lundi 11 août 2014

Monsieur Gravel et sa critique des opposants à l'imposition du cours ECR

Mise à jour du 11 août 2014

Aujourd'hui, alors que les gros médias ne tarissaient pas d'éloges pour M. Raymond Gravel dont on a annoncé le décès plus tôt dans la journée, plusieurs ont évoqué qu'« il ne jugeait jamais les gens ». Ce fut le cas par exemple de Christian Paradis, directeur adjoint du Service de sécurité incendie de Montréal, qui affirma « Il ne jugeait personne et il était disponible pour tous ». Ou encore l'abbé Robert Jolicœur qui souligne que Raymond Gravel ne jugeait personne. Nous laissons le lecteur découvrir ci-dessous si Raymond Gravel s'abstenait vraiment de juger les gens dont il désapprouvait les opinions et en quels termes choisis. Rappelons par ailleurs qu'il poursuivait un site catholique pro-vie, sans doute trop conservateur à son goût, pour la modique somme d'un demi-million de dollars.

Billet du 27 août 2010

Monsieur Raymond Gravel, ancienne escorte masculine avant son entrée au séminaire en 1982, est à nouveau dans l'actualité à la suite de ses propos assez durs contre Mgr Marc Ouellet qui avait rappelé que pour l'Église catholique l'avortement est un crime.

Critiqué par plusieurs sites anglophones, M. Gravel avait cherché secours dans les colonnes du Devoir pour condamner ces attaques qui constitueraient selon lui une véritable « chasse aux sorcières » ourdie contre lui par des « milieux anglophones du Canada et des États-Unis ».

M. Gravel prétend par ailleurs que ses propos sont déformés et que le message christique empêcherait de porter tout jugement sur ses actes... Il s'agit bien sûr d'une mésinterprétation du message évangélique : le Christ juge sévèrement les scribes et les pharisiens par exemple, tout chrétien doit juger ses actes et ceux des autres pour mener une vie juste et bonne, par contre il ne lui revient pas de juger les personnes et plus particulièrement de se prononcer sur le salut ou non de son prochain.

M. Gravel se plaint donc d'être critiqué et mal cité, mais s'est-il privé d'en faire de même avec autrui ? Il semble bien que non. Voilà près d'un an M. Gravel avait publié une lettre dans L’Express-Montcalm le 14 mai 2009, il y ridiculisait les opposants au programme ECR. Il y prenait vivement à partie la mère de Drummondville qui demandait l'exemption.  Mme  Chevrier de l'Association des parents catholiques du Québec avait à l'époque répondu à cette caricature.

Revenu dans l'actualité, se plaignant d'être mal cité et prétendant que les chrétiens ne doivent pas juger les actes d'autrui, les propos de M. Raymond Gravel n'ont pas échappé à cette dame qui lui a envoyé la lettre ci-dessous. On lira la réponse de M. Gravel en dessous de celle-ci.

dimanche 10 août 2014

Pour la lecture des classiques : « On est un meilleur ouvrier si on a lu Montaigne ou Proust »

Entretien dans le FigaroVox avec Antoine Compagnon, historien de la littérature française, spécialiste notamment de Marcel Proust. Il est professeur au Collège de France. Il est l'auteur d'Un été avec Montaigne, petit recueil de chroniques sur l'auteur des Essais, succès surprise de l'année 2013, atteignant aujourd'hui la barre des 160 000 exemplaires vendus. Extraits.

Imaginiez-vous que la philosophie et la littérature classique pouvaient être des lectures de vacances? Cela témoigne-t-il d'une soif de savoir et d'un besoin de transmission chez beaucoup de Français?

— L'idée selon laquelle les classiques n'intéresseraient plus personne est manifestement fausse. On constate au contraire qu'il existe une demande et un public pour ce type d'œuvres, ce qui dément le discours ambiant sur la crise de la lecture, de la littérature, des grands écrivains. Il importe d'aller vers ce public et de répondre à sa demande. [...]

Vous parvenez à remplir trois amphis (dont deux en retransmission vidéo) à chacun de vos cours sur Marcel Proust. Quel est votre secret?

— Je l'ignore. Comme beaucoup, je supporte mal de m'entendre ; je n'ai donc pas écouté ces émissions sur Montaigne. Mais, comme professeur, l'objectif qui m'a toujours guidé a été de faire comprendre à mes élèves qu'ils étaient plus intelligents qu'ils ne le croyaient. Mon but a toujours été qu'on sorte de mon cours en maîtrisant quelque chose qu'on ne pensait pas pouvoir maîtriser.

Que peut nous apprendre Montaigne aujourd'hui? Est-il toujours aussi moderne? En quoi?

— Montaigne se pose des questions que les lecteurs du XXIe siècle se posent aussi. En lisant les Essais, ils apprennent quelque chose sur Montaigne, mais aussi sur eux-mêmes, quelque chose qu'ils ne soupçonnaient pas. Plus largement, je n'ai jamais pensé que la culture générale et la culture littéraire en particulier étaient incompatibles avec la formation professionnelle. La littérature permet de vivre mieux, mais aussi d'être plus efficace dans son métier, quel que soit ce métier. On est un meilleur architecte, plombier ou ouvrier si on a un peu de culture littéraire. Lire Montaigne introduit une distance nécessaire, critique, par rapport à toute activité.

Vous poursuivez aujourd'hui l'aventure avec Baudelaire. Votre démarche est-elle la même?

