jeudi 20 août 2020

L'école à la maison gagne encore du terrain

SAGUENAY – Cette année, la rentrée scolaire risque d’être particulière et plusieurs parents ont d’ailleurs décidé de retirer leur enfant des établissements scolaires pour faire l’école à la maison.

« Il y a toujours une augmentation chaque année, mais en ce moment, l’augmentation elle est deux fois, même trois fois plus grosse que les années précédentes, c’est vraiment incroyable », a dit jeudi Laurence Berger, qui est membre de l’Association québécoise pour l’éducation à domicile.

« Normalement, nous avons 15 familles qui font l’école à la maison. Cette année, nous en avons 20 supplémentaires », a expliqué Cynthia Tanguay, directrice chez Tutorat Saguenay.

Avec la pandémie, plusieurs ont pris goût à ce type d’enseignement.

« Il y a plusieurs familles qui ont aimé leur expérience ! Lorsque les écoles ont fermé, certains parents aimaient suivre leurs enfants dans leurs apprentissages, c’est pourquoi ils vont continuer l’école à la maison », a ajouté Laurence Berger, en entrevue avec TVA Nouvelles.

Quelques familles ont déjà fait le grand saut, tandis que d’autres s’y préparent en cas de deuxième vague.

« C’est un plan B pour plusieurs : si les écoles ferment à nouveau, ces familles vont se tourner vers l’école à la maison et poursuivre l’éducation de leurs enfants. Ils prennent de l’information pour se préparer », a relaté Mme Tanguay.

Mélanie Girard a commencé à scolariser ses cinq enfants à la maison quelques mois avant le début de la pandémie.

« Mon Dieu que j’ai fait un bon choix : mes enfants ont continué leurs cycles et, pour nous, ça n’a rien changé », a-t-elle témoigné.

Cette mère comprend les familles qui optent pour ce choix.

« Je ne vivrais pas la rentrée scolaire de septembre, le simple fait que les contacts sont restreints... j’aurais peur que mes enfants n’aient pas de plaisir à apprendre. »

L’éducation à la maison demeure marginale dans la région et même un peu tabou. Les familles d’ici qui envisagent cette option ont toutes décliné nos demandes d’entrevue.

« Il y a beaucoup de préjugés, c’est dommage, j’entends souvent : les jeunes à la maison ne font rien, mais non ! Il faut être dans le bateau pour comprendre. L’école à la maison, ce n’est pas juste le choix des parents, les enfants doivent avoir la motivation aussi. »

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Pour une écologie scientifique et non politique

Patrick Moore est l’un des cofondateurs de Greenpeace. Il raconte son parcours d’écologiste militant précoce, marqué par des expériences réussies, mais aussi de gros échecs.

Il décrit, en termes sans équivoque et appuyés sur de nombreux documents, comment Greenpeace est passée de défis courageux et avant-gardistes (notamment la lutte contre la chasse à la baleine industrielle ou les essais nucléaires atmosphériques), à des engagements anti-scientifiques essentiellement construits autour des inégalités Nord-Sud, structurés de façon dogmatique par les questions climatiques.

Selon Moore, l’Humanité fait partie de la nature et nous devons tenir compte de notre présence et de nos besoins dans l’utilisation des ressources. Le but ne peut pas être de marginaliser l’homme par respect pour la nature. La bonne question est plutôt de savoir comment affiner et renforcer un « développement durable » respectueux de l’environnement tout en répondant aux besoins humains.

Moore se bat pour que les décisions politiques soient fondées sur la science et non sur des convictions absolutistes et utopistes, comme le souhaitent les écologistes radicaux. Il déconstruit en particulier les positions antichlore de Greenpeace ainsi que l’utilisation aveugle du terme « toxique » dans leurs campagnes. Pour lui, les dangers des produits chimiques sont avant tout liés à la durée d’exposition et au dosage. Bien utilisés, ils ont prouvé dans le monde entier leur utilité pour la santé et la nutrition de millions d’êtres humains.

Un récit personnel et un exposé rationnel sur les grands défis environnementaux qui nous attendent.

