vendredi 15 juillet 2016

Louis O'Neill : « La loi sur l’aide médicale à mourir s’appuie sur un consensus politique plus ou moins préfabriqué »

L’ancien ministre Louis O’Neill écrit au sujet des lois sur « l’aide à mourir ».

Le débat qui a conduit à l’adoption de la loi C-14 portant sur l’aide médicale à mourir s’est déroulé dans un climat marqué par la dignité et la réserve, aussi bien à la Chambre des Communes du Canada qu’au Sénat. Ce qui n’empêche point de s’interroger sur son véritable enjeu et sur ses conséquences éthiques et sociales. Car subsistent des ambiguïtés et des malentendus qu’il faudra bien dissiper un jour ou l’autre.

Une ambiguïté majeure a trait à la signification de l’expression aide médicale à mourir, qui constitue une façon détournée de parler d’euthanasie ou encore de suicide assisté. Elle prête à confusion. Je connais des gens qui s’opposent à l’euthanasie et au suicide assisté, mais se déclarent favorables à l’aide médicale à mourir. Ils confondent celle-ci avec le recours aux soins palliatifs.

Ceux-ci sortent grands perdants du débat. On les a oubliés. Or ils pourraient répondre très largement et mieux que ladite aide médicale à mourir aux attentes de gens aux prises avec des souffrances très lourdes à supporter, ce que vise en principe la nouvelle loi. Mais on n’a rien prévu pour les rendre plus accessibles. On s’est comporté comme si l’euthanasie et le suicide assisté étaient les seules solutions valables. On a cautionné une aide médicale à mourir de portée limitée, entourée de certaines mesures de contrôle, tandis qu’on a mis au rancart les vastes possibilités d’une stratégie efficace de soins palliatifs.

Au fait, y a-t-il eu vraiment débat ? Au sein des instances politiques, sans doute. Dans les médias, bien peu, car ce sont des porte-parole d’une pensée unique qui ont monopolisé le discours, donnant l’impression que l’affaire était close et qu’une seule conclusion s’imposait de soi. Je note par exemple que n’eut été le recours à mon ordi et à mon courriel, je n’aurais pu savoir que des groupes religieux d’allégeances diverses avaient émis à plusieurs reprises des opinions qui auraient mérité d’être connues du grand public et faire partie du débat. Mais ces opinions avaient le défaut d’aller à l’encontre du discours dominant. Sauf un rare et faible écho qu’on leur a accordé, elles ont glissé sous le radar. Il en est résulté un débat à sens unique, voire plus une apparence de débat qu’un échange réel.

La loi sur l’aide médicale à mourir s’appuie sur un consensus politique plus ou moins préfabriqué. Elle ne s’appuie pas sur un consensus social éclairé. Il faudra dans l’avenir vivre avec cette disjonction et accepter que cohabitent des choix éthiques divergents. Ce qui devrait logiquement permettre un espace pour l’objection de conscience à laquelle auront recours des professionnels de la santé. Autrement, on subirait la tyrannie d’un consensus politique sui generis qui projetterait l’image d’une démocratie un peu boiteuse.


mardi 12 juillet 2016

« Québec donne plus d'argent pour l'école à la maison »

Radio-Canada titre ce matin « Québec donne plus d’argent pour l’école à la maison ».

On pourrait croire qu’il s’agit d’aider les parents en couvrant des frais liés à l’instruction à domicile (achats de fourniture, de livres, rétribution du travail des parents éducateurs qui épargnent de l'argent à l'État, déduction pour l’inscription dans des activités sportives ou culturelles prises en charge par les écoles publiques pour les autres enfants).

Non, en vérité, il s’agit de donner plus d’argent aux commissions scolaires pour qu’elles surveillent davantage les parents qui exercent le droit d’instruire leurs propres enfants. Rappelons que, dans l'esprit originel et libéral du Code civil, l’État doit avoir un rôle de soutien dans cette instruction et non de gendarme sourcilleux.

Le gouvernement Couillard va doubler le budget octroyé aux commissions scolaires pour l’enseignement à la maison. Le ministère de l’Éducation va accorder un million de dollars de plus pour la prochaine rentrée scolaire. Dès septembre, le montant qu’accorde le ministère de l’Éducation pour chaque élève scolarisé à la maison va passer de 616 $ à 1000 $ par année.

Notons qu’on assiste à une forte augmentation du nombre d’enfants instruits à domicile au Québec parce que le Monopole de l’Éducation du Québec refuse de tolérer les écoles de nombreuses communautés religieuses (catholiques rigoristes, protestantes et juives). On ne voit pas en quoi ces fermetures aident quiconque, mais elles semblent faire plaisir aux militants laïques et sans doute aux syndicats d’enseignants (selon un ancien député de nos connaissances) qui n’aiment pas que ces petites écoles emploient des institutrices qui n’ont pas les diplômes requis par le Monopole de l’Éducation (et qu'ils délivrent lui-même).

Depuis plusieurs années, les parents d’une communauté catholique de Joliette, La Mission de L’Esprit-Saint, inscrivent leurs enfants auprès d’une commission scolaire et font l’école à la maison, après que le gouvernement a forcé la fermeture de leur propre école. Une initiative copiée par les communautés juives hassidiques de Montréal à la suite d’années de reportages alarmistes dans la presse et de pressions gouvernementales. La fermeté du Québec en la matière est une exception en Amérique du Nord. C’est ainsi que tous les États et provinces en Amérique du Nord permettent aux mennonites conservateurs d’avoir leurs propres écoles, sauf Québec.

Pour l’année scolaire 2014-2015, on comptait officiellement environ 1300 enfants scolarisés à la maison. Avec l’inscription des enfants des communautés juives hassidiques de Montréal, ce sont donc près de 2000 enfants qui recevront l’école à la maison à la prochaine rentrée scolaire.


Dans un rapport d’enquête d’avril 2015, le « Protecteur du citoyen » recommandait au ministère « d’examiner les pratiques d’évaluation des projets éducatifs et des différentes méthodes qui pourraient être utilisées pour un meilleur suivi des apprentissages de ces enfants. » Bref, de surveiller davantage et plus rigoureusement les parents et les enfants qui pratiquent l’instruction à domicile.

