jeudi 14 janvier 2010

Eh hop ! Plus rien de sacré !

Le nouveau NIC est paru (16 numéros pour 24 $ en version électronique).
« Pour enfermer les catholiques au musée, il faut empêcher l’expérience religieuse intérieure d’avoir lieu. Pour ce faire, il faut prétendre à son dépassement. C’est ce que
le cours ÉCR tente de faire : dépasser les cultes en vue d’arriver à un « vivre ensemble » mondial. Le manuel Autour de nous, pour les élèves de troisième année du primaire, dépasse le culte et en extrait le sacré.

Dans ce livre, la messe n’est plus une messe, le prêtre n’est plus un prêtre, l’hostie n’est plus hostie. Le texte veut relever les différences entre les célébrations orthodoxes, catholiques et protestantes, et cela en un seul paragraphe (!). Après lecture, on se gratte la tête, car de différences, il n’y en a pas!

L’acte central de la messe est banalisé, faisant passer le catholique pour un véritable pantin qui s’agenouille ou s’assoit sans raison : « Les catholiques s’assoient ou s’agenouillent devant l’autel pendant qu’on lit des textes de la Bible. Le prêtre commente ces textes. En faisant les mêmes gestes que Jésus à son dernier repas, le prêtre permet aux catholiques de se rappeler la mort et de (sic) la résurrection de Jésus. Ensuite, ils communient, c’est-à-dire reçoivent l’hostie, pain béni par le prêtre ».

Tout de suite après, on peut lire : « Chez les protestants, le pasteur lit des passages de la Bible, puis fait une prédication pour en expliquer le sens. Les protestants ne font pas la communion tous les dimanches ». Bon. Évidemment, pourquoi s’agenouiller devant « l’hostie, pain béni par le prêtre » ? Il n’y a plus de consécration, mais uniquement une bénédiction — chose que tout un chacun peut faire chez soi au bout d’une table.

Le prêtre n’agit pas in persona Christi. Il ne représente pas Jésus-Christ. Il ne fait que « commenter » et refaire « les mêmes gestes ».

[...]

Si, en troisième année du primaire on désacralise la messe, en cinquième, on est plus direct : la divinité de Jésus est éliminée. Ainsi, a-t-on pu lire que Jésus faisait partie des « Fondateurs de religions » au même titre que Mahomet. Je l’ai cherché dans le groupe des «dieux», mais non, il n’y était pas. Ce qui donna lieu à une conversation surréaliste :

— Où est Jésus ? Il devrait être dans « les dieux », non ?

— Non, notre professeure l’a mis dans les « Fondateurs ».

— Bon… Alors, ne lui as-tu pas dit qu’elle s’était trompée ? D’ailleurs, elle a mis Bouddha dans les dieux, alors que ce devrait être lui qui se retrouve dans les « Fondateurs ».

— C’est qu’elle a dit que pour beaucoup de monde, Bouddha est comme un Dieu….

Cette réponse m’arrêta le sang… Cette jeune fille, la meilleure de sa classe, pétrie de foi et de raison, ayant une vocation certaine, n’était pas passée entre les mailles de
l’endoctrinement. Après seulement une année, elle sentait que si le « programme » décrétait que Jésus n’était pas Dieu, nous n’avions plus la liberté de dire que c’était faux… par respect pour « beaucoup de monde ». Je sentis la colère devant ce que j’avais toujours appréhendé : les enfants seraient soumis à une pression… « Tu sais, ce que les gens croient et pensent est différent de la réalité objective. Deux et deux, ça fera toujours quatre même si la professeure te dit que c’est faux. »

[...]

 »
L'article est bien plus long. Pour en savoir plus, abonnez-vous au NIC.






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Colloque de la gauche québécoise sur la laïcité, le laïcisme et le cours ECR







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Un plan de lutte contre l'homophobie méprisant pour la population

Lettre ouverte envoyée à la ministre de la Justice par quatre philosophes sur la campagne contre l'homophobie, une nouvelle priorité pour le gouvernement québécois, que ce gouvernement a récemment annoncée. Campagne qui touche également les écoles.
À la ministre de la Justice, Kathleen Veil

La Politique québécoise de lutte contre l'homophobie datée de décembre 2009 s'appuie sur une idéologie qui s'avère un cas flagrant de mépris envers la majorité de la population du Québec. À lui seul, le titre retenu pour désigner les orientations de cette politique « sensibiliser et éduquer » la population, est révélateur.

La population tenue pour ignorante

Partout sur la planète et à toutes les époques de l'Histoire les humains ont été en désaccord avec la nature de l'homosexualité. En vertu de l'exercice de leur capacité de penser, ils arrivent majoritairement à cette conclusion. En s'appuyant sur leur expérience, sur le bon sens et sur l'observation de la structure de la nature du vivant et de la condition humaine, il leur apparaît évident que la sexualité est au service de la vie, qu'elle requiert l'union de l'homme et de la femme et qu'elle demande une union stable en faveur du bien-être de l'enfant.

Or, le document gouvernemental préfère ignorer cette sagesse millénaire pour véhiculer l'idéologie que la communauté homosexuelle cherche à faire valoir. Pour cette communauté, il ne fait aucun doute que le lien entre personnes du même sexe est en tout point égal à celui des relations entre l'homme et la femme. Tout désaccord sur ce point lui apparaît totalement inacceptable.

Le document gouvernemental affirme que le fait que la population puisse être en désaccord avec cette idéologie homosexuelle ne peut provenir « que des croyances, de l'éducation reçue ou simplement de la peur de l'inconnu » (p. 21). Bien davantage, il ressort du document de façon générale que tout désaccord avec l'homosexualité ne peut provenir que de préjugés et que « les préjugés perdurent dans les mentalités » (p. 22). À aucun endroit le document gouvernemental ne laisse entendre que la majorité qui a des réserves face à l'homosexualité puisse arriver à cela par un discours rationnel, par bon sens. Cette façon d'analyser méprise la capacité de juger de la majorité de la population. Cette minorité serait capable d'avoir un discours rationnel, mais non la majorité qui a un avis différent du sien.

