samedi 16 août 2008

Contrôle renforcé des enfants qui pourraient ne pas assister à leur cours obligatoire de dialogue et de diversité religieuse

Le Soleil rapporte dans son édition (papier) de ce samedi que la Commission scolaire des Sommets veut subitement mettre en place des mesures pour contrôler la présence des élèves en classe.

Pour mieux lutter contre le décrochage scolaire et l'école buissonnière ? Il n'était que temps !

Pas du tout.

Pour imposer le nouveau cours de tolérance, de dialogue et de diversité religieuse aux enfants des parents récalcitrants qui n'ont jamais été consultés et dont on a supprimé le droit à l'enseignement de leur religion à l'école pour imposer un cours d'éthique et de culture religieuse décidé par le Monopole de l'éducation et ses experts cooptés. Oubliant de la sorte que l'école publique est un service rendu aux parents, que ses professeurs sont des tuteurs temporaires de l'autorité parentale mandatés par les parents et que les enfants n'appartiennent ni à l'État ni aux commissions scolaires.

M. Provencher directeur adjoint à la commission scolaire des Sommets déclare que chaque école devra mettre en place des mesures appropriées pour contrôler les allées et venues des élèves.

Et certains journalistes oseront encore répéter que le Monopole de l'éducation ne veut pas intimider les parents, mais qu’il privilégie l’information !

Notons que M. Provencher qui doit bien connaître le français et qu'on ne peut imaginer commettre un anglicisme dit bien « contrôler » c'est-à-dire « vérifier » et non pas comme en anglais « limiter » les allées et venues. (Les amateurs d'histoire se rappeleront les conséquences tragiques à Mers-el-Kébir d'une mauvaise traduction de ce mot.)

Il sera intéressant de voir ce qui se passera quand les parents se présenteront pour retirer leurs enfants lors de ces cours pour les ramener l'heure suivante.

Quelles pressions l'établissement scolaire exercera-t-il sur ces enfants pour qu'ils se conforment et se désolidarisent de leurs parents ?

mercredi 13 août 2008

Soirée d'information le 19 août à Valcourt sur le boycott des cours d'ECR

Le mardi 19 août 2008 à 19 h 00

À l’église de Valcourt



L’État veut imposer de force le cours d’éthique et de culture religieuse, le gouvernement va trop loin : ce cours fragilisera la foi de nos enfants. C’est pourquoi la CLÉ envisage de s’organiser pour que les enfants s’absentent pendant ce cours au primaire comme au secondaire. C’est une façon concrète de montrer notre opposition, car nous n’avons pas été consultés ni n’avons donné notre approbation à ce cours.

Cette soirée d’information de CLE aura pour but de répondre aux questions des parents qui veulent sortir leurs enfants de ce cours. On y discutera comment les encadrer durant la période de ce cours dès le début des classes en septembre 2008. On pourra poser des questions et partager ses idées ; votre présence est très importante pour la réussite du boycott, soyons persévérants. Plus nous serons à contester et plus grande sera notre pression sur le gouvernement.

Tous ensemble, nous vaincrons pour la liberté de choix

Quelques-uns des sujets à l’ordre du jour de cette soirée d’information :
  1. Lieu où nos enfants iront durant la période de ce cours;
  2. Demande de bénévoles pour encadrer et superviser les enfants au besoin;
  3. Parents intéressés en vu des élections pour faire parti du Conseil d’Établissement au primaire et secondaire et participation aux votes, etc.;


Pour information : Sylvain Lamontagne au 450-532-5606

Venez en grand nombre – Bienvenue à tous !

Soirée d'information le 19 août à Sillery

Lors de la rencontre au Montmarte Canadien, le 9 juin, la CLÉ avait réussi à rassembler 350 personnes. La CLÉ organise une autre réunion d'information le 19 août où se prononceront les orateurs suivants :
  • Me Jean-Yves Côté,
    avocat spécialisé en jurisprudence ;

  • M. Gary Caldwell par vidéo,
    Commissaire dissident aux États généraux,
    il nous dévoilera les revers de ce cours ;

  • Mme Carole Cardinal,
    vice-présidente de l'ACPEQ,
    assistante juridique de Home School Defence Association of Canada ;

  • Dre Jean Morse-Chevrier par vidéo,
    Psychologue et présidente de l'APCQ,
    Les effets du cours ECR sur les enfants.

