mercredi 20 août 2008

Des locaux sont prêts à Valcourt pour accueilir les enfants des parents opposés au cours d'ECR

Plus de 100 personnes se sont réunies à Valcourt pour organiser le boycottage du cours d'ECR dès la rentrée scolaire, prévue pour le 27 août.

Les écoles primaire et secondaire de la municipalité ont refusé de rendre disponible un local à pour accueillir les élèves dont les parents désirent participer au boycottage, la Coalition pour la liberté en éducation (CLE) a dû se tourner vers la communauté. Après ce refus des écoles, la commission scolaire des Sommets a décidé de contrôler les allées et venues des élèves et déclaré à M. Sylvain Lamontagne, membre de la CLÉ à Valcourt, que les parents soucieux de l'instruction spirituelle de leurs enfants encourageaient le décrochage scolaire !

« Nous disposerons gratuitement de la salle paroissiale pour les élèves du secondaire et moyennant certains frais, nous aurons accès au Ciboulot, situé tout près de l'école primaire de Valcourt » a annoncé le coordonnateur du boycottage, Sylvain Lamontagne.

« Nous suggérons aux parents d'appeler ou d'écrire une note à l'école pour que leur enfant puisse quitter le cours au niveau secondaire. Au niveau primaire, les parents qui ne peuvent se présenter à l'école pour retirer leur enfant de la salle de classe pourront mandater pour cette tâche une tierce personne, en l'occurrence un bénévole, via le formulaire d'urgence de l'école », d'expliquer M. Lamontagne.

Les jeunes touchés par le boycottage seront encadrés par des bénévoles pendant que leurs camarades de classe suivront le nouveau cours imposé par l'État. « Il n'est pas question de ne rien faire. Nous attendons les suggestions de tout le monde, mais pour l'instant, la possibilité la plus vraisemblable serait de donner le cours d'enseignement religieux, avec des personnes qui ont la compétence de le faire. »

Sylvain Lamontagne dit avoir déjà recruté quelques bénévoles. Il a tenu à rappeler, au cours de la séance d'information tenue hier à Valcourt, que bien qu'obligatoire, le cours n'est pas sujet à sanction et que selon le régime pédagogique du Monopole de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), un élève de cinquième secondaire doit réussir le cours d'éthique et de culture religieuse ou celui d'éducation physique pour obtenir son diplôme d'études secondaires.

Voilà une excellente manière de promouvoir l'éducation physique et la santé de la jeunesse québécoise ! Bravo à la CLÉ.

Les pères et mères conservent le droit de surveiller l'entretien et l'éducation de leurs enfants quoi que dise l'école

On se souvient que le Monopole de l'Éducation qui « privilégie l'information à l'affrontement » et la Commission scolaire des Sommets ont subitement décidé à Valcourt de lutter contre le décrochage scolaire potentiel (j'en vois qui rient, c'est le prétexte avancé !) en renforçant les contrôles sur les allées et venues des élèves alors que des parents se préparent à retirer leurs enfants de l'école quand le cours obligatoire d'Éthique et de culture religieuse sera imposé.

Rappelons donc aux parents qu'ils demeurent les gardiens de leurs enfants, même quand ils les confient temporairement à l'école. Ni la Commission scolaire ni la direction de l'école ne peut s'opposer au retrait des enfants par les parents selon les avocats consultés qui invoquent cet article du Code civil du Québec :
605. Que la garde de l'enfant ait été confiée à l'un des parents ou à une tierce personne, quelles qu'en soient les raisons, les père et mère conservent le droit de surveiller son entretien et son éducation et sont tenus d'y contribuer à proportion de leurs facultés.

mardi 19 août 2008

« Les enseignants d'ECR ne seront pas prêts »... euh... avant une génération ?

Le Devoir, connu pour être partisan du nouveau programme d'éthique et de culture religieuse imposé à tous les élèves québécois par le Monopole de l'Éducation, publie une lettre d'opinion où une fois de plus on rappelle les craintes de Jean-Pierre Proulx — omniprésent dans les décisions entourant ce cours et dans sa défense — les enseignants québécois ne pourront rendre justice à cette nouvelle merveille pédagogique selon ses partisans : le cours d'éthique et de culture religieuse qui ferait enfin du Québec une société tolérante, diverse et ouverte. Excusez du peu.