Notre capacité de raisonner sur l'homosexualité est si déficiente, selon le gouvernement, que nous formons des idées erronées. Ainsi le document s'étonne qu'« Il arrive encore d'entendre dire que l'homosexualité est un comportement déviant... » (p. 23). Selon cette idéologie, il est impensable de soutenir cela. L'application rigoureuse de cette façon de voir supprime rien de moins que la liberté de conscience, la liberté d'expression et la liberté religieuse. Pour défendre l'homosexualité certains seraient prêts à mettre de côté ces libertés fondamentales. C'est le propre des idéologies de devenir intolérantes.

Tout comme la conscience de l'ensemble des humains arrive à la conclusion qu'il ne faut pas tuer, ni voler; de même elle arrive à la conclusion que les relations sexuelles entre personnes du même sexe posent problème. Refuser d'emblée cela, comme le fait le document ministériel, c'est refuser que la majorité de la population puisse accéder à des vérités de base importantes pour la vie individuelle et en société. Pour quelle raison le raisonnement de la majorité serait sans valeur, mais celui de la minorité devrait servir de norme ?

Vous ne pouvez, madame Veil, en tant que ministre de la Justice, cautionner cela puisque ce sont des propos discriminatoires et qui mettent en cause la capacité de la majorité de la population de former un jugement sain. Le manque de respect envers les homosexuels est inacceptable, le manque de respect des homosexuels envers la relation homme-femme que privilégie l'ensemble de la population l'est tout autant. Il est inacceptable que le gouvernement de tous les Québécois accepte comme allant de soi la vision de l'homosexualité partagée par cette minorité. Un gouvernement doit tenir compte tout autant de la compréhension de la majorité sur le sujet. Cela est encore plus inacceptable quand cette idéologie est méprisante envers la majorité et discriminatoire.

Les effets de l'adoption de l'idéologie homosexuelle

L'idéologie homosexuelle conduit, comme il fallait s'y attendre, à une définition de l'homophobie qui pose nettement problème. Le document définit ainsi l'homophobie : « Toutes les attitudes négatives pouvant mener au rejet et à la discrimination, directe ou indirecte envers les gais et lesbiennes... » (p. 14). Une telle définition a comme effet d'en couvrir large. Cela se confirme par la suite du document qui introduit ce qu'il considère comme une forme plus subtile d'homophobie, l'hétérosexisme. C'est « l'affirmation de l'hétérosexualité comme norme sociale ou comme étant supérieure aux autres orientations sexuelles » (p. 14). Le chat sort du sac.

Toute personne qui soutient que l'union de l'homme et de la femme est plus normale ou ce qu'il y a de mieux pour les humains est homophobe. L'idéologie homosexuelle n'exige rien de moins que de nier les évidences. L'homophobie ne se limite plus, selon le document ministériel, à manquer de respect envers les homosexuels mais s'étend à tout désaccord avec l'homosexualité. Cette façon de définir l'homophobie présuppose qu'on ne peut avoir du respect envers les homosexuels tout en étant en désaccord avec l'homosexualité. Une telle définition est à ce point erronée et excessive qu'elle englobe la très grande majorité des citoyens. Votre expérience de la vie, votre bon sens vous amène à donner votre respect à l'union de l'homme et de la femme, vous êtes dans l'erreur, vous exercez une discrimination envers les homosexuels qui eux savent mieux que vous ce qu'il faut penser.

Le plus malheureux dans tout cela, c'est qu'il n'était pas nécessaire de faire appel à cette idéologie pour lutter contre l'homophobie. Il suffisait de faire appel à la dignité de l'être humain. Le plan d'action contient plusieurs mesures excellentes, il est inacceptable que l'on ait cru nécessaire de dénigrer la cellule de base de la société pour le promouvoir. Cette politique voulait promouvoir l'égalité sociale, il semble que certains sont plus égaux que d'autres. Le Québec qui se disait le leader mondial en matière de lutte contre l'homophobie, risque d'être le leader mondial du dénigrement de l'orientation homme-femme. Refuser d'attribuer à l'orientation homme-femme les titres d'orientation normale et d'orientation la meilleure, c'est la priver injustement de la dignité qui lui revient de droit. C'est donc de l'hétérophobie. Est-il raisonnable de lutter contre une discrimination en en introduisant une autre, prônée par une aussi petite minorité ?

John White, Gérard Lévesque, Charles Cauchy, Maurice Cormier
Professeurs de philosophie






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Jacques Brassard sur le Parti québécois et la réforme scolaire détournée

L'ex-ministre du Parti Québécois, Jacques Brassard, se penche sur son carnet sur Jacques Brassard sur le Parti québécois (PQ) et la réforme scolaire :
« Ceux qui connaissent le Parti Québécois savent que ce parti affectionne tout particulièrement les programmes volumineux, fastidieux et somnifères, exposant en détail objectifs, orientations et mesures. Leur élaboration dans les congrès donne lieu à des débats byzantins souvent acrimonieux. Et forcément interminables. Ce n’est évidemment pas le livre de chevet des militants, mais il est fort utile si vous voulez connaître ce qu’un gouvernement du PQ a l’intention de faire dans tel où tel secteur de la vie publique.

En éducation, c’est vraiment très éclairant. D’abord, il était prévu, dans le programme de 1994, dès l’arrivée au pouvoir, « de convoquer les États généraux de l’éducation ». Mais on trouve surtout dans le programme toute une série d’orientations et d’actions qui laissaient présager « un effort sans précédent pour rattraper les pays du peloton de tête dans la course au savoir ». Je vous signale, par exemple, que le raffermissement de la formation de base était un objectif fondamental et que, dans cette perspective, il convenait de « faire de la maîtrise du français parlé et écrit une exigence dans toutes les matières et à tous les niveaux…Il faudra sans doute, à cet égard, améliorer les méthodes d’enseignement, entre autres en réimplantant l’enseignement systématique de la grammaire au primaire ». Merveilleux, n’est-ce pas ?