— Baudelaire reste lui aussi très actuel. Il est par exemple l'un des premiers à avoir mis en cause le progrès, notion très débattue aujourd'hui. Mais il est moins rond, moins sympathique que Montaigne ; sa personnalité est plus sombre, plus ambiguë. Il est hostile à la démocratie, favorable à la peine de mort. Beaucoup le jugent réactionnaire. J'ai hésité à parler de ces aspérités à la radio avant de décider qu'il fallait faire la lumière sur toute son œuvre et sa personnalité. J'ai même enregistré une émission sur sa réputation d'antisémitisme. Baudelaire, c'est l'amertume et la mélancolie. Paradoxalement, l'été n'est pas sa saison et le matin n'est pas son heure. Le temps de Baudelaire, c'est le crépuscule, l'automne. Il y a donc de l'ironie à l'écouter sur la plage.

L'attrait pour ces auteurs classiques est-il lié à la pauvreté de la littérature contemporaine? Qui sont les héritiers de Montaigne, Proust ou Baudelaire aujourd'hui?

— Les Montaigne, Baudelaire ou Proust, ne sont pas nombreux. Il n'y en a pas un par génération et la littérature contemporaine n'est pas spécialement pauvre. Ce sentiment n'a rien de nouveau ; on l'a toujours eu, parce qu'on est exigeant. En 1913, cette impression était partagée, et c'est seulement après coup qu'on a marqué l'année d'une pierre blanche, parce que c'est celle de la parution de Du côté de chez Swann, du Grand Meaulnes, etc. À toute époque, certains lecteurs sont retournés vers les classiques parce que la littérature contemporaine leur semblait insatisfaisante.

[...]



La littérature, ça paye
Antoine Compagnon, HEC Paris





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samedi 9 août 2014

Québec — Triplement du nombre d'heures d'anglais en une trentaine d'années

Dans une lettre publiée dans le Devoir, Jean-François Vallée, professeur au Département de lettres et communications au cégep de La Pocatière écrit :
« Facile, l’anglais ? Vous voulez rire ! Si l’anglais était facile, son enseignement dans le réseau scolaire québécois ne serait pas passé depuis une trentaine d’années de 500 heures à plus de 1000, et le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, et le premier ministre, Philippe Couillard, n’en imposeraient pas 400 heures de plus en 5e et 6e année !

Demandez à un professeur d’anglais si cette langue est « facile » : après avoir bien ri, il vous répondra que les seuls locuteurs qui trouvent l’anglais facile sont ceux qui le parlent mal… Arriver à maîtriser toutes les nuances de l’anglais est difficile. Son orthographe et sa prononciation, pour ne parler que d’elles, sont à donner des maux de tête. Prenons trois mots comme thought (pensée), tough (dur) et though (quoique), qui se prononcent d’autant de façons différentes tout en s’écrivant presque pareil. Un néophyte y perd son anglais ! »
Triplement d'heures avec quel gain ? À quel coût ? Avec quel impact sur le français ? N'exige-t-on pas trop souvent le bilinguisme au Québec ?

Rappelons que ce triplement d'heures en langue seconde ne s'applique qu'aux petits francophones pas assez bilinguisés sur un continent anglo-saxon, les élèves du réseau anglophone ne seront pas soumis à des mesures équivalentes d'« enrichissement » linguistique obligatoire.

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Québec — Réformes éducatives en série sans évaluation ?

Martine Desjardins se penche sur les réformes éducatives qui rythment quasi annuellement les rentrées scolaires québécoises. Rappelons que les résultats des élèves québécois sont en baisse dans les études interprovinciales et internationales. Premier sujet Mme Desjardins : les tableaux  blancs interactifs. (Nous pourrions en suggérer d'autres comme des évaluations sur le cours ECR, le triplement du nombre d'anglais en une trentaine d'années, l'imposition du constructivisme à l'école, etc.) 

« Il n’est pas rare de voir à chaque rentrée scolaire différentes annonces sur le système de l’éducation au Québec. Souvent il s’agit d’investissement, de changement d’idéologie ou encore des nouvelles priorités du ministère. Cette année ne fait donc pas exception, mais certaines propositions m’ont laissée quelque peu perplexe.

L’éducation c’est scientifique

Alors que le milieu de l’enseignement n’a toujours pas d’évaluation claire et précise sur le véritable impact qu’ont les tableaux blancs interactifs sur l’apprentissage des élèves, le ministre Bolduc annonce en grande pompe qu’il continuera l’investissement promis par Jean Charest le 23 février 2011, soit de doter chaque classe d’un tableau blanc interactif (TBI). Aucune évaluation depuis 2011 (même avant l’annonce de 2011) n’a pourtant été faite pour prouver que l’apport de cette technologie est bénéfique. Alors quand le ministre affirme que : « C’est un incontournable, toutes les classes devraient avoir ça», dit-il. Les nouvelles technologies sont des outils efficaces, selon lui, pour aider les jeunes à «apprendre à apprendre » , il n’a aucune preuve de ce qu’il avance dans le cas des TBI.

Il est vrai et prouvé que la technologie, en particulier l’utilisation d’ordinateur, a permis à plusieurs enfants, notamment ceux qui souffrent de dyslexie grave, de poursuivre des études à des niveaux supérieurs. Cependant, chaque technologie ne se vaut pas! Ce n’est pas parce que vous avez un nouveau logiciel ou encore un superbe tableau avec lequel vous pouvez écrire avec vos doigts que l’élève va retrouver sa motivation scolaire. La pédagogie, ce n’est pas une subdivision de la magie!

D’ailleurs, une étude sur les TBI réalisée par le professeur Karsenti de l’Université de Montréal dressait un sombre tableau pour la nouvelle technologie en 2013.