Citons quelques extraits de la lettre d'opinion (les intertitres sont de nous) :

Formation indigente née de la précipitation

La principale information que nous devons retenir de ce dossier, c'est que les enseignants et les enseignants qui seront responsables de cette matière en septembre 2008 n'auront pas la formation (ou la compétence) nécessaire pour bien appliquer ce nouveau programme, pour être en mesure d'aménager et de faire vivre des apprentissages significatifs et durables.
C'est une litote. La formation a été indigente : environ deux jours en moyenne pour chaque enseignant pour six religions et une nouvelle culture du dialogue et d'éthique !
Dans l'exposé éditorial, le professeur Jean-Pierre Proulx, rédacteur délégué, postule que « la formation des quelque 26 000 enseignants du primaire et de plus de 8000 du secondaire sera, au mieux, minimale, malgré les efforts qui sont menés cette année» (en 2007-2008). Si la formation est ici jugée «au mieux, minimale », c'est dire que dans plusieurs cas particuliers, voire la majorité, la formation n'atteindra pas ce stade qui permette de maîtriser suffisamment le domaine, d'intervenir avec une assurance convenable en suscitant l'indispensable confiance des élèves, des collègues et des parents... Plus loin, la contribution de deux universitaires associées à la formation des formateurs d'enseignants s'avère très éloquente sur le déficit de préparation des enseignants qui seront chargés de ce programme.
Pourquoi cette précipitation dans la mise en place de ce cours alors ? Et si M. Jean-Pierre Proulx essayait de désamorcer les critiques qui accompagneront ce nouveau cours ? De neutraliser les dénonciations des dérives prévisibles de ce cours ?
Ainsi, Mireille Estivalèzes, de l'Université de Montréal, en vient à dire qu'il « est évident que ni les nouveaux enseignants ni ceux qui sont déjà en fonction n'auront complété leur formation à temps. Ils ne seront donc pas complètement prêts pour la rentrée de septembre 2008 ».
Le bel euphémisme : nous connaissons même des enseignants du primaire dans des écoles privées qui n'ont pas du tout été formés !

Des enseignants réellement aptes en Éthique et culture religieuse dans une génération...

De son côté, Suzanne Rousseau, de l'UQTR, livre un article au titre des plus significatifs: «La formation des enseignants: le défi d'une génération». Déplorant le manque de ressources allouées, elle mentionne que «les 45 heures offertes aux enseignants-formateurs [sur les premiers thèmes] et déjà considérées insuffisantes par tous ont été réduites à une journée et demie» par la suite... Forte de son expertise, elle fait état de difficultés majeures, telles que des «carences importantes sur le plan des savoirs pertinents, tant en éthique qu'en culture religieuse, la complexité de la formation au dialogue au niveau tant de la maîtrise du contenu que de l'évaluation, notamment aux premiers cycles du primaire», la préparation quasi irréalisable de «situations d'apprentissage et d'évaluation» qui traitent à la fois deux ou trois compétences disciplinaires, alors que cette approche promue par le renouveau pédagogique n'est pas encore assimilée par le personnel... L'auteure évoquera même en conclusion que c'est seulement lorsque des jeunes qui auront suivi ce programme depuis l'élémentaire s'inscriront à un baccalauréat en enseignement que nous pourrons espérer disposer enfin d'enseignants réellement aptes en Éthique et culture religieuse...
Euh, des enseignants enfin programmés formés depuis leur plus tendre enfance dans le relativisme et le pluralisme normatif par décision de l'État sans que jamais on ne consulte vraiment les parents ? L'Étatisme québécois est vraiment émouvant.

Où sont les preuves que le cours d'ECR va résoudre quoi que ce soit ?

Et ces gens croient vraiment que tout cet agent investi à ébranler l'identité trop massive des Québécois pure laine, comme dirait Fernand Ouellet, va résoudre quoi que ce soit ? Que des troubles comme ceux de Montréal-Nord pourront être évités alors que la religion n'intervient pas dans la plupart des problèmes ethniques  ou sociaux qui sont ceux que connaît le Québec ! Rappelons que les Latinos et Haïtiens de Montréal-Nord sont chrétiens et même le plus souvent catholiques.

