dimanche 25 mai 2014

France et euthanasie — les médecins de l'Académie de médecine préfèrent soigner

Si la presse générale fait ses choux gras (symbole d'ouverture, tolérance et toutes les scies désormais habituelles) d'une femme à barbe choisie par les jurys et non le vote téléphonique des téléspectateurs, il y a un fait dont on a étonnamment peu entendu parler : le rapport émis par l’Académie nationale de médecine sur la fin de vie.

Il répond à la saisine du Conseil d’État faisant suite à l’affaire Vincent Lambert. S’il n’a pas vocation à prendre une position ferme sur cette affaire en particulier, le rapport réaffirme des principes fondamentaux destinés à éclairer la prise de décision. Face au pathos mis en avant par les promoteurs de l’euthanasie et du suicide assisté, l’Académie prend position et met en avant une évidence que l’on cherche à nous faire oublier : un médecin a pour unique mission de soigner, aucun ne peut accepter de donner la mort. « L’arrêt de vie en réponse à une demande volontaire à mourir ne peut être assimilé à un acte médical. Sans équivoque, quand bien même il s’agirait “seulement” d’une aide au suicide, il n’est pas dans la mission du médecin de provoquer délibérément la mort. »

Cette mission de soin doit être menée quel que soit l’état de conscience : l’Académie s’oppose à ce que l’on opère une distinction dans les traitements qui soit subordonnée à la capacité relationnelle du patient. Elle considère, en effet, qu’il est difficile de déterminer les états végétatifs chroniques de ceux de conscience minimale. Ainsi, un état comateux ne saurait justifier un arrêt des soins et de l’alimentation – ce qui est pourtant le cas pour Vincent Lambert. Ces soins doivent être administrés dans des structures adaptées : c’est aussi l’inadéquation des moyens qui amène à les remettre en question.

Quant aux situations d’arrêt de traitements, le médecin doit opérer une consultation collégiale des proches avant de décider s’il y a obstination déraisonnable. Une sédation peut alors être entreprise, dans le respect de la dignité du malade. N’en déplaise à nos politiciens, ce n’est donc pas à la justice mais au corps médical de trancher, même si cette grande latitude donnée n’est toutefois pas sans risques de dérives…

Une prise de position ferme par un organisme compétent : de quoi expliquer le silence observé par la plupart des médias à l’information sélective. Cette mobilisation du monde médical contre l’euthanasie active rappelle les fondamentaux du serment d’Hippocrate, et trouve aussi un écho avec le collectif d’étudiants en médecine Soigner dans la dignité. Face à l’absence d’éthique dans leur formation et devant une notion de la dignité galvaudée, ces futurs médecins se refusent à donner délibérément la mort et font la promotion des soins palliatifs.

Il ne reste plus qu’à saluer ces observations sensées rappelant la vocation du médecin : soigner et accompagner le patient jusqu’au bout de sa vie, quels que soient sa couleur de peau, son niveau intellectuel, de santé ou son état de conscience.

Source




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samedi 24 mai 2014

Examens du Ministère du Québec: les exigences à la baisse et effets de l'anglais intensif

Le Soleil de Québec du 23 mai 2014 nous apprend qu'il a consulté les documents que le Monopole de l'Éducation du Québec fournit aux enseignants pour corriger les examens de sixième année en mathématiques et en français.


Compter moins de fautes

Pour corriger un texte de français, le Ministère demande maintenant de ne compter qu'une seule erreur « lorsque tous les mots d'un groupe (y compris l'attribut) régis par la même règle d'accord ne sont pas accordés comme ils devraient l'être ». Par exemple, dans la phrase suivante, « Les chatte sont noire », les profs doivent compter une seule erreur plutôt que deux, puisqu'il s'agit de la même règle d'accord du pluriel qui n'est pas respectée.

« J'enseigne depuis 12 ans, presque toujours en sixième année. C'est nouveau que l'on me prescrive de diminuer ainsi le nombre de fautes. C'est du nivellement par le bas », affirme une enseignante, qui refuse toutefois d'être identifiée. [On la comprend.]

