dimanche 5 janvier 2014

Le Livre noir de l'AFP


Nous avons déjà mentionné sur ce carnet les distorsions que l'AFP avait fait subir aux paroles d'une personne interrogée au Québec sur le sujet de l'éducation pour ne retenir que ce qui l'intéressait avant même de lui parler. Le journaliste avait simplement ignoré et détourné les paroles de la personne interrogée qui ne servait plus que de caution (« j'ai interrogé quelqu'un proche du dossier ») sans rapporter l'esprit de cet entretien.

Nous pensons donc utile d'attirer l'attention de nos lecteurs sur ce nouvel ouvrage : Le Livre noir de l'AFP.

Présentation de l'éditeur.

L'AFP (Agence France Presse) est sans doute le plus méconnu des médias français, et le plus puissant. On estime que 80% de l'information fraîche en France provient de l'AFP, et qu'elle est en situation de monopole depuis sa création, en 1944. C'est aussi l'une des trois plus importantes agences de presse dans le monde (avec AP et Reuters), qui compte environ 3000 collaborateurs dans le monde entier.

Tout cela serait parfait si son engagement statutaire de neutralité et de pluralisme était réel, or l'AFP est une agence partisane, qui censure sciemment ce qui ne convient pas à sa ligne, et qui met en avant ce qui va dans son sens, tant en politique intérieure qu'à l'international. Ce secret de polichinelle est bien connu de la plupart des journalistes honnêtes, il reste inconnu pour les autres.

Sachant que la plupart des Français ignorent le rôle central de l'AFP, tandis qu'on leur parle sans arrêt de la multiplication des médias et de l'information. Or si l'AFP ne remplit pas ses missions de service public, et les trahit, alors 80% de l'information fraîche en France s'en trouve biaisée. C'est ce que ce livre noir de l'AFP permet d'établir très clairement, et surtout factuellement, au moment de l'ouverture d'une mission parlementaire sur l'AFP, de septembre 2013 à mars 2014.

Comme pour les livres noirs de la gauche, de l'islam, de l'Union Européenne et de l'écologie, l'auteur regroupe des centaines de sources permettant d'être irréprochable dans son approche factuelle, journalistique et historique.

Le Livre noir de l'AFP
par Jean Robin
Aux éditions Tatamis
Paru le 1er janvier 2014
16 €
ISBN : 9782917617823

Sommaire

Pour la gauche, contre la droite
Quelques exemples
La direction de l’AFP assume sa partialité politique
Mission parlementaire subjective et partiale
Proximité avec la gauche
L’AFP protège François Mitterrand
Une erreur fait du tort à Pompidou en plein mai 68
Anti-FN
Politique internationale
Pro-palestinienne
Anti-israélienne
Pro-islamistes
Russophobe
Anti-américaine
Rencontre Chavez – Ahmadinejad
Noyautée par les syndicats communistes

Désinformation

Erreurs factuelles
Le Vanuatu est « une île polynésienne »
Mort du petit Younes annoncée par erreur
L’ours dans les Pyrénées
A propos du SIDA
Une fusée indienne explose
Séisme à Haïti
ITER
Casse-toi pauvre con
Amazonie, poumon de la planète ?
Fessées
Amende de Google
Capitalisation boursière d’Apple
Fausse mère porteuse
Etc.
Erreurs de français
Autres
Monopole en France
Hâte et précipitation
Pertes financières
Condamnations judiciaires




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samedi 4 janvier 2014

La liberté de l'enseignement essentielle à la démocratie

Nous avions déjà relaté en détail le colloque international sur l’éducation organisé au début décembre par l’Association des parents catholiques du Québec.

Voici quelques détails supplémentaires sur cette conférence glanés par Deborah Gyapong :

Les droits parentaux et la liberté en éducation sont essentiels à la démocratie alors que l'État cherche à exercer encore plus de pouvoir sur l'éducation des enfants, a déclaré la cofondatrice d'un mouvement d'écoles indépendantes en France.

« Nous nous retrouvons dans une situation où l'État veut accaparer tout le pouvoir, tous les droits et tous les devoirs qui reviennent normalement aux parents », d’ajouter Anne Coffinier (ci-contre), la présidente et co-fondatrice de l'association Créer son école et de la Fondation pour l'école.

[…]

Le ministère de l'Éducation de la France s’inspire d’idées du XIXe siècle qui prétendent que pour être libre il faut être « libéré de ses racines, de toute tradition, de toute loyauté et de tout lien ». « Vous ne seriez un citoyen libre, qu’une fois « tout neuf » en quelque sorte. »

Il existe aussi cette idée que la famille est le lieu d’imposition d’idées « archaïques » aux enfants et que « la mission de l'école publique est de délivrer les enfants de l'obscurantisme familial », a ajouté Mme Coffinier.

Dans cette optique, les parents sont « dangereux » en ce qu'ils rendent difficile « l’accès à la modernité » à leur progéniture.

[…]

La laïcité française cherche à bannir la religion de l’espace publique, elle est similaire à celle du Québec.

Mais « j'ai l'impression que c'est pire au Québec », a déclaré Anne Coffinier.

Des écoles catholiques indépendantes ont vu le jour en France, en dépit de son réseau scolaire catholique privé financé par l'État qui, à bien des égards, n’est que le reflet du système public : il  a ajouté la fondatrice de Créer son école. « Elles ont le même programme, le même régime pédagogique, les mêmes enseignants, les mêmes subventions, les mêmes livres et le même calendrier d'apprentissage. »

Au cours des 10 ou 15 dernières années, plus de 600 « écoles totalement indépendantes » gérées par les parents et les enseignants, « principalement catholiques » ont vu le jour en France.

Sa fondation a vu le jour pour soutenir les écoles, former des enseignants, les défendre en justice et exercer des pressions pour protéger leurs droits.

Bien que pauvres, sans aucun financement de l'État, les écoles continuent de croître en nombre : l'an dernier 37 nouvelles écoles ont ainsi vu le jour.

« Les gens réagissent et forment les écoles pour des raisons religieuses et éducatives », dit-elle. « Les gens sont déçus par les écoles et tentent de réagir pour protéger leurs enfants ».

Bien que la conférence des évêques de France dans son ensemble soit demeurée silencieuse sur la question, un certain nombre d'éminents évêques soutiennent activement le mouvement dans leurs diocèses, de préciser Mme Coffinier.

[…]

« Je pense que le problème ne se situe pas uniquement au niveau du programme ECR », a déclaré Anne Coffinier. « Le problème, c’est votre programme scolaire dans son intégralité. »

Il n'y a pas de cohérence morale ; aucune importance n’est accordée à la littérature classique, a-t-elle ajouté.

« Une école doit conserver le trésor de la civilisation, le trésor accumulé par nos ancêtres, les meilleurs, les principaux chefs-d'œuvre en français, en art, toutes ces choses doivent être transmises à la prochaine génération », dit-elle. « Il est de notre responsabilité de transmettre à nos enfants ce que nous avons reçu. »

« Maintenant, quand on regarde la situation de l'éducation au Québec, la chaîne est rompue », dit-elle. « La nouvelle génération est étrangère à la culture de son propre pays ou à de leurs propres parents. J'estime que c'est là un réel problème. »

La grande littérature et la philosophie ont été abandonnées pour des textes contemporains moins profonds, d’ajouter Mme Coffinier. « On a l'impression que le sens de la vie et la vérité sont facultatifs. On ne peut de la sorte toucher à la vérité ».

« L'école chrétienne est une école qui essaie de créer une énorme soif de Dieu, de vérité », dit-elle.

