samedi 14 mars 2009

Les Haïdas et le Québec de la Grande Nouerceur

Quelques images extraites d'un cahier d'activités d'éthique et de culture religieuse destiné à la 4e secondaire et quelques pages du corrigé extraites du guide du professeur.

On y compare deux sociétés : une autochtone de Colombie-Britannique (!) à travers une histoire dessinée dite « vraie » et une autre bande dessinée sur le Québec de la Grande Nouerceur.


« Une histoire vraie » — page 72 du cahier d'activités d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire





Ils sont sympas et ont de l'humour anachronique ces autochtones — page 73 du cahier d'activités d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire




Jean XXIII mêlé à une affaire de témoins de Jéhovah au Québec (c'est bien sûr faux) — page 172 du cahier d'activités d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire



Autre anachronisme : Ministère de l'Éducation sous Duplessis — page 173 du cahier d'activités d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire



Les chamanes de la Grande Noirceur —page 184 du guide du professeur d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire




Parallèles entre les Haïdas et le Québec des années cinquante —page 187 guide du professeur d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire

A blog about the promotion of Eastern spirituality in Quebec schools

In Quebec, we only hear about the beneficial effects of yoga, meditation and qi gong. The public has little knowledge of the side effects of these practices and their religious roots. The individuals cannot benefit from accurate information which would enable him ou her to make an informed choice before engaging in such practices. Dangers of Yoga aims to make this information available.






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Le Devoir défend « son » cours d'Éthique et de culture religieuse

Le Devoir a décidé de reparler du cours d'éthique et de culture religieuse. C'est que celui-ci commence à incommoder une nouvelle frange de la population : les nationalistes. Alors, le Devoir a décidé de défendre « son » cours d'ECR, celui que ses collaborateurs fréquents Georges Leroux et Jean-Pierre Proulx ont pondu comme experts pour le bien de nos enfants.
Louis Cornellier
Édition du samedi 14 et du dimanche 15 mars 2009

On s'attendait, bien sûr, à ce que le nouveau programme d'éthique et de culture religieuse (ECR), implanté dans les écoles québécoises en septembre 2008, suscite une certaine controverse. Les partisans de l'ancien programme d'enseignement religieux confessionnel et les athées militants se rejoignaient dans le mécontentement ressenti quant à cette nouvelle approche du fait religieux.
Et de l'éthique !
Aux premiers, on pouvait pourtant rappeler l'inefficacité de l'ancien cours, qui échouait à transmettre tant la foi que la culture religieuse, et son caractère peu rassembleur, voire discriminatoire.
Arguments peu convaincants : on pouvait améliorer les anciens cours, ne pas rendre encore plus difficile la transmission et puis cette contradiction de tant de partisans de la « diversité » et du « métissage », mots fétiche du Devoir, qui veulent pourtant rassembler, ignorer ou même rendre plus difficile la perpétuation des différences et de la diversité religieuses. Pour ce qui est de la discrimination, la solution avait été proposée et même inscrite dans la Loi pendant quelques années : permettre d'autres cours de religion là où le nombre le permet. Mais voilà, on voulait pouvoir imposer une même solution à tous.
Aux seconds, qui souhaitaient voir le religieux disparaître du programme de l'école québécoise, on pouvait répliquer qu'il serait mal avisé de négliger ainsi un pan du réel qui a contribué, et qui contribue encore, à définir la culture occidentale et les autres et les inciter à se réjouir de l'abandon de la perspective confessionnelle.
Le plus gros problème avec cet argument du réel (qu'on utilise ou non selon les besoins de la cause), c'est que les parents peuvent regretter ce réel et l'imposition de ce que les experts perçoivent comme le réel aux enfants des autres, même quand les parents s'y opposent et essaient de se réfugier dans des écoles privées. Ainsi des parents athées peuvent regretter que tant de gens croient encore à ces mythes incapacitants ou nuisibles que sont, selon eux, les religions (le réel) et ne veulent pas que leurs enfants soient soumis dès six ans à ces sornettes.
Sans suffire à convaincre les uns et les autres, ces arguments avaient au moins le mérite de justifier, aux yeux de la majorité, pouvait-on espérer, la pertinence du nouveau programme d'ECR.
La majorité... Guère plus de 52 % malgré tout le battage publicitaire orchestré par le Monopole de l'Éducation, Radio-Canada et des journaux comme Le Devoir, partisans en la matière !

Mais le Devoir néglige de dire que 72 % des parents québécois veulent en fait avoir le choix entre ce nouveau programme d'ECR et un cours traditionnel de religion.

