mardi 28 septembre 2010

Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête

Pour lutter contre le pessimisme écologiste exagéré des manuels scolaires, un nouvel ouvrage.

Depuis longtemps, les géographes contestent le catastrophisme qui s’appuie sur les constats et prédictions de certains savants, souvent enfermés dans leur spécialité et refusant d’admettre la réalité de l’évolution de la planète. Ils ne nient pas les changements environnementaux qui se produisent en ce moment, en particulier dans le domaine climatique, ni la part de responsabilité qui revient aux sociétés humaines en la matière. Ils constatent en revanche que la rapidité des progrès techniques donne beaucoup plus de moyens aux hommes de s’adapter aux évolutions naturelles ou anthropiques en cours et d’en tirer profit, d’enrayer certaines de leurs conséquences fâcheuses et de restaurer des dégradations que l’on qualifie trop rapidement d’irréversibles.

Attachés aux faits, ils constatent que la population de la planète atteindra bientôt les 7 milliards, vivant plus longtemps et dans de meilleures conditions que les 3 milliards d’il y a 40 ans.

Voici quelques thèmes abordés, chacun par un géographe :
  •  Maîtriser les risques environnementaux, 
    • Yvette Veyret, Université de Paris X-Nanterre.
  • Que faut-il penser du réchauffement climatique ? 
    • Martine Tabeaud, Panthéon-Sorbonne.
  • Les océans sont-ils déréglés (niveau des eaux, pollutions, richesses halieutiques, etc) ? 
    • Alain Miossec, Recteur de l’Académie de Rennes.
  • Va-t-on manquer d’eau douce ? 
    • Loïc Fauchon, Président du Conseil Mondial de l’Eau.
  • La biodiversité est-elle en péril ? 
    • Georges Rossi, Université Michel de Montaigne, Bordeaux. 
  • Une bonne forêt est-elle une forêt bien exploitée ? 
    • Paul Arnould, ENS Lyon. 
  • 7 milliards d’hommes : la terre est-elle surpeuplée ou vieillissante ? 
    • Gérard-François Dumont, Paris-Sorbonne. 
  • Peut-on nourrir correctement la multitude humaine ? Les défis du développement.
    •  Sylvie Brunel, Paris-Sorbonne. 
  • Pour une vision optimiste de la croissance, 
    • Frédéric Teulon, directeur de la recherche à l’IPAG.

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Julien Arnaud reçoit Jean-Robert Pitte, membre de l'Académie des sciences morales et politiques. Selon le scientifique, il faut arrêter le catastrophisme en matière d'écologie, et avoir une gestion responsable de la planète.


À lire sur le site du journal suisse Le Temps, un entretien avec Sylvie Brunel, directrice de la maîtrise en « Mondialisation, pays du Sud et développement durable » à la Sorbonne, à propos du livre Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête, qu’elle a dirigé en collaboration avec Jean-Robert Pitte.
Extrait :
– À qui profite le discours écologiste catastrophiste?
– Il profite tout d’abord à notre système économique. Le capitalisme a toujours cherché de nouvelles sources de profit. Or voici que, au moment où les habitants des pays industrialisés voient leurs besoins globalement satisfaits, ce discours vient leur dire que leurs biens, jugés dangereux pour la planète, doivent être remplacés par d’autres, plus propres et plus chers. Quelle aubaine!
– Et qui ce discours dessert-il?
 Il lèse les petites gens. Alors que les géographes croient en la capacité de l’humanité à s’adapter au changement climatique, le discours catastrophiste insiste sur la nécessité d’empêcher autant que possible le réchauffement en limitant les rejets de gaz à effet de serre. Or, ce faisant, il attise une guerre entre les riches et les pauvres. Au niveau global entre les pays industrialisés, qui prônent la réduction des émissions et se battent pour contrôler le marché des technologies vertes, et les pays émergents, qui souhaitent privilégier les stratégies d’adaptation mais ont mille peines à obtenir les moyens financiers nécessaires. D’où de fortes tensions, comme il en a surgi lors de la conférence de Copenhague sur le climat. Au niveau local, les personnes modestes sont culpabilisées par les nantis qui ont la possibilité d’acheter des certificats de compensation carbone et de racheter ainsi leurs « écarts » comme on acquérait des indulgences au Moyen-Âge.