« Il est crucial, si nous voulons avoir de véritables écoles catholiques, que nous soyons très exigeants sur le plan de la littérature, de la philosophie, de l'histoire, de l’art, de tous les éléments culturels, de faire avoir un bon usage de la raison et de l'acuité culturelle qui sont essentielles si l’on veut comprendre la foi » , de conclure Mme Anne Coffinier.

Voir aussi

Compte rendu du colloque international sur l'éducation catholique tenu à Montréal

Le gouvernement Marois veut « protéger » les enfants de l'influence de la religion

École : la neutralité n’existe pas

Pas de classiques de la littérature, mais la lutte contre l'hétérosexisme en classe de français, d'anglais, d'histoire et de mathématiques

La défense par Georges Leroux du programme ECR : relativiste, jacobine et utopique

Québec — Contestation judiciaire contre l'interdiction d'explications et allusions religieuses dans les garderies (m-à-j)

Père du programme ECR : L’État doit viser à déstabiliser les systèmes absolutistes de croyance




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Histoire — Mandela un simple intermède, pas le plus emblématique de l'Afrique du Sud actuelle

Mark Steyn sur Mandela :

S’il n’est pas certain que Nelson Mandela ait été la figure emblématique de la nouvelle Afrique du Sud, son service commémoratif le fut certainement. On a ainsi appris quelques jours plus tard que Thamsanqa Jantjie, l’aimable et hilarant faux interprète en langage des signes qui se tenait aux côtés du président Obama et qui gesticulait absurdement à la grande joie de tous était en fait un personnage bien plus sombre. Un violent schizophrène accusé par le passé de cambriolage, de viol, d’enlèvement et d’assassinat, il a également fait partie d’une bande qui administrait le « supplice du pneu », ce supplice qui consiste à mettre un pneu autour du cou d’une victime et à y mettre le feu avec de l’essence.

Néanmoins, M. Jantjie illustrait bien l’aspect chaotique des services de sécurité du gouvernement sud-africain. [De nombreux chroniqueurs se sont penchés sur Mandela, pour la majorité de ceux-ci il était un grand homme.] La vérité c’est que beaucoup de choses ne fonctionnent tout simplement plus en Afrique du Sud. Tout aussi éloquent que le passé criminel et violent de M. Jantjie, le fait que le procureur général sud-africain ne peut affirmer de manière sûre de quelles infractions M. Jantjie a été reconnu coupable et pour le seul crime pour lequel il semble définitivement avoir été condamné, si, en fait, il a purgé sa peine.

Les premiers ministres du Commonwealth en 1944,
Churchill au milieu. Jan Smuts, debout en uniforme.
Mackenzie King du Canada, assis à gauche.

Avant les funérailles de Mandela, le dernier enterrement sud-africain à avoir attiré autant l’attention internationale fut celui du maréchal Smuts, le plus célèbre fils de l’Afrique du Sud de la période pré-apartheid et le seul homme à avoir signé un traité mettant fin à la Première Guerre mondiale et celui mettant fin à la Seconde Guerre mondiale. C’est un homme d’État désormais oublié, mais il fut longtemps le seul Sud-Africain à avoir sa statue sur la place du Parlement à Westminster jusqu’à ce qu’on y place une statue de Mandela. Ses funérailles en 1950 ont attiré un nombre comparable de spectateurs, peut-être même supérieur, à ceux de Soweto. Smuts aurait été étonné par le chaos et par l’indiscipline qui accompagnèrent l’adieu fait à Mandela soixante ans plus tard. Il aurait tenu pour acquis que l’Afrique du Sud était une nation développée du « premier monde », du même rang que les autres dominions comme le Canada et l’Australie. Ce qui sépare ces deux enterrements est, d’un côté, un progrès racial et, sur tous les autres plans, un déclin rapide.

Depuis les années 1990, l’espérance de vie a chuté en Afrique du Sud pour revenir au niveau des années Jan Smuts. L’Afrique du Sud est devenue la capitale mondiale des assassinats, avec près de 50 homicides par jour. Dans une enquête de 2011, une femme sur trois avait affirmé qu’elle avait été violée l’année précédente. L’actuel président de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma, a été accusé d’avoir violé une femme séropositive, mais il a répondu qu’il avait pris une douche juste après pour « réduire le risque de contracter la maladie ». C’est l’un des traitements auto-administrés les plus rationnels. Les compatriotes de M. Zuma pensent généralement qu’avoir des relations sexuelles avec une vierge vous guérit du SIDA. Étant donné la raréfaction des vierges sur le terrain, cette croyance a conduit à une épidémie de viols d’enfants avec des victimes parfois âgées d’à peine huit mois.

Modeste maison de Jan Smuts (sans protection spéciale) à Doornkloof près de Prétoria
Bien sûr, on ne peut blâmer Mandela pour tout cela, ni même la plupart de cela. Dans un sens, sa présidence montre bien les limites de la théorie du grand homme dans l’histoire. Son prédécesseur, F.W. De Klerk, dernier président blanc d’Afrique du Sud, était aussi un grand et généreux homme qui a compris que le régime qu’il avait servi toute sa vie ne pouvait durer. Pourtant, avec le recul des années, il me semble que la camaraderie entre De Klerk et Mandela symbolise moins la nouvelle Afrique du Sud que leurs épouses respectives. Marike De Klerk finira assassinée ; Winnie Mandela pour sa part organisera de multiples assassinats — ou, en tout cas, c’est ce que la Commission Vérité et Réconciliation déterminera. Aucun de ces rôles n’est habituel pour une première dame américaine, pas plus qu’ils ne l’auraient été à l’époque de Smuts. Mme De Klerk a été poignardée et étranglée en 2001 par une domestique — juste un de ces 50 meurtres par jour, sans motif, rien n’a été volé. Elle a été tuée parce que c’est juste comme cela en Afrique du Sud aujourd’hui.

Maison de Mandela à Houghton près de Johannesbourg
(avec la sécurité nécessaire aujourd'hui.)

À la nouvelle de sa mort, Winnie Mandela s’est exclamée : « En tant que femme, je peux m’identifier à l’épuisement de ses ressources émotionnelles dans l’élaboration de la carrière de son ex-mari. » C’est une façon de voir les choses. Mme Mandela a fait face à son propre épuisement émotionnel en s’assurant que ses gardes du corps enlèvent Stompie Moeketsi, âgé de 14 ans, parce qu’elle le soupçonnait d’être un informateur. Ses sbires l’égorgèrent ensuite et jetèrent sa dépouille en rase campagne. Sa contribution la plus célèbre au dictionnaire des citations est une défense du « supplice du pneu » dont nous avons déjà parlé, torture infligée à d’autres noirs : « Nous libérerons ce pays avec nos boîtes d’allumettes et nos pneus ».

En fin de compte, elle n’en a jamais eu le temps. La guerre froide prit fin, Moscou était trop distrait par ses problèmes intérieurs pour penser à subvertir l’Afrique du Sud comme il l’avait fait ailleurs en Afrique. Et puis, Mandela était courtois, digne et satisfait de poursuivre lui et l’ANC la politique de capitalisme de copinage de l’ancien Parti national. Voilà vingt ans que l’Afrique du Sud actuelle vit du capital accumulé lors de son passé raciste, alors même que tous les indicateurs sociaux plongent inexorablement et qu’un cinquième de la population blanche a fui.


Vaste propriété de Jacob Zuma, le président actuel, à Nkandla avec clôtures multiples.