Mais peu importe, les « experts », dont les deux collaborateurs réguliers du Devoir que sont MM. Georges Leroux et Jean-Pierre Proulx, savaient ce qui était bon pour les enfants des autres.
Ce qu'on avait moins vu venir, cependant, c'est la contestation virulente émanant des rangs d'une certaine droite nationaliste et intellectuelle,
Alors qu'on se demande bien en quoi une certaine gauche québécoise qui écrit dans Le Devoir est encore nationaliste.
au nom de la protection de l'identité nationale. Aux yeux de ces conservateurs à la québécoise, en effet, l'essai de Georges Leroux intitulé Éthique, culture religieuse, dialogue: arguments pour un programme (Fides, 2007) est devenu l'ennemi à abattre parce que, défendant le programme d'ECR au nom du respect du pluralisme, il mènerait à une « rupture avec l'identité nationale », selon la formule de Charles-Ph. Courtois.
Un essai serait l'ennemi à abattre ?

Non, c'est le programme que défend cet opuscule peu convaincant.
Pour Mathieu Bock-Côté, par exemple, l'« éducation à la tolérance » et la « sensibilisation à la différence » qui sont au cœur du programme d'ECR annoncent « une véritable haine de soi qu'on inculquera à une jeunesse devenue étrangère à sa propre culture » (Le Devoir, 24 avril 2008). Leroux est pourtant clair à ce sujet : le programme reconnaît le catholicisme comme « la tradition religieuse de référence au Québec ».
Ce ne sont que des mots. Dans les faits, le catholicisme est très souvent minoritaire dans la partie culture religieuse, elle-même minoritaire dans le cours d'ECR, et ce catholicisme en est réduit à une analyse pas toujours bienveillante des phénomènes qui l'entourent, on a souvent l'impression d'une présentation de reliques d'un autre temps sans prégnance véritable sur la société actuelle.
À partir de là, dialogue. Où est le problème ?
Pourquoi M. Cornellier ne lit-il pas ce que cette « certaine » droite a écrit ? On prétend pourtant que le Devoir est un journal de qualité...

Charles-Philippe Courtois, docteur en histoire (UQAM) et en sciences politiques (Paris), dans l'ouvrage collectif Contre la réforme pédagogique, a pourtant déjà expliqué le danger qui se cachait derrière ce mot trompeur de « dialogue » :

« L'évaluation par compétence peut donc être particulièrement insidieuse, non seulement parce qu'elle rend secondaire l'accès aux connaissances de base, mais aussi parce qu'elle permet facilement d'accorder la première place au conditionnement idéologique dans le processus d'évaluation. Constatation qui ne manque pas de piquant, lorsqu'on songe que les défenseurs de la nouvelle pédagogie n'en finissent plus de se distancier des modèles classiques de l'école, soit catholique, soit républicain, en critiquant non seulement les idéologies véhiculées par ceux-ci, mais, prétendument, le fait même de favoriser soit le catholicisme, soit le patriotisme. »
Conservatisme de combat

Dans L'État québécois et le carnaval de la décadence (L'intelligence conséquente, 2008), un pamphlet débridé animé par un conservatisme de combat, Carl Bergeron qualifie Leroux d'« idéologue pur jus » et lui attribue une « haine anti-occidentale » et le désir de détruire la famille, seule dépositaire légitime, selon le pamphlétaire, des valeurs à transmettre aux enfants.;?
Alors que, pour le journaliste soi-disant sérieux du Devoir, qui devrait décider des valeurs à inculquer aux enfants ? L'État (s'il est de gauche) ? Les experts (idem) ?
Bergeron affirme même que l'ouvrage de Leroux est « le produit d'une pensée totalitaire ». Une telle extravagance ne mérite même pas la réplique.
Mais bien quelques lignes pour démolir l'auteur ? Il faut dire que Carl Bergeron
rend la pareille aux « publijournalistes » du Devoir
et ne se prive pas pour attaquer — souvent avec raison et dans un style débridé — les folliculaires de ce bulletin paroissial du Plateau Mont-Royal, à gauche, soi-disant progressistes, prétendument nationalistes mais bien féministes, de tous les combats gays, interculturalistes, étatistes et sans enfants.
Dans le numéro de février 2009 de L'Action nationale, Joëlle Quérin, doctorante en sociologie à l'UQAM, tente une critique plus raisonnée, mais pas nécessairement plus forte, des arguments de Leroux. Le philosophe, explique-t-elle, ferait fausse route en proposant « que le pluralisme de fait appelle une adhésion au pluralisme normatif ». Faut-il comprendre que, selon elle, le pluralisme existe bel et bien, mais devrait être ignoré, voire combattu, par l'école ?
Qu'est-ce que cela a de choquant pour ceux qui sont pour un monopole de l'éducation qui décide sans cesse ce qui doit être enseigné ou non ? Les gens du Devoir par exemple. Il existe de nombreuses options (politiques, culturelles, linguistiques, littéraires, etc.) qui existent de fait et qui sont ignorées dans les programmes scolaires gouvernementaux.

