jeudi 3 septembre 2015

« Garderies québécoises » de Mulcair: les provinces ne débordent pas d’enthousiasme


Selon le Devoir,
« la promesse électorale de Thomas Mulcair de créer un million de places en garderie à travers le pays n’est pas assurée de se réaliser, loin de là. Une deuxième province indique qu’elle n’a pas d’argent supplémentaire à injecter dans ce domaine, tandis que les quatre provinces maritimes attendent d’en savoir davantage avant de se prononcer.


Une des promesses électorales phares du NPD pendant la campagne électorale est de créer un million de places en garderie, d’ici huit ans, qui coûteraient 15 $ par jour ou moins aux parents. “Nous sommes à une élection d’avoir des places en garderie à 15 $ par jour”, répète inlassablement Thomas Mulcair lors de ses événements publics. Mais sa promesse comporte une condition de taille : les provinces devront payer 40 % de la facture. Or, celles-ci ne débordent pas d’enthousiasme.


La Colombie-Britannique, troisième province la plus populeuse au pays après l’Ontario et le Québec, ferme la porte à toute injection de fonds supplémentaires. “La Colombie-Britannique accueillerait favorablement tout appui fédéral à des programmes comme les garderies, mais pas des programmes fédéraux qui engendreraient de nouveaux coûts non abordables pour les contribuables de la province”, indique au Devoir Sheldon Johnson, le porte-parole du ministre de l’Enfance et de la Famille.


En coulisses, on explique qu’il n’est pas du tout dans l’intention de Victoria de bonifier les sommes déjà consacrées à cette fin. Selon une compilation effectuée par le Ottawa Citizen, une place en garderie en Colombie-Britannique coûte en moyenne 10 860 $ par année, ce qui en fait la deuxième province la plus chère à ce chapitre, juste derrière l’Ontario à 11 648 $. »
Rappelons que les garderies québécoises sont très coûteuses, monopolisent une énorme partie du budget du Ministère de la famille, sont au mieux peu efficaces sur le plan pédagogique, pas du tout sur le plan démographique et privent les parents de choix (ils confient leurs enfants à des tiers syndiqués le plus souvent ou ils ne reçoivent pas d’aide, surtout pas les femmes au foyer).

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Russie — le mariage, les LGBT, les mères porteuses et la laïcité

Xavier Moreau explique la manière dont les Russes se positionnent sur les questions du mariage homosexuel, de la GPA (gestation pour autrui) ou encore de la laïcité.



Xavier Moreau est saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA (« maîtrise ») de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Installé en Russie depuis 15 ans, il dirige la société LinkIT Vostok. Il est l’auteur de la « Nouvelle Grande Russie ».

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France (CNED) : le cours d'histoire/géo détourné ?

Un parent québécois dont les enfants suivent le programme français du Centre national d’éducation à distance (CNED) nous a fait part de la table des matières du cours de 5e secondaire (secondaire II au Québec) pour 2015-2016.

Pour ce parent,
Visiblement la gauche bobo est passée par là. Tout le cours n’est que politiquement correct :
  • il est multiculturaliste,
  • vante l’immigration de manière inconditionnelle,
  • mythifie la « diversité » (le programme assène qu’elle est d’office un enrichissement, vraiment ?),
  • parle d’abord (séquence n° 2) de l’islam,
  • probablement pas de l’absolutisme en France (séquence n° 12 jamais vue en fin d’année), il est vrai que ce n’est que la France donc de peu d'importance,
  • écologiste (développement durable à toutes les sauces, la crise de l’eau, etc.),
  • socialiste (« les inégalités sociales, la pauvreté, solidaire »),
  • opportuniste politique (une séquence sur le sommet pour le climat que prévoit le gouvernement).

On a détourné le programme d’histoire/géo. C’est devenu de la propagande éhontée.








mercredi 2 septembre 2015

« L’éducation sexuelle : une autre intrusion de l’État »

Pour Éric Lanthier (M. Ed.) dans le Héraut de Prince Arthur :
Peu importe la religion que l’on pratique, qu’elle soit théiste, athée ou agnostique, l’éducation sexuelle appartient aux parents et non à l’État, c’est une question de droit et de liberté. Chaque famille a sa façon de voir la sexualité et c’est bien que ce soit ainsi parce qu’une société se bâtit par la force de ses familles. Ce n’est donc pas à l’État d’enseigner quand commencer nos premières relations sexuelles, avec qui et dans quel contexte.