CONFESSIONS D’UN REPENTI DE GREENPEACE
Pour une écologie scientifique et non politique
par Patrick Moore,
à paraître le 21 Octobre 2020,
aux éditions du Toucan,
collection de l’Artilleur,
à Paris,
556 pages 
Genre : Essais 
ISBN : 9 782 810 009 138

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Étudier en français à Montréal est parfois bien difficile

Dénoncer une injustice ou une discrimination peut prendre des allures de parcours du combattant à l’École de technologie supérieure (ÉTS). Un étudiant forcé de suivre la moitié d’un cours en anglais, ce qui contrevient au règlement de l’établissement francophone, a dû multiplier les démarches pour rectifier la situation. Jugeant ses demandes ignorées par l’ÉTS, il déplore l’absence d’un ombudsman pour traiter ce type de plaintes sans parti pris.

[Gageons qu’aux nombreuses universités anglophones du Québec, on ne force pas les étudiants subventionnés par le Québec officiellement francophone à suivre la moitié de leurs cours en français.]

« J’ai passé ma session à contacter différents paliers administratifs pour régler le problème. C’est déplorable de voir que la communication est aussi difficile et que j’ai dû me battre pour simplement faire respecter le règlement, sans succès au final », lance Vincent Bédard, qui vient de terminer son baccalauréat en génie mécanique à l’ÉTS.

L’étudiant estime avoir été victime d’une discrimination linguistique alors qu’il a dû suivre cet été un cours à moitié en anglais, une langue qu’il ne maîtrise pas. La partie théorique du cours « Robotique mobile » était donnée en français par le professeur, mais les travaux pratiques étaient, eux, en anglais. De langue maternelle espagnole, la doctorante qui dirigeait cette partie du cours ne parlait pas un mot français et donnait donc conseils et explications essentiellement dans la langue de Shakespeare. [Que fait cette doctorante qui ignore le français à l’ÉTS ? Elle anglicise l’institution ? Passe son doctorat en anglais ? Est-ce là une façon de promouvoir la science en français ? Il faudrait imposer la connaissance du français chez les doctorants.]

« Comprendre des concepts universitaires dans une langue qui n’est pas la mienne, ce n’était pas évident. J’avais du mal à comprendre et à me faire comprendre », raconte Vincent Bédard.

L’étudiant dit avoir vécu beaucoup de stress pendant la session, craignant même d’échouer. Pour réussir ses examens, il a dû mettre le double du temps qu’il consacre habituellement à ses études. « Ce n’est pas normal que l’ÉTS nous impose ça. Si j’ai choisi d’étudier dans un établissement francophone, ce n’est pas pour rien. J’ai le droit de recevoir mes cours en français », insiste Vincent Bédard.

S’ils ne sont pas soumis à la loi 101, les établissements d’enseignement supérieur doivent tout de même se doter d’une politique linguistique pour promouvoir la langue française. Celle de l’ÉTS est claire : « Le français est la langue normale de l’enseignement. » Une exception est faite pour les cours de langue et les conférenciers invités non francophones. La politique stipule aussi que « tout membre du personnel doit utiliser un français de qualité dans ses rapports avec ses collègues, les étudiants et le public ».

Souhaitant signaler cette infraction au règlement et demander une rectification de la situation, Vincent Bédard a multiplié les démarches pendant la session, s’adressant au professeur du cours en question, à son directeur de programme, puis à la doyenne des études.

Il a même contacté le ministère de l’Enseignement supérieur, qui lui a recommandé de formuler une plainte officielle au bureau du registraire de l’ÉTS. Ce qu’il a fait début juillet. Un mois plus tard, la registraire, Sandra Lacroix, lui a répondu que la qualité de l’enseignement relevait de la doyenne des études, qui avait déjà « trouvé des solutions » à son problème et qu’elle n’a donc « rien à ajouter ».

« La seule chose qui a changé, c’est que le professeur des cours théoriques était présent sur Zoom lors des travaux pratiques. Il faisait une introduction en français et disait être disponible si on avait des questions. Mais le reste se faisait toujours en anglais par la chargée de travaux pratiques », note Vincent Bédard.

