mardi 10 décembre 2013

L'école à la maison — Lancement d'un ouvrage qui propose un changement de perspective sur le sujet

C'est le 5 décembre que Mme Christine Brabant, pionnière de la recherche sur l'école à la maison au Québec, a procédé au lancement de son livre L'école à la maison, un projet familial, social et démocratique, lors d'une conférence de presse tenue à la Librairie Café En Marge de Rouyn-Noranda.

Lors de l'évènement, l'auteur, également professeure chercheure au DESS en administration scolaire à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) et cofondatrice du Centre international pour la recherche sur l'éducation en famille (International Center for Home Education Research), a présenté son ouvrage qui propose de soutenir l'école à la maison et d'en stimuler la maturation, plutôt que de tenter d'intéresser davantage ces familles aux programmes et aux évaluations scolaires.

Selon l'auteur, de nombreux modèles de « villages éducatifs » ont été expérimentés à travers les époques et dans différentes cultures et l'école à la maison peut en être une autre formule envisageable, tout comme la forme scolaire. « Dans tous les pays où la population adulte est largement scolarisée, un nombre croissant de parents choisissent d'assumer la responsabilité de l'éducation de leurs enfants. Ils adoptent un mode de vie centré sur l'apprentissage en famille, permettant un parcours d'apprentissage adapté à chacun ainsi qu'une socialisation familiale et communautaire. Cette option éducative a déjà fait ses preuves en termes de réussite académique et sociale. Ce mouvement s'est développé en un réseau éducatif dynamique et structuré, reconnu légalement et soutenu par les autorités scolaires à travers le monde. Le Québec accuse un retard à ce chapitre. Il est temps de mettre en place des mesures de soutien et d'encadrement pour les familles québécoises qui font ce choix », soutient Mme Brabant.

Ce carnet est certainement pour un soutien aux parents qui instruisent leurs enfants à la maison : crédit d'impôt, accès aux laboratoires, aux bibliothèques, aide ponctuelle d'un spécialiste mais uniquement si les parents le désirent.

Pour ce qui est de l'encadrement, ce carnetier est très soupçonneux de tout encadrement supplémentaire qui ne pourrait se faire qu'aux détriments des parents et au seul bénéfice de bureaucrates qui se cacheront derrière de grosses ficelles connues : la standardisation, la lutte aux extrémismes, l'intérêt de l'enfant défini par des fonctionnaires.

Selon Mme Brabant, il faut aussi être conscient que ces expérimentations pédagogiques et sociales pourraient produire de nouvelles connaissances en éducation et ainsi contribuer à l'amélioration de notre système éducatif et à l'évolution de notre société.

Cet ouvrage qui fut également lancé le 13 novembre dernier à Montréal s'adresse à un lectorat plus largement intéressé par des idées alternatives ou innovatrices en éducation

L' école à la maison au Québec
Un projet familial, social et démocratique
par Christine Brabant
Presses universitaires du Québec
2013,
280 pages,
D3899,
ISBN 978-2-7605-3899-3

Pour commander le livre

Entrevue avec l'auteur sur Radio Canada





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

lundi 9 décembre 2013

Compte rendu du colloque international sur l'éducation catholique tenu à Montréal

Près de cent cinquante personnes se pressaient à l’étage dans une salle pleine du Grand Séminaire de Montréal samedi matin pour assister au col­loque inter­na­tional qu’orga­nisait l’Asso­ciation des parents catho­liques du Québec. Le colloque se tenait sous la présidence de l’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine.
Table des matières
1. Mgr Christian Lépine
2. Me Jean-Yves Côté
3. Mme Barbara Séguin
4. Mme Anne Coffinier  (1re partie)
5. M. Paul Donovan
6. Mme Marguerite Bourbeau
7. Mme Anne Coffinier (2e partie)
8. M. Dominique Boily
1. Mgr Christian Lépine

Il fut le premier à intervenir pour rappeler les tenants de la doctrine catholique en matière d’éducation : les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. Pour l’archevêque, la famille précède l’État. Ce droit est d’ailleurs inscrit à l’article 26 de Déclaration universelle des droits de l'homme :
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.
Ce droit est tenu pour évident, il n’a pas à être justifié.

Évidemment, si les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants, ils ne sont pas les seuls à pouvoir éduquer leur progéniture. Ils ont le droit d’être aidés.

