lundi 6 octobre 2014

Zemmour : « Les hommes du passé sont, sur bien des points, supérieurs à nous »





Vendredi 10 octobre 2014


« …et Eric Zemmour qui ne «touche plus terre». Alors que je finis d'écrire ces quelques lignes, Eric Zemmour (avec qui nous partageons avec Ivan Rioufol le même bureau) débarque. «Je ne touche plus terre», nous dit-il en picorant dans une boîte de nounours au chocolat que lui a offert un admirateur. Il n'en revient pas lui-même des ventes de son livre «Suicide français» qui n'en finissent pas de monter: 12 400 exemplaires écoulés jeudi! Un véritable phénomène éditorial, révélateur du malaise de certains Français. »
 
 






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samedi 4 octobre 2014

Détourner la lutte contre l'intimidation et intimider les hétérosexistes

Semaine contre l'intimidation et la violence à l'écoleCeux qui suivent l’actualité scolaire n’ont pu manquer le rendez-vous désormais annuel de la semaine « contre l’intimidation et la violence à l’école ».

Une nouvelle fois, cette semaine a surtout été consacrée à lutter « contre l’homophobie », terme vague à souhait sur lequel nous reviendrons. Le site du Monopole de l'Éducation (MELS) consacré à la lutte contre l’intimidation ne parle que de « lutte contre l’homophobie et les stéréotypes sexuels »… La page d’accueil reproduite ci-dessous n’aborde que ces questions.

Page d’accueil du site sur l’« intimidation » du MELS (elle ne parle que de sexualité)


Oui à la politesse et au respect des gens

D’emblée, soyons clairs et affirmons l’évidence : nous n’avons rien contre la lutte contre l’intimidation, elle a toujours existé à l’école. Il faut comme par le passé apprendre le respect et la politesse aux enfants : ni de « gros tas de lard », ni de « petit minus », pas plus que de « tapette ».

Les nombreux motifs d’intimidation oubliés

Mais on voit déjà là qu’il y une différence entre l’impolitesse et l’intimidation et qu’il existe de très nombreuses formes d’impolitesses et d’intimidations. En fait, celles basées sur l’« homophobie » et les « stéréotypes sexuels » sont ultra-minoritaires ! L’orientation sexuelle des élèves (souvent simplement supposée au primaire et au début du secondaire) est loin, mais très loin, d’être une des raisons principales des brimades à l’école. En effet, le premier sujet des moqueries et insultes est lié au physique des élèves. Railleries parce qu’un élève est trop gros, trop petit, lent à la course, roux, laid, trop grand, trop maigre, etc. À la fin du secondaire, les motifs reliés au « genre » sont même parmi les moins fréquents loin derrière l’intimidation au physique, aux notes en classe, l’origine culturelle, la langue familiale, la religion et les revenus des parents !


S’il faut en juger par les actions annoncées, au Québec, la semaine contre l’intimidation se résume peu ou prou à la lutte contre l’« homophobie » dans les écoles et ne s’attaquent donc pas à l’intimidation dans ses formes très majoritaires.

Affiche ridicule

Il faut bien dire que l’affiche pondue par le MELS nous a fait bien rire, tant elle est caricaturale. Le graphisme est enfantin (d’après nos informateurs on l’aurait d’ailleurs affichée dans des écoles primaires aussi bien que secondaires), son message l’est tout autant. Si l’« homophobius » est en voie d’extinction, pourquoi faire une campagne officielle richement dotée contre ces rares dinosaures ? Ou s’agit-il plutôt de faire croire aux enfants « hétérosexistes » qu’ils sont les « derniers des Mohicans », de les faire taire, de les intimider ? Et puis qu’est-ce que signifie ce « l’homophobius adopte un comportement hostile envers tout ce qui est différent de sa propre nature » ? N’importe quelle partie différente de sa nature ? Ou uniquement sa préférence sexuelle, au primaire !? C’en est ridicule.

Lutte à l’homophobie ou promotion des sexualités alternatives ?

De toute façon, il ne s’agit pas vraiment de lutter contre les insultes du genre « tapette » ou « fif », mais il s’agit d’aller bien plus loin au nom de la lutte contre l’« hétérosexisme ». C’est-à-dire lutter contre la simple idée que l’hétérosexualité est la norme de la société, qu’elle est en quelque sorte « normale ». Il s’agit d’ailleurs d’un plan interministériel.

L’affiche homophobius le mentionne, il faut promouvoir « la diversité sexuelle » auprès des jeunes enfants. Pourquoi ? En quoi l’État a-t-il un mandat pour changer la norme « sexuelle » et faire cette promotion ?

Jasmin Roy, figure tutélaire de la lutte contre l’intimidation et homosexuel avoué, le disait clairement cette semaine : « On doit mettre l’accent sur la promotion de la diversité sexuelle ». Promotion. Comprendre valoriser le mode de vie LGBT. Pourquoi ? En quoi est-ce une mission de l’école ? En quoi est-ce respecter la diversité des opinions sur les formes familiales ? Pourquoi faut-il même lutter contre les stéréotypes sexuels (les filles font plutôt comme ceci, les garçons font plutôt comme cela) ? N’est-ce pas lutter contre les traditions, les normes de la société pour en substituer d’autres ? Au nom de quoi ? A-t-on consulté les parents ?

Rappelons qu’à une époque la vie privée était sacrée  pour les « progressistes ». Quand il s’agissait de lutter contre l’Église et ses normes conjugales. Maintenant que les « progressistes » sont au pouvoir, ils veulent faire la promotion des formes conjugales qu’ils considèrent comme normales. L’État veut lutter contre les stéréotypes sexuels dès le plus jeune âge. Et s'immisce par l'école et ses politiques (fiscales notamment) dans la vie privée des gens. Et gare à ceux qui oseraient ne pas être d’accord, sales rétrogrades, vils homophobes !



