jeudi 14 mai 2015

Piéton viennois, joueur de rugby d'Oxford, vous n'échapperez pas à la rééducation !



Un petit pas pour l'homo, un grand bond pour l’« homoïté » ?

Quelques jours avant le Concours eurovision de la chanson à Vienne, près de 120 passages piétons de la capitale viennoise ont été équipés de feux assez originaux.

Des feux piétons arborant des couples homosexuels et hétérosexuels au lieu de l’habituel petit bonhomme solitaire. Vienne se met à l’heure de l’Eurovision, remporté l’an passé par l’autrichien(ne) Conchita Wurst, le/la travesti(e) à barbe dont personne ne se souvient de la chanson. La capitale autrichienne, qui accueille cette année ce concours de chanson, a annoncé avoir commencé à équiper quelque 120 passages piétons parmi les plus fréquentés de la ville (ouf !) avec des feux mettant en scène aussi bien des couples homosexuels, masculins ou féminins, que hétérosexuels, à chaque fois réunis par un cœur.



Si la tendance récente se maintient (voir ci-dessous), d’ici trente-cinq ans, un tiers de la population de l’Autriche pourrait être musulmane et près de 50 % des moins de 14 ans. Y aura-t-il encore des feux « conviviaux pour les homos » alors ?

Entretemps, le Daily Telegraph de Londres nous apprend que les étudiants de l’Université d’Oxford sont seulement autorisés à concourir dans les plus grands tournois de rugby de la saison s’ils acceptent de participer à des ateliers d’anti-misogynie, en vertu d’un nouveau règlement.

Les militants qui soutiennent cette obligation disent espérer que des conditions similaires seront imposées dans d’autres sports, comme le football (soccer), l’aviron, le hockey et le cricket. Les organisateurs sont en pourparlers avec d’autres universités dans le but d’introduire ces mêmes classes obligatoires à l’échelle nationale.

L’équipe de rugby de chaque collège de l’université d’Oxford a dû promettre d’assister aux ateliers d’une heure pour pouvoir participer au tournoi Cupper de cette année.

Les cours de « bon gars » participent d’un effort pour lutter contre la « culture de gars/de mecs » répandue sur le campus. L’atelier comprendra des discussions sur le harcèlement sexuel, le consentement, les « plaisanteries de gars » et les cérémonies d’initiation dans l’équipe. Reason.com pense qu’il s’agit là d’une volonté de rééducation, alors que Laura Rosen Cohen pense qu’il s’agit d’une étape de plus dans le processus de castration des jeunes mâles qui commence par le gavage de Ritalin dès le primaire.

Au Canada et au Québec, nous sommes cependant coutumiers de ces campagnes de lutte contre les stéréotypes masculins et virils. Depuis quelques années, les écoles et universités s’ornent d’affiches provocantes où l’ont voit deux joueurs de hockey (des « vrais gars ») qui s’embrassent et qui demandent pour qui cela est choquant. Apparemment, cela n’a pas été du goût de tous à l’Université de Saint-Boniface au Manitoba où une vingtaine d’affiches « contre l’homophobie » ont été déchirées en 2012 sur le campus à Winnipeg. (Ne pas aimer voir cela serait de l’homophobie donc.) Les vidéos de surveillance n’avaient pas permis d’identifier le ou les malfaiteurs. « On a eu de fortes réactions dès que l’on a placardé les affiches. On voyait des gens qui s’arrêtaient et qui faisaient des commentaires », explique Ornella Atangana, une étudiante qui croyait bon organiser, avec quatre collègues, une campagne « contre la discrimination envers les homosexuels ». Rappelons que la lutte à l’hétérosexisme dans les écoles et collèges québécois a coûté près de 5,7 millions de dollars aux contribuables québécois pour l’année scolaire 2012-2013 dans le cadre d’un plan intitulé Agir contre l’homophobie et l’intimidation. Voir la page d’accueil du site sur l’« intimidation » du Monopole de l'Éducation du Québec qui ne parle que de (homo)sexualité. Ces généreux budgets financent les activités des associations LGBT en milieu scolaire lors desquels « on discute de la sodomie, des stéréotypes reliés à l’homosexualité ».





Le tableau ci-dessous présente les différences de fécondité entre la Suisse et l‘Autriche. Dans les deux pays, les musulmans ont la plus forte fécondité avec un indice synthétique de fécondité (ISF) de 2,4 enfants par femme alors que les sans-religions ont elles la plus faible fécondité avec seulement 0,9 enfant en Autriche et 1,1 enfant/femme en Suisse. Les ISF des catholiques et des protestants sont également très bas et se situent entre 1,2 et 1,4 enfant/femme.



Depuis 2001, les recensements autrichiens ne peuvent plus se pencher sur l’appartenance religieuse des personnes recensées (voir page 10). Toutefois, certains chercheurs dont ceux de l’Institut des études islamiques de l’Université de Vienne ont calculé que la population musulmane en Autriche avait crû de 69,3 % en 11 ans pour atteindre 6,8 % de la population autrichienne. En 1961, il n’y avait presque aucun musulman en Autriche. À Vienne, la proportion de musulmans est passée de 0,4 % en 1981 à 12 % en 2011. Si ce taux de croissance devait se maintenir, il y aurait près de 2,8  millions de musulmans en Autriche en 2050 sur une population totale projetée de 9½ millions. Cette population musulmane dans 35 ans sera, toutefois, probablement jeune alors que plus de 34 % de la population totale devrait avoir plus de 60 ans.



Selon certains scénarios en 2051, une majorité des jeunes de moins de 15 ans (51,3 % pour être exact) pourraient être des musulmans. Ce n’est qu’un scénario qui présuppose que les différences de fécondité persisteront, que la sécularisation sera forte et que l’immigration autrichienne sera musulmane.


Voir aussi

RitalinMC — nouveaux records de consommation et de vente en 2013 au Québec

mercredi 13 mai 2015

La gauche militante accuse les intellectuels dissidents d'être des pseudo-intellectuels

Article de Mathieu Bock-Côté paru dans le FigaroVox sur la réforme de la ministre de l'Éducation en France, la désastreuses Najat Belkacem (qui ferait une ministre de l'Éducation québécoise assez bonne) :

Face au tollé engendré par sa réforme du collège, le ministre de l'Éducation nationale a traité ses opposants de «pseudo-intellectuels». Pour Mathieu Bock-Côté, cette accusation révèle qu'une certaine frange de la gauche ne s'est toujours pas réconciliée avec le pluralisme politique.

Êtes-vous un pseudo-intellectuel? L'accusation n'est pas neuve mais elle étonne chaque fois. Quand la gauche pontifiante constate que les intellectuels font dissidence, alors qu'elle les croyait à son service, elle les accuse d'être des pseudo-intellectuels. Autrement dit, ce sont des faussaires qui usurpent un beau titre pour se mettre au service de la réaction. C'est de cette manière que Najat Vallaud-Belkacem a exécuté les adversaires de sa réforme des programmes.

Cette accusation, elle vient souvent des intellectuels de gauche eux-mêmes. On se souviendra du mauvais sort fait à Raymond Aron, traité longtemps à la manière d'un pamphlétaire. Il avait beau être un des grands philosophes de son temps, on le traitait comme un prosateur sans envergure, seulement bon à donner un vernis théorique aux intérêts bien calculés de la bourgeoisie à laquelle il avait prêté serment.

C'était le temps du marxisme religieux. On distinguait alors ceux qui avaient été éclairé par la révélation révolutionnaire et les autres, encore empêtrés dans l'histoire avec ses contradictions et sa part tragique. Les premiers servaient l'humanité, ils travaillaient à l'éclairer et à l'émanciper, les seconds, consciemment ou non, justifiaient les privilèges des uns et la subordination des autres.

Mais le marxisme n'était pas qu'une morale surplombante distinguant entre les forces vives de l'humanité et son bois mort. Il se prenait aussi pour une science, ce qui assurait son surplomb théorique devant le commun des mortels. Une partie importante de la gauche intellectuelle a récupéré ces dernières années cette rhétorique et se permet d'exclure du domaine de la pensée ceux qui ne reprennent pas son jargon ou ses méthodes.