Mardi le 19 août 2008 à 19 h 30

Sous-sol de l'église St-Charles Garnier

1215, Chanoine-Morel (coin boul. Laurier), Sillery


Le gouvernement a modifié l'article 41 de la charte québécoise des droits et liberté de la personne. Cela réduit considérablement votre rôle de parent. Par ce changement à la charte, c'est l'État qui, désormais, décidera ce qui est bien pour votre enfant et le lui imposera. L'État peut donc obliger nos enfants de suivre des matières qui vont à l'encontre de nos principes ou de notre religion.

www.coalition-cle.org ou infos@coalition-cle.org ou (418)  839-6236


Entrée libre, Stationnement gratuit, bienvenue à tous et toutes

mardi 12 août 2008

Garderies — plus de places pour les femmes modernes, rien pour les femmes qui gardent elles-mêmes leurs enfants

Le Parti libéral poursuit la mise en place des garderies subventionnées, idée lancée par le Parti québécois, et néglige une fois de plus les femmes qui gardent elles-mêmes leurs enfants à la maison.

Remarquons que ce programme a sans doute très peu avoir avec le « mini-baby-boom » que connaîtrait le Québec, il est tout aussi probable que les baisses d'impôts et de taxes, l'allocation universelle pour jeune enfant et l'embellie économique de ces dernières années aient été responsables de la très petite hausse du taux de natalité québécoise toujours catastrophiquement bas : 1,65 enfant/femme. Rappelons que pendant la même période, sans système de garderie ruineux, la fécondité du Canada (avec en tête l'Alberta) a augmenté et que les chiffres de 2005 (1,54 enfant/femme) étaient les plus élevés depuis 1998...

Revenons un peu en arrière : garderies et natalité

En ce qui concerne la natalité, il est intéressant de remarquer que l'introduction du programme des garderies ne s'est pas accompagné d'un regain de fécondité, contrairement à ce qui s'était produit lors du lancement du programme de primes à la naissance. C'est ainsi que le taux de fécondité passa de 1,37 en 1986 à 1,66 en 1992. Que se passe-t-il depuis 1997 ? Le taux de fécondité a baissé par rapport à la dernière année du « lamentable échec » et il a gravité pendant 4 ans après l'introduction des garderies autour de 1,45. Le ministre d'État à la population de l'époque, M. Trudel, remarquait lui-même récemment « qu'en 2001, seuls 73 500 nouveau-nés avaient vu le jour chez-nous, alors qu'il y a à peine cinq ans, on en comptait 85 000. » Notons que cette inefficacité sur plan de la natalité du nouveau programme-phare du gouvernement québécois ne devrait pas surprendre puisqu'il n'incite pas les femmes à avoir plus d'enfants mais à retourner le plus rapidement possible au travail, ce qui pourrait bien être contradictoire.

Le fameux baby-boom que vivrait le Québec

Les médias québécois ne peuvent s'empêcher de parler de « baby-boom » actuellement. Or celui-ci est équivalent (1,65 enfant/femme) que l'indice synthétique de fécondité en 1992 (1,66), mais avec nettement plusen 2008 d'immigrantes et d'Améridiennes (plus fécondes que les Québécoises francophones de naissance) qu'en 1992. Rappelons que ce 1,66 de 1992 avait été décrié par le PQ de l'époque comme un « lamentable échec »...

Ce programme semble non seulement inefficace dans le domaine de la natalité, il l'est très probablement dans sa dimension économique. En effet, le gouvernement semble vouloir nationaliser le système de garderie alors que les garderies privées et le milieu informel de garde (assuré, par exemple, par la famille ou les voisins) s'avèrent nettement moins coûteux et plus souples. Il faut se méfier des systèmes qui sont basés sur la gratuité (déguisée ici) : ils sont sources de blocage économique, ont un effet boomerang sur la distribution et limitent le libre choix. Il aurait été plus efficace de simplement transférer les sommes considérables en jeu à toutes les familles et de leur laisser le choix du mode de garde de leurs enfants.