Contactée par Le Devoir, l’ÉTS reconnaît avoir eu de la difficulté à trouver un chargé de travaux pratiques pouvant enseigner en français. Le cours étant donné pour la première fois à la session d’été, le bassin d’étudiants aux cycles supérieurs pouvant s’occuper des travaux pratiques dans ce domaine était réduit.

Devant le choix d’annuler le cours ou de le maintenir, mais en partie en anglais, l’établissement a choisi cette deuxième option, « moins dommageable sur le plan pédagogique », dit-on. « Une grande partie des étudiants en génie à l’ÉTS comprennent aussi l’anglais […] La connaissance de l’anglais est importante pour le futur ingénieur. »

L’école assure néanmoins qu’une telle situation ne se reproduira pas à l’avenir.

Absence d’ombudsman

Espérant que l’établissement tienne promesse, Vincent Bédard trouve surtout « lamentable » la façon dont sa plainte a été traitée. « Je n’avais plus d’options devant moi puisqu’il n’existe pas d’ombudsman à l’ÉTS. »

L’École est l’une des rares institutions du réseau universitaire à ne pas s’être dotée d’un service d’ombudsman, aux côtés de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et de la TELUQ. L’association étudiante de l’école en fait pourtant la demande depuis des années.

Un ombudsman permettrait de « renforcer la confiance de la communauté étudiante envers l’administration et assurerait un traitement équitable des plaintes », peut-on lire dans le Plaidoyer pour la mise en place d’un bureau d’ombudsman à l’ETS, rapport rédigé par l’association en octobre 2015.

Aux yeux de Jean Bernatchez, professeur en administration et en politiques scolaires à l’Université du Québec à Rimouski, un service d’ombudsman est pourtant essentiel. « Ça prend une personne intègre, neutre, qui ne prend pas parti, pour juger si une personne a été lésée par l’institution, dit-il. Un ombudsman aurait pu juger si les mesures prises par l’ÉTS pour régler le problème de l’étudiant sont suffisantes. Celui-ci aurait aussi économisé son temps en ne s’adressant qu’à une seule personne. »

Interrogée à ce sujet, l’École dit travailler sur « un projet de recours à un protecteur universitaire », qui pourrait « être mené à terme dans l’année 2020-2021 ». 


Source : Le Devoir


samedi 15 août 2020

Université — Liste de lecture anti-blanche de Sciences Po fait polémique

L’école de Sciences politique a partagé sa liste de livres anglais à lire pour l’été 2020. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est très orientée idéologiquement.

Sciences Po a partagé une drôle de liste de lectures sur son compte Instagram officiel. Fidèle aux préoccupations de l’année, on y retrouve des œuvres relatives à la race — George Floyd et Adama Traoré obligent — et seulement relatives à... La couleur de peau. Problème : c’est toujours à charge anti-blanc.

La liste des lectures de l’été de la prestigieuse (à la réputation surfaite à notre avis) école a, certes, été constituée par les abonnés au compte de l’école — comme précisé sur la légende, sur leurs recommandations de lecture — mais ce n’est pas tout.

Le compte de l’école assume son parti pris idéologique, en proclamant que la liste de livres « célèbre le militantisme, l’action, la diversité, et la jeunesse », avant de remercier ses abonnés pour ces bons conseils. Hélas, l’esprit critique n’est pas à l’ordre du jour : les lectures recommandées font la part belle à l’antiracisme, au militantisme de déconstruction du privilège blanc et autre... 

Au détriment même des personnes de peau blanche. Nous pouvons trouver dans cette liste prétendument éclairée : How To Be An Antiracist (Comment être antiraciste, en français), Me and White Supremacy (que l’on peut traduire par : Moi et la suprématie blanche), Why I'm No Longer Talking to White People About Race (Pourquoi est-ce que je ne parle plus de race à des Blancs, NDLR), ou encore White Fragility (La fragilité blanche, en français). Un parti pris particulièrement catégorique pour une école d’une telle envergure...

Une autre preuve de l’américanisation (et de la fascination de l’anglais) de la France.