Mais le Monopole de l'Éducation fait fi des désirs des parents — ils œuvrent pour le bien n'oublions pas ! — les libertés éducatives pèsent donc peu pour ces missionnaires qui se sentent pressés car le Québec devient de plus en plus divers (qui décide de l'immigration au fait, si ce n'est ce même gouvernement ?) et il faut donc former les enfants de tous au « dialogue » et « au vivre-ensemble ».

Mais croient-ils vraiment qu'un Québec avec plus de jeunes relativistes et rebelles (si Dieu n'existe pas, tout est permis !) vont être plus tolérants parce qu'on les aura dressés sensibilisés aux règles du dialogue et de la tolérance ? Pourquoi ? Par automatisme ?

Pourquoi cela marcherait-il mieux qu'avec l'Église catholique qui avait aussi enseigné un message de charité avec des sanctions et bienfaits célestes supplémentaires à la clé ?

Aucune preuve donc que ce cours imposé donnera des résultats positifs (il pourrait bien être négatifs), mais moins de liberté bien tangible. Quid de cette ancienne vertu : la prudence ?

Difficile de reformater les maîtres en animateurs censément neutres

Pour assurer la réalisation des apprentissages visés, le programme exige que le personnel enseignant adopte la « posture professionnelle » appropriée. L'expression fait référence au besoin d'ouverture à l'échange avec les élèves, d'objectivité et d'impartialité dans ses propos, d'engagement dans une communauté de recherche, etc. Selon les auteurs du dossier, le développement de ces attitudes indispensables « ne va pas de soi chez les enseignants ». Si l'acquisition des connaissances nouvelles représente un défi accessible lorsqu'on y consacre temps et efforts, ce à quoi les enseignants sont habitués lorsqu'ils sont chargés d'un nouveau programme (quitte à meubler ainsi une partie de leurs vacances), il en va tout autrement en ce qui concerne cette «posture», qui fait appel à des habiletés psychosociales et communicationnelles.
Bref, le maître a du mal à devenir un animateur censément neutre.

Cette carence de formation pourrait avoir des effets négatifs graves

[...]
Sans cette « posture professionnelle », les élèves risquent non seulement de rater les compétences disciplinaires escomptées, mais aussi de faire la malheureuse expérience de situations à l'inverse de ce que promeut le programme : le non-respect des personnes et de leur position, l'ancrage de préjugés à l'égard de tels types de croyants ou de non-croyants, la banalisation du fait religieux et des questions éthiques, le repliement sur ses opinions personnelles au lieu d'une maturation conceptuelle des questions religieuses et morales...
Quand on parlait des effets négatifs potentiels, du manque de prudence...

Parents soucieux ou parents intégristes et extrémistes ?

Le constat du manque de formation révélé par le dossier du GRIFPE ne peut laisser indifférent, d'autant plus qu'aucune évaluation globale n'a été rendue publique par les responsables ministériels ou autres. Il ne faut pas s'étonner que des parents qui suivent de près ce qui se passe à l'école redoutent les effets possiblement nuisibles sur le développement de leurs enfants et sur leur perception de la religion et de l'éthique.
L'auteur de cet article ne connaît pas le langage de la ministre de l'Éducation : pour elle les parents qui suivent de près ce qui se passe à l'école — lesquels devraient être considérés comme des parents vertueux — « sont des groupes qui se situent aux extrêmes ». Extrémistes donc. Notez que dans son refus d'exemption, daté de juin 2008, la Commission scolaire de Montréal déclarait que son cours n'était pas relativiste mais qu'il empêchait plutôt l'« intégrisme » !? Extrémistes et intégristes donc ceux qui résisteraient aux diktats des pédagoguesMC, expertsMC toujours cooptés du Monopole, payés depuis des années à penser à l'implantation de leur dernière marotte pédagogique : l'interculturalisme ? Le culot de ces gens qui décident de la formation spirituelle des autres alors qu'on ne puisse pas dire que le Monopole de l'Éducation du Québec ait prouvé la qualité de ses choix ou des fruits de son enseignement imposé d'en haut et décidé pour tous !

lundi 18 août 2008

Qui est Fernand Ouellet, père du cours d'éthique et de culture religieuse selon Jean-Pierre Proulx ?

Les lecteurs de ce carnet se rappelleront que le 8 janvier 2008 à 18 h 45 M. le professeur Jean-Pierre Proulx, auteur du rapport « Laïcité et religions: perspective nouvelle pour l'école québécoise », avait laissé le commentaire suivant :
« Vous me faites par ailleurs trop d'honneurs en me qualifiant de "père" du cours d'éthique et de culture religieuse.