Un programme qui éveille prématurément

Le programme d’éducation sexuelle en Ontario n’a rien d’inspirant et celui du Québec veut s’en inspirer ; plus ça change, plus c’est pareil. Au contraire, ce programme sexualise hâtivement les enfants ; plutôt que de cheminer avec l’enfant, il l’éveille prématurément. Chaque enfant a son rythme et c’est le parent, règle générale, qui est le mieux placé pour discerner quand l’enfant est prêt à en discuter.

Le rôle de l’État : équiper le parent

L’État n’a pas à usurper le rôle du parent. C’est pourquoi le rôle de l’État, en matière d’éducation sexuelle, devrait se limiter à la formation des parents. Est-ce extrémiste comme souhait ? Est-ce extra-terrestre comme requête ? Aujourd’hui, avec la technologie, l’État peut renseigner les parents, les accompagner, répondre à leurs questions et les équiper à remplir leur rôle plus efficacement. L’État pourrait mettre ses meilleurs spécialistes à la disposition des parents pour guider ceux qui ne réussissent pas à créer un climat de confiance chaleureux pour parler du sujet. Ainsi, le gouvernement devrait accompagner les parents à remplir convenablement leur rôle et non leur usurper leur responsabilité.

L’intimidation

Il est faux de prétendre que l’école est le meilleur milieu pour éduquer les jeunes en matière de sexualité. C’est beaucoup plus intimidant pour un élève de poser des questions devant des élèves qui vont se moquer de lui que dans un milieu de confiance avec des personnes avec qui il est à l’aise d’échanger. Avec les ressources dont le milieu scolaire dispose, pourquoi ne pas les engager à une mission bien précise : aider les parents à créer ce climat de confiance avec son enfant. C’est là le nerf de la guerre… Malheureusement, l’État ne veut pas aborder le sujet, ce n’est pas politiquement payant.

Limiter l’intrusion en équipant les parents : une question de valeurs

J’ai enseigné au primaire, au secondaire, à l’université, en milieu urbain, en milieu rural, dans les écoles publiques, dans les écoles privées. J’ai constaté une chose : plus l’école prend de l’espace, moins le parent exerce son rôle. Ce qui me fait sourire le plus c’est que les partisans d’un État moins lourd approuvent cette intrusion de l’État croyant que le cours qu’on donnait dans les années 70-80 serait le même qu’on donne aujourd’hui.

Les parents doivent, non seulement, apprendre à leur enfant comment composer avec la sexualité, mais surtout à leur communiquer une vision plus inspirante que ce qu’ils vont voir sur la toile. [Note du carnet : ou de la salle de classe...] C’est pourquoi j’opte pour un partenariat plutôt que l’usurpation des rôles. Que l’État mette des ressources à la disposition des parents et qu’il laisse ceux-ci remplir leurs responsabilités ; ainsi l’objectif sera sainement atteint. Ce n’est pas une question religieuse, c’est une question de valeurs, de rôle et de liberté.
Ou comme le disait Pierre Trudeau : « l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation ». Ah, mais cela ne s’appliquait que lorsque l’État était conservateur et les « progressistes » n’étaient pas encore aux manettes.

Retour de la discipline et du silence : diminution de l'intimidation, gain de temps, moindre violence

Pas besoin de campagne anti-homophobie (en fait anti-hétérosexisme) pour faire baisser l’intimidation. Quand les vieilles méthodes (l’honnie discipline, les rétrogrades récompenses et le totalitaire silence) sont réinventées et font l’objet d’un article dans Le Soleil.
À l’école primaire Notre-Dame-du-Canada, les élèves défilent en silence dans les corridors. Une règle toute simple qui a permis de réduire l’intimidation et d’améliorer la discipline.

Même remplis, les corridors de cette école du quartier Vanier, à Québec, sont étonnamment silencieux. Des élèves y défilent même avec un doigt sur la bouche, pour montrer qu’ils sont bien silencieux. D’autres, beaucoup plus rares, chuchotent en cachette.

Lorsque Madeleine Piché est arrivée dans cette école, il y a une quinzaine d’années, le climat était « assez violent », raconte-t-elle. « Il y avait beaucoup de bataille dans la cour d’école et dans les corridors. Au retour en classe, ça prenait beaucoup de temps pour gérer les conflits », raconte la directrice, qui a pris sa retraite en juin.

