dimanche 4 juin 2017

Éducation — Bilan d'un quinquenat socialiste en France

Une année scolaire s’achève, et une autre va redémarrer d’ici quelques mois, après de longues grandes vacances pour les scolaires. Dans le même temps, beaucoup, parmi le personnel enseignant, comme chez les parents d’élèves, ont poussé un gros « ouf » de soulagement à l’annonce du départ de Najat Vallaud-Belkacem, qui aura marqué l’histoire de la Ve République comme étant l’une des ministres les plus détestées par une large frange de la population.

Son remplaçant, M. Blanquer, semble vouloir aller à contre-courant de la pédagogie de Madame Belkacem. Effet d’annonce, effet Macron, ou réelle volonté de changement ?

—  Quel bilan tirez-vous du quinquennat Hollande en matière d’éducation ?

Anne Coffinier, présidente de la Fondation pour l’école — Le quinquennat Hollande s’est ouvert sur une promesse tonitruante : le recrutement de 60 000 professeurs supplémentaires, qui n’a en pratique pas pu être tenue, notamment parce qu’elle s’est heurtée à la crise des vocations enseignantes. Du coup, d’une part, l’on a dangereusement baissé le niveau de recrutement des enseignants titulaires dans certaines disciplines où les candidats sont rares et, d’autre part, l’on recourt à un nombre excessif de contractuels aucunement formés (comme l’a montré l’émission d’Envoyé spécial).

À cela s’est ajoutée la réforme des rythmes scolaires : un cauchemar pour les parents en termes d’organisation, avec un contenu pédagogique douteux, et un casse-tête coûteux pour les maires.

De plus, le quinquennat a vu la mise en œuvre d’une prétendue réforme du collège d’une part et des programmes d’autre part, dont la nocivité a été unanimement dénoncée. Cette réforme dictée par un égalitarisme aveugle a fait beaucoup de mal à l’école publique qui n’a pu maintenir les filières et les matières les plus exigeantes, sous prétexte que tous les élèves ne seraient pas capables de suivre des tels enseignements.

Pour finir, il faut noter la promotion obsessionnelle par l’Éducation nationale d’une approche moralisatrice (même si c’est une anti-morale) et déconstructiviste de tout sujet abordé à l’école. Najat Belkacem s’est adonnée à un véritable matraquage idéologique faisant feu de tout bois pour inculquer dès le plus jeune âge aux enfants les nouvelles tables de la Loi issues de la théorie du genre et de la sainte charte de la laïcité. Ces délires ont pris des proportions affligeantes et nombre de familles très attachées à l’école publique ont dû se replier sur l’école privée pour préserver leurs enfants de telles âneries.

Enfin, les ministères de Vincent Peillon comme de Najat Belkacem ont été marqués par une antagonisation voulue et revendiquée des relations entre la famille et l’école, puisque le gouvernement a officiellement confié à l’école publique la mission d’arracher les enfants à l’influence de leur famille. C’est dans cet état d’esprit que Najat Belkacem a lancé une véritable chasse aux sorcières contre les écoles indépendantes, parce qu’elles sont plus soucieuses d’être en harmonie avec la vision éducative des familles (dans le respect de l’ordre public et des bonnes mœurs, bien sûr) que d’être conformes aux attentes idéologiques de l’Éducation nationale.

Ainsi, des centaines et des centaines d’écoles indépendantes ont été inspectées en moins d’un an par de véritables commandos venus en nombre avec un esprit trop souvent inquisitorial et malveillant. C’est ainsi que de toutes petites écoles ont été inspectées de manière impromptue par des brigades constituées d’une dizaine d’inspecteurs ! Najat Belkacem a prétexté la nécessité de prévenir la radicalisation islamiste pour renforcer les inspections sur toutes les écoles indépendantes (alors que les terroristes français étaient tous, faut-il le rappeler, des enfants de l’Éducation nationale), et a fini par inspecter surtout les écoles catholiques indépendantes, alors qu’elle se résignait — impuissante — à voir fonctionner comme si de rien n’était l’école musulmane Al-Badr de l’imam Rahhaoui de Toulouse pourtant condamnée par le juge à la fermeture.

Que vous inspire la nomination du nouveau ministre de l’Éducation nationale ? Il semblerait que le ton et la pédagogie ne soient pas les mêmes qu’avec Belkacem, qui en fit même la grimace…

—  La nomination de J.M. Blanquer est en soi une assez bonne nouvelle. Il connaît le système éducatif, a une vraie volonté de réforme, et sait très bien ce que des écoles réellement libres peuvent apporter au pays et à son école publique. Tout dépendra de l’attitude des syndicats qui sont, hélas !, capables de bloquer ses réformes « par principe ». Jusqu’à présent, aucun ministre de l’Éducation nationale n’est arrivé à imposer sa volonté à cette administration. Y arrivera-t-il ? Saura-t-il neutraliser les forces corporatistes et sectaires si bien implantées dans ce ministère depuis si longtemps ?

— Comment se porte l’école, en cette fin d’année scolaire 2016-2017 ?

—  Mal, secouée par des réformes successives qui l’ont bouleversée sans régler le fond des problèmes. Les professeurs sont très fatigués, très las de cette situation. Ils savent qu’il faut tout réformer profondément, mais ont peur de souffrir encore et en vain, comme ce fut leur expérience ces 15 dernières années.