Ainsi, au fil des ans, Jean Sévillia, Alain Finkielkraut ou Marcel Gauchet ont été accusés successivement de pratiquer la contrefaçon intellectuelle. Le premier ne serait pas vraiment historien, les deux autres certainement pas philosophes. On a aussi fait le coup, au fil du temps à Pierre Manent, accusé d'avoir une connaissance sommaire des œuvres qu'il commente. Si de telles attaques n'étaient pas aussi mesquines, on dirait aisément qu'elles sont hilarantes.

La dernière accusation en date, c'est celle de polémiste. Elle consiste à transformer son contradicteur en aboyeur virulent, qui cherche la querelle pour la querelle, à moins qu'il ne se contente de provoquer cyniquement la bonne société pour augmenter sa visibilité médiatique. Éric Zemmour, qui est un écrivain politique de grand talent, a ainsi été réduit au statut d'histrion ne méritant même pas qu'on lui réponde. En attendant qu'on le fasse taire.

Souvent, les «pseudo-intellectuels» sont accusés d'être réactionnaires. Encore faudrait-il définir ce terme mais il sert moins à qualifier qu'à disqualifier son contradicteur. Il envoie le message suivant: vous êtes réactionnaire, alors pourquoi perdrais-je du temps à débattre avec vous? On parlera même de «penchants réactionnaires», à la manière de passions honteuses qu'un intellectuel bien élevé devrait refouler sans jamais les avouer.

D'ailleurs, une frange importante de la gauche psychiatrise ses adversaires. Ils seront au gré des querelles xénophobes, homophobes, transphobes, europhobes, islamophobes, et ainsi de suite. L'avantage, lorsqu'on diagnostic un trouble psychiatrique chez son adversaire, c'est qu'on n'a plus à lui répondre. Il a besoin d'une thérapie. Au mieux, on l'accusera de nostalgie. On le laissera alors radoter seul dans son coin, comme un grand-père sénile.

C'est la possibilité même du désaccord de fond qui semble inconcevable pour une femme comme Najat Vallaud-Belkacem. Pour elle, il va de soi que si quelqu'un a vraiment lu et compris sa réforme, il ne pourra que l'approuver. À moins qu'il ne milite consciemment contre le bien commun. Ce sera alors un salaud. C'est-à-dire un homme de droite. Ou qu'il ne comprenne rien à rien. Ce sera alors un idiot. Mais l'adversaire de bonne foi n'existe tout simplement pas.

Une certaine frange de la gauche ne s'est toujours pas réconciliée avec le pluralisme politique. Pour elle, la vérité et la justice coïncident toujours. Elle se présente comme le parti du bien. Les seuls contradicteurs légitimes qu'elle se reconnaitra seront ceux qui se couchent devant elle en se présentant simplement comme de simples ajusteurs comptables. Mais lorsqu'un intellectuel confesse un désaccord de fond, il n'est plus digne de considération.

Un homme «de droite» pourrait aisément reconnaître en Michel Foucault un authentique philosophe même s'il rejette son œuvre. De même, un homme «de gauche» devrait admettre la profondeur philosophique de l'œuvre d'un Julien Freund même s'il ne l'embrasse pas. Ceux qui réservent la philosophie pour leur camp témoignent en fait d'un fanatisme grave. Il est seulement triste de constater qu'on décide de temps en temps d'en faire des ministres.

En complément

Suppression des humanités : la réforme du collège vue du Québec(Bock-Côté)



Najat Vallaud-Belkacem, le latin et le grec - Désintox




Audition de Laurent Lafforgue, mathématicien, titulaire de la médaille Fields, membre de l’Académie des sciences, lors des travaux de commission C.E. « Service public de l'éducation, repères républicains et difficultés des enseignants », le jeudi 2 avril 2015 (à écouter plus précisément sur l’importance de l’apprentissage des langues anciennes de 4’28 à 5’06, 9’21 à 9’47, 26’38 à 27’, 40’ à 41’34, 54’47)

Un mathématicien et les humanités classiques
par Laurent Lafforgue (IHÉS)

  


Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

lundi 11 mai 2015

Réforme du collège en France — les travaux interdisciplinaires collectifs dénoncés

Texte de Jean-Luc Neulat, professeur agrégé de mathématiques, paru sur Causeur :


Les détracteurs du projet de réforme [du collège (secondaire inférieure) en France] ont peut-être trop mis l’accent sur leurs critiques vis-à-vis de l’enseignement des langues vivantes ou mortes. Si pertinentes qu’elles soient, ces objections font perdre de vue le plus dangereux de la réforme : son inspiration générale. Le principe sous-jacent est qu’en multipliant les activités transversales, si possible ludiques, au détriment des savoirs fondamentaux et en saupoudrant les enseignements d’heures de soutien, on va parvenir à faire réussir tous les élèves. Derrière un discours prétendument moderne et audacieux, la ministre ne propose que de vieilles recettes coûteuses qui ont déjà montré leur inefficacité et aboutissent inéluctablement à un abaissement général du niveau. L’une des principales mesures prévues est la mise en place des E.P.I. (Enseignements pratiques interdisciplinaires) qui vont absorber avec l’accompagnement personnalisé 20 % du travail des élèves. Leur objectif est, d’après le ministère, de permettre « aux élèves de comprendre le sens de leurs apprentissages en les croisant, en les contextualisant et en les utilisant pour réaliser des projets collectifs concrets ». Ces enseignements par projets, présentés comme une nouveauté, mais expérimentés de longue date au lycée sous des formes légèrement différentes, a priori séduisants, posent de nombreux problèmes. L’expérience montre en effet que le profit qu’en tirent les élèves est dérisoire au regard du temps qu’ils consomment. Les compétences auxquelles ils font appel sont très disparates suivant les disciplines et souvent non adaptées au niveau de l’élève, soit parce qu’elles sont trop compliquées soit parce qu’elles sont trop simples. L’enseignement disciplinaire y est difficilement maîtrisable et il en résulte pour les élèves une formation molle et imprécise, alors que les jeunes d’aujourd’hui ont plus que jamais besoin d’être encadrés.


Les pédagogies rétrogrades (pendant la « Grande Noirceur ») et en groupe de petits génies (aujourd’hui au Québec, demain encore plus en France ?) selon un cahier d’activités d’ECR...


Protégé par le groupe, assuré d’être bien rémunéré pour un travail sans difficulté et en fait non évaluable et donc toujours noté complaisamment, l’élève ne sent pas tenu de faire de réels efforts et il n’en retient pratiquement rien. Ce qui est déjà vrai au lycée le sera davantage au collège et on peut déjà mesurer la gabegie que cela provoquera. Mais, dans le politiquement correct ambiant, on attribue au travail en groupe des élèves, comme d’ailleurs à celui des enseignants, des qualités miraculeuses auxquelles tout le monde fait semblant de croire tout en sachant qu’il est mal adapté à des élèves qui manquent de maturité et de connaissances de base solides. Quoi qu’il en soit, l’élève en échec scolaire ne trouvera pas là le moyen de s’en sortir, on l’aura artificiellement distrait et pendant ce temps privé d’une réelle formation. Une autre mesure phare est l’accompagnement personnalisé ouvert à tous les élèves que l’on pratique déjà depuis trois ans en lycée où il s’est montré coûteux et particulièrement inefficace.


Les syndicats de gauche prétendent que c’est parce les moyens alloués sont insuffisants, le ministère parce ce que ce sont les professeurs qui ne savent pas mettre à profit les quelques heures qui lui sont réservées. Tous évitent de le remettre en cause parce que cela fait partie des nouveaux tabous dont il est de mauvais goût de contester la pertinence. Pourtant, il suffit d’un peu de bon sens pour se rendre compte qu’il faudrait, pour avoir quelques chances d’être efficace, des moyens financiers et intellectuels inaccessibles.


Au lycée, ce n’est pas avec deux heures par semaine à partager entre toutes les matières, ce qui laisse au mieux par matière un groupe de 15 élèves tous les 15 jours, soit 3 minutes et 40 secondes par élève, que l’on peut sérieusement se pencher sur les difficultés particulières de chacun d’eux. Et, même si les moyens étaient deux, trois, quatre fois plus importants, cela resterait encore très insuffisant. Et, quand bien même les aurait-on, serait-on capable de comprendre le fonctionnement du cerveau de chaque élève et de trouver pour chacun d’eux un remède approprié ? Et, quand bien même, il ne resterait plus suffisamment de temps pour l’enseignement de base. Et, quand bien même arriverait-on à tout caser dans l’emploi du temps, il y aurait un perpétuel décalage entre les lacunes que l’on tenterait de combler d’un côté et celles qui apparaîtraient de l’autre côté dans la suite du programme.