Le silence dans les corridors s’est donc rapidement imposé, ajoute-t-elle. « C’était nécessaire. » Et il n’a fallu qu’un an pour en faire une habitude, dit-elle.

Système de récompenses

Pour encourager les élèves à respecter les règles de l’école, Mme Piché a aussi instauré au fil des ans un système de récompenses, avec des coupons privilèges qui permettent aux enfants de faire des activités spéciales avec un adulte de l’école. « C’est un ensemble, ça ne tient pas tout seul cette affaire-là », lance-t-elle.

Et les résultats sont au rendez-vous. Annie Vaillancourt, qui a enseigné l’an passé pour la première fois dans cette école, n’en revient pas. « Je suis médusée, lance-t-elle. On gagne du temps, on n’a plus à calmer les élèves lorsqu’on revient de récréation », dit-elle.

Mme Piché va même plus loin. Elle croit que cette règle, en plus d’autres changements qui ont été implantés dans l’école au cours des dernières années, a contribué à réduire l’intimidation et la violence dans l’école.

« Ça joue beaucoup sur le climat de l’école », dit-elle.


mardi 1 septembre 2015

Jean-Paul Brighelli: « La fabrique des crétins fonctionne à plein régime »

Professeur en classes préparatoires à Marseille et essayiste à succès, Jean-Paul Brighelli est l’un des principaux contempteurs de la réforme de Najat Belkacem.

Dans un entretien incisif, il fait un réquisitoire implacable contre le système éducatif français actuel.
Pour Brighelli, la « fabrique des crétins » atteint, aujourd’hui, son paroxysme.


L'école privée ferait épargner 4452 $ par élève au Trésor public québécois

En mettant le « cap sur la performance » du gouvernement du Québec, la commission Robillard donne son appui au financement public des écoles privées. Son argument : le gouvernement québécois réalise des économies substantielles avec le réseau des 180 écoles privées subventionnées partiellement par l’État.

À preuve, il en coûte à l’État la somme de 8520 $ par année pour un élève du secteur public, alors qu’un élève du secteur privé subventionné lui revient à 4068 $ par tête. Méchant rabais de 4452 $ par élève fréquentant l’école privée, lequel rabais est évidemment assumé par la contribution financière des parents et autres sources de financement privé.

La subvention annuelle aux écoles privées atteint les 472 millions $ et soutient 116 000 élèves. Comment le gouvernement du Québec peut-il se retrouver dans le camp des perdants s’il met fin à cette subvention du privé ?

Selon la commission Robillard sur la révision permanente des programmes, une grande partie des élèves inscrits au privé réintégreraient à ce moment-là l’école publique, la facture du privé devenant trop lourde à supporter pour les parents.

Par conséquent, le gouvernement du Québec verrait sa facture de l’école publique augmenter sensiblement. Ainsi au lieu d’économiser, le gouvernement écoperait d’une surcharge financière nette allant de 115 millions à plusieurs centaines de millions, selon l’ampleur de la migration du privé vers le public.

La commission Robillard vient de jeter une douche froide sur les détracteurs de l’école privée qui souhaitent voir Québec leur couper les vivres dans le but de rapatrier cet argent dans le secteur public !

Remarquons, en outre, que les dépenses par élève n’ont fait que croître ces dernières décennies dans les commissions scolaires.




lundi 31 août 2015

Humour — « Une majorité des Québécois préfèrent la connaissance à l'ignorance »

Remarque amusante du Premier ministre Couillard (ci-contre) interrogé au sujet du nouveau programme d’éducation à la sexualité (encore moins d’heures de français, voir aussi ici ?) en marge de la rencontre des Premiers ministres de l’est du Canada et des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre, Philippe Couillard a souligné qu’« il faut que le cours soit bien fait, donné par des personnes compétentes qui ont la formation pour le faire, qu’il soit équilibré et qu’il tienne compte de l’âge et du niveau des enfants auxquels il s’adresse ».

« Sur ce point-là, je pense que déjà une bonne majorité des Québécois préfèrent la connaissance à l’ignorance », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre est un grand pince-sans-rire.

Il est bien évident que les gens préfèrent la qualité à de la camelote et la connaissance à l’ignorance.

Mais... lui-même admet que cette connaissance doit tenir « compte de l’âge et du niveau des enfants ». Donc toute connaissance n’est peut-être pas bonne à donner dès la maternelle ? Une certaine innocence s’accompagnant d’une certaine ignorance...