Ils ont perdu la confiance dans l’administration centrale et à notre sens, le seul moyen de réformer est de rendre l’initiative aux professeurs eux-mêmes, sans plus rien leur imposer de nouveau depuis la rue de Grenelle, si ce n’est d’être responsables de leurs méthodes et de leurs résultats. C’est l’esprit de ce que veut faire le nouveau Ministre, mais y arrivera-t-il ? Une telle liberté pour les professeurs et les écoles rimerait avec l’effondrement du pouvoir des syndicats qui se nourrissent de la centralisation, de l’uniformité statutaire, etc. Il faut libérer les professeurs de la chape de plomb que le pouvoir abusif des syndicats et de l’administration hypertrophiée fait peser sur eux sans leur apporter de soutien et de solution dans leur vie quotidienne de professeur. C’est en rendant aux professeurs leurs libertés professionnelles et en les jugeant sur leurs résultats professionnels et non plus sur leur conformité idéologique qu’on rendra de nouveau attractif le métier de professeur.

— Quels vont être les points clés pour les rentrées à venir ?

— La question est de savoir si les ambitions affichées par le duo Macron-Blanquer vont être suivies d’effet : relèvement du niveau du baccalauréat par exemple, davantage d’autonomie pour les directeurs d’établissement. L’assouplissement de la réforme des rythmes scolaires, laissé à la discrétion des communes, est au moins une bonne chose, facile à mettre en place. Quels seront leurs rapports avec les syndicats ? C’est là la clef, comme pour les autres réformes de Macron d’ailleurs (cf. réforme du droit du travail).

Un moyen de forcer les syndicats à évoluer est de permettre à de vraies alternatives à l’Éducation nationale de se développer, conformément aux idées de Condorcet. Tant que l’école publique est seule à bénéficier du privilège de la gratuité, elle se met à l’abri de toute véritable concurrence et donc de toute obligation de se remettre en cause et d’être véritablement juste et performante. Si le Ministre veut sauver l’école publique, il faut qu’il la soumette à des stimulations extérieures et libère le choix des parents. En disant cela, je ne fais aucunement l’apologie d’une quelconque privatisation de l’Éducation nationale. Je soutiens juste que les privilèges dont l’Éducation nationale jouit jouent en fait contre elle et qu’il est temps de l’en libérer et de lui demander de faire ses preuves comme c’est le cas pour les écoles libres.

— Et au niveau de la Fondation pour l’école, quelles sont vos réussites de ces dernières années ? Et les perspectives qui s’ouvrent à vous ?

Les écoles indépendantes sont entrées dans le paysage. Les 93 créations d’écoles à la rentrée dernière montrent que la forme de l’école réellement libre est une forme qui convainc un nombre toujours croissant de personnes de tous milieux et de tous horizons.

Cet essor des écoles indépendantes s’inscrit dans une tendance profonde de la société civile à vouloir se réapproprier des pans entiers d’action assumés par l’État — souvent mal. C’est une sorte de logique de « reempowerment » qui est à l’œuvre, conformément au principe de subsidiarité.

Nous avons toujours cru à la Fondation pour l’école et à Créer son école que le meilleur service que l’on pouvait rendre à l’école publique était de la pousser à la réforme par une stimulation extérieure. L’effet positif de l’essor des écoles hors contrat sur les écoles sous contrat se fait déjà sentir. Sous peu, je ne doute pas qu’on verra un effet similaire sur les écoles publiques. Le fait que le Ministre Blanquer soit pragmatique et qu’il connaisse la réalité des écoles indépendantes françaises et étrangères est encourageant.

Il faut relever aussi que le thème de la liberté scolaire s’est invité de manière décisive dans la campagne, et ce à plusieurs reprises (rapports Fillon/Poisson, débat Marine Le Pen/Najat Vallaud-Belkacem, éléments de programme de Macron sur davantage de liberté et de souplesse au sein de l’Éducation Nationale…).

Au nombre des succès de cette année à mettre à l’actif de notre Fondation pour l’école, on trouve la censure par le Conseil constitutionnel du caractère inconstitutionnel du projet du Ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem de prendre le contrôle des créations d’écoles indépendantes en passant d’un régime de déclaration à un régime d’autorisation.

S’agissant de nos projets et priorités pour ces deux prochaines années, ils portent sur deux axes : premièrement, le soutien pédagogique aux professeurs à travers la création d’une Plateforme numérique de partage de cours et le renforcement de nos actions de formation, et, deuxièmement, le renforcement de l’accessibilité au droit au libre choix de l’école.

— Le niveau scolaire a-t-il vraiment baissé en France ? Qu’est-ce qui permet de l’affirmer par delà l’idéologie ?

— Faire confiance aux retours de terrain et au bon sens, au-delà des indicatifs objectifs comme les classements type PISA ou TMISS. Nous avons tous, autour de nous, des enfants qui galèrent pour apprendre à lire, des parents déboussolés qui n’arrivent pas à aider leur fils ou leur fille dans leurs devoirs du soir aberrants, des parents de collégiens qui s’étonnent de ce que leurs classes de 3e (14-15 ans) ou leurs 4es (13-14 ans) n’ont lu qu’un livre en un an… Il faut faire confiance à tous ces échos qui nous renseignent, sur le fait que, oui, le niveau baisse. Il n’y a qu’à voir aussi le succès dans les titres de presse des séries d’articles/jeu-concours du type » Repassez votre certificat d’études ! » (L’internaute, Le Parisien, Valeurs actuelles, réédition des énoncés chez Larousse…) pour mesurer l’écart qui s’est creusé, depuis des décennies bien sûr, mais avec une accélération ces dernières années.

