samedi 23 mai 2009

Concert pour la liberté d'expression, la liberté de conscience, la liberté en éducation

La liberté d'expression, la liberté de conscience, la démocratie. Quand on sent que les libertés fondamentales ne sont pas respectées comme elles devraient l'être, il faut manifester notre malaise, notre désaccord. Il faut surtout affirmer notre engagement.

Achat des billets en ligne.

Une société demeure démocratique tant que les citoyens s'assurent qu'elle le reste.

Un débat est en cours au Québec, et il dure depuis un bon moment, des années en fait. C’est un débat dont on parle parfois dans les média, mais sans lui rendre justice, selon nous. La démocratie est malmenée. La voix du peuple est assourdie. La liberté d'expression et de conscience est encadrée, atténuée, entravée de toute sorte de façons, et on donne des allures de tolérance à de l'intolérance.

Dans ce débat, le rôle des parents et leur capacité réelle de TRANSMETTRE LEURS VALEURS, quelle qu’elles soient, à LEURS ENFANTS. Pourquoi les gens ont-ils des enfants, sinon pour TRANSMETTRE quelque chose… ?


Tout à coup, quand on y pense, la démocratie, la vraie liberté, n’impliquent-elles pas au minimum une place réelle pour la famille, les parents, les enfants et un respect véritable pour le rôle et la place de chacun.

Durant les dernières années, la législation concernant la parentalité a changé de façon notable et questionnable (cf. www.coalition-ve.org). Et nous avons demandé à des artistes, de toutes provenances ou convictions, de venir nous parler de liberté et de famille puisque l’un ne va pas sans l’autre.

Vous pouvez ajouter votre voix, manifester votre appui, de façon bien agréable en fait. Concert annonçant notre attachement à la liberté vraie et à la démocratie.

Soyez des nôtres. Faites la promotion de ce concert dans les regroupements et organisations dont vous faites partie.

Billets en vente dès le 15 mai.

Au profit de la CLÉ.

Achat des billets en ligne.

vendredi 22 mai 2009

Bouchard à Drummondville : Pas de réelle crise, mais il faut imposer énergiquement le cours ECR mal connu

Le philosophe Gérard Bouchard est intervenu, le 12 mai, au cours du procès de Drummondville par vidéoconférence à partir de l'Université Harvard aux États-Unis où il est actuellement enseignant.

Pourquoi la commission Bouchard-Taylor ?

Les passages transcrits du témoignage de M. Gérard Bouchard sont légèrement en retrait et bordés à gauche d’un mince filet noir.
15 h 06, mardi 12 mai

M. Bouchard – Les tensions en étaient venues tellement fortes au Québec en matière de rapports interethniques à cause de cette crise des accommodements raisonnables et aussi le débat prenait une tournure un peu agressive qu’il y avait des inquiétudes qui naissaient un peu partout et en particulier, moi, j’ai commencé à être assez inquiet comme citoyen et pas uniquement en tant que spécialiste de ces choses-là. Comme citoyen, j’ai trouvé que le débat prenait une tournure très inquiétante et il était temps que le gouvernement prenne des mesures appropriées.

Me Boucher, avocat du gouvernement – Quel mandat on vous a confié exactement à ce moment-là ?

M. Bouchard – Disons, au-delà de l’énoncé technique, mot-à-mot, du mandat, je dirais qu’on nous demandait de travailler sur deux plans. D’abord, un plan le plus facile, le plus concret, c’était celui des accommodements raisonnables pour vérifier si les pratiques des accommodements raisonnables étaient devenues déraisonnables, si je puis dire. Si ces pratiques-là étaient utilisées à des fins qui n’étaient pas les leurs et qu’il y avait une espèce de déséquilibre qui était apparue dans les institutions publiques. Ça c’était la première partie de notre mandat. De vérifier la façon dont les accommodements raisonnables étaient pratiqués dans les institutions publiques pour voir s’il n’y avait pas un déséquilibre, un désordre ou même un certain chaos dans ce domaine là.

Et deuxièmement et de façon plus importante, plus fondamentale, c’était d’expliquer… c’était d’essayer de comprendre pourquoi le Québec en était arrivé à un tel degré d’émotion sur ce sujet-là. Encore une fois, non seulement un niveau très élevé d’inquiétude, mais une sorte d’agressivité qui commençait à poindre dans le débat publique.
Constats de la commission Bouchard-Taylor
15 h 13

M. Bouchard – Je dirais que ça tient en trois points finalement ce que nous avons trouvé après analyse :

Premièrement, qu’il n’y avait rien de chaotique dans la pratique des accommodements raisonnables, que tout nous semblait plutôt se dérouler d’une façon ordonnée dans les institutions publiques; les gestionnaires avaient la situation en mains, il n’y avait rien d’inquiétant de ce côté-là. C’était le premier résultat qui est assez significatif compte tenu de l’ampleur de l’émotion populaire dont je parlais tout à l’heure.

Le deuxième résultat c’est qu’il y avait très évidemment le rôle des médias qui avaient contribué à cette crise en créant des distorsions dans les reportages des événements, des amplifications et même des inventions. Ça je pense qu’on a pu démontrer cela assez clairement. Et cela a été une cause importante de ce qu’on a appelé la crise des accommodements.

