, attentive aux arguments de chacun pour éviter une brusque rupture morale. Mais la condescendance prenait vite le dessus : ceux qui sont dans le sens de l’histoire n’ont aucune envie de s’encombrer avec les retardataires qui traînent la patte.

C’est la grande marche des droits de l’individu autonome qui se poursuit et qui se mène en brandissant l’étendard de la dignité humaine. Au fil des décennies, on a assisté à une privatisation croissante de la culture et de la morale. Il n’y a plus vraiment d’anthropologie commune sur laquelle fonder la cité, sinon, et j’y reviendrai, le culte de l’indétermination identitaire de chaque individu. Chaque homme est libre du sens à donner à sa vie, et est libre de décider à quel moment elle n’a plus de valeur. Et il est en droit, sous le régime de l’État social, de réclamer de ce dernier qu’il satisfasse sa requête de « mourir dans la dignité », en en faisant en quelque sorte l’ultime droit de l’homme : celui de quitter le monde selon ses propres termes.

Il faut entrer dans les profondeurs de l’imaginaire de notre époque pour bien comprendre les enjeux liés à la transformation de l’euthanasie en droit fondamental. L’homme contemporain est traversé par la tentation démiurgique. Il ne veut plus se soumettre à d’autres autorités que lui-même. Il veut choisir son propre nom, son propre pays, et il lui arrive même de souhaiter choisir son propre sexe.

Il se veut moins l’héritier d’un monde que le créateur de sa propre vie, qu’il absolutise, et qu’il délie de la longue chaine humaine. Pourquoi, dès lors, tolérerait-il qu’une volonté extérieure à la sienne décide de sa manière d’en finir avec la vie ?

Les différentes initiatives canadiennes cherchent à marquer le caractère exceptionnel de l’euthanasie. Mais cette prudence masque bien mal la révolution morale qui se joue sous nos yeux.

La mort n’est plus l’ultime limite existentielle, aussi mystérieuse qu’angoissante, qui donne son sens à l’existence, en l’achevant et en l’ouvrant vers l’inconnu. On ne verra dans cette méditation sur la mort qu’une mauvaise poésie vaguement chrétienne. L’euthanasie devient un acte médical comme les autres, peut-être nécessaire pour en finir avec l’extrême souffrance. La mort, en quelque sorte, se désacralise. La médecine doit s’adapter. On entend certainement encadrer l’euthanasie, la circonscrire, pour éviter les dérapages à la belge. Et il est vrai que les différentes initiatives canadiennes cherchent à marquer le caractère exceptionnel de l’euthanasie. Mais cette prudence masque bien mal la révolution morale qui se joue sous nos yeux.

Un tabou civilisationnel s’est tellement effrité qu’il n’existe plus. Dans la société gestionnaire, la mort passe désormais pour un problème à résoudre et à gérer avec le maximum d’efficacité. Les interdits moraux liés à l’anthropologie chrétienne passent pour d’exaspérants archaïsmes que chacun pourra honorer selon sa conscience, mais qui ne pourront plus s’imposer à tous. Comment ne pas penser cette révolution en lien avec la mutation des rites funéraires, qui se personnalisent, et qui ne s’ancrent plus dans une commune conception du sacré. L’homme contemporain préfère souvent la crémation à l’ensevelissement, comme s’il voulait une fin hygiénique, le corps devant se dissiper en poussière et non pas trouver une dernière demeure, où ses survivants pourraient l’honorer.

Ce que cela révèle, à travers tout cela, c’est la déchristianisation en profondeur des sociétés occidentales, qui pousse inévitablement à la désacralisation de la vie. Dans un texte paru le 31 octobre 1950 dans Le Figaro, et recueilli dans La paix des cimes, François Mauriac écrivait magnifiquement : « avouons-le : seul le chrétien est logique lorsqu’il s’interdit d’interrompre ce dernier combat entre la chair à demi-vaincue et l’âme palpitante près de surgir dans une inimaginable lumière, parce que seul le chrétien attache du prix et donne une signification à cette suprême angoisse et croit qu’elle a un témoin éternel ».