Zemmour : « Notre vie privée appartient désormais à l’empire du bien »

Intimider les « hétérosexistes »

L’État prend en réalité prétexte de la lutte contre l’intimidation pour intimider les parents, les écoles confessionnelles et la hiérarchie de l’Église catholique et combattre leur modèle familial conservateur. Il s’agit d’une tentative par les progressistes d’exercer un pouvoir encore accru à l’école et donc indirectement (car l’enfant revient à la maison avec ces idées) dans la famille.

Et gare aux élèves qui oseront froncer les sourcils quand on leur parlera d’homosexuels, de leurs préférences sexuelles parfois de manière crue. Honte à ceux qui ne seraient pas enthousiastes quand on parlera de transsexuels.

Il ne faut pas croire que cette intimidation contre les conservateurs n’existe pas. Voyez comment ce spécialiste américain de la lutte contre l’intimidation utilise son micro et son pupitre pour humilier les élèves conservateurs dans l’assistance.



Des millions pour le lobby LGBT


Cette lutte contre « l’intimidation » est une manne pour le lobby LGBT. Elle est richement dotée et ce n’est que lorsque lobby crie au scandale parce que la cagnotte est rognée que les médias parlent d’«
 un budget d’un million de dollars alloué à une campagne publicitaire qui fait la lutte contre l’homophobie ».

Grâce à une demande en vertu de l'accès à l'information, nous avons pu en apprendre plus sur les activités du MELS en matière de lutte à l'hétérosexisme. Une des principales activités (voir ci-dessous) financées dans ce cadre a coûté 5,7 millions de dollars aux contribuables québécois pour l'année scolaire 2012-2013. 



Ces généreux budgets financent les activités des associations LGBT en milieu scolaire lors desquels « on discute de la sodomie, des stéréotypes reliés à l’homosexualité ».

C’est ainsi que la section Chaudière-Appalaches du G.R.I.S, une de ces associations LGBT » peut se vanter que «
 Notre organisme qui réalise environ 200 interventions en démystification de l’homosexualité en milieu scolaire ». Deux cents interventions scolaires dans la seule région de Chaudière-Appalaches !? Le GRIS propose également un généreux prix de 2000 $ aux élèves qui monteront un bon projet de lutte contre l’homophobie. D’où vient cet argent ? L’affiche du GRIS ci-dessous épinglée à l’Université Laval promet en majuscules une « RÉMUNÉRATION CONCURRENTIELLE ET TOUTES DÉPENSES PAYÉES ». Vos impôts à l’œuvre pour diffuser et promouvoir la vision du monde du lobby LGBTQ.



Notez que le GRIS ne recherche pas de transsexuels « bien dans leur peau » pour leur intervention en milieu scolaire. Or « la Fondation Jasmin Roy tient à rappeler à la population, à tous les intervenants scolaires et au gouvernement que l’homophobie et la transphobie demeurent un problème bien réel dans les écoles du Québec. » Le GRIS renâcle-t-il à lutter contre la transphobie en n’abordant pas le problème en classe ? Rétrogrades, va !


Voir aussi

Le syndicat (majoritaire dans l’enseignement) CSQ suggère des livres homosexuels et transgenres aux garderies et écoles primaires

Le Québec « en avance » dans la formation des enseignants à la lutte contre l’hétérosexisme

À l’école, la lutte contre « l’homophobie » doit-elle se faire par la promotion de l’homosexualité ?

Manitoba — opposition à une loi « anti-intimidation » vague qui impose des cercles homo-hétéros (m-à-j : réaction Vic Toews)

Intimidation à l’école : insultes sur le physique, les notes, l’origine culturelle et linguistique bien avant « l’homophobie »

Pas de classiques de la littérature, mais la lutte contre l’hétérosexisme en classe de français, d’anglais, d’histoire et de mathématiques

Ontario — Les parents se rebiffent contre le nouveau programme de lutte contre l’« homophobie »

Restriction à la liberté d’expression d’un élève dans une école texane

Conférencier anti-intimidation insulte et intimide des élèves chrétiens

Couple homosexuel invité en cours de mathématiques, euh ECR, exercice de « français » sur le « mariage homosexuel »

Un plan de lutte contre l’homophobie méprisant pour la population

Le Monopole de l’Éducation au service des lobbies dits progressistes avec vos sous

École québécoise : l’homoparentalité expliquée aux enfants du primaire par l’État

Comment créer une majorité en faveur de l’homoparentalité... dans les médias (philosophe français)
Cahier ECR : « Beaucoup de travail à faire aux groupes religieux pour accepter les homosexuels »

Sondages : Les États-Uniens surestiment grandement le nombre d’homosexuels

jeudi 2 octobre 2014

Zemmour : « Le Suicide français »

Éric Zemmour parle de son dernier essai : Le Suicide français


Les 4 Vérités du 01/10/2014 par telematin


Présentation de l'éditeur

Les Français ont perdu confiance. Ils ont le sentiment que le pays fait fausse route. Mais ils hésitent encore sur les raisons qui ont pu les conduire dans cette impasse. À quel moment se sont-ils égarés ? Ont-ils été trompés ?

Pour les éclairer, Éric Zemmour se livre à une analyse sans tabou de ces quarante dernières années qui, depuis la mort du général de Gaulle, ont « défait la France ». En historien et en journaliste qui a connu bien des protagonistes de cette triste épopée, il mobilise aussi bien la politique que l'économie ou la littérature, le cinéma et même la chanson. Revenant sur des faits oubliés ou négligés, mais décisifs, comme la loi de 1973 nous obligeant à nous endetter auprès des marchés financiers, il nous réserve quelques surprises.