Tableaux blancs, la revanche

Au coût de 5000 $ chacun, nous sommes en droit de nous demander si cet investissement n’est pas un peu déraisonnable compte tenu que plusieurs écoles souffrent de problèmes de salubrité. Ne serait-il pas plus simple d’investir dans la construction ou la reconstruction de nouvelles écoles qui permettent aux enfants de s’instruire sans avoir un risque de souffrir de troubles respiratoires?

Aussi, avec 5000 $ vous pouvez facilement embaucher une journée par semaine un orthopédagogue qui travaillera de façon plus individualisée avec les élèves en difficulté. Ce qui aurait pour effet de favoriser le travail en classe avec l’enseignant(e) et le reste des élèves. C’est une mesure par contre qui n’est pas aussi visible qu’un cadre blanc dans une classe, mais elle est prouvée d’une efficacité redoutable.

Plusieurs collègues en éducation m’ont aussi fait remarquer que ces tableaux blancs interactifs avaient fait l’objet d’une petite controverse lorsqu’en mars 2012 Vincent Marissal et son collègue André Noël avait révélé dans leur article que les tableaux achetés par les écoles provenaient principalement (de façon inhabituelle) d’un seul fournisseur le Smart Technologies dont le lobbyiste était un ancien membre du cabinet de monsieur Charest.


Recherche en sciences de l’éducation

Il faut voir l’ensemble de la recherche en éducation qui discute de la motivation scolaire ou encore le nombre de chaire de recherche ou de travaux que l’on finance chaque année qui traitent du sujet de la technologie de l’information pour se rendre compte que nous avons les moyens de travailler intelligemment dans le milieu de l’éducation. Chaque année, plusieurs propositions et moyens sont trouvés et testés pour permettre aux élèves d’améliorer leur résultats. Si ces propositions sont moins dispendieuses que celles proposées par le gouvernement, elles sont aussi moins flamboyantes. C’est peut-être pour cette raison que le système de l’éducation est toujours peu écouté par la sphère politique. Ces intervenants ne font pas dans le spectacle, mais ils travaillent dans la dure réalité scolaire! »

Source

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mercredi 6 août 2014

Livres LGBTQ — Les gens dits « homophobes » ont droit à leur opinion, mais l'école rééduquera leurs enfants ?

Le Devoir est revenu en première page sur la liste de livres LGBTQ proposée par la CSQ et destinée aux garderies, aux maternelles et aux écoles que nous avions publiée. Liste qui n'a pas encore été rendue publique par la CSQ. Notons au passage que notre billet a été lu des milliers de fois sur ce site, ainsi que sur les sites miroir et sur les médias sociaux qui l'ont répercuté.

 

« Aborder » les questions
 
L'article du Devoir affirme qu'« il a [finalement !] obtenu copie [de la liste] dressée pour aborder les questions de l’homosexualité, la bisexualité, des transgenres, de la diversité des familles et de l’intimidation. Ce genre d’initiative a suscité ces derniers mois une vive opposition en France. »

Remarquons d'emblée qu'il ne s'agit pas d'aborder de n'importe quelle manière ces questions, mais bien de normaliser, de valoriser ces comportements. Le Devoir serait plus honnête en l'écrivant clairement. Radio-Canada a repris ces euphémismes dans son article de ce mercredi : « Des livres pour expliquer la diversité sexuelle aux jeunes enfants ». Ben non, pas juste expliquer, mais présenter comme acceptable et même souhaitable (qui est contre la diversité ?)

Lutter contre l'intimidation sexuelle, en garderie ?

Quant à la lutte « contre l'intimidation », véritable tarte à la crème, on ne sache pas qu'en garderie les enfants soient tellement concernés par la bisexualité ou les transgenres. Mardi, Radio-Canada sur la 1re chaine radio vers 16 h a répété les mêmes éléments de langage relatifs à la lutte contre l'intimidation. C'est du pipeau.  Il s'agit à nouveau de formater les esprits le plus tôt possible, l'esprit des enfants des autres. Rappelons aussi que l'« intimidation » ne se résume pas — tant s'en faut — à des quolibets sur l'orientation sexuelle. En effet, on aimerait voir les chiffres de l'intimidation en garderie et ses causes... On trouvera ci-dessous les causes d'intimidation en secondaire (quand la sexualité devient nettement plus prégnante) selon une étude ontarienne. On remarquera que la sexualité n'en constitue qu'une toute petite partie de 4 à 6 % ! Or, on ne semble parler que d'elle !

Source: Maria Yau et Janet O'Reilly, « 2006 Student Census, Grades 9-12 »


Le Devoir a interrogé Jacques Pétrin, le président du « Comité pour la diversité sexuelle et l’identité de genre » de la CSQ qui a établi la liste de lecture LGBTQ. Ce comité portait un nom plus franc jusqu'il y a peu : « Comité pour la défense des droits des gais et lesbiennes ». Mais voilà, « diversité » est plus vendeur, fait moins partisan. Jacques Pétrin est retraité, ouvertement homosexuel, et un des pères de sa « famille ».