Mauriac disait de l’idée chrétienne qu’elle avait un temps survécu au christianisme vécu, mais qu’elle ne saurait longtemps marquer le monde sans l’impulsion de la foi. Il ne se trompait manifestement pas. Et nous savons bien que les dieux morts ne renaissent pas, et que si les rites qui leur étaient associés peuvent survivre un temps, ils finissent par s’assécher. Les adversaires de l’euthanasie, pour éviter de passer pour réactionnaires, évitent de transposer cette querelle sur le plan spirituel. On les comprend : nous sommes tous aujourd’hui au moins un peu libéral. Mais il n’en demeure pas moins que c’est à cette hauteur qu’elle devrait aussi se mener.
»





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France : encore trop de discriminations envers les écoles indépendantes


Les écoles indépendantes (« hors contrat » avec l’État français) se développent de manière exponentielle [en France]. La demande explose, mais les pouvoirs publics tardent à accorder aux élèves de ces établissements le même traitement que celui accordé à leurs congénères du public. Comment expliquer ce phénomène ?


Le succès des écoles indépendantes se confirme d’année en année. En 2014, 51 nouvelles écoles se sont ouvertes, contre 37 en 2013, 35 en 2012, 31 en 2011 et 19 en 2010. Un phénomène qui s’explique par la demande croissante de parents qui cherchent un « autre » enseignement, une pédagogie réellement adaptée aux besoins de leurs enfants. Cependant, force est de constater que les élèves de ces établissements dits « hors contrat » ne bénéficient pas toujours des mêmes droits que les élèves issus du public ou du privé « sous contrat ». Est-il acceptable, en France, que des enfants soient discriminés parce que leurs parents ont fait le choix de la liberté scolaire ?

Accès au concours général

Le concours général des lycées et des métiers a pour fonction de distinguer les meilleurs élèves ou apprentis et de valoriser leurs travaux. Institué en 1744 par l’Université de Paris, à l’initiative de l’abbé Legendre, ce concours évalue les candidats sur des sujets conformes aux programmes officiels, dans le cadre d’épreuves plus exigeantes et plus longues que celles du baccalauréat. Or les élèves issus des écoles indépendantes n’ont pas accès à ce concours. En effet, l’arrêté du 3 novembre 1986 oublie littéralement les élèves des établissements privés dits « hors contrat » qui ne bénéficie donc pas de la possibilité de se présenter au concours général.

Comment l’expliquer ? Selon le ministère de l’Éducation nationale, que nous avons contacté, les élèves sont interrogés sur des points précis du programme, les écoles indépendantes choisissant d’enseigner un programme qui n’est pas forcément le même que celui de l’Éducation nationale, les élèves ne seraient pas bien préparés pour ce concours. Mais cette explication ne tient pas. Les écoles indépendantes doivent respecter le socle commun des connaissances et sont inspectées en moyenne tous les deux ans – le public est quant à lui inspecté en moyenne tous les 7 ans. Par ailleurs, le concours général se passe en fin de scolarité, là où tous – dans le public comme le privé sous ou hors contrat — préparent les mêmes diplômes, à savoir le bac. Les écoles indépendantes peuvent en revanche ajouter des éléments au programme et choisir la pédagogie.

Par ailleurs pour passer le concours, l’élève doit être présenté par un enseignant, or pour l’Éducation nationale, n’est véritablement enseignant que celui qui a passé les concours d’État pour enseigner, ce qui n’est par définition généralement pas le cas des professeurs dans les écoles indépendantes. Cette disposition conduirait donc à exclure de facto les élèves de la possibilité de se présenter.