On est face à une nouvelle utopie à laquelle les psychopédagogues et les prétendus experts en science de l’éducation s’accrochent éperdument pour éviter que l’on s’attaque au plus précieux de leur tabou et pourtant la principale cause de la faillite du système éducatif français, le principe du collège unique. De réforme en réforme, ils imposent aux ministres successifs une politique dont ils ont de plus en plus de mal à dissimuler le cuisant échec. Comment peut-on honnêtement croire qu’après avoir trimbalé dans un même sac des boules de pétanque et des boules de ping-pong, il suffira pour raccommoder ces dernières nécessairement abîmées de les prendre collectivement et de souffler un peu dessus ? Fondre tout le monde dans un même moule est une violence faite au genre humain. Il y a plusieurs formes d’intelligence, de talents et des personnalités diverses, c’est ce qui en fait sa grande richesse. L’intérêt général est de permettre à chacun de s‘épanouir dans un environnement qui lui convient et de trouver son chemin. Certains ont une intelligence concrète, d’autres abstraite et entre ces eux extrêmes il y a toute une panoplie de nuances. Dans cette machine à broyer, certains élèves font des choix précoces, ce n’est pas nécessairement par manque d’ouverture d’esprit, cela est parfois l’affirmation d’une personnalité qui ne veut pas se laisser embarquer dans un paquebot qu’elle n’a pas choisi. C’est aussi souvent une forme d’autodéfense devant une épreuve que l’on ne sent pas capable, à tort ou à raison, d’affronter. Alors, la porte se ferme et plus rien ne rentre. Insister devient contre-productif. Quelle folie de croire que c’est à coup d’heures de soutien supplémentaires que l’on va régler le problème !

Cette manière de procéder conduit à une forme de harcèlement moral, particulièrement pervers, car on fait croire à l’élève que l’on agit pour son bien et il se sent encore plus dévalorisé s’il n’arrive pas à en tirer profit. Pour défendre la suppression des classes européennes et bilingues, la ministre déclare qu’elle est contre ce qu’elle appelle « l’élitisme dynastique » qui, toujours selon elle, « reproduit des avantages sociaux de certains en leur offrant, toujours aux mêmes, des classes de contournement, des filières sélectives, des offres de choix qui ne sont réservés qu’à eux ». Elle se fait ici clairement la porte-parole d’une certaine gauche excessive qui devant l’impossibilité de faire suivre à certains un parcours d’excellence veut l’interdire à tous. Les classes européennes, comme les anciennes classes à option, sont ouvertes à tout élève, quelle que soit sa condition, pourvu qu’il ait le goût et les moyens de les suivre. Elles ne sont nullement réservées à une hypothétique dynastie qui n’existe que dans la tête de la ministre, à moins de considérer que les « bons élèves » constituent une caste à part que l’on doit au nom d’un égalitarisme fanatique rabaisser. C’était sans doute ce même état d’esprit qui inspirait le projet, auquel elle a apparemment renoncé, de noyer l’enseignement du grec et du latin dans un vaporeux E.P.I. intitulé « Langues et cultures de l’Antiquité ». C’est ainsi qu’en voulant la réussite pour tous que l’on va une nouvelle fois organiser, par aveuglement idéologique, l’échec pour tous.




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

La Russie et sa relation apaisée avec la religion


À comparer avec la volonté laïciste au Québec et au Canada de chasser le religieux de l’espace public : en Russie un ministre de la Défense bouddhiste est le premier à se signer avant de passer sous l’icône d’un Christ sauveur.

Défilé du 9 mai 2015, à 9 minutes 56 secondes, le ministre de la Défense se signe

Le 9 mai 2015, la Russie a célébré avec pompe le 70e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie. Pendant ce conflit, l’URSS a perdu quelque 25 millions de ses citoyens, alors que l’Allemagne perdait 5,38 millions de soldats sur le front de l’Est, contre « seulement » 0,6 sur le front de l’Ouest.

Le défilé du 9 mai comprenait pour la première fois un détachement de l’Inde et un autre de Chine. On notera d’ailleurs que, lors de ce défilé, les symboles de la Russie tsariste et soviétique se côtoyaient en commençant par les drapeaux, le ruban de Saint-Georges, les aigles tsaristes ou l'étoile soviétique. La Russie commémore toute son histoire.

Mais une autre chose, non moins étonnante, s’est également produite : le ministre de la Défense Choïgou a fait le signe de la croix avant le début des célébrations.

Jamais, depuis la Révolution d’Octobre 1917, aucun ministre russe de la Défense n’avait fait un tel geste. Certes, une vieille tradition veut qu'on fasse le signe de croix quand on passe sous la Tour du Saint-Sauveur du Kremlin parce qu’une icône du Sauveur orne le haut du portail.

Comme le note le journaliste russe Victor Baranets : « À ce moment-là, j’ai senti que par son geste simple Choïgou a galvanisé toute la Russie. Il y avait tant de bonté, tant d’espoir, tant de notre sens russe du sacré [dans ce geste] ». Voir un bouddhiste touvain faire le signe de la Croix à la manière orthodoxe a envoyé un électrochoc à travers la blogosphère russe : tout le monde sentait que quelque chose d’incroyable venait de survenir.



Les commentateurs russes s’accordent pour dire que Choïgou n’a pas fait ce signe « pour la frime ». L’homme a un immense capital de popularité et de crédibilité en Russie et il n’a nul besoin de jouer au Tartuffe. En tant que bouddhiste, Choïgou vit facilement la diversité religieuse et la domination symbolique de l'orthodoxie russe. En outre, plusieurs commentateurs soulignent que Choïgou était très concentré, très solennel, quand il a fait ce signe. 

Un des commentateurs croit que « Choïgou a littéralement demandé l’aide de Dieu dans un des moments les plus dangereux de l’histoire russe contemporaine alors que — en tant que ministre russe de la Défense — il pourrait être appelé à prendre des décisions capitales dont l’avenir de la planète pourrait dépendre. »

L’icône du Saint-Sauveur est restée cachée pendant près de 80 ans. L’icône était considérée comme perdue avant qu’elle ne fût redécouverte en 2010 au-dessus de la Porte du Sauveur. La sainte image avait été murée dans les années 1930. Le pouvoir soviétique athée ne pouvait tolérer que tous ceux qui entraient au Kremlin par la porte principale vénérassent l’icône. L’ordre fut alors donné de supprimer l’image. Mais au lieu de détruire l’icône, on la recouvrit d’un crépi. Et sous la couche de crépi se dissimulaient un grillage et un treillis métalliques qu’environ 10 cm séparaient de la couche chromatique de l’icône. (Plus de détails.)

Voir aussi

Éducation, démographie : la surprenante Russie (Emmanuel Todd)

Démographie russe — le solde naturel est redevenu positif

Russie — la démographie expliquerait-elle le retour au conservatisme ?

Malgré les prédictions des Cassandre occidentales, la démographie russe se stabilise

L’enseignement de la culture religieuse en Russie, le patriarche se plaint

La Russie rend obligatoire l’enseignement religieux dans les écoles


France — Réforme du collège : « Une véritable déconstruction de notre culture »


Pour l’historien Dimitri Casali, « des aspects fondateurs de la République française » sont placés au second plan par la réforme du collège portée par Najat Belkacem. Il estime que la ministre de l’Éducation nationale est influencée par « des idéologues empreints d’idées soixante-huitardes ».

La ministre de l’Éducation nationale Najat Belkacem s’attire les foudres des enseignants et des historiens par sa réforme du collège, notamment avec ses propositions de modifications des programmes d’histoire.