Si on veut creuser un peu plus, on peut s’amuser aussi à faire des comparatifs de programmes officiels… des sujets de maths, qui passent en quelques années de la 6e, puis à la 5e, puis à la 3e… tout cela, ce sont des signes d’abaissement du niveau !

Source

mercredi 31 mai 2017

Canada— un pays non blanc vers le milieu de ce siècle ?

Selon des experts démographes, le Canada connaît le taux de changement ethnique le plus rapide dans le monde occidental.

Près de 70 % des résidents de Vancouver seront des minorités visibles, ou des non-blancs, en moins de deux décennies, explique Eric Kaufmann, professeur à l’Université de Londres Birkbeck en Angleterre, sur la base de projections de Statistique Canada.

De plus, a déclaré Kaufmann, Patrice Dion, professeur de l’Université de Laval, a travaillé avec les responsables de Statistique Canada pour élaborer des projections qui suggèrent que le Canada dans son ensemble, au taux actuel d’immigration, sera près de 80 % non blanc en moins d’un siècle.

Près de sept habitants sur 10 de la ville de Vancouver seront des minorités visibles, ou des non-blancs, en moins de deux décennies, explique Eric Kaufmann, professeur à l’Université de Londres, Birkbeck, citant les projections de Statistiques Canada.

Bien que le rythme rapide des changements démographiques n’entravera probablement pas l’économie canadienne, a déclaré Kaufmann, il continuera d’avoir un grand effet sur la composition ethnique de villes telles que Toronto et Vancouver.

Ces deux villes canadiennes seront bientôt, ou sont déjà, devenues une « majorité minoritaire », un terme décrivant des lieux où une ou plusieurs minorités ethniques (par rapport à la population du pays) constituent la majorité de la population locale.

Le professeur Kaufmann a déclaré en outre que Patrice Dion, professeur à l’Université Laval, a travaillé avec les responsables de Statistiques Canada pour élaborer des projections qui suggèrent que le Canada dans son ensemble, avec le taux actuel d’immigration, sera à près de 80 % non blanc en moins d’un siècle. « Je pense qu’on peut raisonnablement conclure que le Canada sera composé de 20 % blancs, 65 % non blancs et 15 % de race mixte d’ici 2106 », de déclarer le professeur Kaufmann.

 

Selon une étude de 2017, publiée par Statistiques Canada et intitulée Immigration et diversité : projections de la population du Canada et de ses régions, 2011 à 2036, les immigrants représenteraient entre 24,5 % et 30,0 % de la population du Canada en 2036, par rapport à 20,7 % en 2011. En 2036, entre 55,7 % et 57,9 % des immigrants au Canada pourraient être nés en Asie, en hausse par rapport à la proportion de 44,8 % estimée en 2011, alors qu’entre 15,4 % et 17,8 % seraient originaires d’Europe, ce qui représente une baisse par rapport à 2011 (31,6 %). Ensemble, les immigrants et les personnes de deuxième génération pourraient représenter près d’une personne sur deux au pays (entre 44,2 % et 49,7 %) en 2036, en hausse par rapport à 2011 (38,2 %).

Selon les résultats des présentes projections, au sein de la population en âge de travailler (15 à 64 ans), les personnes de minorités visibles pourraient représenter entre 34,7 % et 39,9 % en 2036, en forte hausse par rapport à 2011 (19,6 %)

En 2036, le principal groupe de minorités visibles demeurerait, selon tous les scénarios de projections, celui des Sud-Asiatiques. Le groupe des Chinois demeurerait le deuxième en importance. Les groupes de minorités visibles qui connaîtraient les accroissements les plus rapides seraient cependant ceux des Arabes, des Philippins et des Asiatiques occidentaux en raison du fait qu’ils sont proportionnellement plus nombreux au sein de la population immigrante que dans la population en général.

La proportion de personnes se déclarant sans religion au sein de l’ensemble de la population augmenterait et pourrait représenter entre 28,2 % et 34,6 % en 2036 (24,0 % en 2011). Cette proportion serait semblable à celle des catholiques (entre 29,2 % et 32,8 % en 2036, en baisse par rapport à 2011 (38,8 %)). En 2036, la religion catholique demeurerait celle comptant le plus d’effectifs.
La population ayant une religion autre que chrétienne pourrait presque doubler d’ici 2036 et pourrait représenter entre 13 % et 16 % de la population canadienne, une proportion qui s’établissait à 9 % en 2011. Les confessions musulmane, hindoue et sikhe, surreprésentées dans l’immigration par rapport à leur poids démographique dans l’ensemble de la population, verraient le nombre de leurs adhérents s’accroître plus rapidement, même si celui-ci continuerait de ne représenter qu’une proportion modeste de l’ensemble de la population canadienne.

Source : Vancouver Sun

Voir aussi

Chute importante prévue du français dans les foyers québécois

mardi 30 mai 2017

Association de femmes contre les « droits des trangenres » ?