Et le troisième facteur, c’est la réaction du public lui-même. Moi je me suis convaincu assez tôt que les médias malgré leurs déformations et le sensationnalisme dans lequel plusieurs d’entre eux ont versé n’auraient jamais déclenché une telle réaction s’ils n’avaient pas trouvé un terrain favorable dans la population. Et ce terrain favorable, c’était assez net qu’il y avait une insécurité parmi la population à ce moment-là. Il y avait une insécurité que l’on peut analyser qui provient de la globalisation, de la mondialisation qui ajoute à l’inquiétude sur la langue, qui ajoute à l’inquiétude de la culture francophone, à l’inquiétude de l’identité québécoise, etc. Ça, c’est un facteur qui est très clair.
Pour ce qui concerne le cours d’éthique et de culture religieuse que le rapport Bouchard-Taylor dit qu’il faut promouvoir énergiquement, il n’est pas clair comment son imposition va « rassurer » les Québécois francophones et éliminer cette insécurité identitaire puisque le cours ECR fait justement la part belle à toutes les minorités et tend à ne pas promouvoir de fusion autour d’une culture dominante et majoritaire, mais tend à valoriser la pluralité des identités ethnicoreligieuses (si on en croit ses partisans). Si ce n'est pas le cas et que le cours modifie l'allégeance religieuse des enfants, celui-ci pourrait donc bien avoir un effet sur les enfants de la majorité (comme le craignent certains parents catholiques).

Enfin, notons qu’il n’y avait pas réelle crise des accommodements et que la « crise identitaire et médiatique » semble s'être résorbée à la fin 2007 et cela, bien évidemment, sans l’imposition du cours ECR.

Le rôle de l’école d’État pour façonner les enfants
15 h 21

« M. Bouchard – L’école ça nous paraît être le creuset pour apporter des solutions à ces problèmes sociologiques ou à ces problèmes de fond, pour changer les perceptions, pour changer les mentalités – et quand il s’agit d’école on ne parle même pas de changement, puisque les élèves qui arrivent à l’école sont tellement jeunes, ils sont encore nourris de perceptions, de stéréotypes comme le sont les adultes, on parle de formation, et non pas de changement de mentalités – et l’école nous apparaissait être le creuset, le rouage fondamental pour préparer les nouveaux citoyens qui vont vivre dans ce Québec nouveau qui n’est pas du tout celui dans lequel leurs parents, leurs grands-parents ont vécu. Et ça demande donc des changements extrêmement importants. Et l’école nous paraissait évidemment le rouage fondamental pour remplir cette fonction-là.
On lira avec profit le texte de Gary Caldwell pour voir si vraiment le Québec nouveau sera totalement différent de ce qu’il a été. Rappelons simplement ici que les juifs qui ont fait l’objet de nombreux articles pendant la crise « médiatique » sont au Québec depuis des siècles et les hassidim depuis plus de 50 ans.

Et, s’il existe un besoin de transformer, pardon de former les esprits, il serait bon de se demander si cela n’est pas révélateur d’un échec des politiques familiale, nataliste et migratoire du Québec (mais il est vrai qu’il s’agit là de tabous pour les prétendus « progressistes » qui décident pour nous : il n’y a pas vraiment de débat public ouvert sur ces sujets au Québec).

Recommandation G4 – promouvoir énergiquement le cours ECR

Rappel de la recommandation G4 du rapport Bouchard-Taylor :
« G4 Que le gouvernement fasse une promotion vigoureuse du nouveau cours d'Éthique et de culture religieuse qui doit entrer en vigueur en septembre 2008. »
15 h 22

M. Bouchard – Quand on regardait ce qui se passait du côté de l’école pour nous, quand je dis nous c’est les deux coprésidents, c’était très évidemment l’élément le plus prometteur qui se profilait à l’horizon du monde scolaire. Il nous a même semblé que c’était une coïncidence très heureuse que des gens du milieu scolaire ou du ministère de l’Éducation aient déjà pris cette initiative et en soient arrivés à un degré très avancé de ce programme qui nous paraissait aller très exactement dans le sens de ce qu’il fallait compte tenu de ce que le Québec était en train de venir. Il nous est arrivé de dire, et je le pense encore très profondément, que s’il y avait eu dans les écoles du Québec au début des années 80 un cours comme celui-là, il n’y aurait jamais eu de crise des accommodements.
Oui, enfin, si tant est qu'il y ait vraiment eu une « crise » (il n’y eut aucun affrontement ethnique par exemple et cette "crise" médiatique s’est rapidement résorbée) et qu’elle n’ait pas servi de prétexte à ceux qui, depuis longtemps, voulaient imposer leur ordre du jour multiculturaliste ou interculturaliste plutôt que chercher à favoriser l’assimilation à l’élément francophone et à augmenter la natalité des Québécois par des mesures natalistes plus universelles et plus équitables que les seules garderies gouvernementales qui, il est vrai, ont l’avantage de plaire aux féministes québécoises ; c'est leur principal avantage politique.

L’inconnu, c’est ce qui fait peur
15 h 24

M. Bouchard – Il y a des sondages par exemple, qui montrent que moins on connaît les autres religions, plus on est hostile à ces religions-là. Ça c’est des sondages qu’on citait dans notre rapport là. Ce qui fait peur c’est l’inconnu, et l’inconnu dans ces matières-là est toujours le matériau dont se nourrit la machine aux stéréotypes, aux perceptions négatives et ensuite aux tensions interethniques qui s’ensuivent et aux formes d’exclusion et aux conflits, etc. Ça, c’est un virus qui peut s’insinuer dans des sociétés démocratiques et diversifiées comme les nôtres. Et c’est pour cela que les leaders et les gouvernements doivent être extrêmement attentifs, extrêmement prudents pour mettre en marche des éléments préventifs pour former les esprits pour que les rapports entre les différentes religions – et particulièrement les religions qui nous sont étrangères, qui ne sont pas familières à la société d’accueil – puissent en venir à coexister d’une manière pacifique.
C’est le corps de l’argumentation pour imposer le cours d’éthique et de culture religieuse. C’est aussi l’argument qui « marche bien » auprès des gens de bonne volonté.

Mais cet argument est en partie faux. Il est en partie vrai, bien sûr, parce que, dans certains cas, l’ignorance peut engendrer des réactions hostiles infondées.