Le scénario est semblable en mathématiques. Par exemple, il est maintenant possible d'obtenir un A si l'élève commet « au plus deux erreurs mineures (imprécisions, oublis, etc.) » ou « certaines erreurs de transcription ». Une situation qui perdure depuis déjà quelques années, alors qu'avant, l'élève pouvait obtenir un A seulement si les calculs étaient « exacts », peut-on lire sur une grille de correction de 2007. Les critères ont aussi été assouplis pour l'obtention des autres cotes, B, C ou D.

« Ça n'a pas de sens! Les critères de correction diminuent d'année en année, on baisse les exigences », déplore une autre enseignante qui refuse d'être identifiée par crainte de représailles de la part de sa commission scolaire.

Un constat qui ne surprend vraiment pas Suzanne G.-Chartrand, didacticienne du français et professeure retraitée de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval. « À chaque année, le Ministère trouve des façons de diminuer le nombre d'erreurs [sanctionnées] », lance-t-elle.

Double discours

Les exemples sont nombreux, ajoute Mme Chartrand. En réaction aux nombreuses critiques entourant les programmes de la réforme, le ministère de l'Éducation a publié il y a quelques années une «progression des apprentissages» pour chacune des matières, un document qui détaille les connaissances à acquérir pour chaque année scolaire.

[...]

[Mme Chartrand explique:] « Il y a un double discours. On a des programmes ambitieux et exigeants, ça paraît bien, mais l'évaluation ne suit pas »

[...]


Du côté de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), on affirme avoir entendu « certains commentaires » concernant la baisse des exigences dans les grilles de correction, mais aucun bilan n'est disponible pour l'instant. « On a des vérifications à faire. Mais ça ne nous surprendrait pas si c'était le cas », affirme Josée Scalabrini, présidente de la FSE.

Effets de l'anglais intensif en 6e ?

L'anglais intensif, que le gouvernement Charest avait voulu rendre obligatoire pour tous les élèves de sixième année, pourrait expliquer en partie cette tendance, ajoute-t-elle.

Avec cette formule, la moitié de l'année scolaire est consacrée exclusivement à l'enseignement de la langue de Shakespeare. « En diminuant de 50 % le temps consacré aux autres matières, il faut baisser les exigences si on veut que tout le monde passe, ajoute Mme Scalabrini. Ça ne peut pas faire autrement. »

[Pour les élèves moyens ce n'est pas impossible. On a observé une chute des résultats en France quand on a fait repasser la même dictée à trente ans d'intervalle. Le test a été soumis à des élèves « mélangés » : en banlieue, en centre-ville, en province. En 1976, l'éducation des jeunes de 14/15 ans était déjà quasi universelle. L'exercice a été pioché dans les épreuves du brevet des collèges de 1976. Principale cause probable de cette dégringolade : le manque d'heures de français, les élèves français passent en effet 800 heures de moins (de 12 à 16 ans) à étudier le français qu'en 1976.]

Voir aussi

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jeudi 22 mai 2014

Abolir les commissions scolaires, une bonne idée ?

Article intéressant de Michel Pallascio dans le numéro 43 d'Égards sur la question d'abolir les commissions scolaires :

« La question de l’abolition des commissions scolaires a été soulevée à plusieurs reprises lors des dernières campagnes électorales. À ma connaissance, elle a été présentée pour la première fois par l’Action démocratique du Québec (ADQ) lors de l’élection de 2008. Elle a été récupérée ensuite par la Coalition Avenir Québec (CAQ), le parti de François Legault. Et, plus récemment, le Parti libéral du Québec (PLQ) n’avait pas fermé la porte à l’idée de cette abolition, sondages d’opinion obligent.