Quoi qu'il en soit, c'est un point de vue cohérent pour des nationalistes qui veulent d'abord que l'école publique transmette les valeurs de la société d'accueil et non pas toutes les valeurs (en quelles proportions de toute façon ?) qui se retrouvent dans la société devenue bigarrée.
Quérin affirme même que « le pluralisme ne découle pas de la diversité », mais qu'il la produit. Faut-il comprendre qu'il s'agirait de ne pas tenir compte de la diversité pour la voir disparaître ?
On ne voit pas très bien ce qui turlupine M. Corneiller. En tout cas, il n'y a pas de quoi fouetter un chat quand on adopte le point de vue nationaliste de l'autrice (« auteure » mal formé dans le Devoir, mais pas ici).
Quand Leroux avance l'argument historique selon lequel il importe de transmettre aux nouvelles générations le savoir moral et religieux qui a animé l'histoire du Québec, la sociologue réplique qu'il « procède à une réécriture de l'histoire » parce qu'il inclut dans ce savoir non seulement le christianisme, mais aussi les religions amérindiennes et le judaïsme. Qui, peut-on demander, réécrit l'histoire ?
Pourquoi cette question rhétorique ? Un peu de courage que diable au Devoir...

Leroux dit « tous [l]es aspects moraux et spirituels », or quels sont les aspects moraux et religieux des Amérindiens qui forment les valeurs sociales de la société québécoise d'aujourd'hui ? Quasi aucun, sauf dans l'esprit de ceux qui mythifient l'écologisme ou la culture du dialogue qui viendraient, selon eux, des Amérindiens. Les Iroquois n'ont cependant pas attendu les Français pour massacrer de l'Algonquin. L'immense majorité des Amérindiens sont des chrétiens aujourd'hui. Les récits présentés dans les manuels d'ECR sont des mythes divers et hétéroclites qui doivent former par décision gouvernementale un volet « spiritualités autochtones » alors que pour de nombreuses tribus québécoises ces mythes leur sont étrangers... (voir la bande dessinée de 15 pages sur les Haïdas de Colombie-britannique dans le cahier d'activités d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire).

On construit littéralement devant nous une spiritualité autochtone commune et artificielle qui sera enseignée par décret à des millions de jeunes Québécois qui y sont totalement étrangers, mais qui croiront que celle-ci existe ou est importante puisqu'on y revient souvent dans le programme.
Celui qui inclut tout le réel, dans le respect des proportions de ce qui le compose, ou celle qui suggère de faire l'impasse sur certains de ses éléments?
M. Cornellier est un petit pince-sans-rire. Il n'y a justement pas, pour se conformer au programme officiel, de proportionnalité respectée. Résumé : 27 % des pages pour représenter la religion de 90 % des Québécois.

À moins que M. Cornellier ne soit pas un comique, mais un ignare ou encore un savant malveillant ? (Nous pouvons aussi faire dans la question rhétorique.)
Charles-Ph. Courtois, dans la critique du cours d'ECR qu'il publie dans le collectif Contre la réforme pédagogique (VLB, 2008), développe des arguments semblables à ceux de Joëlle Quérin. Ce cours, écrit-il, serait déstructurant sur le plan national parce qu'il «vide l'interculturalisme de sa culture majoritaire de convergence» et va à l'encontre du «modèle républicain d'intégration dans la laïcité [qui] repose sur l'intégration à une culture nationale commune». Courtois parle lui aussi d'un «bourrage de crâne» et d'une «rééducation idéologique» qui abolit «la perspective québécoise».

Ces critiques outrées ne rendent pas justice au programme d'ECR et à la défense qu'en fait Georges Leroux.
Facile à dire, mais on attend le début d'une preuve... Il ne suffit pas d'extraire et de mettre entre guillemets chaque mot un peu fort tout en éliminant les explications des auteurs...
Car de quoi, au juste, a-t-on peur? D'un multiculturalisme qui mènerait à la fragmentation de l'identité nationale québécoise en encourageant un relativisme moral de principe ? Ce n'est pourtant pas de cela qu'il s'agit. La pratique du dialogue qui est au cœur du programme d'ECR repose sur le credo démocratique, le respect des lois du Québec, imprégnées de sa culture et de son histoire, et elle se fera en français.
Qu'est-ce qui se fera en français ? La pratique du dialogue dans les écoles anglaises ? C'est nouveau. Je ne regrette pas d'avoir lu le Devoir ! On dirait un vain appel du pied aux nationalistes...
Le pluralisme qu'il s'agit de valoriser ne concerne pas ce socle, mais le reste, c'est-à-dire les convictions intimes qui guident nos vies et qui se nourrissent à l'éthique et, très souvent, à la culture religieuse. C'est ce que veut dire Leroux quand il écrit qu'il s'agit «de mettre en harmonie l'école avec la modernité politique».