[États généraux, demande de retour aux fondamentaux détournés par les bureaucrates et les experts en pédagogie, le PQ met en œuvre une réforme contraire à son programme]

Le gouvernement libéral, à partir de 2003, a poursuivi dans la même direction. Aucun coup de barre ! « Toutes les tentatives, écrit Jean-Claude Corbeil, de réintroduire en classe l’enseignement systématique de la langue, notamment du code, ont échoué. » la ministre Courchesne a autorisé un nouveau cours d’histoire « structuré, écrit Johanne Lavallé, de manière à faire ressortir davantage les orientations pédagogiques fondées sur le socioconstructivisme et l’approche par compétences que les connaissances historiques à acquérir… Roi et maître de ses apprentissages, l’élève construit ses connaissances historiques selon ses propres intérêts, ainsi que son interprétation des diverses réalités sociales… L’enseignant, quant à lui, est confiné au rôle de médiateur entre les élèves et les savoirs historiques. » Ce nouveau cours, ayant également pour mission de prêcher le vivre-ensemble, a provoqué des désaccords profonds chez les historiens et les professeurs. La ministre est demeurée butée.

Enfin, je ne m’étendrai pas davantage sur le nouveau cours Éthique et culture religieuse. C’est la même ministre qui a approuvé ce cours qui a pour but d’inculquer aux jeunes Québécois la tolérance et le vivre-ensemble au détriment de leur identité nationale et de promouvoir le multiculturalisme. Et elle fait toujours fi, de façon arrogante, de l’opposition grandissante à cette opération visant, selon un des concepteurs, à « ébranler la suffisance identitaire » des jeunes Québécois affligés de la tare d’être de souche.

Donc, de toute évidence, ministres péquistes et libéraux de l’éducation ont été en quelque sorte instrumentalisés par la caste intello-constructiviste et multiculturaliste en vue d’imposer au peuple québécois une réforme scolaire qu’il n’a jamais souhaitée.

[En vertu de le loi de l'alternance politique, le PQ va probablement accéder à nouveau au pouvoir]

S[i le PQ] veut cependant mettre en branle et mener à bien la « contre-réforme » scolaire, il lui faudra se prémunir contre tout sentiment de culpabilité que vont s’efforcer de faire naître en son sein tous les mollahs du multiculturalisme (intellectuels, journalistes, technocrates) en l’accusant de s’éloigner du progressisme et de la gauche mythique. « La multiplication, écrit sur son blog, Intelligence Conséquente, le jeune intellectuel Carl Bergeron, disséminée dans les médias, du nouvel épouvantail de la « droite nationaliste », pour mieux étouffer la « critique anti-multiculturaliste » qui commence à naître dans les différents pans de la société, est un indice de répression symbolique. Ceux qui étaient séduits par la critique anti-multiculturaliste sont ainsi appelés à réviser leur position : veulent-ils vraiment continuer à critiquer le multiculturalisme, et se faire étiqueter à « droite », donc infréquentable, ou ne comprennent-ils pas que leur intérêt se trouve ailleurs, dans une critique plus superficielle et moins fondamentale ? »

Quand on sait combien le PQ considère comme tellement glorieux, honorable et méritoire le label de « progressiste » et de « gauche », vous comprenez que toute tentative de lui contester ces « titres de noblesse » risque fort de le faire battre en retraite. On en a eu un avant-goût inquiétant à propos du cours Éthique et Culture religieuse. Prenant soudainement conscience, à la suite de la remarquable analyse de Joëlle Quérin, de la vraie nature de cette bouillabaisse multireligieuse, Pierre Curzi, député du PQ, indigné, a réclamé l’abolition pure et simple de ce cours. Quelques jours plus tard, le PQ, dans un communiqué, parlait plutôt d’y apporter des révisions. Tiens ! Tiens ! Voilà qui s’appelle corriger le tir. Pas très rassurant pour la suite des choses.

On se demande avec Mathieu Bock-Côté si le PQ saura vraiment « passer de la rhétorique identitaire à un programme centré sur le démantèlement du multiculturalisme québécois ».
Texte complet




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mercredi 13 janvier 2010

Conférence 13 janvier à 19 h 00 : Quand l’instruction cède le pas à l’endoctrinement

Les Sceptiques du Québec organisent une conférence le mercredi 13 janvier 2010 à 19 heures.

Le cours Éthique et culture religieuse


Par Joëlle Quérin, UQÀM

Depuis septembre 2008, le cours Éthique et culture religieuse (ÉCR) est enseigné dans toutes les écoles du Québec. Il est obligatoire, du début du primaire jusqu’à la fin du secondaire, à l’exception de la troisième secondaire.

Certains voient dans ce cours une avancée par rapport à l’ancien régime d’option, car il permettrait de traiter des questions morales et religieuses de façon neutre. D’autres y voient plutôt une intrusion dans l’éducation religieuse que les parents veulent transmettre à leurs enfants. Finalement, des militants laïques préféreraient que les questions religieuses ne soient tout simplement pas abordées en classe.

Pour faire la part des choses et évaluer le bien-fondé des différentes appréciations qui ont été faites de ce cours, je présenterai successivement les trois volets du cours ÉCR : éthique, culture religieuse et dialogue. Pour chacun des volets, je rappellerai la description qui en est faite dans le programme ministériel, puis je m’attarderai plus longuement sur la manière dont les intentions annoncées dans le programme se traduisent concrètement dans des manuels scolaires. En offrant mon interprétation de chacun des volets, je chercherai à montrer que les objectifs du cours sont beaucoup plus politiques que pédagogiques, et que le cours cherche davantage à endoctriner qu’à instruire.

Joëlle Quérin poursuit un doctorat en sociologie à l’Université du Québec à Montréal et est l’auteure de plusieurs articles sur la question du multiculturalisme et des accommodements raisonnables au Québec. À titre de chercheure associée à l’Institut de recherche sur le Québec (IRQ), elle a produit une étude sur le cours Éthique et culture religieuse.