Garderies subventionnées - Inéquitable

Contrairement au programme d'allocation à la naissance, le programme des garderies à 7 $ n'est pas un programme universel : il pénalise les familles qui n'utilisent pas le système. Une jeune famille traditionnelle de la classe moyenne avec un seul revenu (l'autre parent garde les enfants) ne reçoit aucune allocation familiale de Québec . Pourquoi, alors qu'un des parents fournit un travail de garde à la maison, ce parent-il n'est-il pas en droit de recevoir les mêmes subsides que les familles qui confient leurs enfants à l'État ? Où envoyer la facture avoisinant les 25$/jour/enfant correspondant à la subvention perçue par les familles « modèles » dont les mères retournent au plus vite au bureau et laissent d'autres s'occuper de leurs enfants ?

« Penser famille », toutes les familles

Les gouvernements successifs ont mis beaucoup de zèle à modifier des pans entiers de la législation pour y inscrire les revendications de certains groupes de pression et concrétiser ou précéder les transformations de notre société. Des mesures fiscales ou subventions ont été consenties dans ce sens. Le programme de garderie à 7 $ est à ce titre emblématique. Des campagnes de sensibilisation ont été entreprises régulièrement pour répondre aux sensibilités de ces groupes de pression : campagne contre la violence faite aux femmes, contre la discrimination faite aux femmes, contre le racisme, contre l'homophobie, pour encourager les jeunes filles à opter pour des carrières masculines, pour la planification familiale, la parité salariale, etc.

On n'a jamais vu le même zèle dans la promotion de la famille comme lieu d'épanouissement, de campagne sur l'importance de la stabilité dans le couple, sur le besoin d'avoir plus d'enfants, sur la possibilité de rester une mère au foyer pendant quelques années. Et pourtant, il faut créer une mentalité d'accueil de plusieurs enfants au sein d'une même famille. Ces campagnes ne suffiraient pas, bien sûr, et il faudrait les accompagner de mesures fiscales qui encourageraient véritablement les familles (en mettant en œuvre un réel transfert de richesse entre les couples sans enfants et ceux ayant cette charge supplémentaire). Une telle fiscalité serait non seulement plus juste, elle aurait en outre des vertus pédagogiques certaines. Il est important de susciter un choc, un choc psychologique et financier en faveur de la famille plutôt que de distiller au compte-gouttes des mesures au fil du temps.

Il ne s'agit pas ici de vouloir exclure les mesures favorisant la réconciliation du travail et de la maternité, mais plutôt de vouloir s'ouvrir à toutes les formes de maternité et, plus généralement, d'encourager la famille et non plus seulement l'émancipation de la femme comme cela semble trop souvent le cas aujourd'hui. Il s'agit de « penser famille » constamment, de penser à toutes les familles sans cet esprit sectaire qui ne favorise qu'une configuration jugée moderne tout en pénalisant celles péremptoirement considérées comme « rétrogrades ».

Espérons qu'un gouvernement saura agir avec discernement sans persévérer par dogmatisme dans la mise en œuvre de solutions à la fois inefficaces et iniques. Il est, en effet, vain d'opposer la mère au foyer et la mère salariée, comme on semble le faire à dessein aujourd'hui, car chacun de ces choix peut se justifier et, surtout, parce que le Québec a besoin des enfants des unes comme des autres.

dimanche 10 août 2008

Les catholiques québécois doivent-il suivre leurs évêques dans leur résignation molle face au cours d'éthique et de culture religieuse ?

Les parents catholiques doivent-ils suivre leurs évêques québécois qui, résignés, estiment que les catholiques ne doivent exercer leur droit d'objection de conscience qu’avec circonspection et qui aimeraient plutôt qu’on fasse confiance à l’appareil bureaucratique qui a concocté le nouveau cours ?

Les évêques en communion avec le Pontife romain

Faut-il en toutes circonstances que les catholiques suivent leurs évêques ? La doctrine catholique est très claire à ce sujet : uniquement si les évêques enseignent en communion avec le Pontife romain. Voir la constitution dogmatique sur l'Église, Lumen Gentium, n° 25, § 1 :
« Les évêques quand ils enseignent en communion avec le Pontife romain, doivent être respectés par tous comme les témoins de la vérité divine catholique; et les fidèles doivent accepter l'avis donné par leur évêque au nom de Jésus-Christ en matière de Foi et de morale, et y adhérer avec un respect religieux. Mais cette soumission religieuse de la volonté et de l'intelligence, on doit tout particulièrement l'offrir au magistère authentique du Pontife romain ».
Saint-Siège contre le relativisme mais pour la concurrence scolaire

Or que dit le Saint-Siège au sujet des écoles qui enseignent que plusieurs religions et systèmes philosophiques sont d’égales valeurs ?