L'auteur relit chronologiquement le passé pour démasquer une succession d'aveuglements technocratiques, de « politique spectacle » délétère, de faux débats et de mensonges, notamment sur la famille, l'immigration, l'Europe ou la mondialisation... Il souligne notamment la responsabilité des [soi-disantes] élites dans ce fiasco.

Quarante ans d'indifférence au sort des vrais « invisibles » de la République (ouvriers, paysans, employés et cadres « rurbains » chassés en grande banlieue) ont, avec la crise économique, engendré un peuple blessé et perdu, livré aux nouveaux despotes de Bruxelles. Il est temps de faire les comptes ! C'est le premier pas nécessaire pour espérer pouvoir un jour guérir de nos maux.


Michel Delpech en 1973 — Le divorce n'est plus un drame 


Extraits du Suicide français

● 4 JUIN 1970 : MORT DU PÈRE DE FAMILLE

Les débats parlementaires furent passionnés, parfois houleux. Cette assemblée d’hommes n’admettait pas qu’on supprimât d’un trait de plume législatif leur « puissance paternelle ». Le contraire de la puissance est l’impuissance, songeaient les plus égrillards ou les plus fragiles. Ces élus du peuple n’avaient aucune envie de faire descendre la démocratie dans l’arène privée. Ce « gouvernement collégial » de la famille leur rappelait les délices et poisons de la IVe République. Ils refusaient que le juge mît son nez dans leurs affaires au nom de la conciliation des époux ; et dénonçaient d’avance un « ménage à trois, le mari, la femme et le juge », moins drôle que dans Feydeau. Cette majorité conservatrice, issue de la « grande peur » de Mai 68, ne comprenait pas que les meilleurs d’entre eux, à l’Élysée et à Matignon, satisfassent leurs ennemis enragés, gauchistes et féministes. Ils regrettaient déjà la grande ombre boudeuse de Colombey.

La Famille moderne — deux lesbiennes ont un enfant de mauvaise couleur, elles poursuivent en justice

Photo d'Amanda Zinkon avec sa fille métisse
Etats-Unis — Deux femmes lesbiennes blanches ont reçu le sperme d'un homme noir par erreur.
Jennifer Cramblett et Amanda Zinkon rêvaient d'avoir un bébé ensemble. Elles se sont donc rendues dans une banque de sperme de l'Ohio pour que Jennifer se fasse inséminer. Malheureusement, il y a eu erreur sur le donneur: la jeune femme a reçu le sperme d'un homme noir alors qu'elle et sa compagne sont toutes les deux blanches. Elles ont été prévenues de cette erreur lorsque Jennifer était enceinte de quatre mois.

Leur petite fille métisse a aujourd'hui 2 ans. Le couple a décidé de poursuivre la banque de sperme en justice. Elles affirment avoir des difficultés à élever un enfant à la peau sombre dans une communauté raciste et intolérante, principalement blanche.

Dans la plainte déposée lundi devant le tribunal, elles réclament 50.000 dollars de dommages et intérêts pour cette erreur impossible à rattraper.

Source




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lundi 29 septembre 2014

Mario Dumont : « L’école privée n’est pas subventionnée »

Mario Dumont s'exprime dans le Journal de Montréal au sujet de coupures dans le financement de l'école privée.

« Voilà donc revenu le vieux débat sur les écoles privées. Dans la fonction publique, dans les syndicats, dans les médias, les ennemis du privé profitent d’une révision des dépenses publiques pour pousser l’idée de casser les reins une fois pour toutes aux écoles privées. Supposément, il y aurait là une économie évidente. Les opposants à l’école privée ont gagné il y a longtemps la guerre des mots: on entend et lit régulièrement que les écoles privées sont «subventionnées» au Québec. C’est faux. L’État ne subventionne pas les écoles, l’État finance l’éducation de chacun des enfants du Québec. Le fait particulier, c’est que l’État coupe ledit financement de 40% dans le cas d’un élève qui s’inscrit dans le privé, étant entendu que les parents mettront la main à leur poche pour financer la différence.

Double contribution

Ces parents qui paient pour une inscription au privé ne bénéficient pas de rabais d’impôt ni de rabais sur leur taxe scolaire. Ils contribuent à 100% pour l’école publique et fournissent un supplément sur une base volontaire. Et c’est bien ainsi. Le gouvernement fait donc une économie de 40% de la subvention pour chaque enfant inscrit au privé, ce qui représente plusieurs centaines de millions annuellement. Imaginons que le gouvernement aille de l’avant et coupe de moitié le financement octroyé pour un enfant inscrit au privé: au premier coup d’œil, il s’agit d’une économie. Par contre, une analyse un peu plus poussée nous fait vite voir que la hausse de plusieurs milliers de dollars annuellement qu’engendrerait une telle décision forcerait des milliers de parents de la classe moyenne à se résigner à retirer leurs enfants de l’école privée. Alors, le même enfant s’inscrit dans le public et a droit à 100% de son financement. Pour le gouvernement, c’est une dépense accrue. Les personnes vraiment fortunées vont toujours pouvoir se payer l’école privée. Il en restera toujours d’inébranlables dans l’Axe Westmount-Outremont. L’enjeu politique qui est en cause ici, c’est de couper l’accès à l’école privée pour la classe moyenne. On sait que la majorité des écoles privées reçoivent aujourd’hui des enfants issus de la classe moyenne. Beaucoup de parents se serrent la ceinture pour payer leur part et plusieurs d’entre eux ne pourraient pas faire face à une explosion de la facture. C’est, entre autres, le cas de la plupart des écoles privées en région.