Face à ce qu’elle tient comme une injustice et une rupture d’égalité, l’association Créer son école, partenaire de la Fondation pour l’école, a introduit un recours en justice devant le Conseil d’État. Ce dernier n’ayant pas fait droit à sa demande, elle a déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme, laquelle a jugé irrecevable sa requête. Les élèves du hors-contrat désireux de se confronter aux autres à l’occasion du Concours général ne peuvent donc toujours pas le faire. Alors que le baccalauréat est largement dévalorisé, ces élèves ne disposent d’aucun moyen évident de prouver leur niveau et leur originalité, ce qui ne peut que les desservir dans le cadre des procédures d’admission post-bac sur dossier, surtout lorsqu’ils proviennent d’établissements indépendants peu connus.

Ce bon niveau des écoles indépendantes qu’on ne veut pas voir

Il semblerait en fait que l’Éducation nationale n’accepte pas l’idée que ces écoles dites « hors contrat » puissent avoir de meilleurs résultats que les établissements publics. En effet, il y a fort à parier que les écoles de dominicaines qui mettent tant l’accent sur le grec et le latin aient de potentiels lauréats en langues anciennes, que les écoles juives hors contrat soient capables de se distinguer en hébreux… Bref, l’Éducation nationale refuse une émulation par les écoles privées qui serait pourtant saine et l’aiderait à se perfectionner.

C’est ce qui explique aussi qu’aucun palmarès des meilleurs lycées au niveau national ne prenne en compte les résultats des établissements indépendants. Chaque année, l’Éducation nationale publie les indicateurs de résultats des lycées qui reposent non pas uniquement sur les taux de réussite aux diplômes d’Etat mais sur un ensemble de critères complexes, intégrant des indicateurs sociaux, qui brouillent la lecture et l’interprétation de ces classements. S’il lui apparaît déjà trop discriminant de mettre en avant tel ou tel lycée public qui aurait d’excellents résultats, on comprend mieux les raisons qui la pousse à ignorer totalement ceux qui en plus d’avoir de bon résultats, remettent en cause par leur succès même un système à bout de souffle.

Source




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Communiqué de la CLÉ sur l'étude portant sur la réforme scolaire

La Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) prend acte du Rapport d’évaluation du renouveau pédagogique au secondaire réalisé pour le compte du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

Ce rapport, fondé sur une enquête de grande ampleur, identifie de nombreux effets négatifs du « renouveau pédagogique », parmi lesquels une baisse du taux de diplomation chez les garçons, les élèves à risque et les élèves anglophones, une baisse des résultats à l’épreuve d’écriture en cinquième secondaire et une baisse des résultats en mathématiques chez les élèves à risque et ceux venant de milieux défavorisés.

La CLÉ s’inquiète des résultats de cette étude, même si ceux-ci ne sont pas étonnants pour les observateurs avertis de la scène éducative. Pour le secrétaire de la CLÉ, Patrick Andries, « il est temps que les parents et les décideurs politiques tirent les leçons de cette décennie perdue : il faut que les écoles québécoises bénéficient de plus d’autonomie pour éviter une nouvelle réforme pédagogique expérimentale imposée à tous ».

De nombreuses études montrent que les écoles sont plus efficaces quand elles sont autonomes, non seulement dans le domaine administratif, mais également pour ce qui a trait à la pédagogie et au recrutement et quand les résultats de ces écoles sont rendus publics [1]. Les sondages montrent également que les Québécois soutiennent largement ces libertés scolaires [2].

Certaines associations préconisent de mieux former les professeurs ou d’augmenter encore les crédits pour mitiger les mauvais résultats du « renouveau pédagogique ». Pour la CLÉ, ces mesures ne s’attaquent pas aux causes profondes du malaise scolaire. Trop souvent, les professeurs ne sont que des exécutants. Mieux les former pour en faire de meilleurs exécutants des décisions centrales n’aura guère d’impact positif. Le cadre pédagogique manque de souplesse, les programmes sont rigides et imposés à tous. L’école québécoise prétend vouloir former des citoyens autonomes alors que, paradoxalement, toute l’école manque cruellement de latitude.