Endroit : Centre St-Pierre, 1212, rue Panet, Montréal (Québec) H2L 2Y7
Près de la station de métro Beaudry. Stationnement sur place (5 $).

Heure : La conférence débute à 19h00. Les portes ouvriront à 18h30 pour les personnes qui désireront bavarder avec nous.

Coût : Le coût est de 5 $ pour les membres et de 10 $ pour les non-membres. Le coût pour devenir membre est de 15 $ par année. Réductions pour étudiants.

Profitez-en pour inviter ! Lors des soirées des Sceptiques du Québec, les membres peuvent inviter gratuitement une personne de leur choix. Notez qu'une personne ne peut être admise gratuitement qu'une seule fois.






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lundi 11 janvier 2010

Cours ECR : impact sur la société québécoise

Lettre d’opinion, envoyée au Devoir par Jean Morse-Chevrier, présidente de l’Association des parents catholiques du Québec.
D’entrée de jeu disons que la sociologue, Madame Joëlle Quérin, dans son récent travail de recherche sur le cours d’éthique et culture religieuse (ÉCR), met directement le doigt sur un de ses problèmes de fond, en plus du multiculturalisme. Il s’agit d’un endoctrinement des enfants par l’État contre le gré des parents selon une orientation idéologique décidé par l’intelligentsia en place et selon un processus dont la population est exclue.

Le fait que cette nouvelle orientation ne corresponde pas à celle qu’aurait choisie les parents est démontrable par le fait que, jusqu’à l’imposition du cours d’éthique et culture religieuse, la très grande majorité des parents choisissaient une option avec un contenu chrétien.

L’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) a, depuis des années, cherché à défendre le point de vue des parents face à un Ministère de l’Éducation qui semble bien déterminé à passer au-dessus d’eux pour décider des contenus que les enfants doivent recevoir, particulièrement dans le domaine religieux et moral.

Le multiculturalisme relativiste

Mme Quérin expose clairement que le but ultime du cours est d’imposer, lentement mais sûrement, une nouvelle façon de penser aux générations futures. Il s’agirait d’une approche multiculturelle relativiste, c’est-à-dire où toutes les convictions doivent être admises comme ayant une valeur égale dans un bain de tolérance à toutes les orientations.

À la fin de 10 ans de cours, les jeunes auront saisi peu de choses valables des religions et des valeurs morales. Pour ce qui est du christianisme ceci est dû au fait que son message central, l’Incarnation du Dieu Sauveur, en est absent et ses récits les plus sacrés sont comparés à des fables. Par contre aucune croyance ne sera désormais jugée digne de confiance car toutes les religions seront devenues interchangeables aux yeux des élèves.

Les enfants croyants sont déjà présentés comme étant des vestiges de l’ancien temps par certains professeurs. Et que penser des mises en scène comme celle vécue dans son cours d’ÉCR par un enfant de 4e année où les élèves s’étaient habillés en religieuses et en pape et faisaient la risée du groupe ? Ou de ce garçon de 3e année dont la mère affirme : « Nous croyons que la vérité c’est qu’il y a un seul Dieu et que son fils Jésus est venu sur la terre pour nous sauver… » Ce à quoi l’enfant répond, suite à son cours ÉCR : « Non, non, non, maman. Ça c’est ce que tu penses. Imagine qu’on est dans un autre pays. On a la même conversation mais la maman dit que la vérité c’est qu’il y a plein de dieux. Par exemple une famille hindouiste. Tout le monde est différent et croit à différents dieux ! » Voilà le multiculturalisme en action !

Un respect mensonger

L’objectif d’ouverture et de reconnaissance de l’autre enrobé sous le libellé encore plus politiquement correct de tolérance font partie des facettes de ce cours dénoncées par Mme Quérin et depuis le début par l’APCQ. Le cours confond le vivre ensemble avec la tolérance de toute croyance et l’ouverture à toute orientation. Comme le souligne Mme Quérin, il ne sera pas toléré qu’un élève prenne parti pour sa propre religion en opposition à celle d’un autre. Au lieu de s’attendre à ce qu’ils acceptent toute culture, religieuse ou athée, l’école pourrait apprendre tout simplement aux enfants à respecter, voire à aimer leurs co-équipiers comme moyen de favoriser le vivre ensemble, sans imposer qu’ils soient ouverts aux croyances des autres.

Suite au cours ÉCR, nous pouvons nous attendre à ce que les enfants de la prochaine génération ne connaissent pas le christianisme ou le connaissent mal, qu’ils aient absorbé des connaissances religieuses sur lesquelles ils ne sauront pas exercer un regard critique et qu’ils croient que toutes les convictions se valent.

Un programme totalitaire

En plus d’accuser une perte de démocratie pour notre société, comme l’affirme Mme Quérin, nous détectons des allures de totalitarisme dans la façon de faire de l’État. Par exemple, le cours ÉCR est imposé aux écoles privées dont la grande majorité a un projet éducatif confessionnel; la population est ainsi privée de toute option réelle en éducation. Ses objectifs et contenus peuvent se retrouver dans toutes les matières et imprégner l’ensemble du curriculum, ce qui ajoute à l’endoctrinement bien identifié par Mme Quérin. Et maintenant que le gouvernement a fait en sorte que la Charte québécoise ne spécifie plus que les programmes scolaires doivent respecter les convictions et croyances des parents, ces derniers se retrouvent sans pouvoir sur toute éducation donnée à l’école, ce pouvoir étant détenu plutôt par l’État.

Pour la culture québécoise il s’agit incontestablement d’une grande perte des valeurs et des points de repère chrétiens qui fondent notre agir ensemble justement. Qu’avons-nous besoin de dévaloriser davantage le rôle parental et celui de la famille? Et les jeunes dans tout cela ? N’ont-ils pas un besoin urgent d’être bien accompagnés dans leur ouverture au monde tout en étant encadrés dans leur raisonnement par les valeurs de leur propre foi ? Mme Quérin nous a bien fait comprendre que le cours ÉCR les mènera malheureusement au contraire de la tolérance des valeurs religieuses et au profit d’une idéologie multiculturelle.