Gros trou

Un transfert massif d’enfants du privé vers le public représenterait des dizaines, voire des centaines de millions de dépenses pour le gouvernement. Cette décision ne peut pas être justifiée rationnel­lement d’un point de vue budgétaire. C’est une guerre idéologique. Le Québec a éliminé tous les hôpitaux privés, on travaille à faire disparaître les garderies privées, pourquoi ne pas se débarrasser aussi des écoles privées? On aime tellement les systèmes étatiques uniques et uniformes, syndiqués mur à mur. Le Québec doit s’occuper mieux de son école publique, oui. Faire croire que l’argent viendra de coupes dans le privé est un grossier mensonge. »




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Les Steve Jobs de ce monde ne veulent pas d'une école haute technologie

Les dirigeants de la Silicon Valley transforment le monde en un environnement totalement informatique, mais en tant que parents ils se montrent particulièrement réticents à l’égard de ces applications innovantes, écrit Nick Bilton, journaliste spécialiste en informatique auprès du  New York Times.

Bilton a en effet constaté que l’élite de la Silicon Valley contrôle de manière stricte l’utilisation de la technologie par leurs enfants.

« Le défunt Steve Jobs a admis à l’époque que ses enfants n’avaient jamais utilisé un iPad, un des grands succès d’Apple », explique Nick Bilton. Jobs faisait également remarquer aussi que l’utilisation de la technologie était particulièrement limitée dans sa maison.

Plus tard, il est apparu que Jobs n’était pas une exception. Dans la famille de Evan Williams, un des fondateurs de Twitter, les enfants n’ont pas non plus de tablettes et en outre, la lecture de livres imprimés est encouragée. Chris Anderson, ancien rédacteur en chef du magazine de technologie Wired, a même admis qu’il ne tolérait pas d’écran d’ordinateur dans la chambre de ses enfants.

« Nous avons constaté en premier les dangers de cette technologie et je ne veux pas que mes enfants puissent être confrontés à ces problèmes », a affirmé Anderson pour justifier ces restrictions.

Bilton dit avoir constaté que la plupart des pionniers de la technologie limitent l’utilisation de gadgets comme les tablettes ou les téléphones dits intelligents par leurs enfants à 30 minutes par jour pendant la semaine, alors que d’autres ne tolèrent l’usage de la technologie que pendant la fin de semaine.

À partir de l’âge de dix ans, les enfants de ces pionniers peuvent, selon le journaliste, utiliser pour la plupart un ordinateur, mais uniquement pour leurs travaux scolaires.

Hannah Rosin, journaliste auprès de The Atlantic, a constaté un phénomène similaire chez les concepteurs d’applications pour enfants. « Là aussi, il a semblé que le divertissement numérique est tabou pendant la semaine », dit-elle.

Les restrictions par rapport à l'informatique se reflètent aussi souvent selon les observateurs dans le choix des écoles que les entrepreneurs de Silicon Valley réservent à leurs enfants.

Beaucoup de cadres d’entreprises de Google, Yahoo, Apple et eBay semblent en effet avoir inscrit leurs enfants à l'école Waldorf dont la philosophie éducative ne laisse aucune place à la technologie qui, selon la direction, représente une menace pour la créativité, le comportement social et la concentration des élèves.

Voir aussi

Steve Jobs décriait l'éducation américaine, la paralysie des syndicats d'enseignants, était pour les bons scolaires

Pas de bons points pour les classes hautes technologies ?

Les élèves apprendraient mieux sans ordinateur

Noir bilan pour tableaux blancs

Les jeunes ados sont-ils moins doués aujourd'hui pour le travail manuel ?




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dimanche 28 septembre 2014

Raymond Gravel c. Life Site News – chronologie et sommaire de la défense

Mise à jour du 28 septembre 2014

Les deux parties (LifeSiteNews et la succession Gravel) ont convenu de se désister mutuellement sans frais. Ce procès n'aura donc pas lieu. Rappelons que M. Raymond Gravel poursuivait LifeSiteNews pour un demi-million de dollars.

Mise à jour du 11 août 2014

M. Raymond Gravel est décédé ce matin d'un cancer du poumon qui lui avait été diagnostiqué à l'été 2013. Il avait 61 ans. Selon une source bien informée, ce décès ne devrait pas éteindre la cause qu'il avait intentée contre LifeSiteNews. L'avocat représentant M. Gravel devra décider de la chose. On évoque qu'il voudrait poursuivre ce procès.

Mise à jour du 12 juin 2014

M. Raymond Gravel est hospitalisé depuis le 8 juin dernier. Le cancer est revenu, « et plus fort qu'avant », dit-il. Il doit passer des examens à Trois-Rivières avant d'en connaître davantage sur son état de santé.

« Je ne sais pas c'est quoi l'avenir, mais ce n'est pas très prometteur », lance-t-il. Il a invité le Journal l'Action à le rejoindre à sa chambre du Centre hospitalier régional de Lanaudière à Saint-Charles-Borromée. « J'ignore encore s'il y aura d'autres traitements. » Il aimerait retourner chez lui. « Mais je pense pas », a déclaré un M. Raymond Gravel résigné.

Mise à jour du 17 novembre 2013


M. Raymond Gravel, atteint d'un grave cancer, déclare aux médias :
« Le combat contre le cancer, il le poursuit. En entendant, il se réjouit d'en avoir gagné un, celui-là contre la droite religieuse, qui lui en a fait baver durant des années en l'accusant d'avoir renié sa religion, d'être un « prêtre gai » pour avoir défendu le mariage homosexuel, ou encore un « assassin d'enfants » en raison de sa position pour l'avortement. « On a reconnu qu'on avait fait de la diffamation à mon endroit et ça m'a soulagé », dit-il. »
M. Gravel fait référence à une entente à l'amiable avec une autre partie que LifeSiteNews, entente qu'il interprète comme une victoire morale à défaut d'avoir réussi à ruiner ses critiques (il les poursuivait charitablement pour 500.000 $ !)

