jeudi 5 février 2009

Reportage radio-canadien sur l'affaire Françoise David dans le cours ECR

Reportage typique de Radio-Canada mercredi au téléjournal.

La société d'État a été cherché un professeur d'éthique et de culture religieuse qui affirme, bien sûr, que le cahier en question est « bien fait » et qu'il s'agissait de « faire réfléchir » les élèves sur le féminisme et l'« avancement de la condition féminine ».

Aucune mention sur le fait que le cahier en question pourrait être biaisé et partial dans sa présentation ; partialité patente que nous condamnons ici entre autres. Rien sur le fait que ce cahier d'éthique et de culture religieuse parle du féminisme de façon complaisante sur 28 pages alors qu'il en consacre à peine plus à l'étude à la fois des grandes religions du monde (plutôt que du Québec d'ailleurs) et des mouvements marginaux comme les raëliens et les wiccans (« les sorcières »). Rien. Pas une critique. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Dormez bonnes gens, l'État éduque vos enfants. Ayez confiance.

Les sorcières sont des femmes comme les autres

(page 103, du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)



Le téléspectateur moyen n'aura retenu que le fait que de plus en plus de gens s'opposent à cet animateur qui invite à l'intolérance et au vandalisme alors que le manuel en question est bien fait.

Du travail cousu main avec nos impôts.

L'avis de J. Jacques Samson sur l'affaire Françoise David dans le cours d'ECR

Mme David a bénéficié d'une campagne de pub gratuite selon J. Jacques Samson.

Selon J. Jacques Samson,
«
Françoise David est une politicienne active, co-chef et candidate de Québec solidaire, un parti marginal à connotation communiste et souverainiste qui a recueilli 3,7 % des voix aux élections du 8 décembre dernier. Le choix de cette personne pour représenter les militantes féministes dans le cahier d'exercices du cours d'éthique et culture religieuse est au minimum une erreur de jugement de la part des responsables du matériel scolaire ou, au pire, une volonté philosophique d'offrir Mme David comme modèle à des élèves du secondaire.

[...]

Le gouvernement du Québec fait la chasse à une entreprise commerciale comme Saputo qui cherche à faire goûter ses petits gâteaux Vachon aux élèves; il interdit la publicité destinée aux enfants; il bannit la commandite de certains équipements en milieu scolaire ou de la santé; il retire tout symbole religieux au nom de la liberté de choix; mais le ministère de l'Éducation donne à répétition son imprimatur à du matériel qui fait la promotion d'orientations gauchistes ou du syndicalisme. [En fait, ce cahier n'est pas approuvé, mais simplement permis; mais les professeurs et les écoles le choisissent pour vos enfants...]

[...]

Les parents du Québec constatent depuis longtemps avec impuissance le lessivage de cerveau que les enseignants font subir à leurs enfants. Ce phénomène n'est d'ailleurs pas étranger à la montée de popularité des écoles privées. Outre l'encadrement plus serré que celles-ci offrent, de nombreux parents veulent soustraire leurs enfants de l'emprise idéologique des enseignants du réseau public et leur permettre de se développer dans un milieu où les valeurs mises de l'avant correspondent davantage aux leurs.

De nombreuses autres femmes québécoises, à commencer par Thérèse Casgrain, ont fait plus pour l'avancement des femmes que Mme David et auraient pu être présentées aux élèves pour illustrer ce mouvement.

[...]

Mme David, qui a de nombreux alliés dans les médias, a obtenu ces derniers jours, de toute façon, une publicité qui vaut en réparation beaucoup plus que les préjudices qu'elle aurait pu subir.
»
M. J. Jacques Samson n'est cependant pas tendre avec Sylvain Bouchard :
«
Sylvain Bouchard est une version édulcorée de Jeff Fillion. Il vise les mêmes strates de clientèle; il propage les mêmes idées; il invoque la même liberté d'expression; il va juste un peu moins loin dans le choix des mots. On ne peut l'accuser pour autant de faire de la «radio poubelle». Il est aussi resté, à certains égards, un adolescent attardé. Il s'émoustille aussitôt qu'il est question des attributs sexuels des femmes et il a des montées de testostérone en parlant de football. Je lui reconnais toutefois le talent d'avoir mené certaines bonnes entrevues d'affaires publiques qui ont fait avancer des dossiers chauds.
»

France — les lycéens sont-ils des ânes en orthographe et en grammaire ?

En septembre 2008, le collectif Sauver les lettres a poursuivi son évaluation du niveau d’orthographe et de grammaire des élèves qui entrent en classe de seconde.