Comme des incidents récents sur la malbouffe l’ont montré, les parents [3] n’ont pas réellement voix au chapitre dans l’institution scolaire. Toutes les décisions, même celles portant sur la distribution de friandises, semblent venir d’« en haut ».Pour le secrétaire de la CLÉ, « La démocratie scolaire est actuellement un vain mot, il faut rapprocher les décisions des parents et des directions d’école. »

Le système scolaire ne doit plus être monolithique. Les écoles doivent pouvoir adopter des pédagogies différentes, certaines résolument modernes, d’autres plus classiques. Cette diversité est la meilleure manière d’impliquer les parents, un autre facteur de réussite des élèves qui la fréquentent. En effet, les parents devront choisir leur école, s’investir dans ce choix et devraient influer sur les priorités de leur école.

Or, aujourd’hui, la liberté pédagogique est restreinte au point qu’une école catholique privée [4] ne peut pas enseigner le programme d’éthique et de culture religieuse, imposée de façon monolithique par le Ministère, d’un point de vue catholique…

Il y a dans les écoles trop de situations complexes, de différences entre les élèves, de problèmes inédits, d’événements inattendus, trop d’intérêts contradictoires à coordonner pour attendre qu’un pouvoir central impose l’unique bonne façon de faire. Il vaut mieux compter sur la motivation, la compétence et le pouvoir d’adaptation des enseignants, des directeurs d’école et des parents.

La CLÉ défend résolument cette autonomie des établissements scolaires, la diversité des programmes et la liberté de choix des parents.

[1] PISA 2012 Results : What Makes Schools Successful ?, OCDE, 2014, p. 52 et 528, http://www.oecd.org/pisa/keyfindings/pisa-2012-results-volume-IV.pdf

[2] Un sondage Léger-Marketing tenu du 27 au 29 février 2012 indiquait que 54 % des Québécois désirent que les écoles bénéficient d’une plus grande liberté dans le choix des programmes qu’elles enseignent et dans la façon de les enseigner.

[3] Les écoles manquent d’autonomie, Journal de Montréal, 3 février 2015 http://www.journaldemontreal.com/2015/02/03/les-ecoles-manquent-dautonomie

[4] Il s’agit de la Loyola High School qui a porté sa cause devant la Cour suprême du Canada et dont la décision est attendue.





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dimanche 8 février 2015

« La réforme scolaire ? À la poubelle ! »

Billet de Matthieu Bock-Côté sur l’étude portant sur la réforme pédagogique :

Cette semaine, une étude bien menée concluait à l’échec de la réforme scolaire. Fallait-il encore une autre preuve ?

Car chez le commun des mortels, elle est depuis longtemps l’objet d’un grand scepticisme. On la tourne en ridicule. On se désole de ce qu’est devenue l’école. Les parents cherchent à la fuir en envoyant leurs enfants à l’école privée, qui toutefois, y est aussi soumise.

Qu’est-ce qui ne marche pas avec la réforme ? Certains détails fâcheux qu’on pourrait corriger si on le voulait vraiment ? Non. C’est son noyau philosophique qui pose problème. Si on préfère, c’est la conception de l’éducation qui la porte. On ne peut pas en sortir peu à peu. Un jour, il faudra la mettre à la poubelle et la congédier.

On a beaucoup parlé des connaissances et des compétences, et du remplacement des premières par les secondes. On a considéré que les connaissances relevaient du bourrage de crâne et d’un savoir encyclopédique vieilli. D’ailleurs, on a cessé d’enseigner les classiques, ceux par lesquels une culture se forme et une âme s’élève.

Haine de l’autorité

Les compétences annonçaient autre chose. On a surtout voulu que l’enfant construise lui-même son propre savoir. La révolution technologique est venue renforcer cette croyance. Avec son ordinateur, avec Google, l’enfant n’est-il pas en position de trouver tout ce qu’il veut ? Pourquoi l’encombrer avec la philosophie, la littérature ou l’histoire des générations précédentes ?