Nous dénonçons ici le rôle de juge et partie du gouvernement dans cette « protection des enfants » : il impose en réalité son unique programme d’éducation par ce biais (prétendre protéger les enfants). Pour ce carnet, les parents devraient pouvoir réellement exercer leur droit dans le choix de l’éducation et l’instruction de leurs enfants. Dans ce sens, ils devraient avoir plus de choix dans l’évaluateur de l’apprentissage des enfants, ces évaluateurs pourraient, par exemple, être des organismes autres que ceux du gouvernement québécois. On pourrait penser à d'autres organismes homologués par d'autres pays par exemple. Nous pensons également que le rôle de l’État devrait être de soutenir les parents et d'être moins intrusif et moins soupçonneux à l’égard des parents.


dimanche 10 juillet 2016

Histoire — Jean de Léry et les explorateurs français au Brésil (1555 à 1560)

Indigène faisant griller de la viande humaine, illustration tirée du livre de Jean de Léry
Claude Lévi-Strauss raconte dans Tristes Tropiques que, lorsqu’il découvrit Rio de Janeiro au cours d’une mission ethnologique, en mars 1935, l’une de ses premières pensées s’adressa à Jean de Léry, qui avait foulé le même sol que lui, près de quatre siècles auparavant. Le grand ethnologue français retraçait en quelques pages l’aventure brésilienne de son lointain prédécesseur et l’épisode de la « France antarctique », cette tentative de colonisation du Brésil à laquelle est associé le nom de Jean de Léry et dont il fut le chroniqueur. Le livre dans lequel est relaté cet épisode insolite, Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil, autrement dite Amérique, était alors largement oublié. En le qualifiant de « chef-d’œuvre de la littérature ethnographique », Claude Lévi-Strauss allait remettre à la lumière et susciter de l’intérêt pour un auteur qui avait connu un vif succès au XVIe siècle, puis au XVIIIe siècle, avant de n’être plus lu que par quelques érudits au siècle suivant. Dans le sillage de Lévi-Strauss, Michel de Certeau lui consacra une étude dans son Écriture de l’histoire, puis le professeur de littérature Frank Lestringant l’édita dans une version accessible au grand public, avant que le romancier Jean-Christophe Rufin ne s’en inspire enfin pour son Rouge Brésil, prix Goncourt 2001.

Étrange destin que celui de ce protestant bourguignon ! Né en 1536 dans le village de La Margelle (Côte d’Or), il est d’origine humble, cordonnier de son état. Sa conversion à la Réforme va donner à sa vie une tournure aventureuse et chaotique. Lorsque l’ambiance commence à se tendre entre catholiques et protestants, il se réfugie à Genève auprès de Calvin et décide, en 1556, de rallier la petite troupe de prédicateurs qui part rejoindre la colonie française installée au Brésil. Forte d’environ 600 hommes, cette colonie a débarqué, quelques mois plus tôt, sur une petite île fortifiée de la baie de Guanabara (aujourd’hui île de Villegagnon, où se trouve l’École navale brésilienne), sous les ordres de son chef : le chevalier de Malte Nicolas Durand de Villegagnon. Mais à peine constituée, la colonie a commencé à se fissurer...

C’est à l’amiral de Coligny que l’on doit l’aventure de la France antarctique. Depuis sa découverte, en 1500, par les Portugais, le Brésil fascine les Français. Les marins normands s’y sont très vite rués pour se livrer au commerce du bois ou pratiquer la piraterie contre les Lusitaniens. Ils considèrent cette terre comme leur chasse gardée et le roi les soutient. « Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde », répondait François Ier aux émissaires ibériques protestant contre sa politique d’expansion. Vers le milieu du siècle, Coligny décide de passer à la vitesse supérieure en concevant un véritable projet colonial avant l’heure. Chef du parti protestant quand éclatera la guerre civile (1562), tué lors de la Saint-Barthélemy, dix ans plus tard, son but est double : concurrencer les puissances ibériques en profitant des liens tissés avec les Indiens par les marins normands. Mais aussi détourner de la France le spectre menaçant de la guerre civile en créant une colonie huguenote qui pourrait devenir une solution de repli si la situation l’exigeait.

Carte de l'établissement français
dans la baie du Rio de Janeiro
Bien accueillis par les Tupinambas, les Français peuvent compter sur ceux que l’on appelle les « truchements », des marins normands installés avec les Indiens et partageant leur mode de vie. Ils serviront de traducteurs. Mais les premières tensions naissent très vite. Villegagnon, austère, ne supporte pas la nudité des Indiennes et encore moins la manière dont vivent les truchements, intégrés au point de partager les mœurs cannibales de leurs hôtes. Il donne à ses hommes tentés de rejoindre les Indiennes le choix entre le mariage et la pendaison. Les désertions se multiplient, les complots se trament et la plupart des colons profitent d’un bateau de ravitaillement pour quitter la colonie quelques mois plus tard. C’est alors qu’il fait appel à Calvin, son ancien condisciple à la faculté de droit d’Orléans, qui lui envoie des colons genevois à la moralité plus sûre, dont notre Jean de Léry qui écrira l’histoire de la colonie. Mais un nouveau conflit voit le jour à la Pentecôte 1557, alors que l’on célèbre la Cène. Les catholiques plaident pour la présence réelle du corps du Christ dans la communion ; les calvinistes, qui les accusent de ne pas valoir mieux que les cannibales qui les entourent, pour sa présence symbolique...

L’expédition vire au fiasco, un an plus tard, lorsque les Portugais montent une expédition commandée par le gouverneur Mem de Sá pour chasser les intrus. Le fort est détruit, la France antarctique ratiboisée, une ville est créée dans la foulée pour sécuriser la baie : São Sebastião do Rio de Janeiro.