Et, surtout, est-ce que le programme d’éducation à la sexualité est vraiment
  • uniquement informatif ? Aucune idéologie comme cette lutte contre les stéréotypes sexuels dès 7-8 ans prévue dans le programme, hmmm ? En quoi ceci est-il de la connaissance plutôt qu’une volonté idéologique de changer la société :
    « Les élèves réfléchissent :
    aux diverses façons de s’exprimer comme garçon ou comme fille, au-delà des stéréotypes ; aux normes sociales et aux stéréotypes véhiculés dans l’espace public (publicité, télévision, Internet, etc.) ; à l’importance du respect des différences, aux impacts du sexisme et de l’homophobie »
    Lutter à 7 ans contre l’homophobie...!? L’homophobie de ces garçonnets et fillettes étant sans doute simplement une préférence pour les couples hétérosexuels comme papa et maman. Très mal. L’État doit bien sûr intervenir, c’est évident, n’est-ce pas ?
  • et totalement informatif ? Le programme n’occulte-t-il aucun fait désagréable pour la doctrine hédoniste favorable à une sexualité précoce qui serait une bonne chose tant qu’« elle est [censément] protégée » ?  
Par exemple :
    • Les forts taux de maladies liées aux relations anales, inhérentes à la biologie de l’anus, 
    • Le fait que certaines infections vénériennes, parmi les plus courantes aujourd’hui d’ailleurs, s’attrapent même avec un condom...
     

Voir aussi

Québec — éducation sexuelle : dispense en 1992, aucune exemption en 2015.

La Théorie du genre — une volonté idéologique de déconstruire la société

Le juriste et philosophe Drieu Godefridi, dans un court essai, La loi du genre s’attache à décrypter l’idéologie du genre. Selon lui, elle s’impose à la société par voie technocratique et supranationale.

Le « djendeur ». C’est ainsi que les esprits forts appellent la théorie du genre pour se moquer de ceux qui s’en inquiètent. Pour eux, la théorie du genre n’existe pas et ceux qui prétendent la dénoncer ne savent pas de quoi ils parlent. Ils n’ont rien à craindre : le genre est un simple outil au service de l’égalité. Fermez le ban !

Drieu Godefridi, dans un court essai, La loi du genre, à l’argumentation rigoureuse et implacable, s’applique à démontrer le contraire. Oui, la « théorie du genre » existe. Oui, il y a bien, derrière les discours progressistes consensuels, une volonté idéologique de déconstruire la société.

Certes, les études de genre, qui existent depuis bien longtemps, ont leur pertinence. L’étude de « la relativité des catégories du masculin et du féminin » appartient évidemment au champ de la connaissance. Mais, souligne l’auteur, « bien vite, se dessina au cœur des études de genre un courant qui ne visait plus tant à connaître son objet, à le décrire et le comprendre, qu’à le transformer ». Savoir-pouvoir, disait Foucault, maître de la papesse américaine du genre Judith Butler, qui soulignait les liens indissociables entre la théorie et l’ingénierie sociale.

« Avez-vous un vagin ? »

Godefridi divise cette idéologie du genre en deux branches. Dans sa branche « homosexualiste », celle théorisée par Butler dans Trouble dans le genre, elle se développe avec pour objectif affiché de « destituer l’hétéronormativité ». Il s’agit d’en finir avec la polarisation universelle du genre humain en deux sexes, jugée artificielle, arbitraire et stigmatisante, au profit, d’une « transidentité » floue (« queer »), ou au contraire d’étiquettes très précises quant à l’« orientation sexuelle » (« gay » « lesbienne » « bi », etc.). Les deux pouvant, bien sûr, se combiner. « Avez-vous un vagin ? » à cette question, Monique Wittig, disciple de Butler, répondit simplement : « non ». Cet idéalisme forcené (Butler a fait sa thèse sur Hegel, maitre indépassable de l’idéalisme allemand) qui rompt avec le réalisme biologique, est aussi — paradoxe — un relativisme. En effet, si tout est culture, tout est langage, il n’existe aucune norme extérieure à la subjectivité de la personne.