– N’existe-t-il pas une contradiction entre l’appétit illimité de l’homme et les ressources limitées de la planète?

– Vous raisonnez comme si la nature constituait un certain stock de ressources dans lequel l’homme se contenterait de puiser. Cette perception peut se vérifier dans un petit nombre de cas, comme celui des ressources fossiles – charbon, gaz et pétrole – qui sont à la base de la dernière révolution capitaliste. Mais elle se révèle généralement erronée. Les écosystèmes sont en évolution perpétuelle. Et l’homme peut créer de la ressource. Il peut substituer du capital construit à du capital naturel, en produisant lui-même de la biodiversité, par exemple, chaque fois qu’il le juge souhaitable ou nécessaire. On ne peut pas opposer une nature qui serait par essence prodigue, bienveillante et positive à une humanité qui serait proliférante, nuisible et destructrice. La réalité est beaucoup plus complexe. Il existe un grand nombre de territoires qui ont été aménagés dans un sens positif, de la réintroduction des mangroves au Vietnam à la construction des polders aux Pays-Bas, en passant par la réhabilitation de zones considérées comme désertiques comme la Camargue. L’homme n’est pas l’ennemi de la nature.
Voir aussi

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

Non ! "Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête".




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lundi 27 septembre 2010

ECR — L'impossible posture laïque

D'un article du Devoir de ce lundi :

Le cours d'éthique et culture religieuse a suscité nombre de débats, tant sur le contenu que sur la façon de l'enseigner. Pour Adeela Arshad-Ayaz, professeure au département des sciences de l'éducation de l'Université Concordia, à Montréal, la formation de ceux qui enseigneront à leur tour la diversité culturelle n'est pas adéquate. Pire, elle renforcerait les stéréotypes.

[...]

Au sujet du cours d'éthique et culture religieuse, maintenant obligatoire dans toutes les écoles du Québec, Adeela Arshad-Ayaz n'a en essence qu'une chose à dire: les enseignants ne sont pas bien préparés. «Leur formation n'est peut-être pas adaptée, mais il y a aussi le fait qu'on attend beaucoup d'eux, alors qu'on ne leur donne pas les outils. Là est tout le problème», avance-t-elle pour expliquer la réticence de plusieurs à l'égard du contenu du cours et des connaissances qui sont transmises aux enfants.

En juin dernier, la Cour supérieure a accordé au Collège Loyola le droit de dispenser le cours d'éthique et culture religieuse avec une perspective catholique, ce qui a été porté en appel par le gouvernement, qui juge qu'on doit user d'une approche professionnelle laïque pour l'enseigner. Mme Arshad-Ayaz a eu plus d'une fois l'occasion de débattre de la question.

«C'est absolument impossible comme individu d'être laïque. Comme être humain, on a des préférences. On finit toujours par refléter, à travers nos actions et nos choix, nos convictions, affirme-t-elle. Au mieux, on peut exposer clairement nos préjugés et nos opinions. Mais je me demande bien où vous trouveriez une personne qui soit capable d'enseigner avec une posture "laïque". Moi, je cherche encore!»




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dimanche 26 septembre 2010

Critiques de la position « docile » du CAF (Estrie) quant au rôle de l'État

Nous avons annoncé ci-dessous l'assemblée générale de fondation du CAF Estrie.

Toutefois, il faut indiquer ici aux parents qui instruisent leurs enfants à la maison que l'attitude de la CAF en matière de relations avec les commissions scolaires ne suscite pas l'unanimité.

C'est ainsi que certains parents craignent que, en suivant les recommandations du CAF et en recevant de la part des commissions scolaires ou du gouvernement des subventions ou divers services (tutorat, évaluations, labos ou autres), les parents en viennent à compromettre la liberté des familles qui ont choisi d'éduquer leurs enfants à la maison, car l'État imposera des conditions à l'obtention de ces services ou subventions.

Quand on considère la liberté des parents et leur autonomie, il est préférable pour eux que les familles qui ont fait ce choix, se prennent en main avec leurs associations et groupes de soutien, en s'organisant elles-mêmes. Pour ces défenseurs de la liberté des parents, à la limite, peut-être qu'un crédit d'impôt de la part des gouvernements pourrait être acceptable.