Le groupe de travail que j'ai présidé de 1997 à 1999 a repris une idée qui avait déjà été proposée par le professeur Fernand Ouellet de la faculté de théologie de l'Université de Sherbrooke, spécialiste des religions des Indes au début des années 80. Son idée fut d’ailleurs mise en œuvre pendant un certain temps avec l'approbation du Comité catholique du CSE dans les années 1980. L'idée fut reprise par le Conseil supérieur de l'éducation dans un de ses avis de la décennie 1990 puis par les États généraux sur l'éducation de 1995-96. »
Qui est ce Fernand Ouellet et quels sont donc les principes qui devraient guider un cours de culture religieuse ou d'éducation à la citoyenneté (intégré désormais au cours d'histoire) selon lui ?

Selon André Couture du consortium Érudit, Fernand Ouellet est professeur à la faculté de théologie, d’éthique et de philosophie de l'Université de Sherbrooke, il est spécialiste en éducation interculturelle et y aborde diverses questions relatives à l’Inde moderne et à l’hindouisme.

Spécialiste de l'Inde et de l'hindouisme

Fernand Ouellet est un spécialiste de l'Inde et de l'hindouisme, il lit couramment l'hindi :

— Premchand, Délivrance, traduit du hindi par Fernand Ouellet, Paris-Montréal-Turin, L'Harmattan, coll. « Lettres asiatiques », 2000, 248 pp.

Premchand, Deux amies et autres nouvelles, traduit du hindi par Fernand Ouellet, Paris, L'Harmattan, coll. « Lettres asiatiques », 1996, 239 pp.

Premchand, Godan : le don d'une vache, traduit du hindi par Fernand Ouellet avec une préface de Kiran Chaudhry et une introduction d'André Couture, Paris-Montréal-Turin, L'Harmattan, coll. « Lettres asiatiques », 2006, 364 pp.

H. Daniel Smith, Inde-hindouisme, traduit de l'anglais par Fernand Ouellet, Visual Education Service, Yale Divinity cité dans Ressources sur les grandes traditions spirituelles et religieuses.

Relativisme

Fernand Ouellet a consacré plusieurs articles au relativisme, tel que l'indique son curriculum vitae, notamment :

— Relativisme, tolérance religieuse et compréhension interculturelle, Sciences religieuses 14/3, 1985, pp. 355-369.

— Pour éviter les pièges du relativisme culturel, Communication présentée au colloque Minorités ethniques : entre les particularismes et l'universalisme, 61e Congrès de l'ACFAS, Rimouski, mai 1993.

— Relativisme cognitif, croyances traditionnelles et sciences modernes, dans M.A. Hilly (dir.), Pluralité des cultures et dynamiques identitaires. Hommage à Carmel Camilleri, Paris, L’Harmattan, 1999, pp. 141-165.

— Tolleranza e Relativismo. Saggi sull’intercultura, (Traduction de F. Ouellet, Essais sur le relativisme, Québec, PUL, 2000 par Amina de Girolamo Sinna) Milano, Editioni
Unicopli, 2002.

En l’an 2000, Fernand Ouellet publiait un livre de 237 pages sur le sujet : Le relativisme et la tolérance, dont le journal de l'Université de Sherbrooke résumait ainsi le contenu :
« La question du relativisme soulève des problèmes très complexes qui recoupent plusieurs des enjeux fondamentaux à la coexistence, dans un même espace social, de plusieurs visions du monde, conceptions de la connaissance et systèmes de valeurs différents. Le débat sur ce sujet est très vif. Certains voient dans le relativisme une doctrine dangereuse; d’autres le considèrent comme un acquis important de l’anthropologie moderne. Fernand Ouellet apporte ici un éclairage nouveau en examinant trois questions centrales :
  • Le relativisme met-il sur le même pied les croyances traditionnelles et la science moderne ?
  • Le relativisme est-il une position moralement défendable, puisqu’il semble accorder la même valeur à toutes les conceptions du bien ?
  • Le relativisme culturel peut-il servir de point d’appui à un aménagement viable des relations interculturelles dans des sociétés pluriethniques et plurireligieuses ? »
On notera le style cauteleux universitaire qui procède par interrogatives.