Mais ce n’est pas automatique, parfois l’ignorance ou l’indifférence s’accompagne de moins d’hostilité que la connaissance intime : les Européens et Américains moyens qui ignoraient tout de l'Arabie ou du Levant au début du XXe siècle y voyaient une région du monde où les désirs sexuels les plus polygames étaient librement assouvis, ces Occidentaux rêvaient de pays où régnait la volupté. Depuis nous en savons plus sur cette région et elle ne nous est pas plus sympathique, bien au contraire. À l'opposé, les pires guerres sont civiles, les pires guerres de religion ont lieu entre des gens qui connaissent bien la doctrine l’un de l’autre, mais qui ne supportent pas les erreurs que défend l’autre (un hérétique est pire qu’un mécréant, il corrompt la vraie religion que le païen ne connaît pas encore). On peut prendre l’exemple paradoxal des croisades : les Croisés auront de nombreux alliés sunnites, chiites, druzes et bien sûr maronites; mais se feront des ennemis des Byzantins.

Les concepteurs du cours ECR le savent bien et c’est pour cela qu’ils demandent dès le primaire non pas d’acquérir une connaissance approfondie des autres religions, mais d’« adopter des attitudes d’ouverture sur le monde et de respect de la diversité » (p. 284 du programme du primaire). Et évidemment, si on adopte une nouvelle attitude – mais sans bien connaître l’autre – envers la diversité, l’accueil de la diversité se fera mieux (dans un premier temps). C’est de l’ordre de la tautologie : rendons tous les enfants pluralistes normatifs et ils auront une attitude de pluraliste envers la diversité culturelle. Ce qui n’exclut pas que la réalité et une connaissance plus intime de cette diversité n’amènent l’enfant, sorti de l’école, à considérer plus tard de façon nettement moins béate ces différences et de parfois y déceler des faiblesses potentielles pour la société, des erreurs plutôt que des facteurs d'enrichissement automatiques.

Ceci explique aussi pourquoi le Monopole de l’éducation refuse à Loyola d’enseigner son cours sur les religions du monde à sa façon, même si le contenu « encyclopédique » en est excellent : la posture de ses enseignants ne sera pas suffisamment neutre et pluraliste, car tout en matière religieuse ou éthique ne se vaut pas nécessairement pour eux en tant que catholiques.

Bouchard : une connaissance superficielle du programme ECR
15 h 31

Me Bélisle – Est-ce que vous avez lu, M. Bouchard, les 94 pages du programme d’éthique et de culture religieuse du niveau primaire et les 86 pages du cours éthique et culture religieuse du programme secondaire avant la publication de votre rapport déposé le 22 mai 2008 ?

M. Bouchard – Euh. Je ne suis pas certain de l’identité des documents auxquels vous vous référez, mais ce que j’avais lu à l’époque c’est donc le livre de Georges Leroux et des instruments pédagogiques que nous avait transmis Mme Bouchard, la professeure en question à l’UQAM qui donnait le cours de formation des futurs enseignants.

Me Bélisle – Donc, je dois comprendre que vous n’avez pas lu le programme du ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport concernant le cours d’éthique et culture religieuse. Vous avez eu quelques documents, vous n’avez pas vu, pas lu l’entièreté du programme adopté par le gouvernement du Québec ?

M. Bouchard – Euh. Je ne pourrais pas garantir que j’ai pris connaissance d’une façon détaillée de ce programme-là parce que, encore une fois, je ne sais pas dans quelle mesure il est différent des documents dont je vous ai parlé, dont je vous ai dit les avoir lus.

Me Bélisle – D’accord. La séance de formation à l’UQAM dont vous avez été le bénéficiaire avec M. Taylor, en formation des formateurs, des éducateurs, elle a duré combien de temps, M. Bouchard ?

M. Bouchard – C’était un avant-midi.

Me Bélisle – Un avant-midi. Complet ? Trois heures ?

M. Bouchard – À peu près, oui.

Me Bélisle – Avez-vous eu l’occasion de voir avant la publication de votre rapport le 20 [recte : 22] mai 2008, des manuels scolaires, du matériel didactique pour les classes de première année dans le réseau scolaire du Québec qui seraient utilisés, employés au début septembre 2008 dans les écoles du réseau scolaire québécois ? Des manuels approuvés par le ministère.

M. Bouchard – J’hésite un peu à vous répondre parce que je me rappelle les instruments que nous montrait Mme Bouchard dans le cadre de son cours et je ne sais pas si c’étaient des éléments approuvés par le ministère ou pas.

Me Bélisle – D’accord, donc vous n’aviez pas connaissance, vous ne saviez pas si les documents qu’on vous montrait étaient approuvés ou pas.

M. Bouchard – Non, je ne serais pas vous dire.

Me Bélisle – Vous n’avez pas cru bon de poser la question à Mme Bouchard, pendant les trois heures, si ces manuels scolaires et ces matériels didactiques étaient oui ou non approuvés par le ministère de l’Éducation, du Loisir et des Sports pour l’année 2008 dans le réseau scolaire québécois ?

M. Bouchard – Euh. Je ne me rappelle pas l’avoir demandé explicitement et, si je l’ai fait, la réponse ne me vient pas à l’esprit en ce moment, mais tout de même il y avait l’autorité de cette dame qui était responsable de la formation des futurs formateurs à partir d’instruments qui ne devaient pas être loin de ceux que le ministère allait utiliser.

Me Bélisle – Je comprends bien votre réponse qui est très nuancée et je respecte votre honnêteté.
[Les deux premiers manuels approuvés le seront le 17 avril 2008, très proche du dépôt du rapport Bouchard Taylor en mai 2008 ; les deux suivants le 10 juin 2008, après le dépôt du rapport.]