L’association Pour le droit des femmes (PDF) a dénoncé en comité parlementaire sénatorial le projet de loi C-16 au motif que l’adéquation de plus en plus souvent faite entre sexe et genre nuisait aux femmes. La présidente, Michèle Sirois, a rappelé le cas de l’haltérophile Laurel Hubbard qui est passée chez les femmes après sa transformation et qui domine depuis la compétition. « La participation croissante d’hommes se disant transgenres aux sports féminins met en péril la chance de jeunes filles et de femmes de gagner des épreuves sportives, et ce, à tous les niveaux. Les femmes ont donc toutes les raisons de contester l’arrivée d’athlètes de sexe masculin dans leur compétition. Avec C-16, cette contestation deviendra difficile parce que les équipes féminines s’exposeront à des poursuites. »



Mme Sirois a aussi soutenu, en évoquant l’exemple britannique, que le transfert de prisonniers transgenres dans les pénitenciers féminins menaçait la sécurité des femmes. En 2017, le transfert du violeur Martin Ponting, devenu Jessica Winfield, dans une prison pour femmes a suscité la colère chez ces dernières. Quant à la transgenre Paris Green, elle a été retournée dans une prison pour hommes quand il a été découvert qu’elle utilisait sa physionomie masculine pour avoir des rapports sexuels avec les autres détenues. La British Association of Gender Identity Specialists a écrit au Parlement britannique en 2015 qu’un nombre disproportionné de prédateurs sexuels condamnés les consultait et qu’un des moteurs principaux de leur désir de devenir femme était de faciliter leur accès à des victimes. Mme Sirois craint que C-16 ne permette plus d’avoir un débat lucide et véritablement ouvert sur le sujet.

Concernant les enfants, Mme Sirois a déclaré que « le projet de loi C-16, en banalisant le changement d’identité de genre, sans la définir, ouvre la porte aux pires dérives. On assiste à une augmentation fulgurante des demandes de changement de “genre” de la part d’enfants qui ne se conforment pas aux stéréotypes de genre, par exemple les petits garçons qui aiment les robes de princesse ou des adolescentes mal à l’aise avec leurs seins. » Or les études seraient pourtant très claires : « plus de 80 % des enfants qui présentent une dysphorie du genre deviennent des adultes confortables dans leurs corps. » Pour la présidente de l’association PDF, les mutilations, comme les mastectomies sur des adolescentes, l’administration de bloqueurs de puberté et la prise d’hormones à vie peuvent avoir comme effet la stérilisation, une sorte de castration chimique de ces enfants. Tout cela quasiment à leur insu, sans leur consentement éclairé. Elle a conclu son intervention en se demandant comment cela pourrait-il être dans l’intérêt supérieur des enfants.

Le Sénat n’aura finalement pas modifié le projet de loi gouvernemental interdisant la discrimination visant les personnes transgenres. Les craintes de ceux qui présagent une guerre des pronoms restent ainsi entières. Voir notre billet sur ce sujet. MM. Cameron et Pardy avaient proposé d’amender le C-16 pour y spécifier que le refus d’utiliser des pronoms non genrés ne constitue pas une violation de la loi. Les sénateurs n’ont pas retenu l’idée. Le projet de loi a été adopté en comité tel quel. Le projet de loi devrait être adopté sous peu, puisqu’il ne reste qu’à être voté en séance plénière au Sénat.

Statistiques

La Société américaine de chirurgie plastique (ASPS) a publié son premier rapport sur l’évolution du nombre de chirurgies transgenres effectuées aux États-Unis, opérations de plus en plus appelées « chirurgies de confirmation de genre ». Ces chiffres montrent une augmentation de près de 20 pour cent en 2016 par rapport à l’année précédente.

L’ASPS, qui représente 94 % de tous les chirurgiens plasticiens agréés aux États-Unis, a révélé que les membres de l’organisation ont effectué 3 256 chirurgies « transmasculine » et « transféminine » l’année dernière.

Contrairement à une perception répandue, le nombre d’opérations génitales transformant les organes génitaux masculins pour en faire des organes d’apparence féminine ou en transformant les organes génitaux féminins pour en faire des organes d’apparence féminine est minuscule. NBC News a rapporté que seules 15 chirurgies sur plus de 3 200 procédures en 2016, soit environ 0,5 %, étaient des opérations génitales, toutes réalisées sur des hommes qui cherchaient à « faire une transition ». Aucune opération génitale n’a été effectuée sur les femmes qui cherchent à « faire la transition ».

Chez les hommes à la femme, la grande majorité des procédures (92 pour cent) étaient des opérations du sein. Sept pour cent étaient faciales.

Ces chiffres sont quelque peu différents de ceux publiés par des organismes militants. L’an dernier, le National Center for Transgender Equality avait publié un rapport basé sur un sondage sur près de 28 000 Américains transgenres selon lequel la plupart des personnes transgenres n’effectuaient pas d’interventions chirurgicales de « réaffectation de genre », seuls 11 % des transgenres se disant « femme » ayant subi l’ablation de leurs testicules et 12 % ayant subi une vaginoplastie. Cependant, selon ce sondage, environ la moitié de ces transgenres auraient déclaré qu’ils aimeraient avoir de telles interventions, mais qu’ils manquaient d’argent pour ce faire.

L’ASPS a, toutefois, déclaré que s’il n’était pas possible d’attribuer une marge d’erreur à son enquête sur le nombre de « confirmations de genre », elle appliquait la même méthodologie qu’elle utilise par ailleurs depuis toujours dans son rapport statistique annuel.

Voir aussi

La croisade des LGBT contre la liberté d’expression et les distinctions linguistiques immémoriales

Garçon gardé par un couple de lesbiennes subit un traitement hormonal pour bloquer sa puberté

Thomas entre Pauline Moreno et Debra Lobel qui affirment qu’il n’a pas subi de pressions dans sa décision de devenir « une fille »

Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre

La censure contaminerait les milieux universitaires

Pétition pour amender le nouveau programme québécois d’éducation à la sexualité


lundi 29 mai 2017

Sondage — Les Québécois sont contre la légalisation du cannabis

Un sondage CROP mené pour le compte de Radio-Canada montre que 54 % des Québécois sont opposés à la légalisation du cannabis promise par le Premier ministre Justin Trudeau. Près d'un tiers des Québécois y sont même très défavorables, alors que c’est une personne sur cinq ailleurs dans le Canada anglais. Une fois de plus le Québec serait-il en fait plus prudent et plus conservateur que le Canada anglophone et que leur « élite » politique ?