De retour en France, Jean de Léry est pris dans la tourmente de la guerre civile. Il est prédicateur à Belleville-sur-Saône, puis pasteur à Nevers et à La Charité-sur-Loire ; c’est là que le surprennent les massacres commencés à Paris le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, et qui connaîtront des échos en province jusqu’en octobre de la même année. Réfugié dans la citadelle de Sancerre, qui résista un an aux troupes catholiques, Léry est chargé de la négociation pour la capitulation de la ville. Il racontera ce siège et la famine qui s’ensuivit dans l’Histoire mémorable de la ville de Sancerre (1574).

En 1557, André Thevet, cosmographe des rois de France et capucin, avait fait paraître un livre après avoir passé, lui aussi, quelques mois au Brésil : les Singularitez de la France antarctique. Il accusait les « Genevois » d’être responsables de la faillite de la colonie. C’est pour laver l’honneur des martyrs protestants (trois d’entre eux furent exécutés par Villegagnon) que Jean de Léry se lança dans la rédaction de ce qui allait être son chef-d’œuvre, l’Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil, publié en 1578 et réédité six fois les années suivantes. Outre le récit de ses aventures hors du commun (naufrage, incendie, révolte, tempêtes, famine, etc.), qui en font un roman haletant, le livre est une description de la vie des Indiens que découvre alors l’Europe ébahie, mais aussi une critique de la société chrétienne que le prédicateur estime corrompue. Par sauvage interposé, Léry fustige l’avarice de ces hommes prêts à quitter femme et enfants et à braver les océans pour s’enrichir, ou la coquetterie des élégantes, bien plus scandaleuse à ses yeux que la nudité des Indiennes, laquelle témoigne paradoxalement d’une vertu modeste.

Si le moraliste protestant estime que les Indiens sont définitivement perdus, oubliés de Dieu, et qu’ils ne sauveront jamais leur humanité, l’observateur bienveillant est pourtant plein de compréhension pour ces représentants du « monde enfant » (Montaigne) qu’il découvre avec tendresse. Son regard a la fraîcheur du XVIe siècle. Même le cannibalisme, thème qui traverse toute son œuvre, finit par être relativisé. Les usuriers des pays civilisés « sucçans le sang et la moëlle » des veuves et des orphelins valent-ils vraiment mieux qu’eux ?

Écrivant vingt ans après les faits, après avoir connu l’horreur d’une guerre civile, l’écrivain est nostalgique de son séjour brésilien et son cœur semble parfois être resté avec les cannibales : « Je regrette souvent que je ne suis parmi les Sauvages, ausquels (ainsi que j’ay amplement monstré en ceste histoire) j’ay cogneu plus de rondeur qu’en plusieurs de par-deça, lesquels à leur condamnation, portent titre de Chrestiens », note-t-il au soir de sa vie. Avec ce livre auquel se ralliera Montaigne, une tradition philosophique naît, qui culminera, au siècle des Lumières, avec Diderot et le « mythe du bon sauvage ».

Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil,
de Jean de Léry,
publié au Livre de poche,
en 1994,
672 pages,
11,20 €.


jeudi 7 juillet 2016

LGBT — Davantage exposés aux problèmes de santé, de tabagisme et d'alcoolisme

Les homosexuels, lesbiennes et bisexuels sont davantage exposés aux problèmes de santé mentale et physique, de tabagisme et de consommation excessive d’alcool que les hétérosexuels, remarque une étude de chercheurs américains, publiée dans la revue Jama Internal Medicine, qui explique possiblement et en partie ce constat par le stress lié aux discriminations (cela semble une explication politiquement correcte qui ne mangea pas de pain), y compris au sein de la communauté LGBT.

Parmi les hommes hétérosexuels interrogés dans le cadre de l’étude, 16,9 % souffraient de détresse psychologique modérée ou sévère. La proportion montait à 25,9 % chez les homosexuels et 40,1 % parmi les bisexuels.

Gros fumeurs

Les hommes bisexuels étaient aussi nettement plus nombreux à faire part de problème d’alcoolisme avec 10,9 % contre 5,7 % pour les hétérosexuels et 5,1 % pour les homosexuels, ont également constaté les auteurs de l’étude conduite par Gilbert Gonzales de l’université Vanderbilt à Nashville, dans le Tennessee.

Les résultats montrent aussi que les homosexuels et hommes bisexuels sont plus souvent fumeurs que les hétérosexuels masculins. Mais les hommes bisexuels sont plus fréquemment de gros fumeurs (9,3 %) comparativement aux hétérosexuels (6 %) et aux hommes homosexuels (6,2 %).

Forte consommation d’alcool

Dans le détail, 21,9 % des femmes hétérosexuelles présentent des symptômes modérés et sévères de problèmes psychologiques, contre 28,4 % pour les lesbiennes et 46,4 % pour les femmes bisexuelles.

Ces dernières étaient les plus fortes consommatrices d’alcool avec 11,7 % de ce groupe contre 8,9 % pour les lesbiennes et 4,8 % parmi les hétérosexuelles.

Plus de 25 % des lesbiennes et bisexuelles étaient fumeuses contre seulement 14,7 % des hétérosexuelles.

Les lesbiennes étaient par ailleurs plus souvent en mauvais état de santé que les femmes hétérosexuelles tandis que les bisexuelles souffraient plus fréquemment de multiples maladies chroniques que les hétérosexuelles.

Au total, le groupe représentatif de 68 814 personnes comptait 51 % de femmes et l’âge moyen était proche de 47 ans.

L’enquête publiée dans la revue médicale américaine JAMA Internal Medicine et conduite au niveau national en 2013 et 2014 aux États-Unis a comparé l’état de santé, les taux de tabagisme et la consommation d’alcool de 525 lesbiennes, 624 homosexuels et 515 bisexuels à 67 150 hétérosexuels.

Confirmation

Ces résultats ne sont pas étonnants (seule l’explication dans l’air du temps l’est). Plusieurs études ont déjà souligné la moindre santé des groupes LGBT, plus particulièrement les lesbiennes, par rapport aux hétérosexuels. Fait intéressant, les hommes homosexuels, bisexuels et hétérosexuels ont dans l’ensemble le même niveau de la santé. Toutefois, après ajustement pour les facteurs démographiques et socio-économiques, les hommes bisexuels étaient beaucoup plus susceptibles de signaler des niveaux modérés ou sévères de détresse psychologique par rapport aux hommes hétérosexuels, et ils sont aussi beaucoup plus susceptibles d’être des buveurs excessifs et les fumeurs.