Enlèvement par la police d'enfant éduqué à la maison
Couverture de Is Public Education Necessary?,
 l'enlèvement par la police d'un enfant
 éduqué à la maison sous les yeux effarés de sa mère.
Ce dernier point soulève beaucoup de discussions partout en Amérique du Nord, au sein de la communauté des familles qui ont opté pour l'école-maison. D'une part, on affirme que la liberté acquise par les pionniers du mouvement dans les années 80, souvent au prix de sacrifices (litiges devant les tribunaux et parfois même la prison), est compromise par les familles qui acceptent les offres souvent alléchantes des instances scolaires, dans le but de les rapatrier sous leur parapluie. Si de plus en plus de familles vont dans ce sens, il est plus certain que les gouvernements finiront éventuellement par imposer à toutes les familles ce qu'ils veulent (à savoir leurs programmes et toutes leurs exigences), et que tous les parents finiront faire l'école à la maison, tôt ou tard, en utilisant la même pédagogie et le même programme que dans les écoles gouvernementales.

D'autre part, certains ne voient pas le danger lié à cette démarche, ou ne veulent pas le voir en pensant seulement aux avantages du moment. Le conseil d'administration de la plus grande association pour l'éducation en famille en Alberta, l'AHEA, a pris position sur cette question, et tente de renverser une tendance qui s'est installée avec le temps, puisque les gens ne voyaient aucun préjudice pour leur liberté, dans les offres de service et les subventions du gouvernement et des instances scolaires. Cette association a pris position après s'être davantage informée auprès du ministère de l'Éducation de cette province. La Colombie-Britannique, qui peut être perçue comme un modèle par certains, laisse toujours le choix aux familles d'utiliser les programmes et services gouvernementaux ou non, bien qu'elle offre des avantages alléchants, financiers et autres, aux familles qui ont fait le choix de les utiliser. Mais encore ici, des voix commencent à informer les gens des conséquences à long terme de ce choix pour les familles qui scolarisent leurs enfants à la maison. Il faut dire que l'école-maison est établie dans ces deux provinces depuis plus longtemps qu'au Québec.

Pour ce qui est de l'intention du CAF d'intervenir auprès d'une ou de plusieurs commissions scolaires, il faut mentionner que les balises pour l'école-maison se décident au niveau du MELS. À preuve, la nouvelle politique du MELS (juin 2010) pour la scolarisation à domicile. Les commissions scolaires ont donc une marge de manoeuvre restreinte puisqu'elles doivent suivre les balises du MELS ou le consulter si elles veulent en déroger. Par conséquent, des négociations à ce niveau, s'il y en a, se font généralement dans un cadre délimité figé et préétabli.

Il va de soi que les commissions scolaires et le MELS préféreraient avoir des interlocuteurs dociles qui vont répandre la vision Monopole de l'Éducation, c'est l'intérêt du MELS mais pas nécessairement celui des familles.

C'est la raison pour laquelle, il est primordial, pour toute famille qui instruit ses enfants à la maison, de bien se renseigner sur les associations qui disent avoir leur intérêt à coeur.

Dans ce sens, les gens qui souhaitent adhérer au CAF devraient poser des questions pertinentes quant aux intentions et buts du CAF, dans son intention de représenter les familles auprès des instances scolaires dans la région de l'Estrie, et probablement éventuellement auprès du MELS.

Quelles sont ses propositions de gouvernance pour l'école-maison et le suivi qu'il souhaite tant établir avec les commissions scolaires? Est-ce que les familles seront redevables aux commissions scolaires pour plus qu'une évaluation annuellement ? Si le CAF souhaite établir des rencontres de suivi entre les familles et leur commission scolaire, n'est-il pas en train d'établir un rapport où l'on verra d'un côté des experts (le MELS, la commission scolaire) et de l'autre des parents considérés comme non experts et intimidés par le jargon et la machine du Monopole de l'Éducation du Québec. Quelles en seront les conséquences ? Des experts régulièrement « consultés » qui diront aux parents que faire, quel programme utilisé, quelle pédagogie ?

Est-ce que la collaboration très proche et fréquente que préconise le CAF avec l'État ne risque pas de rendre les familles tributaires d'un système qui cherche à les contrôler davantage ? Dans un autre ordre d'idées, pourquoi semble-t-on si sûr de réussir au CAF dans ces démarches, alors que les autres associations de parents éducateurs (AQED, ACPE, HSLDA) n'ont jamais réussi jusqu'à présent à obtenir une entente satisfaisante avec le MELS pour la très grande majorité des familles qui instruisent leurs enfants à la maison au Québec et cela après des années d'efforts intenses de lobbying, de rencontres et de discussions ?