La CSQ très militante LGBTQ

Jacques Pétrin (président du Comité pour la diversité sexuelle de la CSQ) et Pierre Jobin (vice-président de la CSQ) au « Gala Arc-en-ciel » (homosexuel, bi, trans, etc.) 2012
La CSQ milite activement pour la normalisation de l'homosexualité, de la bisexualité, de la transsexualité et du transgenre. Elle a notamment fait des représentations pour voir modifier le projet de loi 35 pour que les transsexuels puissent changer de sexe officiellement sans avoir subi de traitements médicaux ou d'opérations chirurgicales. Elle avait également lutté pour l'union civile ouverte aux homosexuels. La CSQ s'est aussi opposée à l'adoption avec maintien du lien préexistant de filiation (ou alors en dernier recours) et demandait que les juges « soient conscientisés et informés sur le phénomène de l’homophobie et sur les réalités touchant les personnes de minorités sexuelles » parce qu'elle craignait que des juges trop traditionnels se prononcent trop souvent pour le maintien  du lien préexistant de filiation quand un enfant était adopté par un couple homosexuel. La CSQ avait envoyé une délégation de trois membres au parlement de Québec pour faire pression dans ce sens, dans la délégation se trouvaient Jacques Pétrin (président du Comité pour la diversité sexuelle de la CSQ) et Pierre Jobin (vice-président de la CSQ).

Briser le mythe de l'« hétérosexisme »

« Si on veut être en mesure de développer cette ouverture à la diversité, il faut briser le mythe de l’hétérosexisme dès le plus bas âge. Si on ne prend pas les enfants en CPE, ils prennent déjà le moule et perpétuent le mythe, notamment que les petits gars qui aiment le rose sont des tapettes », affirme sans ambages M. Pétrin, qui milite depuis des années en faveur de la communauté LGBTQ.

On attend une étude sérieuse qui montre que les tout-petits pensent que les « petits gars [en garderie] qui aiment le rose sont des tapettes »... Le mot tapette a-t-il même un sens à trois ou quatre ans ?

Il faut aussi décrypter cette phrase et son jargon. Qu'est-ce que l'hétérosexisme ? C'est un terme de la coterie LGBTQ pour désigner l'idée que l'hétérosexualité serait plus normale que l'homosexualité. Pour le lobby homosexuel, il faut absolument lutter contre cette idée traditionnelle. Le parlement québécois (sous le précédent gouvernement libéral de Jean Charest) a adopté le point de vue de ce groupe de pression et a fait de la « lutte contre l'hétérosexisme » un combat interministériel. (Voir Lutte à « l'hétérosexisme » : manque de modestie consti­tution­nelle du gouver­nement québécois de Douglas Farrow.)

« Débat délicat » selon le Devoir

Le Devoir nous apprend que « la proposition de la CSQ d’intégrer la littérature LGBT dans les CPE et les écoles suscite déjà une variété de réactions sur les réseaux sociaux. » Merci à nos lecteurs ! Certains parents se demandent à quoi servirait de lire ce genre d’histoires aux jeunes enfants qui ne se questionnent pas encore sur leur identité sexuelle. D'autres craignent même que leurs enfants aient envie de changer de sexe ou soient attirés par de pratiques sexuelles que ces parents réprouvent. En France, le débat a été des plus houleux ces derniers mois alors que des parents se sont opposés à un programme baptisé « d’égalité » qui prétendait lutter contre les stéréotypes sexués.

« On n’enseigne pas aux enfants à choisir leur sexe ni même leur orientation sexuelle », lance Michel Dorais, professeur à l’école de travail social à l’Université Laval. Voilà, c'est assené comme une vérité. Il reste, toutefois, à prouver que la normalisation, voire la promotion, de ces comportements sexuels minoritaires n'a aucune influence sur les comportements sexuels ultérieurs. En effet, la nature strictement et uniquement innée de ces orientations sexuelles est sujette à débat. Ajoutons que, pour certaines religions, même si cette orientation était innée, y céder serait condamnable. Faut-il encore mentionner ici que l'Église catholique accueille les gens qui auraient des pulsions homosexuelles, mais s'oppose aux actes homosexuels ? Elle rejette d'ailleurs l'accusation d'homophobie si facilement dispensée de nos jours à son égard. Enfin, pour certains universitaires québécois, la pédophilie est une orientation sexuelle comme l'hétérosexualité. Faut-il pour autant accepter la pédophilie et l'aborder positivement en garderie ?

Notons que Le Devoir sait interroger les experts qui vont dans le « bon sens » : Michel Dorais a été cet expert qui défendit, avec succès, la première cause de discrimination envers une personne transsexuelle. Il a également travaillé à la conception des programmes de formation Pour une nouvelle vision de l’homosexualité et Adapter nos interventions à la diversité des orientations sexuelles qui ont été « offerts » à plus de 20 000 intervenants de la santé et des services sociaux. Qui a payé ces formations si ce n'est le contribuable à qui l'on n'a rien demandé ?

Le Devoir poursuit : « Ce sociologue spécialiste de la sexualité s’est d’ailleurs réjoui d’apprendre que la CSQ avait dressé une liste de lecture pour aider à enseigner la diversité sexuelle. » Tiens donc !

Néanmoins, selon le journal montréalais, M. Dorais reconnaît que certains parents pourraient être réticents que des lectures concernant les LGBT soient éventuellement imposées dans les CPE et les écoles. « Les gens qui s’opposent au respect de la diversité humaine, qu’ils soient racistes [et vlan, l'amalgame !], sexistes ou homophobes, ils ont droit à leur opinion. Mais la société québécoise et canadienne a fait, par ses lois et ses Chartes, d’autres choix », maintient-il.

L'État pourra donc rééduquer les enfants des parents vite décrétés homophobes ? C'est cela ? Dès la garderie ? Uniquement dans les écoles publiques ? Pourquoi priver les enfants des écoles privées (confessionnelles ou non) de cette rééducation qui fait tant plaisir au lobby LGBTQ ?