Il y a, au Québec, des Québécois croyants d'une foule de confessions religieuses, des agnostiques et des athées. Même à l'intérieur du catholicisme, les «différentes conceptions de la vie bonne» sont multiples. Apprendre à connaître et à reconnaître, même sans y adhérer, la richesse de ces dernières et pratiquer l'art de les mettre en débat dans un dialogue respectueux ne peut apparaître comme une menace qu'à des nostalgiques d'un monde ancien dans lequel la diversité éthique et religieuse était vécue sur le mode du malaise et constituait un obstacle à l'intégration. Nous, modernes, ne vivons plus dans ce monde.
D'une part, il s'agit d'un vœu que la réalité dément souvent : la diversité et l'hétérogénéité des valeurs fragilisent souvent les sociétés (voir Taguieff qui qualifie ce multiculturalisme béat de dernière utopie des bien-pensants). C'est d'ailleurs, paradoxalement, pourquoi les auteurs de cours d'ECR parlent de créer par ce cours « une culture publique commune » !

D'autre part, il est toujours intéressant de confronter les écrits de ces apôtres du dialogue aux actes qu'ils posent ou approuvent (ne fût-ce que par leur silence médiatique) : ils imposent le cours sans aucun dialogue, menacent de faire intervenir la DPJ, sanctionnent les enfants qui s'absentent du nouveau catéchisme obligatoire et ne conçoivent le dialogue que comme la soumission au consensus social moderne qu'ils disent incarner alors qu'en vérité ils veulent le façonner.

jeudi 12 mars 2009

Aiguiser l'esprit critique en chassant les hérétiques

Amusant de contradictions ce mouvement lancé à Sherbrooke par un professeur de philosophie, Philippe Langlois, contre la tenue après les heures de cours d'une conférence par un créationniste dans une salle du cégep de la ville.

Quelles étaient les raisons invoquées par ce professeur et ses partisans ?
  1. Le regroupement estime que le cégep est un établissement laïc ;
  2. que l'établissement doit favoriser l'enseignement scientifique et l'éveil de l'esprit critique ;
  3. que les jeunes gens sont trop jeunes pour pouvoir démêler le vrai du faux dans cette matière et que cela pourrait causer une certaine confusion.
Sans vouloir discuter du darwinisme ici (voir Wikipédia sur le sujet et la BBC : The Danger of worshipping Darwin), il faut souligner quelques contradictions dans ce nouvel épisode de la ToléranceMC laïque.

  1. Les écoles et cégeps invitent régulièrement des conférenciers qui parlent de leur foi (plus c'est exotique, mieux c'est dans ces cas-là !) ;
  2. la laïcité de l'établissement était sauve, la conférence se tenait après les heures de cours ;
  3. il est ironique qu'un professeur de philosophie ose parler de sujet « scientifique » et rejette les « croyances » alors que certains pourraient considérer la philosophie comme étant justement un domaine très spéculatif ;
  4. n'est-il pas contradictoire de parler d'éveiller l'esprit critique et de ne pas permettre les élèves qui le désirent d'entendre un autre point de vue que celui que chérissent leurs professeurs habituels et que ces jeunes gens puissent se faire une opinion ?;
  5. les cours d'éthique et de culture religieuse parlent des récits de la création divine du monde, plusieurs fois plutôt qu'une, et ceci à l'école (mais cela serait acceptable car purement transmis comme une connaissance mythologique alors ?) ;
  6. il y a une certaine ironie à oser parler d'un risque de confusion chez les jeunes gens de 17-19 ans à la simple exposition volontaire à une conférence hors des heures de cours sur la création alors que, dès six ans et par décision gouvernementale, des élèves bien plus jeunes sont exposés à plusieurs religions et récits de la création du monde, et là les « laïques » pro-ECR nous disent qu'il n'y aucun risque de confusion !


Addendum de 12 mars

Extrait d'un article du Devoir qui s'intéresse dans ses rares pages à cette affaire.
Clairandrée Cauchy

La contestation aura eu raison de la conférence sur le créationnisme, qui devait avoir lieu ce soir au cégep de Sherbrooke. Le groupe d'étudiants évangélistes à l'origine de la conférence a choisi de la tenir dans une église de Sherbrooke plutôt qu'au cégep. La porte-parole du cégep a pris soin de préciser que le groupe d'étudiants évangélistes avait pris la décision « par lui-même » [sic] de changer le lieu de la conférence de Michel Couillard, fondateur du groupe Origine Création. Le professeur de philosophie Philippe Langlois, qui menait avec une quarantaine de ses collègues la contestation, se réjouissait de voir le caractère laïque du cégep préservé. La victoire n'était cependant pas totale [c'est la journaliste « neutre » qui parle !] puisque la décision est venue du groupe d'étudiants et non de l'administration du cégep. « On va continuer à communiquer avec l'administration pour faire en sorte que ce genre de situation ne se reproduise plus, ou à tout le moins pour établir des critères clairs », a affirmé M. Langlois. La direction du cégep justifiait hier encore sa décision de permettre la conférence créationniste. « Cela respecte la charte. On laisse libre cours à de gens qui veulent exprimer leurs opinions et croyances. On espère que ça permettra aux étudiants de se faire une idée sur le créationnisme. Les étudiants sont à même de se faire leur propre idée », a fait valoir la responsable des communications, Marie-Claude Dupoy. Sur le site Internet du groupe fondé par M. Couillard, on ne cache pas que ses conférences visent à « équiper les chrétiens pour les rendre capables d'offrir une défense crédible de la Genèse et pour qu'ils sachent que la Bible est le seul fondement pour l'interprétation de tous les aspects de la réalité ». Ainsi, il soutient que la « vraie science » confirme « l'interprétation des origines telle qu'établie dans la Bible ». Pour les enseignants opposés à la conférence, les étudiants ne sont pas assez outillés pour accueillir un tel discours avec un nécessaire esprit critique. « Dès qu'on offre une tribune aux créationnistes, on leur donne un peu de crédibilité. […] Ils tentent de présenter leurs croyances comme ayant une valeur scientifique », ajoute M. Langlois, qui se préparait hier matin à donner la réplique au conférencier [quoi, un débat !?, non le philosophe Langlois ne peut penser à cela], s'il s'aventurait dans l'enceinte de la maison d'enseignement, par définition laïque [dixit la journaliste « neutre »].
Addendum 13 mars