Est-ce parce que la CAF sera nettement plus docile comme le craignent, à la lumière des axes d'intervention que le CAF a fait connaître,  plusieurs parents que nous avons rencontrés ?




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L'assemblée générale de fondation du CAF Estrie en soutien à l'éducation en famille

Nous avons reçu l'annonce suivante.

Le CAF Estrie est un regroupement estrien de familles qui ont choisi de vivre l’expérience de l’apprentissage en famille (l’« école-maison »). Les objectifs de ce regroupement sont de :
  1. Soutenir les familles membres par le biais d’activités collectives.
  2. Se pourvoir de ressources éducatives adaptées à l’apprentissage en famille.
  3. Établir les liens nécessaires à la satisfaction des besoins du groupe et à la défense de ses intérêts auprès des acteurs scolaires, communautaires et du secteur privé.

L'assemblée générale de fondation du CAF Estrie se tiendra au

dimanche le 26 septembre 2010
75, rue Chartier
à Sherbrooke
à 19 heures.

La réunion aura lieu dans un local des Scouts de l'Estrie situé derrière le Végétarien.

Pour l'assemblée, il serait sage d'avoir lu les règlements généraux et d'avoir pris connaissance de l'ordre du jour. N'oubliez pas de les apporter avec vous pour l'assemblée. Pour ceux et celles qui voudraient revoir ou faire connaître nos valeurs, notre mission et notre vision, ces informations sont désormais accessibles sur notre site internet en construction : www.cafestrie.org.

Veuillez s.v.p. confirmer votre présence dès que possible par courriel :
téléphone : 819.829.5178 (Vicky).




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samedi 25 septembre 2010

On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même

Amusant dans le genre « on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même »...

Article de l'ancien journaliste du Devoir Jean-Pierre Proulx dans ce même journal pour vanter la réforme Marois qui a permis la prétendue laïcisation des écoles publiques québécoises en imposant unilatéralement le cours d'éthique et de culture religion à tous, même aux écoles privées confessionnelles ! Réforme recommandée par le rapport de ce même Jean-Pierre Proulx.

Ou comment faire l'éloge de son propre travail, en faisant semblant de louer celui d'autrui.





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École, ça se joue au primaire et dans les familles soudées

Une étude du ministère compare le parcours de deux générations d'élèves entrés en sixième en 1989 et en 1995.

La dernière note statistique émanant du ministère de l'Éducation nationale risque fort de donner du grain à moudre à ceux qui ne cessent de dénoncer son inefficacité. Selon une étude de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) comparant le parcours de deux générations d'élèves entrés en sixième, les uns en 1989, les autres en 1995, les chances d'obtenir le bac [le diplôme d'études collégiales au Québec] restent plus que jamais liées au niveau acquis dès l'école primaire, au retard scolaire et à l'origine sociale.

En clair, l'institution n'est guère performante lorsqu'il s'agit de combler les retards des plus faibles : seul un quart des élèves ayant redoublé une fois dans l'enseignement primaire obtiennent le bac. Mieux, obtenir un bac scientifique, dès lors que l'élève a redoublé, ne serait-ce qu'une seule fois, au cours de sa scolarité primaire, constitue un événement rarissime. Seul 1 % des élèves du panel 1995 y sont parvenus !

Autre enseignement peu réjouissant à l'heure de la montée en flèche des divorces dans la société française : les élèves vivant en famille monoparentale ou décomposée ont moins de chances de devenir bacheliers que ceux qui vivent avec leurs deux parents. Seulement 51 % des premiers le deviennent contre 67 % des seconds. Ce n'est pas une bonne nouvelle dans une société où le nombre de familles décomposées et monoparentales croît sans aucune stigmatisation sociale.

Source : note sur l'étude (PDF, 6 pages)




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France — les écoles libres (hors contrat) n'en font qu'à leur tête

À côté des établissements publics et privés subventionnés, sous contrat comme on dit en France, une troisième voie s'élargit, aux antipodes des méthodes centralistes de l'Éducation nationale française. Rappelons que ces écoles déterminent leur programme et leur recrutement, contrairement aux écoles privées québécoises. Le magazine Challenge y consacre un article.