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Covid-19: le système immunitaire a la mémoire longue

Pour mieux comprendre la mise en place de cette mémoire immunitaire, Simon Fillatreau, de l’Inserm, met en place un suivi de l’évolution des lymphocytes mémoire chez trente patients guéris. 
 
 Cellule infectée par la Covid 2019

Le fait que la majorité des populations infectées par le Sars-CoV-2 ne présente pas de symptômes notables pourrait être dû à la bonne mémoire de notre système immunitaire, selon plusieurs études indépendantes dont deux sont publiées dans la revue Nature. Ces travaux menés à Singapour, en Allemagne, aux Pays-Bas ou aux États-Unis ont découvert que le système immunitaire de 10% à 50% des personnes n’ayant jamais été en contact avec le virus était capable de le reconnaître. 

 Cette mémoire se met en place quand des lymphocytes T, cellules immunitaires dans le sang et la lymphe, se spécialisent pour reconnaître des parties du virus à la surface des cellules infectées. Pivots de la réponse immunitaire adaptative, ils activent alors les lymphocytes B, producteurs d’anticorps contre le virus, et d’autres lymphocytes T, chargés de tuer les cellules infectées. Une fois l’infection éradiquée, des lymphocytes B et T vétérans vont perdurer dans l’organisme et former la mémoire immunitaire contre le virus, prêts à intervenir rapidement en cas de nouvelle infection.

Lymphocytes vétérans

De tels lymphocytes T capables de reconnaître le Sars-CoV-2 ont bien été trouvés par les chercheurs chez des personnes vierges de tout contact avec ce virus. Ces cellules réagissaient à des parties du virus communes à quatre autres coronavirus qui circulent chaque hiver et sont responsables d’environ 20 % des rhumes. Une telle réaction croisée pourrait expliquer pourquoi le système immunitaire n’est pas toujours pris au dépourvu par le Sars-CoV-2.

Ce type de mémoire immunitaire s’avère aussi très stable dans le temps. À Singapour, par exemple, les chercheurs ont trouvé que les personnes infectées par le SarsCoV-2 en 2003 portaient encore des lymphocytes T «mémoires» capables de s’activer en présence de ce virus, soit dix-sept ans plus tard. Pour mieux comprendre la mise en place de cette mémoire immunitaire, Simon Fillatreau, de l’Inserm, met en place un suivi de l’évolution des lymphocytes mémoire chez trente patients guéris.

L’enjeu est important car leur détection s’avère une marque plus fiable d’une exposition passée au Sars-CoV-2 que celle des anticorps. C’est ce qui se dégage d’une étude mise en ligne sur le site MedRxiv menée par l’équipe du Pr Samira Fafi-Kremer, des Hôpitaux universitaires de Strasbourg. « Nous avons trouvé que des personnes exposées au sein de leur couple ont eu des symptômes typiques du Covid-19 en moyenne sept jours après leur partenaire, puis développé une réponse T spécifique, mais sans produire d’anticorps », précise la chercheuse. Cette absence a été aussi rapportée par une étude chinoise montrant que certains malades peu symptomatiques du Covid-19 ne développent pas ou que très peu d’anticorps contre le virus. Des éléments qui suggèrent que la détection des anticorps dans le sang n’est pas un moyen très fiable de recenser la majorité des personnes ayant été infectées.

Deux conclusions se dégagent de l’ensemble de ces résultats. D’une part, le développement d’une immunité durable contre le Covid-19 repose en premier lieu sur la réponse des lymphocytes T mémoire. D’autre part, «le succès des vaccins anti-Covid-19 en cours de test clinique dépendra de leur capacité à induire non seulement des anticorps neutralisants mais aussi une réponse immunitaire T robuste contre le virus », souligne le Pr Fafi-Kremer. 

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Confinement : des effets parfois dramatiques sur les enfants

Un texte de Gaël Campan, économiste principal à l’IEDM, et Alexandre Massaux, chercheur associé à l’IEDM. Ils signent ce texte à titre personnel.

Greta Thunberg et les grèves pour le climat ont mis en avant les jeunes. Pourtant dans la crise du Covid-19, la jeunesse semble avoir été ignorée et même sacrifiée. Pas un jour ne passe sans que les actualités n’évoquent les décès de la Covid-19.