Il n’est pas facile de répondre à une telle question. Il faut d’abord préciser que l’ADQ et la CAQ ont proposé cette mesure dans une optique essentiellement économique, et non dans le cadre plus global d’une réforme de notre système d’éducation. Dans ce contexte, la proposition ne nous avance guère. Il est douteux que l’abolition des commissions scolaires apporte quelque économie que ce soit, étant donné la garantie d’emploi des gens syndiqués œuvrant dans ces institutions et les services rendus par ces mêmes personnes au bénéfice des écoles.

Rappelons-nous les conséquences liées à la réduction du nombre de commissions scolaires au cours des années 1990. Cette opération avait aussi pour but ultime d'apporter des économies d'échelle et de faciliter la gestion de ces institutions. Il était pourtant à prévoir que le résultat serait « nul ». Exemple : là où il existait trois commissions scolaires avec trois directeurs généraux, on s'est retrouvé avec un directeur général et deux adjoints. Il ne faut pas oublier que le salaire de ces personnes est déterminé en fonction de l'importance de la clientèle, donc commission scolaire plus « grosse », salaire plus « gros », CQFD.

Il faut aussi noter que les représentants de l'ADQ et de la CAQ ont toujours fourni des réponses assez vagues lorsqu'on leur demandait d'expliquer quel organisme allait reprendre des pouvoirs octroyés aux commissions scolaires. Encore aujourd'hui, personne n'est en mesure de répondre de façon claire et satisfaisante.

En ce qui concerne l'ADQ, Mario Dumont avait mentionné publiquement que les pouvoirs des commissions scolaires seraient remis au gouvernement. Cette proposition était pour le moins surprenante venant d'un parti qui prônait «moins d'État» et semblait privilégier, en général, la «subsidiarité», notamment dans le domaine de la famille. Quant à la CAQ, son programme indique que son gouvernement accorderait plus d'autonomie à l'école », mais sans donner plus d'explications sur la réalisation d'un tel objectif. Pour sa part , le Parti Québécois (PQ) a préconisé un certain temps l'abolition des directions régionales du ministère de l'Éducation du Québec CMÉQ) et la transformation des commissions scolaires actuelles en banques de service pour les écoles, mais cette résolution semble s'être évaporée. Il faut toutefois mentionner que ce parti insistait beaucoup sur l'autonomie de l'école. Encore là, on ne sait pas ce qu'il serait advenu des droits et obligations des commissions scolaires et rien n'avait été dit concernant l'avenir des commissaires élus.

Dans tous les cas, il s'agit d'abord de mesures économiques qui ne sauraient résoudre les problèmes de fond du système d'éducation québécois. On s'attaque aux structures, sans oser [remettre en question] les différentes réformes de l'éducation pilotées par les « théologiens » du MÉQ.

Si l'on veut vraiment « dégraisser le mammouth », il faudrait peut-être envisager de remettre en cause le fonctionnement de certaines instances œuvrant au niveau de l'éducation. Tout de suite, il me vient à l'esprit le pouvoir abusif des syndicats, pouvoir qui leur a été octroyé en opérant une centralisation à outrance des négociations patronales/syndicales. Il est bon de rappeler qu'au début des années 1980, le gouvernement provincial dirigé alors par le Parti Québécois (avec Pierre Marc Johnson comme ministre de l'Éducation) avait mis en tutelle la CECM pour une période de vingt-quatre heures, afin de signer une convention collective avec l'Alliance des professeurs de Montréal, passant ainsi outre aux pouvoirs légitimes de la commission scolaire. Il est bien entendu qu'à partir de ce moment, le p ou voir de négociation, principalement au niveau salarial (ne laissant que les questions normatives au niveau local), a été retiré graduellement aux commissions scolaires. Pour se donner bonne conscience, on a permis aux commissions scolaires d 'être représentées aux tables de négociations provinciales.