Ses grandes parois vitrées évoquent davantage le siège d'une entreprise que celui d'une école. À l'intérieur, sur un immense plateau, les ouvriers posent des cloisons qui formeront dès la rentrée les nouvelles salles de classe. Pour la cour, un morceau de parking fera l'affaire. Quant à la cantine, il n'y en aura pas, les élèves viendront avec leur panier-repas. Victime de son succès, l'école primaire hors contrat du Blanc Mesnil de Wasquehal, dans la banlieue chic de Lille, a dû trouver de nouveaux locaux.

« Nous croulons sous les demandes », se réjouit Françoise Candelier, directrice de cet établissement non confessionnel, qui ne comptait en septembre 2009 que 28 élèves et en accueillera près de 80 cette rentrée. Après plus de trente ans de carrière comme professeure des écoles dans le public, elle a créé son propre établissement : « J'ai une dette vis-à-vis de plusieurs générations d'élèves que nous avons trompées. »

Retour aux vieilles méthodes

Dans l'école de Françoise Candelier, ce sont les vieilles méthodes qui font recette, comme Le Pensionnat de Chavagne, diffusé sur [la chaîne] M 6 en 2004 : port de la blouse, écriture au porte-plume, apprentissage syllabique de la lecture et des huit temps de l'indicatif dès le CE 1 [7-8 ans]. En maths, les quatre opérations sont abordées dès le CP [6-7 ans]. En somme, les élèves apprennent « à lire, écrire, calculer et compter, ce qui aujourd'hui n'est pas une évidence », souligne-t-elle. Statistiquement, ces établissements hors contrat ne pèsent pas lourd au regard de la masse du système scolaire. Le ministère évalue leur poids à « moins de 1 % ». La Fondation pour l'école, qui regroupe l'essentiel du réseau des « écoles indépendantes », estime qu'il existe aujourd'hui environ 460 écoles hors contrat (Montessori incluses), accueillant près de 47 000 élèves. Et cela ne cesse de croître. Une quarantaine d'écoles s'ouvriraient chaque année en marge du système classique. « C'est un phénomène plus prononcé en province qu'en Île-de-France », nuance l'universitaire Bruno Poucet, auteur de La Liberté sous contrat (Fabert, 2010). [Principalement parce que le prix de l'immobilier est prohibitif en Île-de-France pour ces écoles qui ne reçoivent aucune aide gouvernementale]

Débordée, désorganisée, l'Éducation nationale peine à remplir son rôle. Les chiffres sont connus : un enfant sur trois ne sait pas bien lire en sixième. Une réalité qui a d'abord profité aux établissements privés sous contrat. Mais limités par l'État dans leur capacité à ouvrir de nouvelles classes [le nombre relatif de places dans le privé subventionné est fixé par rapport au nombre de places dans le public], ces établissements voient leur liste d'attente s'allonger. Les « hors contrat » bénéficient de ce trop-plein d'élèves. Ils accueillent aussi beaucoup de familles d'expatriés qui ont apprécié à l'étranger un mode de scolarisation similaire.

Forte empreinte religieuse

Mais ce ne sont pas les seules raisons. Anne Coffinier, 33 ans, directrice de la Fondation pour l'école a une autre explication. Pour elle, le privé sous contrat a perdu son âme : « Les écoles sous contrat n'ont qu'une obsession : vouloir à tout prix préserver la paix scolaire, au point de perdre toute leur spécificité », analyse-t-elle en regrettant au passage que dans certaines écoles catho l'enseignement religieux soit devenu facultatif. [Note du carnet : il en va, grosso modo, de même au Québec où les écoles privées essaient de faire le moins de bruit possible — sauf Loyola — de se conformer à toutes les réformes du ministère et à devenir une grosse commission scolaire comme les autres.]

Dans le hors contrat, on ne badine pas avec la religion. Même s'il accueille quelques établissements laïcs, comme les écoles Montessori, le système des écoles hors contrat prône un catéchisme traditionaliste. « Nos établissements sont autonomes, c'est aussi leur force, soutient Anne Coffinier. Nous recrutons et payons nos professeurs, ce qui les responsabilise davantage. »

[...]