Lettre ouverte sur le sujet publiée dans la Tribune de Sherbrooke.
Une conférence sur le créationnisme devait être présentée au Cégep de Sherbrooke, vite on se mobilise pour faire annuler l'événement !

Ce que l'on enseigne à vos enfants dans les Cours d'éthique et de culture religieuse (ÉCR), c'est scientifique je suppose ?

Il faudrait tolérer que l'État oblige l'enseignement de toutes les religions à nos enfants, mais lorsque mon voisin chrétien ose parler publiquement de la Bible, alors là la tolérance prend le bord. On essaie par tous les moyens de le faire taire.

La conférence présentée donnait pourtant libre choix à chacun d'y participer ou non. Peut-on en dire autant pour les cours d'ÉCR ?

Peut-on encore se sentir libre de vivre selon notre foi au Québec en 2009?

Cette foi qui n'a absolument rien à voir avec la science apporte pourtant le salut de l'âme à celui qui la possède. Votre science peut-elle en faire autant ?

Christine Plante
Magog

Complément volet éthique du cours d'ECR — en marge de la journée de la femme

Petit débat d'actualités politiques sur la télé française auour de la journée internationale de la femme, du statut de beaux-parents, de l'homoparentalité, de la diminution constante du rôle du père dans la société moderne et de la maternité censément « la plus pure » (l'adoption) désirée par Mme Sarkozy-Bruni.




Mise en garde pour les lecteurs québécois : il ne s'agit pas du ronron progressiste consensuel auquel Radio-Canada et la presse québécoise les auront habitué. Certains lecteurs progressistes québécois pourraient être choqués par la franchise des propos. On peut cependant regretter le manque de temps et le rythme trop saccadé de cette émission (c'est aussi ça le règne de la télévision).

mercredi 11 mars 2009

Réal Gaudreault sur le cours d'éthique et de culture religieuse

Deux autres capsules de l'historien Réal Gaudreault sur le cours d'Éthique et de culture religieuse et ses fondements historiques.

Capsule 7 :

Vers le milieu du XVIIIe siècle, Jean-Jacques Rousseau, dans son traité sur l'éducation intitulé Émile, remettait en question la qualité du rôle des parents dans l'éducation des enfants. Selon lui, l'État doit prendre cette charge en se dotant de lois et ce, sans se soucier de se qu'en pensent les parents.




Capsule 8 :

Jean-Jacques Rousseau est à l'origine d'au moins trois approches éducatives : l'enfant roi, le parent nuisible et le pouvoir total de l'État dans l'éducation. Ces trois approches ont été récupérées par le ministère de l'Éducation du Québec. Tout comme Rousseau l'affirmait au XVIIIe siècle, que les parents sont incompétents, le Monopole de l'Éducation du Québec (MELS) l'affirme également actuellement. L'école doit enseigner à l'enfant « une aptitude à se distancier de ses propres convictions ou croyances. » (Éduquer à la religion du Comité des affaires religieuses (2004), page 18) « Cet apprentissage, encore une fois, est lent et progressif, tout particulièrement en matière de convictions religieuses, lesquelles sont basées sur des absolus et non sur des consensus sociaux qui peuvent toujours être révisés et redéfinis. Les enfants ne peuvent le faire que s'ils sont exposés à des points de vue qui diffèrent de ceux qui leur sont enseignés dans la famille ou par le groupe religieux dont ils font partie. » (ibid, p. 19)

Il s'agirait donc bien de combattre au besoin les convictions des enfants enseignées « dans la famille ou par le groupe religieux dont ils font partie » ?



dimanche 8 mars 2009

Un nouveau dérapage de la liberté en éducation au Québec

Lettre ouverte publiée dans Le Soleil de ce dimanche.
Le débat autour de l'imposition du nouveau cours d'éthique et culture religieuse fait écho à un débat quasi identique qui fit réfléchir la société québécoise il y a de cela presque cinquante ans. En 1962, alors que la commission Parent était au cœur de ses travaux, une question dérangeait : au nom de quel droit, l'État pourrait-il interdire aux parents non croyants une éducation conforme à leur conscience pour leurs enfants ? La réponse apportée par l'un des plus grands penseurs de toute l'histoire du Québec, le professeur Charles de Koninck, frappe par la force de son argumentation et par son étonnante actualité.