L'affaire Raymond Gravel c. LifeSiteNews suit, par contre, son cours devant les tribunaux. Suivre les derniers développements ici.


Billet de mars 2012

De gauche à droite, Svend Robinson (ex-NPD), Amir Khadir (QS)
et Raymond Gravel lors du gala 2009
du Conseil québécois des gais et lesbiennes 
Le très controversé Raymond Gravel pour­suit deux organi­sations cana­diennes en justice pour diffa­mation. Il demande 500 000 $ en compen­sation pour « atteinte illé­gale à sa dignité » et à titre de dom­mages punitifs. Nous n'avons pas compris ce qui, dans l'esprit évan­gélique de pardon et de paix, le poussait à engager ces pour­suites. Nous sommes, par contre, heureux que Raymond Gravel ait une petite fortune person­nelle et puisse ainsi s'offrir les services d'un avocat.

Nous présentons à nos lecteurs, souvent friands de premières sources inédites dans les affaires judiciaires, le sommaire de la défense qui vient d'être déposé et est désormais public (bien qu'encore inédit).


Sommaire de la défense

RAYMOND GRAVEL, Demandeur
c.
LIFESITENEWS.COM et JOHN-HENRY WESTEN et STEPHEN JALSEVAC et TIM WAGGONER et HILARY WHITE et PATRICK B. CRAINE et CAMPAGNE QUÉBEC-VIE et LUC GAGNON, Défendeurs


Raymond Gravel c. Life Site News – exposé chronologique de la défense

Le 14 mars 2012 – La requête en Cour supérieure du Québec de l’abbé Raymond Gravel contre Life Site News a passé presque systématiquement sous silence les déclarations et gestes déclencheurs qu’il a posés et auxquels les défendeurs n’ont fait que réagir dans leurs articles, selon un modèle « action-réaction » illustré dans les nombreux épisodes présentés par les défendeurs. Tel est un aspect important de la théorie de la cause qu'ils soumettront au tribunal.

Les défendeurs entendent plaider que le recours du demandeur Raymond Gravel est abusif, utilisant les tribunaux de manière excessive et déraisonnable, dans le but de régler ses comptes avec ses adversaires politiques. Ils soutiennent que le recours vise surtout à limiter leur liberté d'expression dans le contexte de débats éminemment publics tels que l’avortement, le mariage de conjoints de même sexe et l’euthanasie, cherchant ainsi à les priver du plein exercice de libertés constitutionnellement protégées, libertés essentielles à l’exercice de leur métier de journaliste.

L’intervention du Nonce apostolique au Canada et de l’évêque de Joliette, Mgr Gilles Lussier – supérieur immédiat de l’abbé Raymond Gravel –, interpelle l’Église catholique du Canada et particulièrement du Québec face à cette situation inusitée. Le 21 décembre 2010, le demandeur Raymond Gravel poursuivait Life Site News en Cour supérieure du Québec.

Dans un article publié dans Le Devoir le 16 avril 2011, l’abbé Gravel traite publiquement d’une convocation. « Parfois Rome peut passer par-dessus l’évêque ; on l’a vu quand j’ai dû quitter la politique. » Selon Raymond Gravel, « l’Église a intérêt à accepter ses prises de position au sujet de l’homosexualité et de l’avortement, car elles représentent les valeurs des Québécois. "Sinon, l’Église va mourir ici". »

Depuis janvier 2011, l’abbé Gravel s’est fait lui-même le principal propagandiste de la diffamation dont il se dit victime, diffusant notamment sur son site Internet le texte intitulé : « Pourquoi Raymond Gravel poursuit le site Web LifeSiteNews.com ? ». En accordant ces entrevues et en y répétant lui-même les propos qu’il allègue être diffamatoires à son égard, l’abbé Gravel contribue à ses propres « dommages », donnant à ces propos une diffusion beaucoup plus large que leur contexte de diffusion initiale par les demandeurs, et tentant de se faire justice à lui-même en condamnant les défendeurs sur la place publique, sans attendre le jugement de la Cour.

Parmi les articles présentés dans la défense nous retrouvons les suivants :