« Hors contrat ne signifie pas hors de contrôle. Nos établissements sont même beaucoup plus contrôlés que les autres », jure Anne Coffinier. La force des écoles hors contrat, c'est leur autonomie. Une conception aux antipodes des méthodes centralisatrices de l'Éducation nationale qui, signe des temps, teste pour cette rentrée, dans 106 établissements, le recrutement de professeurs sur profil. Petite révolution : le chef d'établissement pourra définir des critères pour sélectionner un enseignant.

Budgets serrés

Le problème du hors contrat, c'est, évidemment, son financement. À 150 euros (200 $) de cotisation par enfant et par mois, l'équilibre budgétaire d'une école primaire hors contrat se situe autour de 80 élèves et de 150 pour un collège. Nombre d'établissements n'y parviennent pas. Les familles seules ne peuvent les faire tourner. D'où l'idée de structurer le secteur en créant une fondation habilitée à recueillir des fonds. Le carnet d'adresses d'Anne Coffinier a fait le reste. Et près de la moitié des patrons des sociétés du CAC 40 ont sorti leur carnet de chèques. « Ils partagent le même constat avec nous : l'école publique n'assure même plus le minimum, au point qu'ils sont obligés de rajouter des cours d'orthographe dans les programmes de formation de leurs cadres », assure la jeune énarque. En 2009, le budget de la fondation s'élevait à 635 000 euros ; en 2010, il dépasse le million. De quoi financer la mise aux normes ou l'agrandissement d'une trentaine d'établissements.

Une jeune maîtresse à penser

Mère de trois enfants, Anne Coffinier veut réformer l'Éducation nationale. Pur produit du système, normalienne, énarque, elle en connaît tous les arcanes. De ses parents antiquaires, elle apprend « la culture de l'indépendance ». Grande gueule, catho convertie sur les bancs de l'ENA, elle a réalisé « les travers du système » en voyant une partie de sa promo d'Ulm [l'École normale supérieure] « atterrir dans des collèges difficiles sans aucune formation ». Son premier grand combat sera la remise en cause de la lecture globale en CP. Elle inonde de notes ses copains du cabinet du ministre de l'Éducation nationale de l'époque, Gilles de Robien. L'entrée de ses enfants à l'école finit de la convaincre de la nécessité d'agir. Elle abandonne alors sa carrière au Quai d'Orsay pour se consacrer à son projet : faciliter la création d'écoles modèles. Son site Créer-son-école.com est une boîte à outils pour les parents ou enseignants désireux de fonder leur établissement. Combien payer les profs ? Comment rédiger un contrat de travail ? Que dire devant l'inspecteur d'académie ? Son réseau lui a permis de structurer cette troisième voie d'enseignement 100 % indépendant, à côté de l'enseignement public et du privé sous contrat. En mars 2008, le Premier ministre, François Fillon, a signé le décret reconnaissant d'utilité publique sa Fondation pour l'école. Outre le fait que la structure lui permet de recueillir des dons d'entreprises ou de particuliers, elle lui sert aussi à faire passer des messages sur l'autonomie des établissements, sur le chèque éducation ou sur la formation des enseignants. En guerre contre les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) et leur esprit « post-soixante-huitard », elle n'a pas attendu leur suppression programmée par le ministre Luc Chatel pour créer sa propre école de professeurs des écoles.




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Le Texas dénonce « la dérive pro-islam » des livres scolaires

Le Conseil de l’Éducation du Texas a adopté une résolution qui dénonce avec vigueur le parti pris pro-islam et antichrétien de manuels scolaires. Il avertit qu’il rejettera désormais toutes les nouvelles éditions de manuels qui consacrent plus de place à l'islam qu'au christianisme, proposent une « définition aseptisée du jihad » ou décrivent les Croisés comme des « agresseurs » et des « envahisseurs » tandis que les conquêtes musulmanes sont présentées comme des « migrations » ou la « construction d'un empire ».