C’est pourquoi, l’APCQ continue de demander que la Charte québécoise reconnaisse à nouveau l’obligation des institutions scolaires de respecter les convictions des parents et leurs choix en éducation, y compris l’éducation morale et religieuse et l’orientation des écoles, dans le respect de la personne humaine.

-30-

Personne contact : Jean Morse-Chevrier, présidente,
Association des parents catholiques du Québec






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jeudi 7 janvier 2010

Afrique du Sud – Pour la sixième année de suite, le taux de réussite aux examens de fin d'études secondaires diminue

Le taux de réussite des écoles publiques sud-africaines aux examens couronnant les études secondaires a chuté pour une sixième année consécutive malgré une forte augmentation des dépenses gouvernementales dans le secteur éducatif. Cette faible diplomation condamne des millions de jeunes au chômage, cause principale selon certains experts de la criminalité endémique qui sévit en Afrique du Sud. Les examens se tiennent en décembre mois qui marque la fin de l’année scolaire sud-africaine.

La ministre de l’Éducation de base, Angie Motshekga (à gauche), a déclaré lors d'une conférence de presse à Prétoria ce jeudi que le taux de réussite des étudiants en dernière année dans les écoles publiques est passé de 62,5 pour cent en 2008 à 60,6 pour cent en 2009.

Contrairement au baccalauréat français, le diplôme de fin d’études secondaires (« National Senior Certificate ») ne permet pas automatiquement de s’inscrire à une université. Pour ce faire, l’étudiant doit satisfaire certaines conditions supplémentaires : une moyenne de note plus élevée aux mêmes examens ainsi qu’un choix de sujets considérés plus difficiles.

L’Afrique du Sud a plus que quadruplé les dépenses en éducation depuis les premières élections multiraciales tenues en 1994. Cette forte augmentation ne s’est cependant pas traduite par de meilleurs résultats. On attribue habituellement ces échecs à la mauvaise formation des enseignants, à une réforme scolaire qui a augmenté la charge administrative imposée aux enseignants et à une culture rurale qui ne privilégie pas l’étude scolaire.

Les politiques de discrimination positive en faveur des Noirs menées par le gouvernement ANC depuis 16 ans privent également l’Afrique du Sud d’enseignants qualifiés. C’est ainsi que le quotidien Beeld avait signalé en août de l'année passée que plusieurs dizaines de milliers de postes d’enseignants et de directeurs d'école sont à pourvoir dans les écoles publiques sud-africaines. Ils ne sont pas comblés, car l’Administration n’en fait pas la publicité ou quand des professeurs blancs qualifiés y postulent on rejette systématiquement leur candidature. Le grand nombre de postes à pourvoir s’explique en partie par l’épidémie de SIDA qui fauchait déjà 55 enseignantes par mois en 2000. L'épidémie de SIDA touche principalement les éducatrices noires.


Élèves de l'école secondaire Ian Mackenzie à Lilydale, dans un ancien bantoustan, en 2005

Devant une assemblée de 1500 enseignants en août dernier, le nouveau président Jacob Zuma s’est également insurgé contre le fait que les enseignants noirs enseignent moins de temps que les blancs : « les enseignants dans les écoles précédemment blanches donnent cours pendant 6,5 heures par jour, alors que les professeurs noirs dans les écoles précédemment désavantagées [à savoir dans les bantoustans ou les ghettos noirs] ne donnent en moyenne que 3,5 heures de cours par jour. »

La baisse du taux de réussite aggrave la pénurie de travailleurs qualifiés noirs dans un pays où un manque d'ingénieurs, de techniciens et autre personnel qualifié a obligé des entreprises comme Sasol, le plus grand producteur mondial de carburant à partir de charbon, à embaucher des travailleurs à l'étranger. La forte diplomation des blancs ne permettra pas de résoudre la crise actuelle puisque les politiques de discriminations politiques leur ferment souvent les portes des entreprises et les forcent à l’exil. Ces politiques ne sont pas sans conséquence sur l’économie sud-africaine. Les nombreuses coupures générales d’électricité de 2008 ont révélé la pénurie aiguë de techniciens que connaît le producteur d’électricité national, Escom. Cette pénurie est en grande partie le résultat de politiques discriminatoires comme le rappelle R. W. Johnson dans son livre South Africa’s Brave New World (pp. 479-480) : « [Escom] devra recruter deux nouveaux employés qualifiés par jour pour les cinq prochaines années. Au minimum la moitié de ceux-ci devront être des femmes noires afin d’atteindre ses objectifs de 65 % de cadres noirs et de 40 % de personnel noir en 2010, malgré la quasi-inexistence de femmes noires ingénieures. »

Ce faible taux de diplomation ne pourra que faire grossir les rangs des chômeurs sud-africains. Le chômage officiel sud-africain atteint le taux de 24,5 pour cent. Le manque de personnel qualifié entrave également les efforts du gouvernement pour stimuler une économie dont le PNB s'est contracté d'environ 1,9 pour cent en 2009.


Élèves d'une école « blanche » de Prétoria en 1986 (il y a bien un élève noir même si techniquement l'apartheid est toujours en vigueur)


Échouer en physique

Le nombre d’élèves dont la note en physique a été égale ou supérieure à 30 % est passé de 54,9 pour cent en 2008 à 30 % cette année a déclaré le Ministère de l’Éducation de base dans un rapport. Le taux de passage en mathématiques est resté stable à 46 %. Toutefois, de nombreux journaux rapportent des résultats bruts désastreux en mathématiques qui ont dû être pondérés à la hausse. Le professeur John Volmink, président du conseil qui standardise les résultats finaux, a toutefois précisé que les notes n’ont pas été ajustées à la hausse par plus de 10 %. Aussi étrange que cela puisse paraître aux yeux des étrangers, il suffit d'obtenir 30 % pour passer de nombreux sujets, c'est le cas en mathématiques (pour plus de détails sur les critères de réussite, voir ici).