La paroisse à un rôle à jouer, elle doit en effet servir les parents. Car, c’est un défi que d’être parent : il faut sagesse, formation et préparation. Les choses ne vont pas toutes seules. Il existe une alliance naturelle entre la famille et la paroisse, car cette dernière est un lieu de grâce, de ressources et de soutien mutuels. Il faut sans doute encore promouvoir ce lien.

Les parents se sentent démunis, l’école a un rôle indispensable, mais pas uniquement un rôle d’instruction, elle a également une dimension éducative. L’école est là pour servir les parents.

Mgr Lépine rappelle ensuite ces paroles de Jean-Paul II :
« La laïcité n'est pas le laïcisme ! Elle n'est autre que le respect de toutes les croyances de la part de l'État, qui assure le libre exercice des activités cultuelles, spirituelles, culturelles et caritatives des communautés de croyants. Dans une société pluraliste, la laïcité est un lieu de communication entre les diverses traditions spirituelles et la nation. »
Le rôle de l’État est de protéger l’espace de liberté d’une laïcité bien comprise.

On a cru que l’on respecterait la liberté des gens en expulsant la religion de la vie publique, mais cela débouche sur une absence de liberté, car la dimension spirituelle est une question cruciale, primordiale qui donne sens à la vie.

2. Me Jean-Yves Côté

Le second à intervenir est Me Jean-Yves Côté. Il rappelle son parcours : avocat dans la cause ECR pour les parents de Drummondville devant les cours supérieure et d’appel du Québec. Ensuite avocat à la Cour suprême dans le même dossier pour un regroupement d'associations. Il est également l’avocat désigné pour représenter la HSLDA comme intervenante dans l’affaire Loyola contre le Monopole de l’éducation (voir ce billet de vendredi).

dimanche 8 décembre 2013

Instruction à la maison – La Cour suprême des États-Unis ordonne au gouvernement Obama de répondre aux parents allemands

La famille Romeike à l'étude
La Cour suprême a ordonné au procureur général Eric Holder de répondre par écrit à la requête de l’organisme de défense des parents-éducateurs (la HSLDA) au nom des Romeike.

Après avoir fui en 2008 l’Allemagne parce qu’ils y étaient persécutés pour instruction à domicile, la famille Romeike avait obtenu en 2010 l’asile politique aux États-Unis à la suite de la décision de Lawrence Burman, juge de l’immigration. L’administration Obama a révoqué leur droit d’asile en 2012 et la cour d’appel du 6e circuit a confirmé la position de l’administration en affirmant que l’Allemagne ne faisant que mettre en œuvre une loi de portée générale sur l’absentéisme scolaire. La HSLDA a fait appel devant la Cour suprême des États-Unis le 10 octobre 2013.

« Nous sommes heureux de l’intérêt que la Cour porte sur les questions que nous lui avons présentées dans notre pétition », a déclaré le président HSLDA, Michael Farris. L’affaire Romeike c. Holder permet à la Cour d’aborder des questions importantes liées à la liberté religieuse et aux droits de l’homme. Nous espérons qu’après l’examen du mémoire du gouvernement, ils nous permettront d’entendre notre affaire.

Plus de 10 000 appels sont présentés à la Cour suprême chaque année, mais seuls 80 sont entendus. Le directeur du contentieux de la HSLDA James Mason s’est dit optimiste.

« Le gouvernement a d’abord renoncé à son droit de réponse, pensant apparemment que l’affaire Romeike c. Holder n’était pas digne d’un examen par le haut tribunal du pays », a déclaré Mason. « Il est évident que quelqu’un à la Cour suprême n’est pas du même avis. Alors que la probabilité d’être entendu par la Cour suprême est très faible, cette demande de la Cour suprême améliore nos chances, mais il est impossible de prédire si le tribunal acceptera en fin de compte d’entendre notre cause. »

Dans son ordonnance, la Cour suprême a donné au procureur général jusqu’au 19 décembre pour répondre. Toutefois, si le gouvernement Obama demande une extension et que celle-ci lui est accordée, son mémoire ne pourrait être déposé qu’en février.