Un des principaux leitmotivs qui a dirigé la conduite de cette crise a été que la santé devait primer sur l’économie. Une approche qui a poussé à un confinement sévère et généralisé.

Terrain de jeu fermé pour cause de coronavirus

Néanmoins, ce dernier démontre des effets néfastes en matière sanitaire et particulièrement auprès des populations vulnérables. Selon l’UNICEF, 99 % des enfants et adolescents de moins de 18 ans vivent dans un environnement où des restrictions ont été adoptées et 60 % vivent dans des pays ayant pris des mesures de confinements.

Un confinement aux effets désastreux sur les enfants

Un certain nombre de données démontrent que le confinement a des effets dramatiques sur les enfants. Au niveau mondial, l’ONU prévient qu’avec la fermeture des classes, ce sont 310 millions d’enfants dépendants des cantines scolaires qui vont être sous-alimentés.

Du fait de l’arrêt partiel de l’économie globale et de la concentration des efforts médicaux sur l’épidémie, les campagnes de vaccinations contre la polio, qui concernent 80 millions d’enfants, sont interrompues, anéantissant les progrès des deux à trois dernières années en ce qui concerne la réduction de mortalité infantile.

Le directeur de la santé de l’UNICEF considère que les confinements généralisés sont inadaptés et contreproductifs. Pire, ces mesures et l’obsession des services de santé vis-à-vis du Coronavirus peuvent causer davantage de décès en empêchant l’accès aux soins pour combattre pneumonie, diarrhée et rougeole.

En outre, il ne faut pas croire qu’un tel phénomène touche uniquement les pays pauvres et en voie de développement. En Italie, 700 000 enfants rencontrent des difficultés alimentaires. Ainsi au cœur de l’UE et au sein de la troisième économie européenne, les mesures de lutte contre la pandémie ont réussi à créer une situation de grande précarité.

Au-delà de ces aspects dramatiques, d’autres effets pervers du confinement commencent à être relevés. L’American Academy of Pediatrics révèle que la fermeture des écoles a renforcé de nombreux risques psychologiques et physiques pour les enfants et adolescents comme les abus physiques ou sexuels, la toxicomanie, l’anxiété, la dépression et les idées suicidaires.

Ces éléments risquent de marquer à long terme, voire à vie, les enfants et les jeunes. Ainsi, sous prétexte de sauver des vies, on a sous-estimé les coûts cachés de cette lutte contre la pandémie pouvant aboutir à des conséquences dévastatrices.

Laissons la jeunesse s’épanouir

Ce sont les enfants d’aujourd’hui qui construiront le monde de demain. Le fait qu’ils soient peu concernés par la dangerosité du virus doit pousser les décideurs à ne pas sacrifier leur avenir.

De plus, maintenir une approche indifférenciée au sein de la population risque de provoquer une réaction de la jeunesse et des tensions sociales profondes. Et celles-ci ont peut-être déjà commencé.

Avoir fait subir le confinement à la jeunesse peut, en partie, expliquer l’importance des mouvements sociaux après la mort de George Floyd.

Comme le fait remarquer Timothy P. Carney de l’American Entreprise Institute : « Des millions de jeunes sont sans écoles. Les bars, les restaurants et les cafés sont fermés. Les villes ont retiré les jantes des terrains de basket et menacé d’infliger des amendes pour s’être réunies avec trop d’amis. Sans loisirs ni travail, coupés de leurs amis, et sans rien à faire, les gens seront plus à cran. L’oisiveté poussera également les gens à des actions extrêmes et imprudentes. »

Une analyse qui devrait faire réfléchir les dirigeants, et qui doit se concrétiser par la nécessité de trouver des moyens de luttes contre la pandémie autre que le confinement sévère et généralisé.

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vendredi 14 août 2020

Climat désormais 11e préoccupation sur 12 aux États-Unis

En décembre dernier, Harris avait sondé : les adultes américains avaient alors déclaré que le changement climatique était le problème numéro un auquel la société était confrontée.