Source

Voir aussi

Étude : Environ 70 % des ados qui se disaient LGBT se déclarent hétérosexuels par la suite

Sondages : Les États-Uniens surestiment grandement le nombre d'homosexuels


Étude sur les maladies liées à l'activité homosexuelle masculine (MST, cancer)


Les filles aux parents lesbiennes sont 45% moins susceptibles d'obtenir un diplôme d'enseignement secondaire


Québec — La gonorrhée de plus en plus prévalente et résistante aux antibiotiques classiques
Le cours d'éducation sexuelle ontarien évite-t-il l'augmentation du nombre de maladies vénériennes ? (Réponse sans surprise : non)

États-Unis — les homosexuels nettement moins heureux que les hétérosexuels

Cour suprême — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction »

Enfants de couples homosexuels : « toutes les études [militantes] sont invalides »

VIH : En Île-de-France, 80 fois plus de contaminations chez les homosexuels

VIH : Les découvertes de séropositivité baissent dans tous les groupes, sauf chez les homosexuels

Étude suggère des risques pour les enfants élevés par des couples homosexuels

mercredi 6 juillet 2016

Pourquoi Maurice Duplessis remporta quatre élections successives

Nous reproduisons ci-dessous des extraits d'une réponse de Conrad Black à un journaliste anglophone qui répétait la doxa progressiste et libérale sur le Québec à l’époque de Maurice Duplessis.

Conrad Black est diplômé en droit à l’Université Laval à Québec (1970) et d’histoire de l’université McGill à Montréal (1973). Il y fit une dissertation de maîtrise d’histoire sur Maurice Duplessis, ancien Premier ministre du Québec. Cette dissertation se transformera plus tard en biographie, qui sera publiée et traduite, reconnue maintenant comme la référence sur Maurice Duplessis.


Voilà déjà quelque temps que je m’étais vaguement dit que je devrais réfuter un article de John Ivison publié dans le National Post le 24 juin 2014, à l’occasion de la Saint-Jean-Baptiste. Ivison y affirmait que Duplessis avait dépassé tout homme politique canadien actuel pour son usage sans scrupules du vitriol et du dénigrement oratoire de ses adversaires. Ivison écrivait également que Duplessis s’était entendu avec le clergé catholique pour maintenir le Québec dans un état d’arriération politique. « Avec le solide soutien de l’Église catholique romaine, écrivait Ivison il y a deux ans, une forte popularité dans les zones rurales et son opposition à la conscription, [note de Conrad Black : en 1917 alors que les libéraux furent les principaux opposants à celle-ci] Duplessis a pu survivre à la transition vers l’ère moderne d’après-guerre qui fit tomber des figures aussi imposantes à leur époque que Winston Churchill ».

Maurice Duplessis, fleurdelisé à la main, célèbre une victoire électorale en 1952

Jamais, dans l’histoire de ce pays, il n’y eut plus bel exemple que l’histoire n’est, comme le disait fameusement Napoléon, qu’« une fable convenue » [Mémorial de Saint-Hélène de Las Cases, 20 novembre 1816]

Afin de rafraîchir mon modeste souvenir de l’époque, j’ai regardé sur YouTube les remarques de Duplessis qui s’exprimait devant des dizaines de milliers de ses partisans sur les marches de sa maison à Trois-Rivières (qu’il a rarement habitée). Il y dit : « Il s’agit maintenant d’oublier les discordes et les causes de discordes. […] Les injures dont j’ai été l’objet pendant la lutte du pouvoir, croyez-moi, je les oublie. Je pardonne à ceux qui les ont dites et j’espère qu’ils ne s’en rappelleront pas plus que moi, car je suis sûr qu’en s’en rappelant ils auraient des remords que je voudrais leur éviter. » Cet oubli général, toutefois, s’est rapidement abattu sur Duplessis après son décès et celui de son successeur désigné, Paul Sauvé, à moins de quatre mois d’intervalle (le 7 septembre 1959 et le 1er janvier 1960).



Quant à la phrase d’Ivison citée ci-dessus, l’Église catholique romaine, qui était fortement respectée par près de 85 pour cent de l’ensemble de la population du Québec, représentait politiquement le peuple et non l’inverse. Contrairement à un mythe largement répandu, le Québec francophone n’était pas composé de paysans illettrés qui peinaient en travaillant inlassablement à la main dans les champs pour n’être interrompus dans leur labeur que par les cloches que sonnaient des prêtres aux soutanes noires pour les appeler à prier toutes les trois heures pendant le jour.

Ivison, né au Royaume-Uni, aurait dû savoir [quand il cite Churchill] que les Britanniques n’avaient pas eu une élection entre 1935, lorsque les conservateurs de Stanley Baldwin et Neville Chamberlain leur avaient assuré que la guerre serait évitée, jusqu’à ce que Churchill, sans programme politique aucun si ce n’est son comportement respecté par tous lors de la guerre, ait déclenché des élections en 1945 afin de mettre en place une vision britannique post-impériale pour ce qui est de l’étranger et une société moins déchirée par les conflits de classes au niveau intérieur. Duplessis avait été dans l’opposition pendant la guerre et ne revint au pouvoir qu’en 1944 avec comme programme électoral la récupération de pouvoirs attribués à Ottawa pendant la guerre et la reconnaissance par le fédéral du droit du Québec d’également lever des impôts directs. Les événements politiques ne sont pas plus comparables que les juridictions ou les personnes en question.

Duplessis a remporté les suffrages de la classe ouvrière francophone du Québec lors de six des sept élections générales qui eurent lieu alors qu’il était chef de parti et les quatre dernières malgré l’opposition de la plupart des directions syndicales. Il découragea l’agitation ouvrière, mais il légiféra des augmentations de salaires et d’avantages sociaux.
De 1944 à 1959, le Québec et l’Ontario bénéficièrent tous deux d’augmentations dans la production intérieure brute et industrielle d’environ 8,5 pour cent par an. En dépit du fort taux de natalité du Québec, le salaire moyen y augmenta de 160 pour cent alors qu’il n’augmentait que de 140 pour cent en Ontario. Le nombre d’automobiles au Québec bondit à cette époque de 850 pour cent, comparativement à 300 pour cent en Ontario. Le nombre d’étudiants universitaires du Québec tripla, pour dépasser le nombre d’étudiants de l’Ontario, alors que le Québec ne représentait que 80 pour cent de la population de l’Ontario.