Ce clivage entre le Québec et le reste du pays se répète pour ce qui est des craintes. Une majorité de Québécois (56 %) se disent inquiets, alors que, dans le Canada anglais, c’est la minorité qui est préoccupée (45 %).

La principale cause de prudence entourant la légalisation du cannabis est la possibilité d’une augmentation des accidents de la route causés par des conducteurs ayant les facultés affaiblies par la drogue. Cette inquiétude est citée par près de 60 % des répondants et 65 % des Québécois. Les gens redoutent également que les mineurs soient plus tentés d'essayer la marijuana et que les dangers de la consommation soient banalisés.

Quels sont les principaux aspects négatifs de la légalisation du cannabis?


Si ces craintes sont présentes tant au Québec que dans le Canada anglais, elles sont beaucoup plus marquées chez les Québécois.

À l’inverse, les répondants sont bien moins nombreux à trouver des côtés positifs au projet de loi. Quelque 19 % d’entre eux mentionnent même qu’il n’y aurait aucun effet positif à la légalisation du cannabis. Les Québécois sont encore plus sévères : ils sont 27 % à n’y voir rien de positif.

Les effets positifs le plus souvent cités sont le meilleur contrôle de la qualité du cannabis consommé, la hausse de revenus pour les gouvernements et la « déjudiciarisation », dont le fait de ne pas avoir de casier judiciaire pour la possession simple.

La lutte contre le crime organisé, la création d’emplois et le développement du tourisme ne soulèvent pas l’enthousiasme.

Quels sont les principaux aspects positifs de la légalisation du cannabis?



Le marché noir

Avec ce projet de loi, le gouvernement dit vouloir « empêcher le crime organisé de continuer de profiter du marché de cannabis illicite ». Si les trois quarts des Canadiens hors Québec sont d’accord avec cet énoncé, c’est loin d’être le cas au Québec, où seuls 46 % des répondants sont de cet avis. La majorité des Québécois pensent plutôt qu’il n’en sera rien.

La légalisation du cannabis va-t-elle enrayer le marché noir?



Cette situation n’étonne pas le sondeur Alain Giguère qui s'avance au-delà de la stricte neutralité en parlant de « prétexte » : « Il y a une attitude contre le projet de loi qui teinte tout ça, souligne-t-il. Ils sont contre et vont trouver n’importe quel prétexte pour dire que ça ne marchera pas. »

Voir aussi

Étude — Fumer du cannabis, ne serait-ce qu'une fois par mois, mine les résultats scolaires

Étude — La légalisation du cannabis inciterait les ados à en consommer.

Légalisation du cannabis – Ottawa prévenu du risque important pour la sécurité routière

Cannabis — Des dégâts congénitaux à l’ADN ?

Le cannabis facilite le décrochage scolaire et le développement de la schizophrénie

Les enseignants du Colorado inquiets au sujet du cannabis dans les écoles publiques

Hausse des hospitalisations d’enfants exposés à la fumée secondaire de cannabis

Cannabis chez les adolescents : le QI en fumée

vendredi 26 mai 2017

Université d’été 2017 de l’Observatoire Justice et Paix


L’université d’été propose 4 journées de formation et de réflexion autour de la thématique : Une identité réconciliée, du 8 au 11 juin 2017 dans les locaux de la paroisse  St Thomas d’Aquin à Québec, au 2125 rue Louis-Jolliet (G1V 2B7).

Après deux colloques sur le thème de la guérison de la mémoire au Québec, l’Observatoire Justice et Paix vous propose d‘aller plus loin dans la réflexion et de passer à une dynamique de formation. De plus, l’événement aura un objectif de mobilisation conforme à la mission de l’Observatoire d’offrir un lieu d’échange et de rencontres pour mieux intervenir dans les débats de sociétés.

L’université d’été s’adresse à toute personne intéressée par l’identité historique et actuelle du Québec. Divers intervenants animeront les journées de formation, dont Éric Bédard, historien, Mathieu Bock-Côté, sociologue, Serge Gagnon, historien, Denis Vaugeois, historien et ancien ministre des affaires culturelles du Québec et l’Abbé Martin Lagacé.

Pour entendre quelques-uns des intervenants discuter de l’Université d’été, cliquez sur la vidéo ci-dessous.



INSCRIPTIONS CLIQUEZ ICI.

Apportez votre lunch du midi.

Tarifs:

Formation complète régulier (4 jours et 3 soirs): 70$
Une seule journée de formation régulier: 20$
Formation complète étudiant: 40$
Une seule journée de formation: 15$

PROGRAMMATION:

(POUR LA BIOGRAPHIE DES CONFÉRENCIERS, CLIQUEZ ICI)

Jeudi 8 Juin
9h30 Accueil
9h45

12h00
Jean-Paul Desbiens et l’ethos québécois
Conférenciers : Louis-André Richard et Marcel Côté
Dîner
13h30

16h00
Jean-Paul Desbiens et l’ethos québécois
Conférenciers : Louis-André Richard et Marcel Côté

Jean-Paul Desbiens (7 mars 1927 – 23 juillet 2006), plus connu sous le pseudonyme de Frère Untel, est un écrivain, enseignant, philosophe et religieux québécois, qui a marqué la conscience sociale des québécois, notamment par ses célèbres insolences du Frère Untel.