Voir aussi

Administration Obama se range du côté des lois restrictives allemandes sur l’éducation à la maison (m-à-j vidéo)





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

samedi 7 décembre 2013

PISA 2012 — La France 1re au classement général pour le creusement des inégalités par l'école


Par Anne Coffinier :

Pisa nous dit deux choses : le système scolaire français continue à s’enfoncer et il est LE pays le plus inégalitaire de tout l’OCDE. Autrement dit le pays dans lequel la différence d’origine sociale compte le plus sur les résultats scolaires et dans lequel les différences de niveaux entre les meilleurs et les plus faibles sont les plus grandes. Malgré le discours égalitariste et l’hostilité bien française à l’égard des élites (dont la réforme du paiement des professeurs de classes préparatoires n’est que l’illustration la plus récente), la France réussit donc le tour de force d’être première au classement dès lors qu’il s’agit d’inégalités entre ses élèves.


Les résultats de la France plongent : elle perd 5 places au classement général, passant de la 13e à la 18e place sur 34 pays ; ses résultats en maths se dégradent et l’anxiété face à cette matière augmente quand, en parallèle, les inégalités se creusent dans toutes les matières, constate le Ministère de l’Education nationale sur son site internet. Les performances en français et culture scientifique restent, quant à eux, stables.

Bref, l’élite scolaire serait toujours aussi performante mais les mauvais élèves toujours plus perdus et le décrochage toujours plus inquiétant.

Le Ministère prétend que ce constat PISA « donne raison à la refondation de l’école », (sic, cf site internet du Ministère), mais on attend toujours le « choc PISA » en France. Trêve de laïus sur l’exception française : il faut regarder la vérité en face. L’école publique est un accélérateur d’inégalités et d’injustices. Et ses premières victimes sont les populations les plus fragiles.

Anne Coffinier




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

vendredi 6 décembre 2013

PISA 2012 — Quand les enfants sont éduqués, ils peuvent être instruits


Débat entre Éric Zemmour et Nicolas Domenach :

  • Les bons élèves français sont très bons;
  • Ce sont les 15 % des élèves les plus mauvais (qui sont très mauvais) qui plombent les résultats;
  • Ce sont les banlieues (peuplées d'immigrés) qui font baisser la moyenne;
  • L'immigration en France est de mauvaise qualité [comme aux États-Unis en moyenne et contrairement à l'Australie et le Canada qui sélectionnent leur immigration];
  • Dégât du pédagogisme qui touche le plus les enfants de milieux peu favorisés;
  • Importance de la famille (valorise-t-elle l'école, l'effort scolaire ?), c'est l'éducation primordiale pour que l'enfant s'instruise;
  • Ce n'est pas une question de moyen, mais de valeurs et de pédagogie;
  • Bémol quant à la méthode (PISA c'est beaucoup de QCM, les écoliers français n'y sont pas habituées, ils s'abstiennent de répondre quand ils ne savent pas, pas « de prise de risque » en langage PISA).






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Colloque international sur l'éducation catholique, le 7 décembre 2013


[Mise à jour : voir le compte rendu détaillé de ce colloque.]

Un colloque sur le thème de l'éducation catholique aura lieu le samedi 7 décembre 2013 de 9 h 00 à 17 h 00.

Il se tiendra au Grand Séminaire de Montréal – 2065, rue Sherbrooke Ouest, Montréal

Et aura pour thème : L’ÉDUCATION, UN PROJET DE FAMILLE ET D’ÉCOLE

Il aura comme président Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal.

Ce colloque présentera des conférencières et conférenciers d’une grande expérience dans le domaine de l'enseignement.

En outre, une personnalité très connue dans le monde de l'enseignement libre en France, madame Anne Coffinier vous partagera sa très riche expérience.

Veuillez nous contacter, si vous désirez de plus amples informations et aussi pour réserver votre place.

Pour tout renseignement, communiquez avec les organisateurs par courriel (apcq406@bellnet.ca) ou par téléphone au 514-276-8068 ou au 514-279-0670


Les conférenciers invités et les sujets des conférences seront :

Mgr Christian Lépine
L’éducation de l’enfant: noble mission des parents. 


Anne Coffinier, de France
présidente et cofondatrice de l'Association Créer son école
Choix parental et liberté en éducation 

Me Jean-Yves Côté, avocat
Le droit parental et les choix éducatifs au Québec


Paul Donovan, directeur de l'École secondaire Loyola
Le projet scolaire catholique



Inscription : 20 $ par adulte
Dîner : 10 $

Animation pour enfants et adolescents. Dîner servi sur place ; possibilité d’apporter son dîner.

Inscription : 20 $/adulte ; dîner : 10 $/personne, gratuit pour les 12 ans et moins.