Tous les indicateurs pertinents du progrès économique et social ont suivi le même schéma. Duplessis fit construire 3000 écoles, tous les campus universitaires, à l’exception de McGill, toutes les premières autoroutes et l’électrification des zones rurales permit de relier à 97 pour cent des foyers alors que seuls 20 pour cent des foyers à la campagne l’étaient en 1944.
Malgré les grandes familles québécoises, le revenu personnel par habitant au Québec passa de 65 pour cent de l’Ontario en 1944 à 87 pour cent de l’Ontario en 1959. Québec avait le système de garde la plus complète de toutes les provinces dès le milieu des années cinquante.

Ces faits et d’autres connexes faits expliquent que Duplessis ait remporté quatre mandats successifs à partir de 1944. Il n’y avait pas de complot ourdi avec le haut clergé. L’Église du Québec n’était pas monolithique et cette théorie, débitée comme un fait historique par Ivison, est tout simplement une fable devenue tradition, l’excuse de libéraux et de la gauche pour expliquer leurs défaites répétées face à Duplessis. Mais dans un sens, l’analyse d’Ivison est correcte : Duplessis a joué sur la paranoïa des évêques ruraux qui maintenaient qu’il fallait du personnel religieux dans les écoles et les hôpitaux francophones et irlandais du Québec français pour éviter que la province ne perde son caractère chrétien. Avec la croissance progressive des services éducatifs et médicaux (l’écart dans l’espérance de vie des Québécois avec celle des Ontariens passa de quatre ans de moins à quelques mois de 1944 à 1959), l’Église est devenue progressivement plus dépendante financièrement de l’État. Duplessis a résumé cette situation dans sa célèbre expression, « Les évêques mangent dans ma main ».

École réelle pendant la prétendue Grande Noirceur. Région de Lanaudière, années 1950.

La clé du succès de Duplessis tenait dans deux stratégies. En maintenant le personnel religieux dans la plus grande partie des réseaux de l’enseignement et de la santé, il épargna d’immenses sommes d’argent qui auraient dû être payées à des enseignants, des infirmières et des administrateurs laïques. Cela lui permit d’équilibrer le budget, de réduire les impôts tout en restreignant le syndicalisme militant grâce à des hausses de salaire pour les travailleurs. Cela permit au Québec d’attirer d’immenses quantités d’investissements extérieurs, en particulier dans les secteurs miniers et industriels. C’est la source d’une grande partie de l’énorme augmentation de la prospérité et Duplessis s’assura que celle-ci soit généreusement distribuée dans la population. Sa deuxième technique consistait à exiger plus de compétences pour le Québec au sein de la fédération. Il adopta le drapeau fleurdelisé et força en fin de compte le gouvernement de Saint-Laurent à concéder au Québec le droit de lever une partie des impôts directs. Il réalisa ainsi le double exploit politique de se concilier les voix des nationalistes et des conservateurs. Cela nécessita un grand doigté : ne pas être trop nationaliste pour les conservateurs ni trop conservateur pour les nationalistes. Sa formule consistait à exiger avec fermeté qu’Ottawa cède tout en expliquant qu’il ne réclamait que ce que l’Acte de l’Amérique du Nord britannique prévoyait : un poing nationaliste sur la table pour obtenir le respect de la lettre de la loi.

Il déclara que « Les nationalistes québécois sont un poisson de 10 livres mordant à l’hameçon d’une ligne de cinq livres, vous devez les ramener avec soin. Je les ai contentés pendant 10 ans avec un drapeau [“la sainte étoffe”]. Ils se tairont dix autres années en ouvrant les relations avec la France » — avec le général Charles de Gaulle, il refusa de prendre la Quatrième République au sérieux — « et une décennie ensuite avec une Exposition universelle ». Et il dit au cardinal de Montréal, Paul-Émile Léger, en se référant à l’Église du Québec : « Si vous serrez trop le poisson, il s’en ira. » Le cardinal répondit : « Je ne presse pas le poisson, vous le faites. » C’était bien sûr ce qu’il faisait et le Québec n’aurait pas pu rester encore longtemps une société sous la coupe du clergé. Mais Duplessis, Paul Sauvé et Daniel Johnson auraient assuré une transition beaucoup plus progressive et réussie vers la modernité que le chaos qui se nomma avec satisfaction la Révolution tranquille.

L'école de la Grande Noirceur et d'aujourd'hui selon un cahier d'ECR...
Page 56 — cahier-manuel d'éthique et de culture religieuse Entretiens II pour la 1re secondaire des éditions La Pensée

La principale caractéristique de cette époque [la prétendue Révolution tranquille] a été que le même personnel enseignait aux mêmes élèves le même programme, prodiguait les mêmes soins aux hospitalisés dans les mêmes édifices à 10 puis 20 fois plus cher pour les contribuables. La liberté d’expression a été restreinte au nom de la culture [note du carnet : pas clair si c’est une allusion à la loi 101 qui ne brime pas la liberté d’expression, mais il est vrai que par ailleurs la liberté d’expression est de plus en plus brimée], 425 000 francophones et autant de non-francophones ont quitté le Québec, enfin le taux de natalité s’est effondré et cet effondrement est péniblement caché par l’immigration haïtienne, libanaise et maghrébine. Duplessis déclara : « Quelqu’un prendra ma place, mais vous ne me remplacerez jamais ! » Il avait raison.

Source : The National Post

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L’État a-t-il vraiment fait progresser l’éducation au Québec ?