Postmodernité

Fernand Ouellet a également publié sur la postmodernité, dont le relativisme est l’un des dogmes :

— Éduquer à la citoyenneté, à la religion et aux valeurs dans la postmodernité Communication présentée au congrès de l’Association pour la recherche interculturelle (ARIC), Alger, mai 2005, 20 pages.

— L’éducation au religieux dans les sociétés postmodernes, Communication présentée au colloque « La dimension religieuse de l’éducation interculturelle », Oslo, 6-8 juin 2004.

— Racisme, inégalités et postmodernité, 20 pp. Communication présentée au Symposium sur « La question raciale », IRFIQ, Québec, 28-30 octobre 1998.

— Racisme, inégalités sociales et postmodernité. Collectif interculturel, vol. IV, n° 2, pp. 69-87.

Pédagogie du conflit

Dans l’article intitulé « L’enseignement du fait religieux dans l’école publique ? », Fernand Ouellet commente ainsi les assertions d’un autre auteur sur les pratiques pédagogiques à privilégier dans le cadre d’un tel cours :
« Dans le contexte actuel, il ne suffit pas d’éduquer à la reconnaissance et au respect de l’autre. Il faut aussi apprendre à ébranler la « suffisance identitaire » et à s’intéresser à l’autre par delà les divergences et les conflits de valeurs :
« On saisit à partir de là les principes de ce que pourrait être une éducation à la citoyenneté et à la responsabilité. Le problème n’est pas d’inculquer telle valeur ou ensemble de valeurs plutôt que tel autre. Il est de permettre l’émergence d’un questionnement, d’une inquiétude qui arrache l’enfant ou l’adolescent au confort d’un plein et serein accord avec soi-même et de l’acceptation passive de l’altérité d’autrui : « Lui, c’est lui, moi c’est moi ». Il est donc moins de « construire une identité » que, à l’inverse, d’ébranler une identité trop massive et d’y introduire la divergence et la dissonance; il n’est pas de préparer à la coexistence et à la tolérance, mais au contraire, de mettre en scène l’incommensurable abîme qui me sépare d’autrui et m’oblige (au sens moral du terme) à m’intéresser à lui. C’est donc une « pédagogie du conflit » à la fois entre les individus mais aussi en chacun. » (p. 146)

La pédagogie du conflit que propose ici Galichet comme solution à la crise de légitimité des valeurs dans les sociétés contemporaines s’inscrit dans une conception de l’éducation à la citoyenneté où « l’enseignement des questions controversées » (Crick, 1998; Lorcerie, 2002, p.181-182) occupe une place centrale. Une approche de l’éducation à la citoyenneté apparaît particulièrement bien adaptée à la situation de tension entre plusieurs conceptions légitimes de la citoyenneté qui a été évoquée plus haut. »

dimanche 17 août 2008

Manuel d'histoire agréé par le Monopole de l'Éducation du Québec : pas moins de cinquante erreurs !

Nous en avions déjà parlé, les manuels d'histoire du Québec sont d'un affligeant correctivisme politique, on apprend que certains fourmillent aussi d'erreurs grossières.

On a ainsi relevé plus de cinquante erreurs dans le manuel d'histoire de deuxième secondaire intitulé « L'Occident en douze évènements » pourtant approuvé par le Monopole de l'Éducation. La ministre de l'Éducation Michelle Courchesne — qui semble devoir éteindre de nombreux feux ces jours-ci — a assuré qu'elle allait se pencher sur le dossier.

Petit florilège :

— « D'autres peuples vivent encore aujourd'hui sous la domination d'un pays étranger. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis, entre autres, possèdent encore quelques colonies. Les Antilles françaises (Martinique et Guadeloupe), par exemple, appartiennent encore à la France. ». La Martinique et la Guadeloupe sont des départements qui élisent démocratiquement leurs représentants.

— Un antisémite est quelqu'un qui déteste les Juifs « de manière irrationnelle ». En réalité, le Petit Robert définit le terme comme un « racisme dirigé contre les Juifs ».

— Copernic a précisé sa théorie astronomique 117 ans après sa mort.

— L'expédition française Fachoda (1898 ou 1899) ! Pourquoi ce doute alors qu'un dictionnaire comme le Petit Robert indique que cet évènement s'est déroulé en 1898 ?

— Les Blacks Panthers et les Black Muslims seraient nées, selon ce manuel, après l'assassinat de Martin Luther King en 1968. Or, les deux mouvements ont été créés respectivement en 1966 et en 1930.