Jan Smuts et Nelson Mandela ne se sont rencontrés qu’une fois, quand le général est venu au collège où étudiait de Mandela pour défendre la cause de la Grande-Bretagne dans la guerre qui l’opposait à l’Allemagne. Smuts avait combattu pendant la guerre des Boers contre la Grande-Bretagne. Lui et ses camarades s’étaient farouchement accrochés à leur identité [d’Afrikaners/de Boers] pendant l’anglicisation forcée qui avait suivi leur défaite militaire. Ils seraient bien étonnés de voir à quelle vitesse une des plus tenaces cultures au monde [celle des Afrikaners] a pu être balayée [l’afrikaans est menacé en Afrique du Sud, voir ici et . Pour des raisons de cohésion sociale, certains — et non des moindres — revendiquent que l'école ne se fasse plus qu'en anglais]. La présidence bénigne de Mandela des années 1990 ressemble à un simple intermède. L’Afrique du Sud se désintègre et ce qui en reste ne prend en rien un bon chemin.

Voir aussi

La place des langues en Afrique du Sud depuis 1994

Histoire — Dossier sur Mandela et son héritage





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jeudi 2 janvier 2014

Baisse historique de la population japonaise en 2013

Avec un taux de natalité exceptionnellement bas, le Japon voit sa population diminuer encore en 2013. Elle a enregistré une baisse historique de 244 000 personnes, après une baisse de 219 000 personnes en 2012. Au 31 mars dernier, le pays comptait 126 393 679 habitants, soit 0,21 % de moins par rapport à l'année précédente. La société japonaise connaît un vieillissement accéléré ainsi qu’une pénurie de main-d’œuvre à terme, en l’absence de politiques véritablement favorables à la famille et à la natalité.

Selon les estimations communiquées mercredi 1er janvier par le ministère de la santé, le pays a enregistré 1 031 000 naissances l’an dernier, soit 6 000 de moins qu’en 2012. En revanche, le nombre de décès a augmenté d’environ 19 000 pour s’établir à 1 275 000. Il s’agit de la plus forte hausse depuis la deuxième guerre mondiale, selon le ministère.

La tendance au dépeuplement du Japon est constante depuis 2007. Plus de 20 % de la population est âgée de 65 ans et plus, une des proportions les plus élevées au monde. Une étude publique dévoilée début 2012 projette une diminution de 41 millions d’habitants d’ici à 2060, soit une chute de 32 % de la population en moins de cinquante ans. L’archipel compterait alors 87 millions d’habitants et passerait sous la barre symbolique des 100 millions d’habitants en 2048, alors que le pays fut longtemps l’un des plus densément peuplés au monde.

Voir aussi

Japon — Les vieux priés de mourir, et vite !

La tare de l'État-providence c'est qu'éventuellement les autres finissent toujours par manquer

Chute record de la population japonaise en 2012

Japon — malaise démographique

Japon — les adultes consomment désormais plus de couches que les bébés

Japon : Trois cents dollars par mois par enfant




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Rétrospective 2013 sur le traitement médiatique du « changement climatique »

Si vous obtenez vos informations de sources comme Le Devoir ou Radio-Canada, voici quelques histoires qui se sont produites en 2013 et qui concernent « le changement climatique » et dont vous n’avez probablement jamais entendu parler.

1. Le navire d’une expédition en Antarctique sur le réchauffement de la planète piégé par la banquise. Vous avez probablement entendu parler ces derniers jours du navire russe emprisonné à une centaine de milles nautiques à l’est de la base française Dumont d’Urville en Antarctique dans 4 mètres de glace et comment trois brise-glace dépêchés sur place ne sont pas parvenus à fendre la glace pour le débloquer. Le tout en plein été austral... Ce dont vous n’avez sans doute pas entendu parler c’est que ce navire est rempli de climatologues dont la mission est d’étudier les « changements climatiques ». Sur les traces d’une expédition antarctique australasienne de 1914 et dans le but de comparer les données climatiques sur 100 ans, ces scientifiques et ces écotouristes (dont une sénatrice du Parti Vert australien Janet Rice) se sont retrouvés immobilisés par la banquise à l’endroit même où la mer était libre il y a un siècle…

Allusion au film « Une vérité qui dérange » d'Al Gore visionné dans les écoles québécoises et mentionné dans le matériel didactique de l'école québécoise.

Le capitaine de l’expédition, le climatologue Chris Turney n’en démord pas et soutient toujours que les glaces de l’Antarctique sont en pleine fonte. Cruelle ironie du sort, celles-ci ne sont en aucun cas sur le point de fondre autour de son navire si bien que les autorités ont dû extraire l’ensemble des passagers bloqués au moyen d’un hélicoptère.

Le professeur de climatologie Chris Turney, chef de l’expédition.


Ci-dessous, vidéo de l’expédition australasienne de 1911/1912. L’Aurora quitta Hobart le 2 décembre 1911. Il longea d'abord la côte proche de la Terre Adélie en Antarctique, le navire mouilla ensuite au cap Denison dans la Baie du Commonwealth au début janvier 1912. La mer était libre de glaces.



Comme le montrent les mesures satellitaires, les glaces de l’Antarctique n’ont, non seulement pas fondu, mais sont au contraire bien au-dessus des niveaux historiques, n’en déplaise au Pr Turney.


Évacuation par hélicoptère des passagers de la mission australasienne en Antarctique



2. Navires bloqués et passages du Nord-Ouest annulés par la banquise précoce de l’Arctique. Le 4 juin Radio-Canada annonçait que « Quatre aventuriers se proposent de traverser l’Arctique à la rame cet été. Deux Canadiens et deux Irlandais se lancent dans cette aventure, au départ d’Inuvik dans les Territoires du Nord-Ouest pour tenter d’atteindre Pond Inlet au Nunavut. » Selon le Vancouver Sun, il s’agissait de souligner les « changements » dans l’Arctique provoqués par « le réchauffement climatique ».


Parcours prévu, interrompu pour cause de glace et bourrasques de neige

Curieusement, nous n’avons pas trouvé de nouvelles sur Radio-Canada relatant l’annulation de cette tentative pour cause de mauvais temps, de bourrasques de neige estivales tardives (ou hivernales précoces) et de la glace qui bloquait leur chemin… Évidemment, dans le Globe and Mail, les participants à cette traversée prétendent avoir réussi, car ils auraient pu attirer, selon eux, l’attention du public sur « les conditions météorologiques extrêmes qui accompagnent le changement climatique »… Conditions météorologiques extrêmes qui expliquent l'échec depuis des siècles de l'exploitation du passage du Nord-Ouest. Mais cela le Globe and Mail ne le fait pas remarquer à ces militants ou à ses lecteurs.

La même déconvenue a frappé le Français Charles Hedrich qui tentait de traverser le passage du Nord-Ouest à la rame. Le Français a perdu son contre-la-montre face aux glaces et « le gel prématuré de l'océan Arctique » l'a contraint mi-septembre à interrompre sa tentative de première mondiale, la traversée du mythique passage à la rame.

Autres exemples de navires (yachts, voiliers, bateaux à rames et kayaks) bloqués précocement en fin d'été dans l'Arctique.


3. Banquise à des niveaux record. Al Gore et John Kerry prédisaient il y a 5 ans qu’en 2013 l’Arctique serait libre de glace. Vous n’avez probablement pas entendu dire que le contraire est devenu réalité. L’an 2013 est actuellement au deuxième rang pour ce qui est de la plus grande superficie de la banquise jamais enregistrée. Cette année verra probablement le record de tous les temps battu avant la fin de cette saison.