Le reste du contre-interrogatoire portera sur le fait que MM. Bouchard et Taylor avaient pris connaissance du rapport Bergman Fleury sur les accommodements en milieu scolaire qui venait de sortir, document qualifié de très important sur le sujet. M. Bouchard s’avoua incapable de dire si le rapport Fleury avait été suivi d’effets. À la fin du contre-interrogatoire, M. Bouchard était visiblement un peu contrarié, la caméra fixée sur lui faisant clairement apparaître ses mains qui tambourinaient légèrement à côté du micro.

Les dernières questions de Me Bélisle pouvaient paraître étranges, mais, comme on l’apprendra le 13 mai, Me Bélisle a souligné que Mme Courchesne s’était engagée à mettre en œuvre les recommandations de M. Bergman Fleury lors d’une conférence à l’Assemblée nationale le 6 décembre 2007. On croit comprendre que cette promesse n’a pas été respectée, mais il faudra attendre la plaidoirie des avocats de la demanderesse pour mieux comprendre l'impact que cela pourrait avoir.

jeudi 21 mai 2009

Loyola has had a World Religions course for 25 years

Paul Donovan, principal of Loyola High School, explains why his school was surprized that it was not allowed to teach its World religion course:
"The high school taught the course long before it became popular to do so.

Over the last few months there has been a barrage of editorials and opinion pieces regarding the government's Ethics and Religious Culture program. What has greatly fascinated me is reading the opinions of others about what we do at Loyola High School and what our motivations are for the upcoming court case. None of those who have written against Loyola's stance has called to speak with us and hear firsthand what our position actually is; they have simply presumed that they know what we are about. Michael Schleifer's article ("Québec' ethics and religion course is worth defending," Opinion, May 19) is a perfect example. It is especially intriguing given that a major part of the ERC is supposed to be about dialogue, the recognition of others and tolerance of different values and perspectives. I thought it might be enlightening if I outlined Loyola's position. World Religions has been a course at Loyola for well over 25 years and mandatory for the last 12; we made the decision that no student should graduate from Loyola without a healthy knowledge and respect for other religions. We made this decision long before it was a popular thing to do, as it is completely in keeping with our educational philosophy. Every ethical issue and the variety of positions outlined in ERC has been a part of our program for as long as I can remember (which includes my time as a student). I would argue that by the time our students graduate, they are able to write any test on world religions or ethics that the ministry would like to create. So what is our issue with the program.

Before answering, I would like to point out that we have studied the entire program; at least six different series of texts proposed for use with the program and have studied the philosophy behind it as described by Georges Leroux and Denis Watters. While no one would suggest that the proposed goals of the program – pursuit of the common good and the recognition of others – are anything but worthy, does the worth of the goals automatically mean that this particular program will accomplish them? Are we not permitted to ask that question without being labeled "fanatics or extremists"? So much for tolerant dialogue. We actually have far more experience with teaching and implementing programs like these than the ministry or any of the philosophers who have devised the ERC. Our request to the Ministry of Education was simply to allow us to teach all of the competencies, content and goals of the program using a structure and methodology that is more in keeping with our Jesuit and Catholic identity. We were informed that these things cannot be taught "according to ministerial expectation" in a Catholic context. Our question to the courts, since the ministry would not talk with us, is quite simply, "Why not?" If, as Schleifer so proudly points out, the values and ideals of the program are universal, then surely we can explore them as Catholics. Did Martin Luther King put aside his Baptist Christian roots to stand up for civil rights or did his stand flow out of his beliefs? Did Gandhi put aside his Hinduism to pursue non-violence in a secular way or did his philosophy flow from his spirituality? The common good is not secular; it is common. Can we not pursue these things from within our own traditions and beliefs or do we all need to become secularists first? Does the ERC's vision of pluralism mean that we must all think in the same reductionist way or can we all explore and contribute to the common good from the uniqueness and beauty in the diversity of our beliefs? If this is an extremist or fanatical position then I must not understand the terms."

mercredi 20 mai 2009

Course breaks the golden rule

Lettre envoyée à la Gazette de Montréal par Ed Hoyer de Roxboro  :
Michael Schleifer completely sidesteps the concerns raised by William Johnson and the questions raised by Loyola High School.

First, under the Charter of Rights and Freedoms, parents have the right to choose the religious training for their children. If parents want to teach a certain religion or philosophy, that is their right. If schools (and the Education system in Québec) try to teach something contrary to the parents belief, then parents have the ultimate authority and right to choose. It's all very well for Schleifer to argue that the course is good, but if the parents don't want it, they should have the final say. Strawberries might be good for you, too, but you don't have to eat them.

Second, the course is not age appropriate for third- or fifth-grade students. A child is taught by his parents and religious institution that certain things are true or sacred. Then if the school teacher, who is considered an authority by young children, teaches the contrary, the child will be confused. Children at that age cannot hold contrary views in their minds and try to figure out what they want to believe. Schleifer refers to the golden rule – "Don't do to others what you don't want them to do to you," or in the positive form, "Do for others what you want them to do for you." By forcing a course of study on children, the state is breaking this vital rule.

Ed Hoyer, Roxboro

Les chemins de Gravel

Lettre de Benoit Girouard envoyée à La Presse (en attente de publication) :
J’ai été surpris ce dimanche matin de lire les propos de l’abbé Gravel qui qualifiait les opposants au cours d’éthique et de culture religieuse de « …petit groupe d’opposants, plus fanatiques les uns que les autres ». Il ne pouvait s’arrêter et rajoutait vers la fin « …je me méfie de l’intégrisme fanatique des opposants ».

Ça y est le mot est lancé les opposants au cours d’ÉCR sont des fanatiques et des intégristes. Cette tactique de communication qu’emploie ce cher prêtre-média fait malheureusement de plus en plus sa place dans notre monde moderne et démontre le peu d’envergure intellectuelle des opposants à telle ou telle idée. Par exemple au États-Unis, avant même d’entendre les arguments d’un expert qui réclame de fixer un plafond pour les gaz à effet de serre on dira qu’il est libéral (lire à l’anglaise) …qui sera compris par la population américaine comme gauchiste voir même communiste.