Les féministes-genristes, idiotes utiles de Butler

Là où Butler veut détruire la division universelle de l’humanité en deux sexes — soit la matrice hétérosexuelle — les féministes ont la plus modeste ambition de détruire la domination d’un sexe sur l’autre. Ainsi, dans sa version « féministe », le genre sert d’outil pour établir un continuum entre stéréotypes et violences faites aux femmes, devenu le fer de lance de la cause féministe. De « Madame la présidente » à l’Assemblée nationale au viol dans le métro, c’est une seule et même violence, celle du patriarcat, qui s’exerce sous des formes physiques ou symboliques. En gros, c’est parce que maman fait la vaisselle que papa se sent le droit de la frapper. C’est parce que les petites filles rêvent d’être des Princesses qu’il n’y a pas de femme présidente de la République.

[Note du carnet, le nouveau programme d’éducation à la sexualité du Québec compte lutter contre ces horribles stéréotypes dès le primaire (7-8 ans). Quelle horreur ! Des enfants pourraient penser qu’il y a des jouets pour enfants (apparemment, c’est pourtant le cas), il faut que l’État intervienne au plus tôt !
« Les stéréotypes sexuels influencent les choix (jeux, vêtements, activités) des garçons et des filles.

La lutte contre les stéréotypes favorise le développement du plein potentiel des filles et des garçons, et contribue à des rapports égalitaires et plus harmonieux entre les sexes. »

Et toujours à 7 et 8 ans :

« Les élèves réfléchissent :
aux diverses façons de s’exprimer comme garçon ou comme fille, au-delà des stéréotypes ;
aux normes sociales et aux stéréotypes véhiculés dans l’espace public (publicité, télévision, Internet, etc.) ;
à l’importance du respect des différences, aux impacts du sexisme et de l’homophobie
»

Lutter contre l’homophobie... À 7 ans...]


La philosophe Sylviane Agacinski a elle bien vu cet écueil, critiquant cette « subversion du féminisme » que constitue l’adoption des thèses butleriennes par les féministes. « En s’engouffrant, à la suite de Butler, dans la négation de la biologie, les féministes du genre servent des étrangers à leur cause, qui est, en dernière analyse, la complète égalité matérielle des hommes et des femmes. » écrit Godefridi. « Les féministo-genristes sont les idiotes utiles du genre Butler » conclut l’auteur. L’échec de cette convergence des luttes trouve un aveu flagrant dans la revendication LGBT de la gestation pour autrui, véritable mise en esclavage du corps féminin, nié par un idéalisme qui refuse toute pertinence au biologique.

De plus, en plus d’être déresponsabilisant (c’est pas de ma faute, c’est la société) cette continuité entre préjugés et passage à la violence physique, n’a aucune validité scientifique, démontre l’auteur.

De la non-scientificité de la théorie du genre

D’ailleurs, une des intuitions passionnantes de cet essai est la confrontation de la « théorie du genre » au critère de scientificité de Karl Popper. Pour Karl Popper, ce qui distingue une théorie scientifique d’une théorie métaphysique (ou d’une idéologie) c’est sa possibilité d’être réfutée, ou falsifiée. Une théorie infalsifiable, c’est à dire non-scientifique, est une théorie qui résiste à la démonstration du contraire, et inclut cette réfutation comme faisant partie de la théorie. Exemple : si vous critiquez le marxisme, c’est que vous êtes un bourgeois. Si vous critiquez la psychanalyse, c’est que vous êtes névrosé. Si vous critiquez la théorie du genre, c’est bien la preuve que le monde est bien dirigé par la « caste hétérosexuelle » cherchant à maintenir son pouvoir par tous les moyens. Logique implacable et orwelienne, qui nie toute possibilité d’une critique en la renvoyant en ricanant aux fantasmes du « djendeur ».

Toutes ces arguties pourraient rester confinées aux couloirs d’université ou aux réunions non-mixtes de militantes trostko-féministes, si la théorie du genre n’avait pas acquis une dimension « technocratique et supranationale », et n’était pas imposée par le haut, à coup de rapports et de résolutions par les institutions de l’Union européenne notamment. Ainsi, rappelle l’auteur, une convention du Conseil de l’Europe, adoptée en 2011 à Istanbul stipule que les Parties « prennent les mesures nécessaires (…) en vue d’éradiquer les préjugés, les coutumes, les traditions, et toute autre pratique fondés sur (…) un rôle stéréotypé des femmes et des hommes. » Un programme d’ingénierie sociale, un « songe totalitaire » échappant à tout débat démocratique. Voilà ce qu’est l’implacable loi du genre.