Seuls 20 % des finissants peuvent s’inscrire à l’université

551 940 élèves de 12e année ont présenté les examens finaux du secondaire. Seuls 19,8 percent de ceux-ci ont obtenu des notes suffisamment élevées pour s’inscrire à l’université ou à un collège postsecondaire. Il s’agit d’une légère amélioration par rapport au 19,4 % de 2008.

1 sur 40

Selon un rapport publié l’année passée par la Banque de développement d’Afrique australe, seul un élève sur 40 qui a commencé l’école en 1995 (après la fin de l’apartheid) a réussi l’examen final de mathématiques supérieures qui permet l’entrée dans les écoles d’ingénieurs et les professions techniques. Les examens de mathématiques « normales » ou de « culture mathématique » considérés plus faciles ne permettent pas l’inscription dans ces facultés. Réussir l’examen de mathématiques supérieures (avoir plus de 30 %) ne garantit pas de pouvoir s’inscrire dans certaines facultés, c’est ainsi que les facultés de commerce exigent souvent une note minimale de C+ (65 %). En 2007, seuls 700 étudiants noirs avaient obtenu un C+ ou davatange en mathématiques supérieures.

Augmentation soutenue des budgets dans les années à venir

Le ministre des Finances, Pravin Gordhan a prévu d'affecter 144 milliards de rands (20 milliards de $) à l’éducation, soit 17 % du budget. Il prévoit augmenter cette somme de 8,6 % en moyenne par an pendant les trois prochaines années fiscales conformément aux vœux de Jacob Zuma, président de l’Afrique du Sud depuis mai 2009 et lui-même démuni de tout diplôme scolaire, qui a fait de l’éducation une de ses priorités.

« Près de 3 millions de jeunes âgés de 18 à 24 ne suivent aucune formation ni ne travaillent, il ne s’agit pas seulement d’un gâchis de talent, mais également d’une cause potentielle de troubles sociaux graves » a déclaré dans un rapport sur le sujet le Center for Higher Education basé au Cap.

L’augmentation des dépenses en éducation n'a pas réduit substantiellement le taux d’analphabétisme. L’Afrique du Sud s'est classée au dernier rang dans un classement regroupant 40 pays, derrière le Maroc et le Koweït. Ce classement a été publié en 2007 dans le cadre du Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS:2006). Cette étude vise à établir les compétences de lecture des élèves de 10 et 11 ans quand ils sont confrontés à des textes littéraires et informatifs authentiques.

On retrouvera ci-dessous le classement complet du PIRLS.

Pays Note moyenne
Russie (Fédération de) 565
Hong-Kong 564
Canada, Alberta 560
Singapour 558
Canada, Colombie-Britannique 558
Luxembourg 557
Canada, Ontario 555
Italie 551
Hongrie 551
Suède 549
Allemagne 548
Pays-Bas 547
Belgique (Flandre) 547
Bulgarie 547
Danemark 546
Canada, Nouvelle-Écosse 542
Lettonie 541
États-Unis d’Amérique 540
Angleterre 539
Autriche 538
Lituanie 537
Taïwan 535
Canada, Québec 533
Nouvelle-Zélande 532
Slovaquie 531
Écosse 527
France 522
Slovénie 522
Pologne 519
Espagne 513
Israël 512
Islande 511
Moyenne de l’échelle du PIRLS 500
Moldavie 500
Belgique (francophone) 500
Norvège 498
Roumanie 489
Géorgie 471
Macédoine (république de) 442
Trinité et Tobago 436
Iran 421
Indonésie 405
Qatar 353
Koweït 330
Maroc 323
Afrique du Sud 302


Exemple de texte du PIRLS 2001 : La nature et le questionnaire correspondant.

Plus d'info sur PIRLS 2006 ici.



Sources supplémentaires Bloomberg et News 24.

ECR — Un lien indéniable avec le multiculturalisme

Lettre ouverte de Guillaume Rousseau parue dans Le Devoir du 4 janvier :
Depuis la publication du rapport de la sociologue Joëlle Quérin, le débat sur le cours d’éthique et de culture religieuse (ECR) a repris de plus belle. Il faut dire que ce rapport fait l’objet de critiques vives, voire violentes, de la part des concepteurs de ce cours. Leur principale critique est la suivante : le rapport associerait injustement ce cours au multi­cul­tu­ralisme. Or l’histoire du droit nous révèle qu’il existe bel et bien un lien indéniable entre le multi­cul­tu­ralisme et le cours ECR.

Pour comprendre l’origine de ce cours, il faut savoir que l’enseignement religieux confessionnel est soupçonné d’être inconstitutionnel depuis l’adoption non pas de la Charte québécoise, mais bien de la Charte canadienne des droits et libertés. Et, en l’absence d’une clause dérogatoire, il est officiellement incons­ti­tu­tionnel depuis l’arrêt rendu par la Cour d’appel de l’Ontario dans l’affaire Re Corporation of the Canadian Civil Liberties Association et al. c. Ontario (Minister of Education), datant de 1990.

Évidemment, cette cour s’est basée sur la Charte canadienne des droits et libertés pour conclure que tout enseignement religieux confessionnel est incons­ti­tu­tionnel. Plus précisément, elle a invoqué l’article 2a) sur la liberté de religion et l’article 27, qui prévoit que : « Toute interprétation de la présente charte doit concorder avec l’objectif de promouvoir le maintien et la valori­sation du patrimoine multi­culturel des Canadiens. » En effet, on peut lire ceci, dans ce jugement, à propos de l’enseignement religieux confessionnel : « [It] amounts to violation of s. 2(a) of the Charter, especially when viewed in the light of s. 27 of the Charter. »

C’est donc en se fondant sur l’article qui constitutionnalise le multi­cultu­ralisme que la Cour d’appel de l’Ontario interprète la liberté de religion et en vient à la conclusion que les cours d’enseignement religieux confessionnel sont inconsti­tutionnels. Plus intéressant encore, cette cour précise que, si l’enseignement religieux non confessionnel est incons­ti­tu­tionnel, en revanche l’enseignement religieux pluraliste et non confessionnel est parfaitement conforme à la liberté de religion interprétée à la lumière du multi­cul­tu­ralisme.