La question avait déjà été abordée à plusieurs reprises.

Le pape Léon XIII s'était exprimé dans l'encyclique Affari Vos en 1897 sur la question scolaire au Canada. Il y dit qu'
« Il est nécessaire d’éviter à tout prix, comme étant les plus dangereuses, les écoles dans lesquelles toutes les croyances sont bienvenues et traitées comme des égales, comme si, en ce qui concerne Dieu et les choses divines, il n’était d’aucune importance que ce qui est cru par quelqu’un soit correct ou non et qu’il s’engage du côté de la vérité ou de l’erreur. »
Benoît XVI a réitéré le même point de vue alors qu'il s’exprimait récemment devant la Conférence des évêques italiens (CEI).

Le Pontife a insisté sur la priorité éducative, dont il a donné cette définition, très précise :
« Il s’agit de transmettre la foi aux nouvelles générations et, pour cela, il faut réagir au relativisme d’une culture qui met Dieu entre parenthèses et l'écarte de toute décision et de tout débat, notamment en ce qui touche aux questions définitives, au profit d’affirmations et de solutions de l’instant. »
Le Pape s’est également déclaré en faveur d’une saine concurrence de plusieurs réseaux scolaires soutenus par l’État :
« Comment ne pas avoir, dans ce contexte, une parole en faveur de ces lieux spécifiques de formation que sont les écoles ? Dans un État démocratique, qui s’honore de promouvoir la libre initiative dans tous les domaines, l’exclusion d’un soutien adéquat aux efforts des institutions de l’Église dans le domaine de l’école ne semble pas se justifier. Il est bien légitime de se demander si la qualité de l’enseignement ne serait pas stimulée par la mise en présence de différents centres de formation suscités, dans le respect des programmes définis par le ministère et valables pour tous, grâce aux initiatives populaires multiples, ayant pour préoccupation de se faire les interprètes des choix éducatifs des familles elles-mêmes. Tout laisse penser qu’une telle confrontation ne manquerait pas de produire des effets bénéfiques. »

vendredi 8 août 2008

Victoire pour l’enseignement à domicile en Californie

Dans une décision unanime, la Cour d’appel de Californie du deuxième district d’appel a décidé aujourd’hui que « les lois californiennes permettent l’enseignement à domicile comme une forme de l’enseignement privé ».

Ce jugement infirme la décision que ce même tribunal de trois juges avait prononcée en février. Elle faisait de la Californie le seul État des États-Unis qui empêchait par la loi aux parents d’enseigner à leurs enfants chez eux à moins qu’ils ne soient eux-mêmes des professeurs certifiés. Cette menace d’interdiction avait stupéfait les parents des 166 000 enfants californiens qui sont éduqués à la maison.

Le gouverneur Arnold Schwarzenegger avait promis d’autoriser l’éducation à domicile par une loi qu’il présenterait si le tribunal ne révisait pas sa décision. La cour d’appel avait alors invité les différentes parties concernées à présenter des dossiers afin qu’elle puisse réexaminer ce dossier.

Contrairement à pas moins de 30 États fédérés des États-Unis qui permettent explicitement l’enseignement à domicile, la Californie n’abordait pas la question dans ses lois. Désormais, en assimilant l’éducation à la maison à une forme d’école privée, les parents peuvent éduquer leurs enfants à la maison même s’ils ne sont pas des professeurs certifiés par l’État. Toutefois, ce droit peut leur être retiré si la sécurité des enfants devait être mise « en péril ».


La décision en anglais (44 pages)

jeudi 7 août 2008

Paulo Coelho, le syncrétiste, un sage pour le cours d'ECR des éditions Modulo ?