Présentation de l’éditeur

En l’espace de quelques années, la théorie du genre a saturé l’espace public. Prenant prétexte d’une convention du Conseil de l’Europe, l’auteur revient sur les origines de cette fameuse théorie. Il démontre comment elle s’articule autour de deux lignées fort différentes, d’une part le « genre homosexualiste » brillamment présenté par Judith Butler, de l’autre, le « genre féministe » plus directement actif dans nos systèmes politiques. En fin de compte, l’auteur montre que le « genre » n’est pas une science, mais une tentative idéologique et révolutionnaire de recréer l’homme et la femme par la contrainte de l’État, en niant leur altérité.

Docteur en philosophie (Sorbonne) et juriste, Drieu Godefridi est un épistémologue qui se revendique de la tradition de Friedrich Hayek, Karl Popper et Paul Feyerabend.

La loi du genre,
par Drieu Godefridi,
paru aux Belles Lettres,
à Paris,
en août 2015,
92 pages,
ISBN-13 978-2-251-50305-9

Source

Québec — Les intérêts du ministère et des syndicats au centre du système scolaire ?

Billet d’Adrien Pouliot, chef du Parti conservateur du Québec

L’automne risque d’être chaud en éducation. Pendant que les syndicats des enseignants battent les tam-tams de grève, le Forum des idées du Québec se penche sur le système d’éducation du XXIe siècle au Québec, espérant pouvoir identifier certains points sur lesquels les politiques d’éducation du Québec devraient être concentrées afin d’atteindre ce que devrait être, ou ce à quoi devrait ressembler, un système d’éducation idéal pour le Québec du XXIe siècle.

Les propos de Line Camerlain, vice-présidente de la Centrale des enseignants du Québec (CEQ), relatifs aux quatre innovations dans le système scolaire du Wisconsin soulignées par Mathieu Perreault de La Presse [le 22 août] laissent présager le genre de collaboration que le Forum pourra recevoir des syndicats ancrés dans l’immobilisme et le corporatisme tous azimuts, peu importe l’impact sur les élèves.

Au Wisconsin, de plus en plus de commissions scolaires rémunèrent au mérite et ces évaluations servent aussi aux promotions et aux congédiements, plutôt que l’ancienneté. Qu’en pense Mme Camerlain ? Elle balaie cette idée du revers de la main. De toute façon, selon elle, le prof ne compte que pour 15 à 20 % du succès scolaire ! Belle façon de valoriser la tâche de ses membres ! Et les écoles à charte ? Horreur : c’est une privatisation avec une gestion axée sur les résultats ! Imaginez : au Wisconsin, les résultats comptent !

Que dire de l’idée de permettre aux enseignants d’enseigner les matières qu’ils connaissent bien sans avoir un diplôme en éducation ?

[On se rappellera cette histoire rapportée dans Le Devoir d’un excellent prof de latin qui, lui aussi, n’était pas qualifié au sens de la Loi. Il avait dû renoncer à son poste et enseigner le latin à son successeur qui ne le connaissait pas ou peu, mais qui détenait le diplôme nécessaire en pédagogisme. La chose avait même ému Josée Boileau dans le Devoir qui dénonçait « un incroyable salmigondis administratif, goutte d'eau qui s'ajoute à un parcours fait d'obstacles syndicaux et bureaucratiques qui ne peuvent faire rire que dans les films de Denys Arcand ou un épisode des Bougon. »]

Mme Camerlain affirme que ce n’est pas parce que quelqu’un est bon dans un labo qu’il peut bien enseigner. Madame Camerlain, préférez-vous un prof qui ne connaisse rien en science, mais qui l’enseigne parce qu’il a un diplôme d’enseignement ? Quant à envoyer des premiers de classe universitaires enseigner dans les écoles défavorisées, Mme Camerlain croit qu’on ne fait qu’utiliser de la « main-d’œuvre à bon marché ».

Pendant ce temps, au Québec, on tenait la semaine dernière le grand encan des esclaves, journée où, tour à tour, les enseignants ayant le moins d’ancienneté se font offrir, par un tirage au sort équivalant à un bingo ou une loterie, des tâches où ils auront plusieurs matières à enseigner à des élèves de plusieurs niveaux différents, parfois même dans des écoles différentes. Ces enseignants apprendront à quelques jours de la rentrée des classes ce qu’ils devront enseigner, sans véritablement avoir le temps de se préparer convenablement. Ceux qui ont le plus d’ancienneté, peu importe leurs compétences, ont pu, eux, choisir leurs assignations au printemps dernier.