4. La moitié des météorologues américains ne croient pas que l’homme soit le principal responsable du réchauffement climatique. Près de la moitié des météorologues et des spécialistes en sciences atmosphériques ne croient pas que les activités humaines soient le principal facteur dans le réchauffement climatique, selon un sondage réalisé par l’American Meteorological Society (AMS).

Le sondage auprès des membres de l’AMS a constaté qu’alors que 52 pour cent des membres de la Société météorologique américaine croient qu’on assistait à un changement climatique et qu’il était surtout dû aux activités humaines, 48 pour cent des membres pensent le contraire.

En outre, l’enquête a révélé que les scientifiques qui professaient des opinions politiques « libérales » (dans le sens de « progressistes ») étaient beaucoup plus susceptibles de croire en la théorie du réchauffement climatique d’origine humaine que ceux qui ne professaient pas ces opinions politiques.

Notons que certains « sceptiques » comme Richard Lindzen du MIT (voir ci-dessous) affirment bien qu’il y a eu une légèrement augmentation de la température de la planète récemment et que l’homme peut très bien en être en partie responsable, mais que cette hausse est négligeable pour l’instant. Les mécanismes en jeu, selon ce professeur de climatologie, sont trop mal compris pour établir des prévisions climatiques à long terme crédibles. Prétendre l'inverse peut mener à ce stade à des décisions très coûteuses aux effets plus que douteux.




5. NASA révise les températures passées à la baisse. On ne sait pas trop pourquoi, mais la NASA a décidé de réviser à la baisse des températures historiques. C'est d'ailleurs sans doute contraire aux politiques de qualité et de contrôle imposées à cette même NASA. L’effet net est de donner l’impression d’un réchauffement récent plus important que dans des rapports précédents. En refroidissant les données historiques (tout en ne changeant pas les données récentes), la NASA a presque doublé le réchauffement des températures entre 1880 et 2000 en treize ans. Ce ne serait apparemment pas la première fois (voir ici et ).

Graphes superposés des données de la NASA pour la température mondiale entre 1880 et 2000. En rouge la moyenne lors de son rapport de 2001, en bleu la moyenne dans son rapport de 2013.

6. La population des ours polaires atteint des niveaux sans précédent. Jamais, depuis qu’on estime le cheptel d’ours blancs, n’en a-t-on dénombré un tel nombre : entre 20.000 et 25.000, malgré une nouvelle méthode de décomptage. Près de 5000 oursons polaires devraient naître autour de la Nouvelle Année.


En 2012, une étude menée dans le Nord canadien avait aussi révélé que la sous-population d’ours blancs de la région est stable et en bonne santé. Selon la plus récente étude menée par l’équipe de recherche du ministère de l’Environnement du gouvernement du Nunavut, la taille estimée de la sous-population du bassin Foxe (voir son étendue ci-dessous) est de 2 580 ours, soit un nombre comparable aux estimations du début des années 1990, même si les taux annuels de récolte sont demeurés stables au cours de 20 dernières années. Les résultats des relevés aériens n’ont pas fourni de preuve que le changement climatique affecte négativement les ours blancs de la région du bassin Foxe.

 Limites du bassin Foxe en vert
(on reconnaît le nord de la baie d'Hudson, l'île de Baffin)


7. Aucun lien avéré entre des températures plus élevées et une prévalence accrue de la malaria.

En 2007, l'ONU avait annoncé que le réchauffement climatique allait favoriser l’apparition d’épidémies de paludisme (malaria pour les anglophones):
« Le réchauffement climatique menacerait des millions de personnes de paludisme. [...] L'augmentation des précipitations, de la température et de l'humidité favorisent la propagation des moustiques qui transmettent le paludisme, selon le Rapport sur le développement humain 2007-2008. Cela pourrait exposer 220 à 400 millions de personnes supplémentaires au paludisme, maladie qui fait environ un million de victimes par an. »
La nouvelle avait été reprise par Radio-Canada : « On peut également s'attendre à ce que le réchauffement des températures cause une extension du territoire et une augmentation du nombre d'insectes porteurs de maladies telles que la malaria, la dengue et plusieurs sortes d'encéphalites virales. » Le Collège des médecins de famille de l'Ontario (CMFO) s'en inquiétait même : « Ainsi, la malaria et la dengue apparaissent maintenant dans des régions où elles n'étaient pas endémiques autrefois. »

Pourtant, Paul Reiter un entomologiste médical français, chercheur à l'Institut Pasteur, l’avait déjà expliqué : « le paludisme était au XVIIe siècle une maladie endémique… en Angleterre ! Alors que la Tamise gelait en hiver... »

Le paludisme a été un fléau historique, endémique dans plusieurs pays d'Europe jusqu'en 1945. Des épidémies survenaient l'été en Finlande jusqu'à la fin du XIXe siècle; certaines épidémies dans ce pays étaient associées à une létalité de 0,85 à 3 %. La plus grande épidémie récente de paludisme a été décrite à Arkhangelsk (40 000 cas) dans les années 20 et 30. Cette ville russe est située sur la Mer Blanche, près du cercle polaire !

En 2013, une nouvelle étude a été publiée dans le Journal of the Royal Statistical Society nous apprenait qu’il n’existe aucun lien entre la propagation du paludisme et le réchauffement climatique :
« Nous montrons que les chances d'éradication du paludisme augmentent sensiblement lorsque la taille moyenne des ménages passe en dessous de quatre personnes. Il n’existe pas de lien entre des températures plus élevées et une prévalence accrue du paludisme. Nous proposons que la taille du ménage soit un facteur important parce que le paludisme se transmet à l'intérieur de nuit. »

8. Obama permet que des parcs éoliens tuent des aigles impunément.

L’administration américaine exempte désormais les exploitants d’éoliennes d’amende si leurs installations venaient à tuer des aigles impériaux ou des pygargues à tête blanche (l'animal emblême des États-Unis). Cette mesure vise à favoriser le développement des énergies dites renouvelables. Une entreprise a récemment été condamnée à une amende parce que ses éoliennes ont été reconnues responsables du décès de plusieurs volatiles. On trouve des fermes éoliennes dans 39 États du pays.

Pygargue à tête blanche

Une enquête menée par l’Associated Press plus tôt en 2013 a relevé la mort d’aigles autour de parcs éoliens, ainsi que la réticence de l’administration Obama à engager des poursuites et sa volonté d’étouffer l’ampleur des décès de ces rapaces. La Maison-Blanche est un fervent partisan de l’énergie éolienne présentée comme une solution au réchauffement climatique et une pierre angulaire du plan énergétique du président Barack Obama. De nombreux sceptiques doutent de l’utilité de l’énergie éolienne pour lutter contre les gaz à effets de serre, d’autres soulignent le prix élevé de l’énergie produite de la sorte. Québec n'approuvera en pratique plus de nouvelles constructions de parcs éoliens selon l'IEDM.

Le gouvernement américain soutient également l’éthanol à base de maïs pour réduire la dépendance des États-Unis à l’essence importée. Dans ce contexte, la Maison-Blanche a permis à l’industrie verte de faire des choses peu écologiques. Une autre enquête de l’AP a récemment indiqué que l’éthanol s’est avéré beaucoup plus dommageable pour l’environnement que les politiciens ne le promettaient et bien pire que ce que le gouvernement américain l’admet aujourd’hui.