« Là, vraiment, c’est grave, estime l’historien Dimitri Casali, invité de Sud Radio. Nous assistons à une véritable déconstruction de notre culture en rendant certains thèmes obligatoires et d’autres facultatifs. Il faut être aveugle pour ne pas constater que la part belle est faite à l’islam, l’esclavage, la traite négrière et la colonisation au détriment de valeurs constitutives que sont l’humanisme de Montaigne ou l’esprit des Lumières. Que serait la France sans ces valeurs essentielles de notre République ? »


« La ministre est aveuglée par une garde rapprochée de pédagogues avec leurs idées d’arrière-garde »

Pour le spécialiste de l’enseignement, notamment auteur de Qui a gagné Waterloo ? (Editions Flammarion), « la rue de Grenelle est occupée par des idéologues, d’anciens marxistes empreints d’idées soixante-huitardes. Ils ne voient pas qu’ils creusent la fracture entre Français qui n’ont jamais été aussi divisés. Ils sèment la honte et la détestation de soi au sein de chaque Français. Ce n’est pas comme ça que nous construirons l’avenir. »

« La ministre est aveuglée par une garde rapprochée de pédagogues avec leurs idées d’arrière-garde, poursuit Dimitri Casali. Il faut rendre obligatoires les thèmes fondateurs de la nation française que sont l’humanisme de Montaigne et les Lumières. Il faut insister sur les belles pages de l’histoire de France et non pas seulement sur les pages noires et sombres. Il y aussi une vue d’économie [le budget de l'Éducation nationale étant le plus important], mais il y a sans doute beaucoup d’idéologie derrière. Selon eux, il faut faire des enfants des citoyens du monde avant d’en faire des citoyens français. Là, je pense qu’ils ont totalement faux. En faisant cela, en rendant l’Islam obligatoire et l’Église chrétienne au Moyen-Âge optionnelle, ils font le jeu du Front National. »

Écoutez (8 minutes)



Voir aussi

Najat Belkacem, la ministre de l'Éducation en France, vue du Québec

Théorie du genre — les socialistes français étaient nettement plus francs en 2011

« Trop de parents ont perdu confiance en l'école »


Pourquoi l'absence du père serait néfaste pour les garçons

Dans le monde actuel, un enfant a plus de chance d’avoir un téléviseur dans sa chambre, qu’un père à la maison à la fin de son enfance. Pour chaque demi-heure qu’un garçon britannique parle avec son père, il passe 44 heures devant son écran. Un constat qui met en péril son évolution en tant qu’homme. C’est ce qui ressort du livre « Man (dis)connected : How technology has sabotaged what it means to be male. Why do boys need fathers? » du psychologue américain et professeur à l’université de Standford, Philip Zimbardo.

Le psychologue précise que chaque enfant a besoin d’un père et d’une mère, car chacun donne une forme d’amour différente. L’amour d’un père n’est pas inconditionnel comme celui d’une mère. Exister ne suffit pas. En tant que fils, on se doit de faire quelque chose pour que notre père soit fier de nous. C’est le contrat tacite passé entre un père et un fils. Or cette source de motivation intrinsèque est en train de s’atténuer peu à peu. Au point que celle-ci a disparu pour un enfant sur deux.

On remarquerait particulièrement ce phénomène dans les familles afro-américaines, ou entre 60 et 70 % des jeunes garçons auraient été élevés dans un environnement féminin. Le phénomène s’étend aussi aux autres communautés. Aux États-Unis, on estime qu’un tiers des garçons a été élevé dans un foyer où le père est absent. Au Royaume-Uni, c’est un quart des enfants qui sont élevés par des mères célibataires. C’est trois fois plus qu’en 1971. Si l’on combine cela avec une mère qui s'investit de plus en plus au travail, cela donne de jeunes hommes qui vont de plus en plus chercher la sécurité et les encouragements sur internet. Cette fuite fait que les jeunes ont plus de mal à apprendre la communication sociale élémentaire et ne savent plus comment réagir au rejet.

On constate que l’effet est cependant moins néfaste sur les filles que sur les garçons. Les garçons se concentrent sur l’action et négligent plus facilement la réflexion. Les garçons, confinés dans leur chambre, vont perdre leur intérêt et leur motivation et se déliter dans un monde virtuel. Les filles, elles, ont plus de ressort et sont plus axées sur l’être et les sentiments. Elles vont, au contraire, se battre encore davantage pour s’en sortir dans le vrai monde. Zimbardo en veut pour preuve qu’il y a entre 5 et 10 % en plus de femmes que d’hommes dans de nombreuses universités aux États-Unis et en Angleterre.


L’homme herbivore

Ces garçons, engoncés dans un monde virtuel où la pornographie est la norme et où la communication de base n’est jamais acquise ou éprouvée, souffrent d’une nouvelle forme de timidité sociale. La peur du rejet et le manque de pratique de ce dernier rendent toute communication difficile et vont encore encourager le jeune à se réfugier dans la bulle virtuelle. Un homme qui n’est plus intéressé par rien qui ne vienne du monde réel, ce qu'on nomme au Japon un homme herbivore.

La solution pour reconnecter ces garçons à la réalité serait, selon le professeur, de les entourer de plus d’hommes. Des professeurs hommes, d’autres garçons ou même des cercles d’homme afin de leur réinsuffler une « attitude mâle » qui est en passe de s’étioler.



Man (Dis)Connected : How Technology Has Sabotaged What it Means to be Male, and What Can be Done
par Philip Zimbardo et Nikita D. Coulombe
Paru le 7 mai 2015
chez Rider and Co
à Londres, Royaume-Uni
352 pages
ISBN-10 : 1846044847



Voir aussi

Essai sur les méfaits de la télévision

Changer la famille par la loi et la fiscalité : pères et mères pareils ou égaux ?

L’école infantilise-t-elle les adolescents ?

Ministre des Finances de l’Alberta : importance de la présence d’un parent à la maison

Étude « Les Canadiens font des choix en ce qui concerne la garde d’enfants » par l’Institut du mariage et de la famille Canada.

Les pères n’ont pas à imiter les mères

Le sommeil perturbé des adolescents

Italie — Plus de fête des Pères à cause d’une enfant élevée par ses deux « mamans »

dimanche 10 mai 2015

Québec — une quinzaine de projets-pilotes en éducation à la sexualité seront mis en place

Un article quelque peu caricatural de Rima Elkouri de La Presse nous apprend qu’une quinzaine de projets-pilotes en éducation à la sexualité seront mis en place dans des écoles primaires et secondaires du Québec pour deux ans. Les noms des écoles seront dévoilés dans les prochaines semaines.

Son implantation fait suite à une pétition demandant le retour des cours d’éducation sexuelle à l’école « dans une perspective de rapports égalitaires, non sexistes et non hétérosexistes ». D’une part, notons que certaines pétitions politiquement correctes semblent être vite suivies d’effet, d’autre part « hétérosexiste » signifie souvent banalisation de l’homosexualité comme une sexualité aussi valable que l’hétérosexualité et la désapprobation en classe des élèves qui oseraient dire l’inverse.

Pourquoi l’article de Mme Elkouri (« curé » en arabe) est-il quelque peu caricatural ? D’abord, parce qu’il prend fait et cause pour un futur cours dont on ignore apparemment le contenu au-delà de ses intentions non « hétérosexistes ». Ensuite, parce qu’il fait passer tous les opposants à la nouvelle mouture du cours d’éducation sexuelle en Ontario pour des imbéciles, des ignares ou des intégristes et, enfin, parce qu’il utilise des ficelles usées (la peur, la dénonciation de l’ignorance) pour tenter d’imposer un nouveau cours d’éducation sexuelle.

D’emblée, soyons clairs : nous ne sommes pas, en principe, contre des cours d’éducation sexuelle, mais il faut d’abord en connaître le contenu !

Ce n’est pas le cas de Mme Elkouri. Elle est enthousiaste...

Citons-la dans toute son objectivité journalistique :
On aurait pu craindre que ce tollé ontarien refroidisse les ardeurs de Québec, qui avait vaguement promis de ramener les cours d’éducation sexuelle à l’école, abandonnés en 2005. Heureusement, il n’en est rien. « On n’a pas l’intention de reculer », me dit Julie White, attachée de presse du ministre de l’Éducation François Blais.
Ensuite les gros clichés :
Au Québec comme en Ontario, il y aura toujours une frange de parents qui s’opposeront à l’éducation sexuelle à l’école. Le fait est qu’en matière de sexualité comme dans bien d’autres domaines, le pire danger ne vient pas tant du savoir que de l’ignorance.
Comme s’il ne s’agissait pas plutôt de savoir sous quel angle et à quel âge cette éducation à la sexualité sera prodiguée.
En examinant le discours des opposants ontariens, on réalise que certains préféreraient que leur enfant ne sache jamais que l’homosexualité n’est pas une maladie contagieuse ou que des compagnons de classe peuvent avoir deux mères ou deux pères et s’en porter très bien.
D’une part, il s’agit visiblement de ridiculiser les opposants ontariens en général au regard ce que certains penseraient. Bizzz. « Entrave au dialogue : généralisation abusive », comme on dirait en cours d’ECR...