Réservations: apcq406@bellnet.ca – Téléphone : 514-276-8068 ou 514-279-0670






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Allemagne — Les parents immigrés se plaignent d'une trop grande proportion d'étrangers à l'école


Les immigrants voudraient que leurs enfants fréquentent des écoles ayant une plus petite proportion d'étrangers. C'est le résultat d'une étude de l'Université Heinrich Heine de Dusseldorf intitulée « l'éducation, l'environnement, la migration ». La directrice du projet Meral Cerci a déclaré au Welt que « beaucoup d'immigrants se plaignent que leurs enfants ont moins de chances à l'école, parce qu'il y a trop d'enfants immigrés dans leur classe. »

Ce sentiment est partagé par tous les groupes d'immigrants. « Même ceux issus d'un milieu traditionnel religieux. Ils veulent tous la meilleure éducation pour leurs enfants. » La directrice du projet Cerci attribue le fait que, malgré ces voeux, les écoles connaissent une forte concentration d'immigrés à l'ignorance des parents. Une bonne part d'entre eux inscrivent simplement leurs enfants à l'école la plus proche et là où les enfants ont déjà des amis.

Source : Die Welt.




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Affaire Loyola c. Monopole de l'Éducation du Québec — Onze organismes demandent à intervenir

Onze organismes ont demandé à intervenir devant la Cour suprême du Canada dans l'affaire qui oppose l'école Loyola de Montréal et Monopole de l'Éducation du Québec. Rappelons que Loyola désire enseigner le programme gouvernemental ECR (éthique et culture religieuse) dans une optique qui respecte sa mission d'école catholique, le gouvernement lui a opposé un intraitable non possumus de la plus belle eau laïque.

Voici la liste de ces organismes :


Un juge devra statuer dans les semaines à venir si ces organismes peuvent intervenir.

Tous nos billets sur l'affaire Loyola contre le Monopole de l'Éducation.



Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

jeudi 5 décembre 2013

La Bible justifie-t-elle l'exploitation de la Terre ?

Il est une idée reçue dans certains manuels scolaires (par exemple d'ECR) : le christianisme mène au saccage de la Terre alors que d'autres religions ou spiritualités sont plus respectueuses de la Terre, notamment la spiritualité autochtone. Nous avons déjà vu que les Amérindiens d'antan n'étaient pas plus écologistes que les Européens de l'époque, ils choquaient même certains pères missionnaires par leur peu d'intérêt pour l'écologie ou leur cruauté. Voici maintenant un extrait d'un article du professeur de philosophie Rémi Brague paru dans Le Point cette semaine :

« Je commencerai par raconter une histoire, une sorte de parabole. La scène se passe dans un hôpital. Deux malades occupent la même chambre. Le premier dit à son voisin : « Ben dis donc, tu te rends compte, depuis mon accident, j’ai reçu la visite de toute une série de docteurs qui m’ont tous examiné en hochant gravement de la tête. Et la dernière fois, c’est le médecin chef qui s’est déplacé en personne pour m’opérer. On me prescrit toutes sortes de pilules de toutes les couleurs, avant et après mon opération. Les autres, on leur donne de l’aspirine ou on les renvoie simplement chez eux. Pas à dire, je dois être un type formidablement important, une grosse légume de toute première classe, pour qu’on se donne tant de peine pour moi ! » À quoi l’autre malade répond : « Espèce d’idiot, c’est simplement que ton cas est bien plus grave que les autres. A ta place, je ferais drôlement attention… »

On a là une image de la situation de l’homme par rapport aux animaux. Les animaux ne sont pas malades. Ils ont tout ce qu’il leur faut pour chercher leur bien et l’atteindre : l’instinct de conservation les pousse à se nourrir, l’instinct sexuel à perpétuer leur espèce. L’homme, lui, est dans une situation paradoxale. Il dispose de bien plus d’outils pour s’orienter : il a avant tout une raison qui lui permet de connaître la réalité qui l’entoure et, surtout, de choisir la meilleure démarche à suivre pour parvenir à ses fins. Il a une conscience grâce à laquelle il peut distinguer
le bien et le mal. Et pourtant, ce bien qu’il pressent nettement, et même qu’il désire, il n’arrive pas à l’atteindre. Pis, il devient plus bête que les animaux et mille fois plus bestial qu’eux.