Il dénonce notamment le « badigeonnage politiquement correct de la culture islamique et la stigmatisation de la civilisation chrétienne, mettant en accusation le christianisme pour les mêmes pratiques (par exemple le sexisme, l’esclavage, la persécution des contestataires) qu’ils traitent sans porter de jugement, en minimisant, en édulcorant, ou par la censure, quand il s’agit de l’islam. »

Il souligne que, depuis que l’État de Californie a suspendu les approbations de livres scolaires, l’État du Texas est « de facto aux États-Unis la voix principale des acheteurs de livres pour l’école publique. »




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jeudi 23 septembre 2010

Déconcertés par le manque d'ouverture et de dialogue, les parents sont toutefois résolus

Interrogé par la Voix de l'Est de Granby, Sylvain Lamontagne dit ne pas comprendre pas le refus de commissaires. « Ils m'avaient dit que si j'arrivais avec des papiers de médecin, ils pourraient être favorables à l'exemption. »

Des parents de Valcourt ont, pour la troisième année consécutive, fait face à un refus devant la Commission scolaire des Sommets (CSS), mardi soir, à Valcourt. Et ce, malgré huit lettres appuyant la demande d'exclusion de leur fille du cours d'Éthique et de culture religieuse (ÉCR), dont une provenant de leur médecin de la famille.

Mot du médecin de famille

Le Dr Jean Turcotte, de Valcourt, écrit notamment : « Qui donc, parmi les responsables qui doivent se prononcer sur cette demande, peut garantir l'absence de risque de préjudice grave »? Le « psyché humain est complexe, fragile et j'ai pu être témoin des influences religieuses, tantôt positives, mais aussi tantôt négatives. J'ai hélas pu constater les effets dévastateurs qu'ont subis sur leur santé mentale certains membres de sectes. Tout comme j'ai été témoin du désespoir de gens qui n'avaient aucun repère religieux dans leur quête de sens. »

Le père de l'adolescente, Sylvain Lamontagne, et sa conjointe, Marthe Morin, affirment pour leur part : « En tant que parents croyants, nous savons que ce cours créera un préjudice grave [...] si l'enfant est exposé à des convictions et croyances différentes de celles privilégiées par ses parents. »

Le refus des commissaires et l'absence d'écoute des commissaires déconcertent ce père de famille : «Ils (des commissaires) m'avaient dit que si j'arrivais avec des papiers de médecin, ils pourraient être favorables à l'exemption », a-t-il expliqué hier, au téléphone. « On amène de plus en plus de matériel » a-t-il déclaré tout en regrettant l'absence d'ouverture et de véritable dialogue de la part des commissaires.

Lettres pas considérées avant d'énoncer le verdict

Concernant la lettre du médecin, le directeur de la Commission scolaire des Sommets, Christian Provencher, a affirmé à la Voix de l'Est que les commissaires n’en ont pas tenu compte puisqu’il l’a déposée « séance tenante », alors que la décision de l’assemblée du conseil des commissaires était « basée sur les recommandations du comité de révision ». Le comité restreint de révision n’avait pas reçu la lettre du Dr Turcotte présentée mardi par M. Lamontagne. « Ça sortait un peu de nulle part », a prétendu M. Provencher en parlant du parent à qui la commission avait suggéré d'apporter un tel mot à la réunion précédente.

Le fonctionnaire ajoute que la décision du conseil serait fondée sur la loi qui les « oblige à faire en sorte que les élèves fréquentent le système scolaire ». Ce que font les enfants des parents opposés au cours ECR pourtant. « C’est comme si des parents demandaient de ne pas suivre le cours de français », a  affirmé le directeur général. Justification amusante : le cours d'éthique aborde des sujets liés à la morale et aux convictions profondes, la liberté de conscience protège les convictions philosophiques et religieuses des parents, pas leurs conceptions grammaticales ou orthographiques en français.

Impuissance des parents et manque d'écoute

La Granbyenne Marie-Josée Croteau était du nombre des parents sidérés par le manque d'ouverture de la Commission scolaire des Sommets. « Ça démontre l’impuissance des parents à faire respecter leurs choix dans l’éducation de leurs enfants », dit-elle tout en déplorant « la rigidité du système bureaucratique ».

Avis d'experts

Certains de ces propos sont aussi présents dans les lettres déposées au conseil par M. Lamontagne. Paul Gosselin, anthropologue de formation, auteur et parent, soutient que « le fait d’aligner dans un même cours Bouddha, Jésus, Mahomet et le Carcajou amérindien implique que bientôt […] on imposera à tous les enfants un cours de religion polythéiste, et ce, sans l’accord du moindre accommodement raisonnable. »

De même, Louis O’Neill, ancien prêtre, professeur à l’Université Laval et ancien ministre de la Culture sous René Lévesque rappelle que la Déclaration universelle des droits de l’homme affirme que « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ». « Le droit d’exemption en fait partie », termine-t-il.