Derrière cela, il y avait une haine plus ou moins avouée pour l’autorité qui nous vient des années 1970. On s’est convaincu, en ces années funestes, que la civilisation occidentale n’avait plus grand-chose à transmettre. On l’imaginait raciste, sexiste, et on ajoutera ensuite homophobe et transphobe. Ses grandes œuvres auraient été contaminées. Pourquoi alors s’y pencher ?

Grands repères

Traditionnellement, on devait transmettre à l’enfant les grands repères du monde dans lequel il entrait. Désormais, il fallait l’en protéger, et dans une certaine mesure, l’en libérer. On a renoncé à l’admiration pour les grandes œuvres et les grandes vies pour fabriquer une génération d’enfants-rois persuadés d’être si exceptionnels qu’ils pouvaient se passer de la culture.

Le maître d’école en paie le prix. Son autorité lui venait du savoir qu’il devait transmettre. Mais que se passe-t-il lorsque ce savoir est discrédité, disqualifié ? Il se trouve diminué.

D’ailleurs, la formation des maîtres en a été affectée. Pour enseigner l’histoire, par exemple, on ne se tourne plus vers des historiens, mais vers des pédagogues à peine formés dans leur matière.

La réforme scolaire, c’est l’histoire d’une grande dérive à laquelle tous les partis politiques ont participé. Le PQ et le PLQ s’y sont pliés, même si on a trouvé dans chaque parti de bonnes têtes pour lutter contre elle. Si les deux partis sont coupables, c’est qu’ils sont soumis aux idéologues du ministère de l’Éducation.

Personne ne sait exactement comment rebâtir l’école. C’est le travail d’une génération. Ses fondements sont abîmés. Mais il faudra d’abord la libérer des idéologues qui l’ont déconstruite.




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Les universités anglophones qui accaparent plus de 25 % des subventions veulent des assouplissements linguistiques

Des universités anglophones québécoises affirment avoir des difficultés à recruter des professeurs étrangers en raison des exigences en français qui leur font obstacle lorsqu’elles tentent d’attirer chez elles des individus hautement spécialisés en provenance d’autres pays.

Des professeurs et recruteurs des universités McGill et Concordia affirment que le processus complexe d’immigration au Québec, qui s’appuie sur un système de points, les place dans une situation désavantageuse en comparaison avec les institutions des États-Unis et des autres provinces canadiennes.

En 2013, le gouvernement péquiste avait haussé les exigences en français pour les immigrants qui faisaient une demande de résidence permanente, une décision qui a causé des maux de tête aux recruteurs, selon des dirigeants de Concordia et McGill.

En entrevue, la ministre de l’Immigration Kathleen Weil (PLQ) a indiqué sans surprise que le gouvernement libéral avait donné plus de flexibilité au processus en décembre, mais les universités le considèrent toujours comme trop compliqué.

Réactions

Certains professeurs, comme Emer O’Toole, de l’École des études canado-irlandaises de Concordia, ne s’en font pas avec les exigences en français. Mme O’Toole, qui vient d’Irlande, avait déjà étudié la langue avant de s’installer au Québec.

« Apprendre le français a été l’une des raisons qui m’ont réjouie de m’installer ici », a-t-elle lancé. « J’aime la langue [mais] je peux comprendre que cela puisse être pénible pour quelqu’un qui ne possède pas de base [en français] », a-t-elle ajouté.

Elle affirme qu’elle comprend pourquoi le Québec souhaite protéger sa langue et sa culture.

« Il est très probable que [sans ces protections], le français cesserait d’être la langue majoritaire à Montréal », a-t-elle souligné.

Pour Mathieu Bock-Côté, « Le message est clair : pour ces messieurs dames de McGill et Concordia, le français est un obstacle au progrès, au Québec. Si nous pouvions nous en délivrer, nous en passer, nous pourrions enfin devenir une région nord-américaine comme les autres. En gros, nous sommes de trop chez nous. Merci, on avait compris. »

Plus de 25 % des subventions

Rappelons qu’alors que la population anglophone du Québec compte pour moins de 9 % de la population totale, les universités anglophones du Québec recevraient quelque 25 %, et plus, des fonds du gouvernement québécois et quelque 35 % de l’aide du gouvernement fédéral.