De nombreux parents sont opposés à la précocité de certains sujets abordés dans le programme, pas au fait que les sujets soient enseignés plus tard. Prenons le sexe anal, la fellation, le cunnilingus abordé à 12-13 ans (selon le journal conformiste le Huff Post). Faut-il vraiment que les enfants de 13 ans étudient et aient l’obligation de créer un « climat d’accueil favorable » envers les « bispirituels, les transsexuels ou les intersexués » ...? Enfin que penser du peu de place laissée à la chasteté chez les jeunes dans ce programme (alors que c’est pourtant un moyen sûr d’éviter les grossesses prématurées et les maladies vénériennes) ? Apparemment, la Première ministre Wynne n’a pas pu répondre aux parents qui lui posaient personnellement ces questions lors d’une rencontre (voir vidéo en anglais avec des parents qui l’ont rencontrée).

D’autre part, sur le fond, rien ne prouve que l’homosexualité ne soit pas en partie un choix (et non une stricte destinée, une orientation innée inéluctable, le débat n'est pas tranché), pas plus qu’il n’est prouvé qu’être éduqué uniquement par deux mères ou deux pères soient aussi inoffensifs que cela (voir ici et par exemple). Mais l’on comprend bien que pour Mme Elkouri les preuves ne sont pas nécessaires quand elle défend ses préjugés. Pour ce qui est des enfants qui vivent avec deux parents homosexuels, c’est extrêmement rare (mais cela semble être très important pour certains au point de devoir en parler au plus tôt aux enfants). Rappelons que, selon Statistiques Canada, il y avait en 2011 au Canada 6.410 couples homosexuels avec enfants comparés à 4.102.880 couples hétérosexuels avec enfants. Les couples homosexuels avec enfants représentent donc 0,15 % des couples avec enfants. La majorité des écoles primaires (elles ont moins de 300 élèves en moyenne) n’ont probablement aucun enfant élevé par des parents homosexuels, année après année. En ce qui concerne les enfants élevés par des parents homosexuels, plusieurs études tendent à prouver qu’ils ne s’en sortent, en moyenne, pas si bien que cela. Voir notamment Les filles aux parents lesbiennes sont 45 % moins susceptibles d’obtenir un diplôme d’enseignement secondaire et Étude suggère des risques pour les enfants élevés par des couples homosexuels.
Certains sont particulièrement dérangés par le fait que l’on fasse allusion dans le programme à l’identité de genre et à des orientations sexuelles autres qu’hétérosexuelles, n’hésitant pas à verser dans les commentaires homophobes, particulièrement virulents dans un contexte où leur Première ministre Kathleen Wynne est lesbienne.
On aimerait savoir si ces commentaires sont fréquents et s’ils sont vraiment homophobes. Mme Wynne qui milite pour l’imposition de cette nouvelle mouture du programme l’a prétendu, mais est-ce suffisant, n’est-il pas en quelque sorte juge et partie ?
De quoi ont-ils peur au juste ? Ils craignent que le nouveau programme révèle à leurs enfants des informations « inappropriées » pour leur âge et qu’il aille à l’encontre de leurs principes et de leurs croyances religieuses.
En quoi est-ce mal ? Et il ne s’agit pas que de « croyances » religieuses. Il y a des parents agnostiques (mais conservateurs sociaux) qui trouvent certains aspects de programme douteux.
Ce faisant, ils oublient que rien n’est plus inapproprié que l’ignorance érigée en vérité.
Et voilà ! Le sophisme tout cousu de fil blanc ! Il y a déjà un programme d’éducation sexuelle en Ontario ! Les enfants ne sont pas ignorants ! Ce sont surtout les nouveautés du programme (voir ici) qui troublent des parents.
Comme l’a bien montré lundi le Toronto Star, les arguments des opposants au programme d’éducation sexuelle sont souvent fondés sur de fausses rumeurs ou de la désinformation.
Souvent ? Il faudrait le prouver. Parfois, c’est fort possible (tout le monde ne lit pas les programmes scolaires, les parents qui sont contre le lisent souvent plus d’ailleurs que ceux qui ne se sentent pas concernés et acceptent ce que le gouvernement décide pour eux). Le Toronto Star est un journal « libéral » très en pointe pour défendre cette nouvelle version de ce programme d’éducation sexuelle. Rappelons que cette polémique sur la nouvelle version du cours d’éducation sexuelle que veut imposer Mme Wynne est impopulaire et semble entamer l’image du parti libéral, tant provincial que fédéral et que la presse libérale voit cela d’un mauvais œil.
Par exemple, selon une rumeur relayée par une lettre anonyme rédigée en arabe et distribuée en banlieue de Toronto, les petits Ontariens de 1re année apprendraient, dans le cadre du nouveau programme, non seulement à nommer leurs organes génitaux, mais aussi à les montrer et à les toucher... Vraiment ?
Non. Mais, prendre un exemple d’une regrettable rumeur excessive est-ce vraiment une manière sérieuse et honnête de répondre aux griefs des parents ?
Même si les parents qui s’opposent au programme d’éducation sexuelle le font très souvent pour des motifs religieux, on aurait tort de penser qu’ils ont le monopole de l’ignorance en la matière. Depuis 10 ans, les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) sont en hausse dans tout le Québec, et plus particulièrement chez les jeunes.
Quel salmigondis ! De quelle ignorance parle-t-on ? Mme Elkouri parle bien des parents... Prétend-elle sérieusement qu’ils ignorent ce qu’est la sexualité ou l’existence de l’homosexualité, des préservatifs ? De quoi parle-t-elle ? Et quel rapport avec la hausse des ITS ? Mme Elkouri pourrait-elle nous démontrer que l’« ignorance » (au sujet des bispirituels, des transsexuels ou des intersexués ?) est à la base de la recrudescence des maladies sexuellement transmissibles plutôt qu’un certain laisser-aller, une certaine lassitude ou même un goût du risque ? Rappelons que les maladies vénériennes sont en recrudescence, notamment en Suède malgré des cours d’éducation à la sexualité assez explicites ? Que ces infections sont en hausse *partout* au Canada malgré la diversité des programmes scolaires et l’existence de cours d’éducation dans plusieurs provinces ?

Que faut-il penser de la très forte augmentation des maladies infectieuses parmi les homosexuels ? (Voir aussi ici.) De l’ignorance ? À quel sujet précisément ? Un manque d’éducation sexuelle à l’école donné « dans une perspective de rapports égalitaires, non sexistes et non hétérosexistes » ? Sérieusement ?

De l’avis d’une propriétaire de sex shop, Carlyle Jansen, qui donnait en 2009 des ateliers d’éducation à la sexualité dans les écoles de Toronto, le cours actuel en Ontario ne manque pas d’informations sanitaires, bien au contraire, il lui manque l’aspect « plaisir » : « On gave les élèves d’information sur toutes les mauvaises choses qui peuvent leur arriver s’ils ont des rapports sexuels. [...] Ils me disent “Nous avons entendu parler des infections sexuellement transmissibles, nous savons que vous pouvez tomber enceinte, mais nous voulons en savoir davantage sur le plaisir et comment avoir des relations saines. » Donc, les élèves ne manqueraient pas d’informations sur les ITS, mais on a l'impression qu’on agite la peur de ces infections pour faire accepter une réforme qui, par certains aspects, est idéologique. Elle plaît d'ailleurs à la coterie LGBTTIQQ2SA (lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels, transgenres, intersexuels, « queers », en questionnement, bispirituels, asexuels et alliés).