Comme cela avait été fait en 2000 et 2004, des professeurs de lycée de grandes villes et de villes moyennes, à Paris, en banlieue et en province, ont fait passer à leurs élèves de seconde, en début d’année, l’épreuve de français du brevet des collèges de 1976 : une dictée d’une douzaine de lignes, de difficulté moyenne (pas de subjonctif, pas d’accord de participe passé avec « avoir ») suivie de questions de vocabulaire et de grammaire. Pour ne pas pénaliser deux fois les élèves, le texte de la dictée a été distribué en même temps que celui des questions. Le barème appliqué est celui de 1976 (moins un point pour les fautes lexicales, moins deux points pour les fautes grammaticales).

La date de 1976 a été choisie à dessein comme année repère des pertes d’horaire en français : c’est la dernière année où un collégien de Troisième avait fait une scolarité complète, du CP [6 ans] à la fin du collège [14/15 ans], en bénéficiant des horaires nécessaires que Sauver les lettres réclame de rétablir pour les élèves actuels, soit 2800 heures. Les résultats du test 2008 permettent ainsi de mesurer les déperditions.

1348 élèves ont participé à cette évaluation, ce qui est à peu près comparable au nombre des participants en 2000.

Le texte de la dictée1

L’atelier 76.

Gilles ouvrit le battant d’une lourde porte et me laissa le passage. Je m’arrêtai et le regardai.

Il dit quelque chose, mais je ne pouvais plus l’entendre, j’étais dans l’atelier 76.

Les machines, les marteaux, les outils, les moteurs de la chaîne, les scies mêlaient leurs bruits infernaux et ce vacarme insupportable, fait de grondements, de sifflements, de sons aigus, déchirants pour l’oreille, me sembla tellement inhumain que je crus qu’il s’agissait d’un accident, que ces bruits ne s’accordant pas ensemble, certains allaient cesser. Gilles vit mon étonnement.

— C’est le bruit, cria-t-il dans mon oreille.

Il n’en paraissait pas gêné. L’atelier 76 était immense. Nous avançâmes, enjambant des chariots et des caisses, et quand nous arrivâmes devant les rangées des machines où travaillaient un grand nombre d’hommes, un hurlement s’éleva, se prolongea, repris, me sembla-t-il, par tous les ouvriers de l’atelier.

Gilles sourit et se pencha vers moi.

— N’ayez pas peur. C’est pour vous. Chaque fois qu’une femme rentre ici, c’est comme ça.
Je baissai la tête et marchai, accompagnée par cette espèce de « Ah !2 » rugissant qui s’élevait maintenant de partout.

À ma droite, un serpent de voitures avançait lentement, mais je n’osais regarder.

Claire Etcherelli, Elise ou la vraie vie.

Consignes de correction (note sur 20)

— -2 points pour les fautes d’orthographe grammaticale ou un mot dont l’orthographe témoigne d’une incompréhension totale
— -1 point pour les fautes d’orthographe lexicale
— -0,5 point pour les fautes d’accents (hors conjugaison), de tiret, de majuscule… (avec une pénalisation maximale de 2 points)

Afin de ne pas redoubler les erreurs ni en provoquer d’autres, la dictée sera
ramassée puis le texte de la dictée sera fourni aux élèves en même temps que celui
des questions.

1 Cette dictée a été donnée à la session 1976 du BEPC (ex Brevet des collèges [secondaire IV au Québec]), Académie d’Aix-Marseille.
2 Épeler



Questions.
  1. Dans le deuxième paragraphe, expliquez les trois mots soulignés : « chaîne », « infernaux », « vacarme ».

  2. Mettez la première phrase au pluriel, en la commençant par « Gilles et un ouvrier  ».
  3. Quels sont les deux temps principaux du texte ? Justifiez leur emploi.
  4. Donnez la nature des mots suivants : « aigus » (l. 5), « en » (l. 9), « maintenant » (l. 16).
  5. Donnez la fonction des groupes suivants : « le battant d’une lourde porte » (l. 1), « des chariots et des caisses » (l. 10), « un grand nombre d’hommes » (l. 11), « par cette espèce de « Ah ! » rugissant » (l. 15).
  6. Quand nous arrivâmes devant les rangées de machines, un hurlement s’éleva et je crus qu’il
    s’agissait d’un accident : donnez la nature et la fonction des deux subordonnées de cette phrase.
  7. Écrivez au discours indirect le passage : « N’ayez pas peur. C’est pour vous. Chaque fois qu’une femme rentre ici, c’est comme ça. » (l. 14)


Résultats

En dictée

En 2008, 13,9 % des élèves ont obtenu la moyenne. Ils étaient 17,9 % en 2004 et 30 % en 2000… En 2008, 86 % des élèves n’ont pas eu la moyenne ! Ils étaient 82 % en 2004 et 70 % en 2000… En 2008, 58 % ont eu zéro. Ils étaient 56,4 % en 2004 et 27,95 % en 2000… On est donc passé d’un élève sur trois à près de deux élèves sur trois !