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France — Des correcteurs invités à signaler les «propos antisémites, racistes, djihadistes » dans les copies

L’alerte, comme le rapporte Le Monde ce mercredi, est venue du SNES-FSU : le 22 juin, le principal syndicat des professeurs du secondaire tweetait ce message : « Consigne de l’inspection générale d’histoire-géographie aux correcteurs : faire remonter les propos antisémites, racistes et djihadistes trouvés dans les copies. » Puis ce commentaire acerbe : « Les enseignants sont des fonctionnaires responsables et compétents qui n’ont pas besoin d’appel à la délation pour accomplir leur travail. »


Contacté par le quotidien, l’entourage de la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem reconnaît que des inspecteurs pédagogiques auraient « peut-être péché par excès de zèle, faisant preuve de maladresse dans leurs conseils », mais dans le but de faciliter la tâche des enseignants.

« Nous aider dans le travail d’évaluation, ce n’est pas une mauvaise idée », réagit une correctrice aguerrie du bac auprès du « Monde ». « Mais pourquoi, alors, nous demander de scanner la portion des copies contenant les propos en question, et de l’envoyer à l’inspecteur pédagogique régional avec le numéro d’anonymat du candidat ? [...] Ce n’est pas à nous d’alimenter les fichiers S ! »

« L’inquiétude sociale vis-à-vis des phénomènes de radicalisation de certains jeunes se reporte, comme d’habitude, sur les enseignants », déplore Amélie Hart-Hutasse, coresponsable du groupe histoire-géographie au SNES-FSU.

Source : L’Obs qui ne semble s’offusquer que du fait qu’il faille dénoncer à la hiérarchie les propos « djihadistes », seuls mentionnés dans son titre, pas des propos antisémites ni racistes (aucun guillemet). Le syndicat SNES-FSU ne met entre guillemets que le mot « djihadistes ».

mardi 5 juillet 2016

Québec — Lente disparition des « noms de famille » composés

Jusqu’en 1981, le choix du nom de l’enfant n’était régi par aucune loi, mais la coutume voulait qu’on donne aux enfants d’un couple le nom de famille du père. La refonte de la section du droit de la famille du Code civil, entré en vigueur en 1981, permet l’attribution à l’enfant, au choix de ses père et mère, du nom de famille de l’un d’eux ou d’un nom composé d’au plus deux parties provenant des noms de ses père et mère (Code civil, art. 51).

La nouvelle loi impose cependant aux femmes le maintien de leur nom de naissance leur vie durant. L’expression « nom de famille » n’est donc plus tout à fait idoine, les membres d’une famille pouvant avoir plusieurs noms différents, mais elle continue d’être utilisée par habitude. Cette disparation du nom de famille (chaque parent ayant un nom différent et les enfants pouvant en avoir d'autres) symbolisait bien le lent délitement de la famille de la fin du XXe.

Certains parents n’avaient pas attendu la loi et, en 1980, 2 % des bébés ont reçu un nom double. Le choix du nom composé évolue très rapidement, et la proportion, qui était déjà de 15 % en 1986, atteint 21 % en 1992 et diminue à 15 % en 2000 et à 13 % en 2004. On aurait pu penser à un mouvement de fond et on a même parlé d’évolution vers un système matrilinéaire mais, devant le revirement, on peut constater que l’élément de mode était important et que cette vogue des noms doubles est en train de décliner.

Aujourd'hui, moins de 10 % des parents le choisissent encore. « L'un des gains de la lutte féministe pour l'égalité » selon Radio-Canada, cède la place au retour de la tradition.

Témoignages de parents

Interrogée par la SRC, Alexandra Rochon-Fabien, marraine de la petite Romane, fille d'Émilie Bossé, explique : « C'est juste compliqué parce qu'à la banque c'est Alexandra Rochon-Fabien, avec mon téléphone cellulaire c'est Alexandra Rochon. J'ai tout le temps des problèmes parce que je n'ai pas été constante dans le nom que je donnais chaque fois ».

Dans les Cahiers québécois de démographie publiés au printemps 2015, quatre chercheurs, Laurence Charton, Louis Duchesne, Denise Lemieux et Françoise-Romaine Ouellette, font le compte rendu de leur étude qualitative réalisée auprès d'un échantillon de 25 personnes dont le profil correspond à peu de choses près à la répartition des noms transmis aux enfants en 2010.

« C'était pour suivre la tradition, dira un père dont l'enfant porte son nom et dont la conjointe a un nom composé. On ne voulait pas qu'il ait trois noms de famille. »

« Pour moi, c'était naturel qu'il ait le nom du père, explique une mère. Mon frère va peut-être avoir des garçons, ça va pouvoir continuer la lignée. »

Au surplus, selon elle, les noms composés sont plutôt donnés aux «bébés-accident», par les couples qui ne sont pas solides ou qui envisagent de se séparer.

Une autre mère de l'étude pense la même chose. En donnant le nom de son conjoint à leur enfant, elle cherchait à le reconnaître comme père, mais aussi à faire savoir que son couple est stable, solide.

« Moi, dira une autre, je porte juste le nom de mon père, puis je ne suis pas morte. [Le nom composé], ça fait prétentieux. [...] Ça fait péteux de broue. Ça fait hautain. »

Les mères prennent « tellement d'importance dans l'éducation des enfants que le nom, moi, ça, je laisse aller, puis je ne me sens pas mal du tout », enchaîne-t-elle.

Un des pères cités résumera la pensée de plusieurs autres hommes interviewés. Pour lui, la transmission du nom est une question de reconnaissance de son rôle.

Certaines femmes ayant elles-mêmes reçu cet héritage féministe du nom composé choisissent de ne transmettre que le nom du père à leur enfant. C'est le cas de Geneviève, dont les parents se sont séparés quelques mois après sa naissance. Pour elle, son nom composé est un dur rappel du conflit qui a empoisonné son enfance. Craignant que le fait de choisir entre ses deux noms de famille puisse raviver la rancoeur qui s'est apaisée au fil des ans, elle a voulu faire «moins compliqué» et transmettre le seul nom de son conjoint à son enfant.

Plusieurs noms de famille au début de la colonie, les « dits »

Les doubles noms ont existé depuis le début de la colonie. À l'époque, il s'agissait de surnoms accolés au patronyme, par exemple Poirier dit Lafleur. Cela aidait à distinguer les nombreuses familles qui avaient le même nom. Mais à la fin du 19e siècle, l'État, pour des raisons pratiques, a demandé de choisir un seul nom légal.