En ce moment, tout favorise les universités anglophones et la langue anglaise au sein des institutions universitaires, dans le monde et y compris au Québec où les trois universités anglophones reçoivent 27 % des subventions normées, alors que les Québécois de langue maternelle anglaise ne représentent que 8,2 % (2006) de la population. À Montréal, ville où se joue l’avenir du français en Amérique du Nord, les deux universités anglophones, McGill et Concordia, comptent environ 57 % des professeurs. (« Les disparités du système québécois de financement des universités » par le politologue Marc Chevrier. l’Encyclopédie de la francophonie, mars 2008.).

Si le gouvernement du Québec nivelait ses subventions aux universités anglophones au prorata de la population anglophone du Québec, on dégagerait du coup un financement accru pour les universités francophones ; elles pourraient ainsi être plus compétitives et répondre aux besoins du Québec francophone ainsi qu’au développement des activités innovatrices au sein de la Francophonie.

(Mise à jour : réaction plus longue de Mathieu Bock-Côté) : 

L’agence Presse canadienne nous apprenait que des figures importantes des universités McGill et Concordia trouvent trop encombrantes les exigences liées au français dans l’embauche des professeurs.
Cela les empêche de recruter des sommités. Ils ont demandé au gouvernement de les ramener à la baisse et il s’est discrètement plié à leur demande en décembre. Mais ce n’est pas assez. Il faudrait aller encore plus loin. Ou encore plus bas.

Le message implicite est compris : une fois passé l’obstacle administratif du français, ces professeurs pourront vivre à Montréal sans en parler un traître mot et n’en subiront aucun préjudice. Autrement dit, il est possible de vivre à Montréal en se contrefoutant de la langue et de la culture de la société d’accueil. Le français au Québec serait une contrain­te administrative et non pas une nécessité vitale. Confessons toutefois que c’est rigoureusement vrai.

Mondialisation

D’ailleurs, on nous répondra que la société d’accueil n’est pas le Québec, mais Montréal, et que dans la métropole, le français n’est qu’un choix sur deux. Aujourd’hui, les grandes villes déclasseraient les pays et les nations. Elles chercheraient à jouer leur carte dans la mondialisation anglophone, où circulent des citoyens du monde cosmopolite. Et l’identité montréalaise aurait de moins en moins de points communs avec l’identité québécoise.

Mais revenons sur Terre un instant. Ce que nous disent McGill et Concordia, et en cela, ils trouvent un écho chez le Conseil du patronat qui estime qu’on donne trop d’importance au français dans la sélection du français chez les immigrants, c’est que le français est de trop au Québec. Ils peuvent bien faire des poèmes sur cette langue belle, ils la présentent pratiquement comme un obstacle au progrès, comme la cause de nos retards. [Et c’est pourquoi c’est dans Montréal la bilingue que le taux de chômage est tellement haut...]

Héritage linguistique

On nous dit : le peuple québécois est de trop chez lui. C’est son identité linguistique et culturelle qui l’empêche de tirer pleinement avantage de la mondialisation. S’il s’en délivrait, comme un homme se libère d’une obsession qui l’empêche d’avancer dans la vie, il pourrait enfin être riche. En un mot, c’est son existence qui pose problème. Les Québécois ne devraient plus, aujour­d’hui, se libérer du Canada, mais de leur propre langue pour vivre heureux.

Le gouvernement libéral n’a qu’une envie : céder. L’héritage linguistique de la Révolution tranquille s’est effrité. Ils sont de moins en moins nombreux à croire que le français doit être la seule langue officielle. L’idéologie du bilinguisme obligatoire gagne du terrain. On s’indigne moins de l’ignorance du français chez les immigrants que de la connaissance trop limitée de l’anglais chez les Québécois. On les aimerait bilingues en sortant du berceau.