Pour affiner encore l’analyse, on peut constater que près d’un élève sur deux (48,44 %) a fait plus de quinze fautes, près d’un élève sur trois (28,85 %) a fait plus de vingt fautes (!) et 8,5 % des élèves ont fait plus de trente fautes sur un texte simple.

On constate aussi que 80 % des fautes sont des fautes de grammaire (accords et conjugaison). Et l’on comprend les gouffres d’ignorance en corrigeant les questions sur le texte.

Les questions

Les questions de grammaire portaient, comme toujours au brevet des collèges, sur le vocabulaire, la conjugaison, l’emploi des temps, l’analyse de mots (nature et fonction), l’analyse logique et la transformation de trois courtes phrases au style (ou discours) direct en style indirect.

En vocabulaire, dans un contexte de visite d’atelier, avec des ouvriers, des voitures et du bruit, près de 60 % des élèves ignorent le sens du mot « chaîne »; 40,7 % ignorent le sens de l’adjectif « infernaux » dans l’expression « bruits infernaux », et près d’un élève sur trois ignore le sens du mot « vacarme ».

En conjugaison, quand il s’agit de faire passer à la troisième personne du pluriel deux verbes au passé simple qui sont au singulier (« il ouvrit » et « il laissa »), 43,8% ne savent pas le faire ! 43,2 % des élèves ignorent les valeurs de l’imparfait et 47,6 % celles du passé simple alors qu’ils ont travaillé les techniques du récit pendant leurs quatre années de collège.

En ce qui concerne la nature des mots, 13,7 % ne reconnaissent pas un adjectif qualificatif (« des sons aigus »), 80,85 % ne reconnaissent pas un pronom personnel (« il n’en paraissait pas gêné »), et près d’un élève sur deux (48,7 %) ne reconnaît pas un adverbe (« maintenant »).

En ce qui concerne la fonction des mots, environ 50 % et 60 % des élèves (respectivement 47,4 % et 59 %) ne reconnaissent pas deux compléments d’objet direct évidents (« Gilles ouvrit le battant d’une lourde porte » et «  enjambant des chariots et des caisses »). 84,3 % des élèves ne reconnaissent pas un sujet inversé (venant après le verbe : « devant les rangées des machines où travaillaient un grand nombre d’hommes »). Et 93,8 % ne reconnaissent pas un complément d’agent (d’un verbe au passif).

En analyse logique, un peu moins de 13 % des élèves seulement reconnaissent une proposition subordonnée conjonctive introduite par « quand » et seuls 16,3 % savent en dire la fonction ! Et moins d’un élève sur dix est capable d’identifier une proposition subordonnée conjonctive complément d’objet direct (9,7 % pour la nature et 9,32 % pour la fonction).

Quant à la transformation d’une phrase au style direct en style indirect, 44 % des élèves n’ont pas compris ce qu’on leur demandait, alors qu’on les a abreuvés de technique de l’énonciation au collège !

mercredi 4 février 2009

Sylvain Bouchard n'a pas l'intention de s'excuser auprès de Françoise David

L'animateur Sylvain Bouchard, du FM 93,3 à Québec, n'a pas l'intention de s'excuser auprès de Françoise David, même si celle-ci s'apprête à porter officiellement plainte auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

« J'estime que je n'ai rien à me reprocher », a-t-il déclaré en entrevue à La Presse Canadienne. Et il ne cherchera pas à acheter la paix. « Depuis quand on s'excuse quand on n'a rien fait de mal ?», s'est-il interrogé.

« Je trouve ça extrêmement plate d'être condamné sur la place publique, a-t-il déploré. Même si tu penses avoir raison, tu ne peux plus te défendre, parce que c'est devenu trop gros. »

Sylvain Bouchard a souligné qu'alors qu'on lui reproche des propos injurieux, il n'a fait que qualifier Mme David de « communiste », de « marxiste » ou de « soviétique ». Il ne s'agit ni d'injures ni de propos diffamatoires, d'après lui.

« Je fais référence à ses choix idéologiques et non pas à la personne », a-t-il expliqué, ajoutant que « c'est une caricature de ce qu'elle représente sur l'échiquier politique québécois ».

« J'aurais aimé que certains mentionnent que Québec solidaire a été l'allié du Parti communiste aux dernières élections, mais aucun média ne l'a écrit », a-t-il déploré.