Ce grand esprit, que nous présentera Louis-André Richard, a de précieuses lumières à nous apporter sur l’identité du peuple québécois
Pause
19h00

21h00
Soirée de poésie québécoise
Brève anthologie des anciens et des modernes

Vendredi 9 Juin
9h30 Accueil
9h45

12h00
Plaisir d’amour et crainte de Dieu
Conférencier : Serge Gagnon
Serge Gagnon, grand spécialiste de l’histoire des mœurs au 19ème siècle au Québec, nous apportera des éclairages précieux sur le rapport entre sexualité et religion dans notre histoire.
Dîner
13h30

16h00
Les Amérindiens : sommes-nous coupables ?
Conférencier : Denis Vaugeois
Cette question hante l’esprit des québécois. Denis Vaugeois, historien chevronné, nous aidera à sortir de ce complexe de culpabilité grâce à une approche historique renouvelée.
Pause
19h00

21h00
Soirée conférence :
Vivre et mourir dans la dignité : le défi euthanasique
Le 10 décembre 2015, la Loi concernant les soins de fin de vie est entrée en vigueur au Québec. Par cette loi, le gouvernement du Québec a légalisé, à certaines conditions, la pratique de l’euthanasie – mieux connue sous le vocable « aide médicale à mourir ». Après une année d’application de cette loi qui permet de provoquer la mort d’une personne, quels constats s’imposent?
Conférencier : Aubert Martin

Samedi 10 Juin
9h30 Accueil
9h45

12h00
Nation Canadienne-française : notion obsolète?
Conférenciers : Éric Bédard
De François-Xavier Garneau à la génération actuelle des historiens, Eric Bédard se propose de nous montrer comment la référence « canadienne française » s’est progressivement éclipsée de l’histoire comme référence commune, cela constitue-t-il une perte ou un progrès ?
Dîner
13h30

16h00


Le nationalisme canadien français de Lionel Groulx
Conférenciers : Père Martin Lagacé
Lionel Groulx, prêtre et historien fut le grand leader du redressement national canadien-français au 20ème siècle. Comment comprendre cette pensée aujourd’hui et sa pertinence ? C’est ce que nous propose notre conférencier l’abbé Martin Lagacé.
Pause
19h00

21h00
Soirée cinéma :
Pour la suite du monde, réalisé par Pierre Perrault et Michel Brault


Présentée par Noémie Brassard

Dimanche 11 juin
9h30 Accueil
9h45

12h00
Le nouveau régime
Conférencier : Mathieu Bock-Côté
Dîner
13h30

15h30
Le nouveau régime
Conférencier : Mathieu Bock-Côté
Mathieu Bock Côté, dans son dernier ouvrage «  Le nouveau régime », nous présente le monde qui se met en place depuis un quart de siècle au Québec comme dans l’ensemble de l’Occident. Loin de prolonger ou d’accomplir l’histoire qui l’a précédé, il marque au contraire une rupture radicale, sinon une « trahison », c’est-à-dire l’abandon pur et simple de ce qui a guidé jusqu’ici nos façons d’être en société, par l’instauration de ce qu’il appelle un nouveau régime. Celui-ci est fondé sur une vision entièrement nouvelle, celle d’un homme coupé de toutes racines, celle d’une cité qui cesse de se voir et d’agir comme communauté politique  pour n’être plus qu’un rassemblement de consommateurs semblables à tous les consommateurs de la planète.



Réseaux sociaux : un danger pour les ados, surtout Snapchat et Instagram ?

Une étude britannique indique que les réseaux sociaux sont une source d’anxiété pour les adolescents et perturbent leur sommeil.

Se dévoiler, s’exposer, se soumettre au jugement des autres... Les réseaux sociaux peuvent être une source d’anxiété. Selon une étude britannique publiée ce mercredi 24 mai dans le Figaro, les réseaux sociaux affectent la santé mentale et le bien-être des jeunes. Plus de 1 400 personnes âgées de 14 à 24 ans ont été interrogées. Sept utilisateurs sur dix déclarent avoir déjà reçu des messages négatifs, parfois des critiques portant sur le corps.

Un sommeil perturbé

Autre danger, l’impact sur le sommeil de cette connexion permanente. Certains adolescents se réveillent la nuit pour consulter leur ordiphone (téléphone intelligent). Le rapport pointe l’anxiété que suscite en particulier l’attente de réactions à un message posté. L’étude établit le classement des réseaux sociaux. Parmi les cinq les plus populaires en Europe, Snapchat et Instagram apparaissent comme étant ceux ayant les effets les plus négatifs.






lundi 22 mai 2017

France — le nouveau ministre veut remettre à l'honneur le latin, le grec, les classes bilangues

Grec, latin, classes bilangues [*] et sections européennes : ces enseignements et dispositifs vont-ils retrouver une place centrale au collège ? C’est ce que semble souhaiter le nouveau ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer. Il remet ainsi en question les « avancées égalitaristes » de la ministre socialiste Nadjat Belkacem. « J’ai été choqué de la suppression de dispositifs qui marchaient bien », a déclaré le ministre à leur sujet. La chaîne de télévision publique France 2 s’est penchée sur ce que le nouveau ministre pourrait remettre à jour.