Au Québec c’est l’inverse, lorsque les Lucien Bouchard, Joseph Facal et autres parleront d’un Québec lucide, on dira qu’ils sont « à droite » afin de bien vendre l’idée qu’il ne vaut même pas la peine d’engager la conversation avec eux. Ce procédé qu’utilise M. Gravel est dans les faits une prise d’otage en règle, car l’individu ou le groupe qui se voit affubler de ces accusations, parce qu’à l’inverse du courant dominant, ne peut plus argumenter sur son idée avant d’avoir rétabli les faits quant à ce qu’il n’est pas. Un autre argument utilisé dans son texte, est celui de spécifier que les opposants au cours sont minoritaires.

Ainsi, selon lui, le petit nombre est une preuve d’absence de légitimité. Ce genre d’argument repris mainte fois par les médias n’a rien à faire avec le droit et encore moins avec la raison car, à ce titre, les femmes qui furent à l’origine une poignée à réclamer le droit de vote, n’auraient jamais dû l’obtenir, tout comme les premiers antiesclavagiste et que dire de la secte du Nazaréen devenu les catholiques d’aujourd’hui. La valeur d’une idée se défend au poids de son argumentaire et non du nombre de ceux qui la soutiennent ; justifier avec le nombre seulement n’est, dans les faits, que l’argument de ceux qui manquent d’argument.

Sur les arguments

M. Gravel a vu juste en disant que la transmission de la foi appartient d’abord aux parents, mais pas seulement que la foi, M. Gravel. Avant l’État, les premiers éducateurs sont les parents car ils représentent la famille, toute première unité qui bâtit une société. Pourtant, le cours d’ÉCR banalise et supplante les parents dans la transmission de l’éthique et des valeurs. Dans certains cas il viendra même en contradiction avec les valeurs familiales… car les familles aussi ont des valeurs. Vous avouerez que c’est plus dur d’avoir ce même genre de conflit avec un cours de mathématique ou de français. Ainsi nous ne parlons pas d’un problème d’ordre religieux mais bel et bien du rôle de l’État versus le droit parental.

Parlant de la responsabilité de la famille vis-à-vis de l’éducation des enfants, Charles de Koninck, ancien doyen de la faculté de philosophie de l’Université Laval, rappelait lors d’une conférence que « son droit est inaliénable, antérieur au droit de l'État, et inviolable ». Selon un vieil adage des régimes totalitaires, « quand nous sommes en minorité, nous réclamons pour nous la liberté au nom de vos principes ; quand nous sommes en majorité, nous vous la refusons au nom des nôtres. » L’abbé Gravel semble faire écho à cette maxime en écrivant que le cours « …favorise l’inclusion dans le respect de la dignité de chacun. C’est pourquoi il doit demeurer obligatoire pour tous sans exception. »

Il faut savoir que le respect de la dignité de chacun a toujours été incompatible avec le mot obligatoire et qu’à ce titre nous vous souhaitons, M. Gravel, bienvenue parmi les intégristes !

Benoit Girouard

Père de 5 enfants et président Union paysanne

Réal Gaudreault — Georges Leroux et les vérités universelles

Deux nouvelles capsules de l'historien Réal Gaudreault sur le procès de Drummondville.

Capsule 29 — Les vérités universelles I

« Au Palais de justice de Drummondville s’est tenu, la semaine dernière, un procès intenté par une famille contre la Commission scolaire des Chênes. M. Georges Leroux, un témoin expert du gouvernement, nous apprendra notamment que le cours ÉCR ne doit pas être sujet au régime d’exemption à cause de son caractère universel. Eh bien, oui. Le cours ÉCR est fondé sur des vérités universelles dont nos enfants ne doivent pas être privés. »


Capsule 30 — Les vérités universelles II

« Selon Georges Leroux, une vérité universelle est une vérité que partage naturellement l’ensemble des peuples du monde. « Tu ne tueras point » est un exemple de ce qu’est une vérité universelle selon Leroux. Mais qui donc peut se targuer d’être à la fois juge et arbitre de ce qu’est une vérité universelle? Croyez-le ou non, il paraît que, au Québec, nous sommes en possession de ce savoir extraordinaire et que c’est là une des raisons qui pousse l’État à imposer le cours ÉCR dans toutes les écoles du Québec. »

Joseph Facal : « Vous avez tort de regarder de haut Drummondville »

Chronique de l'ex-ministre péquiste Joseph Facal sur le procès de Drummondville :
Dieu est encore partout

Vous avez tort de regarder de haut Drummondville. Il s'y passe des choses très importantes.

Des parents de l'endroit viennent de s'adresser au tribunal pour obtenir que leurs enfants soient exemptés du nouveau cours d'Éthique et culture religieuse (ECR). Ce cours obligatoire remplace l'ancien régime qui donnait le choix entre l'enseignement de la religion catholique ou protestante, ou l'enseignement moral. Les parents sont des catholiques qui invoquent que c'est eux et non l'État qui devraient avoir le dernier mot en matière d'éducation religieuse.

J'avoue que l'ancien régime me chicotait. J'ai toujours pensé que ce n'est pas une des missions de l'école que de transmettre une foi religieuse particulière. C'est aux autorités religieuses et aux parents que ce rôle incombe.

Mais le gouvernement, lui, plaide que le cours ne vise qu'à former de bons petits Québécois ouverts à la diversité d'aujourd'hui, en les initiant aux différentes cultures et aux différentes religions. De la pure foutaise.