Le texte de la journaliste de La Presse se poursuit avec :
Avec le mouvement #AgressionNonDénoncée de l’automne dernier, on a aussi vu que, de façon générale, et pas juste au sein des communautés musulmanes, beaucoup de chemin reste à faire pour en arriver à une société vraiment égalitaire. Il va de soi que l’éducation reste un de meilleurs moyens d’y arriver.
Quel parent qui s’oppose à la nouvelle version du cours d’éducation sexuelle en Ontario est en faveur des agressions sexuelles ? Mais, le mot « égalitaire » utilisé avec le mot non « hétérosexiste » a des implications bien plus idéologiques. C’est souvent le prétexte pour lutter contre ce que la gauche bobo appellent les « stéréotypes sexués », à savoir les rôles traditionnels des hommes et des femmes. Cela n’a rien à voir avec la santé sexuelle des enfants, le prétexte habituel pour toujours plus d’éducation sexuelle, souvent de plus en plus crue ou plus idéologique.
Il y a urgence. Près d’une femme sur quatre et d’un homme sur dix au Québec rapportent avoir vécu au moins une agression sexuelle avant l’âge de 18 ans. C’est énorme.
Quel rapport avec l’imposition d’un programme pour des enfants de 12 ou 13 ans où l’on aborde le cunnilingus, le sexe anal, le respect envers « les bispirituels, les transsexuels ou les intersexués » ?
Il faut maintenant souhaiter que, tollé ou pas, le gouvernement du Québec ait enfin le courage d’aller de l’avant avec un programme d’éducation sexuelle digne de ce nom.
Voilà une journaliste « neutre » !

L’éducation sexuelle en France

En France, il n’existe pas, en tant que tel, de cours à la sexualité. Un peu comme au Québec, cet enseignement est intégré dans d’autres cours et quelques ateliers supplémentaires. Il prend, en fait, peu de place au-delà des cours de SVT (puberté, fécondité) au début du secondaire et quelques séances d’informations (sur d’autres aspects comme le respect). Les Français sont-ils pour autant ignorants en matière sexuelle ? D’après un sondage récent, les deux tiers des 15 à 18 ans français « pensent pourtant préservatif et pilule ». L’étude montre aussi que les adolescents sont assez conscients des risques liés à leur activité sexuelle. Notons enfin que, pour 9 adolescents sur 10, le sexe passe après l’amour.

Agiter les peurs pour forcer l’acceptation d’un programme en partie idéologique

En résumé, il n’y a pas de preuves que les jeunes manquent d’informations sur les infections sexuellement transmissibles ni sur les moyens de contraception. Ils manquent sans doute d’un cadre moral pour avoir des relations saines. Rien ne prouve que la recrudescence des ITS soit due à de « l’ignorance ». Certains, pourtant, semblent agiter la peur liée à cette recrudescence pour imposer des cours d’éducation qui contiennent certes des informations cliniques et scientifiques, mais comprennent aussi un volet idéologique certain (« lutte contre les stéréotypes sexuées », théorie du genre, précocité de la sexualisation).

Reste à voir ce que contiendrait un éventuel programme d’éducation sexuelle au Québec : combien d’heures y seraient consacrées ? Aux dépens de quel programme existant ? Et le Monopole de l’Éducation — qui n’a souvent que le mot diversité à la bouche (entendre ici accepter la diversité des sexualités ultraminoritaires) — acceptera-t-il la diversité dans l’enseignement de ce nouveau programme d’éducation sexuelle ?

Le Monopole sera-t-il aussi souple qu’en 1992 ?

Est-ce que le Monopole de l’Éducation sera aussi souple qu’en 1992 quand viendra le moment d’octroyer des exemptions au nouveau cours d’éducation sexuelle ?

À l’époque, la position exprimée par le ministre Michel Pagé, du Ministère de l’Éducation, établissait la position officielle du MELS, sur le cours obligatoire d’Éducation sexuelle, à l’effet que bien qu’il s’agisse d’un cours obligatoire, article 15 § 4 de la Loi sur l’instruction publique pouvait toujours être appliqué et invoqué par la demanderesse pour donner un cours équivalent à la maison. Il est intéressant de noter que le ministre Pagé, en 1992, indiquait que : « l’école devra prévoir un encadrement particulier pour l’élève ainsi dispensé. Par exemple, l’élève pourrait s’adonner à des travaux à la bibliothèque. » (Voir sa lettre de l’époque)


Voir aussi

Étude : Environ 70 % des ados qui se disaient LGBT se déclarent hétérosexuels par la suite

Le cours d’éducation sexuelle ontarien évite-t-il l’augmentation du nombre de maladies vénériennes ?

Sondages : Les États-Uniens surestiment grandement le nombre d’homosexuels

J’utilise le cours de maths pour parler aux enfants de l’homosexualité et le « cacher » aux parents

Gare à la logique hygiéniste imposée par l’État nounou thérapeutique !

Malgré l’éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède

France — Priorité dans la crise, lutter contre le bleu pour les garçons, le rose pour les filles...

Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre

L’affaire Bruce/Brenda/David Reimer c. la théorie du genre

École québécoise : l’homoparentalité expliquée aux enfants du primaire par l’État

L’Ontario reporte sine die son nouveau programme d’éducation sexuelle You’re teaching our kids WHAT ? (Macleans 2009, en anglais sur l’éducation à la sexualité à l’école... « In her workshops, Jansen urges teens to ask about anything and everything, from masturbation, gender identity and same-sex feelings to sex toys (which they keep on hand in case the subject comes up) ».)

samedi 9 mai 2015

Le rapport du protecteur du citoyen sur la scolarisation à la maison

Le protecteur du citoyen a publié récemment un rapport sur l’instruction à domicile. Il a été relativement bien reçu par une des organisations de parents éducateurs.

Vous vous rappellerez que nous avions été convoqués à deux rencontres avec des représentants du Protecteur du citoyen au Québec, à l’automne 2013. Or, nous venons tout juste de recevoir de leur bureau l’accès au rapport qui vient d’être soumis au ministère de l’Éducation du Québec.

Nous sommes heureux de constater que plusieurs de leurs recommandations ont tenu compte de nos préoccupations. En voici quelques-unes :
  • on demande une plus grande flexibilité de la part des administrateurs scolaires pour ce qui concerne le choix de matériel et d’approche pédagogiques, ainsi que pour l’évaluation ;
  • on établit que la DPJ n’a pas à être appelée à intervenir pour un litige administratif (signature de contrat, manque d’informations quant au programme éducatif, etc.) ;
  • on recommande d’uniformiser [et de clarifier] les pratiques partout en province ;
  • on encourage une meilleure collaboration entre les parents éducateurs et leurs représentants, et les instances scolaires.

Lire le rapport au complet.

Vous lirez à la fin du rapport que le ministère de l’Éducation du Québec doit maintenant prendre en considération ces recommandations. Soyez assuré que nous sommes actifs sur ce terrain aussi. Nous vous tiendrons au courant de tout développement.

Le monopole de l’Éducation a émis un communiqué qui insiste d’abord sur le manque de suivi et une inquiétude, mais il reprend aussi des aspects de réelle protection des parents (et non simplement de surveillance) :

  • l’amélioration de l’information et du soutien offerts aux parents ;
  • d’encourager les autorités scolaires à offrir aux parents et à leurs enfants qui font l’objet d’une dispense de fréquentation scolaire un support matériel (ex. : prêt d’ouvrages didactiques, emprunts à la bibliothèque scolaire, obtention d’une carte étudiante) ;
  • d’étudier la possibilité d’élargir l’accès au programme de formation à distance aux jeunes de moins de 16 ans scolarisés à la maison et inscrits en dispense de fréquentation scolaire ;
  • en cas de litige, favoriser la médiation et non l’appel à la DPJ ni la judiciarisation.
Les médias se concentrent sur l’importance de mieux surveiller ces parents et leurs enfants

Les médias, étrangement, ont axé leurs articles relatifs à ce rapport sur les « inquiétudes » quant au manque de suivi. Le lecteur distrait en tirera surtout l’idée que de pauvres enfants sont mal instruits (plutôt que mal surveillés par le Monopole de l’éducation). Mais qu’attend le gouvernement, se demandera-t-il ?


Le rapport est pourtant nettement plus riche

Le rapport est pourtant plus riche qu’une simple demande de renforcement de la surveillance des parents qui osent ne pas envoyer leurs enfants à l’école (louche, ça).