Wikipedia décrit l'œuvre de Paulo Coelho en ces termes : « Les livres de Coelho sont des romans à tendance philosophique abordant la spiritualité, à la manière d'un vaste conte. Une spiritualité syncrétique, qui méconnaît les orthodoxies, empruntant à des traditions très diverses, et parfois contradictoires : religions, courants philosophiques, mysticisme, spiritisme, méditation, surnaturel, ésotérisme, etc. Le style fluide et direct, aisé à traduire, et la trame simple des récits ont permis à Coelho de toucher un très vaste lectorat, dans toutes les cultures. »

La critique littéraire est moins diplomatique que Wikipédia quant aux talents littéraires de Paulo Coelho : « gourou new age en stage chez Barbara Cartland », « littérature humanitaire, trempée dans un encrier de sagesse orientale, relevée d'une pointe d'exotisme Ushuaia [documentaires géographiques] », « bluette d'Épinal »... Certaines commissaires scolaires le font lire systématiquement aux élèves de 15 ans.

Les manuels d'Éthique et de culture religieuse pour le deuxième cycle du primaire (8 et 9 ans) publiés par Modulo introduisent un sage « très patient » qui « n'a jamais refusé de répondre [aux] multiples questions ». Il « vend des chapeaux ». Ces chapeaux jouent un rôle allégorique : différents chapeaux pour chaque tradition et occasion kippa, turban, barrette, voile musulman ou de mariée, etc. Ils serviront de fil conducteur le long des manuels.

L'allusion à Paulo Coelho, le romancier syncrétiste, qui adore lui aussi les chapeaux est transparente et probablement très appropriée à ce cours d'introduction aux religions. Le même syncrétisme médiocre dès le plus jeune âge.

la couverture syncrétique

La couverture très politiquement correcte de Modulo : on y reconnaît M. Paulo, Nadja « fière de son grand-père attikamek [tête-de-boule] », Simon « arrivé d'Haïti » et Octave aux cheveux châtain clair dont les parents ont bien sûr adopté une fillette asiatique, Lan.

M. Paulo essaie de réconcilier les récits religieux de la création et la science


la couverture syncrétique

Après avoir entendu différents récits de la création, plusieurs religieux et un scientifique (la théorie du Big Bang), Nadja se « sent bousculée dans sa tête ». Faut-il croire « la légende attikamek de son grand-père » ? Octave lui ne semble pas lié à ses racines, il se demande  « est-ce qu'Adam et Ève furent les premiers êtres vivants ou alors est-ce Pangu ? » Pangu[1] ? Qui au Québec se demande vraiment si 盤古 est le premier homme ? On notera au passage que le poids de la famille ne semble pas avoir de prise, mais que, dans ce scénario, l'école ébranle bien la compréhension religieuse de la création des jeunes héros. Dissonance que craignent plusieurs détracteurs de cette nouvelle matière, mais qui est recherchée par les pères de ce cours.

Mais voyons comment M. Paulo va résoudre ces dilemmes.
Octave reprend son souffle et résume : « Nous voulons savoir pourquoi la science et les religions ne disent pas la même chose sur l'origine du monde. Nous croyons que vous connaissez la réponse. »

Monsieur Paulo esquisse un geste et dit : « C'est parce qu'elles ne cherchent pas à répondre aux mêmes questions. La science tente de nous dire comment, dans les faits, le monde a commencé. Les récits sur les origines du monde veulent répondre à d'autres questions, par exemple : Que faut-il faire pour créer un monde de bonheur ? »
Et c'est ainsi que se termine le livre Modulo destiné à vos enfants de huit ans ! Ne vous étonnez pas s'ils sont déboussolés après un tel cours de « culture religieuse ».

Retour sur l'« explication » de M. Paulo

D'une part, cette explication ne plaira pas du tout aux créationnistes, ils ont aussi des enfants qui vont à l'école et ils sont en fait assez nombreux au Québec !

D'autre part, l'explication de M. Paulo accumule les défauts. Elle est toute sirupeuse de « bonheur » si moderne , elle passe sous silence le fait que la Terre est aussi une « vallée des larmes » et elle omet de parler de la « Chute » peu compatible a priori avec la création d'un « monde de bonheur », enfin elle est ambigüe et sans doute inexacte même si on est un interprète la Genèse de manière allégorique. Il est difficile d'être sûr puisque la réponse est ambiguë : qui dans « Que faut-il faire pour créer un monde de bonheur ? » est censé créer ce monde de bonheur et aurait besoin de savoir comment le créer ? Dieu le créateur ? Peu crédible. Les hommes ? Mais en quoi la Genèse le leur dirait ? Mystère et boule de gomme. Ah, M. Paulo !