Lors de sa campagne, Emmanuel Macron lui-même y faisait référence : « partout, je veux remettre les classes bilangues, l’enseignement des humanités ». Le nouveau gouvernement ferait donc machine arrière sur la réforme du collège de 2015. Les établissements qui le souhaitent pourront à nouveau proposer des options « Langues anciennes ».

Une référence à la réforme du collège votée en 2015. Si les établissements avaient finalement obtenu le droit de maintenir les options latin et grec, le nombre d’heures qui leur étaient attribuées avait baissé, et elles avaient perdu du terrain au profit d’enseignements pluridisciplinaires. Quant aux classes d’excellence, l’ancien gouvernement entendait favoriser l’égalité entre tous les élèves « en les réformant » dans la langue de bois ministérielle ; en les vidant de leurs substances et en faisant du nivellement par le bas selon ses critiques.



Note

[*] Les classes bilangues permettent d’augmenter le volume horaire consacrée aux langues. De plus en plus aujourd’hui, ces classes bilangues consistent en la continuation de la langue démarrée en primaire en y ajoutant une autre (une des deux est souvent l’anglais, une exception toutefois pour un collège de l’académie de Metz, où les deux langues sont l’allemand et l’italien).

mercredi 17 mai 2017

Le 17 mai 1642, fondation de Ville-Marie (Montréal)

Le 17 mai 1642 : Paul Chomedey de Maisonneuve débarque sur l’île de Montréal et fonde Ville-Marie, Montréal.

Paul Chomedey de Maisonneuve fonde Ville-Marie qui est aujourd’hui Montréal. Choisi pour fonder une colonie sur l’Île de Montréal, Paul Chomedey de Maisonneuve, arrive en Nouvelle-France en 1641 et commence à travailler à la construction d’une fortification et d’autres édifices de Ville-Marie le 17 mai 1642.

La ville de Montréal tient son nom de l’Île de Montréal, ainsi nommée en raison du mont Royal, la montagne au centre de l’Île. En effet, en 1535, l’explorateur Jacques Cartier avait nommé la montagne Mons realis (mont Royal). Elle est située à 1 500 kilomètres à l’intérieur des terres, au confluent du Saint-Laurent et de la rivière des Prairies. Elle deviendra bien plus tard la deuxième ville francophone du monde, après Paris.





La messe de fondation de Ville-Marie a lieu le lendemain, soit le dimanche 18 mai 1642. La première construction bâtie à Montréal est une clôture de palis située où s’élève actuellement la nouvelle douane.

vendredi 12 mai 2017

Fumer du cannabis, ne serait-ce qu'une fois par mois, mine les résultats scolaires

Fumer du cannabis, ne serait-ce qu’une fois par mois, mine les résultats scolaires d’un adolescent, ses chances de poursuivre des études postsecondaires chutant s’il en consomme fréquemment, selon une étude de l’Université de Waterloo, en Ontario.

Les chercheurs ont suivi plus de 26 000 jeunes du secondaire (de la 9e à la 12e année) durant au moins deux ans, de 2012 à 2015.

Les élèves qui fumaient de la marijuana au moins une fois par mois avaient :
  • 4 fois plus de risque de sécher des cours ;
  • 2 à 4 fois moins de chances de faire leurs devoirs ;
  • environ 50 % moins de chances d’avoir de bonnes notes.
Chez les élèves qui fumaient de la marijuana chaque jour :

  • environ 50 % moins de chances de vouloir faire des études universitaires.
Selon le professeur de santé publique Scott Leatherdale, de l’Université de Waterloo, les résultats de l’étude démontrent « l’importance de la prévention et de retarder l’utilisation de la marijuana parmi les adolescents ».

Pour ce professeur, « Il y a plus de jeunes de nos jours qui fument de la marijuana que des cigarettes. Pourtant, les efforts de prévention en santé publique accusent du retard par rapport à ce qui est fait pour l’alcool et le tabac. »

Plus vulnérables

« De moins en moins de jeunes perçoivent la marijuana comme étant [une substance] dangereuse, ajoute la chercheuse et auteure principale de l’étude, Karen Patte. Pourtant, ce sont les jeunes qui sont les plus vulnérables. »

Nombre d’études ont montré dans le passé que le développement du cerveau avait lieu jusqu’au début de la vingtaine.

Ottawa veut légaliser la vente du cannabis à partir de juillet 2018, sauf pour les mineurs.

Alcool


L’étude de l’Université de Waterloo, publiée dans le Journal of School Health, a aussi mesuré les effets de la consommation d’alcool chez les élèves.

Or, contrairement à la marijuana, même ceux qui consommaient de l’alcool fréquemment disaient vouloir faire des études postsecondaires.

Le professeur Leatherdale ajoute, toutefois, que toute substance présente des risques pour la santé.

Voir aussi

Étude — La légalisation du cannabis inciterait les ados à en consommer.



mercredi 10 mai 2017

France — Hollande n'a pas réussi à inverser les mauvais indicateurs économiques, mais bien la natalité

Différents indicateurs servent à mesurer les performances réalisées par un pays durant une présidence. L’évolution du PIB, le nombre des personnes ayant un travail et celui des chômeurs, l’investissement, la balance des échanges extérieurs, le revenu moyen, le taux de pauvreté, sont souvent pris en considération. En revanche, les performances — si j’ose dire — démographiques sont moins utilisées pour faire le bilan d’un quinquennat. Pourtant, la célèbre phrase attribuée à Jean Bodin reste parfaitement juste : « Il n’est richesse que d’hommes ». Voyons donc quel a été sous ce rapport le résultat du quinquennat Hollande.