On y apprend ainsi que, depuis 2002, les commissions scolaires recensent les enfants scolarisés à la maison sur leur territoire et les incluent dans la déclaration de leur effectif scolaire au 30 septembre de chaque année. Comme l’illustre le tableau ci-dessous, les données produites en date du 22 janvier 2015 par le Ministère révèlent que durant l’année scolaire 2012-2013, 1 114 enfants du primaire et du secondaire étaient scolarisés à la maison et que leur nombre tend à croître depuis 2007-2008. Il faut noter que les données colligées par le Ministère ne tiennent pas compte des enfants qui seraient scolarisés à la maison sans dispense formelle de fréquentation scolaire, dont le nombre demeure difficile à établir.



Une chercheuse, Christine Brabant, souligne que si le nombre total d’enfants non inscrits auprès d’une commission scolaire pouvait être comptabilisé, l’ensemble des enfants scolarisés à la maison représenterait au moins le double du nombre d’enfants formellement dispensés de fréquentation scolaire. De son côté, le Ministère estime à quelque 2 000 le nombre d’enfants scolarisés à la maison sans dispense de fréquentation scolaire. Environ 700 de ces enfants auraient été « désinscrits » au fil du temps, c’est-à-dire qu’ils sont scolarisés à la maison sans dispense formelle de fréquentation scolaire, bien qu’ils soient connus des autorités scolaires parce qu’ils ont déjà fréquenté un établissement ou obtenu une dispense.

La seule enquête, publiée et menée par Christine Brabant, qui se soit penchée sur le profil sociodémographique des familles québécoises qui scolarisent leurs enfants à la maison a été réalisée en 2003. Elle révèle que le portrait type du parent-éducateur responsable de la scolarisation de l’enfant est une mère âgée de 38 ans qui détient, dans une proportion de 44 %, une expérience professionnelle ou une formation en éducation. Les parents ayant participé à l’étude sont proportionnellement plus nombreux que la population générale à détenir un diplôme de maîtrise ou de doctorat. Ces familles compteraient plus d’enfants que la moyenne et déclareraient des revenus annuels comparables à ceux des autres familles québécoises. Contrairement au préjugé souvent véhiculé, la transmission de valeurs religieuses, morales ou spirituelles ne serait un facteur prédominant de motivation que pour une minorité de parents québécois qui choisissent de scolariser leurs enfants à la maison.

[Bien qu’avec la volonté du Monopole de l’Éducation du Québec de fermer toutes les écoles privées trop religieuses à son goût et de transférer ces élèves au secteur de l’instruction à domicile (voir les mennonites de Roxton Falls et les juifs orthodoxes de la Yéchiva Toras Moché), ce nombre devrait augmenter rapidement.]

En gardant à l’esprit les limites méthodologiques applicables, des études observent que les enfants scolarisés à la maison réussiraient en moyenne aussi bien que ceux scolarisés en établissement. Ils n’éprouveraient généralement pas de difficultés particulières lors de leur réintégration au système scolaire ni dans la poursuite d’études collégiales et universitaires.

Plusieurs études consultées par le protecteur du citoyen observent que les enfants scolarisés à la maison, au primaire et au secondaire, ont un rythme d’apprentissage et un taux de réussite scolaire équivalents ou supérieurs à ceux des enfants qui fréquentent l’école régulière. Voir notamment MARTIN-CHANG, Sandra, GOULD, Odette N., MEUSE, Reanne E., « The Impact of Schooling on Academic Achievement: Evidence from Homeschooled and Traditionally Schooled Students », Canadian Journal of Behavioural Science/Revue canadienne des sciences du comportement, vol. 43, n° 3, juillet 2011, p. 195-202 ; MEIGHAN (1996), BASHAM (2001), LINES (2001) et BLOCK (2004) ; KUNZMAN, R. et GAITHER, M. (2013). Homeschooling: A Comprehensive Survey of the Research. Other Education: The Journal of Alternative Education, 2
(1), 4-59.

La proportion de jeunes scolarisés à la maison qui poursuivent avec succès des études supérieures serait similaire à celle des élèves diplômés ayant fréquenté une école. Enfin, dans ces études, rien n’indique que la scolarisation à la maison a des effets néfastes sur la socialisation des enfants.

Plusieurs intervenants scolaires qu’a consultés le Protecteur du citoyen reconnaissent la qualité des projets éducatifs des parents ainsi que celle des apprentissages scolaires et sociaux des enfants qu’ils « suivent ». Néanmoins, dans certaines situations où la collaboration avec les parents s’avère problématique, ils entretiennent des inquiétudes sur la réussite éducative des enfants. Ils éprouvent un malaise lorsqu’ils ne réussissent pas à obtenir l’information requise pour assurer l’évaluation de l’enseignement et de l’expérience éducative de ces enfants. 

Le protecteur du citoyen ne semble pas s’être demandé si un suivi strict améliorait vraiment les résultats des enfants instruits à la maison. Si le suivi devient trop draconien, les parents des enfants les moins bons ne vont-ils pas tout simplement devenir « clandestins » ? Pourtant plusieurs enquêtes tendent à démontrer que les enfants instruits à la maison ont d’aussi bons résultats dans les États peu contraignants que dans les États tatillons. Ce carnet n’a pas, en principe, d’objection à ce que les enfants soient suivis pour autant que les évaluations ne soient pas idéologiques, mais se contentent de s’assurer que les enfants instruits à la maison reçoivent une formation au moins équivalente à l’école publique dans des matières de base (lecture, écriture, mathématiques, sciences). Nous sommes bien évidemment opposés à toute évaluation sur des sujets subjectifs ou controversés (l’enfant est-il assez « ouvert » sur la diversité « religieuse » ?)








Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

« Humanistes » demandent au ministre qu'il abroge le volet religieux d'ECR et font planer une menace


Des associations antireligieuses, dont l’Association humaniste du Québec (AHQ) qui se décrit comme « La voix des athées et des agnostiques », le Mouvement laïque québécois (MLQ) et le groupe Pour les droits des femmes du Québec (PDF-Q), réclament, auprès du ministre de l’Éducation François Blais, le retrait du volet religieux du cours Éthique et culture religieuse (ÉCR). Ces associations aiment habituellement bien le volet dialogue et « éthique » du programme puisqu’il permet d’insuffler, souvent par mimétisme, à tous les enfants les valeurs du correctivisme politique (voir aussi ici).


Pour le compte de l’AHQ et en collaboration avec le MLQ, l’ancien président du MLQ a analysé les fondements du programme ÉCR ainsi que les contenus de certains manuels destinés aux élèves du primaire et du secondaire. Selon M. Baril, « ce que l’on y trouve est ahurissant et dépasse tout ce que l’on avait imaginé lors du lancement de ce cours ». Cela ne nous surprend pas, voilà des années que nous avons publié des billets et une étude sur les manuels d’ECR. Voir des exemples non limitatifs ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et . Relire aussi l’étude de Joëlle Quérin.

Citons M. Baril :

Le contenu religieux, présenté sous une rhétorique ministérielle comme étant « culturel », est décuplé par rapport à l’ancien cours de religion et n’a en rien perdu son caractère confessionnel. On a tout simplement ajouté, aux croyances et rituels chrétiens, les croyances et rituels juifs, musulmans, bouddhistes et amérindiens, en plus du spiritisme, de l’ésotérisme et de pseudosciences telles l’astrologie.

Je reproduis ici l’introduction de ce document d’analyse publié sur le site de l’AHQ [cliquez ici pour cette analyse]. J’invite ceux et celles qui, à la suite de mes blogues précédents sur ce sujet, ont douté des orientations confessionnelles (intentionnelles ou non) de ce cours, à prendre le temps nécessaire pour parcourir ce document. Vous serez surpris.

Analyse des fondements et des contenus du programme Éthique et culture religieuse

Nous avons analysé les fondements et objectifs du programme Éthique et culture religieuse (ÉCR) ainsi que les contenus d’une vingtaine de volumes et cahiers destinés aux élèves du primaire et du secondaire.

Il en ressort que les contenus d’enseignement transmis aux élèves sont manifestement et même explicitement confessionnels. La juxtaposition de diverses religions ne change en rien ce caractère.

L’exclusion de personnes sans religion des contenus de ce programme (sauf une mention en secondaire 4) donne une image déformée de la réalité socioreligieuse et, à première vue, semble contrevenir au droit à l’égalité reconnu dans les chartes québécoise et canadienne puisque ces citoyens ne sont pas traités de façon égale par ce programme scolaire obligatoire pour tous.