  • « Le Vatican erre – L'Église catholique n'a aucune crédibilité dans le débat actuel sur la redéfinition du mariage », par Raymond Gravel, La Presse, 2003-08-05 ;
  • « La communion et l’avortement », par Léo Kalinda, Dimanche Magazine, Radio-Canada, 2004-06-20 : « Moi, je suis pro-choix, puis je vais communier le dimanche. Puis y’a pas un évêque sur terre qui va m'interdire de communier le dimanche. Y’en a pas un. Même pas le Pape. » – Raymond Gravel ;
  • « Un rendez-vous manqué », La Presse, 2004-12-19 : « Les dirigeants de l'Église catholique, en l'occurrence les évêques catholiques du Canada, ne sont pas au rendez-vous de l'histoire. Ils s'enferment dans leurs doctrines archaïques et désuètes, définies à une autre époque et devenues impertinentes pour la majorité des croyants; ils refusent toute redéfinition du mariage qui permettrait aux couples homosexuels de régulariser leur union. » – Raymond Gravel ;
  • « Raymond Gravel, le curé rose », Fugues, juin 2005 : « Mes prises de position sur l’avortement et sur le mariage gai n’ont pas bien été reçues au Vatican. Mon évêque (Mgr Gilles Lussier, évêque de Joliette) a même reçu une lettre du Saint-Siège disant que si je persistais à ne pas être conforme à la doctrine de l’Église catholique, je devrais en subir les conséquences. » – Raymond Gravel ;
  • « Des prêtres dénoncent l’attitude de l’Église sur la question de l'homosexualité, "l'Église est déprimante, pas évangélique". », Raymond Gravel cosignataire, 2006-02-26
  • Sur le projet de loi C-484, Chambre des Communes (protection du foetus), Raymond Gravel, Hansard, 2007-12-13 : « Monsieur le Président, je suis un peu mal à l'aise avec ce projet de loi. […] Je suis un prêtre catholique et j'ai un peu de difficulté à me situer en regard de ce projet de loi, tout simplement parce que le député qui le présente fait partie d'un groupe qu'on appelle le groupe Pro-Vie qui, à mon humble avis, est un groupe assez extrémiste et fanatique par rapport à la vie. »
  • « Henry Morgentaler : Un héros ou un criminel ? », Raymond Gravel, Le Devoir/La Presse, 2008-07-01 : « Qu'on le veuille ou non, ce médecin a travaillé sans relâche à faire de l'avortement un acte médical légal […] C'est pourquoi j'invite les dirigeants de l'Église catholique à montrer plus de modération dans leurs commentaires. »
  • « La chronique de Raymond Gravel – Crise de valeurs ou de religion ? », Raymond Gravel, Le Journal de Montréal, 2008-10-16 : « Si monseigneur Ouellet se dit victime de mépris de la part des Québécois, c'est peut-être parce qu'il incarne lui-même cet autoritarisme religieux. […] Il me semble qu'il y a là, non pas une crise des valeurs, mais plutôt une remise en question d'une religion qui bafoue, impose, rejette et exclut, au nom d'une doctrine qui n'a pas su s'actualiser. »
  • « Une chasse aux sorcières organisée », Raymond Gravel, Le Devoir, 2010-07-12.

Les défendeurs soutiennent que le demandeur n’a pas fait la preuve des dommages qu’il allègue dans sa requête où il allègue notamment qu’« on lui enlève sa grande fierté de politicien, un rêve qui s'était réalisé sous forme de vocation tardive et pour laquelle, il tirait beaucoup de satisfaction ». Or le demandeur a choisi de son propre chef de se conformer tardivement à la règle de discipline interne de son Église interdisant aux prêtres de faire de la politique active. Quant à la réputation du demandeur, l’examen des revues de presse exhaustives produites au soutien de la défense, démontre que l’abbé Gravel s’est lui-même construit une réputation de polémiste au fil des années.

Selon les prétentions des défendeurs, M. Gravel attise, entretient et cultive lui-même minutieusement cette réputation, en ayant notamment recours à la provocation, tel qu’il s’en confie lui-même au début 2006 à un journaliste du magazine homosexuel Le Point dans l’entrevue : « On doit manifester, revendiquer, provoquer et même choquer, pour que les poches de résistance puissent s’estomper et disparaître. » En un mot, M. Gravel était déjà un personnage controversé indépendamment des agissements des défendeurs, semant lui-même la controverse dont il se dit victime.

En conséquence du caractère abusif du présent recours, les défendeurs requièrent du Tribunal qu’il condamne le demandeur à payer les dommages-intérêts en réparation du préjudice subi par les défendeurs, rejette la requête de l’abbé Raymond Gravel et accueille la défense de Life Site News.

samedi 27 septembre 2014

En Allemagne, le Conseil d'éthique propose de dépénaliser l'inceste entre frère et sœur

Le Conseil d'éthique allemand propose, dans un avis publié mercredi 24 septembre, de dépénaliser les relations sexuelles consenties entre frère et sœur adultes et recommande de durcir les sanctions dans les cas de relations incestueuses avec un mineur.

Les Sages allemands se sont saisis de ce thème après l'histoire très médiatisée d'un couple incestueux de Leipzig (Est), qui s'était connu à l'âge adulte. Patrick S., adopté à l'âge de 7 ans, avait repris contact à sa majorité avec sa mère biologique et était alors tombé amoureux de sa sœur Susan K. restée, elle, au foyer familial. De leur union étaient nés quatre enfants, dont deux handicapés. Le couple avait fait l'objet de plusieurs condamnations en raison de cette relation incestueuse. Patrick S., qui a passé plus de trois ans derrière les barreaux, et Susan K., un temps placée en institution en raison de son retard mental, s'étaient tournés en vain vers la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, en 2008, puis vers la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) en 2012.

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« Universalité » des garderies...

On entend parler partout de la fin « de l'universalité » d'accès aux garderies fortement subventionnées.

« Garderies : la fin de l'universalité unanimement décriée

La CSN redoute que l'idée d'abolir le tarif unique dans les centres de la petite enfance (CPE) fasse tache d'huile et gagne les services de garde en milieu scolaire.

La Presse rapporte que l'universalité du coût pour inscrire son enfant dans une garderie subventionnée disparaîtra avec la révision des programmes. L'actuel tarif est de 7 $ depuis 2004. »

« L’universalité menacée ?

Au 1er octobre, le gouvernement Couillard indexera le tarif unique des garderies, immobile depuis dix ans, pour le faire passer à 7,30 $. Mais encore plus que cette augmentation, essentiellement symbolique, c’est la modulation en fonction des revenus des familles qui met en crise le principe d’universalité, qui fait débat. »

Trois choses frappent dans ces cris d'orfraie :

1. Ceux qui crient sont des progressistes tendance redistributionnistes. Or l'universalité — en réalité il s'agit d'un tarif unique peu importe les revenus des parents — est contraire à ces principes redistributionnistes puisque les riches paient la même chose que les plus pauvres. (Pour notre part, nous ne sommes pas convaincus qu'il est juste et productif de faire en sorte qu'avoir des enfants coûte plus cher aux gens moins pauvres. Si l'on veut encourager la natalité, cet encouragement ne doit pas se concentrer sur les familles les moins nanties.)