Comme ce jugement de la Cour d’appel de l’Ontario n’a pas été renversé en Cour suprême, il a créé un précédent valable pour l’ensemble du Canada. C’est d’ailleurs depuis ce jugement que des cours d’enseignement religieux pluraliste et non confes­sionnel se multiplient au Canada. Et le Québec ne fait pas exception, puisque le cours ECR remplace justement l’ancien cours d’enseignement religieux confessionnel, de manière à respecter la liberté de religion au sens du droit consti­tutionnel canadien, et ce, afin d’éviter que le Québec ait à invoquer à nouveau la clause dérogatoire prévue dans la Charte.

À la lumière de cet historique du droit, il est indéniable qu’il existe un lien direct entre le multi­cul­tu­ralisme canadien et le cours ECR.

Nouvelle forme à trouver

Est-ce à dire que toute option autre que le retour de l’enseignement religieux confessionnel serait inévitablement multiculturaliste ? Non, puisque ce qui rend multi­cul­tu­raliste le cours ECR, ce n’est pas tant le fait qu’il remplace l’enseignement religieux confessionnel déclaré inconstitutionnel au nom de la Charte et de son multi­cul­tu­ralisme, mais plutôt le fait qu’il adopte la solution proposée par la jurisprudence canadienne en conformité avec cette charte.

En effet, le cours ECR est un cours d’enseignement religieux pluraliste et non confessionnel qui a notamment pour but d’expliquer et de justifier les accom­modements raisonnables créés par cette même jurisprudence. À l’inverse, si le Québec choisissait plutôt d’enseigner des connais­sances sur les religions à travers des cours d’histoire et de géographie, comme cela se fait en France dans le respect de la laïcité, cette solution ne pourrait être qualifiée de multi­cul­tu­raliste, et ce, même si elle serait sans doute valide constitutionnellement.

Est-ce donc là la solution au dilemme de l’enseignement religieux à l’école ? Peut-être que oui, mais il n’est pas certain que cela répondrait suffisamment à l’impératif de la transmission du patrimoine culturel québécois, que plusieurs veulent voir assurée par l’école.

Si le rapport Quérin a mis le doigt sur un malaise réel autour du cours ECR, c’est sans doute entre autres parce que ce dernier est bel et bien un produit du multi­cul­tu­ralisme canadien, une politique à laquelle n’adhèrent pas la majorité des Québécois.

Dès lors, ce rapport justifie pleinement que ce cours soit scruté à la loupe et que d’autres solutions soient envisagées, par exemple dans le cadre d’une commission parlementaire. Ainsi, les Québécois pourraient trouver une forme d’enseignement du religieux qui serait originale, à la fois laïque et respectueuse du patri­moine culturel québécois et de la place qui lui revient, bref une solution de rechange qui soit vérita­blement autre chose que du multi­cul­tu­ralisme.
Guillaume Rousseau - L’auteur détient une maîtrise en droits de la personne et diversité culturelle de l’Université McGill et est présentement doctorant en droit à l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et à l’Université de Sherbrooke.

Égypte — 6 coptes assassinés à Noël, l'Italie condamne

Six coptes ont été tués alors qu'ils sortaient de la messe de Noël (orthodoxe) le 6 janvier à Nagaa Hamadi. L'évêque de Nagaa Hamadi, Anba Kirolos, déclaré à l'AFP : « Nous avons terminé la messe à 23 h 00 et je me suis dirigé vers l'évêché, où j'ai vu un homme à bord d'une voiture en train de tirer à l'arme automatique contre tous les coptes qui passaient devant le bâtiment de l'évêché ». L'homme « a ensuite continué à tirer dans les rues de la ville sur les coptes », a poursuivi Mgr Kirolos, faisant état de cinq blessés dans un état grave. Un policier a également été tué dans la fusillade. L'évêque a déclaré que « l'auteur de ce crime est connu et fiché » par la police et « aurait dû être arrêté », mais bénéficiait de protections de la part de personnalités proches du Parti national démocratique (PND au pouvoir).

Des heurts ont ensuite eu lieu entre la police et 2.000 coptes qui voulaient se rassembler devant l'hôpital où avaient été transférées les dépouilles. Les funérailles se sont déroulées en début d'après-midi jeudi en présence de 5.000 coptes.

Pour sa part, l'Italie a condamné jeudi les violences « suscitant l'horreur » contre les Coptes en Égypte et le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, a annoncé qu'il en discuterait « personnellement » avec son homologue égyptien au cours d'une visite au Caire la semaine prochaine.

« Les violences commises contre la communauté chrétienne copte en Égypte suscitent l'horreur et la réprobation », a déclaré le chef de la diplomatie italienne dans un communiqué.

« Je parlerai personnellement [...] avec mon homologue Aboul Gheit de la protection de la communauté copte dans ce pays [...] à l'occasion de la visite que je ferai au Caire à la fin de la semaine prochaine », a indiqué M. Frattini, qui s'est dit « préoccupé » par ces violences.






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Éthique et culture religieuse: bilan des débats

Un collectif de professeurs de philosophie a envoyé cette lettre au Devoir qui l'a publiée ce matin en supprimant le passage barré ci-dessous.
Que reste-t-il du programme Éthique et culture religieuse (ECR) après les répliques formulées à l'endroit de l'étude Quérin ? C'est la question à poser pour faire suite à l'empres­sement dont les concepteurs de ce programme et leurs collaborateurs ont fait montre dans leur réaction à l'analyse critique qu'en a faite Joëlle Quérin, chercheuse associée à l'Institut de recherche sur le Québec. Mises à part les attaques ad hominem, leur défense du cours ECR est soit d'ordre politique, soit pédagogique.