Par contre, il faut le signaler, bien des commissions scolaires ont tiré une certaine satisfaction, pour ne pas dire un certain soulagement de cette situation. Elles s'éviteraient désormais les conflits locaux avec le lot de misère, de contestations et de gestes disgracieux qui accompagnaient généralement le renouvellement des négociations collectives. Malheureuse ment, c'était aussi le début de la fin. Aujourd'hui, il est évident que les syndicats négocient directement avec leur véritable employeur, l'État, que les commissions scolaires soient présentes ou non aux tables de négociations provinciales. Pourtant Louis-Philippe Audet, dans son livre Le système scolaire de la province de Québec (Québec, Éditions de l'Érable, tome I, 1951 , p. 137) soulignait : « Mandataires des parents dont ils ont mission de compléter la tâche éducatrice, les instituteurs, dans la provin ce de Québec, ne sont pas des fonctionnaires de l'État. Ils sont engagés par la commission qui représente tous les propriétaires de biens-fonds de leur municipalité scolaire ». Il appert que les commissaires d'école ont ainsi abandonné leurs droits et leurs obligations.


[...]

Le rôle de la commission scolaire a toujours été de permettre aux communautés locales de gérer leurs écoles publiques avec des objectifs scolaires communs et d'utiliser conjointement les ressources nécessaires au bon fonctionnement des écoles. On peut soutenir sans se tromper que les objectifs scolaires sont maintenant déterminés par le ministère de l'Éducation — l'exemple du cours d'Éthique et culture religieuse (ÉCR) le démontre amplement, aucune commission scolaire à ma connaissance n'ayant amorcé une quelconque réflexion sur son contenu et procédé à l'analyse des demandes d'exemption de façon sérieuse.

[...]

»

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†  Ex-commissaire de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) de 1980 à 1990 et de 1994 à 2003; président de cette même commission scolaire de 1984 à 1990 et de 1994 à 1999.

mardi 20 mai 2014

Les enseignants québécois passent beaucoup de temps à l'école, mais peu à y enseigner


Chiffres intéressants relevés par L'Antagoniste :


Éducation Québec
 
Performance remarquable du Québec !  Nous sommes premiers, avec une confortable avance, sur le Canada et l’OCDE !  Mais avant de sabrer le champagne, j’attire votre attention sur le titre du graphique, il s’agit du « temps de travail à l’école »…  Or, le temps de travail à l’école n’est pas nécessairement du temps d’enseignement…
 
Éducation Québec
 
Si nous étions confortablement en première position en ce qui a trait au  « temps de travail à l’école », nous sommes confortablement derniers pour ce qui est du  » temps d’enseignement »…  Nos enseignants passent beaucoup de temps à l’école, mais ils enseignent moins qu’ailleurs…  Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le temps d’enseignement comme pourcentage du temps de travail total:
 
Éducation Québec
 
Au Québec, les enseignants de niveau secondaire ne consacrent même pas 50% de leur temps à l’enseignement!  Au Canada et dans les pays de l’OCDE, la proportion est de 61% et 58% respectivement. À titre indicatif, en Alberta, pour le primaire et le secondaire le temps d’enseignement est de 905 heures ce qui représente 75% du temps de travail à l’école. On est très loin des chiffres du Québec…
 
En bref, le Québec est l’endroit où les enseignants passent le plus de temps à l’école, mais où les enseignants enseignent le moins…
 




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samedi 17 mai 2014

Des cadres de Yahoo, Google, Ebay ou Microsoft inscrivent leurs enfants dans des écoles sans écran

Plusieurs gros journaux, parmi lesquels Le Monde, Libération, L’Étudiant, se sont intéressés à une école californienne, sise au cœur de la Silicon Valley et comptant sur ses bancs essentiellement des enfants de l’industrie numérique : les fils et filles des cadres de Yahoo, Google, Ebay ou Microsoft (3/4 des parents travaillent dans le secteur des « nouvelles technologies »). Dans cette école, pas de télévision, pas d’ordinateur, pas de tablette. Même pas un pauvre tableau numérique interactif grâce auquel devenir créatif et autonome ! Le désert technologique. Mais un désert pavé d’or, à 20 000 dollars annuels pour une scolarité centrée sur la méthode Steiner : tricot et couture, proximité avec la nature, utilisation du corps dans les apprentissages et tableaux noirs. L’école accueille un peu plus de 300 élèves, et publie chaque année son rapport annuel, autant académique que financier, ce qu’on apprécierait de voir faire à certaines de nos écoles françaises. « S’extraire de l’exposition aux écrans est devenu un marqueur du luxe. » (Guillemette Faure, Le Monde, 27/IV/2012).