Aujourd’hui, le changement climatique a dégringolé en avant-dernière place, juste devant la surpopulation, parmi douze priorités ou préoccupations. Parmi les hommes de la génération X, en fait, plus du tiers considèrent le changement climatique comme sans importance. Le COVID-19 et la récession ont bien entendu chamboulé les priorités dans le monde. Incidemment, le réchauffement climatique est une plus grande préoccupation pour les femmes d’âge de la retraite que pour tout autre groupe d’âge, à l’exception des hommes de la génération Y.



Le barrage de Warragamba — la principale source d’eau de Sydney — approche de sa capacité maximale alors que d’autres barrages débordent. Les militants climatiques ont longtemps prédit que les rivières d’Australie se tariraient...

Harris a également posé des questions sur les politiques que le gouvernement pourrait adopter pour lutter contre le réchauffement climatique ou aider l’environnement en général.

Une seule des neuf initiatives proposées a été approuvée par une majorité : 51 % approuvent des crédits d’impôt ou des rabais pour une plus grande efficacité énergétique dans les bâtiments.

De plus, 13 % des répondants affirment que le gouvernement ne devrait rien faire pour améliorer l’environnement, un point de vue qui s’élève à près d’un sur cinq de tous les participants à l’enquête dans le Sud des États-Unis.

Nous savons d’après cette enquête, menée le 24 juillet, que les adultes américains consomment moins de carburant qu’avant le déclenchement de la pandémie.

Dans l’Amérique pré-COVID-19, 77 % des adultes déclaraient qu’ils avaient l’habitude de conduire. Aujourd’hui, avec plus de personnes travaillant à domicile ou ne travaillant pas du tout, seuls 61 % déclarent utiliser leur voiture pour se déplacer.


Récolte exceptionnelle prévue dans les Prairies canadiennes en 2020

De même, seuls 14 % des adultes déclarent encore prendre l’avion, contre 21 % l’hiver dernier. C’est un bienfait pour les écologistes, car cela signifie que nous pompons moins de gaz à effet de serre dans l’air.

Mais la pandémie s’accompagne également d’un regain dans la production de déchets. Les hommes jeunes, en particulier, commandent davantage de plats à emporter, emballés dans des sacs en plastique à usage unique et des boîtes jetables, souvent avec ces pailles en plastique naguère méprisées.

Nous emportons moins souvent des sacs réutilisables lors des courses. Probablement parce que nous sommes plus nombreux à la maison, nous consommons également plus d’énergie pour garder nos maisons plus fraîches en été et plus chaudes pendant les mois froids qu’auparavant.

Et lorsque la pandémie prendra fin — ou du moins maîtrisée — les adultes américains disent qu’ils se comporteront de manière à augmenter leur empreinte carbone.

D’après l’enquête Harris, les Américains vont conduire autant qu’avant, utiliseront moins les transports en commun, marcheront moins ou feront moins du vélo, achèteront plus de vêtements et feront emballer et expédier plus de choses chez eux.

Et la plupart d’entre eux prévoient de faire monter davantage la climatisation et le chauffage à la maison.


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Ministère de la Justice accuse Yale de discrimination raciale contre blancs et asiatiques

Ancien vitrail du collège Calhoun de Yale
Brisé par un employé de cuisine
Alors que le sujet des discriminations raciales bat son plein aux États-Unis, le ministère américain de la Justice a accusé la prestigieuse université Yale, jeudi 13 août, de violer les droits civiques en pratiquant une discrimination contre les candidats blancs et asiatiques.

Les conclusions du ministère, qualifiées de « sans fondement » par Yale, suivent une enquête de deux ans sur le processus d’admission en licence [baccalauréat au Québec] de cet établissement du Connecticut membre de l’Ivy League, club ultra-select regroupant huit excellentes universités du nord-est du pays. La Cour suprême américaine a déjà autorisé les universités à prendre en considération l’origine ethnique des candidats, mais le ministère de la Justice souhaite que cela soit fait « dans des circonstances limitées ».

«Il n’existe pas une bonne forme de discrimination raciale», a déclaré le procureur général adjoint Eric Dreiband de la Division des droits civils.