Le philosophe écrivait alors dans un esprit d'ouverture « Si les parents sont agnostiques, s'ils pensent que les enseignements religieux donnés dans les écoles sont nuisibles à l'idéal qu'ils conçoivent pour leurs enfants, il me semble qu'ils n'ont pas simplement le droit, mais le devoir de faire tout ce qu'ils peuvent, dans les limites de la loi, afin d'obtenir pour leurs enfants, aux frais de la société civile, l'institution d'une école non confessionnelle. »

Même raisonnement

De même qu'hier, nous demandions de ne pas forcer les enfants à recevoir un enseignement religieux contre la volonté de leurs parents, aujourd'hui, c'est en vertu de la même raison que nous demandons que nos enfants ne soient pas obligés de recevoir un enseignement antireligieux et relativiste dans nos écoles. Car rien ne sert de jouer à l'autruche, les manuels ne sont pas neutres idéologiquement [voir féminisme et Québec solidaire, bioéthique, le rôle de la femme dans les religions, le traitement des révélations religieuses, l'écologisme, l'histoire juridique du Québec, le multiculturalisme et le pluralisme normatifs comme valeurs intrinsèques du cours] pas plus que les personnes qui doivent les enseigner [voir le sociologue Gary Caldwell et le Mouvement laïque québécois « posture intenable » sur le sujet]. Demander aux enseignants d'être aussi objectifs en éthique et culture religieuse qu'en mathématiques est une utopie qu'il faut cesser de viser.

La situation est à un tel point préoccupante et unique parmi les pays démocratiques que certains observateurs étrangers commencent déjà à citer l'exemple du Québec comme un dérapage à éviter. La semaine dernière, le cardinal polonais Zenon Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique, a même soulevé que l'imposition du nouveau programme d'éthique et culture religieuse dans les écoles du Québec constitue une violation des droits parentaux et frôle l'« anticatholicisme ». L'anticatholicisme, pas plus que l'antisémitisme ou l'anti-islamisme et toutes les autres formes de haines ségrégationnistes, ne doivent pas pouvoir éclore, ne serait-ce que sous une forme « légère », dans nos sociétés. Le fardeau du passé est trop lourd pour être si vite oublié et répété.

Au nom de quel droit ?

L'erreur n'est pas encore dramatique, mais elle est suffisamment préoccupante pour que l'on s'interroge sur les conséquences possibles qui y sont contenues en germe. Au nom de quel droit privons-nous les parents de choisir l'éducation qu'ils jugent, selon leur conscience, appropriée pour leurs enfants ?

Tout droit découle d'un devoir. C'est parce que nous avons le devoir de vivre que tout ce qui est nécessaire à la vie (nourriture, logement, etc.) nous est dû. C'est parce que nous avons le devoir de participer à la vie politique de la cité que le droit de vote existe. Ainsi, la famille a le devoir d'éduquer ses enfants d'où découle le droit de tous les parents à être aidés par l'État, à travers l'école, à donner une partie de cette éducation. La famille demeure la première responsable de l'éducation des enfants. « Son droit est inaliénable, antérieur au droit de l'État, et inviolable », nous rappelait sans détour l'ancien doyen de la faculté de philosophie de l'Université Laval.

D'ailleurs, c'est parce que la famille est première responsable de l'éducation des enfants que l'Église s'oppose à baptiser de jeunes enfants contre la volonté de leurs parents. Or, l'État ne semble-t-il pas vouloir aujourd'hui baptiser à sa façon tous nos enfants sans notre consentement ?

Consciences « formatées »

Charles De Koninck n'avait pas peur d'affirmer ce qu'il entrevoyait alors presque prophétiquement comme un dangereux dérapage démocratique : « J'ai bel et bien qualifié de tyrannique un régime qui n'admettrait et n'appuierait que des écoles non confessionnelles. Car justement ce régime dénierait la priorité du droit des parents — croyants, cette fois-ci — en matière d'éducation. Si, par ailleurs, nous voulions imposer les croyances de la majorité à tous les membres de la cité, nous serions coupables du même despotisme. Voilà ce qu'entraîne inéluctablement la liberté religieuse. »

C'est la santé même de la démocratie et des libertés fondamentales qui est en jeu. En effet, la liberté de toutes les consciences, même erronées, est indispensable au bien commun de notre société pourvu qu'elle ne s'oppose pas aux lois civiles. Sans cette liberté de conscience, formée principalement par une libre éducation des parents, c'est la vie politique et la citoyenneté même qui risquent de sombrer dans le despotisme. Car la principale différence entre un régime véritablement démocratique et une tyrannie, c'est que les citoyens du premier ont la « puissance de contredire » et sont ainsi maîtres d'eux-mêmes et non entièrement soumis à une autorité. Mais quand, dès le plus jeune âge, toutes les consciences d'une nation sont «formatées» identiquement selon le moule préféré de l'idéologie d'État, il devient dès lors presque impossible d'espérer enrichir le dialogue et le débat public de pensées et de consciences libres.