On peut se précipiter dans la course folle des nouvelles technologies à l’école, qui a l’immense avantage de remplir quelques bons de commandes et d’opérer d’utiles transferts de fonds, mais on peut aussi raison garder face au numérique et faire attention aux conclusions des publications scientifiques : une étude américaine de 2013 portant sur 1 123 élèves venant de 15 écoles californiennes montre ainsi qu’il n’y a aucune différence de résultats scolaires entre ceux qui travaillent avec un ordinateur et ceux qui n’en ont pas ; l’expérience nous conduit aussi à considérer le numérique en matière scolaire avec une circonspection méthodologique.

(Source : Virginie Subias Konofal)




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jeudi 15 mai 2014

Coût annuel des garderies au Québec : 2,3 milliards

Les 220.000 places du réseau à contribution réduite coûtent annuellement 2,3 milliards $ au Trésor public québécois. Chaque place subventionnée revient ainsi à 10.455 $ par an aux contribuables.

Le Parti québécois prévoyait de créer 6800 places supplémentaires en 2014-2015 pour un déboursé de 109 millions de $, soit 16.030 $ le bambin.

Malgré des investissements croissants dans la politique familiale (qui inclut également d'autres mesures comme l'assurance parentale), la natalité du Québec baisse constamment depuis cinq ans. L'indice synthétique de fécondité atteint désormais 1,649 enfant par femme.




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mercredi 14 mai 2014

Le Monopole de l'Éducation veut fermer les écoles juives « illégales »

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a confirmé mercredi son intention d'entreprendre des démarches pour fermer les écoles juives illégales qui sont exploitées clandestinement.

Sa déclaration fait suite à la diffusion sur les ondes de TVA Nouvelles en début de semaine d’un reportage sur une école dite clandestine de la communauté juive hassidique Kyrias Tosh, à Boisbriand, dans Lanaudière.

Des voisins avaient informé la Ville de la présence quotidienne de jeunes filles qui affluent vers une résidence du chemin de la Rivière-Cachée, tout près de l'important quartier habité par 3000 juifs hassidiques.

« Au niveau des écoles juives, on a trois catégories d'écoles, a rappelé le ministre Bolduc mercredi matin, à Québec. Il y a des écoles qui ont un permis, qui sont légales, et qui répondent aux critères du ministère de l'Éducation. Donc, à ce moment-là, il n'y a pas de difficultés. Il y a des écoles légales qui ont besoin d'ajustements. Et il y a les écoles illégales qu'on ne tolérera pas. »

« On est en train de regarder ce qui peut être fait, a-t-il ajouté. Il y a une réunion entre différents ministères afin de voir les actions à poser. Mais je tiens à le dire, il ne doit pas y avoir d'écoles illégales. Il faut que les étudiants reçoivent l'éducation recommandée par le ministère. »

Voir aussi

Les écoles juives et la liberté du choix d'éducation des parents québécois





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mercredi 7 mai 2014

La Chine bientôt la première puissance économique ?

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir.)

La Chine pourrait détrôner cette année déjà les États-Unis au rang de première économie de la planète. C’est bien plus rapide que prévu, de nombreux économistes tablant sur un basculement en 2019. C’est ce qu’indique une étude statistique de la Banque mondiale qui jette un éclairage neuf sur la répartition des richesses entre nations.

Elle ne compare pas le poids respectif des différentes économies en convertissant dans une devise commune leurs PIB respectifs, car cette méthode introduit en effet d’importantes distorsions. En effet, les taux de change peuvent connaître de brusques fluctuations et donner une fausse idée de l’accroissement ou de la diminution de la richesse d’un pays. Certaines devises peuvent aussi être sous-évaluées volontairement par les autorités du pays et ne pas refléter le vrai coût des biens et services sur place.