« L’usage de la race [dans le processus d’admission] à Yale est tout sauf limité », accuse le ministère, pour lequel « la race est le facteur déterminant dans des centaines d’admissions chaque année ». « Les Asiatiques et les Blancs ont de quatre à dix fois moins de chances d’être admis, à dossier comparable, que des candidats afro-américains ». « Les bonnes formes de discrimination raciale, ça n’existe pas », a déclaré l’adjoint du ministre de la Justice Eric Dreiband. « Diviser de manière illégale les Américains en catégories raciales et ethniques encourage les stéréotypes, l’amertume et la division », a-t-il ajouté. Lire aussi « Il y a une obsession américaine pour la couleur de peau »

Nouveau vitrail pour le Collège Calhoun
désormais Collège Hopper

L’enquête sur Yale a été ouverte par le gouvernement Trump il y a deux ans, à la suite d’une plaine par des groupes d’étudiants asiatiques. Cela pourrait avoir un impact sur les politiques de discrimination positive mises en place pour favoriser les minorités, comme les Noirs américains.

Dans un communiqué, Yale a rejeté « catégoriquement » ces accusations. « Nous nous intéressons à l’ensemble de la personne quand nous choisissons qui nous admettons », a déclaré la faculté, se disant « fière » de ses critères de sélection. Comme Yale, d’autres universités des États-Unis, un pays où les statistiques ethniques sont autorisées, sont accusées de discrimination anti-asiatique. L’une d’entre elles, Harvard, revendique des critères plus larges que l’excellence académique, y compris des critères de personnalité, au nom du maintien de la « diversité » de son campus.

Financement public sujet à la non-discrimination raciale

Comme condition d'obtention de millions de dollars de financement public, Yale a expressément accepter de se conformer au titre VI du Loi sur les droits civils de 1964 qui interdit la discrimination fondée sur la race, la couleur ou l'origine nationale dans les programmes et les activités qui reçoivent une aide financière fédérale. Le ministère de la Justice a notifié aujourd'hui à l'Université de Yale ses conclusions selon lesquelles Yale discrimine illégalement les candidats d'origine asiatique et blanche dans le cadre de son processus d'admission au premier cycle en violation du titre VI de la Loi de 1964 sur les droits civils. Les conclusions sont le résultat d’une enquête de deux ans en réponse à une plainte déposée par des groupes américano-asiatiques concernant la conduite de Yale.

Yale s'expose donc à perdre le financement public qu'il reçoit des contribuables américains.

Voir aussi 
 

Le correctivisme politique dans les universités « d’élite » américaines 

Affichette « C’est correct d’être blanc » cause expulsion d’un étudiant

Eschyle interdit, Finkielkraut insulté : sectarisme à l’université

 Yale revient sur sa décision, elle changera bien le nom du Collège Calhoun (anglais)

jeudi 13 août 2020

Des parents envisagent l’option des « microécoles »

Des parents québécois qui hésitent à envoyer leur enfant à l’école à cause de la COVID veulent embaucher des tuteurs.

Des familles déçues des mesures annoncées par le ministre de l’Éducation en vue de la rentrée scolaire tentent de se regrouper pour embaucher des profs qui feraient l’école à la maison à leurs enfants.

Depuis quelques jours, Fernanda Goldfarb (ci-contre) est à la recherche d’autres parents qui voudraient créer une « microécole » qui ne compterait que cinq ou six élèves, dans l’arrondissement Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal.

La réponse à sa publication dans un groupe Facebook du quartier l’a surprise : une vingtaine de personnes se sont montrées intéressées.

« Pourtant, c’est vraiment un plan d’urgence. Si je pensais que c’était sécuritaire, j’enverrais tout simplement mon garçon à l’école », dit la mère de Lorenzo, 8 ans, qui commencera sa troisième année loin de ses camarades de classe habituels.

Le dévoilement du nouveau plan de la rentrée a convaincu Fernanda Goldfarb, comme d’autres parents, de ne pas renvoyer son fils à l’école.

Elle espérait avoir accès à de l’enseignement à distance, mais cette option ne sera pas offerte aux familles dont aucun membre n’est à risque de contracter le virus.