Retour au catéchisme !

Pour une réponse plus compréhensible de ce que les religions enseignent vraiment, il faudra que les enfants aient la chance d'avoir un cours dans leur tradition. Pour les catholiques — et de nombreux autres chrétiens —, il faudra se tourner vers leur catéchisme :
La catéchèse sur la création revêt une importance capitale. Elle concerne les fondements mêmes de la vie humaine et chrétienne : car elle explicite la réponse de la foi chrétienne à la question élémentaire que les hommes de tous les temps se sont posée : « D’où venons-nous ? » « Où allons-nous ? » « Quelle est notre origine ? » « Quelle est notre fin ? » « D’où vient et où va tout ce qui existe ? » Les deux questions, celle de l’origine et celle de la fin, sont inséparables. Elles sont décisives pour le sens et l’orientation de notre vie et de notre agir.

(Catéchisme de l’Église catholique, 1992, n° 282)

Il ne s’agit pas seulement de savoir quand et comment a surgi matériellement le cosmos, ni quand l’homme est apparu, mais plutôt de découvrir quelle est le sens d’une telle origine : si elle est gouvernée par le hasard, un destin aveugle, une nécessité anonyme, ou bien par un Être transcendant, intelligent et bon, appelé Dieu.

(Catéchisme de l’Église Catholique, 1992, n° 284)



Inutile de dire qu'on ne trouve pas le mot « bonheur » dans ce catéchisme sur la création, mais bien « sagesse », « liberté », « joie » (pour ceux qui cherchent Dieu, Ps. 105, 3) et « confiance ». Le christianisme étant plus une religion de l'espoir que du « bonheur » de ce monde.


[1] La graphie traditionnelle française est Pan kou.

L’idée banale selon laquelle il suffirait d’oublier ce qui sépare ne mène à rien…

Il y a quelques mois s'affrontaient un grand arabisant et le physicien Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, animateur de l’émission Islam à France 2 le dimanche matin.

Passionnante confrontation animée par Alain Finkielkraut et dont on appréciera les interventions du théologien François Jourdan, grand arabisant et responsable diocésain du dialogue catholique-musulman à Paris. Ce dernier vient de publier un livre dont le besoin se faisait sentir depuis vingt-cinq ans : « Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans. Est-ce le même Dieu ? » Le Père Jourdan répond non, car même si l’élan des croyants est comparable, l’idée que Dieu existe l’est aussi ; mais la similitude s’arrête là. Des différences irréductibles séparent les deux théologies. L’idée banale selon laquelle il suffirait d’oublier ce qui sépare ne mène à rien…

Le père Jourdan s’oppose au dialogue aseptisé (penser au cours d’Éthique et de culture religieuse) et déclare que les bons sentiments ne sont pas nécessairement le meilleur remède. Il dénonce une constante maldonne sur les mots qui fonde une fraternité mensongère et un angélisme de mauvais aloi. Les mêmes mots sont des pièges. Ainsi quand le musulman dit « J'accepte Jésus », de quel Jésus s'agit-il ? Pourquoi n'est-il pas chrétien alors ? Mieux vaut au contraire savoir avec précision en Qui l’on croit, pour pouvoir ensuite dialoguer dans la vérité.

On ne peut que conseiller le livre du P. Jourdan à tous (y compris les futurs professeurs d’ECR), remarquablement clair, précis et argumenté. Il clarifie le débat pour des chrétiens habitués depuis trente ans à la confusion sur ce sujet. On y découvre que l’islam emploie des mots et des noms (Abraham, Gabriel, Jésus, le Livre) qui laissent croire à un patrimoine biblique partagé. Toutefois quand on examine de près ces termes, on constate que leur contenu n’est pas du tout semblable.

L'ouvrage réalisé par le père Jourdan donne le point de vue catholique officiel (c’est un ouvrage « nihil obstat et imprimatur ») sur la doctrine de Dieu comparée entre chrétiens et musulmans. L’auteur s’y insurge contre des assimilations faciles : Nous avons le même Dieu, le Coran parle de Jésus, Abraham est ;le père de tous les croyants...