Pour neutraliser ce biais, la Banque mondiale a travaillé sur base d’un taux de conversion entre devises qui garantit le même pouvoir d’achat quel que soit l’endroit de la planète où on achète un bien ou un service (PPA, parité de pouvoir d’achat). C’est la même méthode utilisée pour réaliser le fameux indice Big Mac qui donne une image du niveau de vie dans chaque pays en comparant ce que coûte en devise locale un hamburger dans tous les pays du monde.

À la différence près que la Banque mondiale ne s’est pas limitée à un seul produit et qu’elle a pris en compte 199 pays… La dernière édition de cette étude gigantesque datait de 2005. Cette méthode bouleverse l’image que l’on se fait des rapports de force mondiaux car elle donne beaucoup plus de poids aux pays à revenus moyens. Les États-Unis restent certes la plus grande économie du monde mais leur part dans le PIB mondial chute de 22,1 à 17,1 %.

À la seconde place, en utilisant la nouvelle mesure et les nouveaux chiffres, la Chine est de 10,4 % à 14,9 %. Pour Philippe Ledent, économiste chez ING, interrogé par Le Soir de Bruxelles, le fait que le poids de la Chine était jusqu’ici minimisé s’explique essentiellement par « la politique des autorités chinoises consistant à maintenir artificiellement bas le yuan ». Même phénomène pour l’Inde qui voit son poids passer de 2,7 à 6,4% et qui prend la troisième place au Japon.

Pour ce qui est de la Chine. Elle représentait en 2011 – date des chiffres sur lesquels se base l’étude – 87 % du PIB américain alors qu’en 2005, elle ne pesait que 43 %. Étant donné que le FMI s’attend à une croissance de l’économie chinoise de 24 % entre 2011 et 2014 contre 7,6 % pour les États-Unis, il est probable que la Chine détrônera les États-Unis dès cette année.

Cet événement pourrait avoir des répercussions bien au-delà de la sphère économique. Pour Thierry Geiger, économiste suisse cité par l’AFP, « cela aura des implications géopolitiques en termes de négociation, de responsabilité morale, de prépondérance… ». Des responsabilités que la Chine pourrait ne pas être ravie d’assumer. La Banque mondiale souligne que le bureau national des statistiques chinois n’a pas validé les résultats de cette étude… « Derrière cela, on peut sans doute voir le refus d’assumer des responsabilités qui viendraient avec le statut de numéro un, souligne Thierry Geiger. La Chine préférerait continuer à se voir comme pays émergent plutôt que comme leader du monde ».

Elle n’aurait pas tout à fait tort. Ramené au nombre de leurs habitants, le PIB de ces pays émergents reste bien inférieur à celui des pays occidentaux. Celui des États-Unis est cinq fois supérieur à celui de la Chine et dix fois supérieur à celui de l’Inde. Les 56 pays les plus riches du globe ne représentent que 16,8 % de la population mondiale, mais ils continuent à peser la moitié de la richesse
mondiale. Pour combien de temps ?

(Le Canada est au quinzième rang avec 1,6 % du PIB mondial en termes de pouvoir d'achat et 2,5 % du PIB mondial exprimé en devise commune. Pourquoi fait-il encore partie du G 8 G7 ?)

 

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Québec — Chute de la fécondité pour une cinquième année de suite

La fécondité au Québec poursuit sa chute malgré les investissements massifs et croissants dans ce que le gouvernement aime appeler la « politique familiale » dont la principale composante est le réseau gouvernemental de garderies. Ces garderies sont destinées à augmenter le nombre de femmes au travail. Ces centres de la petite enfance, selon une étude (jamais publiés dans une revue érudite à notre connaissance), auraient sensiblement augmenté le taux d'emploi des femmes et donc la masse salariale au Québec. Cependant, selon une étude de la Chaire de recherche du Canada sur les enjeux socio-organisationnels de l’économie du savoir, le pourcentage de mère sur le marché du travail s'est accru dans tout le Canada. D'autres économistes ont également remis en doute les effets bénéfiques de ces garderies. En revanche, plusieurs chercheurs ont remis en doute ses bénéfices pédagogiques et sociaux.