Le professeur [Charles de Koninck] ajoutait dans son article d'un point de vue plus personnel : « C'est la société chrétienne qui restera pour moi l'idéal. Cependant, cette société ne mériterait pas son nom si elle voulait de force imposer les croyances de sa majorité à tous ses membres. Ce serait nier la gratuité de la foi, la gratuité de la grâce. » De même, ceux qui croient aux libertés fondamentales de l'être humain ne doivent pas imposer de force leurs croyances s'ils veulent être dignes de leurs idéaux. Ce n'est pas seulement la liberté des personnes croyantes qui est attaquée par ce programme (ainsi que le changement à l'article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne qu'il fut nécessaire de modifier pour le rendre légal), c'est la liberté même de tous les Québécois, croyants en quelque religion que ce soit, agnostiques ou même athées qui est compromise, puisque si un jour une idéologie dominante au sein de l'appareil gouvernemental peut être imposée de force à tous les enfants, demain cela pourra être n'importe qu'elle autre idéologie dominante qui sera prescrite.

Espérons que nous saurons être cohérents et ne pas suivre l'adage des régimes totalitaires : « Quand nous sommes en minorité, nous réclamons pour nous la liberté au nom de vos principes; quand nous sommes en majorité, nous vous la refusons au nom des nôtres. » Si hier les parents québécois ont obtenu une éducation non confessionnelle pour leurs enfants, c'est en vertu du même principe que nos enfants doivent aujourd'hui avoir le droit de ne pas recevoir une éducation qui va à l'encontre de la conscience de leurs parents. Loin d'être une menace, la liberté des parents à demeurer les premiers responsables de l'éducation de leurs enfants est une richesse à protéger pour le plus grand bien de tous.
Daniel Bauchemin, Jean-Philippe Brissette, Julian Dugas, Simon Lessard, Laure Marais, Pierre-Nicolas Merkel, Jean-Denis Paz, Hélène Rivest

Étudiants de 1er et 2e cycle en philosophie, Université Laval

mercredi 4 mars 2009

La commission scolaire du Val-des-Cerfs déboutée une seconde fois

Granby, le 4 mars 2009 – Un second juge de la Cour supérieure du district de Bedford, l'honorable Paul-Marcel Bellavance, a renouvelé aujourd’hui une ordonnance de sauvegarde en faveur des six parents de Granby dont les enfants ont été précédemment suspendus. Le procureur de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, qui représente notamment l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc, contestait le renouvellement de l’ordonnance émise par l'honorable Suzanne Mireault de la Cour supérieure – le 11 février dernier – de n’imposer aucune sanction disciplinaire aux élèves qui ne fréquentent pas le cours d'ÉCR.

Selon l’avocat des familles, Me Jean-Yves Côté, « une telle contestation d’une première décision est peu fréquente puisque la protection des enfants, bien qu’à court terme, se renouvelle habituellement par consentement entre les parties. Les parents de Granby sont prêts à attendre l’audition de la cause de Drummondville – prévue pour la mi-mai prochaine –, ce qu’un second juge reconnaît implicitement. » Cette seconde décision favorable en quelques semaines soulage les parents concernés puisque, une fois de plus, le Tribunal a fait passer l’intérêt des enfants avant toute chose.

L'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc doit ainsi surseoir aux sanctions en vertu du Code de vie de l’école, pour absences prétendument non motivées au cours d’ÉCR. Pour la présidente de la Coalition pour la liberté en éducation – CLÉ, Mme Marie-Josée Croteau, « cette seconde décision vient motiver les parents et enseignants à poursuivre l’objectif de recouvrer nos droits fondamentaux, le Québec étant le seul état en Amérique qui ne respecte pas les Chartes internationale et canadienne en matière de liberté de conscience et de religion. »


dimanche 1 mars 2009

Le cours Éthique et de culture religieuse capsules 5 & 6 de l'historien Réal Gaudreault

Capsule 5 — l’homme nouveau genre

À la lecture des programmes et des ouvrages qui accompagnent la mise en place du cours ÉCR dans nos écoles, on découvre un projet qui consiste à redimensionner la société québécoise et à créer un homme nouveau genre qui pense autrement. L’homme de l’avenir se voudra un homme aux valeurs pluralistes, capable de tout accepter et incapable de se distinguer.