Accusation de vandalisme sans fondement

« Le cahier d'exercice appartient à l'élève, a précisé M. Sylvain Bouchard. Il écrit dedans. Est-ce que c'est du vandalisme ? S'il retire la page et me l'envoie à la station dans l'espoir de gagner le concours et qu'on la lui redonne après, il est où le vandalisme ? C'est du matériel qui lui appartient. »

M. Bouchard a assuré qu'il n'avait rien, personnellement, contre Françoise David. Bien qu'il n'ait pas les mêmes positions politiques qu'elle — il l'a exprimé assez clairement —, ce qui l'a dérangé, c'est qu'un cahier utilisé à l'école fasse le portrait d'une personne qui est en politique active.

Confiant que les plaintes au CRTC seront déboutées

« Je verrai ce que le CRTC en dira, mais je pense sincèrement avoir le droit, dans une société démocratique, de penser ça » d'ajouter le populaire animateur.

« Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, a-t-il dit en parlant des plaintes déposées contre lui au CRTC. On a gagné pratiquement chaque fois et ça n'a pas fait d'histoire. On ne fait pas de la diffamation, on ne fait pas de la radio poubelle, et on ne fait pas d'attaques personnelles. »

M. Bouchard invite à nouveau Mme David à venir discuter avec lui devant les micros du 93,3 MF.

Pas d'excuses, mais des regrets si le concours a pu heurter

Dans un communiqué publié mercredi et signé par son directeur général, Jean-Paul Lemire, la radio 93,3 MF dit constater que son concours « a pu être considéré de mauvais goût et a pu également heurter certaines personnes, dont Mme Françoise David  ». La station de radio de Québec ajoute que si c'est le cas elle « le regrette ».

Appui inconditionnel d'André Arthur



André Arthur sur la présence de Mme David dans les manuels ECR


Requête en injonction contre la commission scolaire du Val-des-Cerfs

Communiqué de la Coalition pour la liberté en éducation (distincte de ce carnet, Mme David !)
GRANBY — le 3 février 2009 — En imposant un cours multi-religions à tous les élèves du primaire et du secondaire, le gouvernement bafoue les droits des parents qui, de tous temps, sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants. Six parents de Granby — dont les enfants du secondaire ont été suspendus et pour lesquels la direction de l’école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc menace de récidiver — ont intenté une requête en injonction interlocutoire, le 2 février dernier, à la Cour supérieure du district de Bedford.

« Le gouvernement qui prône le dialogue, fait la sourde oreille et impose à tous un programme qui prétend créer une nouvelle culture publique commune au Québec, ce pourquoi les parents ne l'ont pas mandaté », souligne la présidente de la Coalition pour la liberté en éducation – CLÉ, Marie-Josée Croteau. [Voir sur ce sujet, le professeur de sociologie Gary Caldwell.]

« Même si le cours d’ÉCR n’est pas nécessaire pour l’obtention du diplôme de fin d’année, par les récentes suspensions d’élèves, les directions d’école les privent de leurs cours de français, de mathématiques et de sciences physiques, ces cours étant pourtant sujets à sanction des études », ajoute-t-elle.

Les parents demandeurs jugent que l’école J.-H.-Leclerc outrepasse ses pouvoirs légitimes, causant un préjudice grave aux élèves, et niant la liberté de conscience et de religion proclamée par les Chartes canadienne (article 2a) et québécoise (article 3). Pour l’avocat des parents, Me Jean-Yves Côté, « le caractère obligatoire du cours d’ÉCR et la suspension d’élèves à cet effet, constitue un préjudice grave et irréparable, notamment au sens de l’article 222 de la Loi sur l’instruction publique. Le refus des autorités scolaires d’exempter les élèves de ce cours est donc déraisonnable et inopérant consti­tu­tion­nel­lement. »

Selon cette demande d’injonction, la commission scolaire du Val-des-Cerfs doit suspendre, jusqu’au jugement final, l’exécution des sanctions à encourir en vertu du Code de vie de l’école, pour absences prétendument non motivées au cours d’ÉCR.
La demande d'injonction devrait être entendue le mercredi 4 mars au palais de justice de Granby.

La commission scolaire du Val-des-Cerfs a émis un communiqué sur son site internet, mercredi après-midi, pour faire savoir qu'elle ne commentera pas cette démarche devant les tribunaux tout en prétendant toujours que les absences étaient non motivées (en dysgraphie de cette commission : « non-motivées »), alors que c'est précisément le cœur du débat.

Pour Mme David ce carnet est celui...

d'un « regroupement de parents catholiques ultraconservateurs »...