— Les cartes portent des noms en graphie « internationale » comme Ulaanbaatar pour Oulan-Bator (la capitale de la Mongolie), ou encore Addis-Ababa plutôt qu'Addis-Abeba (capitale de l'Éthiopie). On note le même phénomène dans les manuels d'éthique et de culture religieuse où les graphies pédantes (Muhammad, Pangu, Sukkoth) sont privilégiées aux graphies françaises (Mahomet, Pankou, Souccot) même quand on s'adresse à des enfants du primaire

—  « Adolf Eichmann convoque la conférence de Wannsee. Adolf Hitler, Reinhard Heydrich et Heinrich Himmler y mettront au point les procédures d'extermination de toute la population juive d'Europe. » En réalité, ni Hitler ni Himmler n'ont participé à cette conférence ; Heydrich l'a convoquée.

Visiblement, le Monopole s'intéresse plus à la représentation « inadéquate » des rôles masculins et féminins et des ethnies dans les manuels québécois qu'à la précision de ses manuels d'histoire ou même d'éthique et de culture religieuse.

On envoie les enfants à l'école pour les matières de base, pas pour que l'État fasse évoluer leur spiritualité

Extrait de la Voix de l'Est de ce samedi (dans sa version papier) :
« Pour ce qui est de Granby, la présidente de la CLÉ, Marie-Josée Croteau [...] affirme ne pas être rendu [au stade du boycottage], mais la situation pourrait changer. « Je vais voir avec les commentaires des parents qui me parviendront à la réunion de Valcourt, s'il y a des besoins. On pourrait opter pour le boycott, mais mon approche repose plus sur une base individuelles, c'est-à-dire que chaque parent s'organise avec ses propres moyens », souligne-t-elle.

Toutefois, elle assure que de nombreux parents de la région lui ont manifesté leur opposition. « Il y en a beaucoup qui me disent que leurs enfants n'iront jamais à ce cours. Ils craignent que ce programme amène trop de confusion dans la tête des enfants, s'ils doivent démêler les religions. On envoie les enfants à l'école pour leur apprendre les matières de base et non faire évoluer leur spiritualité », termine-t-elle. »


Le Monopole de l'Éducation remercie La Presse de lui servir de porte-voix

Encore un article de haute volée professionnelle de la part des médias québécois. Ici La Presse semble simplement avoir reproduit ce que le Monopole de l'Éducation lui a dicté :
« Le cabinet de la ministre Courchesne n'a pas été en mesure de préciser si les enfants qui n'assisteront pas au cours d'éthique et de culture religieuse risquent des sanctions. Le Ministère privilégie l'information plutôt que l'affrontement. »
Comment ça « le Ministère privilégie l'information » ? La Presse nous assène cela comme un fait ! Aucun guillemet, aucune distance, aucun conditionnel, de verbe introducteur (« dit privilégier »).

La Presse voulait probablement dire que le Ministère privilégie — puisqu'il a le gros bout du bâton — la répétition de ses slogans au dialogue qui est pourtant tant vanté par ce même cours d'ECR ?

Mais cet entêtement mène justement à l'affrontement. La Presse le soulignait d'ailleurs dans le reste de l'article : parents outrés de l'imposition à tous (pas de diversité ici!) de ce cours décidé en haut lieu, boycottage et recours judiciaires.

Et enfin rappelons ces mesures de contrôle supplémentaires subites là où les parents ne se soumettent pas au diktat de l'État. Mais on suppose que ces mesures font partie de l'information privilégiée par le Monopole de l'Éducation du Québec ?

samedi 16 août 2008

Contrôle renforcé des enfants qui pourraient ne pas assister à leur cours obligatoire de dialogue et de diversité religieuse

Le Soleil rapporte dans son édition (papier) de ce samedi que la Commission scolaire des Sommets veut subitement mettre en place des mesures pour contrôler la présence des élèves en classe.

Pour mieux lutter contre le décrochage scolaire et l'école buissonnière ? Il n'était que temps !

Pas du tout.