9. Les océans n'engloutissent pas les atolls coralliens. Rappelez-vous en 2009, lorsque les fonctionnaires des Maldives avaient tenu une conférence de presse sous l’eau pour montrer que leurs îles coulaient à cause du réchauffement climatique. Eh bien, une nouvelle étude réalisée en 2013 montre qu’ils n’ont rien à craindre. Bonne nouvelle ! Il faut dire que les autorités des Maldives ne semblaient pas trop inquiètes : elles y ont construit récemment quatre nouveaux aéroports et de nombreux autres complexes hôteliers.

Cette étude en confirme d'autres comme celle de Paul Kench de l’université d’Auckland en Nouvelle-Zélande et Arthur Webb de l’université de Suva, aux Fidji. Leur recherche a porté sur 27 îles du Pacifique. Durant les dernières soixante années, toutes — sauf quatre — ont conservé la même taille ou ont grandi, certaines de 20 à 30 pour cent. Les chercheurs ne nient pas que le changement climatique ait un impact sur les atolls et les îles très basses de l’océan Pacifique. Mais ils ont découvert que ces îles s’adaptaient beaucoup mieux que prévu. Voir Les atolls du Pacifique ne seraient pas menacées par le réchauffement climatique.

10. L’année 2013 aurait été l’année météorologique la moins extrême aux États-Unis depuis qu’on dispose de telles statistiques. L’année 2013 brise le record du moins de tornades aux États-Unis, 15 % de moins que le minimum précédent. L’an passé également vu le moins de feux de forêt aux États-Unis depuis 1984. (Voir également 2013 – a year with minimal extreme weather events in the US.)

11. Absence de réchauffement de la planète depuis plus de 17 ans. Les données RSS mensuelles sur les anomalies de température moyenne planétaire de la basse troposphère allant de novembre 1996 à octobre 2013 n’indiquent aucun réchauffement climatique pendant précisément 204 mois — le premier ensemble de données pour 17 années complètes qui tendent à montrer que les modèles utilisés pour faire des projections catastrophistes sur notre climat semblent erronés.


Les températures mondiales mesurées refusent de suivre les prévisions haussières pressenties par la quasi-totalité des modèles clima­tiques. Depuis son premier rapport en 1990, le GIEC prédisait que les températures mondiales augmenteraient en moyenne de 0,2° Celsius par décennie. Mais voilà que le GIEC reconnaît qu'il n'y a eu aucune augmentation statistiquement significative des températures mondiales tout au long des 16 dernières années.

Dans un numéro de septembre 2013 de la prestigieuse revue scientifique Science, une équipe canadienne s'est également penchée sur la surestimation du réchauffement de la planète au cours des 20 dernières années par les modèles informatiques. Pour ces chercheurs, « le réchauffement climatique observé récemment est nettement inférieur à celui prévu par les modèles climatiques. Cette différence pourrait s'expliquer par une combinaison d'erreurs dans le forçage externe, la réponse des modèles à ce forçage et de la variabilité interne du climat. » Sur 117 modèles (regroupés en barres grises dans les diagrammes ci-dessous), seuls 3 prévoyaient des valeurs dans l’intervalle des températures observées. Tous les autres surestimaient grandement le réchauffement.


Pour le professeur Lindzen, l’excuse du GIEC qui expliquerait l'absence de réchauffement au cours des dix-sept dernières années consiste à dire que la chaleur se cache dans les profondeurs des océans. Ce n’est tout simplement que l’aveu que ces modèles ne parviennent pas à simuler les échanges de chaleur entre les couches de surface et les profondeurs océaniques. Or, cet échange de chaleur joue un rôle primordial dans la variabilité naturelle interne du climat et l’affirmation du GIEC selon laquelle le réchauffement observé peut être attribué à l'homme dépend essentiellement de l’exactitude des simulations de ces modèles quant à la variabilité naturelle interne du climat. Ainsi, le GIEC admet de façon controuvée, selon le climatologue du MIT, que leur cruciale hypothèse est totalement injustifiée.

Enfin, tout en attribuant le réchauffement climatique à l'homme, Richard Lindzen souligne que le GIEC omet de préciser que ce réchauffement a été minuscule et totalement compatible avec une situation en rien alarmante. Il est assez étonnant de voir les contorsions que le GIEC s’impose pour poursuivre la promotion du programme politique sur le climat.




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mardi 31 décembre 2013

Jacques Brassard : Supprimons le cours ECR et enseignons l'histoire du Québec

De l'ex-ministre Jacques Brassard :

[...] il ne faudrait surtout pas que les christianophobes fanatiques voient cette charte [de la « laïcité »] comme une simple étape vers l’éradication dans la sphère publique de notre patrimoine catholique et de notre appar­te­nance spirituelle et morale à la civilisation occidentale judéo-chrétienne. Comme ce fut le cas lors de la déconfessionnalisation des commissions scolaires qui fut suivie de l’abro­gation en catimini du régime d’option entre l’enseignement religieux ou moral dans les écoles. Régime qui convenait très bien à l’immense majorité des parents québécois.
Une dernière remarque à propos de la charte : cessons de parler la langue de bois et admettons que le problème que l’on vise ne concerne au fond ni les catholiques, ni les Juifs, ni les Témoins de Jého­vah. Il concerne les Musulmans.

Pourquoi tourner autour du pot ? En fait, le signe ostentatoire qui est ciblé, c’est le voile musulman (dans tout ses avatars : hidjab, burka, niquab). Parce qu’on sait fort bien qu’il s’agit là d’un symbole fort de la servitude de la femme.

N’allons toutefois pas croire que la charte est la solution unique et définitive pour mettre un terme aux multiples agressions du multiculturalisme qui érodent depuis des décennies notre identité nationale.

La charte ne peut être qu’un élément de la solution. Et convenons qu’il est largement symbolique.

La charte doit être une pièce d’une politique de démantèlement du multiculturalisme. Cette politique doit prendre la forme d’une véritable et efficace intégration des nouveaux venus à la majorité natio­nale. Le Québec n’est pas une page blanche. Il y a sur ce territoire une communauté nationale enra­cinée en terre d’Amérique depuis 400 ans et dotée d’une langue, d’une culture et appartenant pleine­ment à la civilisation occidentale judéo-chrétienne. Et c’est à cette nation que les immigrants doivent s’intégrer.

Pour ce faire, il faut revoir les seuils d’immigration qui sont trop élevés. Il faut les abaisser. À 55 000 par année, il est manifeste que l’intégration est défaillante.

Par ailleurs, il suffit d’observer ce qui se passe en Europe pour se rendre compte que, parmi les nou­veaux venus, ce sont les Musulmans qui sont les plus réfractaires à l’intégration. Ce n’est pas une opinion que j’émets, c’est un fait dont il faudrait tenir compte.

Ajoutons que notre système scolaire doit être débarrassé des infections multiculturalistes qui le ron­gent. Concrètement, cela signifie l’abolition du cours Éthique et Culture Religieuse qui vise à dislo­quer l’identité nationale chez les jeunes. Il faut instaurer également un véritable enseignement de l’histoire nationale à tous les niveaux.

[...]


Source : Journal de Québec, 27 décembre 2013



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vendredi 27 décembre 2013

Nourrir son enfant au sein développe son cerveau

Plusieurs études semblent indiquer que nourrir son enfant au sein développe son cerveau.

En effet, une nouvelle étude menée en Grèce indique que les nourrissons qui ont été allaités pendant plus de six mois ont obtenu de meilleurs résultats à des épreuves cognitives, linguistiques et de développement moteur.