2. On peut garantir l'universalité en modulant les coûts selon les revenus grâce à un « ticket modérateur ». En Europe, les services de santé sont universels et, pourtant, les patients paient des frais modérateurs, un tarif utilisateurs-payeurs. Il existe une diversité de façons de financer les soins tout en garantissant l'universalité.

3. En outre, parler d’universalité en matière de garderies à 7 $ ne signifie pas qu'il y ait universalité de l'aide à la garde d'enfants. En effet, les parents qui font le choix de demeurer à la maison avec leurs enfants ne bénéficient d’aucune redistribution. En clair, la subvention accordée actuellement aux familles qui envoient leurs enfants en garderie est discriminatoire, tout le contraire de l’universalité.

Personne dans la presse consensuelle ne semble relever ce dernier point que vivent pourtant de nombreuses familles québécoises. Il est vrai qu'elles ont l'immense tort de perpétuer un mode de garde familiale, rétrograde donc. Elles n'ont, pour le Québec moderne et progressiste, que ce qu'elles méritent, dirait-on. Ajoutons que, contrairement aux acteurs des réseaux de garderies qui vivent des deniers publics, ces familles ne sont pas organisées et qu'on ne les entend donc pas depuis des décennies.




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vendredi 26 septembre 2014

Les dessous de la réussite finlandaise

Le journaliste de La Presse de Montréal, Francis Vailles, se penche sur l'école finlandaise. La Finlande, une nation dont les parallèles avec le Québec seraient assez frappants selon La Presse.

Élèves finlandais
« L'enseignante Jaana Marin lit les phrases en anglais projetées sur le tableau. Les élèves répètent docilement. Ils sont tout aussi réservés lorsqu'ils répondent aux questions ou travaillent en équipe avec une tablette iPad.

Le calme de cette classe d'élèves de 15 ans aux cheveux presque tous blonds est étonnant. Ma présence y est sûrement pour quelque chose. Pourtant, pendant le dîner à la cafétéria, une demi-heure plus tôt, les 200 élèves présents n'étaient guère plus dissipés.

Est-ce l'une des raisons qui expliquent le succès du système d'éducation finlandais, vanté partout ? »

Plusieurs observateurs avaient déjà noté ces différences entre les élèves et les valeurs de la société finlandaise et la société multiculturelle, moderne de nos contrées :
« La culture de discipline de la population finlandaise la démarque en effet des autres sociétés nordiques. La Finlande a toujours été un pays frontière entre l’est et l’ouest. La naissance de la nation finlandaise a été réalisée sous l’Empire russe au XIXe siècle. D’où la présence d’éléments de l’est un peu partout en Finlande qui ne rend pas paradoxale sa situation aux côtés de la Corée et du Japon dans les comparaisons internationales. Mais encore, le passage très rapide d’une société agricole à une société industrielle, puis postindustrielle, rend compte du caractère particulier de l’État providence finlandais : d’un coté industriel et individualiste, de l’autre agraire et collectiviste. La culture finnoise connaît, pour ces raisons, un caractère discipliné et un esprit collectif forts.

[...]

Les enseignants sont décrits comme pédagogiquement conservateurs, en dépit du tournant progressiste pris par la philosophie scolaire finlandaise dans les années 1980s. En 1996, un rapport britannique a révélé le caractère traditionnel de l’organisation de l’enseignement dans les écoles malgré la réforme du curriculum. Ce dernier était dans la majorité des cas de type frontal (voir relation frontale), destiné à toute la classe avec peu de formes individualisées, « centrées sur l’élève ». [Note du carnet : Bref, les profs ne sont pas de gentils animateurs contrairement au Québec, ils enseignent surtout à l'ancienne, en maîtres.]

[...]

Il n’y a pas de « miracle » finlandais conclut Simola : le modèle d’élève décrit dans PISA 2000, très fortement orienté vers le futur, semble reposer en Finlande largement sur le passé, un monde en train de disparaître, une société préindustrielle et agraire, une éthique d’obéissance peut-être la plus forte parmi les sociétés européennes. La réforme de l’école unique pédagogiquement progressiste a par ailleurs été véhiculée en Finlande par des professeurs plutôt conservateurs, avec des résultats plus satisfaisants qu’ailleurs. »
et encore
« Autre paradoxe finlandais : la revendication de valeurs morales et religieuses fortes, et affichées dans les discours, dans les programmes et jusque dans les salles de classe (où il n’est pas rare de voir des icônes), et parallèlement une très grande tolérance. Rien d’étouffant ni de contraint dans l’éthique finlandaise, mais au contraire le sentiment que l’affirmation de ces valeurs a essentiellement pour but de favoriser l’épanouissement de la personne. » (Voir billet)
Francis Vailles poursuit :

 « La Finlande est devenue le point de mire du monde, il y a 15 ans, lors des premiers tests internationaux de langue et de mathématiques qu'ont passés les élèves de 15 ans (PISA). Depuis, la Finlande termine toujours parmi les premiers, elle dont les écoles sont pratiquement toutes publiques.

Ces résultats ont incité les autorités à faire la promotion de leur système dans le monde, faisant même payer les touristes pour visiter leurs écoles. La marchandisation irrite certains experts finlandais, pour qui les résultats de PISA ne montrent qu'une facette de la réalité.

Ainsi, en Finlande, l'écart entre les résultats des garçons et des filles est l'un des plus grands des pays industrialisés, les immigrés sont plus nombreux à décrocher qu'ailleurs et une bonne part des écoles des grandes villes du Sud, où vivent les mieux nantis, est nettement plus forte qu'en région.