La dissidence — oser penser, par exemple, qu'il vaut mieux qu'un enfant grandisse avec un père et une mère — sera-t-elle encore tolérée dans les écoles avec un syndicat comme la CSQ ? Et si les parents ont la témérité de préférer que leurs enfants fondent une famille traditionnelle, hétérosexuelle ? Est-il encore permis de penser cela et de vouloir l'inculquer à ses enfants  à l'heure de la lutte interministérielle contre l'hétérosexisme ?

Campagne de promotion et de pressions

Dès la semaine prochaine, la liste de la CSQ sera disponible lors de « Fierté Montréal » et sera mise en ligne sur le site de la CSQ. Elle est déjà sur notre site depuis plus d'une semaine... M. Pétrin compte également la soumettre aux bibliothécaires dans les institutions scolaires et des démarches seront éventuellement entamées auprès des syndicats des éducatrices en garderies et des enseignants avant d’approcher le ministère de l’Éducation. À l’automne, des guides dits pédagogiques sur quelques ouvrages destinés aux élèves de deuxième cycle primaire et du secondaire élaborés par des enseignants et des psychologues pro-LGBTQ seront aussi disponibles sur Internet. Qui paie pour tout cela ? Nos impôts ?  On retrouvera, entre autres matériels « pédagogiques », un guide sur Philippe avec un grand H (déjà imposé dans une école censément catholique), ou encore Ulysse, alias Easy Loup Galop.
 

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lundi 4 août 2014

La vision pessimiste de l’homme développée par les Lumières

Le nouveau livre de Xavier Martin souligne avec force une réalité méconnue : la noirceur de la vision de l’homme développée par les philosophes des Lumières.

Sous-homme ? Le mot évoque des souvenirs sinistres, spécifiquement le racisme des nazis qui classaient l’humanité en deux catégories, celle des Germains, considérés comme des surhommes, concept abusivement emprunté à Nietzsche qui ne donnait pas de connotation nationale ou génétique à son image de l’Übermensch, et celle des sous-hommes (Untermenschen), catégorie dans laquelle les hitlériens classaient les peuples jugés intrinsèquement inférieurs, ainsi que les infirmes et les handicapés.

Idée reçue : un mérite essentiel de l'esprit des Lumières est d'avoir promu et fortifié la haute idée d'une unité du genre humain. Tous les traités, tous les manuels, tous ceux qui forgent l'opinion en réitèrent l'affirmation avec un tel ensemble et un tel enthousiasme, qu'il est probable qu'ils y croient.

Étrange phénomène : la réalité est très différente.  Les « philosophes » sont crédités avec ferveur d'avoir défendu l'esprit de libre examen. Ceux-ci l'ont appliqué, parmi d'autres objets de quelque conséquence, à la notion même de l'humanité. À tel point qu'ils en sont venus à nier cette unité comme essence au nom du progrès. Il en résulte, sous leur plume, au moins à titre de tendance très appuyée, une dilution du genre humain dans l'animalité, dilution d'autant plus séduisante à leurs yeux qu'elle bat en brèche, comme dépassée scientifiquement, la conception biblique de l'homme.

Les retombées n'en sont pas minces. L'humanité, dans le propos des « philosophes » devient friable. Lorsque ceux-ci vont jusqu'au bout des conséquences de leurs principes, des éboulements s'en suivent, qui sont spectaculaires : ce sont des pans entiers de la famille humaine qui se trouvent dissociés de l'humanité pleine, qui sont « bestialisés » ou sous-humanisés, ou exposés à l'être.

Le sociologue Pierre-André Taguieff avait pu l'écrire dans son livre Les Fins de l’antiracisme (1995) : le siècle des Lumières est bien celui, effectivement, « de la construction intellectuelle du ‘sous-homme’ ; de l’Untermensch ». Vont en faire les frais des minorités, très majoritaires : les ethnies exotiques, le sexe féminin, le peuple en général.

Salon philosophique[1] : Lecture de la tragédie L'Orphelin de la Chine de Voltaire dans le salon de Mme Geoffrin en 1755, par Gabriel Lemonnier, 1814

L’histoire des idées permettrait-elle d’établir un lien entre la face barbare du XXe siècle et ce XVIIIe siècle que la culture contemporaine magnifie comme la naissance de la modernité ? L’hypothèse, assurément, est dérangeante pour un certain confort intellectuel.

Ce confort, Xavier Martin ne craint pas de le bousculer, une fois de plus, dans son dernier ouvrage, Naissance du sous-homme au cœur des Lumières. L’auteur y réfute l’idée communément admise selon laquelle l’esprit des Lumières, préparant l’affirmation du principe égalitaire de 1789, a professé l’unité du genre humain.

Citations à l’appui, Xavier Martin montre qu’au nom du progrès, les philosophes, qui se rangeaient dans la catégorie de l’élite éclairée, sont allés jusqu’à nier l’essence de la notion d’humanité. À Mme du Deffand, Voltaire recommande ainsi « le plaisir noble de se sentir d’une autre nature que les sots ». Diderot, quant à lui, lance cet avertissement : « Malheur à celui qui oublie que tout ce qui ressemble à un être humain n’est pas obligatoirement un être humain. » Sont dès lors « sous-humanisés » ou « bestialisés », explique Xavier Martin, les ethnies exotiques, le sexe féminin ou le peuple en général. « Le peuple est entre l’homme et la bête », assure Voltaire.