La fécondité au Québec en 2013 a atteint le taux de 1,649 enfant par femme. Ce taux était de 1,665 en 2012. L'âge moyen des mères du Québec a encore augmenté pour se placer à 30,33 ans. La Presse de Montréal/Le Soleil a d'ailleurs ressorti ce fait (plutôt que la chute de la fécondité) pour en faire le titre de son article sur les chiffres publiés par l'Institut de la statistique du Québec aujourd'hui : « Indice de fécondité: les femmes de 30 à 34 ans "au sommet" ». Au sommet. On est toujours champions au Québec. La maternité devient de plus en plus tardive (ce qui n'est pas sans conséquence sur la prématurité et ses complications qu'un État-providence financera), nous atteignons "un sommet".

Si le Soleil parle d'"un sommet", Radio-Canada semble n'avoir rien publié sur ce sujet (selon Google) alors que les chiffres sont disponibles depuis le 6 mai 2014. Par contre, les années passées, Radio-Canada accueillait toujours le communiqué démographique printanier de l'Institut de la statistique du Québec pour en souligner généralement un aspect vu comme positif  (voir les articles des dernières années). Exemple : « 200 bébés de plus au Québec en 2012 » en oubliant de dire que la population avait augmenté principalement à cause de l'immigration et donc que ces 200 bébés supplémentaires s'accompagnaient d'une baisse de fécondité... Ou cet autre titre : « Le taux de natalité [pour 2011] demeure stable au Québec » ce qui était faux (il était passé de 11,2 à 11,1) et le titre passait sous silence la baisse de l'indice de fécondité, un meilleur indicateur puisque moins sujet à la pyramide des âges.


Indice synthétique de fécondité du Québec (enfant/femme) de 1985 à 2013

Certains ont appelé l'augmentation de la natalité dans la première décennie des années 2000, un « mini-baby-boom ». Pour remettre en perspective ce « mini-baby-boom », nous avons produit une autre version de ce graphique ci-dessous en le faisant commencer en 1951, en plein Baby-boom. Le « mini-baby-boom » des années 2000 n'y est qu'un tout petit frémissement, à peine plus important que la hausse des naissances des années 90 qui avait accompagné le programme d'allocations à la naissance.

La ministre de la Famille et de l'Enfance de l'époque, Nicole Léger (PQ), avait alors qualifié ce programme d'allocation à la naissance « d'échec lamentable ». Le diagnostic peu nuancé de la ministre Léger s'expliquait sans doute par des réticences fréquentes exprimées par le Conseil de la femme à toute politique nataliste efficace. En 1982, Claire Bonenfant, la très féministe présidente du Conseil de la Femme, s'était interrogée, au sujet d'une politique avec de timides conséquences natalistes : « Cette politique sera-t-elle une politique nataliste déguisée cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux ou bien se présente-t-elle comme une politique de justice sociale ? »


Indice synthétique de fécondité du Québec (enfant/femme) de 1951 à 2013


Investissements croissants dont le rendement s'effouffle ?

La croissance démographique du Québec semble donc s'essouffler alors que des sommes considérables et sans cesse croissantes sont investies dans sa politique « familiale » non universelle qui consiste principalement à encourager les mères à retourner au travail par le biais de garderies fortement subventionnées (7 $ par jour payés par les parents, 43 $/enfant par jour de subventions) et des aides directes aux familles pauvres ou monoparentales. Il ne s'agit pas à proprement parler de mesures natalistes universelles. En 2009, les services éducatifs à l’enfance représentaient une aide d’un peu plus de 2,4 milliards de dollars, à laquelle il fallait ajouter le crédit d’impôt remboursable pour frais de garde qui permettait de verser 194 millions de dollars aux familles utilisant la garde à tarif régulier.