« Une directrice d'école s'est même fait demander par un parent combien il y avait d'enfants immigrés à son établissement », s'insurge Fred Dervin, professeur à la faculté d'éducation de l'Université de Helsinki.

[Sur la faible immigration en Finlande lire : Finlande — Immigration à 2 % dont beaucoup de Caréliens]

Pour prendre le pouls, je me suis rendu à l'école de Vääksy, petite ville située à deux heures au nord de Helsinki, au milieu de lacs et de forêts. [...]

Contact en direct avec les parents

La première chose qui m'a frappé, c'est l'abondance de ressources. Il n'y a que 20 à 24 élèves par classe pour les groupes de 13-15 ans, contre 28 au Québec. Et oubliez la polyvalente bétonnée: l'école lumineuse compte seulement 300 élèves de 13 à 15 ans, ce qui est typique en Finlande.

Les professeurs disposent chacun d'un ordinateur portable dernier cri. L'école est aussi dotée d'un logiciel qui permet aux enseignants de communiquer efficacement avec les parents par internet. Tout y est transmis, en temps réel: absence, comportement en classe, résultats d'examens, etc.

Cet après-midi-là, Jaana Marin a eu bien besoin de recourir au système. Six élèves étaient absents de son cours, ce qui est peut-être un signe du plus grand nombre d'enfants à problèmes qu'ailleurs.

L'école de Vääksy a une petite classe d'enfants qui ont des troubles (autisme, etc.) et une autre avec des handicaps physiques. Ils sont mêlés aux groupes ordinaires, mais pas à plein temps, explique la directrice adjointe de l'école, Sari Puputti.

Dans la section des petits (12 ans et moins), les chaises sont munies de roues pour réduire le bruit et tous se promènent « en pieds de bas », même le directeur !

Garderie: 20 $ par jour

Autre particularité: tout y est gratuit, même les dîners. Les parents d'enfants d'âge préscolaire n'ont toutefois pas cette chance, puisque les tarifs de garderie atteignent jusqu'à 20 $ par jour (7 $ au Québec) et varient selon le revenu familial. Seules les familles ayant des revenus annuels de moins de 42 000 $ ne paient pas. Tiens, tiens...

[Pas de notes avant le lycée]

Durant la formation de base obligatoire (1re à 9e année), le système éducatif finlandais prend soin de ne pas comparer les jeunes entre eux, par exemple avec une moyenne de groupe, qui peut démoraliser certains enfants. Par contre, au terme de la 9e année (notre 4e secondaire), il y a carrément un clivage : les meilleurs vont au lycée tandis que les moins forts sont dirigés vers des écoles de métiers.

Les notes de bulletin vont de 4 à 10. La note de passage est de 5, mais il faut une moyenne de 7 pour être admis au lycée (16 à 19 ans), ce qui est le cas de 55 % des élèves finlandais (40 % à Vääksy). Environ 7 % des ados finlandais décrochent avant la fin.

[Sélection à l'université]

En Finlande, les profs doivent tous avoir une maîtrise, et les trois premières années de leur formation universitaire de cinq ans portent sur leur discipline (maths, géographie, langues secondes, etc.). Les études sont gratuites à l'université, mais le taux d'acceptation des candidats à la faculté d'éducation est très faible (5 % contre 12 % en médecine).

Bref, pour le lycée comme pour l'université, le système y semble plus planifié selon les compétences des candidats et les besoins de la société. Un système gratuit, mais qui apparaît plus dirigiste qu'au Québec. Les jeunes critiquent d'ailleurs la longue liste d'attente pour entrer à l'université.

« Il y a un problème majeur d'accès à l'université. La Finlande n'a pas développé un réseau assez étendu, comme ce fut avec l'Université du Québec il y a quelques années », [prétend] Guy Pelletier, professeur au département d'éducation de l'Université de Sherbrooke, qui a comparé les deux systèmes. [Note du carnet : en quoi le système québécois est-il une référence ? N'y a-t-il pas pléthore de formations et de diplômes peu demandés ?]

Les Finlandais accordent une grande importance à l'éducation et vouent un profond respect aux enseignants. Signe de ce respect, les parents acceptent bien les notes de bulletin attribuées aux enfants, me dit Jaana Marin, même si une partie de l'évaluation est basée sur l'observation subjective des enseignants, en plus des examens.

[...]

En somme, un système d'éducation à l'image de la société finlandaise: moderne, efficace, égalitaire, respectueux des règles, mais réservé. »

[Notons que le journaliste n'ose pas dire « conservateur, discipliné, centré sur le respect dû au maître, à pédagogie souvent traditionnelle »...]


Comparaison Québec-Finlande
FinlandeQuébecCanadaÉtats-UnisOCDE
Taux d'obtention d'un
diplôme secondaire (2010)
93 % 
88 % 
85 % 
77 % 
84 % 
Test de math, ados de 15 ans
(2012, note sur 650)
519 
536 
518 
481 
494 
Test de lecture, ados de 15 ans
(2012, note sur 650)
524 
520 
523 
498 
496 
Salaires maximums des enseignants 
($ américains PPA, 2011)
 45 900 $ 
 54 865 $ 
 56 569 $ 
 56 303 $ 
 50 119 $ 

Source: ministère de l'Éducation du Québec, OCDE, Conseil des ministres de l'Éducation, et PISA

Ces chiffres sont quelque peu trompeurs. Le diplôme secondaire s'obtient un an plus tôt au Québec que dans la plupart des pays occidentaux. En France, par exemple il n'y a qu'un diplôme à la fin du lycée, après 12 ans de scolarité, c'est le bac, l'équivalent du D.E.C. (cégep) québécois !

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