Guy Durand, théologien et juriste éthicien, répond à l'avance aux objections du fonctionnaire Christian Provencher : « Et qu'on n'aille pas évoquer à l'encontre de ce droit que le programme d'ÉCR est "neutre" comme les cours de mathématique, géographie, français, etc. Trop de valeurs morales et religieuses y sont en cause, sans même évoquer les notions d'éthique et de religion sous-jacentes, ni la conception de l'éducation déployée. La "qualité" du docurs dépendra évidemment de l'enseignant qui le donne. Cela ne change pas la nature et les objectifs du programme officiel. »

M. Durand termine sa lettre en faisant appel aux valeurs de dialogue paisible des commissaires : « je voudrais rappeler que l'acceptation de l'exemption du cours ECR favoriserait le climat social, la collaboration avec les parents et, plus globalement, la réputation et la fréquentation de l'école publique commune. Il est injuste de renvoyer les parents à l'école privée [Note du carnet : comme Loyola], où ils doivent payer une partie des coûts, s'ils ne sont pas satisfaits de l'école publique qui devrait être l'école de tous. »

D'autres actions en vue

M. Lamontagne n’a pas l’intention d’abandonner. « Jamais mes enfants n’iront à ce cours », dit-il. Il s’est d’ailleurs tourné vers le bureau de la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, et a contacté le bureau de Sylvie Roy, députée de l’ADQ. « Eux à l’ADQ, normalement, ils nous défendaient », rappelle-t-il.

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Éthique — L'élection des juges pour résoudre la crise de légitimité ?

L'Occident vit une crise de légitimité de l'autorité judiciaire et la magistrature n'échappe pas aux traditionnels soupçons de soumission au pouvoir ou de justice de classe. L'élévation de la justice aux fonctions de mainteneur de l'État de droit impose une évaluation sans exclusive des divers modes de sélection et de désignation des magistrats.

Or, le procédé électif est aujourd'hui systématiquement écarté en France ou Canada, jugé contraire à nos traditions, alors même qu'il fut pratiqué à la Révolution française, puis revendiqué jusqu'au début du XXe siècle par un large secteur de l'opinion républicaire comme l'authentique moyen de légitimation du pouvoir du juger. Maintenu en France pour les tribunaux de commerce, appliqué aux conseils de prud'hommes et encore aux tribunaux paritaires de baux ruraux, les expériences françaises de justice élective sont suffisamment prégnantes pour mériter une analyse historique susceptible de rendre compte des vertus et des faiblesses d'un tel recrutement. C'est le régime de Vichy qui récemment a restreint le plus sévèrement la présence des jurys populaires dans les prétoires.

En Suisse, pour les juges cantonaux et fédéraux, on pratique l’élection, de toute ancienneté. L’originelle structure fédérale de cette république ne saurait expliquer seule cette spécificité. L’élection des magistrats y est tenue pour la modalité la plus conforme à la nature démocratique du régime. Trois modes électifs sont pratiqués : le suffrage universel direct, l’élection par le pouvoir législatif, l’élection par un collège de magistrats. Les conditions d’éligibilité varient, mais en pratique les choix bénéficient aux candidats à forte qualification et expérience juridiques préalables. La plupart des mandats sont de quatre ans et la réélection est la règle. De nombreuses incompatibilités visent à préserver l’indépendance des magistrats.

Aux États-Unis, l’électivité des juges des États tient à une tradition juridique et politique situant le magistrat en principal agent de l’État de droit. À peine institué (première fois en 1832, par l’État du Mississippi) le procédé électif suscita des flots de protestations. Le peuple, faisait-on déjà valoir au siècle dernier, est le plus mauvais juge des qualités nécessaires au bon magistrat, et les élections contrôlées par les partis politiques sont outrageusement partisanes. Restaurer la confiance publique dans la justice et recruter des juristes qualifiés a conduit depuis 1940 certains États à combiner le modèle de la nomination avec celui de l’élection. Là où le système électif intégral a été conservé, les modalités n’en demeurent pas moins variables.



Histoire du syndicat de la magistrature française




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