Entre 2003 et 2009, l’aide financière accordée aux familles par le gouvernement du Québec a augmenté de plus de 58 %. Cette aide financière comprend l'aide à la garde des enfants (2,6 milliards [source non mise à jour depuis 2010, page 33]), le régime québécois d’assurance parentale (1,2 milliard), l'allocation de soutien aux enfants plus généreuse pour les familles monoparentales ou pauvres (2,2 milliards) et la prime au travail (255 millions). Pendant cette période le taux de natalité a augmenté de 14,8 % et le taux de fécondité de 16,7 %.

Rappelons que le programme d'allocation universelle à la naissance avait coûté de 1989 à 1996 1,406 milliard de dollars pour toute cette période soit environ 240 millions de nos dollars de 2010 par an. La fécondité était alors passée de 1,415 enfant par femme en 1988 à 1,611 en 1996, soit une augmentation moyenne de 13,8 %. L'abolition par le Parti québécois de ce programme en 1997 et l'instauration des garderies dites à 5 $ a été suivie d'un abaissement de la fécondité ; l'indice synthétique de fécondité avait alors atteint en 2002 1,475 enfant par femme. Il faut noter que l'économie n'a enregistré aucun recul pendant toute la période de 1997 à 2008, celle-ci ne peut donc expliquer la baisse de la natalité de 1997 à 2002.

Hors mariage, de plus en plus issus d'immigrés

Près de deux enfants sur trois (63 %) sont issus de parents non mariés. Cette part a dépassé 60 % en 2006 et est supérieure à 50 % depuis 1995. Par ailleurs, 70 % des enfants sont issus de deux parents nés au Canada, alors que 19 % ont deux parents nés à l’étranger et 10 % ont un seul de leurs parents né dans un autre pays. Près de 30 % des nouveau‑nés ont donc au moins un parent né à l’étranger. Il y a 20 ans, cette proportion était d’environ 15 %.

Nombre record de naissances dans les régions nordiques, les grandes villes au plus bas

Avec un indice synthétique de fécondité de 2,49 enfants par femme en 2013, la région du Nord‑du‑Québec se situe loin devant toutes les autres. Notons que c’est la seule région pour laquelle l’indice de fécondité de 2013 est inférieur à celui de 2003. Viennent ensuite cinq régions qui présentent en 2013 des indices se situant entre 1,8 et 1,9 enfant par femme. Ce sont, par ordre décroissant de l’indice, le Centre‑du‑Québec, l’Abitibi‑Témiscamingue, Chaudière‑Appalaches, Lanaudière et la Côte‑Nord. Avec des valeurs inférieures à 1,6 enfant par femme, les régions de Montréal et de la Capitale‑Nationale (Québec) affichent encore une fois en 2013 les indices de fécondité les plus faibles.

Les jeunes trentenaires font désormais le plus d'enfants

Ce sont désormais les femmes de 30 à 34 ans qui font le plus d'enfants au Québec - plus que leurs cadettes dans la vingtaine.

C'est la première fois de l'histoire de la province que ce groupe d'âge affiche les plus forts taux de natalité, avec 110 naissances par 1000 femmes de 30 à 34 ans - contre 108 pour les 25-29 ans. Rappelons qu'en 2011, les femmes de 35-39 ans avaient eu plus d'enfants que les 20-24 ans, ce qui était une autre première. Cette année-là, les femmes au début de la quarantaine avaient même fait plus d'enfants, toutes proportions gardées, que les adolescentes (15-19 ans).

L'âge de plus en plus avancé des mères augmente tous les risques liés à la grossesse et augmente le risque d'avoir un enfant prématuré. Des études avaient précédemment révélé que les enfants nés après 34 ou 36 semaines de gestation ont davantage de problèmes sociaux, comportementaux et scolaires que ceux nés à terme, après de 37 à 41 semaines de gestation. Dans un système où les coûts liés à ces difficultés et troubles sont mutualisés comme notre État-providence, le contribuable devrait-il se réjouir de ces maternités de plus en plus rares et de plus en plus tardives ?




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