Des recherches antérieures suggéraient un lien entre l’allaitement et de meilleures capacités cognitives ainsi qu’une meilleure mémorisation. Mais il n’était pas clair quel impact ce mode d’alimentation avait sur les capacités linguistiques et motrices.

La nouvelle étude ne prouve pas que l’allaitement maternel cause un meilleur développement, mais il existe une forte corrélation entre ces deux éléments, selon ces chercheurs.

La plupart des données « montrent très clairement qu’il existe des avantages médicaux importants à l’allaitement maternel », a déclaré le Dr Dimitri Christakis à Reuters.

Christakis est un professeur de pédiatrie à l’Université de Washington et directeur du Centre pour la santé, le comportement et le développement des enfants à l’Institut de recherche des enfants à Seattle. Il n’a pas pris part à cette nouvelle étude.

Dans une autre étude, menée sur 133 enfants de 10 mois à quatre ans, qui a consisté à observer la constitution de matière blanche dans le cerveau des petits. La matière blanche est l’ensemble des fibres nerveuses, à l’intérieur du cerveau, qui connectent les différentes aires les unes aux autres, facilitant l’échange d’information et la création de capacités de langage, de raisonnement ou d’intégration.

Les enfants nourris au moins trois mois au sein exclusivement présentent des hausses de 20 à 30 pour cent de cette matière blanche par rapport à ceux nourris au biberon. Les enfants nourris de façon mixte se situent entre les deux. En outre, le développement des fibres de matière blanche, qui reflète la maturation des neurones, est proportionnelle à la durée d’allaitement.

Les améliorations cérébrales sont visibles dans les zones motrices qui contrôlent les mouvements du bébé, mais aussi dans les zones frontales et les aires associatives, qui centralisent des informations sensorielles diverses et permettent le développement des capacités d’abstraction.

Parallèlement à ce développement neuroanatomique, une acquisition plus précoce du langage, des capacités motrices ou de détection visuelle, est observée. On ignore comment le lait maternel exerce cet effet nourricier sur les capacités cérébrales, de plus amples travaux étant nécessaires pour le comprendre.

Sources : Reuters et Science Direct




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dimanche 22 décembre 2013

Alain Finkielkraut : « Toutes les batailles du Québec pour rester lui-même ont-elles été menées en vain ? »


« Le Québec a su conserver son identité contre l’hégémonie anglo-américaine, face au multi­cultu­ra­lisme, il résiste beaucoup moins bien. »

Il faut dire que le multiculturalisme domine dans les médias, au Monopole de l'Éducation et en politique...

Entrevue du philosophe Alain Finkielkraut avec Michel Desautels à l'antenne de Radio-Canada. Il y aborde le multiculturalisme, le rapport à la langue et la conception de l'école.



Voir aussi

Finkielkraut : non à l’école humanitaire !

« L'école prise par un absolutisme égalitaire » et l'immédiateté

Claude Lévi-Strauss meurt à 100 ans : « Le mirage de l’entente universelle »

Un Québec de plus en plus divers, est-ce vraiment une bonne chose ?

Multiculturalisme, « hybridation », « métissage culturel », une nouvelle illusion théorique dans les sciences sociales





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samedi 21 décembre 2013

Finkielkraut : non à l’école humanitaire !

Extraits d'un entretien que Le Point a eu avec le philosophe français Alain Finkielkraut :

Finkielkraut — [...] La qualité première de l’enseignant est en effet [aujourd'hui] la sollicitude envers les élèves en grande difficulté. C’était un maître, c’est désormais une assistante sociale. Notre société sécularisée a gardé de ses origines chrétiennes le parti pris systématique de la victime, mais elle n’a plus aucune considération pour ce que Pascal appelait l’« ordre de l’esprit ».

Dès lors, les professeurs de classes préparatoires [sorte de cégeps d'élite qui préparent aux concours très sélectifs des Grandes Écoles, des universités de prestige] sont regardés avec suspicion. Ils ont déserté le terrain de la souffrance et se sont réfugiés dans les beaux quartiers, où ils transmettent leur cher savoir à des héritiers, à des nantis.

Le Point — Quels que soient les présupposés idéologiques à l’œuvre contre l’excellence, la réalité, c’est que les meilleurs élèves bénéficient des meilleurs professeurs. Dans ces conditions, jamais M. Germain n’aurait pu distinguer le jeune Albert Camus, orphelin et pauvre.

Finkielkraut — La gauche compassionnelle a tué et remplacé la gauche républicaine et c’est au détriment de ceux-là mêmes à qui elle prétend venir en aide.

M. Germain était un instituteur exigeant, qui ne plaisantait pas avec la discipline, et, s’il a distingué Albert Camus, c’est précisément parce qu’il le jugeait meilleur que les autres élèves : tout le contraire de ce qu’on demande aujourd’hui à l’enseignant humanitaire. Celui-ci est sommé de faire cours en fonction de l’élève en difficulté, parfois même les bons élèves sont d’autorité placés au fond de la classe. Le résultat, c’est que le niveau général baisse inexorablement, que les parents qui en ont les moyens envoient leurs enfants dans l’enseignement privé ou dans les collèges et lycées publics qui maintiennent la rigueur et l’exigence républicaines.

Ainsi, le fossé se creuse entre les héritiers et les autres, et plus il se creuse, plus on veut jouer sur la corde sensible et réviser les exigences à la baisse en se réglant sur les capacités des plus faibles. Nous sommes dans un cercle vicieux.

Le Point — Mais faut-il, sous prétexte de refuser l’égalitarisme, renoncer à l’égalité républicaine ?

Finkielkraut — L’égalité républicaine, c’est l’égalité des chances, ce n’est pas la réussite garantie pour tout le monde. Un message désastreux est aujourd’hui envoyé à tous les élèves. On laisse entendre que, si les fils de la bourgeoisie ou les enfants d’enseignants font de bonnes études, c’est exclusivement en vertu de leur naissance : pour être admis à Normale sup [une des Grandes Écoles de prestige], pour obtenir l’agrégation d’histoire ou pour devenir docteur en médecine, ils n’auraient pas d’effort à produire, mais simplement un certificat d’état civil. Quant aux élèves « défavorisés », pourquoi s’obstineraient-ils ? [On leur dit que ] Leur échec est programmé et entièrement imputable à l’injustice du système social. Au lieu de les stimuler et, comme on dit dans le sport, l’un des derniers domaines où règne l’excellence, de leur « mettre la pression », le discours de l’école et sur l’école les installe dans le ressentiment.

Le Point — N’empêche, le dernier classement Pisa révèle aussi un système de plus en plus inégalitaire et de moins en moins performant.

Finkielkraut —  Si l’on regardait ce classement avec lucidité, on constaterait que les pays qui tirent leur épingle du jeu sont ceux qui ont conservé les anciennes méthodes pédagogiques, notamment l’apprentissage par cœur, et qui cultivent, avec le goût de l’effort, le respect des maîtres. Je ne plaide pas pour un enseignement à la coréenne. La République m’allait très bien.

Le Point — Une autre caractéristique des pays les plus performants est qu’ils ont, contrairement à la France, une société culturellement homogène [donc moins d'immigrés de cultures différentes...] Nous devons, quant à nous, offrir des chances égales aux enfants d’immigrés. Pourquoi ne pas leur envoyer, à eux aussi, les meilleurs profs ?

Finkielkraut —  Je ne crois pas qu’on leur envoie nécessairement de mauvais professeurs.

[...]