Dans sa préface, Rémi Brague souligne que les points communs sont ce qu’il y a de moins intéressant. Définir Napoléon en disant : il a deux jambes et une tête, donc il est comme moi, n’avance à rien.

S'il y a unicité de Dieu dans l’islam, c'est d'unité divine qu'il faut parler dans le christianisme : l’unité préserve la diversité. Le Dieu chrétien comporte trois personnes : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Cette notion de Trinité heurte l’islam. De plus, c’est une erreur d’appeler Dieu « Père  » pour un musulman. Le chrétien est fils de Dieu mais le musulman est serviteur, esclave (abdallah) de Dieu. Pour le chrétien (comme pour le juif) il y a une alliance entre Dieu et l’homme, pas en Islam. La conception de Dieu dans l’Islam diffère profondément de la conception chrétienne : en ce sens, ce n’est pas le même Dieu dont on parle.

Devant les problèmes nets soulevés par le père Jourdan, Bencheikh a été brillant, mais évasif, jouant à l’esquive. On appréciera sa joli pirouette qui consiste à dire que musulman ne signifie pas mahométan, mais simplement croyant en Dieu ! Ghaleb Bencheikh semblait, tout le long du dialogue, refuser d'aller au fond du problème.

Ses « j'en conviens » sont aseptisés, convenus. Pourtant, quel intérêt peut revêtir le dialogue interreligieux, s'il cherche à gommer la confrontation des altérités, qui est pourtant à la racine même d'un tel échange ? Si nous nous ressemblions tant que ça, l'intérêt d'un dialogue serait maigre.

Bencheikh semblait vouloir rendre plus présentable la vieille prétention de l'islam – tout en ne parlant jamais qu’à titre personnel et jamais au nom de l’islam – à être la religion originelle et parfaite (Abraham et Jésus étaient musulmans) et qui, dans sa doctrine, conteste radicalement le judaïsme et le christianisme.

lundi 4 août 2008

La tyrannie de l'État qui vous veut du bien

« De toutes les tyrannies, celle qui vise le bien de ses victimes est sans doute la plus oppressive. Il est sans doute préférable de vivre sous le joug de pillards impudents que sous celui de moralistes excités et omnipotents. La cruauté du pillard s’endort parfois, sa cupidité se rassasie, mais ceux qui nous tourmentent pour notre propre bien n’auront jamais de cesse puisqu’ils ont la bénédiction de leur conscience. »

C.S. Lewis, God in the Dock

dimanche 3 août 2008

Dialogue (bien sûr fictif) autour de la famille avec des élèves de 7 ans...

Fais l'inventaire de tous les modèles familiaux que tu connais. Que remarques-tu ?


(Cliquer sur l'image pour en afficher une version plus grande)


— Voyons voir... Oui, Pierre-Alexandre ?

— Les familles avec un papa et une maman.

— Très bien. D'autres encore ? Steeve ?

— Avec une maman et pas de papa à la maison ?

— Oui, on appelle cela, une famille mo-no-pa-ren-tale. Qu'est-ce qu'il y a Michael ?

— C'est pas une vraie famille ça ! Mon père dit que c'est pas bien pour les enfants.

— Ah, vraiment Michael ? Regarde bien la page suivante...

(Cliquer sur l'image pour en afficher une version plus grande)

Marco est triste. Pendant la récréation, Olivier s'est moqué de lui et l'a traité de vaurien parce qu'il n'a pas de papa. Marco habite seul avec sa maman. Il ne connaît pas son papa. Marco pleure.


— Tu comprends que tes paroles peuvent être blessantes, Michael ? Voyons comment résoudre ce problème. Regardez en bas de la page 32 de votre manuel.

(2) Propose une piste de solution et nomme un effet possible.

[3] De quoi a-t-on besoin pour former une famille  ? Discutes-en avec tes camarades [de 7 ans !].



(Longue discussion érudite)

— Bien, d'autres familles ?

Les familles décomposées, m'dame !

— On dit « recomposées », Shanny-Lynn; mais oui c'est bien. Encore ?

Les familles avec deux papas.

— Oui, c'est juste ; ce sont aussi des familles.


Source : pages 31 & 32 du manuel Mélodie B destiné aux enfants de 7 ans, publié par Modulo et agréé par le MELS pour le cours d'ECR.