Le point de vue davantage politique concerne l'attitude que le programme favorise chez les élèves en tant que citoyens appelés à vivre au sein d'un Québec empreint d'une diversité de croyances. La critique souvent adressée au programme ECR et reprise par Mme Quérin consiste à lui reprocher de conduire au multi­cul­tu­ralisme, entendant par là le fait de mettre sur un même pied d'égalité les diverses religions, sans accent privilégié sur celles qui sont traditionnellement liées à l'identité québécoise. Ce multi­cul­tu­ralisme est vu comme une conception canadienne contraire à l'intégration par le Québec de la diversité culturelle issue de l'immigration et au renforcement de l'identité québécoise.

À cela, les idéateurs du programme, Jean-Pierre Proulx et Georges Leroux, ont rétorqué dans la page Idées du Devoir du 16 décembre que cette critique n'est aucunement fondée. Selon eux, le nouveau programme promeut la construction commune d'un « vivre-ensemble au sein d'une culture partagée » ouverte à la diversité mais intégrée grâce à la prépon­dérance accordée à la tradition religieuse du Québec, dont particu­lièrement la tradition chrétienne. Ils en veulent pour preuve le fait que « l'intention minis­térielle est claire et réaffirmée plusieurs fois. L'enseignement devra privilégier les traditions religieuses qui ont contribué à façonner l'histoire et la culture québécoise [...] ».

Poudre aux yeux

Voilà qui est révélateur de ce sur quoi les défenseurs du programme appuient leurs prétentions, à savoir des énoncés de principe inclus au libellé du programme et sur les « orientations minis­térielles de 2005 » ayant présidé au programme. Comme nous allons l'indiquer, c'est là accorder beaucoup d'importance à ce qui trop souvent ne s'avère que vœux pieux ou poudre aux yeux.

La lecture des contenus d'apprentissage et celle des manuels prévus par le ministère de l'Éducation font ressortir à l'évidence que la prépon­dérance que ce programme dit accorder aux valeurs qui ont façonné la nation québécoise est insignifiante. Non seulement elle porte sur ce qui est accessoire en matière religieuse (les symboles et objets religieux, les rites, les fêtes ou autres aspects du culte), mais la prépon­dérance accordée au christianisme consiste en une simple priorité chronologique consistant à mentionner par exemple la fête de Pâques avant la Wesak bouddhiste et le Divali hindou, ou encore à mentionner sur la liste des guides spirituels le prêtre avant l'iman et le gourou.

Cet écart entre les principes qu'on met de l'avant pour défendre le programme ECR et les contenus officiels d'appren­tissage vient clairement confirmer la finesse de l'analyse de l'étude Quérin. Celle-ci porte, non pas sur de simples extraits de l'orien­tation générale du programme, mais sur sa structure d'ensemble dont les diverses composantes convergent vers le multi­cul­turalisme.

La critique de cette étude aurait pu aller beaucoup plus loin en faisant ressortir que l’ECR va jusqu’à discréditer à plusieurs égards la tradition chrétienne reconnue par l’ECR comme un vecteur d’intégration. Et ce, entre autres choses de façon générale, en jetant le discrédit sur toute religion par le fait de stipuler qu’au niveau secondaire la question de l’existence du divin sera traitée par l’exposé de la pensée des seuls auteurs qui en ont fait une critique virulente, à savoir « l’athéisme, l’idée de l’aliénation religieuse, chez Marx, Freud et Sartre, l’idée de la mort de Dieu chez Nietzsche ».

Jugement critique

L'aspect plus spécifiquement pédagogique du programme est abordé par Luc Bégin, qui affirme avoir été expert-conseil dans l'élaboration du programme et qui nous fait part de sa réaction à l'étude Quérin dans Le Soleil du 16 décembre. Il réagit à l'accusation d'endoc­tri­nement des élèves au multi­cul­tu­ralisme en s'appuyant lui aussi sur les intentions du programme et en faisant état de ce à quoi « le programme ECR entend plutôt initier les jeunes », c'est-à-dire « la pratique du dialogue qui incite pourtant à construire une pensée critique et articulée et à aborder collectivement des sujets complexes ».

Les contenus des cours prescrits par le programme de niveau secondaire soumettent effec­ti­vement à l'esprit des jeunes élèves des questions fort complexes, tels le sens de la vie, l'origine de l'univers, la vie après la mort, la relation au divin, etc. Or le programme et les manuels font en sorte qu'aucun principe et critère n'est fourni aux élèves pour se former un quelconque jugement critique. La conception de l'enseignant qui en fait un simple animateur est défendue par Georges Leroux, qui affirme dans un premier temps que « la responsabilité d'un regard historique et objectif sur des traditions multiples doit éviter [...] l'écueil d'une position d'endoc­trinement ». Et, par la phrase qui suit ce passage, Leroux définit sans gêne l'endoc­trinement comme suit : « L'endoc­tri­nement se rapproche de l'enseignement confes­sionnel, puisqu'il propose un contenu vrai et véridique. » (Éthique, culture religieuse, dialogue. Arguments pour un programme, Fides, page 55.)

Dialogue descriptif

Pire, le cours ECR impose aux jeunes élèves des exigences démesurées avant qu'ils ne puissent émettre quelque forme d'avis. Ces exigences sont liées à l'obligation sans cesse réitérée d'éviter une longue liste de jugements défectueux. Il s'ensuit que les cours ECR ne peuvent que faire naître chez l'élève l'impression qu'il ne peut émettre d'opinion. Voilà ce que les défenseurs du programme nomment le « dialogue descriptif ». Au fond, il s'agit d'imposer de façon insidieuse aux élèves un faux respect absolu de la description de la diversité multi­cul­turelle et, comme l'affirme l'étude Quérin, de les soumettre à l'endoctrinement au multi­cul­turalisme.

Le programme ECR lèverait les critiques justifiées qu'on lui adresse s'il était conséquent avec lui-même et transmettait les principes et critères au fondement des traditions identitaires du Québec qui sont, de surcroît, à l'origine conceptuelle et historique des chartes de droits si chères à ses concepteurs.
Ont signé cet article les professeurs de philosophie actifs et retraités suivants : Marcel Bérubé, Charles Cauchy, Maurice Cormier, Michel Fauteux, Michel Fontaine, Gérard Lévesque, John White.






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