En revanche, je lis avec frayeur des rapports qui nous disent que le français n’est rien de plus que la langue dominante d’un pays plurilingue et qui nous répètent sur tous les tons qu’il n’y a pas d’asymétrie entre la culture française et les cultures d’origine des nouveaux arrivants. Si cette idée entre définitivement dans les consciences, il n’y aura plus de fondement à la transmission.

Le Point — L’asymétrie que vous évoquez n’est-elle pas tout bonnement une justification des inégalités ?

Finkielkraut —  L’asymétrie n’est pas la supériorité, mais l’ascendant en France de la culture nationale sur les cultures venues d’ailleurs. Le système scolaire s’effondre. Nous sommes entrés dans une période de sauve-qui-peut. Et, effectivement, tout le monde ne peut pas. Les misérables sont les grands perdants du tournant misérabiliste pris depuis quelques décennies par l’Éducation nationale.







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vendredi 20 décembre 2013

Pourquoi l'université coûte tellement cher aux États-Unis

Une autre année universitaire approche, le président Obama va donc bientôt commencer une autre tournée des campus du pays. « Il adore visiter les universités », explique Richard Vedder qui dirige le Centre d’accessibilité et de productivité universitaires à l’Université de l’Ohio. « Les universités permettent de s’abstraire de la réalité. Croyez-moi, j’y ai vécu pendant un demi-siècle. C'est comme vivre à Disneyland. Il s’agit de petites enclaves isolées d’irréalité. »

Le professeur Vedder, 72 ans, a enseigné l’économie appliquée aux universités depuis 1965. Au cours de la dernière décennie, il s’est forgé aux États-Unis une réputation d’éminent spécialiste dans le domaine de l’économie de l’enseignement supérieur, connaissances qu’il a partagées dans son livre de 2004 « Se ruiner avec un diplôme : Pourquoi l’université coûte trop cher. » Son analyse ne coïncide pas avec celle du président Obama.

Cette semaine, lors de sa tournée de rentrée universitaire en Pennsylvanie et dans l’État de New York, M. Obama a présenté un nouveau plan dont le but serait de rendre l’université plus abordable. « Si le gouvernement fédéral continue à investir de plus en plus d’argent dans le système », a-t-il fait remarquer à l’Université de l’État de New York à Buffalo, il y a deux semaines, et « si le coût augmente de 250 % » et « les recettes fiscales n’augmentent pas de 250 % » à « un moment donné, le gouvernement sera à court d’argent. »

Notons pour notre gouverne que M. Obama a donc admis qu’il existait une limite théorique à ce que le gouvernement fédéral peut dépenser, ce qui n’est pas évident quand on voit à quelle vitesse le déficit budgétaire augmente et à quel point le Trésor américain « pratique des assouplissements quantitatifs » (imprime de l'argent dans le langage des simples mortels).

Sa solution consiste, d’une part, à lier l’aide financière à la performance des universités par l’utilisation des subventions gouvernementales à la façon d’un « catalyseur à l’innovation » et, d’autre part, de faciliter le remboursement des dettes par étudiants. « En toute justice pour le président, certaines de ses idées sont décentes et même raisonnables », déclare le professeur Vedder, notamment quand il s’agit de fournir plus d’informations aux étudiants sur le coût d’une éducation universitaire et le taux d’obtention d’un diplôme dans une faculté donnée. Mais son plan ne fait qu’effleurer le problème et ne s’attaque qu’à « la partie émergée de l’iceberg. Il ne traite pas les causes fondamentales. »

Le coût d’une éducation universitaire n’a fait qu’augmenter malgré 50 ans d’interventions de l’État en apparence bienveillantes, selon M. Vedder, et le nouveau plan du président pourrait très bien exacerber cette tendance. D’après le professeur, le casse-tête que représente les coûts universitaires a commencé avec la Loi sur l’enseignement supérieur de 1965, une partie intégrante de la Grande Société de Johnson qui a distribué des bourses fédérales et des prêts à faible taux d'intérêt dans le but de rendre l’université plus accessible.

En 1964, l’aide fédérale aux étudiants n’était que de 231 millions de dollars. En 1981, le gouvernement fédéral dépensait alors 7 milliards de dollars pour les seuls prêts, un montant qui a doublé au cours des années 1980 et a presque triplé dans chacune des deux décennies suivantes pour atteindre quelque 105 milliards de dollars aujourd’hui. Les contribuables garantissent actuellement près de 1 billion (1000 milliards) de dollars en prêts aux étudiants.

Entretemps, les bourses et subventions (« grants ») sont passées de 6,4 milliards de dollars en 1981 à 49 milliards de dollars. En augmentant le nombre d’étudiants admissibles et en augmentant le montant maximum des bourses Pell (destinées aux étudiants de premier cycle nécessiteux) de 500 $ à 5350 $, le projet de relance de 2009 n’a fait qu’accélérer la transformation de l’éducation supérieure en un droit de la classe moyenne. Moins de 2 % des bénéficiaires de bourses Pell en 2007 provenaient de familles aux revenus entre 60 000 et 80 000 $ par an. Elles en constituent désormais environ 18 %.

M. Vedder fait valoir que cette croissance des subventions et des bourses a alimenté la hausse des prix : « Elle fournit un excellent prétexte aux universités pour augmenter leurs frais. »

De nombreuses universités, ajoute-t-il, utilisent les largesses fédérales pour financer la construction de logements universitaires dignes du Hilton et des infrastructures réminiscentes du Club Med. Stanford offre plus de cours de yoga que de Shakespeare. Fait que les parents dont les enfants inscrits à une « Formation de base » devraient garder à l’esprit : il est fort probable que le programme n’implique pas tant une étude rigoureuse des classiques, mais comporte plutôt de vigoureux exercices pour renforcer les fessiers et les abdominaux.

Princeton a récemment construit une resplendissante résidence étudiante au prix de 136 millions de dollars avec des fenêtres ornées de vitraux et une caverneuse salle à manger de chêne (payée en partie par un don déductible d’impôt de 30 M$ par la directrice de Hewlett-Packard Meg Whitman). Chaque chambre de la résidence universitaire revient à près de 300 000 $.

Les universités, ajoute le professeur Vedder, « sont dans le secteur du logement, l’industrie du divertissement, elles sont dans le secteur de l’hébergement, le secteur alimentaire. Diable, mon université dirige une agence de voyage que l’homme de la rue peut utiliser ! »

Pendant ce temps, les fonds de dotations universitaires sont exempts d’impôt sur leur revenu. Le fonds de dotations de 31 milliards de dollars de Harvard, qui a été financé par des dons déductibles d’impôts, est probablement le plus grand abri fiscal des États-Unis.

Certains dirigeants d’université sont également mieux payés que des P.D.G. Depuis 2000, l’Université de New York a prêté 90 millions de dollars, beaucoup d’entre eux à taux zéro et non remboursables, aux administrateurs et aux enseignants pour qu’ils s’achètent des maisons et des résidences secondaires dans la région huppée des Hamptons ou sur l’île Fire.

Les collèges ont également utilisé les torrents de dollars du contribuable pour embaucher plus de gestionnaires pour gérer leurs bureaucraties hypertrophiées et la prolifération de programmes multiculturels. L’Université de Californie compte 2.358 employés administratifs attachés au seul bureau de son président.