C’est pourquoi le christianisme parle peu des animaux. Ce n’est pas qu’il ne les aime pas ni qu’il accorde à l’homme un privilège indu. C’est que, comme le dit le Christ, on n’envoie pas un médecin aux bien-portants, mais aux malades. Or les animaux ne requièrent pas des soins aussi énergiques. Seul l’homme a besoin d’un traitement de cheval. Les animaux peuvent se débrouiller seuls. Le mauvais sort que l’homme leur fait subir ne peut se guérir qu’en guérissant l’homme qui en est coupable. Il trahit sa mission, alors qu’il avait reçu la tâche de veiller sur eux en faisant preuve de ce que l’on appelle, avec une ironie finalement un peu cruelle, « humanité ».

Quand saint Paul semble régresser par rapport au Deutéronome, qui prescrit de ne pas museler les bœufs (25, 4), en demandant en quoi Dieu se soucierait des bœufs (I Corinthiens, 9, 9), saint Augustin explique très bien que, si Dieu n’a en effet pas à s’en occuper particulièrement, c’est qu’il sous-traite, qu’il a confié à l’homme le soin de le faire et les capacités naturelles qui le lui permettent (De Agone Christiano, VIII, 9).

Le célèbre verset de la Genèse qui explique que Dieu a fait l’homme « à Son image, comme Sa ressemblance » semble inviter celui-ci à « dominer sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre » (1, 26). Mais, en fait, on a montré qu’à peu près personne, ni chez les juifs ni chez les chrétiens, n’a jamais utilisé le verset pour justifier l’exploitation abusive de la terre et de ses autres habitants. Les rabbins et les Pères de l’Église y voyaient une allégorie de la façon dont l’homme doit se rendre maître des passions dont les animaux, même s’ils ne les possèdent pas, sont pourtant les symboles. Et ce n’est qu’avec les Temps modernes, une fois mis en place le projet de s’approprier la nature en en devenant « maîtres et possesseurs », que certains ont cherché à légitimer cette tentative à coups de citations bibliques. »

Voir aussi

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mercredi 4 décembre 2013

Allemagne — Analyse des résultats depuis PISA 2000

Depuis les mauvais résultats aux épreuves PISA en 2000, l'Allemagne s'est investie dans l'éducation : socle commun à la fédération, cours de langues pour immigrés, dépenses en hausse, allongement de la journée scolaire de presque deux heures.

L'Allemagne a aujourd'hui des résultats supérieur à la moyenne. En mathématiques ses résultats sont désormais comparables à ceux du Canada qui, pour sa part, voit sa performance en mathématiques décroître. Le reportage de la télé belge insiste sur la construction des crèches, mais il ne fait qu'évoquer, pas démontrer. Rien ne prouve que ces crèches soient fortement fréquentés par les enfants immigrés mentionnés. En outre, il est fort douteux que ces crèches bâties depuis 10 ans aient eu le moindre effet sur les enfants de 15 ans testés il y a plus d'un an... Enfin, de nombreuses études tendent à prouver que les effets à long terme de ces très coûteux programmes de garderies sont en moyenne quasi nuls sur le plan scolaire.



Selon l'OCDE, les réformes adoptées depuis 2001 pour promouvoir la qualité et l'équité dans l'éducation semblent avoir eu un impact positif sur la performance des élèves immigrés en Allemagne aux épreuves PISA.

• En 2003, les élèves immigrants avaient obtenu une moyenne de 81 points en dessous du résultat des élèves non-immigrants en mathématiques. En 2012, cette différence était tombé à 54 points. Les élèves immigrés sont socio-économiquement défavorisés par rapport à leurs camarades non-immigrants; en
tenant compte du statut socio-économique des élèves, la différence de performance entre les élèves immigrants et non-immigrants se réduit à 25 points (tableau II.3.4b de l'OCDE, 2013b). À titre de comparaison, la différence en points entre la Corée (1er pays) et le Canada (5e pays) en mathématiques est de 34 points.

• Cependant, la proportion d'élèves immigrants à très faible compétence (niveau 2) en mathématiques (31 %) est plus du double de la proportion d'élèves non-immigrants à ce niveau (14%). Quelque 39 % des élèves immigrés de première génération et environ 29 % de étudiants de deuxième génération se situe à ce bas niveau ou en-dessous (tableau II.3.7 de l'OCDE, 2013b).

Voir aussi

Une étude de Cambridge conclut que les enfants de cinq ans sont trop jeunes pour commencer l’école

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique


Allemagne — difficultés d'intégration des immigrés

Une juge force des parents à socialiser leurs enfants dans une garderie d'État




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)