Capsule 6 — Mme la ministre de l’Éducation

Lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle, la ministre de l’Éducation a déclaré que les parents devraient être plus présents au cœur de l’école publique. Cette affirmation est plutôt curieuse si on tient compte que, dans les faits, le milieu de l’éducation a plutôt agi de sorte à éloigner les parents des milieux de l’éducation. Cette mouvance philosophique vient d’aussi loin que du XVIIIe siècle, celle qui considère les parents comme l’élément le plus nuisible au bon développement de l’enfant.




vendredi 27 février 2009

La religion dans tous les cours de l'école québécoise

Alors qu'on enlève les symboles religieux catholiques de nos écoles, on y fait entrer des symboles et des rites religieux de toutes sortes et ce dans n'importe quel cours.

En décembre dernier, ma fille est arrivée de l'école avec un mandala à finir de colorier qu'elle a reçu pendant un autre cours que l'ÉCR (cours qu'elle ne suit pas). Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais un mandala fait partie des rites religieux hindouiste et bouddhiste. Il s'agit aussi d'un objet sacré du shamanisme amérindien. Ma fille m'a dit que ça fait déjà quelques années que cela se fait, mais je n'étais pas au courant. J'ai su aussi que ça se fait dans la plupart des écoles et la majorité des parents ne le savent pas non plus.

De plus, on a commencé dans certaines écoles à mettre le yoga obligatoire. Le yoga, pour ceux qui ne le savent pas, c'est une pratique spirituelle hindouiste et bouddhiste. On a enlevé les crucifix, l'enseignement de Jésus, et on met d'autres religions à la place, alors qu'on a déconfessionnalisé les écoles! Trouvez l'erreur!

La semaine dernière, elle m'est arrivée en me disant que dans son cours de français, elle allait faire une amulette égyptienne. Dans mon dictionnaire, une amulette est un « petit objet que l'on porte sur soi dans l'idée superstitieuse qui préserve des maladies, dangers, maléfices etc... C'est un fétiche, un gri-gri, une mascotte, un porte-bonheur, un talisman. » Ce genre d'objet appartient aux sciences occultes, ce qui veut dire au spirituel, et je peux vous dire que je n'ai pas l'intention de laisser qui que ce soit, et surtout pas à l'école, initier ma fille à ce genre de choses même sous forme de jeux ou pour le simple plaisir de s'amuser ou de fabriquer quelque chose.

J'ai déjà exprimé dans une lettre adressée à la directrice et au professeur de ma fille mon refus à ce que ma fille fasse ce genre de chose. Il y fut mention que nous refusions mon mari et moi que l'école fasse toutes pratiques ou activités « à caractère religieuses ou spirituelles (méditation, M.T., yoga, rituels amérindiens, relaxation nouvel âge, visualisation, etc.) » en présence de notre enfant, et ce, d'aucune matière que ce soit. Nous demandions aussi de cesser immédiatement de donner tout enseignement, tout objet, qui peuvent servir à des rites religieux à notre fille. En tant que parents, nous considérons que l'école outrepasse ses droits en donnant à nos enfants ce genre de choses qui servent à d'autres cultes que le nôtre.

La réforme scolaire autorise toutes sortes de manières de montrer aux enfants leur matière, mais fabriquer des amulettes, des objets ou rites spirituels n'a pas sa place dans un cours de français ou dans tout autre cours. On peut déguiser ma fille à la mode égyptienne ou autres, lui donner du jus de pomme pour faire semblant que ce soit de la bière, mais là où je n'embarque pas c'est lorsqu'on commence à jouer avec le spirituel même si c'est sous forme de jeux. Ça n'appartient ni à l'école, ni au gouvernement d'enseigner et de montrer les différentes formes de spiritualité aux enfants. Nous avons des droits en tant que parents, il ne faut pas avoir peur de s'en prévaloir en refusant ce genre d'enseignement.

Vu l'importance de ma démarche, je me suis vue dans l'obligation de faire part de cette situation à la commission scolaire de l'école de ma fille ainsi qu'à la ministre de l'Éducation, Mme Courchesne, et au premier ministre actuel, M. Jean Charest, afin que cesse ce genre de pratique dans les écoles pour la protection de nos enfants.

On ne peut quand même pas tout laisser faire sous prétexte que le gouvernement a tous les droits. Ce n'est pas le cas. Il n'est pas maître chez moi. C'est vous et moi qui l'avons mis à la tête de la province. On a notre mot à dire et il faut lui montrer qu'il fait fausse route dans le système d'éducation. Si on ne bouge pas, il ne fera rien. Il faut montrer notre désaccord en agissant, pas seulement en parlant. Faites-lui parvenir votre désaccord par écrit ou par des manifestations pacifistes. N'ayez pas peur, c'est vous qui l'avez mis au pouvoir, pas lui. Vous avez encore le droit de parler, faites-le au moins pour l'amour de vos enfants.

Jeannelle Cantin
Farnham