« Quasiment toutes les universités aujourd’hui ont un “secrétaire d’État”, un “vice-recteur aux études internationales” et un tas de spécialistes des relations publiques », ajoute M. Vedder. « Mon université dispose d’un coordonnateur au développement durable dont le message principal, pour autant que je sache, est d’aller dire aux gens d’acheter des aliments cultivés localement... Pourquoi ? Qu’est-ce qui cloche avec les tomates en provenance de Pennsylvanie par rapport à celles de l’Ohio ? »

« L’administration Obama s’est attaquée avec force aux universités à but lucratif depuis deux ou trois années », déclare M. Vedder. « Il est vrai que les taux d’abandon sont disproportionnellement élevés dans les établissements à but lucratif, mais il est également vrai que ces entreprises à but lucratif s’adressent précisément à la clientèle que M. Obama veut atteindre » : les minorités ethniques à faible revenu, dont beaucoup sont les premiers de leur famille à fréquenter un collège.

Aujourd’hui, seuls 7 % des diplômés des universités sont issus du quartile des plus bas revenus alors qu’ils étaient 12 % en 1970, lorsque l’aide fédérale était rare. Toutes les subventions gouvernementales destinées à rendre l’université plus accessible n’ont pas fait grand-chose pour cette population, affirme le professeur Vedder. Ces subventions n’ont pas non plus réellement amélioré les résultats des élèves ou les taux d’obtention de diplôme, qui sont d'environ 55 % dans la plupart des universités (taux favorable calculé avec une diplomation en six ans plutôt que les quatre ans habituels).

M. Vedder émet également des réserves quant à la proposition du président Obama de lier l’aide fédérale aux taux de diplomation, une des mesures de performance. « Je peux vous garantir dès maintenant, après avoir enseigné dans des universités pendant une éternité, que les universités feront tout leur possible pour amener les élèves à obtenir leur diplôme », dit-il en riant. « Si vous pensez qu’on assiste actuellement à une inflation des notes [voir étude sur le sujet], imaginez ce qui va se passer. Si vous laissez encore la moindre trace de buée sur un miroir, vous aurez un A. » [une distinction].

Il vaudrait mieux, indique M. Vedder, mettre en œuvre un examen national comme le GRE (Graduate Record Examination) pour mesurer ce que les élèves apprennent à l’université. Ce n’est pas à l’ordre du jour de M. Obama. Pour notre part, nous pensons que ces examens n’ont pas besoin d’être nationaux (le risque de mainmise de l’État et d’une homogénéisation étant trop grands), mais qu’il pourrait exister de tels examens organisés par différents organismes indépendants spécialisés.

Le président Obama ne cherche pas plus à s’attaquer à ce que M. Vedder croit être un problème fondamental : trop de jeunes vont à l’université. « Trente pour cent de la population adulte possède au moins un diplôme universitaire », fait-il remarquer. « Le ministère du Travail nous dit que seuls environ 20 % des emplois exigent un diplôme universitaire. Nous avons 115 520 concierges aux États-Unis avec une licence ou plus. Pourquoi encourager plus d’enfants à fréquenter l’université ? » « Douze pour cent des facteurs aux États-Unis ont désormais un diplôme universitaire. Faut-il un diplôme pour distribuer le courrier ? En 1970, seuls 3 % des facteurs étaient diplômés. » Est-ce que la distribution du courrier est devenue tellement plus complexe depuis qu'elle nécessiterait cette éducation universitaire ?

Le professeur Vedder voit des similitudes entre les politiques universitaire et immobilière du gouvernement qui a créé une bulle spéculative et causé la dernière crise financière. « En matière d’immobilier, le gouvernement a maintenu des taux d’intérêt artificiellement bas. Le gouvernement a poussé les gens peu qualifiés à s’acheter une maison. Aujourd’hui, on a de faibles taux d’intérêt sur les prêts étudiants. Le gouvernement encourage les enfants à aller à l’université alors qu’ils n’ont pas le niveau, comme il a encouragé les gens qui n’en avaient pas les moyens à acheter une maison. »



L'université, une arnaque ? (en anglais)
Naomi Schaefer Riley et Richard Vedder à l'émission de John Stossel

 

La bulle universitaire, précise-t-il, est « déjà en train d’éclater ». Elle se traduit par un nombre important de « diplômés chômeurs ou sous-employés fortement endettés ». La somme moyenne des prêts étudiants encore à rembourser est de 26 000 dollars, mais pour de nombreux diplômés, en particulier ceux qui ont suivi une formation de profession libérale, elle s’élève à plus de 100 000 $.

M. Obama veut permettre à davantage d’étudiants de s’acquitter de leurs dettes en plafonnant leurs paiements mensuels à 10 % de leur revenu discrétionnaire et en effaçant le solde impayé 20 ans après l’obtention de leur diplôme. Les diplômés à l’emploi du gouvernement ou d’une association à but non lucratif peuvent déjà se libérer de leur dette après une décennie.

« Faut-il comprendre que travailler pour le secteur privé est mauvais alors qu’être fonctionnaire est une bonne chose ? Je ne vois pas ce qui permet de pratiquer cette discrimination&nbsp:», dit M. Vedder. « Si je devais émettre une suggestion, je ferais exactement l’inverse. » Rappelons que le gouvernement est un des principaux employeurs des diplômés universitaires et qu'ils y sont bien payés.


Joseph Epstein et Andrew Ferguson discutent de l'état de l'éducation universitaire en sciences humaines et en lettres (en anglais)


Il ajoute que la méthode préconisée par le président Obama « crée un risque moral ». Quel signal envoie-t-il aux emprunteurs de prêts en cours et à venir si ce n’est qu’ils ne doivent pas prendre trop au sérieux leur obligation de rembourser leur emprunt ? Qu’il n’est pas trop important de chercher un boulot bien rémunéré pour rembourser son prêt ? Il subventionne « les diplômes en sociologie et en anthropologie plutôt que ceux en mathématiques ou en génie. »

L’éducation en ligne, qui est expérimentée dans certaines disciplines scientifiques, permet-elle de réduire considérablement les coûts ? « Pour l'économiste Vedder, c’est possible, mais le gouvernement n’innovera pas. Rappelons que l’histoire des ministères de l’Éducation, notamment au primaire et au secondaire, est jonchée de projets d’expérimentations, de projets d’innovation et de multiples propositions pour réinventer la manière d’enseigner depuis des décennies. Et qu’est-ce que cela a donné ? Les élèves américains apprennent-ils plus aujourd’hui qu’il y a une génération ? Apprennent-ils à un moindre coût qu’il y a une génération ? La réponse est non. »

« L’Innovation, déclare-t-il, est alimentée par des entrepreneurs comme Stanford Computer Science professeur Sebastian Thrun, qui a fondé l’entreprise commerciale Udacity qui offre des CLOM (pour cours en ligne ouverts et massifs). [Voir aussi article sur Salman Khan]. M. Thrun a commencé à enseigner l’intelligence artificielle, d’abord à Stanford puis à Udacity. M. Vedder note que 200 000 personnes se sont rapidement inscrites à ces cours. C’est un merveilleux programme et les gens apprennent énormément. »

Le gouvernement peut se rendre utile, ajoute M. Vedder, en ne gênant plus et en encourageant les organismes d’accréditation qui traînent les pieds. En fin de compte, la manière de rendre l’université plus abordable est pour le gouvernement de se retirer du financement des études universitaires et de sevrer les étudiants des subventions gouvernementales.

M. Obama est fermement opposé à cela. « Il veut conserver ce monde » irréel où la demande est insensible aux coûts, de soupirer M. Vedder. « Ce monde doit changer. »

Source

Voir aussi

La bulle universitaire aux États-Unis va-t-elle crever ?

Mark Steyn et l'université américaine

Recension de Economic Facts and Fallacies de Thomas Sowell

États-Unis — Diplômés et surendettés







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