« En 1881, on s'est dit c'est Brien ou Desrochers, on n'en veut plus de noms doubles, mais il y en a qui ont quand même subsisté, comme des Miville-Dechêne, des Beaugrand-Champagne des Gérin-Lajoie », explique Marcel Fournier, conseiller pour l'émission de télévision Qui êtes-vous? à Radio-Canada, qui remonte l'arbre généalogique de nos vedettes.

Le registre des noms existe depuis 1621, du temps de la Nouvelle-France. Et il y a encore 3500 patronymes de cette époque au Québec.

Aujourd'hui, la loi prévoit qu'un enfant ne peut porter que deux noms de famille. Les parents aux doubles noms ont des choix parfois difficiles, car ils doivent abandonner un ou plusieurs noms... et choisir le patronyme qu'ils laisseront en héritage.

vendredi 1 juillet 2016

La désincarnation du monde, ou la théorie du genre (bientôt dans toutes les écoles)

Le Monopole de l’Éducation du Québec va imposer à tous les élèves du Québec un programme unique d’éducation à la sexualité « diversitaire » (probablement en septembre 2017) qui comprend un élément de théorie du genre, de fluidité sexuelle et d’exploration des diverses orientations et « nouvelles valeurs et normes en matière de sexualité, au-delà de celles de la famille ».

Dans ce cadre, il nous semble opportun de rappeler les propos de Mathieu Bock-Côté quand il revenait sur plusieurs incidents dont nous avons déjà parlé et le livre de Bérénice Levet « La théorie du genre ou le monde rêvé des anges » :



Journée de la jupe
Début février 2015, l’école Saint-Constant, sur la Rive-Sud de Montréal, invitait ses élèves, le temps d’une journée, à se travestir. Les garçons devaient s’habiller en filles, et les filles, en garçons et cela, pour promouvoir la tolérance — on connait le refrain. Sans surprise non plus, les parents se révoltèrent. L’école a battu en retraite en expliquant qu’il s’agissait en fait d’une activité ludique, festive, humoristique, même, et qu’il n’y avait là aucune matière à scandale. Ce n’est pas surprenant. Chaque fois qu’une telle initiative explose médiatiquement, c’est cette ligne de défense qui est adoptée, comme s’il fallait désamorcer les critiques en expliquant que rien de grave ne vient de se passer, et qu’on peut vite passer à autre chose. En juin 2014, en semblable situation, une autre école qui avait lancé une journée de la jupe (les garçons devaient s’habiller en jupe pour lutter contre le sexisme) avait répondu qu’il s’agissait en fait d’une initiative du conseil des élèves. Réponse semblable en France quand un lycée de Nantes avait proposé lui aussi sa journée de la jupe, en mai 2014. Mais où les élèves avaient-ils pigé ces idées ?

En réalité, il s’agit à chaque fois d’un épisode parmi d’autres — et ils sont appelés à se multiplier — d’une grande querelle qui s’amplifiera dans les années à venir : celle portée par les promoteurs de la théorie du genre qui se sont engagés dans une opération de réingénierie sociale et identitaire sans précédent dans les sociétés libérales. De nombreux journalistes de chez nous, par exemple, citent avec admiration les sociétés scandinaves qui en sont apparemment déjà familières, notamment l’initiative de cette garderie suédoise où on a mis de l’avant un pronom impersonnel, « hen » pour ne plus dire il ou elle, afin d’éviter de marquer sexuellement l’éducation des enfants — désormais, on ne vise plus l’égalité des sexes, mais une société sexuellement neutre.

On pourrait multiplier les exemples sans trop chercher : la réalité en abonde. Pensons simplement à la dénonciation de plus en plus hargneuse des « jouets genrés », comme s’il y avait quelque chose de fondamentalement malfaisant à offrir à Noël un camion à son garçon et une poupée à sa fille, ou à peindre la chambre du premier en bleu et celle de la seconde en rose — ce qui ne veut pas dire, naturellement, qu’on ne devrait pas offrir des Légos aux enfants des deux sexes ! Pensons à ces parents qui entendent offrir aussi à leurs enfants une éducation non genrée pour les protéger contre les stéréotypes sexués circulant dans la société. Nous rencontrerons d’autres exemples, probablement plus inquiétants, au fil du texte.


Au nom de la lutte contre les préjugés et les discriminations, les militants du genre entendent transformer radicalement nos représentations du masculin et du féminin — en fait, c’est une révolution qu’ils veulent accomplir, et on verra ici pourquoi et comment. Je me souviens de ma première rencontre avec cette théorie, et plus particulièrement avec Judith Butler, sa figure iconique : c’était il y a une douzaine d’années, au début d’une maîtrise en philosophie que j’ai vite abandonnée pour passer à la sociologie. Le séminaire portait sur les philosophies de l’identité, et je m’étais intéressé au néo-féminisme contemporain. Lisant Butler, et les théoriciens du genre, j’avais l’impression de faire une plongée dans les profondeurs du nihilisme académique, celui qui permet à des esprits souvent limités de se piquer d’originalité théorique en prenant à revers la société dans ses évidences les plus fondamentales.

lundi 27 juin 2016

Québec — Le nouveau programme d'éducation sexuelle prônerait l'exploration sexuelle...?

Comme le dit le site du Monopole de l’éducation du Québec :

« Les enfants et les adolescents québécois reçoivent déjà de l’éducation à la sexualité à l’école. Ce qu’ils apprennent varie toutefois d’une école à l’autre. »

Cette diversité étant intolérable, le site gouvernemental monopolistique affirme :

« Pour offrir [sic] à tous les élèves de l’éducation à la sexualité sur chacun des sujets importants, le Ministère souhaite accorder une place plus formelle à celle-ci dans leur cheminement scolaire. »

Rappelons qu’il ne s’agit pas d’offrir (comme un cadeau), mais bien d’imposer. Voir Ne dites plus... parlez pédagogiste...