C’est l’instinct de survie qui semble s’affaiblir chez les Québécois. Ou du moins, chez leurs élites. Il faut convenir qu’il n’a jamais été très fort chez elles : elles s’accommodent de notre subordination. Après de longues batailles, le Québécois semble dire avec la chanson de Starmania : « Je voudrais seulement dormir / M’étendre sur l’asphalte / Et me laisser mourir. »

[En cette semaine après la décision de la Cour suprême : Un suicide collectif assisté par le PLQ, le Conseil du patronat et les « citoyens du monde » formés par l’école québécoise ?]





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Le droit est la plus puissante des écoles de l’imagination

« Le droit est la plus puissante des écoles de l’imagination. Jamais poète n’a interprété la nature aussi librement qu’un juriste la réalité. »
Jean Giraudoux
La Guerre de Troie n’aura pas lieu (1935)







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samedi 7 février 2015

New York : université interdit usage des termes « Monsieur » et « Madame », ville demande aux mères si elles sont femmes

À la City University de New York, l’administration et les professeurs ne pourront plus utiliser les termes « Monsieur » et « Madame » lorsqu’ils communiquent avec les étudiants, rapporte le Wall Street Journal. Dès le printemps 2015, dans leur correspondance, les employés du centre doctoral de l’université devront donc s’en tenir au nom complet des étudiants ou des futurs étudiants. La raison évoquée par la directrice, Louise Lennihan, pour justifier la mise en place de cette nouvelle politique : la volonté de respecter l’identité des personnes transgenres ou de celles qui ne s’identifient pas comme un homme ou une femme. Mme [?] Lennihan espère ainsi créer, au sein du centre universitaire qui accueille quelque 5 000 étudiants à la maîtrise et au doctorat, un environnement ouvert et favorable aux personnes transgenres. Si des groupes LGBT saluent la décision de bannir les termes de « Monsieur » et de « Madame », qu’ils décrivent comme des « formalités désuètes et inutiles », la décision a toutefois été critiquée par certains professeurs. Le New York Daily News a consacré un éditorial à cette nouvelle politique, repris par Slate.fr, dans lequel il conteste l’utilité de retirer ces termes pour être tolérant. « Si un homme devient une femme, ou vice versa, ou n’est ni l’un ni l’autre, il ou elle doit être appelé(e) comme il ou elle le souhaite. Mais les universités ne devraient pas tenter de lutter contre les discriminations en modifiant la langue. »

 En entrevue au Huffington Post, un représentant de la City University de New York a pour sa part précisé que la note de service envoyée par la directrice visait simplement à informer les professeurs de la nouvelle politique de l’université sur les noms d’usage. Selon les informations recueillies par le Huffington Post, les facultés n’auraient pas encore reçu l’indication de ne pas utiliser les termes « Monsieur » et « Madame » lorsqu’ils communiquent par courriel aux étudiants. La nouvelle politique ne s’appliquerait d’ailleurs pas aux échanges verbaux entre professeurs et étudiants. Des professeurs ont pourtant indiqué au Wall Street Journal qu’ils étaient sous l’impression que la politique s’appliquait à l’ensemble des communications avec les étudiants, qu’elles soient verbales ou écrites, formelles ou non.


Dans le même dossier « on n’arrête pas le progrès », la ville de New York demande désormais aux femmes qui ont accouché dans ses hôpitaux et cliniques de préciser sur le certificat de naissance si elles se définissent comme de sexe masculin ou féminin, comme le rapporte le New York Post. Ainsi, à la ligne « Mère/Parent (femme accouchant) », il y a une case à cocher pour choisir « masculin » ou « féminin ». « Pour être clair, il est possible qu’une personne qui a donné naissance à un enfant s’identifie comme un homme », explique sérieusement Me Susan Sommer, un avocat de Lambda Legal, un groupe LGBT radical cité par le journal. Voici une conséquence concrète de la théorie du genre, cette idéologie dont les membres du gouvernement Valls continuent à nier l’existence…




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