Aujourd’hui professeur émérite à l’université d’Angers, Xavier Martin a enseigné l’histoire du droit, l’histoire de la pensée politique et la philosophie du droit. Après avoir longtemps travaillé sur les lois et les institutions d’Ancien Régime en Anjou et dans le Maine, il a été amené à s’intéresser aux travaux préparatoires du Code Napoléon. Promulgué en 1804, ce code que nous nommons le Code civil a été élaboré, à partir de 1800, par une commission de juristes chargés d’élaborer un code général du droit français et qui ont amalgamé, pour ce faire, le droit romain, le droit coutumier d’Ancien Régime, la philosophie des Lumières, les principes de 1789, les exigences de la bourgeoisie libérale et la conception de l’État autoritaire et centralisé de Bonaparte. Or ces juristes qui étaient au service de l’État sous le Consulat avaient commencé leur carrière sous l’Ancien Régime et traversé la Révolution. Les idées directrices qui les guidaient en rédigeant le Code Napoléon trahissent donc les principes en vogue dans leurs années de formation, C’est en se plongeant dans leurs travaux que Xavier Martin a entamé une exploration des Lumières qui l’a conduit à réviser maints présupposés sur cette période.

Dans un petit livre où il a raconté sa « randonnée intellectuelle » (Trente années d’étonnement, éditions Dominique Martin Morin, 2010), l’historien du droit a exposé les étapes de sa propre prise de conscience. Il a d’abord découvert que, pour les concepteurs du Code civil, dont le plus célèbre d’entre eux, Portalis, le droit privé possédait une dimension politique déterminante, puisque de leur rhétorique se dégageait une vision pessimiste de la nature humaine, considérant l’homme comme incapable d’altruisme. L’homme, un loup pour l’homme ? Xavier Martin repère ici l’influence des théories de Hobbes sur les juristes du Consulat.

« L’absolue souveraineté des égoïsmes, observe-t-il, donc l’impossibilité d’une gratuité proprement dite dans les comportements humains, sont postulées expressément, impérieusement, par l’anthropologie des Lumières, par le jansénisme et les philosophes, par l’idéologie révolutionnaire, et par tous ceux qui, vers 1804, consacrent du temps à théoriser la nature humaine. »

D’autres influences joueront sur le parcours de l’iconoclaste. En lisant Léon Poliakov, Xavier Martin découvre que le racisme est « un fils naturel non reconnu de la science des Lumières ». De découverte en découverte, ayant relu les penseurs contemporains de l’élaboration du Code civil, Cabanis, Mme de Staël ou Sieyès, qui sont aussi des continuateurs des philosophes, Xavier Martin parvient à la conclusion que les théoriciens des Lumières, les acteurs de la Révolution et les rédacteurs du Code civil ont en commun une anthropologie implicite. Cette vision de l’homme est non seulement pessimiste (l’homme est incapable de désintéressement), mais encore réductrice (l’homme est un animal), matérialiste (le visible est le seul domaine scienti fiquement recevable), utilitariste (la gratuité est exclue) et sensationniste (l’homme obéit à des instincts).

Au fur et à mesure de sa quête, quête sans cesse enrichie par des lectures nouvelles dans les sources de l’époque, il a livré le fruit de ses recherches dans des livres publiés sous le titre générique de L’Homme des droits de l’homme, série dont Naissance du sous-homme au cœur des Lumières est le huitième volume.

Dans L’Homme des droits de l’homme et sa compagne (2001), Xavier Martin avait analysé le « bon sauvage » à la Rousseau, qui est un être au quotient intellectuel et affectif limité, dont la seule aspiration est la jouissance et le plaisir. Dans Nature humaine et Révolution française (2002), il s’est attaché à montrer que, selon Diderot, « l’homme et l’animal ne sont que des machines de chair ou sensibles », assujettis à un jeu mécanique des sensations et impressions qui abolit la frontière entre l’animal et l’homme et ôte à ce dernier la capacité d’user librement de sa volonté. Dans Mythologie du Code Napoléon (2003), l’auteur a décomposé les tendances mécanistes et matérialistes héritées des Lumières qui sont présentes dans le Code civil. Les règles organisant la dévolution successorale, le pouvoir du père sur ses enfants et son épouse, la nature de la propriété et ses modalités ou encore le contrat, par exemple, sont marqués par ces principes qui aboutissent à entraver la liberté humaine.

Dans Voltaire méconnu (2006), Xavier Martin s’est ensuite étend u sur le visage de Voltaire qu’on cache d’habitude : celui d’un grand bourgeois s’exprimant sur le mode du mépris ou de la haine à l’égard du genre humain en général et des gens modestes en particulier, comme à l’égard des femmes, des prêtres ou de ses rivaux.

Dans Régénérer l’espèce humaine (2008), il a souligné la place du « médecin philosophe » dans l’imaginaire des Lumières, symbole qui a prédisposé les révolutionnaires à interpréter la politique comme une sorte de chirurgie destinée à réparer les erreurs de la nature humaine. Dans S’approprier l’homme (2013), l’auteur a souligné l’utilitarisme d’une époque qui a fait de l’appropriation de l’homme, notamment à travers l’argent, un souci dominant.

L’œuvre de Xavier Martin a ses détracteurs. Ceux-ci se recrutent d’abord chez les inconditionnels des Lumières, qui ne supportent pas qu’on éclaire la face sombre des philosophes du XVIIIe siècle. Certains chercheurs, en outre, reprochent à l’historien du droit de ne prendre que des citations allant dans son sens, quitte à les sortir de leur contexte. Xavier Martin réplique en montrant que la récurrence de certaines idées, de Voltaire à Condillac et de d’Holbach à Diderot, n’est pas due au hasard : elle révèle un système de pensée bien installé dans son temps.