Ajoutons que cette « offre » ne pourra même pas être refusée, pas de diversité ici, hein ?

Comme le rapportait la Presse canadienne, « La connaissance des choses du sexe est trop importante pour être facultative, aux yeux du ministère de l’Éducation. Au même titre que le français et les mathématiques, l’éducation sexuelle sera donc obligatoire pour tous, de la maternelle à la cinquième secondaire dans les écoles du Québec, sans égard aux convictions religieuses et valeurs des parents issus de différentes communautés. »

Mais quels sont ces « connaissances », ces faits qui doivent s’apprendre dès 6 ans ?

Un coup d’œil rapide (nous espérons pouvoir y revenir plus en détail par la suite) révèle tout de suite la charge non pas scientifique ni factuelle du programme imposé par le Monopole de l’Éducation, mais ses visées idéologiques.

Voici les catégories utilisées dans le programme gouvernemental qui permettent de classer les compétences qui devront être inculquées (« offertes ») aux élèves captifs :


La première catégorie consiste à « lutter contre l’homophobie » comme si cela devait être une priorité dans un cours d’éducation à la sexualité. Il s’agit dans les faits de lutter contre l’« hétérosexisme » (la simple idée que l’hétérosexualité est plus normale que l’homosexualité) et de normaliser l’homosexualité auprès des plus jeunes impressionnables et parfois mal dans leur peau.

La dernière catégorie de cette liste est celle qui servait pourtant encore naguère à justifier les programmes d’éducation à la sexualité : la prévention des maladies sexuellement transmissibles et la prévention des grossesses précoces. Voir Danemark — Imposition de l’éducation sexuelle (historique), affaire Kjeldsen et autres c. Danemark en 1976.

La seconde catégorie, la promotion des rapports égalitaires, est à nouveau souvent un euphémisme pour « lutter contre les stéréotypes » de notre société, la changer donc. Qui a donné ce mandat à l’État ? Cela n’a rien à voir avec les aspects médicaux comme la lutte contre les maladies vénériennes ou la prévention des grossesses prématurées (bien que même ici on déplore habituellement dans les programmes d’éducation à la sexualité l’absence d’insistance sur l’abstinence pendant l’adolescence)...

Certains intitulés semblent innocents comme « Sexualisation de l’espace public », pourtant ils semblent vouloir permettre l’« exploration de nouvelles valeurs et normes en matière de sexualité, au-delà de celles de la famille » :


Le programme du Monopole se lamente également que les jeunes qui sont ouverts et « flexibles » au niveau de l’identité sexuelle sont ramenés par la pression sociale « grandissante » à des rôles et identités stéréotypées « traditionnels » et « nuisibles » (voir ci-dessous). Tout ceci ressemble très fort à des jugements de valeur en fonction d’une certaine conception de l’homme, à de l’idéologie. La lecture du programme gouvernemental donne parfois l’impression de lire un programme concocté par des officines militantes...






Rappelons qu’en 1992, les parents du Québec avaient réussi à obtenir la dispense du cours tant que l’enfant dispensé recevrait de l’information équivalente (voir la lettre reproduite ci-dessous). Gageons que ce ne sera plus le cas aujourd’hui. Encore, un grand progrès « diversitaire » et « tolérant ». Il semble que l’État doive de plus en plus faire la chasse, sans exception aucune, aux parents conservateurs sociaux pour complaire à des groupes d’intérêts de groupes sexuels ultraminoritaires.




À ce sujet, rappelons cette remarque faite le 10 janvier 2011 par Benoît XVI sur les cours d’éducation sexuelle obligatoires :
 « Je ne puis passer sous silence une autre atteinte à la liberté religieuse des familles dans certains pays européens, là où est imposée la participation à des cours d’éducation sexuelle ou civique véhiculant des conceptions de la personne et de la vie prétendument neutres, mais qui en réalité reflètent une anthropologie contraire à la foi et à la juste raison. »

Voir aussi

Québec — éducation sexuelle : dispense en 1992, aucune exemption en 2015.

Détourner la lutte contre l’intimidation et intimider les hétérosexistes


Élu allemand énumère 60 genres lors d'un vote sur un projet de loi sur la « diversité »

Afin de tourner en ridicule un projet de loi sur « le respect de la diversité sexuelle », un membre du parlement de l’État fédéral de Brandebourg (Allemagne) a énuméré lors de son intervention à l’assemblée pas moins de 60 genres.

Steffen Königer, élu du parti conservateur et eurosceptique Alternative pour l’Allemagne (AfD), a choisi la voie de l’humour pour manifester son opposition à un projet de loi régional déposé par ses homologues écologistes, ayant pour objet d’améliorer « l’acceptation de la diversité des genres et des sexes » et de lutter « contre l’homophobie et la transphobie ».



Montant à la tribune du parlement de Brandebourg pour s’exprimer à ce sujet, l’élu a commencé son intervention par : « Cher Monsieur le Président [de l’assemblée], Mesdames, Messieurs »... avant de saluer — dans un souci ironique de ne discriminer personne — toutes les minorités sexuelles possibles : « Chers homosexuels, chères lesbiennes, chers androgynes, chers bigenres (...) chers genres neutres, chers asexuels, chers non-binaires (...) chers pansexuels,(...) chers cisgenres, chers bispirituels (...) ».

Après une minute et douze secondes de salutations de ce type, le président du l’assemblée a tenté d’interrompre Steffen Königer, en lui demandant de « passer au vif du sujet ». Déclinant la proposition, l’élu de l’AfD a assuré qu’il « n’avait pas terminé son introduction » — provoquant des rires dans la salle — avant de poursuivre son énumération.

Près d’une minute de déclinaison de genres et d’orientations sexuelles plus tard, l’homme politique allemand a finalement annoncé — sans grande surprise — que son parti rejetait le texte des écologistes.

Voir aussi
Allemagne — Ne plus interdire l’inceste ?

Canada — La pédophilie : une orientation sexuelle comme l’hétérosexualité pour des experts

France — Enseignants pédophiles, on n’en parle que depuis récemment


Les écologistes allemands militaient dans les années 70-80 pour la décriminalisation de la pédophilie :