C'est ce que Mme François David n'a pas hésité à affirmer dans un entretien médiocre avec un M. Benoit Dutrizac bien complaisant.

Cela nous a bien fait rire. Qu'on nous pardonne.

Mme David n'a aucune idée des auteurs de ce carnet, ni de leur nombre, ni de leur confession religieuse, s'ils en ont une. Ce carnet a déjà défendu des parents catholiques, protestants, coptes, agnostiques et athées et reproduit des propos de personnes favorables à la liberté en éducation de tous les horizons (ignorant même souvent les convictions religieuses des personnes en question).

Quelle ironie délicieuse de voir également Mme David faire la leçon à M. Sylvain Bouchard pour son ignorance et ensuite entendre la porte-parole de Québec solidaire prétendre de façon éhontée que ce carnet ne dit pas que, dans le cahier d'ECR incriminé, on est « en train d'étudier la lutte des femmes et que Mme David a fait quelque chose là-dedans ».

Ce carnet l'a dit deux fois plutôt qu'une ! En se plaignant justement de cette large part réservée au féminisme (plutôt que la « lutte des femmes »), 28 pages en tout ! Quasi autant que sur les traditions religieuses ! Voir ici et .

Notons que dans cet entretien Mme David admet qu'il y a encore un « petit bout de marxisme » dans son analyse politique et sociale. Quant au « communisme », rappelons (voir ici et le site http://www.quebecpolitique.com) que les membres du Parti communiste du Québec sont d'office membres de Québec Solidaire. Enfin, au sujet de l'épithète « soviétique » Sylvain Bouchard a simplement repris la description du portait de Mme David qu'en faisait Mme Barbara Kay (le médaillon rouge, la tête penchée, le sourire figé).

Mme David dit avoir trouvé des manuels où apparaissent des personnages politiques actuels, mais il s'agit au mieux de manuels d'histoire (souvent mauvais d'ailleurs, voir ici, ici et ) et non d'éthique et de culture religieuse. Ces politiciens sont-ils toujours en fonction ? Ce serait étonnant (il faut une certaine distance pour faire de l'histoire et non du journalisme). De qui s'agit-il ? Mme David n'en dit mot. Il faudrait aussi voir si trois pages sont consacrées à chacun de ces politiciens en leur donnant complaisamment la parole pour avoir organisé deux marches...

L'Antagoniste (sans doute un autre catholique ultraintégriste) s'insurge aussi au sujet des inexactitudes et des amalgames proférés lors de cet entretien de Benoît Dutrizac :
« Ensuite, Françoise David affirme que le texte présenté dans le manuel ne fait pas référence à son action politique. Un mensonge éhonté, il suffit de lire la dernière ligne du texte que j'ai souligné en rouge pour réaliser qu'on a affaire à une info-pub pour Québec Solidaire. Notez que dans le cours d'éthique et culture religieuse, toutes les religions sont mises sur le même pied. Pourtant, quand on aborde les questions politiques, seule la gauche a le droit de cité. On ne parlera jamais de Bastiat ou de Hayek.

De plus, Benoit Dutrizac affirme que le comportement de Sylvain Bouchard rappelle celui des nazis… Désolé, mais le nazisme c'était l'utilisation de la propagande étatique pour imposer une pensée unique à la population. Ceux qui dénonçaient cette pensée unique n'étaient pas des nazis, mais des résistants.

Pour terminer, Benoit Dutrizac va encore plus loin en affirmant que Sylvain Bouchard aurait dû se taire à cause de la sortie au cinéma du film Polytechnique… Jean-François Plante s'est fait crucifier sur la place publique pour avoir dit que la tragédie de la polytechnique avait été récupérée pour faire avancer la cause d'un lobby. L'histoire lui donne raison: Benoit Dutrizac a utilisé le drame de la polytechnique pour justifier la censure de Sylvain Bouchard. Peut-on avoir meilleur exemple d'instrumentalisation d'une tragédie ? »

mardi 3 février 2009

Complément au cours d'histoire — Claus von Stauffenberg

Avant de vous ruer dans les salles, pour voir Valkyrie, une émission de Canal Académie sur Stauffenberg et la résistance conservatrice allemande.

Jean-Louis Thiériot vient d’écrire un livre sur cette Allemagne qu’il connaît si bien. Avec Stauffenberg, il nous ouvre un parcours surprenant, méconnu en France et au Québec et pourtant exemplaire en tout point. Image d’un résistant au nazisme, peu avare de son courage, qui fut à la tête de la conspiration pour assassiner Hitler.