ENDOCTRINEMENT

Supposons, comme le notait Christian Rioux du Devoir, que vous voulez initier les enfants à la littérature arabe. Ne serait-il pas plus logique de le faire dans un cours de littérature donné par un professeur dont c'est la spécialité ? Si vous voulez initier les enfants à l'histoire des religions amérindiennes, un cours d'histoire donné par un historien de métier ne serait-il pas la façon toute désignée ?

Autrement dit, si on enlève du cours d'ECR tout ce qui normalement devrait trouver sa place dans des cours déjà prévus au programme, que reste-t-il ? Il reste la véritable intention des promoteurs du cours : non pas ouvrir les enfants à la différence, comme s'ils étaient présentement fermés, mais plutôt les convertir à leurs vues.

Et quelles sont ces vues ? Mais tout simplement, le nouveau catéchisme du Québec moderne : le multiculturalisme à la canadienne, les droits individuels, les Chartes. Nous sommes simplement en train de remplacer une religion par une autre. Nouvelles soutanes, nouveau discours, même mentalité.

Allez lire les documents produits par les promoteurs du cours ECR. Si j'avais de la place, je vous citerais des extraits ahurissants. L'enfant doit en venir à trouver normal que son petit copain sikh porte un couteau, ou que l'on déplace une date d'examen pour cause de fête religieuse. Si vous êtes contre, vous êtes « nostalgique » et souffrez de « repli identitaire ».

MATRAQUAGE

Ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent.

Pour qu'un immigrant s'intègre, qui doit faire le plus gros du chemin, lui ou la société qui l'accueille ? Est-ce que la majorité a le droit de poser ses valeurs forgées par 400 ans d'histoire comme culture de convergence ? Les pratiques religieuses doivent-elles être confinées à la sphère privée et dans les lieux de culte prévus pour cela ? Où est-ce que les institutions publiques doivent se transformer pour accueillir toutes les croyances ?

Comme le notait une collègue, après dix ans d'un tel matraquage idéologique, nos enfants ne sauront pas grand-chose de l'histoire des religions, mais il n'y a pas une seule demande d'« accommodement », aussi exagérée soit-elle, qui ne leur semblera pas « raisonnable ». C'est le vrai but de ce cours.

mardi 19 mai 2009

No neutral ground in religion and ethics class

Lettre ouverte envoyée à la Gazette par John Vaudry de Montréal.
There seems to be a lot of misunderstanding as to why some parents object to the new course on Religion and Ethics that is now mandated in Québec schools. Shouldn't we all know something of what others believe? And if the course aims at promoting tolerance and "the common good," how could any right-thinking person be against it? Conservative Catholics and evangelicals are among the main opponents of the course. Those I know want a society in which all people (whatever they profess to believe or not believe) might live and let live. There ought to be at least civility among us, and in many cases co-operation for the common good.

However, this does not mean that children in Grade 1 must be taught about world religions. If parents and church teach, for example, that Jesus is Lord over all yet the school says Jesus is but one of many religious teachers (and how can it do otherwise?), there will inevitably be confusion in the child's mind. The notion that such a course can be taught from a neutral point of view is a myth. Not to decide is to decide. Either the school affirms that everyone should bow before Jesus or it does not. There is no neutral ground.

Similarly, it is questionable whether ethics can be taught from some supposedly neutral perspective. The teacher always has a bias (whether Christian, humanist, utilitarian, etc.) which will be virtually impossible to conceal. Big Brother needs to stop encroaching on the rights of parents.

John Vaudry, Montréal

Le pouvoir légitime des parents — Réponse à la lettre de l'abbé Gravel

Lettre ouverte de Mme Morse-Chevrier, présidente de l'Association des parents catholiques, envoyée à la Presse de Montréal et à l'Action, à la suite de la publication d'une lettre du prêtre Raymond Gravel en faveur de l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse.

Le procès opposant les parents qui demandent l’exemption de leurs enfants du cours d’Éthique et culture religieuse (ECR) et la Commission scolaire Des Chênes, assistée de la Procureure Générale comme intervenante, a eu lieu à la Cour Supérieure de Drummondville du 11 au 15 mai 2009. Ayant assisté à l’entièreté de la preuve présentée par les deux parties, je ré-affirme l’appui de la part de l’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) aux parents qui demandent l’exemption pour leurs enfants.

Le Cardinal Zenon Grocholewski de Rome, se référant « à de nouvelles réglementations civiles » qui remplacent l’enseignement religieux par des cours de « morale et culture religieuse », a publié très récemment (le 5 mai 2009), une lettre à tous les évêques du monde pour distribution auprès de ceux engagés dans la mission éducatrice de l’Église. Cette lettre rappelle très fortement la priorité pour le parent de choisir l’éducation morale et religieuse de leurs enfants à l’école comme ailleurs : « Au sein d’une société pluraliste, le droit à la liberté religieuse requiert à la fois l’assurance que l’enseignement religieux soit donné dans les écoles, et une garantie que cet enseignement soit en conformité avec les croyances des parents. »

La lettre du cardinal Grocholewski vient renforcer ses remarques orales il y a quelques semaines à l'effet que l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse au Québec « violait le droit des parents. » (Zenit, 19 février 2009)

En tant que préfet de la Congrégation pour l’Éducation catholique, le Cardinal, le 5 mai 2009, a prévenu des dangers suivants : « Si l’enseignement religieux se limite à une exposition de différentes religions de manière comparative et “neutre”, cela peut être source de confusion, ou inciter au relativisme ou à l’indifférentisme. » Ce n’est pas différent de ce que disent les parents qui demandent d’exempter leur enfant du cours d’Éthique et culture religieuse (ECR), ni des propos du théologien Guy Durand, témoin expert pour les parents en Cour supérieure à Drummondville du 11 au 15 mai 2009, qui a souligné que ce cours mène au relativisme.