L’école à la maison au sens traditionnel — où un parent enseigne à son enfant — ne convenait pas à son horaire de travail comme consultante en informatique ni à celui de son mari. L’idée d’une microécole s’est alors imposée.

« Il faut vraiment faire confiance aux autres, parce que certaines familles ont des problèmes de santé », reconnaît-elle.

900 enfants, non merci

Cependant, si son Lorenzo fréquentait l’école primaire de Notre-Dame-de-Grâce comme à son habitude, il côtoierait potentiellement 900 autres enfants, ajoute la femme de 42 ans.

Elle a déjà trouvé une tutrice de français, mais cherche encore un enseignant de mathématiques, d’anglais et de musique pour enseigner au groupe d’enfants quelques heures par semaine.

À quelques jours de la rentrée, Susy Jarra, mère de trois enfants, hésite encore.

Gavin, son plus vieux âgé de 9 ans, serait probablement admissible à l’enseignement à distance, puisque sa petite sœur souffre de problèmes de santé importants. « Sauf que si on ne faisait que l’école à distance, on perdrait l’aspect social », estime la femme de 41 ans.

« Déchirée »

Avec deux de ses amies, Susy Jarra a donc discuté de la possibilité de créer un petit groupe d’apprentissage (« cellule d’instruction ») pour leurs trois garçons en quatrième année, et d’embaucher des tuteurs pour leur enseigner. « On serait assez stable financièrement pour se le permettre. Mais je me sens déchirée », admet-elle.

D’autres, comme Cindy Turgel, de Blainville, aimeraient séparer la tâche d’enseignement entre quelques parents et avoir l’aide d’un tuteur au besoin, car l’embauche d’un enseignant à temps plein n’est pas dans ses moyens.

Dans tous les cas, il s’agit d’une solution de dernier recours pour les parents à qui Le Journal a parlé. « Dès que ça ira mieux, mon fils retournera à l’école », affirme Fernanda Goldfarb.

◆ En 2019-2020, 5964 enfants ont officiellement été scolarisés à la maison au Québec.

Marine Dumond, présidente de l’Association québécoise pour l’éducation à domicile, comprend l’attrait d’autres solutions éducatives, comme l’enseignement dispensé par un tuteur à quelques enfants à la fois. « Tous les parents ne se sentent pas à l’aise de créer un curriculum de A à Z », explique-t-elle.

La spécialiste des enjeux entourant l’école à la maison Christine Brabant, de son côté, ne voit pas les microécoles d’un mauvais œil, tant qu’elles restent dans le meilleur intérêt de l’enfant.

Intérêt supérieur de l'enfant

« Même si on peut avoir l’impression que les parents se retirent d’un système, ils se cassent la tête pour trouver le meilleur pour leurs enfants », souligne Mme Brabant.

Et des études ont démontré que le degré d’engagement des parents dans l’éducation de leur enfant est relié à leur réussite scolaire, ajoute la professeure de l’Université de Montréal.

Le risque de créer une éducation à plusieurs vitesses est toutefois bien réel, souligne pour sa part Mme Dumond. « Ce sont clairement les familles favorisées qui auront accès à ce genre d’éducation. » Une solution serait le chèque-éducation : l'État rendrait l'argent qu'il utilise dans l'école publique pour instruire ces enfants aux parents qui font un autre choix...

Pas donné

Par exemple, une compagnie de tutorat montréalaise que Le Journal a contactée prévoit facturer entre 11 000 $ et 14 000 $ par enfant pour un encadrement de cinq demi-journées par semaine pendant l’année scolaire.

Les parents des élèves qui fréquenteront une microécole restent tout de même responsables de l’éducation de leurs enfants aux yeux de la loi, rappellent les deux spécialistes.

Ils devront répondre aux mêmes exigences que les parents qui scolarisent leurs enfants à la maison.


Le Dr Knock et la médecine profondément moderne

« – Toute personne bien portante est un malade qui s’ignore.  

[...]

— Tomber malade ? Vieille notion qui ne tient plus devant les données de la science actuelle. La santé n’est qu’un mot qu’il n’y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire. Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses à évolution plus ou moins rapide. [...] Théorie profondément moderne. »