À la lumière du récent jugement de la Cour suprême du Canada sur les prières dans les assemblées municipales, il semble bien que ce cours ne passerait pas plus le test des droits à la liberté de conscience et à la liberté de religion ni l’obligation de neutralité religieuse de l’État. Dans ce jugement, la Cour a en effet affirmé à plusieurs reprises que « l’État ne doit pas s’ingérer dans le domaine de la religion et des croyances. L’État doit plutôt demeurer neutre à cet égard, ce qui exige qu’il ne favorise ni ne défavorise aucune croyance, pas plus que l’incroyance. » (p. 7 de la version PDF)

Manifestement, il y a exclusion de l’incroyance dans le programme ÉCR et cette exclusion est intentionnelle. La prétendue approche culturelle du religieux, qui ne résiste pas à l’analyse des contenus, ne saurait non plus servir de caution. La Cour affirme en effet que
« Si, sous le couvert d’une réalité culturelle, historique ou patrimoniale, l’État adhère à une forme d’expression religieuse, il ne respecte pas son obligation de neutralité. » (p. 8)

Il ne nous apparaît pas souhaitable de rétablir le droit à l’exemption de ce cours même si la situation apparaît, sous certains égards, pire qu’à l’époque du régime d’exemption. Ce serait un pis-aller augmentant encore plus l’effet d’exclusion. Bien que la preuve semble avoir été déficiente [prématurée puisqu’il s’agissait de s’opposer dès le début au cours], une telle disposition a d’ailleurs été refusée par la Cour suprême aux parents de la Commission scolaire des Chênes.

Saupoudrer des contenus humanistes incroyants ici et là ne nous semble pas la solution non plus. Nous préconisons plutôt le retrait pur et simple du volet culture religieuse et l’enrichissement [sic] du volet éthique. Nous présentons ici l’ensemble des éléments qui nous conduisent à cette conclusion.

Concernant l’exemption de ce cours

[Comme] que mentionné [ci-dessus], l’exemption du cours ÉCR ne nous paraît pas la bonne solution. Le MLQ a lutté pendant 20 ans contre l’exemption de l’enseignement religieux parce que c’était une procédure discriminatoire qui ne faisait qu’aggraver l’exclusion des élèves exemptés. Nous n’allons pas revenir à ce régime.

Il nous sem[b] le y avoir matière à une plainte auprès de la Commission des droits de la personne pour violation du droit à l’égalité et du droit à la liberté de conscience. Cette procédure peut prendre quelques années.

En attendant et parallèlement à la demande du retrait du volet religieux, PDF-Q lance tout de même de son côté une invitation à demander une dérogation de ce cours pour les parents qui considèrent leur liberté de conscience brimée. Il est plus que probable qu’aucune commission scolaire n’accepte une telle demande puisqu’aucune procédure en ce sens n’est prévue par la loi et que la Cour suprême a déjà refusé ce droit aux parents catholiques. Il faut considérer cette démarche comme une solution temporaire et une mesure de pression sur les commissions scolaires visant à manifester son opposition à ce cours. Il sera aussi intéressant d’en analyser les réponses.

Exemples de confessionnalisation dénoncée par M. Baril :
2.3 Promotion de valeurs inacceptables 

En plus de contenus confessionnels, certains manuels font la promotion de valeurs totalement inacceptables. C’est le cas du cahier d’exercices Rond-Point, (2e année du 1er cycle du secondaire, éditions Lidec, 2007) qui présentait, en guise d’image de bienvenue dans le cours ÉCR, une enseignante et un groupe de trois élèves dont l’une porte le niqab. C’est une normalisation inacceptable de ce vêtement diffamant portant atteinte à la dignité et à l’intégrité physique des femmes.

 La description du hidjab présentée dans ce manuel en rend le port obligatoire au nom de la pudeur (p. 11, texte complet en Annexe 3) :



Celles qui ne portent pas de foulard islamique sont donc impures. (Ce manuel est toujours offert par Lidec, mais il ne nous a pas été possible de vérifier si ces pages y figurent toujours.) [Note du carnet : et pour cause ! M. Baril ne fait que reproduire nos extraits de ce cahier d’activités....]


Cet exemple fait ressortir une profonde contradiction dans les fondements du cours ÉCR : comment, en effet, peut-on à la fois rechercher « le bien commun » et le « respect de l’autre » en s’inspirant des chartes des droits fondamentaux et transmettre de façon plus que complaisante des systèmes de pensée qui nient les principes énoncés dans ces chartes ?

Visiter un imam pro-charia [note du carnet : ne le sont-ils pas tous en théorie ?]

Dans le manuel du maître Enseigner l’Éthique et culture religieuse : les fondements et la pratique au primaire et au secondaire (éditions CEC, 2010), on retrouve la suggestion suivante : « Une visite de ces lieux et une rencontre avec un prêtre, le pasteur, l’imam ou le moine sont une excellente façon de favoriser la culture religieuse et l’ouverture à l’autre » (p. 111)

[Note du carnet : ces visites sont très fréquentes. Voir ici secte Hare Krichna à l’école en classe d’ECR, adolescents dansent au son d’Hare Krichna en classe d’ECR, visite obligatoire de la mosquée, des temples bouddhiste et sikh avec « Le coup de foudre d’Anne-Marie Bourassa : l’expérience de méditation au Temple bouddhiste ». Article qui vaut son pesant d’or avec un « Notons que 1,2 milliard de musulmans pratiquent cette religion à travers le monde, dont 101 000 à Montréal. À titre d’exemple de personnalités arabes, on retrouve René Angelil ». Mention pour rendre sympa l’islam ? L’ennui c’est que les deux parents de Réné Angelil étaient catholiques melkites ... et qu'il a baptisé son fils en 2001 selon ce rite.]


Dans cette veine, le Réseau pour le développement des compétences par l’intégration des TIC (RÉCIT), un organisme privé qui offre des ressources complémentaires entre autres aux enseignants d’ÉCR, offre une visite virtuelle de la mosquée de Brossard [ci-dessus] tenue par l’imam Foudil Selmoune. Cet imam a fait les manchettes il y a quelques années pour ses propos controversés favorables à la charia. Ces propos ont même fait l’objet d’une dénonciation à l’Assemblée nationale par l’ex-ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil. [Voir aussi ici et .]

Rapport de M. Baril

Annexes du rapport de M. Baril

Voir aussi

Sortir le religieux de l’école pour y laisser entrer l’ésotérisme et les gourous




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mercredi 6 mai 2015

En milieu sportif, les garçons deux fois plus harcelés sexuellement que les filles

Au Québec, un adolescent sur 20 âgé de 14 à 17 ans qui dit avoir été abusé sexuellement au cours de sa vie l’aurait été par un entraîneur sportif. C’est l’une des conclusions d’une recherche menée par Sylvie Parent, professeure au Département d’éducation physique, auprès de 6 450 jeunes garçons et filles âgés de 14 à 17 ans fréquentant des écoles secondaires du Québec. « Sur les 10,2 % d’adolescents victimes d’abus sexuel, sans égard à la provenance des abus, 5,3 % l’ont été par leur entraîneur », explique Sylvie Parent.

Cette étude s’inscrit dans une enquête plus large menée par Martine Hébert, professeure au Département de sexologie de l’UQAM, et portant sur la question plus globale du parcours amoureux des jeunes. Le questionnaire incluait des questions reliées à la pratique d’un sport organisé, que ce soit à l’école ou à l’extérieur du milieu scolaire.

Par ailleurs, 0,4 % des répondants ont dit avoir subi du harcèlement sexuel de la part de leur entraîneur dans les 12 mois précédant l’étude. Le risque de subir ce genre d’abus est deux fois plus élevé chez les garçons que chez les filles. L’ensemble des participants a aussi été interrogé sur les expériences de contacts sexuels consentants. Ainsi, 1,2 % des jeunes rapporte avoir eu des contacts sexuels de ce genre avec un entraîneur au cours de la dernière année. Ce genre de contacts est plus fréquent chez les garçons que chez les filles.

Comme le rappelle Sylvie Parent, « dans ce genre de relation, où il y a un adulte en situation d’autorité et un mineur, donc de moins de 18 ans, le consentement ne peut être invoqué et est condamnable en vertu du Code criminel canadien ».
Source




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)