Ce ne sont pas quelques parents marginaux qui s’objectent à ce cours, contrairement aux dires de M. Raymond Gravel (L’Action, le 14 mai 2009). Les Chevaliers de Colomb de la province veulent la reconnaissance du droit à l’exemption et que ce cours soit optionnel. Il en va de même pour les coptes orthodoxes, pour les parents de l’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) et de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ), pour plusieurs pasteurs évangéliques et autres. Lorsque 2000 parents demandent l’exemption, que 200 parents retirent leurs enfants et que des parents poursuivent une commission scolaire en cour, il y a lieu de s’interroger. Pour moins que cela, on avait introduit l’enseignement moral comme option à l’enseignement religieux, il y a plus de 25 ans. L’APCQ demande, avec les autres parents, que les commissions scolaires accordent l’exemption aux parents qui le demandent ou, mieux encore, que le cours ECR soit optionnel.

David Mascré, philosophe et professeur associé à l’Université de Paris, après une analyse minutieuse du programme, considère que ce dernier est dangereux pour les enfants car il promeut « le polythéisme » et « réduit systématiquement le contenu de la foi à un ensemble de symboles sans fondement objectif ni assise rationnelle ». Son analyse confirme celles faites par les parents de la province.

Il ne faut pas confondre la perte du choix entre l’enseignement religieux ou l’enseignement moral (sans religion) et l’imposition du programme d’ECR. Les parents veulent avoir, bien sûr, une option respectueuse de leur foi à l’école comme l’a maintes fois recommandé le Vatican. Cependant ils veulent aussi et séparément, ne pas voir des religions étrangères imposées à leurs enfants dans le contexte d’un cours non chrétien comme ECR. Ils ne veulent pas, non plus, que leurs enfants soient soumis à une approche de clarification des valeurs pour l’éthique, comme c’est le cas dans ECR.

Le cynisme, la moquerie et le mépris de M. Gravel à l’égard des parents ne semblent pas connaître de limite (L’Action, le 14 mai 2009). Mais, à mon étonnement, M. Gilles Routhier, théologien expert pour la Commission scolaire Des Chênes à Drummondville, a aussi reproché aux parents : « de bouder le programme, de faire des marches et des manifestations ». Par ces actions, les parents ne font qu’exercer leur pouvoir démocratique et défendre leurs droits. L’État et certains membres du clergé ont peut-être un agenda social à promouvoir, mais ce débat doit se faire entre adultes consentants. Ne le faisons pas sur le dos des enfants. En dépit de sa position pro-ECR, Georges Leroux, témoin expert pour la Commission scolaire à Drummondville, a prévenu contre le fascisme quand l’autorité parentale tombe. Il faut renforcer et non miner l’autorité parentale et le droit de choisir des parents.

Les parents ne sont pas des fanatiques parce qu’ils tentent de passer à leurs enfants des valeurs sûres et une foi vivante et parce qu’ils ne veulent pas voir cet ouvrage détruit par l’école, en l’occurrence par le cours ECR. L’APCQ demande le respect pour ces parents et pour leurs enfants et adolescents dont la liberté de conscience et de religion est aussi bafouée.

Lorsqu’on demande à l’enfant de comparer des récits religieux, de rentrer dans des lieux de culte en prenant les postures requises par cette croyance, de nommer des noms de dieux païens, de lire des prières des spiritualités autochtones, de raconter comment il vit sa religion à domicile, de se taire devant des opinions qu’il trouve irresponsables ou devant des croyances qu’il trouve illégitimes, d’accepter toute croyance sur le même pied, on demande à l’enfant d’agir et non seulement d’observer le phénomène religieux, contrairement à ce qu’ont prétendu M. Jacques Pettigrew et M. Routhier lors des audiences en cour. Ces actes interfèrent avec le développement religieux de l’enfant car il doit mettre de côté son esprit critique face aux autres religions et collaborer avec des actions qui vont parfois contre sa foi. Le vivre-ensemble n’est pas tout, l’enfant tend entièrement vers la connaissance de la vérité, comme l’a précisé le professeur Mascré devant le Tribunal.

Laissons les parents éduquer leurs enfants. Ne tentons pas de leur enlever ce privilège qui vient avec la responsabilité de les élever. Faisons confiance au peuple québécois en leur laissant, comme le stipule le Vatican, une réelle liberté dans le choix de l’école et des programmes. Rejetons l’approche totalitaire qui impose, par le biais de lois gouvernementales, de cours obligatoires et de mépris des demandes des parents, des changements identitaires aux plus jeunes et plus vulnérables des citoyens.

Terminons par une citation d’un document de Vatican II donnée en Cour Supérieure par Me Jean-Pierre Belisle, procureur pour les parents, pour appuyer la légitimité des actions des parents catholiques (et autres) qui veulent exercer de manière responsable leur autorité parentale :
« Qu'ils [les laïcs] attendent des prêtres lumières et forces spirituelles. Qu'ils ne pensent pas pour autant que leurs pasteurs aient une compétence telle qu'ils puissent leur fournir une solution concrète et immédiate à tout problème, même grave, qui se présente à eux, ou que telle soit leur mission. Mais plutôt, éclairés par la sagesse chrétienne, prêtant fidèlement attention à l'enseignement du Magistère, qu'ils prennent eux-mêmes leurs responsabilités. »
(Gaudium et Spes, 43-2).

Notons que le Magistère vivant est celui dont l'autorité s'exerce au nom du Christ, c'est-à-dire par les évêques en communion avec l'évêque de Rome (Wikipedia).