Nos écoles regorgent de braves directeurs et de valeureux enseignants qui ont à cœur le succès de leurs élèves, mais le système éducatif coulé dans le béton des conventions collectives enlève les incitatifs à innover pour faire progresser leurs élèves, les menottant dans un immobilisme étouffant.

Afin de revitaliser notre système d’éducation, il y a lieu d’abord de placer les besoins des élèves et l’action constructive des parents au cœur de son fonctionnement. Les parents et leurs enfants doivent commander l’attention première et ultime des gestionnaires des écoles primaires et secondaires.

Les responsabilités et l’imputabilité des conseils d’établissement doivent être rehaussées, quitte à en faire de véritables conseils d’administration, afin qu’ils puissent exercer pleinement leur leadership en matière de pédagogie et d’administration. Une fois les écoles autonomes et responsables, les commissions scolaires deviendraient inutiles.

Les directions d’école devraient pouvoir négocier elles-mêmes la rémunération de leur personnel enseignant avec leur syndicat respectif et elles devraient, dans le cadre d’une évaluation juste, pouvoir congédier ceux qui n'ont pas de bons résultats et promouvoir ceux qui le méritent.

Le ministère de l’Éducation devrait continuer d’établir le cadre général de l’éducation québécoise et de déterminer un cahier de charges par cycle, mais les curriculums doivent être décidés par les directions d’école avec leurs enseignants. Pour éviter que le ministère ne soit juge et partie, je propose qu’une commission d’évaluation (relevant de l’Assemblée nationale plutôt que du ministère) fixe les standards à atteindre au primaire et au secondaire en les relevant progressivement. Elle serait aussi chargée de concevoir et de faire passer les examens nationaux et de diffuser largement les résultats obtenus par les écoles.

Tout en respectant l’universalité de l’accès à l’éducation, je préconise un nouveau mode de financement des écoles qui mettrait un levier de premier ordre entre les mains des parents. Il s’agit d’un système de bons d’étude universels comme on le retrouve notamment en Nouvelle-Zélande, au Danemark et en Suède. Tout parent d’un enfant inscrit à l’école primaire ou secondaire recevrait un bon d’étude pour couvrir les coûts de l’année scolaire et il pourrait ensuite « magasiner » son école, soit l’école publique de son quartier, l’école publique du quartier voisin, ou encore l’école privée (OSBL ou à but lucratif) de son choix.

Je n’invente rien : le ministère de l’Éducation utilise déjà une formule qui s’apparente aux bons d’étude pour financer les universités et les CÉGEPS. En effet, les étudiants des niveaux postsecondaires ont le choix de leur programme à l’intérieur de ces institutions, lesquelles reçoivent une subvention correspondant au nombre de cours suivis par ces étudiants inscrits dans les programmes à une date donnée. En exerçant ces choix, les étudiants soumettent les institutions universitaires et collégiales à la concurrence.

En effet, les bons d’étude universels, offerts à tous les parents, seront de nature à augmenter la qualité des écoles au moyen d’un mécanisme de choix du parent, lequel choix signifie un financement supérieur pour l’école. Il semble évident que les écoles offrant les meilleures formations et celles les mieux adaptées aux besoins des élèves seront choisies plus souvent.

Finalement, il faut vraiment valoriser les professeurs — ils ont un impact majeur sur nos enfants. Les fonctionnaires du ministère ne devraient plus prescrire les méthodes d’enseignement. Désormais imputables de leurs résultats devant leurs patrons ultimes — les parents —, les enseignants, de concert avec les directions d’écoles, auraient la responsabilité d’adopter les méthodes leur apparaissant les plus efficaces. Cette liberté diversifiera l’offre de services éducatifs aux parents.

L’establishment scolaire ne cesse de dire qu’il faut placer l’élève au centre des préoccupations du système alors que, dans les faits, c’est l’intérêt des enseignants syndiqués qui fait l’objet de toutes les attentions. Tant que les enfants et leurs parents n’auront pas le pouvoir de choisir et seront traités comme les récipiendaires des largesses de l’État plutôt que comme des clients, il y a fort à parier que les syndicats continueront d’avoir la main haute sur l’éducation de ceux qui feront l’avenir du Québec.