Pour imposer le nouveau cours de tolérance, de dialogue et de diversité religieuse aux enfants des parents récalcitrants qui n'ont jamais été consultés et dont on a supprimé le droit à l'enseignement de leur religion à l'école pour imposer un cours d'éthique et de culture religieuse décidé par le Monopole de l'éducation et ses experts cooptés. Oubliant de la sorte que l'école publique est un service rendu aux parents, que ses professeurs sont des tuteurs temporaires de l'autorité parentale mandatés par les parents et que les enfants n'appartiennent ni à l'État ni aux commissions scolaires.

M. Provencher directeur adjoint à la commission scolaire des Sommets déclare que chaque école devra mettre en place des mesures appropriées pour contrôler les allées et venues des élèves.

Et certains journalistes oseront encore répéter que le Monopole de l'éducation ne veut pas intimider les parents, mais qu’il privilégie l’information !

Notons que M. Provencher qui doit bien connaître le français et qu'on ne peut imaginer commettre un anglicisme dit bien « contrôler » c'est-à-dire « vérifier » et non pas comme en anglais « limiter » les allées et venues. (Les amateurs d'histoire se rappeleront les conséquences tragiques à Mers-el-Kébir d'une mauvaise traduction de ce mot.)

Il sera intéressant de voir ce qui se passera quand les parents se présenteront pour retirer leurs enfants lors de ces cours pour les ramener l'heure suivante.

Quelles pressions l'établissement scolaire exercera-t-il sur ces enfants pour qu'ils se conforment et se désolidarisent de leurs parents ?

mercredi 13 août 2008

Soirée d'information le 19 août à Valcourt sur le boycott des cours d'ECR

Le mardi 19 août 2008 à 19 h 00

À l’église de Valcourt



L’État veut imposer de force le cours d’éthique et de culture religieuse, le gouvernement va trop loin : ce cours fragilisera la foi de nos enfants. C’est pourquoi la CLÉ envisage de s’organiser pour que les enfants s’absentent pendant ce cours au primaire comme au secondaire. C’est une façon concrète de montrer notre opposition, car nous n’avons pas été consultés ni n’avons donné notre approbation à ce cours.

Cette soirée d’information de CLE aura pour but de répondre aux questions des parents qui veulent sortir leurs enfants de ce cours. On y discutera comment les encadrer durant la période de ce cours dès le début des classes en septembre 2008. On pourra poser des questions et partager ses idées ; votre présence est très importante pour la réussite du boycott, soyons persévérants. Plus nous serons à contester et plus grande sera notre pression sur le gouvernement.

Tous ensemble, nous vaincrons pour la liberté de choix

Quelques-uns des sujets à l’ordre du jour de cette soirée d’information :
  1. Lieu où nos enfants iront durant la période de ce cours;
  2. Demande de bénévoles pour encadrer et superviser les enfants au besoin;
  3. Parents intéressés en vu des élections pour faire parti du Conseil d’Établissement au primaire et secondaire et participation aux votes, etc.;


Pour information : Sylvain Lamontagne au 450-532-5606

Venez en grand nombre – Bienvenue à tous !

Soirée d'information le 19 août à Sillery

Lors de la rencontre au Montmarte Canadien, le 9 juin, la CLÉ avait réussi à rassembler 350 personnes. La CLÉ organise une autre réunion d'information le 19 août où se prononceront les orateurs suivants :
  • Me Jean-Yves Côté,
    avocat spécialisé en jurisprudence ;

  • M. Gary Caldwell par vidéo,
    Commissaire dissident aux États généraux,
    il nous dévoilera les revers de ce cours ;

  • Mme Carole Cardinal,
    vice-présidente de l'ACPEQ,
    assistante juridique de Home School Defence Association of Canada ;

  • Dre Jean Morse-Chevrier par vidéo,
    Psychologue et présidente de l'APCQ,
    Les effets du cours ECR sur les enfants.

Mardi le 19 août 2008 à 19 h 30

Sous-sol de l'église St-Charles Garnier

1215, Chanoine-Morel (coin boul. Laurier), Sillery


Le gouvernement a modifié l'article 41 de la charte québécoise des droits et liberté de la personne. Cela réduit considérablement votre rôle de parent. Par ce changement à la charte, c'est l'État qui, désormais, décidera ce qui est bien pour votre enfant et le lui imposera. L'État peut donc obliger nos enfants de suivre des matières qui vont à l'encontre de nos principes ou de notre religion.

www.coalition-cle.org ou infos@coalition-cle.org ou (418)  839-6236


Entrée libre, Stationnement gratuit, bienvenue à tous et toutes