Jean Morse-Chevrier,
présidente,
Association des parents catholiques du Québec

Cours d'éthique et de culture religieuse — Réponse à l'abbé Gravel

Lettre ouverte de Guy Durand, théologien, à Raymond Gravel, prêtre, qui approuve l'imposition du cours ECR.
Monsieur Raymond Gravel, votre lettre sur le cours Éthique et culture religieuse m'a d'autant plus attristé que j'ai une grande admiration pour vous. Comment pouvez-vous être aussi méprisant pour des citoyens qui demandent qu'on respecte leur liberté de conscience et de religion: «Fanatiques», «ultra-catholiques», sans avoir «évaluer la pertinence et le contenu» du programme. Tout en appuyant la demande d'exemption, je ne me reconnais aucunement sous ces termes: j'ai milité il y a plusieurs années pour la déconfessionnalisation de l'école Notre-Dame-des-Neiges à Montréal; j'ai déjà écrit comment on devrait transformer le présent programme (revue Éthique publique, printemps 2008). Mais je respecte infiniment la liberté de conscience et de religion, donc le droit à l'exemption du cours ÉCR qui constitue le coeur du procès à Drummondville. D'autant plus que je trouve que le programme actuel, malgré les beaux objectifs affichés, contient des faiblesses majeures, surtout lorsqu'il s'adresse aux élèves du primaire. Peut-on discuter à un autre niveau que celui des invectives?

Vous dites que les objectifs du programme sont corrects. Oui, mais avez-vous analysé la structure et le contenu du programme? Avez-vous analysé quelques manuels? Personnellement, je ne pense pas que le cours réponde aux objectifs que vous désirez: «comprendre notre culture et notre héritage collectif» ou «montrer l'influence du christianisme dans l'évolution de la société québécoise». On présente huit religions aux enfants de six et sept ans. Elles sont sur le même pied que des légendes grecques, des mythes et des contes que personne ne donne comme «croyances». Le maître doit rester neutre dans les discussions entre enfants. Je ne vois pas en quoi le cours permettra «d'apprendre à distinguer un récit historique d'une légende ou d'un texte poétique». Au contraire, c'est plutôt la confusion que le programme favorise. Les éléments des religions sont présentés de manière morcelée, sans que l'élève ne puisse saisir la signification profonde de la religion ou le sens qu'elle pourrait donner à sa vie. Le christianisme lui-même y est mal présenté, vidé de tout ce qui fait sa signification. Il n'est pas certain d'ailleurs qu'on lui donne la prépondérance demandée. Quand il est question des besoins de l'enfant, on en nomme cinq ou six, mais jamais les besoins d'ordre spirituel ou religieux ne sont cités. On cherche à développer l'esprit critique des jeunes enfants, y compris vis-à-vis les règles familiales et religieuses. On impose aux enfants du primaire des discussions qui relèvent davantage de la fin du secondaire.

Il n'est pas question de transmission de la foi – on s'entend que celle-ci relève des parents et des communautés – mais de la transmission de connaissances religieuses ou d'acquisition de la culture religieuse qui a fait le Québec, ainsi que d'une véritable formation morale et non d'un cours de citoyenneté.

Les orientations du programme sont confirmées et accentuées par les affirmations et déclarations de certains rédacteurs ou conseillers du programme dans des revues ou des séances de formation organisées par le Ministère: l'un affirme «Tout est légitime»; un autre déclare qu'il faut «apprendre à ébranler la suffisance identitaire» du jeune; un troisième dit qu'il faut décentrer le jeune; un quatrième qu'il faut apprendre à relativiser; une diapositive d'un video de formation signale qu'il faut poursuivre la déconfessionnalisation du système scolaire jusqu'à la «déconfessionnalisation des mentalités».

Dans les manuels utilisés à Drummondville (1re et 2e années), il y a deux prières à la Terre-Mère et au Grand-Esprit, aucune allusion au Notre Père. On parle de la Création en deuxième année en décrivant la légende autochtone du Grand-Lièvre: rien sur le récit biblique. On fait suivre le récit de Noël d'un «réveillon» chez les souris. on ne dit pas pourquoi Jésus pardonne à Zachée. Dans un autre manuel, on demande aux enfants de 12,13 ans d'inventer leur propre religion (fondateur et mythe fondateur, un ou des dieux, un code moral, un livre sacré, quelques rituels, quelques objets de culte): jeu si l'on veut, mais on peut se demander ce que ce jeu induit dans la pensée de l'enfant. Ailleurs, on met la Révélation de Dieu à Mahomet à l'indicatif («Dieu révéla à Mahomet le message divin») alors qu'on utilise le conditionnel pour la Résurrection de Jésus («ses disciples l'auraient rencontré bien vivant»). On décrit la place de la femme dans diverses religions de manière vraiment injuste pour le catholicisme. Une activité de réflexion de type yoga avec les tout petits a pour titre «Graine de doute» et donne le doute comme fruit de l'activité.

Je suis particulièrement abasourdi par votre dernière phrase: «comme prêtre catholique, je fais confiance à la sagesse de nos évêques». Que pensez-vous de la sagesse des évêques sur la contraception, l'homosexualité, le mariage des prêtres, l'ordination des femmes? Question directement de leur ressort pastoral pourtant. Le concile Vatican II a d'ailleurs affirmé que dans les questions concrètes d'aménagement social et politique, il appartient aux laïcs de décider; ceux-ci ne doivent pas penser que leurs pasteurs ont cette compétence, ni mission à cet effet (Gaudium et spes, no 43, paragraphe 2).

Quant à la déclaration de l'épiscopat en 2008, elle rappelle que leur préférence demeure pour les options en enseignement religieux, elle signale de nombreuses faiblesses et difficultés qui affectent le programme, «dont certaines sont contournables», ce qui implique que certaines ne le sont pas. Et leur déclaration contient trois fois l'affirmation qu'ils sont devant un fait accompli: Ils sont loin d'approuver le programme. On peut comprendre leur fatigue quand on sait qu'ils se sont prononcés en faveur des options des dizaines de fois, notamment en 1997, 1999, 2000, 2005.

Guy Durand, théologien retraité

Dunham