La grille de lecture franco-française de la résistance nous amène à ne pas considérer ces personnages, patriotes, aristocrates, catholiques ou protestants, qui surent s’opposer au mouvement révolutionnaire socialiste nazi. [1]

Jean-Louis Thiériot présente ici l’histoire d’une vie qui marque encore de nos jours l’imaginaire allemand. Originaire de la haute-aristocratie germanique, Claus von Stauffenberg n’eut pas une lucidité immédiate sur la réalité du nazisme. Pourtant, cela ne l’empêche pas de condamner l’antisémitisme du début des années trente et de refuser le bellicisme du Führer. Son devoir le pousse sur les champs de bataille mais aussi dans une administration militaire qu’il connaît parfaitement. Dès lors, grâce à un réseau aux multiples ramifications, il tisse sa toile pour finalement atteindre le centre de tous les malheurs européens : Hitler. Thiériot décrit parfaitement cette conjuration de centaines d’hommes qui surent préserver "le" secret de l’acte qui allait, en cas d’échec, les condamner inévitablement à la mort. Le 20 juillet 1944, la mort d’Hitler s’est jouée à quelques centimètres...

À lire également et disponible dans les librairies et dépanneurs du Québec, le numéro hors série du Figaro Magazine intitulé « Ils ont voulu tuer Hitler ».




[1] On lira également avec profit au sujet de la composition de la résistance au nationalisme-socialisme, mais ici pour la France, 1940 : la droite était au rendez-vous d'Alain Griotteray. Griotteray s'attaque au mythe français de la « gauche résistante » et de la « droite collaboratrice », qui obscurcit trop souvent la vision de cette époque charnière de l'histoire française contemporaine. L'auteur rappelle ainsi les négociations secrètes entre le parti communiste et l'occupant nazi, en juin 1940, pour obtenir la réapparition de L'Humanité. Rappelons que plusieurs personnalités collaborationnistes étaient de gauche comme Marcel Déat ou Jacques Doriot, fondateur du le Parti populaire français (PPF) à l'origine un parti d'extrême gauche rival du parti communiste. Ce livre n'est pourtant pas un essai, ni même un récit historique à proprement parler, mais l'évocation de vingt-trois héros de la Résistance, hommes et femmes, civils et militaires, dont le point commun est d'être tous issus de la droite, à travers ses différentes familles : catholique, maurrassienne, royaliste ou républicaine. Les portaits de ces résistants souvent oubliés des livres d'histoire sont d'autant plus parlants que l'auteur les a personnellement connus, et qu'il décrit — derrière les héros risquant leur vie et leur liberté — les hommes et femmes ordinaires.

lundi 2 février 2009

Perle d'élève

Tiré du carnet du Journaliste d'estrade :

« Retrouvée sur le copie d'un élève de première secondaire dans le cadre du cours d'Éthique et culture religieuse en réponse à la question

— Pourquoi une majorité de personnes ont-elles une mauvaise opinion de l'islam ?

— Parce que les femmes portent le dalaï-lama sur leur tête.

Ça c'est un bel exemple d'intégration des connaissances, n'est-ce pas ? »

Françoise David portera plainte au CRTC — Sylvain Bouchard dit avoir reçu des menaces de mort

Suites du concours « Arrachez Françoise David de votre cahier d'éthique et de culture religieuse ».

L'animateur qui a lancé ce concours, Sylvain Bouchard, déclare avoir reçu des menaces de mort.

Il dénonce dans son émission de ce matin, le panurgisme des médias, des syndicats et des associations féministes subventionnées unanimes pour le condamner. Bouchard dénonce également le deux poids, deux mesures d'animateurs comme René Homier-Roy de la radio d'État qui se gaussent des inepties de la « radio-poubelle » de Québec , mais trouve si amusant le fait que M. Fallardeau promet de tout mettre en œuvre pour transformer la commémoration-spectacle en cauchemar (« On reconnait son style » disent-ils en s'amusant de leur Fallardeau si original, si spirituel !).

M. Bouchard se déclare également abasourdi des campagnes sur Internet qui visent à le faire condamner en justice pour incitation au vandalisme (d'une page déchirée d'un cahier d'exercices). L'animateur s'étonne de l'hypocrisie de syndicalistes soudain partisans de l'ordre alors que ces mêmes syndicalistes ont été impliqués dans des actes d'incivisme notoires et de vandalisme nettement plus importants que de l'arrachage d'une page d'un cahier d'exercices et d'activités d'ECR qui, apparemment, appartient de toute façon à l'élève.