Il est vrai que l’histoire du droit et l’histoire des idées, si capitales soient-elles, ne forment qu’un aspect de l’histoire. Sans doute les idées mènent-elles le monde, mais le jeu des institutions, le poids du contexte politique, économique et social comme le hasard des circonstances déterminent également sa marche. Sans compter le caractère des hommes et les trois moteurs intimes auxquels n’échappent que les héros et les saints : le goût du pouvoir, la passion amoureuse et la tentation de l’argent. Les motivations idéologiques dévoilées par Xavier Martin n’en ont pas moins eu leur part dans la genèse des Lumières. Elles méritent donc d’être connues et reconnues, même si elles ne suffisent pas à expliquer toute l’histoire des Lumières.

Sources : Figaro Histoire et dossier éditeur

Naissance du sous-homme au cœur des Lumières
Les races, les femmes, le peuple.
Par Xavier Martin,
Publié aux éditions Dominique Martin Morin,
À Poitiers,
en mai 2014,
434 pages
28,50 €
ISBN : 9782856523490

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[1] À l'arrière-plan du tableau, de gauche à droite figurent Gresset, Marivaux, Marmontel, Vien, Thomas, La Condamine, l'abbé Raynal, Rousseau, Rameau, Mlle Clairon, Hénault, le duc de Choiseul, la statue de Voltaire [dont on lit L'Orphelin de la Chine], d'Argental, Saint-Lambert, Bouchardon, Soufflot, Danville, le comte de Caylus, Bartolomeo de Felice, Quesnay, Diderot, le baron de l'Aune Turgot, Malesherbes, le marcéhal de Richelieu, plus loin : Maupertuis, Mairan, d'Aguesseau, Clairaut le secrétaire de l'Académie enfin. Au premier rang, de droite à gauche, devant Clairaut : Montesquieu, la comtesse d'Houdetot, Vernet, Fontenelle, Mme  Geoffrin, le prince de Conti, la duchesse d'Anville, le duc de Nivernais, Bernis, Crébillon, Piron, Duclos, Helvétius, Vanloo, d'Alembert derrière le bureau, Lekain en train de lire, plus à gauche Mlle de Lespinasse, Mme du Bocage, Réaumur, Mme de Graffigny, Condillac, tout à gauche Jussieu, devant lui Daubenton, et enfin Buffon.

mercredi 30 juillet 2014

Le pronom personnel neutre « hen » fait son entrée dans le dictionnaire suédois

Le prochain dictionnaire de l’Académie suédoise fera une place au pronom neutre « hen », dès avril 2015.

Le rédacteur en chef du dictionnaire, Sven-Göran Malmgren, a reconnu que l’Académie a débattu le sujet pendant plusieurs années. « Nous voulions être sûrs que ce n’était pas seulement un effet de mode », a-t-il déclaré à la Radio suédoise (Sveriges Radio), avant de revenir sur l’usage désormais commun du terme, et sur la fonction qu’il remplit.

Couverture du premier livre suédois qui utilise le pronom neutre « hen »  :
Kivi et le chien monstrueux

Le pronom a déclenché une vaste controverse quand il a été utilisé en 2012 par un éditeur dans le livre pour enfants, Kivi et le chien monstrueux par Jesper Lundqvist. Dans l'ouvrage, « hen » remplace «  on » (elle) et « han » (il). Son livre introduisait également des termes neutres tels que « mappor » (mapa) et « pammor » (paman) en lieu et place de « maman » et « papa » (mammor et pappor en suédois).

Toujours en 2012, un catalogue publié par l’une des plus grandes chaînes de jouets en Suède représentait des garçons jouant à la poupée et des filles avec des répliques de mitrailleuses, le tout pour briser les stéréotypes sexués dans la société suédoise. Notons que plusieurs études tendent à prouver que cette distribution des jouets pourrait bien avoir une origine biologique dès la prime enfance.

Même si le mot « hen » rentre dans le dictionnaire, plusieurs critiques s’opposent encore à son emploi selon Lena Lind Palicki qui a rédigé cette entrée du dictionnaire : « Des personnes âgées et des ruraux n’aiment pas le mot », a-t-elle déclaré à la Radio suédoise (Sveriges Radio). « Beaucoup de locuteurs n’utiliseront pas le mot, même s’il se retrouve dans le dictionnaire. Je ne pense pas qu’il y ait eu un autre mot aussi controversé de l’histoire ».

Le dictionnaire de l’Académie donnera deux sens au terme « hen ». Le premier décrira des situations ou le genre est indéterminé. Le second permettra de parler d’un « troisième genre ».

Selon le site Ijsberg, le pronom suédois serait inspiré du finnois parlé dans la Finlande voisine. En finnois, le pronom « hän » signifie « il » ou « elle », « se » étant le pronom neutre (« it » en anglais, « es » en allemand). Ironiquement, des études indiquent que les jeunes Finnois associent le plus souvent « hän » au sexe mâle quand on leur demande d’illustrer la personne mentionnée. Le finnois n'est pas une langue germanique, mais finno-ougrienne. Son pronom « hän » n'est pas une invention récente.

Désormais, « hen » sera considéré par certains comme une manière de se référer à une personne sans avoir à mentionner son genre, dans le cas où le genre est inconnu, considéré non pertinent ou si cette personne est transgenre.

Sources : IJSBERG et RT




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lundi 28 juillet 2014

France — L'université pour tous, vers la fin d'un mythe ?

Face aux nouvelles affluences record de bacheliers (diplômés du cégep en France) et face aux coupes budgétaires, les universités françaises ont-elle encore les moyens d'accueillir tous les étudiants ? Entre une ouverture sans limite et une sélection draconienne, quelles sont les voies à trouver pour que les universités restent performantes ?