 

La chute des naissances

Les données à l’échelle de la France entière étant fournies par l’Insee avec un délai important, nous devons nous limiter aux naissances en France métropolitaine, connues pour chaque mois à la fin du mois suivant. Nous comparerons ici les naissances du premier trimestre 2012 à celles du premier trimestre 2017. Les années bissextiles (2012 et 2016) comportant un jour de plus que les autres, il faut pour mesurer convenablement les évolutions diminuer légèrement le nombre de naissances survenues durant les années ou les trimestres comportant un mois de février de 29 jours.

Au premier trimestre 2012, correction faite du facteur « année bissextile », il y eut 189 500 naissances vivantes. Au premier trimestre 2017, ce nombre est descendu à 174 100. La différence (15 400 bébés de moins) signifie une chute de 8,1 %.

Cette diminution s’est réalisée principalement à partir de 2015, c’est-à-dire, s’agissant des naissances du premier trimestre, pour des conceptions en 2014. Le premier trimestre 2014 a vu naître, à quelques dizaines près, 192 000 bébés, soit autant qu’au premier trimestre 2012, et 2 500 de plus en tenant compte de la correction pour année bissextile. Le début du quinquennat, à peu près jusqu’à l’été 2013, a donc été jugé par les jeunes ménages assez propices à « mettre en route » une progéniture : il n’y a pas eu de méfiance a priori à l’encontre du régime mis en place en mai 2012.

Le premier trimestre 2014 a même été sensiblement meilleur que les premiers trimestres 2012 et 2013 : cela montre qu’au second trimestre 2013, les Français étaient bien disposés en matière de procréation. C’est à l’été 2013 que le tournant se situe ; le « moral nataliste », si l’on peut dire, va dès lors décroître assez régulièrement. On peut légitimement penser que ce sont certains aspects des politiques suivies après les élections qui portent la principale responsabilité de cette évolution.

Pourquoi ce déclin ?

La crise de confiance s’est produite à partir de l’automne 2013 : il semblerait que la population concernée ait alors estimé que les conditions d’accueil d’un enfant se dégradaient. Le chômage y est sans doute pour quelque chose : son taux au sens du BIT est passé de 9,1 % au premier trimestre 2012 à 10 % au second trimestre 2013, puis a oscillé autour de ce chiffre. Or la diminution du nombre des naissances, amorcée au troisième trimestre 2014 (conceptions au dernier trimestre 2013) est devenue vraiment sensible au quatrième trimestre 2014, c’est-à-dire pour des conceptions au premier trimestre 2014 : au moment où il devenait clair pour les Français que la situation de l’emploi était durablement plombée en dépit des rodomontades de leurs dirigeants.

Les chiffres de Pôle Emploi vont dans le même sens : jusqu’à l’été 2012, le chômage de catégorie A se situe un peu en dessous de 3 millions, et le chômage toutes catégories en dessous de 5 millions. Le premier reste supérieur à 3,3 millions sur tout le premier semestre 2016 (naissances du dernier trimestre 2016 et du premier trimestre 2017), avec des pointes à plus de 3,7 millions. Le second, sur la même période, n’a jamais été inférieur à 6 millions.

Le deuxième facteur explicatif se situe au niveau de la politique familiale. Le plafond du quotient familial a été abaissé à deux reprises, de 2 336 € à 2 000 € en 2012, puis à 1 500 € en 2013. Cette même année, ont commencé à être agitées les perspectives de suppression des allocations familiales pour les ménages aisés, ou de modulation en fonction du revenu : quand l’entrée en vigueur de cette modulation est intervenue, en 2015, le bruit fait autour des projets leur a probablement donné un impact plus important auprès des couples aisés susceptibles d’engendrer.

Le gouvernement en cause

Notons enfin une mesure votée en 2014 et entrée en vigueur au 1er janvier 2015 : la durée de versement du complément de libre choix d’activité pour le deuxième enfant et autres cadets (renommé « prestation partagée d’éducation de l’enfant ») a été réduite de facto, sinon de jure, en réservant 6 mois au père, qui le plus souvent n’en profite pas. [Il s'agit dans les faits de l’obligation de partager le congé parental entre les deux membres du couple (d’où le « partagée » dans l’intitulé), alors qu’aujourd’hui seuls 4 % des bénéficiaires du CLCA sont des hommes. Quand la politique d’égalité des sexes affichée par le gouvernement sert à réduire les dépenses...] Là encore, le calendrier de l’agitation autour des projets de mesures correspond, avec les 9 mois de décalage qui séparent la conception de la naissance, à celui de la baisse de la natalité.

D’autres facteurs liés à la mauvaise gestion des affaires publiques ont pu jouer un rôle : la croissance du sentiment d’insécurité lié au terrorisme, à la délinquance et, dans certains lieux, à l’immigration mal contrôlée ; la dégradation de l’instruction publique, vivement ressentie (cf. le sondage BVA de janvier 2017 pour l’Apel et La Croix), et accélérée par la mise en place calamiteuse d’une réforme des rythmes scolaires destinée à multiplier les activités périscolaires ; l’exposition croissante des adolescents — et même des enfants — à la drogue et à la pornographie ; etc.

Tout cela montre une responsabilité importante de la présidence, du gouvernement et du législateur dans le recul de la fécondité française. Un des atouts parmi les plus importants de ceux dont dispose notre pays est en voie d’être gâché. Il serait grand temps de redresser la barre.

Source