Écoutez l'émission (uniquement les extraits ECR) :



Françoise David dit merci aux éditions de la pensée (suite)
(page 199, du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)



Françoise David dit merci aux éditions de la pensée
(page 198, du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)


M. Bouchard considère que cette campagne menée en unisson par ces médias, ces syndicats et de très nombreuses associations féministes subventionnées (« Les femmes » selon cette dépêche) s'apparente à une tentative de censure. Les menaces de poursuites judiciaires mentionnées à mots couverts par Mme David et ses partisans seraient une tentative de « poursuite-bâillon ».

M. Bouchard ne voit pas ce qu’il y a de mal à décrire Mme David comme une communiste alors qu’elle est l’alliée politique de ceux-ci (voir ci-dessous), ni pourquoi décrire son portrait comme rappelant ceux de l’époque soviétique serait diffamatoire. Il rappelle qu’il aurait demandé d’arracher des pages qui auraient contenu du contenu élogieux et des portraits de Stephen Harper et Mario Dumont (qu’il soutient pourtant politiquement) s’ils avaient bénéficié de la même valorisation dans un cahier d’éthique et de culture religieuse.
http://www.pcq.qc.ca/Dossiers/QuebecSolidaire/EngagementsPourQS.htm

Les engagements du Parti communiste du Québec vis à vis de Québec solidaire

Tous les membres du PCQ sont également membres de Québec solidaire. Cela découle d'un engagement ferme de la part du PCQ vis-à-vis de l'unité de la gauche au Québec en même temps que du fait que, pour nous, cette question d'unité est d'une importance stratégique pour l'avancement des idées de gauche, ici même au Québec.

Bien que le PCQ soit lui-même un parti légalement reconnu par les autorités de la Direction générale des élections du Québec (DGEQ), et qu'il pourrait conséquemment présenter ses propres candidats et candidates lors d'élections, nous avons fait le choix depuis déjà plusieurs années (et nous nous sommes également engagés formellement auprès de Québec solidaire dans ce sens) de ne pas le faire et de plutôt œuvrer, sur le plan électoral, au développement et à la popularisation de Québec solidaire. Cet appui à Québec solidaire ne se limite pas, du reste, au seul terrain électoral. Il ne se limite pas non plus aux seules périodes électorales. Il s'agit en même temps d'un engagement ferme et de longue durée.

http://www.pcq.qc.ca/Dossiers/PCQ/Congres/XVIeCongres/Documents/MsgQuebecSolidaire.htm

« Message aux participants du congrès du Parti communiste du Québec » (octobre 2008)

Vous êtes des militantes et militants engagée [sic] à Québec solidaire à construire un parti politique pluraliste de gauche, écologiste, souverainiste et féministe. Vous y travaillez de façon loyale et généreuse et nous vous en remercions.
Nous espérons que vos travaux de cette fin de semaine seront bénéfiques pour vous et pour la gauche dans son ensemble. Plus que jamais, le Québec a besoin d'une gauche forte et unifiée.

[…]

Veuillez recevoir nos salutations solidaires,

Alexa Conradi, présidente
Françoise David, co-porte parole
Amir Khadir, co-porte parole
 »


Québec solidaire s'allie au Parti communiste
Valérie Dufour
Le Journal de Montréal
07/11/2008 06h11

Dans l'esprit de réunir «les forces de gauche» et de refléter de «manière concrète la diversité et la vitalité des points de vue», Québec solidaire a décidé de faire une place au Parti communiste du Québec (PCQ) dans sa formation politique.

Ce parti d'extrême gauche détient en effet le statut de «collectif officiellement reconnu». Cette décision a été prise par les délégués de QS lors de leur 3e congrès, qui a eu lieu l'hiver dernier. C'est le site de revue de presse Kiosque Médias qui a, le premier, noté cette nouvelle alliance.

M. Bouchard se déclare également abasourdi par les campagnes sur Internet qui visent à le faire condamner pour incitation au vandalisme (motif : une page déchirée d'un cahier d'exercice). L'animateur s'étonne de l'hypocrisie de syndicalistes soudain partisans de l'ordre,alors que ces mêmes syndicalistes ont été impliqués dans des actes d'incivisme notoires et de vandalisme nettement plus importants que de l'arrachage d'une page d'un cahier d'exercices et d'activités d'ECR qui, apparemment, appartient de toute façon à l'élève.

M. Bouchard considère que cette campagne menée en unisson par ces médias, ces syndicats et de ces nombreuses associations féministes subventionnées s'apparente à une tentative de censure. Les menaces de poursuites judiciaires seraient une tentative de « poursuite-bâillon ».