Le libre accès aux universités doit-il être remis en cause ?

Écouter l'émission (40 minutes, France Inter n'est pas une radio à droite...)




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jeudi 17 juillet 2014

Contestation judiciaire déposée contre la loi québécoise sur l'euthanasie


Tel qu’ annoncé lors de l’adoption de la Loi 52, Loi concernant les soins de fin de vie, le réseau citoyen Vivre dans la Dignité (VDD) et le Collectif des médecins contre l’euthanasie , regroupant ensemble plus de 650 médecins et 17.000 citoyens, ont déposé aujourd’hui une requête à la Cour supérieure du district de Montréal. Cette requête demande que soient déclarées invalides toutes les dispositions de la Loi concernant les soins de fin de vie portant sur « l’aide médicale à mourir », un euphémisme pour décrire l’euthanasie. Cette loi permet non seulement à certains patients d’exiger qu’un médecin leur administre la mort, mais accorde aussi aux médecins le droit de donner la mort par l’administration d’une substance mortelle.




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mercredi 16 juillet 2014

Pédophilie en Grande-Bretagne : que fait la hiérarchie ?

Mise à jour du 16 juillet

Quelque 660 personnes soupçonnées de pédophilie ont été arrêtées au Royaume-Uni lors d'une vaste enquête, qui a duré six mois, visant à identifier des personnes ayant accès à des images pornographiques d'enfants sur Internet, a annoncé mercredi la National Crime Agency (NCA).

Des médecins, des chefs scouts, des travailleurs sociaux, des professeurs et d'anciens policiers figurent parmi les personnes interpellées lors de l'enquête qui a mobilisé 45 policiers dans tout le pays. Parmi les personnes arrêtées, un médecin, en possession de plus d'un million de photos perverses, a été reconnu coupable d'avoir rencontré de jeunes garçons et de garder des accessoires sexuels dans le coffre de sa voiture. On ne signale la présence parmi les centaines d'inculpés d'aucun prêtre catholique.

Billet du 7 juillet

Alors que les enquêtes sur les crimes pédophiles de vedettes de la BBC, le défunt Jimmy Savile et l'artiste australien Rolf Harris, battent leur plein, c’est au tour de la classe politique d’être dans le collimateur. En 2012, un élu travailliste avait dénoncé l’existence d’un réseau pédophile mêlant des députés et des membres du gouvernement, des années 70 à 90. Ces allégations ont rebondi après la révélation de la disparition au ministère de l’Intérieur d’une centaine de dossiers sur ce sujet. À l’origine de ce nouveau scandale se trouve le rapport d’un parlementaire des années Thatcher.

En novembre 1983, le conservateur Geoffrey Dickens fait parvenir 40 pages au ministre de l’Intérieur Leon Brittan. Ce rapport explosif détaillerait les abus sexuels commis par 8 membres de l’Establishment britannique dont le député libéral-démocrate Cyril Smith. Le brulot évoquerait aussi l’action du Paedophile Information Exchange (PIE), un groupe de pression qui œuvrait en 1974 pour la légalisation des rapports sexuels entre mineurs et adultes. Aucune poursuite n’avait été engagée.



En 2012 quand éclate le scandale du présentateur de la BBC, celui-ci met à jour une litanie d’abus commis depuis les années 60. En octobre, le député travailliste Tom Watson évoque à la Chambre des Communes l’existence d’un puissant réseau pédophile ayant impliqué le parlement et le 10 Downing Street. Le député Tom Watson demande en 2013 à consulter le rapport de Dickens. Le secrétaire général du ministère de l’Intérieur lance ses services à la recherche du texte. Ils découvrent que le dossier a été morcelé. Certaines informations ont bien été communiquées aux autorités de l’époque, mais 114 pièces liées et annexes ont été « détruites ou perdues ». Une de ces notes mettrait en cause un élu conservateur intercepté par la douane à Douvres avec des images de pornographie infantile. À la suite de cette fouille, 4 anciennes affaires d’abus sexuels sont déterrées et portées à la connaissance de la police.

David Cameron a promis une enquête administrative, mais la pression est telle que le ministre de l’Intérieur actuel Theresa May devrait annoncer ce lundi aux Communes une vaste enquête sur les défaillances dans la prévention ou la poursuite de la pédophilie dans les institutions britanniques (État, hôpitaux, BBC...)

Reste à savoir si la Reine d’Angleterre ira à répétitions rencontrer les victimes d’abus sexuels pour s’excuser publiquement des actes commis par des membres de son gouvernement.

Voir aussi

Quarante enseignants, trois familles d'accueil parmi un vaste réseau pédophile arrêté

France — Pédophilie à l'école, la hiérarchie mute simplement l'enseignant

Pédophilie dans l'enseignement

Pédophilie — Autre scandale dissimulé par la hiérarchie ? (Grande-Bretagne)

Complicité de la hiérarchie de l'institution pour dissimuler de nombreux cas de pédophilie

États-Unis — Pédophilie dans une école primaire

Canada — La pédophilie : une orientation sexuelle comme l'hétérosexualité pour des experts

Scouts Canada s'excuse des cas de pédophilie qui auraient pu survenir

États-Unis — pédophilie et sévices sexuels dans les écoles américaines

École laïque et républicaine — Enseignants pédophiles, on n'en parle que depuis récemment

Deux poids, deux mesures ? (artistes pédophiles excusés par des journaleux)

Complicité de la hiérarchie de l'institution pour dissimuler de nombreux cas de pédophilie (Pennsylvanie).





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