Addendum du mardi 3 février : Mme David portera plainte

On apprend que la porte-parole de Québec solidaire Françoise David portera bientôt plainte au CRTC contre l'animateur Sylvain Bouchard et contre la station FM 93,3 pour avoir selon son communiqué de presse « incité des mineurs à déchirer une page d'un cahier d'exercice du cours Éthique et culture religieuse en échange d'un jeu électronique et pour avoir notamment tenu des propos injurieux en ondes. » La porte-parole demande également à la ministre de l'Éducation de se prononcer sur ce dossier. Par ailleurs, la possibilité de d'autres recours n'est pas exclue.

« Je m'étonne par ailleurs du silence de la ministre de l'Éducation Michèle Courchesne dans ce dossier. Elle n'a pas dit un mot pour dénoncer les propos de cet animateur qui s'en est pourtant pris directement au personnel enseignant, pas plus qu'elle n'a condamné ce concours qui incitait au vandalisme, une attitude irresponsable socialement. Il serait extrêmement souhaitable que Mme Courchesne sorte de son mutisme.

« Dans un autre ordre d'idée, j'estime que le concours ainsi que les propos de l'animateur contreviennent à l'esprit, si ce n'est à la lettre, de l'article 9 du code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs, dont CJMF 93,3 fait partie, qui invite les stations de radio à veiller à ce que les émissions diffusées à l'antenne de leur station ne contiennent pas de propos injurieux, ni d'incitation à la violence », a conclu Françoise David.



André Arthur sur la présence de Mme David dans les manuels ECR

samedi 31 janvier 2009

Pour une administration scolaire éthique

Voici une lettre ouverte de Guy Durand, théologien et juriste, spécialisé en éthique, publié dans l'Express du 28 janvier 2009.

       Mesdames et messieurs les commissaires de la commission scolaire Val-des-Cerfs, je m'intéresse depuis des années au dossier de la formation morale et religieuse à l'école. Je suis un citoyen payeur de taxe scolaire. Or je ne comprends vraiment pas votre attitude face aux demandes d'exemption pour le cours Éthique et culture religieuse (ECR).

       Il me semble que vous avez toute la latitude voulue pour admettre ces exceptions. Vous avez été élus par la population. Vous existez en partie grâce à nos taxes. Vous avez l'autonomie et la responsabilité nécessaires pour admettre des exceptions aux règles ministérielles. Vous n'êtes pas une officine du Gouvernement, que je sache. Si c'était le cas, ne serait-ce pas plus simple de changer les commissions scolaires par des bureaux régionaux du Ministère ?

       Les parents invoquent la liberté de conscience et de religion, leurs droit et responsabilité vis-à-vis l'éducation de leurs enfants. N'est-ce pas assez fondamental ? En quoi pouvez-vous objecter que le cours est « neutre », qu'il n'est pas menaçant, que les parents ont tort, qu'ils ne connaissent pas le contenu du cours, voire que l'Assemblée des évêques du Québec a donné son accord (très mitigé d'ailleurs) ? Même la Cour suprême, quand elle étudie les questions de liberté de conscience et de religion ne cherche pas à savoir si l'opinion d'un demandeur correspond à une religion spécifique, mais se base sur la seule sincérité du demandeur. Celui-ci juge-t-il que telle action ou règle porte atteinte à ses opinions profondes ?

       Dans certains milieux, on semble prêt à faire des « accommodements » pour les tenants de toutes les religions sauf les catholiques. On ne vous demande pas de vous ingérer dans la direction des écoles, mais de faire savoir que vous ne vous opposez pas aux exemptions.

       Actuellement on punit les enfants pour l'action de leurs parents. Ne trouvez-vous pas cela inconvenant sur les plans éthique et juridique ? Sur ces deux plans, d'ailleurs, la justice exige de changer le fardeau de la preuve. Au lieu de demander aux parents de prouver que le cours cause un « préjudice grave » aux enfants, on devrait accorder l'exemption sauf s'il en découle un tort grave pour les enfants ou un « coût excessif » pour l'école.

       Quant à la socialisation des enfants, en quoi le fait d'être retiré de la classe une heure par semaine pour le cours ECR la menace-t-elle ? En quoi l'exception nuit-elle à l'objectif d'une école commune inclusive. C'est plutôt le contraire qui est vrai. À la limite, certains parents pourraient même retirer leurs enfants pour les inscrire à l'école privée. S'ils en ont les moyens, évidemment ! Et voilà la question de justice sociale qui refait surface.

       Qu'attendre de vous, mesdames et messieurs de la Commission scolaire ? Que, après avoir reconsidéré l'ensemble de la question, vous aurez la lucidité et le courage de changer d'attitude et d'accepter des exemptions au cours d'ECR.



Guy Durand, professeur retraité

Dunham